Bas nylons et des choses que nous disons

Chaque chanson a sa propre histoire. La plupart de celles que je vous ai présentées dans des posts précédents ont un parcours parfois très sinueux avant d’accéder à la notoriété et entrer dans la mémoire collective. D’autres y arrivent tout en n’étant pas spécialement mises en lumière dans la production, ou dans la diffusion par les médias, mais se hissent en quelque sorte par leur seul potentiel d’attirance envers l’auditeur. Ce sont des succès marginaux, souterrains, mais qui aident aussi à bâtir l’aura d’un artiste. Par exemple, pour Jacques Brel ou Georges Brassens, plusiwurs de leurs chansons  sont connues des fans sans promotions conséquentes à l’époque de leur sortie.

Plus l’aura d’un artiste est grande et sa discothèque fournie, plus nous avons la chance de pouvoir faire cette constatation. Dans des cas plus sélectifs, la presque totalité du répertoire devient une sorte de boutique dans laquelle on va puiser pour sa satisfaction et son écoute personnelle, ou pour dans le cas des musiciens, en faire sa propre interprétation. Le cas le plus remarquable reste les Beatles, même certaines de leurs quelques reprises, sont collées au nom des Beatles. Ainsi, j’ai entendu dans un concert alors qu’un orchestre faisait une reprise de « Roch And Roll Music » de Chuck Berry, un spectateur dire : « ah voilà les Beatles! ». Les deux compositeurs principaux, John Lennon et Paul McCartney, ont réussi à marquer de leur empreinte un style de chanson mélodiques, qui plaisent à la plupart, et surtout qui se fixent dans les mémoires. De nombreux artistes qui étaient bien établis lorsqu’ils ont débuté, et qui prenaient plaisir à les considérer comme de vulgaires blousons noirs sans aucun avenir, ont fini par les prendre en considération et même se fendre d’une reprise, ce n’est pas Frank Sinatra qui dira le contraire.

Vous l’avez compris nous allons nous intéresser à une de ces chansons nées de la plume du fameux tandem. J’en ai choisi une en particulier, il y a une excellente raisons à cela, c’est ma préférée, mais elle correspond en tous points à ce que je veux illustrer. Ce n’est pas un succès individuel dans la discographie à proprement parler, mais elle a donné naissance à un tas de petits bébés, presque tous aussi mignons les uns que les autres, elle me semble aussi mériter une mention d’honneur dans la discographie, il s’agit de « Things We Said Today »

A l’origine, c’est surtout Paul McCartney qui est la principale cause de la naissance de la chanson. A leur habitude, ils créditent et signent ensemble, mais dans certains cas, c’est l’un plutôt que l’autre, bien que le travail final se fasse en commun. Cela ne leur pose aucun problème, ils sont très prolifiques, au contraire de certains compositeurs qui le sont beaucoup moins. C’est une relation sentimentale qui est à l’origine de la chanson. Paul fréquente la soeur de Peter Asher, du duo Peter and Gordon qui bénéficiera par la même occasion d’un joli cadeau, l’exclusivité de la composition « A World Without Love », un hit international pour eux.  Les Beatles étant continuellement en tournée ou accaparés par les obligations, ils se voient peu souvent, pas autant qu’ils le désirent. Le thème est typique de deux personnes qui s’aiment, que la vie sépare par obligation, qui ont des doutes sur ce que peut faire l’autre. En cela, les paroles de la première période des Beatles sont assez conventionnelles, ils ne sont de loin pas les seuls à pratiquer ainsi, mais beaucoup de personnes trouvent cette histoire tout à fait charmante, très accessible dans son vocabulaire de tous les jours,

A l’époque de sa création, les Beatles ont en point de mire la tournage de leur premier film, « A Hard Day’s Night », ce sera un film musical ou il ne sera pas. Pour cela il faut quelques chansons, de quoi remplir un album et il est décidé que ce seront toutes des compositions Lennon McCartney, premier tentative du genre. Seule la première face sera audible dans le film, la seconde servira au remplissage pour l’album bien que l’on puisse s’imaginer que c’est toute la bande sonore du film. La chanson qui nous intéresse est justement une de celles que l’on n’entend pas dans le film.

Le EP français en haut et anglais en bas, ceux ou figure la fameuse chanson

Bien sûr l’album se vendra très bien sur la réputation des chansons que l’on entend dans le film, la chanson-titre du film sera de son côté une excellente promo pour lui, car « Things We Said Today » est choisi comme face B en Angleterre et dans de nombreux autres pays, excepté les USA. Par ailleurs, je me demande si ce n’est pas une astuce pour inciter les fans à acheter l’album en ne proposant qu’une chanson entendue dans le film. Pour ceux qui ont acheté l’album, nul doute que les titres non audibles dans le film ont de quoi charmer. Il y en a sans doute deux qui sont plus accrocheurs que les autres, « Things We Said Today » et « I’ll Be Back ». Par la suite ce sont ces deux qui auront le plus d’amateurs pour les reprises. Pour ceux qui n’ont pas trop les moyens deux EP’s seront extraits. Le premier mentionnera que ce sont des titres extraits du film, sans toutefois inclure le titre principal; le second mentionnera que ce sont des chansons extraites de l’album en y incluant « Things We Said Today ». je parle ici bien entendu de la discographie anglaise. La France édite coup sur coup deux EP’s, premièrement parce que c’est l’habitude, mais un contient deux erreurs. Annoncés comme faisant partie des chansons du film, on retrouve « Things We Said Today » et « When I Get Home » qui sont extraits de l’album et non du film. Et pour donner encore plus d’attrait, elle est jouée dans les concerts, bien que l’on vienne plutôt pour les voir que pour les écouter. Certaines des jeunes filles présentes auraient eu bien de la peine à dire lesquelles ils ont chantées.

Quoiqu’il en soit, la chanson est suffisamment exposée pour faire carrière avec sa propre aura. Nous allons voir à travers une sélections diverses interprétations de divers artistes.

L’original de l’album, 1963

En live à Hollywood Bowl, 1964

Version française de Dick Rivers, présentée par… 1964

En français par les Canadiens Hou-Lops 1965

En espagnol par Los Mustang 1965

En italien par I  Meteors, 1965,

A part celle des Beatles, la première que j’ai adorée, 1966

Cliff Richard 1966

Sans doute une des plus belles, 1975

Très intéressant aussi, 1985

En easy listening, 1965

En jazz, 1967

Larry Carlton jazz-rock, 1996

Paul Mc Cartney qui l’a gardée dans son répertoire

2 réflexions sur “Bas nylons et des choses que nous disons

  1. Bonjour M. Le Boss,
    Ce titre des Beatles fait parti de mes favoris également, et sa mélodie permet de très bonnes reprises , en francophone, nous avons trouvé ces reprises, en plus des deux que vous avez mises dans votre post :
    Things we said today (Ces mots qu’on oublie un jour) Pascal D’Addario
    Things we said today (Ces mots qu’on oublie un jour) Serge Marten
    Things we said today (Ces mots qu’on oublie un jour) Stagwolf

    Bonne semaine,
    cooldan

  2. Hello Cooldan,
    Dans mes recherches j’avais trouvé les deux premières que je n’ai pas mises, la meilleure c’est quand même celle de Dick Rivres, celle des Hou-Lops est quand même assez un peu élémentaire.
    Il n’en reste pas moins que les covers en anglais sont assez intéressantes, en effet une chanson qui se laisse travailler.
    Bonnes semaine

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.