Bas nylons et une chanson qui secoue

Quoiqu’en disent les rockers qui affichent le drapeau sudiste dans les concerts, le rock and roll est bel et bien une musique dont l’essence est noire. Bien que les pionniers du rock soient à peu près a égalité dans le timing de l’avènement de cette musique, pendant un temps les clans étaient plutôt séparés. Les Noirs écoutaient leurs artistes et les Blancs les leurs. Si la première victoire du rock and roll en terme de succès est bien le fait de Bill Haley, donc un blanc, son répertoire n’échappait pas à l’influence noire. Il y a aussi deux écoles, les Noirs ont des orchestres où les cuivres sont très présents, les Blancs sont plus basiques, guitares et batteries, ce qui n’empêche pas les exceptions. Dans les années 1950, l’Amérique est encore passablement raciste, et cela vaut aussi pour la musique, mais la plupart des pionniers blancs n’ont que faire de cet était de fait, ils admirent le rock and roll noir et ils font passablement d’emprunts qu’il remettent souvent à la sauce maison, tournant parfois des blues en rock. Les titres enregistrés par Presley lors de ses débuts dans les studios Sun en sont l’illustration, les Noirs sont présents. Par ricochet, cela permit à des artistes noirs et créateurs d’accéder à la notoriété. Sans Presley qui se souviendrait encore de Arthur Crudup, Roy Brown, Arthur Gunter, musicien repris dans ces sessions. Personne n’est pas le mot, mais certainement beaucoup moins de monde. Pat Boone qui reprit avec beaucoup plus de succès que son créateur, Little Richard, son célèbre « Tutti Frutti », lui permit sans doute de se faire apprécier.

Nous allons revisiter l’une de ces chansons qui est aujourd’hui un standard incontournable du rock and roll, et qui fut mise en boîte par le devenu célèbre, Big Joe Turner, voici « Shake Rattle And Roll ».

La chanson a été composée par Jesse Stone sous le pseudonyme de Charles Calhoun.. Il fait partie de l’équipe des disques Atlantic, compagnie alors essentiellement noire mais fondée par un Blanc,  Elle est enregistrée en février 1954. C’est un succès plutôt cantonné au public noir. Bill Haley la remarque et l’enregistre pour son compte personnel. Les paroles sont un peu modifiées car l’original est une chanson assez épicée sexuellement, mais Haley reprendra parfois les paroles originales lors des concerts. Ce sera un réel succès pour lui et son premier million de copies vendues, et surtout il attire un public blanc. Musicalement la différence entre les deux est assez minime, sauf que celle de Haley a un piano plus discret, mais le fait est que l’on se souviendra plus de celle-là que de l’original. Le succès suivant, « Rock Around The Clock » est aussi un bon tremplin qui finira de la mettre en valeur, car ses disques se vendent en quantités magistrales

Le succès de la chanson ne se démentira jamais, elle est constamment reprise en disque ou en concert. Elle peut être jouée sur un tempo moyen comme c’est le cas pour Haley et Turner ou alors beaucoup plus rapide comme le fit Presley dans sa version de 1956. C’est vraiment un des premiers grands succès du rock and roll et cela reste son principal mérite, même si on peut penser qu’il en existe de plus flambants.

L’original, 1954. A noter parmi les musiciens à la guitare, la présence de Mickey Baker, qui travaillera plus tard avec Sylvie Vartan, Billy Bridge, Ronnie Bird, Françoise Hardy, Michel Laurent, Chantal Goya, période RCA.

En live par le créateur, 1954

La version de Bill Haley, 1954

La version française des Chaussttes Noires, 1961, utilisée comme final des concerts. Elle supporte mal la comparaison avec les version anglaises.

Celle de Presley, 1956, pour moi la première grande version

Celle de Buddy Holly, 1956, plus un réglage de studio qu’en titre à part entière, mais assez plaisante

La très belle version des Swinging Blue Jeans, 1963, très trépidante

Les mêmes en live ou les aventures d’un micro baladeur et d’une sono qui ne marche pas, la seule version comique de ce titre connue à ce jour

Version un peu soul, 1967, Arthur Conley

Les Beatles, 1969, pas officiel mais quand même enregistré pour les « Get Back » sessions

Jerry Lee Lewis, 1972, en pleine forme

Canned Heat, 1974,

Jeff Beck, Brian Setzer, Darrel Higham

Marshall Lytle, contrebassiste des Comets dans la version de Bill Haley

4 réflexions sur “Bas nylons et une chanson qui secoue

  1. Bonjour M. Le Boss,
    Je suis un piètre danseur, mais quand j’étais plus jeune j’ai essayé de m’initier à la danse et notamment au Rock,, et cette chanson était l’idéal pour apprendre, à chaque cours elle passait !
    Bonne semaine
    cooldan

    • Hello Cooldan,
      Tout en étant aussi un danseur peu émérite, je préfère beaucoup plus écouter la musique ou regarder danser. mais le rock est vraiment une belle danse que c’est bien exécuté, ce qui est assez rarement le cas.
      Bonne semaine

  2. Bonjour Mr Boss,

    Que de découvertes pour moi…
    Parmi ces pointures, il me semble que Jerry Lee Lewis a formé (?) un groupe dans les années 1980 ou tout au moins accolé son nom à une formation qui s’appelait « Ice House » ( si mes souvenirs sont exacts.). Pouvez-vous nous en dire plus ?
    Bonne journée. Peter.

  3. Hello Peter,
    A ma connaissance, et je crois qu’elle est plutôt bonne, Jerry Lee Lewis n’a jamais fondé aucun groupe, il a toujours tourné sous son propre nom. Mais il est arrivé que son nom soit associé à divers orchestre qui lui ont servi d’accompagnateurs, comme les Nashville Teens pour son show au Star-Club de Hambourg en 1964. Le seul groupe dans lequel il peut être rangé sans que son nom apparaisse en vedette est le légendaire Million Dollar Quartet, quelques enregistrements de studio dans lesquels on retrouve Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Johnny Cash, Carl Perkins, enregistrements faits en 1956 dans les studios des disques Sun à Memphis, alors que les quatre chanteurs étaient des vedettes du label. Ces enregistrements sortirent bien des années après.
    Lewis est le seul survivant de cette équipe. Malgré ses 83 ans, il se produit encore de temps en temps, et s’il a un peu de peine à se déplacer, sa voix est presque intacte et sa dextérité au piano encore très présente.
    Dans les années 80, il y a eu un groupe qui s’appelait Icehouse, mais c’était de la new wave, ils furent assez populaires et venaient d’Australie.
    Bonne semaine

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