Bas nylons et une chanson à Eux

Nous avons revisité récemment les Them et leur fameux hit « Gloria ». Nous avons constaté que cette chanson fut reléguée en face B dans son pays d’origine, mais devint une chanson culte par sa propre aura, notamment par le nombre incroyable d’artistes qui l’ont mise à leur répertoire. Involontairement, ils rééditèrent cet exploit avec une autre de leurs chansons « I Can Only Give You Everything », qui est devenue un autre classique incontournable, et qui suscita un engouement auprès des autres artistes, à peine la version originale publiée. Elle ne fut jamais classée dans aucun hit parade, exception peut-être de l’adaptation qu’en fit Ronnie Bird pour ses débuts chez Philips, « Chante ». Mais revoyons un peu le contexte de sa création.

Durant leur courte carrière, les Them originaux furent extrêmement mouvants, tant au niveau du personnel, que celui des producteurs. On s’accorde à dire que certains titres ont fait appel à des musiciens de studio, le chose n’était alors pas si rarissime, dont Jimmy Page. Le plus irremplaçable est bien sût le chanteur, Van Morrison, tant sa voix est typique. Mais tant bien que mal, deux albums furent publié., Le premier sans titre, mais baptisé par la suite « Angry Young », en reprise du titre qui présente le groupe au recto. Le second a un titre « Them Again », il est aussi musicalement plus élaboré que le premier, et fait appel à un unique et même producteur, Tommy Scott. Il s’occupe aussi des Wheels, groupe qui aura une discographie intimement et musicalement  liée à celle des Them. Il est aussi compositeur. une de ses compostions avec la complicité de Buddy Kaye, enregistrée par Eden Kane, a été un gros succès en France dans l’adaptation de Richard Anthony « Les Garçons Pleurent ». Pour l’album des Them, il se remet à l’écriture et en fournit trois titres : « Call My Name », qui sera l’objet de la face A d’un 45 tours; « Don’t You Know », cantonné à l’album, et celle qui nous intéresse « I Can Onyly Give You Everything » écrite en collaboration avec Phil Coulter, qui fera aussi l’objet d’un single aux USA et que l’on retrouvera sur le troisième EP français des Them. Elle deviendra indéniablement une pépite de plus dans la discographie des Them. Par ailleurs, Phil Coulter sera très connu dans le concours de l’Eurovision, puisque qu’il composa en partenariat avec Bill Martin « Puppet On A String » pour Sandie Shaw, et « Congratulations » pour Cliff Richard. Certains se rappelleront aussi que le duo composa « Trapped » pour Los Bravos, dans un tentative de prolonger le succès de « Black Is Black ».

A sa parution l’album intéresse surtout les fans du groupe, mais les Troggs repèrent la fameuse chanson et l’enregistrent rapidement. Elle servira aussi de support au premier 45 tours de MC5, alors encore inconnus. En France, Ronnie Bird l’enregistre en écrivant les paroles « Chante », en réponse à la guéguerre que se font quelques chanteurs par disques interposés en réponse aux fameuses « Elucubrations » d’Antoine ». Comme pour le cas de « Gloria », la chanson est vite mise au répertoire de nombreux groupes, son riff à la guitare est vite ravageur. Même le producteur de l’album en fera sa propre version. C’est le départ d’une longue croisière qui fera escale, dans une moindre mesure, dans les ports où les marins chantent encore cette fille qui s’appelle « Gloria ».

La publication française sur laquelle figure le fameux titre, est le 3ème et dernier EP des Them paru en France avec Van Morrison aux vocaux. Il est en lui-même une spécialité, tout en étant musicalement remarquable. Il contient bien sûr le titre qui nous intéresse, mais aussi l’excellent « Call My Name » une des compositions de Tommy Scott pour l’album. Mais la cerise sur le gâteau est la présence de deux titres composés par Van Morrison, « Mystic Eyes » et « Bring’ Em On In » (mal orthographié : being au lieu de bring. Ce titre existe en deux versions, celle de l’album qui figure ici et la meilleure mais de peu, l’autre est celle publiée  sur un simple UK ). Ils conviennent très bien à la voix railleuse de Morrison, on pourrait presque penser que c’est que c’est dans ce but qu’ils les a écrits, tout en se demandant à quoi il pouvait penser en les composant. Pour le premier, il a sans doute pensé qu’il pouvait s’inspirer de Sonny Boy Williamson II et son harmonica, pour démontrer qu’il savait aussi en jouer. Pour le second, il ne fait nul doute qu’il aime le jazz et le montre. De plus,  il s’est réservé un passage qui lui permet de souffler dans un saxophone sin instrument de prédilection, instrument peu compatible avec un rôle de chanteur.
La publication de ce disque est tâchée d’une de ces erreurs qui font le plaisir des collectionneurs. Un premier tirage comporte par erreur « Something You Got » et « I Put A Spell On You » à la place de « Call My Name » et « I Can Only Give You Everything ».  La seul moyen de les différencier, c’est l’écoute. Je possède les deux versions, mais il semble d’après ce que j’ai discuté avec d’autres collectionneurs, que la copie erronée est plus rare. Et pour terminer, une chose qui fera sans doute plaisir à notre ami et fréquent visiteur Peter, qui trouvait les Them bien austère sur la photographie du deuxième EP, va avoir de quoi se réjouir. Sur la gauche, le guitariste Billy Harrison esquisse un sourire. A ses côtés, le bassiste Alan Henserson a l’air tout heureux. Van Morrison, au milieu, regarde l’objectif un peu comme un lion qui s’apprête à bondir sur sa proie. C’est sans doute pour cela qu’ils sont derrière un grillage. On ne sait jamais.

La version originale.

La version de Ronnie Bird en playback, il n’a évidememnt pas la voix de Van Morrison, mais ce fut l’un des bons adaptateurs de la période yéyé. Existe aussi par les Terribles, et repris plus récemment par Sylvie Vartan,

La version du producteur Tommy Scott, un disque très rare.

Un document en live, les Troggs, c’est à Paris en 1967,

Le version de MC5, musicalement il y a des relents de psychédélique.

Le version des Liverpool Five, même période, un son très garage.

USA 1969, The Road, version assez différente.

France 1979, Little Bob et sa Story revisitent le titre sur un album live.

The Stars, 1992. Une version très garage revival.

Une version assez populaire Nick Waterhouse, 2011 USA. Pas une copie carbone.

2018, ce qu’il reste de MC5, c’est à dire Wayne Kramer seul membre original (avec la guitare drapeau US), mais toujours le titre dans le répertoire. J’ai rencontré Wayne plusieurs fois, un mec très cool et courtois.