Bas nylons et photos centenaires

J’ai toujours adoré les livres avec de vieilles photos. Dans une brocante, j’en ai trouvé récemment un édité en 1902 qui contient plus d’un millier de photos de villes et villages, c’est très précieux, surtout qu’il me semble que certaines sont totalement inconnues. Je vais le garder précieusement, surtout que certaines me serviront pour illustrer une brochure d’histoire locale que je vais publier cette année. Pour cet article, je vais me contenter de photos trouvées ailleurs. Des photos de villes en Italie et en Suisse vers 1900.

Bâle, une ville à la frontière de trois pays. La rivière qui coule est bien évidemment le Rhin, et la ville la principale voie d’entrée pour les marchandises qui arrivent par bateau. Autre spécialité, l’aéroport international est situé complètement sur territoire français. Bien sûr, à l’époque de la photo, les avions volaient bas!

Berne, capitale de la Suisse, mais ville relativement petite. Elle a été choisie pour son influence historique, mais aussi pour sa position centrale, car en Suisse les politiciens voyagent beaucoup pour les décisions qui concernent le pays. Le centre historique a très peu changé.

La tour de l’horloge, toujours à Berne. Les horloges, les montres, jouent toujours un grand rôle dans le pays. Ici l’heure, c’est l’heure !

La ville de Fribourg, dominée par la cathédrale de Saint-Nicolas et en bas la Sarine, rivière plutôt paisible mais encaissée qui coupe la ville en deux.

Pour franchir cette rivière, le train qui allait vers l’est, c’est à dire Berne, franchissait alors un pont métallique. Il a depuis été remplacé par un pont en maçonnerie.

La ville de Neuchâtel, également canton suisse au bord du lac du même nom. C’est une des villes suisses parmi les plus collées à l’histoire de France. Elle fut rattachée aux seigneurs de Bourgogne, passa sous la domination du roi de Prusse, puis fut cédée à Napoléon par échange en 1806 et devint canton Suisse à sa chute en 1815. Toutefois la Prusse reprit son contrôle, et remit la ville sous sa tutelle, mais elle fut chassée définitivement en 1848. Si Napoléon avait gagné la guerre, ce territoire serait probablement français et l’horlogerie un fleuron de la France, car c’est là qu’elle s’est développée à partir du 18ème siècle.

Une tradition suisse, chaque canton à son propre costume, on ne se promène plus dans la rue ainsi, mais ils sont ressortis lors de manifestations folkloriques. Ici celui du canton de Vaud.

La ville de Padoue en Italie et l’une de ses églises. Elle est connue dans toute l’Italie pour son fameux Saint-Antoine, un prêtre franciscain né au Portugal. Canonisé saint en 1232, il est encore aujourd’hui l’un des plus vénérés en Italie et au Portugal. Voyageant beaucoup, il séjourna longuement en France et convertit de  nombreux cathares au catholicisme. La ville est un lieu de pèlerinage au même titre que Rome, toutefois moins populaire.

Pise et sa fameuse tour. Haute de 55 mètres, la différence de niveau au sommet est d’environ un mètre. Son inclinaison vient du fait que le sol céda sous son poids, sans toutefois faire tomber la tour. C’est le cas le plus célèbre, mais pas le seul. A Bologne, deux tours voisines, penchent dans deux directions différentes. Je me souviens aussi qu’à Ravenne, j’avais vu un clocher penché, lors d’un voyage que j’avais fait étant jeune.

Venise, une ville qui ne ressemble à aucune autre. Vue générale, la place Saint-Marc et ses nombreux pigeons qui vous ch… dessus et le fameux Pont des Soupirs, si cher aux amoureux.

Source Gallica, BNP, DP

8 réflexions sur “Bas nylons et photos centenaires

  1. Bonjour Mr Boss,

    Merci pour cette « carte postale » bucolique .
    Ces recueils de photos anciennes sont des trésors pour les collectionneurs les personnes qui s’intéressent à l’histoire locale.
    Quant on demande le nom de la capitale helvétique, on hésite souvent entre Berne et Zurich. Berne doit son nom aux ours exposés dans une fosse , aux siècles passés, parait-il.
    Bâle, quant à elle, a été en partie détruite par le séisme de 1356.
    La Confédération semble un pays assez calme dans l’Histoire.
    Côté français, nous sommes en paix avec la Suisse depuis la « Paix Perpétuelle » signée par le roi François 1er après la fameuse bataille de Marignan en septembre 1515. Certaines villes actuelles de Suisse ont été fondées par le pouvoir romain, comme Augst, en particulier.
    La région de l’Appenzell se rapproche du folklore autrichien dans ses costumes, semble t-il.
    Ah l’Italie, le pays natal de mon grand-père maternel (originaire de Naples)…
    C’est vrai: Pise est la ville d’Italie la plus atypique. Pour sa fameuse tour. Son sol est peut-être trop argileux ? La Toscane est très argileuse et l’on y trouve souvent dans les sols agraires des ossements fossilisés de cétacés de l’Ere Tertiaire !!!
    Dans un guide touristique (Guide Bleu Michelin ?), un commentaire signalait en anecdote que le fameux  » Pont des Soupirs » à Venise devait sa réputation aux gémissements des bagnards détenus dans ses geôles à demi-envahies par les eaux ! Ah les merveilles de la Sérénissime….
    Merci pour cette petite promenade. Bon WE. Peter.

    • Hello Peter,
      A Berne les ours existent toujours dans la fosse du même nom. C’est une tradition. La capitale est bien Berne, qui n’est pas la plus grande ville, mais comme je l’ai dit, sa position assez centrale est déterminante, c’est encore un truc bien suisse, le consensus qui est une des règles de la politique. On est un peu obligé d’aller à la rencontre de l’autre, sinon il pourrait bien y avoir un référendum que n’importe qui peut lancer, il y a alors votation populaire. La plus grande défaite de la France contre les Confédérés, on ne parlait pas de Suisse, eut lieu contre Charles le Téméraire en 1476, où son armée est anéantie d’abord à Grandson, puis à Morat. Cela apprit aux Français qu’il fallait se méfier des Suisses, sans doute moins nombreux mais rusés et sachant exploiter le relief accidenté du terrain. Pas mal de villes suisses, surtout côté francophone ont gardé leur nom romain pour le folklore.
      Pise a été bâtie sur les plaines alluviales de l’Arno, le fleuve qui passe par Florence, cela peut expliquer l’instabilité.du terrain.
      En effet l’histoire du nom du Pont des Soupirs est une des sources reconnues, mais venise est aussi une ville faite de légendes..
      Bon week-end

      • Bonsoir Mr Boss,

        Très juste. Les défaites de Granson et Morat ont mis un arrêt temporaire à notre offensive envers la Confédération. Les Suisses connaissaient leur pays et un conflit en pays montagneux, à l’époque, relevait du défi.
        Charles le Téméraire (cf. « le Miracle des Loups » (1960/?)- Marais- Barrault – Schiaffino – Delorme ) perdit la vie et son corps fut retrouvé, en janvier 1477, à demi-dévoré par les loups et dépouillé de ses bijoux.
        Les Suisses se sont souvent engagés militairement au service des princes et potentats. Pour les Rois de France et encore aujourd’hui, ils constituent la garde d’apparat rapprochée du Souverain pontife.
        Au même titre que la Garde Ecossaise arrivée en France sous Louis XI, (surnommé : l’universelle Aragne pour son habilité politique) qui fut l’ennemi juré du Duc de Bourgogne ( cf. : « Quentin Durward » / 1975- / 6 épisodes).
        Je me souviens avoir vu la photo d’une gravure sur bois du 15 è ou 16è. siècle intitulée : « le serment des trois Suisses ». Y a t-il un rapport avec l’histoire de ce pays ?
        Vous évoquez le fleuve Arno : ça me fait penser à la chanson du duo Lilicub :
        « Voyage en Italie » de 1986… Belle époque pour moi…
        Bon WE. Peter.

      • Alors le fameux « serment des trois Suisses » est l’acte fondateur de la Confédération Suisse. Trois des cantons actuels, Uri, Schwytz, Unterwald conclurent un traité de défense mutuelle contre les agresseurs d’alors, principalement les Habsbourgs, il est daté de 1291 et écrit en latin. Un seul authentique des trois signés existe encore. Bien qu’historiquement il ne doit pas avoir été le premier d’après ce qu’un peut lire dessus, il est considéré comme l’acte fondateur, c’est un peu arbitraire car les documents précis font défaut. Il semble que la cause possible, soit la mort de Rodolphe de Habsbourg cette même année, source d’éventuels troubles. Les signataires voulaient protéger la route du Saint-Gothard dont ils était les détenteurs des droits de passage et surtout les bâtisseurs, seule liaison nord-sud. Comme dans beaucoup de pays, on se fie un peu aux légendes et on arrange les dates, faute de mieux. La seule certitude c’est que ces trois bonhommes ont bel et bien existé, en fait ils étaient les représentants de ces trois cantons, ni les princes, ni les rois, il n’y en aura d’ailleurs jamais, pas plus qu’un président élu par le peuple. Il y en a un, tout symbolique, et qui change chaque année. Par contre, Guillaume Tell est une légende.
        A propos, je m’en souviens encore, l’Arno a eu une grande crue en 1966, qui détruisit des documents inestimables à la bibliothèque de Florence.
        A propos des soldats suisses engagés comme mercenaires, si ma mémoire est bonne, dans les armées françaises on les reconnaissait aisément car ils avaient le droit de porter la barbe, au moins sous Napoléon I. De nombreux petits nobles firent des carrières d’officiers dans les armées étrangères. Un joli quiproquo : le général Wille, commandant de l’armée suisse en 14-18 et chargé d’empêcher les Allemands d’entrer en Suisse, était un parent par alliance de Bismarck, il avait épousé sa fille.
        Bon W-E

  2. Bonjour M.Boss,
    Merci pour ce beau voyage chargé d’histoire !
    A noter que pour la Tour de Pise, plus de dix ans après la fin des travaux de consolidation, le monument bouge mais dans le bon sens et sans intervention humaine.!
    Bon weekend
    cooldan

  3. Bonjour Mr Boss,

    En effet. Très tôt, la Suisse a du se protéger de ses puissants voisins. Et le relief alpin a du décourager certains princes. Quoique…
    L’un de ces trois cantons, le Schwytz,, semble avoir donné son nom au pays réuni ?
    Le général carthaginois Hannibal, il y a un peu plus de 2000 ans, prit un pari risqué avec ses éléphants.
    Vous connaissez bien sûr ce célèbre tableau représente Napoléon 1er franchissant le passage du Grand-St-Bernard. La réalité, dit-on, fut plus simple:
    il dut se résoudre à le franchir sur une monture au pied plus sûr : un mulet ! Quelle
    ironie, n’est-ce pas ?
    J’ignorais que l’Arno connut une crue catastrophique qui menaça Florence.
    Dans mon commentaire d’hier soir, j’ai oublié de citer dans le film « le Miracle des Loups », l’acteur Roger Hanin qui incarna assez justement avec sa truculence le bouillonnant Duc de Bourgogne.
    Quant au vrai personnage historique, celui-ci mourut suite pendant le siège de Nancy, à l’hiver 1476-1477. Certains cités s’étaient ralliées sous l’étendard du roi de France, souvent contre espèces sonnantes et trébuchantes. L’or du Roi fit merveille…
    Vous êtes un fin connaisseur en histoire. J’applaudis. Et merci encore.
    Bon WE. Peter.

    • Hello Peter,
      En effet le canton de Schwytz est celui qui a donné son nom au pays.
      A propos de Napoléon, il y a une histoire lors de son séjour au St-Bernard. Il a filé sans régler la facture pour l’hébergement de ses troupes dans un village sur la route du col,
      Je connais pas trop mal l’histoire, mais c’est un sujet tellement vaste, une vie n’y suffit pas. Elle reste toutefois nécessaire pour connaître le monde d’aujourd’hui.
      Bonne semaine

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