Bas nylons et une chanson qui fait un tabac

 

 

 

 

 

 

 

 

Le meilleur atout pour une chanson, c’est de se faire repérer et être transposable dans presque tous les styles. Certains compositeurs et interprètes sont des monuments qui sont plus connus par leurs chansons que par leur propre interprétation. C’est le cas de J.D. Loudermilk (1934-2016) qui est intimement associé à la musique country et à sa capitale Nashville. Sa carrière en tant que chanteur est assez modeste, son plus grand succès personnel « Language Of Love » en 1961 n’atteignit qu’une 32ème place dans les classements américains tout en ne parvenant pas vraiment à faire une carrière internationale. Elle est très relativement connue en France par l’adaptation de Claude François « Langage D’Amour » qui figure sur son second EP aux côtés de « Marche Tout Droit », qu’il enregistra aussi en version italienne « Dubi Dubi ». La première vraie fortune du compositeur viendra avec « Ebony Eyes » que les Everly Brothers hissent à la première place du hit parade anglais aussi en 1961. Mais ce n’est vraiment qu’avec la British Invasion que son nom se fera connaître mondialement grâce à un coup de main  d’un groupe au nom prédestiné, les Nashville Teens, qui reprendront une chanson qu’il a enregistrée en 1960 « Tobacco Road », vaguement autobiographique.

La chanson originale est un country blues, mais les Nashville Teens changent complètement la donne. Tout en gardant la mélodie, ils en font un rock pesant et saccadé, que l’on peut considérer comme une forme primitive de de ces sons pesants que l’on retrouvera plus tard dans le hard rock. On peut constater avec cet enregistrement un phénomène qui surgit parfois, celui d’avoir plus d’influence que sa position réelle dans le hit parade. Elle se classe 6ème en Angleterre et 14ème aux USA, mais l’impact sera considérable pour la suite, leur reprise deviendra la base de référence. Non seulement elle met en lumière la chanson, mais les regards se tournent vers la discographie de Loudermilk en espérant y trouver d’autres pépites. Les Nashville Teens seront les premiers à suivre la règle avec le single suivant et un titre qui prête à sourire aujourd’hui « Goggle Eye », succès pour eux à peine plus modeste. Ils en font une sorte de compositeur attitré puisque le suivant vient de la même place « The Little Bird ». Mais là, ils se font souffler le succès par Marianne Faitfull, Decca ayant trouvé que c’était une bonne idée de mettre en compétition deux artistes maison avec le même titre.

Depuis, il n’y a quasiment pas une année sans qu’une nouvelle version ne soit enregistrée, certaines avec un succès plus qu’estimable. Partons sur la route du tabac et arrêtons nous dans quelques endroits où il fait bon faire halte et rouler quelques clopes.

Le EP français des Nashville Teens 1964

La très bonne version originale, 1960.

La version des Nashville Teens en playback  via simulation stéréo, 1964.

La version française de Dick Rivers, 1964.

La version de Jefferson Airplane sur leur premier album. La chanteuse est alors Signe Anderson, 1966.

La première superbe version psychédélique par les Blues Magoos, 1967.

Les mêmes en vrai live avec un bout d’interview, 1967.

Eric Burdon et les New Animals en live, 1967 TV Allemande.

Le groupe Spooky Tooth sur le premier album 1968, résolument pop.

Eric Burdon encore, mais dans une version complètement différente avec le groupe War, 1970.

Une version époustouflante qui préfigure le hard rock, le groupe Jamul, 1970.

Le même groupe en live dans un document heureusement enregistré pour un TV locale. On sent encore plus l’approche hard rock. Après un autre groupe. Zephyr dans une version assez « Janis Joplin » de « St James Infirmary ». Sûrement enregistré en 1970.

Edgar Winter, le frère de Johnny, en a fait une version qui est une des plus populaires, 1970.

Belle version de Rare Earth, 1970.

Une version en live par Shocking Blue, album « Live In Japan », 1972.

Une version inattendue par…

Le créateur dans un version tardive, très décontracté, 1984.

Un document d’une qualité moyenne : Eric & War et un certain Jimi Hendrix à la guitare, deux jours avant sa mort. Probablement la dernier document sonore où il figure.

2 réflexions sur “Bas nylons et une chanson qui fait un tabac

  1. Bonjour M. Boss,
    Incontournable, je n’ai que ce seul mot qui me vient à l’esprit et pour faire un tabac, , cette chanson l’a fait ! , l’aurait elle fait de nos jours avec tout ce qu’on dit sur le tabac ???
    cooldan

    • Hello Cooldan,

      En effet et de plus la version des Nashville Teens fut un de mes premiers disques. En 1964, tout le monde fumait ou presque, même de Gaulle, alors. Les Américains ont même une vallée dans le Montana qui se nomme Tobacco Valley, ils l’ont pas encore débaptisée…
      Bonne semaine

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