Bas nylons et la guerre pour rire

Pendant la guerre, sans aller jusqu’à les lire dans les journaux, les blagues circulent parmi le peuple. Que l’on soit d’un bord ou d’un autre, l’histoire vise en premier « l’ennemi » et souvent ses principales figures. En voici quelques une qui circulèrent de manière à illustrer que même pendant la guerre, l’esprit n’est pas en panne. Il semblerait que toutes ces histoires ont toutes été effectivement racontées.

Celle-ci concerne Hitler. Inquiet sur l’opinion publique, il se déguise de manière méconnaissable et va dans la rue pour interroger les gens. Il arrête un ouvrier et lui demande :

– D’après vous, combien de personnes en Allemagne sont opposées à la politique du Führer ?

– Six, répond l’ouvrier.

– Six seulement ? s’extasie Hitler.

Oui ! Moi, toi, lui, nous, vous et eux.

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Goering, second personnage du Reich, aimait bien parader. Il ne manquait jamais une occasion de se mettre en évidence. Il arborait sur son uniforme de nombreuses médailles. Un matin, devant se rendre à une conférence improvisée, il arrive bon dernier et un peu en catastrophe.

– En bien, s’étonne Hitler, comment se fait-il que vous ne portiez pas vos médailles  comme d’habitude ?

– Bon sang, je les ai oubliées sur mon pyjama !

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Hitler devait aller faire une tournée d’inspection sur le front est où ça ferraillait sec. Il alla chez son tailleur pour chercher un uniforme en lui expliquant la raison.

– Mein Führer, dit le tailleur, je viens de lire un truc qui va vous intéresser. Napoléon quand il allait dans un zone de combat portait des pantalons rouges. Si jamais il était blessé, on ne verrait pas les traces de sang.

– Hitler réfléchit et dit :

– Vous n’auriez pas des pantalons marrons ?

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Sur le front est, l’armée allemande fit connaissance avec le terrible hiver russe à la fin 1941, qui stoppa l’avancée et la logistique des armées d’Hitler, spécialement mal équipées pour les grands froids. Une collecte nationale tenta de plus ou moins d’atténuer les souffrances des soldats en leur faisant parvenir des habits chauds. Un fils ayant reçu une paire de bottes de sa mère, lui écrivit et la remercia en ces termes :

– Merci pour les bottes, je n’en avais jamais mangé d’aussi bonnes !

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Un autre amateur de la parade fut Mussolini. C’est très visible dans ses discours, ma mère qui assista à Milan à l’un de ces fameux discours sur la place du Dôme à Milan dans les années 1930, employa l’expression de fanfaron, en me racontant ses souvenirs. Pourtant Hitler admira pendant longtemps sa personnalité. Il est vrai qu’il prit le pouvoir dix ans avant lui. Bien qu’alliés, Hitler dut se rendre compte qu’il ne pouvait pas trop compter sur lui lorsqu’il déclencha la guerre. Alors que les armées d’Hitler gagnaient des batailles partout, Mussolini se trouva plutôt en difficulté avec ses armées d’invasion. Il est vrai que Mussolini est loin d’être un stratège, il est même qualifié d’amateur par le maréchal Badoglio, ce qui lui vaut d’être limogé. On attribua assez vite à l’armée italienne une réputation de couardise, qui n’est sans doute pas toujours très justifiée, mais que voulez-vous les gens sont méchants.

Un de ces moments d’anthologie de la connerie. On ne peut toutefois lui reprocher d’être un mauvais orateur, chose indispensable en politique.

Dans cette optique voici quelques histoires sur ces braves soldats, sans doute parmi les plus drôles.

Depuis l’Albanie, les Italiens veulent envahir la Grèce. L’ordre d’invasion est lancée, mais à peine les soldats partis les voici qui reviennent à leur point de départ encore plus rapidement.

Le général demande alors les raisons.

– Qu’avez-vous vu une division grecque ?

– Pire que cela.

– Cinq divisions grecques ?

– Pire que cela.

– Toute l’armée grecque ?

– Pire que cela.

– Mais alors quoi ?

– Un pancarte : attention chien méchant !

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Dans cette histoire, la guerre ne se termine pas en 1945, mais continue dans une autre optique, celles des forces de l’Axe qui n’ont pas subi de défaite et qui continue de se battre. Imagines quelques années plus tard, les informations à la radio.

– La Wehrmacht vient d’entrer dans Vladivostock, communique le quartier général allemand. De son côté, le gouvernement nippon nous informe que l’Armée du Mikado est en train d’envahir New York. Selon des sources bien informées, Mussolini prévoit d’envoyer des avions de reconnaissance sur Malte.

A propos d’aviation un général allemand et italien discutent. L’italien demande :

Quel est l’effectif dans une mission de parachutage ?

– Vingt trois. Le pilote, le navigateur, le radio et les vingt parachutistes. Et vous ?

– Vingt-trois aussi : le pilote, le navigateur, le radio et un parachutiste.

– Un seul parachutiste, mais alors à quoi servent les dix-neuf autres ?

– A pousser dehors le parachutiste !

Affiche propagande alliée

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Un inventeur présente à Mussolini sa dernière trouvaille.

– Voyez-vous, dit-il,  c’est un tank semblable aux autres. Sa particularité, c’est qu’il possède six vitesses pour faire marche arrière.

– Formidable, approuve Mussolini.

– Et puis il y a une marche avant.

– Une marche avant, mais cela ne sert à rien dans l’armée italienne !

– Eh bien, supposez qu’elle soit attaquée par derrière.

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Un italien demande une entrevue à Mussolini, ce qui lui est accordé.

– Duce, j’aimerais changer de nom, car chaque fois que je me nomme, tout le monde se moque de moi,

– Et comment vous appelez-vous.

– Benito Merda.

– En effet je comprends, et comment aimeriez-vous vous appeler ?

– Angelo Merda.

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En tournée d’inspection Hitler subjugue ses soldats car il marche sur un marécage sans s’enfoncer.

– Mein Fuher, s’exclame un capitaine, vous marchez sur un marais sans vous enfoncer, c’est un miracle !

– Mais non, je suis sur les épaules de Mussolini…

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Pendant l’occupation à Paris, un officier allemand s’étant égaré demande à un passant :

Pouvez-vous me dire où est la place de l’Etoile ?

– A gauche sur la poitrine, répond le passant.

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De Gaulle avait un sens du bon mot et de la formule, c’est indéniable. A la libération, il ne manqua pas de perpétuer son art.

Les F.F.I. (Forces françaises de l’intérieur) furent avant la libération, une armée constituée, entre autres, des principaux mouvements de résistance durant l’occupation. Pas vraiment organisée comme une véritable armée, elle n’en fut pas moins d’une certaine efficacité pour la préparation du débarquement, par exemple. En son sein, il y eut aussi quelques électrons libres, même des collabos, qui se bombardaient aux plus hautes fonctions avec des grades qui relevaient plus de la simple usurpation que de l’école militaire. Ainsi, le sinistre docteur Petiot fut dans cette armée le Capitaine Valery, lui qui connut plus les prisons militaires que Saint-Cyr. De Gaulle en tournée s’arrête au milieu d’une équipe locale de ces troupes et constate que ce sont tous des officiers de rang élevé, sauf un qui est simple lieutenant. Il va vers lui et lui demande avec bonhomie :

– Alors mon ami, on ne sait pas coudre ?

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Notre général défile dans une ville libérée. Partout ce sont de « Vive De Gaulle ! » à n’en plus finir. Soudain, il entend très nettement un « Vive Pétain ! ». Il se tourne vers son accompagnateur et lui dit :

– Encore un qui ne lit pas les journaux.

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Entre le général et Churchill ce ne fut pas toujours l’amour fou. Ce dernier déclara après la guerre :

– De toutes les croix que j’ai portées, la croix de Lorraine fut la plus lourde à porter.

En Suisse on a d’autres préoccupations

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Cette histoire fut, parait-il, racontée par Churchill. Un matin De Gaulle et son aide de camp vont nager dans la mer et s’éloignent des côtes. Quand il sont à un bon mile au large, De Gaulle demande :

– Nous sommes seuls ?

– Oui nous sommes seuls mon général.

– Eh bien je vais essayer de marcher sur l’eau !

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Lors de la libération de Paris, un libérateur obtient une permission de deux heures pour aller voir sa femme. 1 heure et 59 minutes plus tard, le voici de retour avec son uniforme complètement trempé.

– Alors tu as vu ta femme, pourquoi tu as ton uniforme mouillé ?

– Quand je suis arrivé à la maison, elle était dans son bain !

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L’armée US était plutôt du genre bien organisé, tout était prévu, sauf le petit grain de sable qui peut enrayer toute la machine. Un général peste dans son bureau :

– Il n’y a plus de formulaire pour commander des formulaires !