Bas nylons et des cavaliers hors du temps

En 1863, les USA sont en pleine guerre civile. Pour donner du courage à ces braves machines à tuer sur deux pattes, un certain Patrick Gilmore composa une chanson « When Johnny Comes Marchin Home ». Elle est d’obédience nordiste, c’est à dire ceux qui sont pour l’abolition de l’esclavage, commandés par le général Grant. Les troupes sudistes, commandées par une star des mots croisés le général Lee, sont défaites en 1865. La chanson resta à l’état de curiosité folklorique pendant longtemps. Dans les années 1940, un certain Stan Jones (1914-1963) la transforme un peu à sa manière, il garde une partie de la mélodie et lui ajoute une histoire un peu fantastique de cow-boys fantômes sous le nom de « Ghost Riders In The Sky » ou aussi « Riders In The Sky ». Il l’enregistre en 1948. Elle est presque immédiatement reprise par un tas de monde et c’est surtout les version de Vaugh Monroe et Burl Ives qui se partagent le succès en 1949. Elle connaît aussi une réputation internationale, la même année les Compagnons de la Chanson l’enregistrent aussi : « Les Cavaliers Du Ciel ». La chanson poursuit son bonhomme de chemin en devenant une chanson assez volontiers assimilée au western, elle figure au répertoire de grandes stars. En 1961, elle réapparaît dans les hit parades internationaux via les Ramrods, un groupe qui a la particularité d’avoir une femme à la batterie, mais cette fois-ci en instrumental teinté rock. Cette version sera reprise des multitudes de fois dans ce style par les Shadows, les Ventures, les Spotnicks, et par une pléiade d’autres artistes. Dans sa version vocale, elle redevient un gros tube via la version de Johnny Cash en 1979.

Depuis sa mise en forme moderne, il n’y a pas eu une décennie où elle n’a pas été enregistrée officiellement une dizaine de fois. Pour les Américains, c’est l’équivalent d’une chanson comme « A La Claire Fontaine » ou « La Vie En Rose », tout le monde la connaît. On peut presque dire que c’est aussi le cas dans pas mal d’autres endroits du monde. Il en existe des versions dans la plupart des langues européennes.  Peut-être qu’une civilisation extraterrestre qui nous écoute la connaît aussi.

La chanson qui a inspiré le reste.

Le version originale de Stan Jones, 1948, commence à 0’35.

La version de Burl Ives, 1949, c’est une reprise, bien que le commentaire dise autrement.

La première version française par les Compagnon de la Chanson, 1949. Pour moi, c’est le premier enregistrement français où l’on entend distinctement l’utilisation d’une chambre d’écho.

La transposition en rock instrumental par les Ramrods, 1960.

La reprise des Spotnicks, 1961.

Version surf de Dick Dale 1963.

Version pop par Kaleidoscope, 1976.

Johnny Cash, 1979.

Enregistrement en italien par Mario Del Monaco, un ténor d’opéra italien, 1980.

Version hard rock par les Outlaws, USA 1980.

Version psychobilly, King Kurt, UK 1983.

Les Blues Brothers, 1998.

Deborah Harry (Blondie), 1998.

Christopher Lee, mais oui il chante aussi, et ce n’est pas ridicule, 1998.

Claire Lane, celle qui tenait la batterie dans la version des Ramrods en 1960.

4 réflexions sur “Bas nylons et des cavaliers hors du temps

  1. Bonjour Mr Boss,

    Quant j’étudiais l’anglais au lycée, le/la prof nous passait une ou de chansons en VO comme « Cecilia » de Simon et Garfunkel, à titre de détente, souvent en fin d’année. .
    Il/elle nous parlait aussi d’un chant nostalgique qui devait dater de cette époque fratricide ou de celle des pionniers vers l’Ouest. Elle se nommait, si mes souvenirs sont exacts: « Waltzing Mathilda ».
    Dans certains westerns (cf. « Les cavaliers – Holden/Wayne), les troupes sudistes marchent au pas de:  » Glory, glory, Alleluia… ».
    Votre article m’a fait repenser à mon cours de LV 1 (1982). C’est toujours intéressant de retrouver l’origine des choses. Revoir le passé pour comprendre le présent et préparer l’avenir. Sagesse immuable des Anciens.
    Bonne journée. Peter.

    • Hello Peter,
      Il y a effectivement une chanson qui se nomme « Waltzing Mathilda », c’est une chanson très connue chantée par un tas de monde. Mais son obédience est australienne, bien que ses grands espaces puissent se confondre avec ceux de l’Ouest, cette histoire aurait pu se dérouler là, les conquérants étant un peu les mêmes.
      Le folk américain est rempli de héros ou de faits qui ont réellement existé. Comme le cinéma, ils aident à découvrir l’histoire du pays, j’en ai plus appris en écoutant cette musique qu’à travers les livres très souvent trop superficiels.
      Bonne semaine

  2. Bonjour M. Boss,
    Là vous touchez à un monument de la chanson que la Nasa serait bien vu d’inclure dans la prochaine sonde qu’elle enverra dans l’espace, tellement ce titre est dans toutes les têtes !
    Bonne semaine
    cooldan

    • Hello Cooldan,
      Je pense exactement la même chose, je dirais même que c’est une chanson universelle dans l’acceptation littérale du terme..
      Bonne semaine

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