Pipeline et bas nylons

Pour ceux qui pratiquent le surf, il y a une spécialité que les plus hardis recherchent, c’est le tube, en anglais pipeline. Quand une vague de belle hauteur se retourne sur elle-même, il y a momentanément une sorte de tunnel où les surfeurs essayent de s’engouffrer. En plus d’avancer très vite, il y a l’impression d’être complètement entouré d’eau. Quand ce sport devient un mouvement musical typique, à l’initiative notamment de Dick Dale, suivi par les Beach Boys, il y a eu de nombreux titres qui firent référence aux termes employés par les surfeurs. En 1963, un groupe californien du nom de Chantays enregistra l’un des plus célèbres titres instrumentaux faisant la part belle à cette fameuse figure du surf, le pipeline.

Le son du surf en terme de technique est obtenu par un effet que l’on appelle la réverbération, le plus souvent avec par un artifice technique d’amplificateur ou en usant de la répercussion d’un son rebondissant dans un endroit destiné, une église par exemple. Cela donne cet effet de son à la guitare qui parfois peut faire penser à quelque chose en train de frire dans une poêle, on parle aussi de son aquatique. Ce sont presque toujours les guitares Fender qui sont utilisés par les musiciens. La guitare basse est exclusivement électrique, la batterie est aussi sélective, comme Gretsch par exemple.

Les Chantays comme beaucoup de groupes sont avant tout des copains d’école qui décident de former un groupe de rock. Le titre « Pipeline » qui allait faire leur gloire est écrit en 1962, par les deux guitaristes, rythmique et soliste du groupe, Bob Spickard et Brian Carman. En 1963, pour le label Downey distribué par Dot records et alors qu’il sont encore mineurs, il devient un hit mondial et l’un des morceaux de surf instrumental les plus immortels. C’est pratiquement un détour obligé pour tous ceux qui se lancent dans ce style. Pourtant les Chantays ne sont pas un groupe de surf pur et dur, puisque l’un des membres joue du piano, instrument assez présent dans les enregistrements mais totalement absent dans la plupart des autres groupe du genre. Mais cela n’empêche pas que toute leur musique de se center sur le surf instrumental, même si leur second album est en partie vocal. Ils tournent encore aujourd’hui, malgré le décès de Brian Carman en 2015. Leur hit figure dans la liste des 500 chansons qui ont formé le rock. La ville californienne de Santa Ana leur a même dédié le nom d’une rue : Chantays Way. C’est une autre manière d’entrer dans l’immortalité.

Voyons quelques une des multiples versions de cet vague qui n’en finit pas de se retourner sur elle-même.

Climp d’époque sur le playback stéréo.

La reprise par les Astronauts, elle diffère de l’original car il n’y a pas de piano, 1963.

La version des Ventures, 1964.

Version ancêtre du disco par Hot Butter, les créateurs de « Pop Corn », 1973.

Ambiance complètement différente, en funky, Incredible Bongo Band, 1974

Version hard, Johnny Thunder, 1978.

Elton Motello (Plastic Bertrand fut son batteur), 1978.

Dick Dale avec Stevie Ray Vaughan, 1987

The Killer Bananaaz, 2002

En jazz et en live, Bill Frisell, 2014. il fut un musicien qui joua dans le Ginger Baker Trio.

Pour changer une femme à la guitare, Los Yawares & Yolanda Marvel des Twang Marvels, groupe brésilien, 2018.


							

4 réflexions sur “Pipeline et bas nylons

  1. Bonjour M. Boss,
    Cette vague qui utilise cet effet de réverbération est une technique qui a fait ses preuves,et qui se perpétue, à chaque époque sa technologie, de nos jours une nouvelle technique est à la mode grâce à l’informatique , c’est l’auto tunes, et qu’en dit Wikipédia, je cite :
    Auto-Tune est un logiciel correcteur de tonalité élaboré par la société Antares Audio Technologies en 1997, mais créé auparavant à la fin 1996 par Andy Hildebrand, un ingénieur américain travaillant dans l’industrie pétrolière.
    Initialement, l’Auto-Tune est un logiciel correcteur de voix permettant de chanter juste. Mais, quand on pousse les réglages à l’extrême, le traitement, jusqu’ici transparent et naturel, prend un caractère artificiel, donnant à la voix un aspect « métallique ». Il est souvent associé à la chanteuse Cher et au rappeur T-Pain, qui en ont popularisé l’utilisation, mais de nombreux autres artistes en font usage, ouvertement ou non, notamment dans le rap et les musiques électroniques.
    Même McCartney qui a une voix un peu déclinante ( à 76 ans c’est un peu normal)
    l’a utilisé dans son dernier titre  » get enough »….(en avoir assez) ….mais lui ne semble toujours pas à en avoir assez, car il multiplie encore ses tournées….
    Bonne semaine
    cooldan

    • Hello Cooldan,

      Oui en effet, Je crois que Renaud a aussi usé cette technique pour son dernier disque, il est limite avec sa voix.
      Je crois que McCartney chantera jusqu’à son dernier souffle, il aime trop ça.
      Par contre, il y en a certains qui à 90 balais arrivent encore à pousser des vocalises, le cubain Compay Segundo très bien en concert et il fallait presque le virer de scène.
      Bonne semaine

  2. Bonjour Mr Cooldan,

    C’est ce qu’on appellerait… « surfer sur la vague » ?
    Oui, je sais, le trait d’humour est un peu tiré par les cheveux, comme l’on dit.
    Rires.
    Bonne journée. Peter.

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