Bas nylons et une chanson comme une autre

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Un des thermomètres dont on peut se servir pour mesurer la popularité d’une chanson est le nombre de reprises dont elle bénéficie par des artistes de renom. C’est même souvent grâce à cette mise en lumière que la chanson gagne en notoriété. Que serait aujourd’hui Shirley Jones si les Beatles n’avait pas repris sa chanson « Till There Was You », ce d’autant plus que l’original ressemble plus à un titre d’opérette absolument incompatible pour intéresser un public de teenagers.

Willie Cobbs (1932 -) est né en Arkansas. Il pratique la musique comme bluesman et joue de l’harmonica. En 1960, il est encore un parfait inconnu même s’il a approché à Chicago quelques grosses pointures du coin comme Little Walter. Il a aussi l’occasion d’enregistrer quelques singles dont aucun n’accède à la notoriété. Le coup de pot viendra de sa rencontre avec Billy Lee Riley, un des piliers des légendaires disques Sun à Memphis. Ce dernier a fondé dans cette même ville son propre label, Mojo. C’est alors qu’il va enregistrer le titre qui fera de lui une légende « You Don’t Love ». La publication sur Mojo est un seuucès local. Riley licencie l’enregistrement à Home OF The Blues, qui le licencie encore une fois à Vee Jay, une maison bien plus conséquente qui a notamment une flopée d’artistes célèbres dans ses rangs et qui aura plus tard le privilège d’éditer les Beatles à leurs débuts. Ironie du sort les deux labels subséquent ont refusé de signer Cobbs comme artiste. Sans être un succès national retentissant, le disque connaît quelques faveurs et surtout se fait remarquer. Bien que le crédit compositeur soit attribué à Cobbs, le titre n’est pas absolument nouveau. Il s’inspire quelque peu d’une chanson du même titre enregistrée par Bo Diddley et plus certainement d’un enregistrement acoustique de Clarence Edwards réalisé en 1959. Mais toutes les reprises postérieures attribueront le crédit compositeur à Cobbs. A des degrés divers, les premières reprises favoriseront la mise en lumière du la chanson. Tommy Raye, 1964; Sonny & Cher, 1965; Gary Walker (tentative solo alors qu’il est membre des Walker Borthers, un modeste succès pour lui), 1966; John Mayall, qui sera celui que la fit remarquer au monde pop, 1967. Depuis la chanson a été assaisonnée à bien des sauces, tant elle s’y prête bien.

La chanson à l’origine, surtout pour les riffs, 1959.

La version accoustique, Clarence Edwards, 1959.

Willie Cobbs, 1960.

The Megatons, version détournée en instrumental, 1962.

Tommy Raye, 1964.

Sonny & Cher, la première que j’ai entendue.

Gary Walker, 1966

John Mayall, avec Peter Green, 1967.

Kaleidoscope, un des première versions revisitées en pop, 1968.

Les fameuses sessions, Kooper, Stills, Bloomfield, de loin pas ma préférée, 1969.

Ike & Tina Turner, 1969.

Allman Brothers Band, version endiablée, live 1971.

Une version en raggae, Black Uhuru, 1979.

Otis Rush, live Montreux, 1986.

Version trash, Zola Jesus, 2010.

Une version rockabilly en live.

Apparition du créateur (85 ans) dans un festival 2017.

Dick sans Rivers

Encore un bout d’adolescence qui fout le camp, Dick a mis les voiles. Les Chats Sauvages ne viendront plus nous donner des coups de griffes. Chanteur incontournable des yéyés, avec ce petit plus qui n’appartenait qu’à quelques uns. Il fait partie de ceux que j’ai toujours suivis d’un oeil et même après le tournant des années 70,  c’est peut-être là qu’il a été le meilleur ou du moins le plus intéressant pour moi. Sa série d’albums de « Dick’N’ Roll à « Dixie » n’étaient pas si mal torchés que cela, j’en garde une certaine nostalgie. Je l’ai vu en concert une fois, tout à fait par hasard. J’étais au bistrot attendant l’entrecôte bordelaise que j’avais commandée en feuilletant le journal. Je suis tombé sur un article qui annonçait qu’il se produisait le même soir dans la ville où j’étais. Alors vous imaginez ce que j’ai fait. Il me reste en souvenir une photo dédicacée.

Résumer Dick Rivers en quelques chansons est chose difficile, il y en a au moins une trentaine que je peux prétendre avoir pas mal écoutées, pas forcément celles que vous connaissez le plus. Je ne choisirai que celles que je pense être en tête de liste. Cela doit représenter pas mal d’heures et j’ai pas encore aujourd’hui l’impression d’avoir mon temps. Salut l’artiste !

De l’époque Chats Sauvages, que j’ai toujours préféré aux Chaussettes Noires, je n’en garderai qu’une, leur belle reprise qui balance bien de « What’d I Say ».

1962, premier disque solo, très représentatif d’une époque.

En 1965, la reprise de « Go Now » de Bessie Banks via les Moody Blues.  Elle n’est pas ridicule face aux précédents.

Cette face B que j’adorais, un original qui sonne bien anglais.

J’aimais aussi bien celle-là, un autre original du même duo, Guy Magenta, Ralp Bernet.

Une autre création maison et sans doute un de ses meilleurs trucs période sixties.

Sur l’album 1971 « Dick’N’Roll », du rock en pop, ce fut un bel album, sans doute l’album de lui que j’ai le plus écouté.

De l’album country « Rockin’ Along » quand il travaillait avec Bashung, existe aussi en français.

Du même album, une autre qui me plaisait, allez savoir pourquoi.

Un peu pour s’amuser et un peu pour le pognon sous le nom de Rock Band Revival, Dick avait enregistré dans les années 70, un double album de reprises rock and roll avec Bashung en alterné.

Ca aussi j’aimais bien, 1974.

Une de celles qui passe le mieux à la postérité, 1974, sur l’album avec la pochette dessinée par Morris.

Une interview de 2011.

Bas nylons et tremblez braves gens

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Il y a toujours un événement naturel qui peut vous surprendre où que vous vous trouviez.. Le plus violent de tous et le plus imprévisible reste le tremblement de terre. Que ce soit un ouragan, une éruption volcanique, une inondation, une avalanche, la grêle, vous avez quelques chances de vous en tirer, vous avez un allié sur lequel vous pourrez en principe compter, le sol sous vos pieds. Le tremblement de terre vous le retire, vous n’avez plus de repères, vous êtes bousculés de partout. Un de mes anciens collègues de travail se trouvait au Frioul en Italie quand eut lieu le tremblement de terre du 6 mai 1976. Il était dans la rue quand cela arriva, c’est comme si j’étais ivre, le sol se dérobait sous nos pas, le sol montait et descendait, me raconta-t-il. Il y eut près de mille morts.

Différentes scènes de séismes à travers le monde.

Avec les progrès de la science, si on arrive pas à supprimer les phénomènes naturels, on peut en atténuer la portée en les prédisant, la météorologie par exemple. C’est très facile pour un ouragan dont on peut observer la formation et prédire assez précisément la trajectoire et la force. Une éruption volcanique ne prend plus personne au dépourvu, on sait très bien qu’elle donne des signes avant-coureurs et n’entre pas spontanément en éruption. Pour le tremblement de terre, c’est plus délicat, bien que l’on connaisse pas mal de choses sur le sujet. La principale cause de ces phénomènes c’est le déplacement des plaques continentales qui bougent comme des îles flottantes sur la croûte terrestre. Selon qu’elle avance ou qu’elle recule, elle provoquent des tensions ou distensions sur la surface. On sait très bien que la plaque africaine se glisse sous la plaque européenne et eurasienne, provoquant ces mouvements. Les pays du sud, voisins de la jonction de ces plaques, sont plus exposés et de manière générale, victimes des plus forts tremblement de terre. Les chaîne de montagnes des Alpes sont une partie visible de ce phénomène. Une poussée contrebalancée par une plaque arrière solidement en place a fait se soulever la plaque dans sa partie faible et a formé les montagnes. On peut imaginer cette force par rapport à celle d’un tremblement de terre aujourd’hui, c’est du 1 contre 100000. Prédire une catastrophe de ce genre relève encore un peu de la magie. Tout au plus on a observé que les animaux sentaient le phénomène bien avant qu’il se produise, une modification des ondes terrestres avant le séisme a aussi été mise en évidence. De même que des lueurs ressemblant à des aurores boréales, associés à des champs électro-magnétiques, peuvent aussi se manifester. Par contre, on sait depuis longtemps que les endroits où se produisent les tremblements de terre sont très inégalement répartis sur la planète. Des lieux n’en connaissent presque jamais, tandis que d’autres en sont fréquemment victimes. On a aussi remarqué une corrélation entre les volcans et les plaques tectoniques continentales dans certains coins du globe.

En nouvelle-Zélande, capture vidéo de lumières liées à un tremblement de terre. Dans ce cas précis, on voit que le séisme à déjà débuté, il est assez violent les images tremblent. Les lueurs apparaissent un peu plus tard. Dans certains cas, spécialement vers la 28 ème seconde, on voit nettement qu’il s’agit d’un court circuit dans un transformateur électrique proche la caméra. Les petites taches blanches qui apparaissent aussi dans le film sont certainement des oiseaux pris de panique., on en voit un s’envoler au début. Pour le reste, je mets cette vidéo sous toutes réserves.

Le 11 juin 1909, le sud-est de la France est victime du plus gros tremblement de terre des temps modernes. Même s’il fut assez modeste du point de vue victimes, 46 morts, il fit passablement de dégâts en endommageant 3000 maisons. Mesuré à 6,2 sur l’échelle de Richter, ce qui est quand même assez élevé, il se produisit dans des zones de villages avec des maisons loin de ressembler à des gratte-ciels. Le risque est moins élevé avec des maisons de peu d’étages. Heureusement des villes comme Marseille ou Toulon ne subirent que peu de dégâts. Nous allons refaire l’historique de cet événement à travers un journal de l’époque qui ne manqua pas de relayer l’information, comme bien des autres. On a pas tous les jours une tremblement de terre à se mettre sous la dent. Ce genre d’information a toujours attiré les lecteurs.

Le 12 juin, le Petit Parisien en parle succinctement et de manière générale, le drame a eu lieu la veille à 21 h 15

Le lendemain les choses se précisent

 

Sources Gallica, BNP, DP

Musique devant la télé

Très souvent, ce que j’aimais bien dans les séries tv, c’est la musique. C’est plutôt quelque chose que je regardais quand j’étais adolescent, bien que des séries plus récentes ne me déplaisaient pas non plus.  Comme je ne regarde quasiment plus la télé, je les achète en dvd. Le truc c’est de ne pas se précipiter, en général elles sont assez vite soldées à des prix ridules. Exemple récent, un coffret de Secrets d’Histoire » pour une thune !   J’en ai sélectionné quelques unes, uniquement sous l’aspect musical du générique plaisant à mes oreilles. D’autres séries que j’ai adorées n’y figurent pas, car je n’ai pas vraiment flashé sur le générique, ou il était plus parlé que musical, c’est le cas par exemple de « La Quatrième Dimensoin » ou « Le Prisonnier ».

 

Bas nylons et succès à double face

 

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Il arrive quelquefois que l’on parle d’un disque, au temps du vinyle spécialement, comme ayant un double face A. En général, l’effort de promotion d’une maison de disques se porte sur une face. En Angleterre par exemple, le disque de promotion est marqué d’un grand A sur la face principale. Cela signifie, aux stations de radio notamment, qu’il faut diffuser cette face là et pas le contraire, Mais elles font ce qu’elles veulent. On a vu, assez souvent même, que les faces B fassent d’honnêtes succès. Pour rappel : « Gloria » des Them, « Days Of Pearly Spencer » de David Mc Williams, « Zorro Est Arrivé » Henri Salvador, étaient des faces B. Le phénomène de la double face A est un peu différent, les deux faces sont estimées égales et le choix peut se porter sur l’une ou l’autre face ou les deux en même temps. Dans ce dernier cas, si les radios jouent le jeu, cela permet d’attirer plus d’acheteurs potentiels, chacun l’achetant pour la chanson qui lui plaît. L’avantage pour l’artiste est de se voir mieux classé dans le hit parade des ventes, si ce dernier est basé sur ce principe. Un exemple concret :

Le troisième disque à succès de Yarbirds « Evil Hearted You » / « Still I’m Sad » fut promu selon cette formule. Le premier titre est écrit par Graham Gouldman déjà compositeur de leurs deux succès précédents, le second est une composition co-signée par Paul Samwell-Smith et Jim Mc Carty (il m’a fait un clin d’oeil récemment comme quoi il ne m’oubliait pas, merci !) respectivement bassiste et batteur des Yardbirds. Selon les pays, l’Allemagne par exemple, on mentionna sur la pochette le premier titre en plus grosses lettres que le second. Faisant abstraction de la promotion à la manière anglaise, ils pensaient sans doute que le fait qu’il était composé par Graham Gouldman, devait lui assurer un succès plus certain. Ils avaient tort, car historiquement ce fut le second qui entra d’une manière plus visible dans l’histoire, via notamment les reprises faites par Rainbow, Boney M, ou encore Gregorian, et pourquoi pas la version française par les Compagnons de la Chanson. Il existe aussi des cas où sans promotion particulière les deux faces du disques deviennent des succès, comme « Penny Lane » et « Strawberry Fields Forever », difficiles à départager tant elles sont aussi populaires l’une que l’autre.

Nous allons examiner le cas très précis d’un de ces disques sorti dans une relative obscurité et qui par la suite engendra deux classiques qui eurent des adeptes autant pour un titre que pour l’autre, mais ne fut jamais lancé sous la réputation d’une double face A. Elle concerne un guitariste du nom de Bobby Parker (1937-2013), un bluesman américain.

En 1957, il enregistre un premier disque pour la label Vee-Jay « Blues Get Off My Shoulder » avec en face B « Yoy Got What It Takes », qui devient en 1959 un gros succès pour Marv Johnson, artiste Tamla Motown, et plus tard encore pour Dave Clark Five.  Un litige existera car Parker prétendra toujours qu’il est l’auteur de la chanson alors que la version de Johnson est créditée à des compositeurs de la Motown. Mais le disque qui nous intéresse est publié en 1961 pour le label V-Tone avec deux compositions de Parker « Watch Your Step » et « Steal Your Herat Away ». Sans être un grand succès, il ne passe pas complètement inaperçu.  Le premier titre s’inspire d’un morceau de Dizzy Gillespie « Manteca » et aussi de « What’d I say » de Ray Charles. Le second n’est pas complètement étranger à « I Belive To My Soul » de Ray Charles. Ce sont les artistes anglais qui vont surtout donner une impulsion au disque. Pas mal de d’artistes qui vont jouer un jeu plus ou moins grand dans l’avènement de la Beatlemania et qui attendent le grand jour, vont l’inclure dans leur répertoire. C’est le cas des Beatles qui incluent « Watch Your Step » dans leurs concerts vers 1961-1962. On retrouvera aussi un emprunt aux riffs de la version originale dans « I Feel Fine » ou « Day Tripper ». John Lennon ne cache pas son admiration pour Bobby Parker. Dans un premier temps ce sera surtout ce titre qui sera en lumière. Mais un 1964, quand les Moody Blues reprennent « Steal Your Heart Away », il va rattraper en popularité le précédent et aussi pénétrer dans de nombreux répertoires. C’est encore le cas aujourd’hui.

En deux sections différentes quelques visions musicale

Bobby Parker, version originale 1961

John Barry Seven, le fameux compositeur du thème de James Bond, le reprend en instrumental, 1961

Pour la France, les Fantônes en 1962.

Earl Preston and the TT’S, un groupe enregistrant sur le label Oriole, 1963. Très belle version.

Tony Jackson, ex-Searchers après les avoir quittés, 1964.

Spencer Davis Group avec Stevie Winwood, 1965.

Manfred Mann, 1965.

Led Zeppelin, repris sous le nom de Moby Dick, 1969.

DR Feelgood avec Wilko Johnson, 1975.

Bobby Parker, version originale autre face, 1961.

Version des Moody Blues, très belle reprise, 1964. Toujours un de mes favoris.

Version Cliff Bennett & Rebel Rousers, 1965.

Doc Thomas Group, pré Mott The Hoople, 1966

Version française par Noël Deschamps, plutôt bien roulée, 1966.

En live encore meilleur, bien que le posteur l’attribue à Ray Charles, certes les deux chansons se ressemblent, mais elle sont DIFFERENTES, 1967.

Joe Bonamassa en live 2010.

Le légendaire et géant Peter Green, live 2010.

Bas nylons et un médecin malgré lui

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Nous avons dans un post précédent visité l’histoire Mr Sutter, un Suisse qui partit faire fortune en Amérique et qui ne réussit pas trop mal, puisque les livres d’histoire en parlent encore avec une certaine admiration. Un autre de ses concitoyens partit sur la même route, mais s’il est encore quelque peu remémoré, c’est pour des raisons complètement différentes. Il se nomme Heinrich Hartmann Wirz alias Henry Wirz.
Il est né à Zurich en 1823, il entame quelques études de médecine qu’il doit plus ou moins abandonner, car ses parents n’ont pas les ressources financières nécessaires. Pour vivre, il se lance dans le commerce et travaille dans sa ville natale, puis à Turin. Il se marie en 1845 et deux enfants naissent. En 1947, il est condamné à 4 ans de prison pour non remboursement de dettes. Comme c’est parfois encore la coutume à l’époque, la sentence est commutée en un exil forcé de 12 ans, autrement dit, il est obligé d’aller se faire voir ailleurs. Sa femme refuse de l’accompagner et obtient le divorce. Déjà à cette époque, la Suisse est assez libérale sur le divorce, du moins au niveau civil et surtout dans les cantons majoritairement protestants. Il part en Russie et ensuite en Amérique où il arrive en 1849.
Il s’établit dans le Massachusetts et y travaille pendant cinq ans, puis il déménage dans le Kentucky à Cadiz. Comme il a un peu étudié la médecine et qu’il n’a pas tout oublié, il se lance dans l’homéopathie, une branche médicale qui a cette époque avoisine le charlatanisme par des pratiques dérivées très douteuses. Il faut aussi avoir en mémoire que c’est le pays de tous les possibles, chacun peut y faire sa cuisine à condition d’avoir la langue bien affûtée. Morris le dessinateur et Lucky Luke, fait allusion à cette pratique dans L’élixir du docteur Doxey, il avait l’habitude de mêler son héros avec bien des légendes et des faits du Far West.
En 1854, il se remarie avec une veuve qui a deux filles, Elisabeth Wolfe. Ils vont en Louisiane et une troisième fille vient compléter la famille. Il se fait engager comme médecin dans une plantation. Soigner les Noirs convenablement n’est sans doute pas la principale préoccupation du propriétaire Levin Marshal,  les remettre au travail tant bien que mal est suffisant. On peut supposer qu’il n’a pas été trop regardant sur son passé médical, du moment qu’il était capable d’assurer le minimum nécessaire. Il semble toutefois que pendant cette période il se soit acquitté de sa tâche très honnêtement. Le temps passe…

En 1861, l’Amérique va entrer dans un tournant de son histoire, la guerre de sécession. Cette guerre éclate principalement après l’élection d’Abraham Lincoln en 1860. Il est résolument pour une réforme de l’esclavage avec en point de mire son abolition totale. L’Amérique de 1860 forme dans sa moitié est avec la Californie tout à l’ouest, les états qui font partie de ce qui est déjà les Etats-Unis. Mais entre les états,  l’esclavage est vu de manière assez différente, les états du sud sont toujours esclavagistes, tandis qu’au nord il n’est plus pratiqué. La guerre éclate donc entre ces deux tendances, les 11 états du sud pour le maintien de l’esclavage, les Confédérés contre ceux du nord, l’Union, abolitionnistes. Ce n’est pas la seule raison, le nord est plutôt riche, le sud plutôt pauvre.

Les généraux Grant (à gauche) et Lee


Etant en Louisiane, Wirz se retrouve engagé dans les troupes confédérées. En 1862, il est assez sérieusement blessé et perd l’usage de son bras droit. En récompense de son courage, il est promu capitaine. A ce stade de la guerre, il n’y a pas encore de vainqueur, même que les sudistes ne sont de loin pas vaincus. Sous l’impulsion du célèbre général Lee, ils remportent même de nombreuses batailles jusqu’à celle  de Gettysburg au milieu 1863, qu’ils perdront et qui verra le vent tourner. Pendant ce temps, Wirz inapte au combat, devient une sorte de ministre des affaires étrangères pour Jefferson Davis, président des Confédérés. il est envoyé en mission en Angleterre et en France. Au début de 1864, il est de retour en Virginie et c’est là que son destin va basculer. Le général Winder l’envoie comme gardien d’un camp de prisonniers de guerre, celui de Sumter en Géorgie, près d’un lieu qui deviendra Andersonville pour l’histoire.

Le camp d’Andersonville.

Le camp est tout sauf aménagé. D’une surface de 80000 m2, marécageux, il n’y a pratiquement aucune baraque, ni eau courante, ni latrines. La camp ayant compté jusqu’à 32000 prisonniers cela fait en gros 2,5 m2 par prisonnier. Ils sont à découvert sous le froid et la pluie. Seules quelques tentes peuvent ressembler à des abris. Les épidémies ne tardent pas à s’installer, la malnutrition n’arrange rien, la manque d’hygiène non plus. On estime qu’il y aura au moins 12000 personnes qui décéderont dans ce camp. De plus, Wirz semble perdre les pédales, il aurait assassiné  de sang froid plus d’une dizaine de prisonniers. La situation s’est aussi compliquée car le général Grant commandant des troupes nordistes, a mis un embargo sur l’échange des prisonniers entre les deux parties.
Avril 1865 marque la fin de la guerre de sécession suite à la défaite des Confédérés. Wirz se rend compte qu’il aura des comptes à rendre, il est de plus en plus notoire dans l’opinion publique que le camp était un enfer. Il est arrêté le 7 mai 1865 et transféré à Washington où un procès doit se tenir afin qu’il soit jugé devant un tribunal militaire. Bien entendu, la cour est constituée par les vainqueurs et le procès se déroulera entre le 23 août et le 18 octobre 1865. Il n’est pas le seul accusé, quelques lampistes font aussi partie du lot, mais Wirz apparaît comme le véritable responsable, il donnait des ordres à ses subordonnés et nous sommes encore en des temps où le soldat doit obéir sans discuter. Les témoignages vont dans ce sens, il était le commandant de la place, même si certains témoignages semblent peuvent atténuer ses responsabilités. Certains témoins affirment qu’ils n’ont jamais vu Wirz tuer quelqu’un, d’autres qu’il était le dernier des salauds. Au début novembre le verdict tombe, Wirz est condamné à mort et exécuté le 10 novembre 1865 devant le célèbre dôme du Capitole nouvellement construit. Il est le seul soldat de la guerre de sécession exécuté pour crimes de guerre.
Comme je l’ai dit, il s’agit d’un procès de vainqueurs contre vaincus, vainqueurs encore plus remontés après l’assassinat de Lincoln le 15 avril 1865. On peut toutefois se poser quelques questions. Comment peut-on sérieusement laisser un homme se débrouiller seul dans de pareilles circonstances? Il est aussi reproché à Grand d’avoir stoppé l’échange des prisonniers entre les adversaires. Certains pensent que le procès ne fut pas équitable. Wirz semble avoir réclamé de l’aide et même envoyé des prisonniers nordistes pour témoigner des conditions qui régnaient dans le camp. Il n’a jamais eu de réponse. Il devient le parfait coupable, le général Lee aura beaucoup moins de soucis.
Encore aujourd’hui la question n’est pas tranchée, dans certains anciens états confédérés, quand même assez nostalgiques d’un passé esclavagiste, Wirz a toujours des défenseurs et un monument lui est dédié à Andersonville, encore aujourd’hui un lieu de pèlerinage annuel. Sa tombe au cimetière de Mount Olivet à Washington est toujours recouverte de drapeaux sudistes. De nombreux films, livres, plutôt à sa charge, témoignent que les passions ne sont pas toutes apaisées.

Photo censée monter un prisonnier du camp.

Wirz à droite juste avant son exécution.

Monument actuel à la mémoire de Wirz à Andersonville.

La liberté du 16 septembre 1865, traduit une lettre que Wirz a adressée au Daily News. Cette publication montre un certain intérêt de la France à ce qui se passait en Amérique.

Souce Wiki, Gallica, DP

Les Kinks en seconde main

Exploration dans le répertoire des Kinks entre 1964 et 1967, bien entendu des titres secondaires, pas de hits. Pour les groupes de cette époque, il est plus difficile de les répertorier par albums, les singles étant la norme. Certains titres se trouvent exclusivement sur les singles et ne figureront en album que plus tard avec les compilations. L’avantage avec la discographie des Kinks, c’est que presque tout est bon, même les titres de remplissage peuvent quelquefois concurrencer les succès. On remarquera l’évolution de leur style, très R&B au début avec quelques reprises, ensuite le groupe se tourne vers des choses plus mélodiques et exclusivement des compositions originales de Ray Davies.

Long Tall Sally (Little Richard)

Beautiful Delilah (Chuck Berry)

I Took My baby Home

It’s All Right

I’m A Lover Not A Fighter (Lazy Lester)

So Mystifying

I Gotta move

I Need You

I’m On An Island

Where Have All The Good Time gone

I’m Not Like Everybody Else

Rosie Won’t You Please Come Home

Big Black Smoke

Two Sisters