Bas nylons et une chanson qui marche

 

Le jour où vous composez une chanson, bien malin si vous arrivez à prédire ce qu’elle va devenir. Même le plus doués, ceux qui collectionnent les succès ne le savent pas. Prédire qu’elle deviendra un hymne serait bien prétentieux et comment elle le deviendra relève encore plus de la mégalomanie. C’est pourtant bien ce qui est arrivé à celle que je vais vous présenter « You’ll Never Walk Alone ».

Le compositeur Richard Rodgers (1902-1979) et l’auteur Oscar Hammerstein II (1895-1960) forment un duo spécialisé dans la comédie musicale style Broadway. Richard Rodgers a travaillé aussi avec Lorenz Hart, mais la mort prématurée de ce dernier en 1943, le laisse un peu orphelin. Ils ont quand même eu le temps de composer une chanson immortelle, le fameux  « Blue Moon ». Rodgers commence alors sa collaboration avec Hammerstein II et elle sera tout autant fructueuse et couronnée de succès que la précédente. Elle ne s’arrêtera vraiment qu’au décès de ce nouveau partenaire en 1960, et il n’aura pas l’occasion de voir sa chanson retrouver une pétulante jeunesse.

La chanson qui nous intéresse fait partie du livret de la comédie « Carousel » de 1945. Elle est un succès et sera reprise de nombreuse fois les années suivantes par des artistes de premier plan, Frank Sinatra, Doris Day, Elvis Presley, et une multitude d’autres. Cela lui assure une continuité, mais ne lui donne pas encore le déclic qui l’enverra dans les étoiles, il faudra attendre 1963.

Cette année-là, c’est la consécration des Beatles, mais ils ne sont pas les seuls en route pour la célébrité. Un groupe rival mais néanmoins ami leur damne le pion. Ils établiront un succès en Angleterre qui a ce jour n’est toujours pas battu, du moins pendant l’ère du vinyle, celui d’avoir été trois fois numéro 1 avec leurs trois premiers disques et deuxième avec le quatrième. Ce groupe s’appelle Gerry & The Pacemakers. Ils sont également de Liverpool et ont en commun avec les Beatles le même producteur, George Martin. Ce dernier les a quand même un peu aidés pour le premier disque. Il leur a refilé une composition de Mitch Murray que les Beatles ont refusée « How Do You Do It ». Ce sera leur premier no 1 et ils furent le premier groupe de Liverpool a avoir cet honneur. Pour le second, le même compositeur leur donne « I Like It » au titre prédestiné, ce sera le second no 1. George Martin peut orchestrer en arrière plan, on peut imaginer que maintenant qu’il possède deux formations de première force, il évite de les mettre en compétition directe en sortant deux nouveautés la même semaine. Reste maintenant la mise en chantier du troisième single. Le leader du groupe guitariste et chanteur Gerry Marsden est très capable de composer, il l’a déjà fait et le fera encore, mais on décide de faire autrement. Suite à ses deux succès le groupe va publier un premier album. Comme c’est assez fréquent à l’époque il ne contient pas les hits, mais s’il ne contient pas le passé, il pourrait contenir le futur. Justement une reprise de « You’ll Never Walk Alone » figure dans les titres prévus sur l’album. George Martin juge qu’il pourrait faire une bonne figure en simple, et il a bien raison. C’est le troisième no 1. Par rapport au deux hits précédents, il a un petit plus, une mélodie facilement accessible, et la voix de Marsden est parfaite pour le rendre encore plus attrayant. Incontestablement, l’impact est plus fort que les deux succès précédents et la chanson reste à la première place du hit parade anglais pendant un mois, c’est dire qu’il contamine les oreilles de tout le monde.

En bon originaire de Liverpool, Gerrry Marsden est un fan du FC de la ville, les Reds, et comme vedette il a quelques entrées. Avant le début des matchs, l’habitude est de diffuser quelques hits du moment. Le manager des Reds d’alors, connaît la chanson et Marsden, il décide alors de la diffuser sur le stade. Elle est reprise en choeur par les spectateurs, chose d’autant plus facile que tout le monde la connaît. C’est ainsi qu’elle devient avec le temps, l’hymne officiel du FC Liverpool. C’est d’autant plus facilité par le fait que les paroles et le titre collent assez bien (Tu ne marcheras plus jamais seul) avec la flamme que peut exprimer au figuré un fan de sport. Par la suite, la chanson sera aussi adoptée par d’autres clubs et on la l’entendra aussi dans d’autres manifestations qui n’ont rien à voir avec le sport, mais la chanson reste intimement et éternellement liée au club de Liverpool et figure même sur l’emblème du club.

En 1985, dans la ville de Bradford un incendie, retransmis par hasard en direct à la télévision, ravage la tribune du stade du club local de foot. Il y a plus de 50 morts et 200 blessés. En signe de solidarité et pour récolter des fonds, une équipe avec Gerry Marsden comme initiateur baptisée the Crowd, à laquelle se joindra une multitude de stars dont Paul McCartney pour une contribution parlée, enregistrera une version de ce standard. Le disque sera un succès et deux semaines à la première place des hits anglais. Cela permettra à Gerry Marsden de battre par la tranche un autre record, celui d’avoir été deux fois no 1 en Angleterre avec deux versions différentes de la même chanson. En 1989, pour une autre catastrophe liée au football qui fit près de 100  morts suite à un mouvement de foule, il réactivera dans les mêmes conditions et encore avec Paul Mc Cartney, un autre de ses anciens succès « Ferry Cross The Mersey » qui sera aussi no 1. Cette chanson est aussi intimement liée à Liverpool, la Mersey est la rivière qui traverse Liverpool, est encore très populaire aujourd’hui.

Gerry Marsden, qui est plutôt un joyeux caractère, est encore célèbre aujourd’hui à Liverpool. Il lui arrive toujours d’aller chanter lors des matchs, entraînant avec lui toute la foule du stade. C’est un des rares cas dans l’histoire de la musique où une chanson appartient autant à un artiste qui ne l’a pas créée. Même si les Pacemakers sont depuis longtemps dissous, ils restent avec les Beatles, les Searchers, les artistes les moins oubliés de l’âge d’or de Liverpool.

Un choix de versions un peu au pifomètre sans oublier les principales…

La version de Carousel, 1945.

Frank Sinatra qui fut le premier à la reprendre à son compte, quasi simultanément.

Louis Armstrong, 1954.

Gene Vincent, 1958, entre deux rocks.

Nina Simone, version instrumentale, 1958.

Judy Garland, 1960.

La version qui a fait que, 1963, clip en playback.

Le version française de Dick Rivers 1964, existe aussi par Richard Anthony.

The Crowd, 1985, avec Gerry Marsden, essayez de reconnaître toutes les stars.

Version punk, the Adicts, 1983.

Le version de Susan Boyle, difficile de faire mieux !

Pour les fans de foot.

Gerry Marsden et le FC Liverpool.

Bas nylons et des octets de nostalgie

Les personnes qui ont franchi la cinquantaine sont probablement des nostalgiques pour un domaine précis, celui du jeu vidéo rétro, sans doute encore plus quand il a franchi les portes de la maison familiale via les ordinateurs. La première apparition de ces jeux remonte aux consoles de jeux que l’on trouvait dans les bistrots ou les salles de jeux sous forme de table ou de meuble muni d’un écran. Le premier dont je me souvienne était très simple, une sorte de tennis simplifié. On jouait sur un écran contre un adversaire et le jeu consistait à intercepter une balle qui avait la forme d’un carré avec une barre en ligne droite qui avait 5 ou 6 fois la largeur du carré et qui servait à renvoyer la balle vers le camp adverse. SI on la laissai passer, c’était un point pour le camps d’en face. Au bout d’un moment la vitesse de la balle s’accélérait et la ligne d’interception se rétrécissait. Nous sommes vers le milieu des années 70. Assez rapidement les jeux se perfectionnèrent, on vit apparaître la couleur et les scénarios de développèrent avec de nombreuses animations à l’écran. Dans le début des années 80, l’apparition du fameux Donkey Kong et du petit Mario qui allait sauver sa fiancée fut ce que l’on peut appeler un hit. On se souvient de ce bonhomme qui devait grimper des échelles et éviter des tonneaux qui dévalaient le long de poutrelles métalliques, lancés par un gorille. Le jeux comptait 4 décors différents, parfois 3 selon les éditions. Je me rappelle avoir tenu 1 heure 40 minutes dans un concours de bistrot, et même pas avoir gagné. Ce jeu a été plusieurs fois recyclé dans sa version originale sur des consoles plus modernes.

L’apparition du computer domestique fut une nouvelle révolution. La marché était partagé entre Commodore, Atari, Amiga. A présent on pouvait jouer à l’infini à la maison et c’est aussi à ce moment qu’apparurent de nouveaux jeux, notamment les jeux de rôles. Moi-même je possédais un Amiga 2000, qui ne me servait pratiquement que pour le jeu et un peu pour le traitement de texte. Ce furent les premiers ordinateurs maison qui fonctionnèrent avec un système semblable aux fenêtres Windows actuelles sur lesquelles on clique pour lancer un programme.

Je vais vous présenter quelques jeux, sur lesquels j’ai joué et exclusivement ceux là. Il y en avait des légions et pour tous les goûts.

Un des plus grands et célèbres jeux de cette époque fut un jeu de rôle le Dungeon Master.

Le principe du jeu était assez simple, il fallait conduire quatre guerriers, magiciens, sorciers, ninjas, à travers les couloirs d’un donjon qui comportait une dizaine de niveaux truffés de pièges, de passages secrets, et de créatures malfaisantes qu’il fallait combattre. Au départ les personnages étaient démunis de presque tout, armes, objets usuels, pouvoir, pratique de la magie, éclairage. Mais au fil des combats, des tours de magie pratiqués, ils prenaient de l’assurance et devenaient de plus en plus aptes à combattre et à se défendre contre des créatures de plus en plus redoutables. Il ne fallait pas oublier de les faire dormir, de les alimenter, de soigner les blessures reçues lors des combats. Pour arriver à l’ultime niveau, il était nécessaire d’avoir parcouru tous les autres et déjoué tous les pièges, trouvé toutes les clés des portes, et combattu toutes les créatures. Le combat final, après avoir vaincu un coriace dragon, donnait accès à la cachette de Lord Chaos, la créature maléfique qui régnait sur les lieux et bien évidemment la tuer.

Malgré son fil rouge assez simple, le jeu était quand même assez complexe et il fallait constamment être sur ses gardes, assimiler les arcanes du jeu, comme fabriquer de sorts ou des onguents en pratiquant des formules magiques ou en résolvant des énigmes. Ce qui m’époustoufla les plus, c’est que tout le jeu tenait sur une de ces disquettes de 3 pouces 1/4 d’une capacité de 720 ko, alors qu’aujourd’hui la moindre photo faite avec votre téléphone en fait au moins 10 fois plus. Le jeu possédait une ergonomie exceptionnelle et les créatures à combattre offraient de plutôt belles animations, qui même 30 ans après ne sont pas ridicules. Faire le parcours une première fois pouvait se monter à quelques dizaines d’heures, heureusement on avait droit à quelques sauvegardes. Le jeu eut deux suites, la première « Chaos Strike Back » fut assez décevante, elle nécessitait pour jouer, une sauvegarde des héros du premier. En 1995, la même équipe publia « The Legend Of Skullkeep ». Le principe est la même, le jeu se déroule dans un donjon mais aussi à l’extérieur avec de la pluie et des éclairs du plus bel effet. Les décors et les animations sont nettement plus travaillés, les créatures assez différentes et nouveauté, il y a des marchands chez qui on peut acheter un tas de trucs si on a de l’argent bien sûr, mais pas besoin d’hypothéquer sa maison, on trouve des pièces ici et là en parcourant le décor. Il fallait un PC à la puissance de l’époque pour y jouer, un 380 si ma mémoire est bonne.

*****

Une jeu qui fit sensation à la même époque fut « Le manoir de Mortvielle ou Mortevielle » (1987), une création française et un jeu d’enquête policière dans lequel on pouvait interroger les suspects qui répondaient avec des voix synthétisées, premier essai du genre. Il ne fallait quand même pas espérer avoir une théorie approfondie sur la relativité d’Einstein, mais des dialogues assez élémentaires. Le jeu était très statique et les décors fixes, accompagnés de quelques sons. Il fallait dérouler des menus pour commander les actions, comme ouvrir un tiroir, entrer dans une chambre, interroger un témoin. Il y avait quand même une véritable énigme à élucider et c’était là que vous interveniez comme détective privé et avec un peu de jugeote on pouvait la résoudre. Malgré tout ce fut un jeu assez passionnant qui eut une suite en 1990, « Maupiti Island » du même tabac.

*****

Les jeux de simulation occupent une part importante dans le jeu vidéo. Enfin on pouvait devenir ce que l’on a toujours rêvé d’être, bien que la vie en aie décidé autrement. S’établir magnat du chemin de fer devenait possible grâce à « Railroad Tycoon » (1990). Sur une carte d’un coin du monde, il fallait relier entre elles les grandes villes par voie ferrée, sans négliger les lieux secondaires comme une mine de charbon, une grande ferme, une fabrique d’armement. Basé sur une économie simplifiée mais réelle, le train sert de point de liaison entre tous les tenants nécessaires à son fonctionnement. Une ville a besoin de nourriture, de pinard pour faire la fête, de charbon pour se chauffer ou alimenter une usine. Si vous avez un fort militaire, les armes seront une de ses principales demande d’achat, avec éventuellement quelques citernes de pinard. Mais pour cela vous avez besoin de fer, d’une aciérie pour le transformer, qui vous demandera du charbon ou du pétrole pour fonctionner. A vous de vous débrouiller pour relier tous ce lieux en bâtissant des gares, en tirant des rails, en y faisant circuler des trains appropriés. Inutile d’envoyer un train de voyageurs vers la petite gare de la mine, les visites sont interdites. Par contre, les voyageurs aiment bien se déplacer d’une ville à l’autre et la poste doit être acheminée de même. Débrouillez-vous ! Le jeu d’origine est assez simple, on voit juste se déplacer les trains sur la carte, tout en repérant l’endroit où il se trouve ou s’il est arrêté dans une gare. Des menus déroulants ou en cliquant sur un endroit précis de la carte vous permettent de vous renseigner sur ce que vous devez savoir. Malgré un apparence assez simpliste et peu d’animations, c’est un jeu très prenant encore plus si vous vous intéressez aux affaires qui peuvent virtuellement vous faire gagner de l’argent. Il connut bien des versions ultérieures et des imitations. Les décors deviennent de plus en plus détaillés et sophistiqués. On frise le réel.

*****

Avec de nombreuses évolutions, « Sim City » est un des jeux qui a eu une longue vie, trente ans après il a toujours ses adeptes. Le principe est un peu le même que le précédent, mais cette fois, il faut faire fonctionner une ville dont vous êtes le maire. Pour attirer les futurs citoyens, votre ville doit friser la perfection et offrir toute l’infrastructure nécessaire. Il faut au moins trois des principes de base nécessaires à tout citoyen, une maison, du travail et des magasins. Après, il faut affiner, des écoles, des hôpitaux, des policiers, de belles routes, une circulation fluide, des métros, l’électricité, les égouts, un aéroport, etc… C’est votre ville, vous êtes le maire, et vous devez la faire prospérer. Vous encaissez le impôts et vous décidez de son taux, mais construire cela coûte et quand les caisses sont vides, le recours à l’augmentation des impôts peut faire fuir les citoyens ailleurs et vous encaisserez moins d’argent. Il faut tenir compte de tous les critères, c’est un équilibre subtil et passionnant. Le jeu d’origine (1989) était déjà assez réussi sur le plan des animations et du reste, mais la dernière version (2013) montre des décors qui peuvent donner l’illusion que l’on est dans une vraie ville.

*****

Pour ceux qui rêvaient à des pêches miraculeuses, il y avait « Gone Fish’n » (1988), une simulation sportive pour les mordus de ceux qui adorent voir le bouchon de la canne à pêche frétiller. C’est un jeu typiquement américain, conçu par un vrai pêcheur et aussi programmateur. On choisit un jour de la semaine, un lac, les conditions météo, tous les pêcheurs savent qu’un temps orageux est propice pour attraper du poisson. On embarque sur son petit bateau, on s’arrête dans un endroit, et en avant l’aventure. On lance le bouchon muni d’un appât au choix. On surveille son bouchon et quand il y a une touche, on ferre et on enroule fil. Un magnifique poisson sort avec l’indication du poids, juste s’il n’y a pas le prix au kilo. On peut aussi s’inscrire pour des concours. La durée du jeu peut s’étaler sur toute une saison, ce qui lui donne de la longévité. Assurément un bon jeu, des décors plaisants mais assez peu nombreux et quelques animations sympathiques. il eut quelques successeurs par d’autres programmateurs.

*****

D’abord jeu d’arcade (1984) puis repris sur ordinateur « Marble Madness » est un pur jeu d’action, mais bien imaginé. Il faut piloter dans un décor surréaliste, parfois en trompe l’oeil,  une bille sur des toboggans munis de pièges, aspirations, mangeurs de billes, terrains glissants etc… Il y avait une dizaine de niveaux avec un temps imparti pour les réussir, chaque mauvaise manipulation vous ramenait au niveau de départ. Fait sans erreur, il ne fallait que cinq minutes pour parcourir le tout, mais pour y arriver, il fallait une bonne dose d’habilité et de jurons !

*****

En 1989, apparaît aussi un jeu que l’on peut ranger dans la stratégie/action « Archipelagos ».  A chaque niveau vous êtes projeté sur une île de forme irrégulière (de temps en temps elle représente un dessin comme une tête de mort par ex), dont le sol ressemble à un échiquier avec des cases jaunes et vertes et ici et là des palmiers avec un fruit au sommet qui ressemble à une mûre. A quelque part sur  l’île, il y a un obélisque et n’importe où ailleurs, des sortes de menhirs qu’il faut détruire. Le but sur chaque niveau est de détruire tous ces menhirs, de plus en plus nombreux à mesure que l’on monte dans les niveaux et il y en a 999 ! Pour réussir à les détruire, il faut qu’ils soient reliés avec l’obélisque par une bande de terre « saine », c’est à dire jaune ou verte. Mais au bout d’un moment, les palmiers « pourrissent » le terrain alentour qui devient rouge et la terre devient « malsaine », c’est à dire que le contact est coupé entre obélisque et menhir, impossible de les faire éclater. Il y a en plus des yeux qui mangent la terre et la fait disparaître, des sortes de petites tornades qui peuvent vous anéantir. Pour rétablir le contact entre obélisque et menhir, il vous faut rebâtir une terre « saine ». Pour cela, il faut vous nourrir avec ces espèces de plantes que l’on trouve un peu partout, plus il vous faut rebâtir, plus il faut en manger. Quand vous détruisez le dernier menhir, une musique vous le signale et vous avez 30 secondes pour aller toucher l’obélisque qui s’enfonce dans le sol et vous passez au niveau supérieur. Encore faut-il avoir le sens de l’orientation, car les îles sont parfois très vastes, et à force de tourner on peut ne plus savoir où il est, 30 secondes, pas une de plus. Les niveaux réussis vous sont crédités et vous pouvez reprendre le jeu là où vous l’avez laissé. C’est le jeu idéal et bien imaginé pour vous tenir éveillé quand vous avez sommeil. Il a eu des suites que je ne connais pas.

Voilà pour quelques jeux qui m’ont fait passer de nombreux moments délicieux. Vous trouverez sur Youtube plein de clips se rapportant à ces jeux. La plupart sont aussi disponibles dans ce qu’on appelle des « abandowares ». Il arrive que les ayant droits accordent une licence publique pour ces anciens jeux et considèrent qu’ils ont fait leur temps, remarquez que tous ne le font pas. Il est toutefois interdit d’en faire une revente payante, mais vous pouvez les télécharger pour y jouer. Pour y jouer, il existe des émulateurs qui permettent de les rendre jouable sur un ordinateur moderne. Cela ne fonctionne pas toujours, mais avec un peu de chance, il n’y aura aucun problème. Il y a quelques années, j’ai refait un tour complet du « Dongeon Master » sans aucun accroc. Même mon fils, pourtant habitué à des trucs bien plus sophistiqué a trouvé que c’était génial.

Musique qui ne doit rien au fast food

Entre 1966 et 1968, la vague garage punk et psychédélique déferle sur les USA. Entre groupe très connus et moins connus, quelques exemples de cette mise au pas musicale. Quand j’écoute cela, on comprendra que je trouve la musique moderne bien pauvre. Ce n’est pas être réactionnaire, mais juste constater une vérité.

Les 13th Floor Elevators a publié en 1966, ce qui restera l’un des plus beaux albums de musique psychédélique jamais publiés, on se demande où ils ont été chercher tout ça. Sûrement pas en suçant des malabars, si vous voyez ce que je veux dire. Et pourtant que c’est beau !

Les Electric Prunes ou comment donner un air psychédélique à une chanson qui ne l’est pas du tout à l’origine.

Les Doors savaient aussi créer de belles ambiances et cela traverse bien le temps.

Les Byrds, les bases de leur folk mélangées à quelques épices psychédéliques.

Les Beau Brummels s’essayèrent aussi à quelques incursions dans le psychédélique, une de leurs belles tentatives.

Les Vegtables, du côté de San Francisco vers 1967, ambiance garantie.

Les Blues Magoos, et la face B de leur hit « We Ain’t Got Nothin Yet ».

Une grosse référence en matière de psyché garage US, les Seeds, un extrait de l’album « Web Of Sound ».

Chocolate Watch Band, et une délicieuse barre de chocolat à consommer sans modération.

Les Shadows Of Knight, un psyché garage au top.

The Boss Tweeds, les moins connus de la série, mais quel titre !

Strawberry Alarm Clock groupe à tendance psychédélique qui eut un hit en 1967 « Incense And Peppermints » sortit dans la foulée un album assez bien torché dont voici un des plus bel extrait « The World’s On Fire »

Bas nylon et du miel sans abeilles

Le destin d’une chanson est parfois bien mystérieux, c’est un peu une rivière qui commence par un mince filet d’eau et qui se transforme en torrent. En 1960, Bobby Scott compose des thèmes musicaux qui vont servir de toile de fond à une pièce de théâtre dont « A Taste Of Honey » est une des composantes et aussi le titre de la pièce. Elle est d’origine américaine, mais l’ajout musical est propre à son adaptation anglaise. Tony Richardson en fera un film l’année suivante avec une musique de générique différente. Ces thèmes, un mélange de musique classique et de jazz, se font remarquer et plus spécialement la mélodie qui donne le nom à l’ensemble. Elle est reprise rapidement par d’autres artistes en version également instrumentale. Elles sont enregistrés aussi bien du côté anglais qu’américain et sans être de gros succès vont contribuer à donner une certaine réputation au titre. Une version vocale vient aussi s’ajouter, avec des paroles de Ric Marlow. C’est cette version qui sera reprise sur le premier album des Beatles et figurera aussi sur des éditions en 45 tours. Elle figurait déjà dans les shows au Star-Club de Hambourg. C’est le coupe de pouce qui l’envoie au firmament, si les crooners ne se précipitent encore par pour reprendre les compositions des Beatles, celle-là leur convient très bien, il s’y colleront pour plusieurs d’entre eux. Mais c’est en 1965 que le titre deviendra un vrai succès international, via la reprise instrumentale du trompettiste Herb Alpert. Elle a l’avantage de cibler un public tous azimuts, elle plaît autant aux jeunes qu’aux plus anciens. Je me souviens de l’avoir entendu de nombreuses fois à « Salut les Copains », une émission pas spécialement destinées aux croulants.

Depuis, elle suit son bonhomme de chemin, c’est le genre de mélodie que tout le monde connaît sans toujours pouvoir l’identifier autrement que mélodiquement. Mais c’est aussi ce genre de truc qui en fait un standard. Sur mon plan personnel, la version des Beatles est celle que j’ai le plus écoutée, je lui trouve un charme fou. Pour les spécialistes, on peut y trouver un petit air de famille avec une autre musique qui date de 1960, le thème du film « Exodus ».

Les thèmes musicaux de la pièce par le compositeur.

Première version vocale par le Noir Billy Dee Williams, 1961. Comme acteur, on le retrouvera dans « Star Wars ».

Le version Martin Denny, qui obtient quelques succès aux USA, assez pour être édité en France, 1962.

L’Anglais Acker Bilk en 1963,, un hit modéré pour lui, après son immense succès « Stranger On The Shore », meilleure vente en 1962, 1 an des les charts et premier artiste soliste anglais années 60 à être no 1 aux USA.

Quincy Jones, 1963.

La version des Beatles, 1963.

Toujours les Beatles, un prise rescapée des passages à Hambourg.

Version française par Nana Mouskouri, 1963.

Paul Desmond, le saxophoniste de Dave Brubeck, 1964.

La version de Herb Alpert, 1965.

Les Artwoods en 1965, pour le EP « Jazz In Jeans ». Art Wood n’est autre que le frère de Ronnie Wood des Rolling Stones.

Le grand Chet Baker, 1965.

Morgana King, 1965.

Peter and Gordon, 1967.

Les Hollies en live, 1968.

Lionel Hampton, 1972.

Nookie Edwards, des Ventures, 2011.

Bas nylons et un aventurier à croix blanche

 

On retrouve dans les actuels USA, de nombreuses traces d’immigrés venus de plusieurs pays européens. Les pays anglophones se taillent la part du lion. Les pays francophones sont plus modestement représentés, la France restant la mieux positionnée dans ce contexte. On retrouve spécialement cette influence en Louisiane, nombre d’endroits portent des noms à consonance française et il reste le cajun, une base de vieux français mélangée à l’anglais. A partir du 19 siècle, les moyens de transport se démocratisant, l’Amérique comme on l’appelle alors devient une possible terre promise, l’aventure en tente plus d’un, la fortune est peut-être au bout de la route. Moi-même, j’ai retrouvé la trace d’un probable ancêtre, un oncle à mon grand-père, décédé à Fort Wayne dans l’Indiana en 1859, à l’âge de 29 ans. Le lieu d’origine est le même que le mien. De même, j’ai mis la main sur les traces de mon père, parti tenter la grande aventure là-bas. Son nom est mentionné dans le registre d’immigration en date du 2 octobre 1929, un peu avant le krach boursier de 1929. C’est toujours assez marrant de penser, que je suis un enfant du krach, s’il n’avait pas eu lieu, c’est plus que très probable, je ne serais pas là.

En comparaison d’autres pays, La Suisse est très modestement représentée, sans doute les citoyens sont un peu moins aventuriers, mais c’est aussi un pays à la population peu nombreuse en comparaisons d’autres nations, donc mathématiquement il y en a moins. Il n’y a pas eu un La Fayette. Il y en a quand même un qui sort du lot et qui reste connu dans l’histoire des USA, une rue de San Francisco, un comté, une réserve naturelle, portent son nom. Un de ses fils est le fondateur de Sacramento en 1848, capitale de la Californie actuelle. Son nom est Johann August Suter, connu sous le nom de John Sutter.


John Sutter

Il naît en 1803 en Allemagne d’un père de nationalité suisse, mais plus tard la famille retourne dans son pays d’origine. Il commence comme simple apprenti à Berthoud, près de Berne. Il se marie en 1826 et aura 5 enfants. Devenu commerçant, ses affaires vont mal, il risque la prison pour faillite. Laissant sa famille, il s’embarque au Havre pour l’Amérique et y arrive en juillet 1934. A cette époque, le pays est encore relativement embryonnaire, il est spécialement habité dans sa partie est. Ce n’est encore tout à fait la conquête de l’ouest dans la pratique, mais on y pense sérieusement. Il y a encore beaucoup de choses à découvrir, à créer, à mettre en place pour le développement. Il  décide alors de partir vers l’ouest, et du genre fanfaron, s’invente un passé militaire d’officier, cela fait toujours bien dans le paysage. Sa pierre tombale portera d’ailleurs la mention de général, titre purement fantaisiste. Il s’arrête dans un premier temps à Saint Louis, ville ayant une position assez centrale sur la carte. De nombreuses pistes tendent vers la côte ouest, il en profite pour développer des commerces de marchandises qui profitent de cette opportunité. Il va aller en Alaska, puis en 1839, il se dirige vers la Californie, alors en partie appartenant au Mexique et très peu peuplée. Le pays cherche à se développer et offre des concessions de terrain à qui veut les exploiter. Il obtient 20 000 hectares de terrain, c’est à dire deux fois la surface de Paris, et en bon Suisse décide d’y installer un commerce agricole, qu’il nomme Nouvelle Helvétie ou Fort Sutter. En 1847, quand la Californie devient américaine, les affaires sont florissantes, il possède en 1850 12 000 têtes de bétail, 1000 porcs, 2000 chevaux, 10000 moutons et occupe 150 personnes, principalement des mormons. Il possède encore des ateliers de tissage, une distillerie, un moulin, une tannerie. Il est l’un des hommes les plus riches de Californie.

Fort Sutter ou la Nouvelle Helvétie

Mais un petit diable est sorti de sa boîte en 1848. Un année avant, Sutter a décidé de construire une scierie sur les rives de l’American River. Personne n’y trouve rien à redire, sauf peut-être que ce territoire est hors de ses concessions, mais à ce moment là ça passe comme une lettre à la poste, d’autant plus que le territoire et fraîchement américain. Vous imaginez comme peut fonctionner une scierie en 1848, c’est le courant de la rivière qui fait fonctionner la scierie. Un des employés de la scierie trouve sous quelques centimètres d’eau… de l’or ! Mis au courant Sutter ordonne à son employé de fermer son caquet, sans doute le temps d’acheter le terrain. mais l’employé parle et bien tôt le monde entier est au courant, il y a de l’or en Californie, et ce n’est pas quelques paillettes, il y a de quoi en faire de beaux lingots. Le pays est pris soudain d’une forte fièvre qui ne se guérit pas avec de pilules. Pour Sutter, c’est en une particulièrement difficile à avaler, il faut faire face à l’invasion venue de partout.

La scierie aurifère

James Wilson Marshall, l’employé qui découvrit l’or

Au moment des faits, un de ses fils est venu le rejoindre, plus ou moins dans l’optique de futur héritier, il pose la première pierre de Sacramento. Mais il découvre un pays sans foi ni loi, un pays d’aventuriers où l’on joue du revolver comme de la guitare, à mille lieues de sa paisible Suisse. Sutter père ne sait pas trop quelle attitude adopter, vendre ses équipements aux chercheurs d’or ou chercher aussi de l’or. Il tente de se faire élire au gouvernement de l’Etat Californien, mais il n’est pas élu. Rejoint par sa famille, il s’établit plus au nord et semble ne pas pouvoir s’adapter au monde en train de changer. Il s’imagine toujours un peu en seigneur sur ses terres, il vend Ford Sutter et vit de ses rentes, il n’est certes pas pauvre. Mais nouveau coup du sort en 1864, le Cour Suprême des Etats-Unis décide qu’il n’était pas légalement propriétaire d’une partie des terrains qu’il a acquis en 1845, et qu’il a déjà vendus, il est en quelque sorte ruiné et un incendiaire met le feu à sa maison, ajoutant encore au désastre. Avec le recul, on peut se demander quelle était la valeur de ce jugement, si opportuniste, mais c’est l’Amérique d’alors, pas encore au sommet de la civilisation. Il part en Pennsylvanie et tente plusieurs fois de rentrer dans  ses droits. Il meurt en 1880 à 77 ans, sans avoir obtenu gain de cause.

John Sutter, âgé

Quoiqu’il en soit, il est un de ces hommes qui ont fait l’Amérique, le premier fermier industriel le plus à l’ouest du Pecos, l’instigateur involontaire de la première grande ruée vers l’or. Blaise Cendrars l’a romancé en 1922 dans « L’or », le cinéma l’a mis en images en 1936 « Sutter’s Gold », la télévision aussi avec la série en 13 épisodes « Fortune ». Ironiquement il est plus célèbre pour avoir découvert par hasard de l’or dont il n’a jamais tiré un centime, que par la fortune qu’il a amassée en bâtissant un petit empire en partant de rien.

Sutter Street à San Francisco

 

Rencontres musicales ici et là.

Quelques disques d’artistes peu connus chez nous et extraits d’un coin de mémoire…

Une de ces nombreux groupes qui essaimaient autour du Star-Club de Hambourg. Ici les Rivets avec un titre original de bonne facture, très beat.

Un très obscur groupe aussi allemand, ce genre de trucs dont je ne me lasse pas.

Les pays de l’est avaient certainement une longueur de retard sur le rock pour des raisons de contrôle politique sur les publications. Il y en avait pourtant, ici des Tchèques, les Matadors dans une version presque garage punk d’une chanson enfantine.  Je ne dirais pas que c’est génial, mais presque.

Groupe austro-suisse qui avait enregistré trois 45 tours vers 1966. Musique assez brute dans la lignée des Pretty Things. Les collectionneurs s’arrachent leurs disques.

Certains anciens se rappelleront d’un chanteur yéyé d’origine suisse qui se nommait Steff (Stephen Sulke) et qui publia quelques 45 tours chez EMI. Retourné au pays il devient un producteur et arrangeur de renommée et ouvrit ses propres studios d’enregistrement. Voici un truc qu’il produisit ne 1970 Kiss Inc, qui fut publié dans de nombreux pays. La chanson « Hey Mr Holy Man » fit aussi l’objet d’une publication en français « Mr Mon Père ». Le thème est semblable a celui que les Mec Op Singers empruntèrent à la musique religieuse pour « Dies Irae » en 1966.

I Camaleonti est un quatuor très populaire en Italie, mais peu connu à l’étranger. En 1968, ils publient un gros truc  qui a tout pour séduire « Applausi », une variété pop qui aurait pu devenir un tube international avec un peu de chance. Il resta confiné à l’Italie, mais une version anglaise aurait sans doute eu un effet de détonateur.

Allons aux USA et rencontrons Jay Bentley & Jet Set, un disque sorti parmi tant d’autres « Watusi 64 », type même de truc que l’on aime ou déteste et qui peut devenir un hit pour l’artiste, sans présager d’une carrière longue et fructueuse. Il fut quand même un petit succès dans l’adaptation qu’en firent les Célibataires « Demain Je Me Marie » en 1965.

Quand je me suis procuré le fameux « Surfin’ Bird » des Trashmen, il y avait sur le même disque une autre chanson qui me plaisait beaucoup « Henrietta ». Pendant au moins 40 ans, j’ai ignoré qu’îl s’agissait en fait d’une reprise d’un truc datant de 1957. Eh bien la voici.

Le premier disque que j’ai possédé en pressage espagnol est un disque du groupe Los Sirex, qui n’a pas dépassé les frontières du pays, mais j’aimais bien ce beat made in Spain.

Hugo Blanco, il vient du Venezuela et cela ne vous dit certainement rien, et pourtant il y a un de ses titres que vous connaissez. C’est une de ces bizarreries instrumentales typiques et aussi un des premiers disques sud-américains à faire le tour du monde. C’était en 1961 et ça tourne encore.

Vous connaissez Primordial ? Eh bien vous ne pourrez plus le dire si ce n’est pas le cas. Un instrumental baptisé « The Cruel Sea », qui n’a rien à voir avec le célèbre titre des Dakotas / Ventures, mais c’est très beau. Cela date de 2000. Ils officient dans le black metal et sont des Irlandais.

Du planant japonais des années 70, en live très bien foutu !

Peter Pan fait son cinéma (3)

Suite des chroniques de notre ami Peter Pan

Clips publicitaires du film.

Un extrait.

Ce film est classé avec une note de 7,9 / 10 dans Internet Movie Database. Il a remporté plusieurs oscars dans différentes compétitions : meilleur second rôle Peter Ustinof ; meilleurs décors ; meilleurs costumes ;  meilleur film dramatique.