Bas nylons et éclairages sur un soleil.

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Louis XIV reste un des plus célèbres rois de France. Au-delà du personnage que l’on connaît assez bien, l’histoire ne s’attarde moins souvent sur les autres facettes de sa personne. Il a fait de Versailles l’un des lieux les plus connus au monde, longtemps considéré comme le plus magnificent palais construit et habité par un souverain. Son objectif avoué mais non crié sur les toits, était de mettre toute la noblesse sous son contrôle et pour cela il fallait les avoir à l’oeil, donc a proximité. Il imposa l’étiquette, une sorte de mode d’emploi sur la manière de  se comporter à la cour et surtout envers lui. Sa journée était pratiquement réglée comme du papier à musique, et selon l’heure qu’il était, on pouvait savoir exactement ce qu’était le roi était en train de faire. Il dérogeait rarement à cette règle quand il était à Versailles, évidemment s’il s’en éloignait les choses pouvaient différer. Louis XIV fit de sorte que si certains auraient bien voulu prendre sa place, jamais ils n’eurent à mettre en doute que le roi c’était lui et lui seul.
Sous ces détours qui peuvent paraître relever de la plus pure mégalomanie, en fait il n’avait pas grand chose à prouver dans ce domaine, il fut plutôt une personne à qui l’on peut attribuer des côtés plutôt sympathiques. Je vais vous révéler quelques anecdotes, drôles, attachantes, inattendues sur le personnage. Elles appartiennent à l’histoire, mais ne sont pas forcément toutes connues des personnes qui n’ont pas étudié son histoire dans le détail.

Quelques traits généraux liés à sa personnes.

Enfant, il était plutôt timide.
Il a régné 72 ans dont 54 tout seul, record absolu dans le domaine
A la cour, le tabac était connu et passablement employé en prise ou fumé. Bien qu’il en offrit généreusement à ses soldats, il était un anti-tabac convaincu. Jamais, il n’offrit une tabatière en cadeau. Il ne fallait pas trop, pour ne pas dire c’était interdit, de fumer en sa présence, mais il semble que de rares fois où il était de joyeuse humeur, il accordait la permission de fumer.
Louis XIV était un grand mangeur, un ogre. Il adorait les petits pois mais détestait le chocolat. Il établit lui-même tout un cérémonial en ce qui concerne les repas. Selon les occasions c’était tel ou tel cérémonial qui était de rigueur. Mais pendant un journée normale, la suite était de trois repas dans l’ordre : le déjeuner (8 h 30), le dîner dit Petit Couvert (13 h 00), le souper dit Grand Couvert. (22 h 00) Le Carême était scrupuleusement respecté et se constituait d’un seul repas pris au coucher du soleil, la viande et le vin y étaient interdits. Le souper au Grand Couvert comportait une trentaine de plats. Le reliefs étaient vendus à la noblesse de Versailles aux portes des cuisines, sorte de cantine maison.


Il jouait de la guitare et était un fin danseur, tout en adorant se mettre en scène
Quand il allait au théâtre, il jouait les ouvreuses, accueillait chaque spectateur et prenait soin de fermer les portes quand tout le monde était là.
Il mesurait 1,84 mètre et était donc plutôt grand.
A 19 ans il avait perdu tous ses cheveux suite à la typhoïde, il portera des perruques tout au long de sa vie.
S’il était de constitution plutôt solide, vers la quarantaine il commença à souffrir le martyr à cause de sa dentition. Il adorait les sucreries. Une intervention ratée lui perça le palais, tant et si bien que tout ce qu’il avalait ou buvait pouvait lui ressortir par le nez. Il souffrit aussi d’une fistule anale dont il guérit grâce à l’habilité de son chirurgien qui inventa des instruments spéciaux pour résorber le mal. Curieusement, cette maladie devint presque une mode à la cour, tout le monde voulait avoir sa fistule, plus ou moins sévère et imaginaire, bien entendu.
Il était un grand fan de billard, on dit qu’il était même assez doué pour ce jeu. Il jouait aussi aux boules, mais il avait à sa disposition un ramasseur qui lui rapportait ses boules à la fin de la partie dans un panier de paille. Selon certains historiens, le Versailles d’une certaine époque n’avait rien à envier à Monte-Carlo question jeux.


Louis XIV vécut à une époque où l’hygiène laissait à désirer. L’eau n’avait pas très bonne réputation, pourvoyeuse de maladie selon l’idée de l’époque. Il est vrai que l’eau stagnante contient pas mal de microbes, même de nos jours dans certaines régions du globe, il vaut mieux éviter d’en boire. Le roi ne prenait, semble-t-il, qu’un bain par mois. Il se raconte que sa seule concession était de mettre chaque jour une chemise propre, après s’être plus ou moins frotté le corps avec une toile parfumée, ce qui est dans doute une des origines du mot toilette. Il recevait ses premiers visiteurs du matin en étant assis sur une chaise percée dite « chaise d’affaire », et expédiait si l’on peut dire, ses affaires courantes. Il n’apparaissait toutefois pas nu, sa chemise de nuit cachant le principal. C’était pratiquement un honneur d’assister à ce cérémonial, respirer les effluves malodorantes du roi une saine distraction réservée à une petite élite. Les médecins examinaient le résultat comme des voyantes prédisant l’avenir dans le marc de café. La fonction de gérant de la chaise percée n’était pas réservée à un quelconque serviteur, il fallait payer pour l’exercer.


Une des coutumes assez marrantes chez les rois de France, c’est qu’ils étaient déniaisés à l’adolescence. Comme il n’y avait pas de cours d’éducation sexuelle, on passait directement à la pratique. Ce fut une certaine Catherine-Henriette Bellier, dite Cateau-la-Borgnesse, qui ouvrit le bal de ce que l’on peut considérer comme étant la première maîtresse de Louis XIV. On ne possède pas de portrait d’elle, mais elle avait la réputation d’être laide, même borgne. La fameux chroniqueur Saint-Simon, la désigne comme étant un femme d’esprit, audacieuse et galante, entendez qu’elle avait assez facilement le feux aux fesses. C’est probablement la mère du roi qui l’envoya à la tâche, même si elle avait déjà atteint la quarantaine. Du haut de ses quinze ans, le roi semble avoir très apprécié la chose et il remit le couvert plusieurs fois avec elle par la suite. Elle reçut une château et une rente pour les services rendus. L’histoire retiendra qu’elle mit le roi sur orbite (sans jeu de mots), car par ses prouesses elle le rendit plutôt chaud lapin et lui donna goût à la chose.
Durant son règne il était presque plus facile de se promener à l’intérieur de Versailles que maintenant. Tout un chacun pouvait venir explorer à son gré l’intérieur du château. Même sa chambre à coucher était libre d’accès à condition qu’il ne l’occupe pas bien sûr. Il y avait évidemment des gardes partout pour intervenir en cas de besoin, mais pour le reste chacun faisait à sa guise. Il était strictement interdit de cracher parterre, par contre par manque de commodités, il n’était pas impossible de voir quelqu’un se soulager dans un coin. Un sorte de service existait, que Mel Brooks immortalisa plus tard dans son film « La Folle Histoire Du Monde » sous le nom de « valet de pisse », permettait moyennant un petite rétribution, de se soulager dans un seau porté par un préposé à la chose. Il n’est pas improbable que lorsque le roi utilisait ses services, les excréments royaux se vendaient un bon prix. On a les passions que l’on peut.
Selon l’étiquette, le roi se couchait seul et se levait de même. Mais il finissait toujours sa nuit dans le lit de la reine. S’il n’a jamais vraiment été fou amoureux d’elle, sauf peut-être au début du mariage, Louis XIV la respecta en temps que reine, mais beaucoup moins comme épouse en alignant les maîtresses.  En plus de 20 ans de mariage, il lui fit quand même six enfants, toutefois ce nombre ne surpasse pas celui des bâtards. A la mort de la reine, il aurait déclaré : « voilà le premier chagrin qu’elle me cause ».

Marie-Thérèse d’Autriche (1639-1683), reine de France (1660-1683)

Saint-Simon qui fut un de ses principaux détracteurs, lui reconnaissait toutefois deux qualités, juste et bon. Ces qualités devaient probablement s’effacer devant la raison d’état, mais au-delà il semble avoir été un homme qui aimait sincèrement quand il vous accordait sa confiance, le mot tendresse revient souvent dans ses mémoires. Le métier de roi en est un où la clientèle est très volatile.