En passant

Bas nylons et un air d’été

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De manière générale la musique classique et l’opéra s’effacent devant l’apparition du jazz et de la musique moderne, tout en conservant un nombre important d’inconditionnels. De même, les nouveaux compositeurs se font plus rares, on remet constamment les anciens sur le devant de la scène, Beethoven, Verdi, Mozart sont toujours admirés. Si les compositeurs se font plus rares, cela ne veut pas dire qu’ils n’existent plus, mais peu arrivent à devenir célèbres. Les Russes Dimitri Chostakovitch et Igor Stravinsky sont un exemple parmi ceux qui arrivent à se faire un grand nom au 20ème siècle. Leur musique reste toutefois dans la lignée de leurs prédécesseurs. C’est vers l’Amérique qu’il faut se tourner pour trouver des compositeurs qui arrivent à mélanger la musique classique et les influences propres à la culture locale comme le jazz et le gospel. Le premier et les plus célèbre est George Gershwin (1898-1937). Parmi ses pièces maîtresses on peut trouver « Rhapsody In Blue », « An American In Paris » qui sont assez proches d’une continuité qui fit la renommée des prédécesseurs. Mais Gershwin s’intéresse aussi à la comédie musicale, il en compose plusieurs. Celle qui va passer le plus à la postérité est « Porgy And Bess », entre opéra assimilé à une comédie musicale, basé sur une pièce de théâtre créée en 1927. Elle a la particularité d’être interprétée par des comédiens noirs, avec en toile de fond la vie dans les ghettos de Charleston. Plusieurs extraits de cet opéra vont devenir célèbres séparément, mais celle qui va connaître un fantastique destin est « Summertime ».

La titre voit le jour en 1935, la musique est bien entendu de Gershwin, mais les paroles sont de Edwin et Dorothy Dubose Heyward, mise en chanson d’un extrait du roman et de la pièce de théâtre qu’ils écrivirent en 1925. Le thème de la chanson est une berceuse qu’une mère chante à son enfant. Les paroles narrent l’été et les choses simples de la vie, Elle a le pouvoir magnétique de faire  en sorte que l’on se sent bien en l’écoutant. Comme beaucoup de pièces musicales de Gershwin, et c’est là un de ses traits de génie, elles sont facilement transposables dans un style ou dans un autre. La chanson connaît un succès immédiat, le jazz s’en empare en cohabitant avec les versions plus traditionnelles. Il n’y a pas une année où de nouvelles interprétations ne voient le jour. L’apparition du rock and roll et de la pop musique ne freinent pas le phénomène, nombres d’artistes s’en emparent.  C’est une chanson phénomène, plus de 50000 versions différentes sont recensées, de quoi faire pâlir plus d’un compositeur. Je vais vous en présenter un panel, tout en faisant plutôt la part belle aux interprétations parues après l’avènement du rock and roll. J’ai volontairement fait l’impasse sur les versions françaises.

La version de la grande Billie Holiday, 1936.

La version enregistrée en 1938, par celle qui joua un rôle dans la première représentation.

Gene Vincent, le premier rocker à l’enrigistrer, 1958.

Nina Simone, comme toujours grandiose, 1959.

Les Platters, 1962.

Gerry & Pacemakers, la première version qui a figuré dans ma collection, 1963.

Les Zombies, 1964.

Les Righteous Brothers, 1965.

Vince Taylor, version rock, 1965.

Billy Stewart, une visite originale, 1966.

Les Walkers Brothers, et le regretté Scott Walker décédé récemment, 1966.

Janis Joplin & Big Brother & The Holding Company, l’une des plus fabuleuses, 1968

Love Sculpture, 1968

Ten Years After, live 1968.

Mike Brandt, 1976, dommage qu’il n’en aie pas fait d’autres comme celle-là.

Les Flying Pickets, 1982.

Al Jarreau, Alita Moses, Montreux 2015.

 

2 réflexions sur “Bas nylons et un air d’été

  1. Bonjour M. Boss,
    Je ne connaissais pas la version de Mike BRANT, il serait resté dans cette veine, je l’aurais surement plus suivi ……maintenant, cela aurait il changé sa destinée ??
    Nul ne le sait
    Bonne semaine
    cooldan

    • Hello Cooldan,

      Ah Mike Brandt, j’ai découvert ce truc un peu par hasard, il est vrai que c’est un chanteur que je n’ai pas du tout suivi, à part ce que la radio de l’époque nous
      diffusait. Pour son suicide, je pense que c’est une de ces nombreuses victimes du showbiz qui avait sans doute rêvé d’une carrière autre que celle où on l’avait enfermé. Sa version de « Summertime » est quand même très inspirée de celle de Billy Stewart, une des plus originales du genre, c’est surtout cela qui fait que l’on se rappelle encore de lui aujourd’hui.
      Bonne semaine

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