En passant

Bas nylons et un point de vue

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En 1945, la France renaît petit à petit. Une grande variété de journaux, quotidiens, hebdomadaires, va fleurir les devantures des kiosques. Parmi ces publications nous trouvons Point de vue qui apparaît en mars 1945. Hebdomadaire qui couvre l’actualité de manière générale, Il s’intéresse surtout aux célébrités en y ajoutant un côté sensationnel. On peut imaginer que ce n’étais pas le magazine le mieux placé pour en parler, mais il consacre un article aux crimes du guerre, le côté sensationnel étant bien présent. C’est d’autant plus d’actualité dans ce numéro de mai 1945, que certains camps de déportation ne sont pas libérés depuis longtemps. Le tristement Auschwitz l’a été à fin janvier 1945 par les Soviétiques, tandis que l’un des derniers, Bergen Belsen en Basse-Saxe au milieu de l’Allemagne, ne le sera qu’à mi-avril. Ce camp servit un peu d’entonnoir pour récupérer les prisonniers qui furent évacués des camps que les Allemands durent évacuer suite à l’avance des Alliés, à l’ouest comme à l’est.  Dans l’optique allemande, il ne fallait pas qu’un seul prisonnier tombe vivant entre les mains ennemis, faute de pouvoir les exterminer tous, on les déplaçait. L’arrivée d’innombrables détenus dans ce camp, quand ils n’étaient pas tués en route, rendit les conditions de séjour infernales, on y mourait par manque de tout. Les images qui furent filmées par les Allies dans ce camp, servirent pour une bonne partie au procès de Nuremberg. On y voit des fosses remplies de cadavres qui n’ont que la peau et les os, quand il ne traînent pas n’importe dans le camp. Comme beaucoup des pires surveillants sadiques des camps d’extermination avaient suivi le mouvement, on put les cueillir sur place. La « fameuse » Irma Grese dite l’angle blond d’Auschwitz, en faisait partie, elle fut condamnée à mort et pendue en décembre 1945, elle avait 22 ans. Par mesure de salubrité le camp fut incendié, tant les risques d’épidémie étaient probables.

L’article du journal n’est pas un compte rendu de tribunal, mais il pose les questions encore ouvertes à ce moment-là. La chose la plus établie, c’est qu’il y a eu crimes de guerre, on découvrait là un terme plutôt nouveau. Il fallait un tribunal de guerre, Où, quand, comment, qui, étaient les points à débattre. La plupart, sinon toutes, des photos illustrant l’article, ont été prises à Bergen-Belson. Certaines sont devenues célèbres, mais en mai 1945, peu les avaient déjà vues. Cliquez pour agrandir.

Ceci ne figure pas dans l’article du journal, mais il s’agit de quelques précisions toujours utiles.

A gauche dans le photo du haut, il s’agit de la véritable Irma Grese, avec l’incendie de Bergen Belsen. Dans celle du dessous, nous arrivons dans ce qui est de la falsification. Cet photo aussi censée montrer Irma Grese, mais c’est faux. Il s’agit d’Aleksandra Slaska et est extraite d’un film, La Passagère d’Andrzej Munk sorti en 1963. C’est une fiction dans laquelle un ancienne gardienne SS retrouve lors d’une croisière un de ses anciennes prisonnières. le film est une série de séquences entre le présent et le passé. La photo est d’autant plus anachronique que l’on peut remarquer que l’actrice est maquillée, alors que c’était strictement interdit aux membres féminins des SS. Enfin, on peut se poser quelques questions sur l’admiration et les aboutissements que peuvent porter certaines personnes sur des personnages qui appartiennent à un côté très sombre de l’histoire. Le cimetière virtuel Find A Grave a désactivé la possibilité de mettre des fleurs virtuelles sur la page qui la concerne, du fait de trop empressés admirateurs venus les déposer. Je serais plutôt du côté de Vernon Sullivan alias Boris Vian : j’irai cracher sur vos tombes.

 

En passant

c’est peu connu mais c’est plutôt bon.

La pléthore de production phonographique qui existe depuis les années 1950, regorge de choses peu connues ou inconnues, un artiste, une chanson, un label, tout peut charmer. Parfois le parcours pour arriver à vos oreilles ou encore dans vos mains est digne d’une enquête policière, sans qu’elle soit toujours résolue. Il est clair que seul un très petit pourcentage sera visible, les médias restant encore la carte d’atout qu’il faut abattre au bon moment. Les grosses compagnies discographique au temps du vinyle pouvaient prendre plus de risques, de temps en temps un tube qui se vendait bien compensait les pertes de ce qui ne se vendait pas. Un tirage de test ou de promotion à quelques centaines d’exemplaires était suffisant. Si la demande suivait ou si les radios diffusaient le truc, on assurait derrière. Les collectionneurs le savent bien, ce sont surtout parmi ces disques peu diffusés qu’il vont rechercher les pièces de grande valeur, pour autant qu’elles aient fait leurs preuves par la suite. A côté, il y a les petits labels, les pressages privés, qui peuvent parfois offrir des perles musicales. Là encore, le temps qui passe peut attirer l’attention des collectionneurs, la demande multipliée par la rareté fera monter les prix qui peuvent atteindre de sommes folles. Par exemple, l’album de Music Emporium, un groupe psyché US qui publia un album sur le petit label Sentinel en 1969 peut dépasser les 3500 euros pour une copie. N’allez pas croire que cela n’existe que pour la musique moderne, la musique classique a des copies qui peuvent atteindre 10000 euros. Inutile de vous précipiter aux puces pour acheter toutes les disque classiques que vous trouverez, la règle est la même, seul ce qui est rare et recherché a de la valeur. D’ici à ce que vous tombiez sur la pièce rare, vous ferez peut être des milliers de kilomètres et c’est sans garantie.

Voici une sélection de titres ou d’artistes qui passèrent pas mal inaperçus au temps de ce qui aurait dû être leur heure de gloire. Il se peut que vous en connaissiez l’un ou l’autre. Ces titres en édition originale n’ont pas forcément une valeur marchande, mais c’est pour le moins plaisant à écouter. J’en ai déjà proposés certains par le passé.

Puisque j’en ai parlé ci-dessus, commençons par Music Emporium. Ce groupe de la West Coast, moitié masculin, moitié féminin, balançait entre le planant et le plus hard. C’est bien roulé !

En 1967, le label Elektra publie un album que l’on peut considérer comme un des premiers disques de pop électronique. Sous le houlette du compositeur Mort Garson, le disque propose 12 titre liées au signes astrologiques, avec une petite narration des tendances qui sont sensées se rapporter à la personnalité du signe concerné. Musicalement, c’est superbe et planant. Voici le titre qui concerne le signe de la Vierge.

The Shakespeares, groupe originaire de Rhodésie, vint tenter sa chance en Europe. En 1968, en France et en Belgique sort ce titre « Burning My Fingers »qui fut  « meilleur disque pop de la semaine » à l’émission Bouton Rouge sur l’ORTF. C’est très plaisant et original.

Si cette chanson des Beatles « I Want To Hold Your Hand » était reprise par ZZ Top cela donnerait à peu près ceci. Ici ce sont les Moving Sidewalks en 1968. Petite chose à savoir, dans ce groupe à la guitare figure Bill Gibbons sans sa longue barbe, un peu avant de fonder le fameux trio.

Les Falcons groupe alsacien des années 60 et 70 se débrouillait plutôt bien. Ils sont responsables d’un rarissime EP en 1967 avec 4 originaux, qui est pour moi une des rares disques français à avoir un authentique esprit garage. Par la suite, il sont signés par le label allemand Hansa et sortent un album en 1971, pas si mal torché avec une jolie version pop du standard « Fever ».

Un autre groupe français que je classe aussi dans l’esprit garage, les Senders, ce sont des Normands. Publié par le fameux label DMF, « Good Stark » est à l’évidence une pépite du genre. C’est plus beau que n’importe quel disque de Sheila !

C’est un disque que j’avais trouvé lors de vacances en Italie en 1974, chez un petit disquaire local. Ce n’est rien d’autre qu’une adaptation de « Dies Irae » mis en forme par les Mec Op Singers en Belgique. Hasard, mais pas trop sans doute, c’est le même label qui publia l’original sous licence. Cette reprise de 1967 est faite par Andrea Giordano, qui est aussi acteur, avec les Samurai.  Ce disque a aussi été pessé en France la même année. Un peu plus tard, le groupe Formula 3 a refait une autre version, très pop, avec des paroles différents, ainsi que le groupe suisse Shiver, « Hey Mr Holyman » ainsi que Kiss Inc. Pas de raison de se priver, c’est dans le domaine public pour la musique.

Dans le même style et lors d’un autre voyage en Italie, j’ai mis la main sur celui-ci. C’est le même principe, de la musique religieuse arrangée en beat en 1966. C’est avant la fameuse messe des Electric Prunes. Le groupe est I Bumpers et le titre « Sanctus ». Il y en a qui allaient chasser le lion en Afrique, moi j’allais chasser le disque en Italie, c’est bien plus paisible.

Ici ce n’est pas à proprement parler un artiste peu connu, mais un titre particulier, vous verrez pourquoi. Lorsque j’ai découvert cet album italien des Yardbirds que je n’avais pas, je l’ai bien évidemment acheté. Arrivé à la maison, j’ai découvert quelque chose d’intéressant, deux titres avaient des version complètement différentes des versions que je connaissais et que l’on trouve dans la discographie normale. L’une est « I Wish You Would », version beaucoup plus longue et « A Certain Girl » bien différente de l’autre, C’est une erreur, car ces versions n’étaient pas destinées à être publiées. Le fan mordu n’y trouva pas son compte, car pendant des années, avec un album canadien qui les présente aussi, ce fut le seul moyen de mettre la main dessus. Autant vous dire que ces deux albums sont plutôt recherchés. Je vous propose ici le version différente de « A Certain Girl », les « no » que vous entendez dans le titre sont dits par Giorgio Gomelsky, le producteur du groupe.

Noel Redding fut le batteur de Jimi Hendrix Experience. Quand il quitte le groupe il rejoint Fat Mattress, un quatuor un peu folk, un peu pop, qui enregistre son premier album en 1969. Evidemment cela a moins de retentissement que son passage chez Jimi Hendrix, mais cela n’est pas à dédaigner pour autant. Un extrait de cet album « Moonshine ».

The Tell Stars, c’est un groupe belge qui enregistra un single, un original et une reprise, sur le label belge Hebra. C’est une tendance r’n’b assez marquée. Une pièce qui a l’air d’intéresser les collectionneurs qui acceptent de mettre 100 euros pour une copie. Honnêtement, à part la copie que je possède, je ne l’ai jamais vu ailleurs.

Dans les années 70 et 80, il y avait une secte basée sur les philosophies hindoues qui vous abordait dans la rue et vous proposait des albums à la vente, publiés par le label Lotus Eye en Suède. J’en ai acheté un pour voir et en l’écoutant à la maison, je suis tombé sur le cul. Si la musique a parfois un petit air oriental, c’est avant tout de la pop très efficace, musicalement et vocalement bien foutue, un régal et un super guitariste. Alors voici Rasa et le titre « Awash ».

 

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En passant

Bas nylons et sauce à la française

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En général, on considère que le rock and roll a mis de nombreuses années pour émerger en France, environ 4 ou 5 ans, en prenant comme référence le premier succès du rock, « Rock Around The Clock » par Bill Haley et ses Comets. Sue le plan strictement français, on cite à partir de 1958, Danny Boy, Danyel Gérard, Gabriel Dalar, Claude Piron (Danny Boy) et Richard Anthony comme étant les premiers à enregistrer ce style de musique en France. On accorde toutefois une petite longueur d’avance dans la renommée à Henri Salvador, qui enregistra en 1956 son fameux disque parodique avec la complicité de Boris Vian, sous le nom de Henri Cording. C’est le cas le plus connu. Pourtant il ne fut pas le seul à enregistrer à la même époque, ce que l’on pouvait considérer comme du rock chanté en français. Nombreux furent ceux qui le firent, et pas des moindres au niveau de la célébrité. Malgré tout ces titres restent assez anecdotiques dans leur discographie. On est toujours un peu dans la parodie et l’on ne décolle pas beaucoup du swing et du style à Bill Haley. Il faut rappeler que vers le début 1956, il est un des rares pionniers du rock à être un peu connu en France et avoir eu des disques publiés dans le pays. De plus, il figure dans la bande sonore du film « Graine De Violence », projeté sur les écrans français. Je vous laisse partir à la découvertes de quelques titres que j’ai exhumés, qui furent enregistrés entre 1956 et 1959 et qui concernent ces obscurités plus ou moins grandes. C’est un choix, il y en a d’autres.

Henri Cording (Salvador) / Rock And Roll Mops.

Jacques Hélian / Toutes Les heures Sonnent. Rappelons que Jacques Hélian, comme chef d’orchestre, fut une des grosses vedettes d’après-guerre. Ici, il s’agit d’une adaptation française de « Rock Around The Clock », par une chanteuse de son orchestre.

Rock Failer / Requins Drôles. C’est en réalité le musicien de jazz Jacky Vermont

Mac-Kac / T’es Pas Tombé Sur La Tête. C’est une adaptation de « See You Later Alligator » de Bobby Charles via Bill Haley. Mac-Kac c’est Jean-Baptiste Reilles, un batteur de jazz.

 Eddie Constantine / Rock Rock. A côté de sa carrière d’acteur, Eddie Constantine enregistre quelques disques avec un certain succès. Cet enregistrement-ci est très collé au style de Bill Haley. Un anachronisme au niveau des paroles pour 1956 : « une étincelle qui nous vient tout droit de Broadway ». Le rock and roll a mis bien longtemps avant d’être à l’affiche des réputées comédies  musicales bien propres de l’endroit. Mais comme le nom était connu en France, on l’utilisa un peu comme une fake news d’aujourd’hui. En 1955 en Amérique, on considérait plutôt cette musique comme étant celle du jeunes voyous. On se souvient de cet animateur de télévision qui brisait les disques de rock and roll en direct, affirmant qu’il ne serait jamais diffusé sur la chaîne.

Colette Renard – L’Age Atomique. Adaptation de « Rock Around The Island » des Lancers. Colette Renard entre deux chansons à sous-entendus.

Luis Mariano – Me Petite Chérie ( adaptation de « Chantilly Lace » de Big Bopper. Assez étonnant de la part d’un chanteur de charme, mais sa voix n’est pas très rock.

Georges Guetary – Viens Danser Le Rock. Un autre chanteur de charme.

Dick Rasurell Et Ses Berlurons / Roll Steack Frites. Dans cet ensemble il y a  Earl Cadillac et Henry Rostaing. Le titre aurait dû faire fureur en Belgique.

Chou Rave Hageur / Peb Rock. Accompagné par les Hot Dogs.

Moustache – Le Rock De Paris. Un personnage bien connu dans le jazz.

Rockin Harry & Bros / Faut Pas M’énerver. Un Belge qui emprunte bien à Bill Haley.

Ricahrd Anthony – Peggy Sue. Premier disque de Richard Anthony qui reprend un des phares de Buddy Holly, mais du rock pas très bruyant.

Gabriel Dalar / Croque Crane Creux. Adaptation de « Purple People Eater » de Sheb Wooley. Il était de nationalité suisse.

 

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En passant

Bas nylons et presse à clous

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Un petit voyage dans l’humour. Le Clou, sorte d’ancêtre de Franc-Rire ou Blagues proposait de faire rire à la Belle Epoque. IL faut bien se figurer que le rire n’était pas tout à fait le même qu’aujourd’hui, ou du moins les faits qui pouvaient faire rire. Mais on peut remarquer que certaines blagues pourraient très bien être racontées aujourd’hui, l’histoire du poisson pas frais est un exemple facilement transposable en 2019, il y a toujours du poisson pas frais au menu des restaurants. Les petites mésententes dans le couple ont un passé, un présent, et l’avenir ne nous en fera pas grâce, d’autant plus qu’il est maintenant encore moins nécessaire de se marier pour le faire. Le dessin sur les artistes serait bien plus obsolète, il y a longtemps que l’on ne se moque plus de l’excentricité des leur comportement ou de leur allure, c’est même le contraire. Je vous laisse les découvrir en vous rappelant que vous pouvez cliquer les images pour une meilleure vue.

Sources, Gallica, BNP, DP

Exploration musicale en terre inconnue (5)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien par la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.

Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1987 – Nuclear Device / Desperados. Comme j’allais pas toute ma vie rester croché aux sixties, j’explorais d’autres tendances musicales, toujours un oeil sur le pas très connu. Le France bougeait assez bien dans les années 80, avec des groupes issus de l’after punk. Les branchés de l’époque connaissent, les autres pas du tout, mais c’était pas mal Nuclear Device, un peu anarchiste sans doute.

1987 – Las Mescaleros / I’ve Been A Fool. Un 45 tours plus ou moins auto-produit pour un petit label et enregistré à Lyon. C’est un très bon souvenir pour moi, je l’ai écouté xxx fois + 2.

1980 – Indoor Life. Woodoo. Les années 80, c’est aussi ces groupes qui exploitent des choses un peu bizarres et sombres, particularité de celui-ci, un joueur de trombone. En voici un bon exemple, je les avais vu en concert à l’époque. Au même programme, il y avait les Rita Mitsouko, qui n’avaient pas encore enregistré un disque et Charlelie Couture encore inconnu. C’est toujours de la musique bien obscure appréciée par quelques initiés.

1984 – Box Of Frogs / Back Where I Started.  Ce n’est rien d’autre que les Yardbirds, tous le membres originaux sont présents sauf Eric Clapton et le chanteur décédé. Jeff Beck et Jimmy Page apparaissent sur certains titres et aussi des musiciens invités comme  Graham Parker, Ian Dury, Roger Chapman, Rory Gallagher  et John Fiddler principal chanteur.  Ce groupe n’a jamais existé qu’en studio, aucune apparition publique.  Bien que je me souvienne avoir acheté le disque à Paris, il n’y jamais eu les honneurs du passage radio. Par contre, le titre ici-présent fut passablement diffusé sur les radios FM américaines. Les ventes du premier album furent assez encourageantes pour en sortir un second.

1968 – Jean-Pierre Lebrot / Barbara Au Chapeau Rose. Il y a pas mal de disques comme celui-ci qui sont récupérés par les collectionneurs. C’est un bide complet à l’époque de leur sortie, mais pour une face ou l’autre musicalement intéressante, surtout à tendance psychédélique, quelques connaisseurs les recherchent. Exemple pour ce single qui peut monter à 60 euros.

1971 – Philippe Nicaud / C’Ex. Celui-ci fait encore plus fort, ça peut monter jusqu’à 100 euros. Phillipe Nicaud est un chanteur, compositeur, acteur dans de nombreux films. Il fit les beaux jours d’une série policière télévisée  « L’inspecteur Leclerc Enquête » vers 1962. Il composa pour France Gall et se spécialisa un peu dans la chanson à connotation érotique comme ce titre musicalement pas inintéressant. Du fait du sujet un peu délicat, ces disques restèrent très confidentiels.

1965 – Don Covay / Take This Hurt Off Me.  A part son hit de 1961 « Pony Time » et encore, Don Covay est assez peu connu en France, il aura un regain de popularité en 66-67 avec la vague R&B. Ce disque distribué par Barclay est très confidentiel. Les Small Faces en firent une cover.

1972 -Björn & Benny with Frieda & Anna / People Need Love. Eh oui c’est bien Abba, mais pas sous ce nom, 2 ans avant le célèbre « Waterloo ». Pas facile de penser que ce groupe va devenir un acte majeur des années 1970-80, bien que leur style soit déjà bien présent. Même si j’ai le disque dans ma collection, je dois dire que je ne l’ai pas souvent écouté, mais cela valait bien la somme ridicule que je l’ai payée aux puces.

1969 – Cloud / Cool Jane. Un truc américains publié en France dans une indifférence totale, ce n’est pourtant pas si mal.

1965 – Hoyt Axton / Thunder And Lightnin’. Le célèbre créateur de « Greenback Dollar » dont la mère co-écrivit « Heartbreak Hotel » pour Elvis Presley, commença sa carrière dans le folk. Même avec beaucoup de talent et une puissante voix, il ne parvint guère à charmer les foules françaises avec ses éclairs et son tonnerre. Il en existe une version moins folk par Jimmy Gilmer et les Fireballs.

1963 – The Caravelles / You Don’t Have To Be A Baby To Cry. Ce duo féminin anglais eut un succès assez considérable avec cette chanson, une reprise, no 3 US (elles coiffèrent même au poteau les Beatles dans la conquête du hit parade américain), et no 6 UK. Ce disque paru en France sombra complètement au niveau des ventes.

1968 – Ars Nova / Pavane For My Lady. Un des groupes de l’écurie Elektra, mais bien moins connus que les Doors. Ils furent vraiment parmi les premiers à mélanger la musique classique et la pop, comme cet arrangement sur une pavane d’inspiration médiévale.

En passant

Bas nylons et une petite écolière

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Encore une chanson de blues bien noir qui fut enregistrée dans les années 1930 et qui devint un standard presque trente années plus tard, grâce à l’intérêt qu’elle suscita parmi les amateurs blancs  qui se convertirent à la cause du blues. Ces années d’avant guerre sont une véritable pépinière de talents dans le ghetto noir, tout le monde connaît un peu tout le monde et les collaborations entre musiciens sont nombreuses. On ne devient pas une vedette en quelques jours, encore moins quand on est noir et que l’on pratique le blues. Souvent le matériel est rudimentaire, mais on fait preuve d’imagination comme les jug bands qui fabriquent leurs instruments avec des boîtes à biscuits et tout ce qui peut servir de caisse de résonance. A part les grands noms du jazz qui commencent à s’imposer comme Louis Armstrong, peu de bluesmen arrivent au rang de vedette. Le plus légendaire de cette époque reste sans doute Robert Johnson, mort en 1938, un des rares qui a pu se considérer comme une sorte de vedette du temps de son vivant. Pour les autres, la plupart devront patienter et attendre leur heure de gloire avec l’aide du public blanc. En revanche, ils se hisseront au statuts de stars.

Un de ceux qui ne réussit pas trop mal fut Sonny Boy Williamson I, nom qui prêta souvent à confusion car il n’est pas le très connu bluesman qui enregistre chez Chess à partir des années 50, de dernier est réalité Sonny Boy Williamson II. Il a toujours existé un controverse à propos de ces deux noms identiques. qui de l’oeuf ou de la poule fut le premier, on ne saura jamais. Ce qui est certain c’est que Sonny Boy Williamson I enregistra la chanson qui nous intéresse près de quinze ans avant le premier enregistrement de SBW II. Cette chanson, « Good Morning Little Schoolgirl », son premier disque, restera dans un relative obscurité jusqu’à ce que les Yardbirds la mettent en évidence sur leur second single et sur leur premier album live en 1964. Elle est typique du blues à l’harmonica, instrument prisé car très accessible financièrement, Dans certaines reprises, l’instrument disparaît totalement. Elle a une charme supplémentaire, elle peut s’adapter assez facilement à la fantaisie des interprètes. Son créateur lui doit beaucoup, même s’il fut assez connu de son vivant et reste un influence, son nom reste à jamais connecté à cette chanson. Il mourut assassiné en 1948.

Version originale, 1937.

Smokey Hogg, 1949.

Les Yardbirds, avec Eric Clapton, 1964.

Rod Stewart, premier d’une longue suite, très belle version, 1964.

Muddy Waters, avec Buddy Guy et Willie Dixon, 1964.

Paul Butterfly Blues Band, 1966.

Grateful Dead, 1967.

Chuck Berry & Steve Miller Band, 1967.

Johnny Winter, 1969.

Ten Years After, elle a toujours fait partie des concerts par la suite, 1969.

Van Morrison, 1993.

Rod Piazza, ancien membre du légendaire Dirty Blues Band, 2004.

Une version en live à Paris par Jonny Lang, bien baveuse, manque un bout vers la fin, 1997.

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En passant

Peter Pan fait son cinéma (5)

Suite des chroniques de notre ami Peter Pan. Merci à lui.

Interprètes

  • Peter Cushing (VF : Jacques Beauchey) : Sherlock Holmes
  • André Morell (VF : Jacques Berlioz) : le docteur Watson
  • Christopher Lee (VF : Bernard Dhéran) : Sir Henry Baskerville
  • Marla Landi (VF : Nadine Alari) : Cecile
  • David Oxley : Sir Hugo Baskerville (VF Bernard Dhéran)
  • Francis De Wolff (VF : Paul Bonifas) : le docteur Mortimer
  • Miles Malleson (VF : Camille Guérini) : Bishop
  • Ewen Solon (VF : Stéphane Audel) : Stapleton
  • John Le Mesurier (VF : Pierre Leproux) : Barrymore
  • Helen Goss (VF : Hélène Tossy) : Mme Barrymore
  • Sam Kydd (VF : Jean Daurand) : Perkins
  • Michael Hawkins : Lord Caphill
  • Judi Moyens : la bonne
  • Michael Mulcaster : le prisonnier
  • David Birks : le serviteur

Anecdotes

La firme Hammer est importante pour le renouveau du cinéma dit d’épouvante, elle est devenue une référence du genre. Bien que fondée en 1934 en Angleterre, ce n’est qu’à partir du milieu des années 1950 qu’elle commencera son âge d’or. A cette époque, le film d’épouvante est assez moribond et surtout à prédominance américaine. Au début du parlant, le style conquiert les foules, ce sont les premiers Frankenstein et Dracula et la silhouette de Boris Karloff ou Bela Lugosi devient familière. La Hammer décide de reprendre les personnages et les ficelles du style, tout en explorant d’autres icônes comme les momies qui reviennent à la vie ou les savants fous. Le film qui établit définitivement la réputation de la Hammer fut « Le Cauchemar De Dracula » en 1958. Le prince de la nuit ressort de son tombeau, mais il y gagne une dimension plus sexy. Ce n’est plus tellement le monstre assoiffé de sang qui suce le sang de tout ce qui bouge comme l’incarna Bela Lugosi, mais un vampire qui sait aussi se montrer charmant quand ça l’arrange et surtout séducteur avec les femmes qui se donnent à lui sans appeler leurs mamans. Le tournage en couleurs donne aussi une autre consistance à la couleur du sang. Ce film fit beaucoup pour la notoriété des deux acteurs principaux, Christopher Lee en Dracula et Peter Cushing en chasseur de vampires. Il est presque naturel de les retrouver dans le film qui nous intéresse ici, mais cette fois Christopher Lee n’effraye personne, il est juste un noble (il est réellement de descendance noble) à qui il arrive de drôles d’aventures. Ce n’est pas visible dans le film, mais la silhouette et le rôle de Sherlock Holmes sont indissociables de sa fameuse pipe, alors que Peter Cushing haïssait le tabac. Il a raconté avoir passablement souffert d’avoir souvent une pipe à la bouche.

Parmi les seconds rôles, nous retrouvons Miles Malleson (c’était déjà le cas dans le précédent), dans celui du pasteur. Il fait partie de ces excellents acteurs indispensables à la saveur d’un film. Il a tourné dans plus d’une centaine de films avec de grands réalisateurs. Avec sa première femme, il est un militant de la condition féminine anglaise avant l’heure. Son plus grand rôle reste sans doute celui du sultan dans le fameux « Voleur De Bagdad » avec Conrad Veidt, sorti en 1940, dont il est aussi un des scénaristes. Il est aussi connu pour avoir traduit Molière en anglais. Son travail fait encore référence aujourd’hui. Lors de ses funérailles en 1969, ce fut le fameux  Laurence Olivier, qui fit son éloge funèbre.

Autre second rôle dans celui du serviteur, John Le Mesurier, une silhouette que l’on aperçoit souvent dans divers films. Si vous ne connaissez pas le père, vous connaissez sûrement le fils, Robin Le Mesurier. IL fut pendant près de 25 ans, jusqu’en 2017, le guitariste de Johnny Hallyday et composa aussi quelques titres pour lui.