En passant

Bas nylons et jouons au pendu

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Beaucoup de vieilles chansons qui sont arrivées jusqu’à nous, ont souvent parcouru des chemins très longs. Les troubadours en sont une des raisons, ils traversèrent de nombreux pays chantant ici et là, souvent s’échangèrent des mélodies, qui parfois sont transposées dans une autre langue. Le phénomène de l’adaptation dans une autre langue n’est en soi pas nouveau, la mélodie peut continuer son chemin. L’Amérique du Nord avec l’immigration servit d’entonnoir pour récolter toutes ces musiques, les adaptant pour un contexte plus local englobant toutes les légendes, vraies ou fausses, qui façonnèrent l’histoire du pays. Elle n’est pas vraiment très ancienne, mais par contre elle est très remuante. On ne peut par parler comme chez nous d’une guerre de trente ou de cent ans, de moyen âge, ou de renaissance, tout va très vite, c’est presque minuté. L’évolution du folklore américain a suivi le mouvement, il s’est très vite converti à représenter en musique les grands faits de l’histoire, ne conservant guère que la mélodie et quelques rares fois les paroles originales au mot à mot. L’exemple le plus connu est le fameux « House Of The Rising Sun », vieille chanson anglaise qui plante un nouveau décor à La Nouvelle Orléans dans une maison peu recommandable. Elle n’est de loin pas la seule à subir ce genre de traitement. Dans le cas de celle que nous allons voir, si l’esprit d’origine est respecté, le décor est amplifié par la propre histoire américaine qui en fait une chose presque banale au 19ème siècle, les histoires de pendus.

La chanson est avec certitude venue  d’Europe, elle existe même dans plusieurs langues. Dans la tradition chantée anglaise, elle concerne une jeune fille condamnée à être pendue et qui demande à tous ceux qu’elle connaît et qui viennent assister au spectacle, s’ils on amené de l’argent ou de l’or pour la sauver. Dans la version américaine, il s’agit plutôt d’un homme, car pour autant que la légende soit véridique, ce sont plutôt les vauriens, la bandits, les hors-la-loi, qui ont ce privilège.  La chanson existe sous deux titres : « Hangman » (le pendu), et plus couramment « Gallows Pole » (le gibet) ou encore « Gallow Tree ». C’est un classique du folklore dont il existe de nombreuses versions, mais elle deviendra vraiment très célèbre grâce à la version pop de Led Zeppelin en 1970 sous le titre « Gallows Pole ».

La version de Leadbelly, très folk traditionnel, 1939.

La version de la grande Odetta, 1957

Kingston Trio, 1961

Steve Comacho, 1962.

Tex Ritter, en country, 1964.

Led Zeppelin, 1970.

Robert Pant Jimmy Page, Glastonbury, 1995.

Babajack, 2011.

After The Revolution, version plutôt hard, 2012.

Neil Young & Crazy Horse, plutôt rock, 2012.

Willy Watson, 2017

Robert Plant, en live, 2017

Plaisante version très folk traditionnel.

 

2 réflexions sur “Bas nylons et jouons au pendu

  1. Bonjour M. Boss,
    Encore un titre emblématique ….qui a traversé le temps, via toutes les adaptations , même si le rythme est reconnaissable entre toutes les versions ,
    comme quoi comme dit JJ GOLDMAN….. »quand la musique est bonne … »
    elle traverse les âges……va t’on dire que ça nous rajeunit ou pas ?
    Bonne semaine
    cooldan.

    • Hello Cooldan,
      Ce qui m’a toujours étonné, c’est qu’elle n’a, à ma connaissance, jamais été reprise en français. Que fait Hugues Aufray ?
      Bonne semaine

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