En passant

Bas nylons, un homme et un tambourin

 

*****

Bob Dylan est unanimement reconnu aujourd’hui comme une pièce maîtresse de la musique américaine, à ses débuts moins pour ses interprétations que comme compositeur et influence. Officiellement, il sort son premier album en 1962, la tendance est très folk et la musique acoustique. Il se recommande par ailleurs de Woody Guthrie, certainement la figure la plus légendaire du folk américain, chanteur et icône des mouvements contestataires nés dans les années 1930. Les chansons de Dylan du début sont ancrées dans cette tradition, Guthrie a souvent enregistré des chansons contenant un message, mais de  manière simple, vocal et guitare. La première chanson de Dylan à connaître un succès international fut « Blowin’ In The Wind » en 1963. Mais c’est grâce à la version de Peter Paul & Mary, et non celle du créateur. Leur version a incontestablement du charme tant musicalement qu’au niveau du texte. De plus, les harmonies vocales du trio peuvent plaire d’avantage que la voix nasillarde de Dylan. Ce succès va quand même attirer un peu plus l’attention sur le nom du créateur. On reste quand même dans le folk assez traditionnel.
Le missile qui va envoyer Dylan dans les étoiles et aussi changer son orientation musicale, viendra d’une autre des ses chansons remaniée à la sauce électrique « Mr Tambourine Man ». Au début 1965, d’une certaine manière l’Amérique succombe sous la vague anglaise, les Beatles, Herman’s Hermits, Dave Clark Five, font une concurrence d’enfer aux artistes locaux, même parfois avec des chansons 100% américaines. Un certain Jim McGuinn regarde cela d’un oeil sceptique. C’est un musicien folk accompli, il joue de la guitare, du banjo et a déjà joué avec le Chad Mitchell Trio, Hoyt Axton, mais il a sa petite idée sur la suite de sa carrière. Il monte à Los Angeles un groupe avec d’autres musiciens venus du folk, mais le but ce n’est pas de faire du folk pur et dur, mais de le mélanger avec le rock and roll. Le folk-rock était né et les Byrds également. Ils vont devenir l’un des groupes les plus influents des années 60 et susciter un tas d’imitateurs, les Turtles ne seront pas les derniers. Après quelques essais de réglages, par ailleurs très intéressants, pour le label World Pacific, dont une première mouture de « Mr Tambourine Man » tiré d’un album que Dylan vient de publier, ils sont signés peu après par Columbia. Ils remettent la fameuse chanson sur la tapis, c’est fois c’est complètement électrifié avec le célèbre petit intro à la guitare que l’on reconnaît tout de suite. Résultat des courses et succès mondial : si le disque est bien no 1 aux USA, il l’est aussi en Angleterre. Première contre-attaque américaine en terre anglaise. Même Bob Dylan remarqua la chose, ses chansons avaient l’air de plaire encore plus si on branchait la prise, ce qu’il fit. Rien que pour l’année 1965, suite au succès des Byrds, on compte au moins 20 reprises par des artistes connus.

L’original, 1965.

La version des Byrds, clip en playback, 1965.

Johnny Rivers, 1965.

Version française, Hugues Aufray, 1965.

Judy Collins, 1965.

Odetta, un peu blues, 1965.

Billy Strange, instrumental, 1965.

Beau Brummels, 1966.

Stevie Wonder, 1966.

Melanie, 1968

Le groupe Mountain avec Leslie West, superbe version, 2002.

Bob Dylan au Newport Folk Festival en 1964, alors qu’il ne l’avait pas encore publiée. Il est présenté par Pete Seeger.

Jim, devenu Roger, McGuinn en live dans les années 1990.

xxxxx