En passant

Bas nylons et une fille plutôt grande

 

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C’est une des plus emblématiques chansons de rock and roll, une de celles qui est interprétée indifféremment par les Blancs et les Noirs. Son créateur est bien un Noir, et justice lui soit rendue, il en fit un succès personnel avant que les Blancs l’adoptent. C’est encore et comme souvent une histoire de fille. Celle-ci a l’air d’être assez grande d’après le titre, son créateur Little Richard étant plutôt de petite taille, mais elle s’appelle Sally et a conquis le titre de « Long Tall Sally ». Elle date de mars 1956 et devient le second single à succès pour Little Richard après celui de « Tutti Frutti ». Le crédit des compositeurs est Little Richard, Enotris Johnson et Robert Blackwell et le disque est publié par le label Speciality. Ce label l’engage plus spécialement car il veut son Ray Charles ou son Fats Domino à lui. En 1956, on peut considérer que Little Richard est perçu comme une version violente du rock and roll, de plus il est Noir. Le personnage est assez fantasque, faisant souffler le chaud et le froid dans ses déclarations. Il l’est aussi sur scène, mais jamais au détriment de la musique, c’est toujours un véritable show dans lequel il s’amuse avec le public. Dans une sorte de réponse, on fait enregistrer juste après une version de la chanson par Pat Boone, un mec qui a un peu plus l’air d’un gars tranquille, du moins sur les enregistrements, et surtout c’est un Blanc. Elle connaît aussi un bon succès, mais 60 ans après peu de gens se souviennent qu’il l’a aussi enregistrée. Suivra la même année la version d’Elvis Presley, le départ d’une suite ininterrompue d’innombrables reprises dont j’ai sélectionné celles d’un intérêt particulier. Je me suis limité à un choix drastique.

L’original, 1956.

La version de Pat Boone, 1956.

Elvis Presley, version bien blanchie sans cuivres.

Wanda Jackson, la seule, la vraie, à faire pâlir le précédent, 1958.

Carl Perkins, le moins connu de plus connus, 1958.

Little Gerhard, c’est un Suédois, probablement une des premières versions enregistrées par un Européen, faux live et encore un rock à la Bill Haley, 1959.

Vince Taylor & Playboys, toujours très sensuel, 1961. Il l’a réenregistrera en 1965.

Rocky Volcano, première adaptation française « L’oncle John » aussi repris par les Vautours, El Toro & les Cyclones, Eddy Mitchell.

Eddie Cochran, version publiée 2 ans après sa mort, c’est assez bien vu, Le vocal n’est pas sans rappeler celui de Carl Perkins, 1962.

Les Kinks, premier disque, très originale reprise, 1964.

Gene Vincent en live à Bruxelles en 1963, accompagné par les Sunlights. Quelle ambiance ! Il en fera aussi une version studio en 1964 en Angleterre.

Les Beatles, une des plus belles versions. A l’époque elle parut sur un EP spécialement dédié, 1964.

Les mêmes, enregistré en live en Suède en octobre 1963, c’est donc antérieur à la version studio, mais le document est intéressant.

L’adaptation de Johnny Hallyday pour son album les rocks les plus terribles. C’est du rock très sixties. il en fera une autre adaptation.

Jerry Lee Lewis, grand interprète, au cours d’un show Shindig, 1965. Il existe plusieurs versions de ce titre dans sa discographie.

La version du groupe Jamul, version très spéciale, presque une réécriture 1970

Cactus, là on est dans la pop, 1970.

Scorpions sur l’album « Tokio Tapes » le hard rock porte bien son nom.

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