En passant

Bas nylon et une histoire de siècle

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Il y a sans doute quelque chose de ressenti et d’un peu étrange quand on passe d’après le calendrier à une nouvelle année, ou un nouveau siècle. Il n’y a rien de spécial, c’est une mesure purement arbitraire et imparfaite pour mesurer le temps qui passe. La mécanique céleste se foutant complètement des minutes, des secondes, des années, il a bien fallu lui coller un semblant de ponctualité, on aime bien que la journée dure 24 heures pile et non 23h59 et 39 secondes comme dans la réalité. Quand l’an nouveau s’annonce, entre le 31 décembre à 23h59 et le premier janvier à 00h01, on ne deviendra ni plus con, ni plus intelligent. J’imagine que vous avez remarqué. Un changement de siècle, à de très rares exceptions près, c’est quelque chose que l’on ne vivra qu’une fois dans sa vie.
Quand le changement de siècle s’apprêta à frapper à la porte de Paris au 1er janvier 1900, il le fit à sa manière, avec éclairs et coups de tonnerre. Nul doute que certains y virent un signe, bon ou mauvais. Les optimistes pensèrent que ce nouveau siècle serait celui du progrès, les pessimistes imaginèrent que le bruit du tonnerre serait celui du canon. On ne peut donner tort ni à l’un, ni à l’autre. Mais l’esprit du vrai parisien est ailleurs, il va pouvoir prendre le métro, visiter l’Exposition universelle qui sera d’un grand retentissement. Cliquer sur l’image pour une meilleure vue.

Une petite info parue dans la presse du 1er janvier 1900, concernant la météo.

La maison Tellier a enregistré a enregistré une chanson dédiée à l’Exposition universelle.

Pour les maires de France, c’est une autre chanson. Un gigantesque banquet de plus 22000 convives les réunit dans le cadre de l’exposition. Voici le menu :

Hors-d’œuvre

Darnes de saumon glacées parisienne

Filet de bœuf en Bellevue

Pains de canetons de Rouen

Poulardes de Bresse rôties

Ballotines de faisans Saint-Hubert

Salade Potel13

Glaces Succès – Condés

Dessert

Pour les vins, 39 000 bouteilles dont 1 500 de Fine Champagne furent utilisées :

Preignac servi en carafe

Saint-julien servi en carafe

Haut Sauternes

Beaune Margaux Jean Calvet 1887

Champagne Montebello

En gros si on fait le calcul ces braves gens ont sifflé un peu moins de 2 bouteilles par personne, dont 1500 d’alcools forts. Il y a sûrement eu de joyeuses rentrés le long des boulevards parisiens, heureusement ils sont larges.

Pour alimenter le côté illustration de ce Paris 1900, j’ai choisi une sélection de photographies qui datent de cette fameuse année. Evidemment quand on recherche des documents de cette année, il y en a nombreux qui sont en rapport avec l’Exposition universelle. Ils illustrent à leur manière le sujet, que ce soit des lieux, des affiches, ou autres. Ils nous replongent dans cette époque que l’on disait belle.

Un petit film sur l’expo.

Source Gallica, BNP, DP