En passant

Bas nylons et Paris jaloux de ses millions d’amants

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On est presque habitués aux dérèglements climatiques, on entend aux informations qu’il s’est passé ceci ou cela dans tel ou tel endroit, événements en liaison avec la météo. Pour ma part, je ne veux pas entrer dans la polémique sur la réalité de ce phénomène, mais comme j’ai toujours à peu près habité à la même place, j’ai remarqué que les choses n’étaient plus comme avant.  Etant depuis toujours un observateur d’orages, j’en ai vu des milliers, ils ne se déroulent plus de la même manière. Avant les orages se manifestaient par quelques coups de tonnerre plus ou moins nombreux, une pluie qui allait de la petite averse à la grosse pluie, rarement accompagnés d’une rafale de vent. les averses de grêle étaient peu fréquentes, voire rarissimes. Maintenant, un vent violent se manifeste avant ou pendant l’orage, la grêle accompagne souvent le phénomène et les pluies sont diluviennes. Très récemment, j’étais à un marché aux puces. Alors qu’il faisait très beau, pratiquement pas un nuage dans le ciel, un vent violent s’est mis a souffler renversant même des objets sur les tables d’exposition. Cela a duré cinq minutes, puis cela s’est calmé pour retomber dans un calme presque plat. Un petite brise par beau temps, c’est assez courant, mais un coup de vent aussi fort et bref alors qu’il n’y a pas de nuages dans le ciel, je n’ai pas tellement vu cela avant, sinon jamais. Je ne vais pas m’étaler sur les hivers, mais où sont les hivers où il y avait de la neige pendant trois mois ? L’hiver passé, j’ai nettoyé la neige devant la maison trois fois, alors qu’il y a 40 ans, j’aurais pu le faire au moins 50 fois. Pas de réchauffement ? Mon oeil !

Quand il est trop jaloux 
De ses millions d’amants 
Hum Hum 
Il fait gronder sur nous 
Son tonnerre éclatant 

Extrait des paroles de « Sous Le Ciel De Paris », créé pas Jean Bretonnière, avant Edith Piaf.

Ceci dit, historiquement, il est aussi arrivé que la météo se déchaîne, mais une fois tous les cinq ou dix ans et trois ou quatre fois par année, il y a une marge. Nous allons revisiter, via les vieux journaux, un de ces moments où la nature se fâche. Nous sommes en juin 1914, une grosse dizaine de jours avant l’attentat de Sarajevo, un des événements qui enclencha la première guerre mondiale, un mois et demi avant l’assassinat de Jaurès et que les canons se mettent à tonner. Ce n’est pas dans un coin perdu de la France vers Fouilly-les-Oies que le phénomène se manifesta, mais bien sur Paris, ce qui le rendit d’autant plus observable et ressenti par des milliers de gens. Il fut d’autant plus remarquable par son intensité que par sa durée. La météo du 15 juin dans les journaux annonce pour la journée un temps plutôt chaud et orageux avec quelques averses, la température devrait atteindre vingt degrés. On ne s’intéresse pas trop à météo ce jour-là, pas plus que les autres jours. L’actualité ronronne, on a toujours un oeil sur l’Allemagne, car on s’en méfie. Vers 15 heures, il commence une forte averse mélangée de grêle, le tonnerre se fait entendre et il pleut sans discontinuer. Deux heures plus tard, après une pause, la tempête, que l’on qualifiera d’ouragan, redouble même d’intensité et dure jusque vers 19 heures.

« Vers cinq heures et demie, après une accalmie, la tempête se déchaîna. Le vent calme jusque-là se mit à souffler avec une vitesse qui atteignit quarante-cinq kilomètres au sommet de la tour Eiffel. En même temps, des éclairs fulgurants zébraient le ciel les coups de tonnerre éclataient presque sans interruption. »

On mesurera des cumuls d’eau entre 50 et 60 mm au mètre carré. Il n’y a pas seulement des gens mouillés, qui ne savent d’ailleurs plus trop où s’abriter, mais les évacuations sont saturés et les rues se transforment en rivières, des trottoirs et des routes s’effondrent engloutissant des véhicules, on comptera plus d’une dizaine de morts. Un endroit est particulièrement touché, le boulevard Haussmann et la rue de la Boétie. On mettra en cause la construction de la ligne de métro souterraine qui affaiblit la résistance du sol. La presse s’empara du cette actualité pour le moins humide, bien entendu on en profita pour mettre en cause les responsables politiques pour leur manque de prévention. Par le texte et l’image en voici quelques extraits. Cliquer les images pour une meilleure vue.

Source, Gallica, BNP, DP

6 réflexions sur “Bas nylons et Paris jaloux de ses millions d’amants

  1. Bonjour M. Boss,
    Comme quoi il y a toujours eu des catastrophes , Froid…Chaud il y a toujours eu des variations de climat , certes l’homme n’arrange rien
    Bonne fin de semaine
    cooldan

  2. Bonsoir Messieurs,

    Le vent et l’eau sont deux éléments naturels qui restent au fond incontrôlables par l’Homme même si son ingéniosité lui a permis de canaliser le second par diverses conduites et autres ouvrages d’art.
    Aujourd’hui, notre climat tempéré d’Europe semble se rapprocher dans sa forme des phénomènes météos des zones tropicales comme les pluies des moussons, qui sont brèves et intenses. Même nos prévisionnistes sont parfois dépassés par la tournure des évènements.
    Les archives de certaines villes ont gardé la trace écrite de ces catastrophes naturelles.
    En 1910, Paris a subi une inondation incroyable et en 2010, le spectre d’une telle catastrophe est revenu dans les esprits de Parisiens.
    Paris est bâtie sur des sédiments géologiques anciens, jadis déposés par des mers tropicales, et dont le matériau est utilisé dans la construction,
    Le sédiment le plus répandu est le gypse ou « rose des sables » qui, chauffé à une certaine température, se transforme en plâtre. Cependant, il est fragile et le sous-sol parisien est un véritable gruyère. D’où les risques d’effondrement qu’encoure la Capitale à chaque « secousse » météo !
    Les inondations sont un autre danger pour les hommes et les bêtes.
    Et l’usage du béton à-tout-va ne permet plus à la végétation de faire son travail de filtre et de rétention. Les sols deviennent de vrais toboggans !!!
    Ici, en Occitanie, l’inondation la plus marquante remonte à 1875 où le quartier Saint-Cyprien, à Toulouse, fut sous les eaux et à Muret, la sous-préfecture, la crue y emporta le pont qui enjambait la Garonne !!!
    En 1977, les éditions François Beauval avaient publié une mini-série intitulée « les grandes Catastrophes » qui retraçait en quatre tomes les dégâts causés chez l’Homme, par l’eau, les séismes et le froid, depuis l’Antiquité romaine.
    Malgré leurs effets dévastateurs, ces catastrophes exercent toujours sur les populations une paradoxale fascination…
    Bon WE. Peter.

    • Hello Peter,

      Merci pour ce rappel, j’en ai plus ou moins parlé dans d’anciens posts. Haroum Tazieff avait consacré une série d’émissions sur les colères de la Terre. J’ai peur que l’avenir ne soit pas tout roses de ce côté là.
      Bon dimanche

  3. Bonsoir Mr Boss,

    Un visionnaire, ce monsieur Tazieff !!!
    Ce soir, la chaine RMC sur la 23 diffusait deux docs sur les catastrophes dont l’un sur l’épouvantable inondation du 29 septembre 1992 à Vaison-la-Romaine. Les images de la caravane emportée par la rivière en crue est restée dans toutes les mémoires, 27 ans après !!! Et de notre côté, on se faisait du souci pour ma tante qui habite toujours près de Nîmes…
    Au Moyen-Age, face à ces colères naturelles, les populations s’en remettaient à l’intervention divine pour empêcher ou calmer les eaux quant elles menaçaient hommes et bêtes. On priait le saint protecteur de la paroisse et l’on faisait des processions chantées pour éloigner le péril. Et malgré tout cela, la Nature reprend ses droits…
    Bon Dimanche. Peter.

    • Hello Peter,
      Je me souviens de Vaison-la-Romaine, j’ai encore les images dans la tête, c’était vraiment impressionnant.
      La protection divine, je n’y crois pas trop, c’est un truc encore très prisé des Musulmans, tout est la volonté d’Allah. C’est une manière de cacher la poussière sous le tapis, comme la volonté de Dieu. Enfin chacun son truc.
      A part l’homme, la nature a bien fait les choses, c’est sa seule erreur.
      Bonne semaine.

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