En passant

Bas nylons et des mensonges qui cartonnent

1965 fut une année remarquable en musique, sans doute une des meilleures du siècle. On assiste à une révolution musicale importante. C’est un peu une charnière entre l’ancien et le nouveau monde. Ce n’est évidemment pas quelque chose qui commence le premier janvier, il y a des prémices. Le rock and roll a marqué les années 1950, la musique noire n’est plus tout à fait rangée à l’intérieur d’un ghetto, le blues commence à marquer les esprits blancs. Les teenagers se reconnaissent de plus en plus à travers leurs idoles, la musique devient le centre de leurs intérêts. Les Beatles ont conquis le monde entier, c’est la première fois qu’un groupe le fait de manière durable, il y a des émeutes partout où ils passent. Ce qui va marquer 1965, c’est l’évolution vers une musique qui se veut pensante, on ne fait plus essentiellement que de la musique, mais on recherche des nouveaux sons, on explore de nouvelles tendances. Là encore il y a des prémices, les Rolling Stones, les Yardbirds, les Who, commencent à intéresser les amateurs de sensations un peu plus fortes. Avec « My Generation » les Who ont un hit avec une chanson peu conventionnelle, plus une suite de débauche instrumentale et vocale, qu’une mélodie pour sérénade. Cinq ans plus tôt, un tel truc était impensable, aucun producteur n’aurait mise un centime pour produire un disque pareil.  Les Yardbirds ont introduit le clavecin dans leur premier hit « For Your Love », sans que personne ne s’en rende compte, tellement c’était bien trafiqué. Même la face B, l’instrumental « Got To Hurry » est à mille lieues de ce qu’aurait pu imaginer un fan des Shadows. Aux USA, cela bouillonne aussi, les Byrds électrifient le folk, dans les studios on prépare le lancement des première fusées pyschédéliques, la soul music ne va plus être une musique essentiellement noire. Depuis 1963 l’Angleterre mène le bal, de par la domination des Beatles, les artistes sujets de la reine ont une préférence au niveau international. Ironie du sort, c’est parfois avec des chansons crées par des artistes US qu’il accaparent le succès. L’Amérique n’est toutefois pas dans un silence radio complet, quelques artistes arrivent à briser le silence. Des Beach Boys à Roy Orbison ils arrivent à se faire entendre, mais dans l’esprit du citoyen pas trop branché, ils sont des artistes anglais. Les Ricains vont même mettre un embargo, pour qu’un artiste anglais se produise aux USA il devra y avoir une contrepartie anglaise pour un artiste américain, c’est dire si la situation est tendue.
C’est en 1965 que la tendance va s’inverser, les Américains commencent à renverser la vapeur, les Byrds, les Righteous Brothers, Del Shannon, accaparent les places du hit parade anglais. Les plus marioles imitent le style anglais pour se faire un nom. Des groupes comme les Beau Brummels captent assez bien ce style et auront une consécration nationale et dans une moindre mesure internationale. Une des plus belles démonstrations dans ce genre, souvent citée en exemple, reste le fameux « Lies » propulsé par les Knickerbockers et qui s’inspire fortement des Beatles.
Le groupe fut formé en 1962, mais n’enregistrent rien avant 1964. Ce n’est que l’année suivante que leur fameuse chanson, un original composé par deux membres du groupe Beau Charles et Buddy Randell, devient un hit national publié par le label Challenge. Il sera publié internationalement et sera très populaire dans plusieurs pays, je me souviens de l’avoir entendu sur les radios françaises. Ce sera leur seul véritable succès. Le groupe se sépara, mais il se reforma plusieurs fois pour divers concerts. La batteur Jimmy Walker, doué d’une belle voix, remplaça Bill Medley dans le duo des Righteous Brtothers en 1968.

L’original, 1965.

Première cover par la fille de Frank Sinatra, bien vocalement, mais de loin pas aussi intéressant instrumentalement que l’original, 1966.

Un gag en montage, comme si les Beatles avaient vraiment enregistré ce titre, on s’y croirait.

Un autre fils de star, celui de Jerry Lewis, Gary Lewis et ses Playboys, 1966.

La version française de Ronnie Bird « Cheese », un des très bons adaptateurs de l’époque yéyé, 1966.

The T-Bones,, le goupe US instro célèbre pour une pub sur les aspires, existe aussi par les Ventures.

Une première version tendance hard rock par Styx, 1974.

Linda Ronstadt, 1982.

The Delmonas, 1985.

Kel-Ann Brandt, c’est une Australienne, 2003.

The Strangers, version acoustique entre copains, 2013.

Une orchestre US d’animation pour fêtes, bonne reprise, 2016.

Les Sonomatics, groupe nostalgique du garage punk, reprise nerveuse, 2016.

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