En passant

Bas nylon et des Manfreds

*****

Manfred Mann est un groupe majeur dans le paysage des sixties. De 1964 à 1969, ils ne cessèrent d’être présents dans le hit parade de nombreux pays, l’Angleterre restant leur terre d’élection. Comme pas mal de leurs collègues, ils savent explorer la discographie des autres pour en tirer des hit potentiels qu’ils savent arranger de manière très persuasive pour les oreilles. Bob Dylan, dont ils reprirent plusieurs titres pour en faire des succès personnels, souligna qu’il les considérait comme ses meilleurs adaptateurs. Si on ne les regarde que sous cet aspect, on pourrait déduire que c’est un groupe commercial avec une certaine maestria. Mais ils furent plus habiles que cela, le reste de la discographie comprend un répertoire axé sur le r&b, le blues, et même le jazz tendance moderne. On peut supposer que c’est ce qu’ils préféraient et surtout les très belles ventes qu’ils réussirent avec leurs succès, leur laissèrent à peu près le champ libre pour compléter les faces B, les albums, avec ce qui leur plaisait. Il faut distinguer deux principales épopées dans l’histoire du groupe, celle de la période du chanteur Paul Jones jusqu’en 1966 et après celle avec Mike D’Abo jusqu’en 1969. Partons explorer quelques unes de ces petites merveilles, encore toutes scintillantes d’un savoir faire certain. Pour ce post, nous nous intéresserons à la période Jones qui comprend: Paul Jones, chant, harmonica;  Manfred Mann, claviers; Mike Vickers, guitare, saxophone, flûte; Mike Hugg, batterie, vibraphone, claviers: Tom McGuiness, basse, ensuite guitare. A noter que vers la fin de cette période, Jack Bruce fut pendant quelques mois le bassiste avant de partir rejoindre Cream, remplacé par Klaus Voorman, le dessinateur de la pochette du « Revolver » des Beatles. Les clips sont à peu près dans l’ordre de leur parution, excepté le premier « The One In THe Middle » que j’ai mis en avant mais qui date de 1965. A l’origine ce titre original composé par le chanteur était destiné aux Yardbirds, les deux groupes se connaissaient très bien. Keith Relf le chanteur des Yardbirds le refusa. Il ne considérait pas le titre comme mauvais, mais les paroles qui sont en fait une présentation du groupe, mettent le chanteur en avant « celui au milieu » et Relf ne se considérait pas comme le pivot central du groupe. Mais les Yardbirds acceptèrent une autre composition du groupe, qui devint un titre assez mythique dans leur discographie « Mr You’re A Better Man Than I ».

*****