En passant

Bas nylons et un dandy

 

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Les magazines de mode existent depuis longtemps, presque depuis que l’imprimerie existe, du moins celle à grand tirage. Nettement moins courants sont les magazines de mode destiné à l’homme. Ils existent pourtant, j’en ai même retrouvé un datant de 1920. On y parle d’hommes et si la présence féminine existe dans ses pages, c’est plus dans un esprit de séduction et de l’art qui en découle ou alors purement anecdotique. Disons-le d’entrée ce genre de magazine ne pouvait s’adresser qu’à un homme issu d’une certaine société possédant quelques biens. Le contenu est avant tout destiné au maniement de l’élégance vestimentaire pour l’homme qui se promène dans la rue ou lors d’une soirée où tout le monde ne fréquente pas les bals populaires de Montmartre tel un habitué en arborant une casquette. Il se veut aussi didactique et ne manque pas d’humour involontaire et prodiguant quelques conseils pour certaines situations dans lequel ce bon bourgeois pourrait être confronté par la force des choses, c’est à dire l’homme du peuple venu réparer un interrupteur défectueux. Quelle attitude adopter pour ne pas être condescendant et instaurer un climat de confiance entre les deux parties? C’est vrai, on ne sait jamais, on peut encore avoir besoin de lui une prochaines fois. Et même entre deux personnes issues d’un monde différent, il peut s’établir une certaine complicité. Vous lirez cela en feuilletant les pages que j’ai sélectionnées. J’ai respecté le format original en gardant les pages entières, la présentation s’y prêtant. En cliquant sur la page vous pourrez l’obtenir  dans son format d’origine. Vous aurez également un aperçu d’une certaine manière de s’habiller il y a 100 ans et qui ne manque pas d’un certain charme.

Source Gallica, BNP. DP

En passant

Exploration en terre musicale inconnue (28)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1967 – Neil Diamond / Kentucky Woman. Avant sa carrière internationalement appréciée, sa discographie est beaucoup plus confidentielle. On peut supposer, sans trop se tromper, que ses disques furent surtout édités sur sa réputation de compositeur à succès pour les autres, notamment les Monkees. La France n’y échappe pas, et la poignée de disques édités, dont un EP, ne sont pas trop courants. Pourtant la qualité est là, comme ce single de 1967 avec cette dame du Kentucky.

1967 – 8th Wonders Of The World / Must have Your Love. Les pressages français du style garage punk publiés à l’époque sont très rares. Edité sur le très confidentiel label DiscJockey, cette obscurité américaine tournée en huitième merveille du monde vaut son pesant de cacahuètes.

1966-67 – Marianne Faithfull / Hier Ou Demain – Sally Free And d Easy. On peut être une descendante du Marquis de Sade et chanter du folk. La discographie française sixties de Marianne Faithfull est assez cotée, surtout les titres chantés en français. En 1967, elle chante en français un titre de la comédie musicale « Anna » composée et confiée par Serge Gainsbourg à Marianne, « Hier Ou Demain ». Ce fut ce que l’on peut appeler un bide pour elle et de ce fait il est peu visible dans sa discographie et plutôt recherché par les fans des deux bords. Dans ce domaine, elle a moins bien réussi que sa compatriote Sandie Shaw qui eut un succès plus conséquent dans ses chansons interprétées en français. Pour moi, la Marianne Faitfull de cette période excelle plutôt dans le folk, alors je mets à la suite une chanson de ce style qui figure également sur le disque « Sally Free And Easy » du folkeux Cyril Tawney. Voir à la fin du clip la petite interview,

1968 – John Farnham / Sadie. Seule publication en France de ce chanteur australien d’origine anglaise. Cette chanson fut un tube en Australie, mais un bide aussi complet q’obscur en France. Elle est bien dans le style de ces chansons au goût rétro qui étaient assez populaires vers 1967-68. C’est le genre de trucs que l’on peut oublier sans s’excuser.

1964 – The Fourmost / Hello Little Girl / I’m In Love. C’est probablement le seul disque en France sur lequel figure deux chansons des Beatles, écrites par eux, qu’ils non’t jamais interprétées eux-mêmes. Ils ont un peu été aidés par George Martin producteur des deux groupes, qui savait d’aventure ce que contenait le tiroir des compositions Lennon – McCartney délaissées. La première fut enregistrée par Gerry et les Pacemakers, mais ne fut pas publiée à l’époque. Cela profita aux Fourmost qui en firent un bon hit pour « Hello Little Girl » et succès un peu plus modeste pour l’autre »I’m In Love ». Malgré tout, on reconnaît la « patte » des compositeurs. Ces deux singles sont réunis sur cet EP, le seul dédié aux Fourmost. Les deux titres furent adaptés, l’un par Sheila « Hello Petite Fille » et par les Jets « Je Suis Amoureux ».

1963 – Les Guitares / Cavalcade Sidérale. Profitant qu’ils étaient les accompagnateurs de Sheila, Philips se décida à sortir cet EP instrumental avec ce titre inspiré de la conquête de l’espace. C’est un plaisant morceau bien dans l’esprit de l’époque. Plus rare que n’importe quel autre disque de Sheila.

1967 – The Herd / From The Underworld. Les spécialistes savent que Peter Frampton fut guitariste dans ce groupe. Ils connurent le succès en Angleterre et en Allemagne notamment, la France les bouda avec une certaine ferveur. Dommage car c’était plustôt intéressant musicalement, entre mod et psychédélique anglais option 1967. Deux singles furent publiés pas très courants.

1967 – The Klan / Stop Little Girl. Bon nombre de groupes belges furent édités en France. C’est le cas de Klan dont deux EP’s sortirent sur Palette / France. Ils sont assez rares du fait de ventes plutôt confidentielles, mais ce sont d’assez bons collectors recherchés par les fans.

1965 – Anna Identici / Un Bene Grande Cosi’. Une de ces nombreuses tentatives pour essayer d’imposer une chanson italienne en France. Très peu eurent de vrais succès en France, même s’ils sont assez connus dans leur pays d’origine. C’est le cas d’Anna Identici qui participa de nombreuses fois au festival de San Remo, même une fois en compagnie d’Antoine qui triomphait avec sa chanson « Taxi », dont elle fit sa version. Elle connut quelques vaches grasses avant de se tourner vers la télévision. Ici, pratiquement personne ne se souvient de cette unique publication française.

1965 – Unit Four + Two / Stop Wasting Your Time. Il existe deux EP’s du groupe publiés en France, ils sont tous deux relativement rares, le second l’étant encore plus. Le premier reprend leur grand et excellent succès « Concrete And Clay » qui fut no 1 en Angleterre, adapté en France par Richard Anthony « Comment Fait-Elle », qui scia un peu le succès de l’original chez nous. La suite fut plus hasardeuse, le succès ne se renouvelant pas vraiment, ils sombrèrent assez vite l’anonymat  On publia quand même les deux singles suivants qui sont réunis dans le second EP français. IL contient néanmoins un très bon titre au niveau vocal, c’est celui que je je vous propose ici. Un des membres connut après la séparation du groupe un gros succès, car il fut la moitié du duo Bill & Buster et son hit « Hold On To What You’ve Got » en 1971.

1970 – Junco Partners / Fly Me High. Cet obscur groupe anglais qui avait enregistré un unique single légendaire dans son pays en 1965, trouva quelques années plus tard en France l’occasion d’enregistrer un album résolument pop et assez prisé des collectionneurs. C’était une pratique relativement courante de signer pour le marché français des artistes anglophones, on pensait qu’eux seuls étaient à même de sortir des choses réellement branchés pop, ce qui n’était pas complètement absurde en 1970. L’album fut d’ailleurs après coup publié dans plusieurs pays dont l’Angleterre. Un single en fut tiré, le voici.

1967 – Question Mark & The Mysterians – Girl. Après leur hit « 96 Tears » qui tourna dans les jukeboxes terrestres et peut-être même ceux de la galaxie d’Andromède, le succès se tarit assez vite. La France publia un ultime EP résolument dans le style garage. C’est un pièce plutôt recherchée, magnifié par une belle pochette.

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En passant

Bas nylons et « Eux »

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Le groupe Them apparaît en 1964, formation d’origine irlandaise c’est presque un nom qui deviendra générique, car les changements de personnel sont constants. Trois incarnations sont distinctes, celle où Van Morrison est le chanteur 1965-1967, qui après son départ se scinde en deux groupes qui portent le même nom, à la différence près que l’un sera européen et l’autre américain. La version européenne est aussi connue sous le nom de Belfast Gypsies, on trouvera par ailleurs exactement selon les éditions, les mêmes titres mais sous les deux noms.  Il est très difficile de nommer une formation stable durant la période avec Van Morrison, tellement le personnel est mouvant. On sait parfaitement que les enregistrements sont parfois réalisés avec l’aide de musiciens de studio, notamment Jimmy Page. Mais on peut citer le personnel suivant, au moins dans le sens de ceux qui n’ont pas fait qu’enter et sortir: Van Morrison, chant, harmonica, saxophone; Billy Harrison, guitare; Alan Henderson, basse; Patrick Mc Auley, claviers; Ronnie Millings, batterie. Ce sera surtout une partie de ces noms qui animeront l’une ou l’autre des formations postérieures à l’ère Van Morrison, y compris une reformation en 1978/79.
Malgré ce qui ressemble à un joyeux bordel, la formation créa plusieurs classiques et hits dont le fameux « Gloria » au retentissement mondial. La période avec Van Morrison est incontestablement la plus attachante et la plus bruyante, ne serait-ce que pour sa voix qui le fait encore aujourd’hui considérer comme un des plus grands chanteurs pop. Nous allons voir à travers les titres moins connus et les reprises flamboyantes de cette période, toute la splendeur de cette musique dont certaines pépites ne ressemblent à rien de ce que l’on connaissait déjà ailleurs. Pour être honnête, je mettrais presque toute la discographie.

Ce titre, il faut absolument l’écouter en version mono, elle a nettement plus de punch que la stéréo, donc la voici. C’est encore et toujours mon préféré.

Ce titre n’a jamais été classé dans un hit parade quelconque, mais il est l’un des plus repris de leur discographie (Ronnie Bird « Chante » pour la France).

Le titre existe en deux versions, celle-ci est la plus percutante, elle figure notamment sur le troisième EP français.

Celle-là on la connaît, mais la version est splendide

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En passant

Bas nylon et un lotus pas bleu

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J’ai toujours eu une certaine fascination pour l’Orient, la Chine entre-autres. Ce n’est pas la Chine moderne qui m’intéresse, mais celle du passé, l’art en particulier et bien entendu la musique. Je dois aussi avouer que la cuisine chinoise ne me laisse pas indifférent. Je me souviens d’un canard laqué dans un restaurant chinois de Londres, qui coûtait presque rien, et qui m’a laissé une souvenir presque impérissable. D’après tous les retours que j’ai eus ou lus, l’hospitalité chinoise est extraordinaire, les touristes qui viennent nous visiter très chaleureux et respectueux. Dommage qu’on ne leur rende pas toujours la pareille. Quand je suis allé visiter le Mont Saint-Michel, pour ceux qui connaissent, je logeais à l’hôtel Mercure à côté du restaurant le Pré Salé. La porte de ma chambre donnait directement sur le passage qui est devant l’hôtel. Je prenais l’air en attendant le petit déjeuner. Voici un couple de Chinois qui s’amène. Arrivé à ma hauteur, il me font une petite révérence et me sortent un « bonjour » qui était plutôt « bojiour » et partent d’une éclat de rire, heureux d’avoir sorti un mot dans ma langue. C’est des petits trucs, mais cela vous met de bonne humeur pour la journée. Il y a 100 ans, la Chine était encore quelque chose d’assez mystérieux, il n’y a qu’à lire « Le Lotus Bleu » avec Tintin, pour avoir une idée des clichés qui circulaient à propos de ce pays. La photographie a certainement été un moyen de découvrir un peu ce pays et de s’en faire une petite idée vers la fin du 19ème siècle.
Victor Segalen (1878-1919) né à Brest, fut l’un des ces photographes Il fut aussi écrivain, poète, archéologue, cinologue et surtout médecin dans la marine. Fasciné par la Chine dont il apprit la langue, il y fit à partir de 1909 plusieurs séjours dont il rapporta de nombreuses photographies. Il s’intéressa notamment à la recherche de monuments des dynasties Han (-206-220), Tang (618-907) et intermédiaires. Il mourut prématurément en 1919. Son fils Victor fut un célèbre athlète et footballeur.
Nous allons parcourir quelques unes de ses photos en commençant par quelques portraits de lui enfant et adulte. Vous pouvez agrandir les photos.

Un peu de musique pour se mettre dans l’ambiance

Source BNP, Gallica, DP

 

En passant

Exploration en terre musicale inconnue (27)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1965 – The Lewis Sisters / You Need Me. Les artistes blancs sont plutôt rares sur le label Tamla Motown ou ses dérivés. En voici un exemple avec ce duo de soeurs qui officia par la suite à la composition pour d’autres vedettes de l’écurie, leur deux tentatives s’étant soldées par des échecs. Un rarissime EP et très recherché fut publié en France. Musicalement c’est bien et cela peut faire penser à une production de Phil Spector, ce qui ne gâche rien.

 

1960 – Freddy / Près De Mon Coeur. C’est une grosse pointure de la variété allemande. Il essaya à plusieurs tentatives de percer le marché français. Cela ne fit pas trembler la république, mais en retour les fans allemands s’intéressent à ces publications.

1963 – Sophia Loren / Donne-Moi Ma Chance. Le sex-symbol du cinéma italien s’essaya plusieurs fois à la chanson, aussi en français. En France, on ne peut pas dire que ses disques furent accueillis avec enthousiasme, ils sont tous assez rares. En pleine période yéyyé, elle enregistre ce titre qui réussit mieux à Richard Anthony.

1973 – Ipi’ N’ Tombia / The Warroir. Dans les années 1970, la musique africaine commence à sortir du ghetto et à se mélanger à la pop. Sans doute encourage par la réussite de Burundi Steïphenson Black en 1971, Barclay publie sous licence ce nouvel opus avec ces artistes de l’Afrique  du Sud. Il connut une meilleure réussite sur le plan international que sur le plan local français.

1963 – Tammy Montgomery / If You See Bill. Elle sera connue plus tard sous le nom de Tammy Terrell et collaborera étroitement dans des duos avec Marvin Gaye. Bien que le titre qui nous intéresse ici a été enregistré en 1961, il ne sera publié que deux ans plus tard en France par Vogue qui avait acquis les droits pour le label Scepter populaire aux USA avec les Shirelles et les Chiffons. Lors de cet enregistrement, elle n’a que 15 ans, mais possède déjà une voix exceptionnelle. Elle mourut prématurément à l’âge de 24 ans d’une tumeur au cerveau. Une jolie pièce de collection.

1967 – The Mindbenders / We’ll Talk About It Tomorrow. Quand ils se séparèrent de Wayne Fontana, les Mindbenders connurent plus de succès que leur ancien complice. Deux EP’s furent publiés en France. Si le premier est très relativement courant, le second est nettement plus rare. Il contient ce qui devait être leur prochain tube et qui ne le fut pas tellement « We’ll Talk About It Tomorrow » et une curiosité, un titre des Zombies « I Want Her She Wants Me » qu’ils enregistrèrent en primeur avant qu’il paraisse par les créateurs. Je vous mets les deux pour le même prix.

1957 – Sonny James / Young Love. La musique country est très populaire aux USA, elle est à l’Amérique ce que le café est à l’Italie. De nombreux chanteurs suivirent les traces du plus populaire d’entre eux, Hank Williams. Sonny James devint une autres de ces pointures très prisées dans ce style. La France resta assez distante de de ces publications qui virent le jour dans les années 50, on préférait André Verchuren.

1968 – Liberace / Happy Barefoot Boy. Pianiste et chef d’orchestre immensément célèbre aux USA au style très kitch qui fit pâmer de bonheur toutes les vieilles rombières de Las Vegas. Assez bizarrement, les éditeurs français qui ont parfois mauvais goût l’ignorèrent complètement exception faite de cette publication de1968, sans doute un peu aidé car il s’agissait de la musique d’un film. Musicalement rien à dire, c’est du beau travail comme n’importe quel disque de Richard Clayderman, mais on peut préférer Led Zeppelin.

1966 – Niemen / EP- Jamais etc… (Czeslaw) Niemen est un chanteur polonais qui avait sans doute trouvé un moyen de s’évader de son pays sous l’emprise communiste, enregistrer un disque en France et en français, quatre titres dont il compose la musique. Ici il est dans la variété, mais se tournera plus tard vers la pop. Il est connu dans son pays, mais il ne percera jamais en France avec cet EP publié par AZ. A quoi pouvait ressembler ce disque ? Eh bien voici un clip avec ces quatre titres. C’est assez aguicheur et chanté sans trop d’accent, on a vu pire dans ce domaine. Il est décédé en 2004.

1975 – Delizia / Alors Le Bel Eté. Pour ceux qui ne le savent pas, c’est une des soeurs d’Adamo, née en 1952. Sous la houlette de son frère qui lui écrivit quelques titres, elle tenta avec plus ou moins de succès, plutôt moins, de percer dans la chanson. Une de mes anciennes copines m’a raconté qu’elle fréquentait la même école qu’elle à Mons et que son frère venait parfois la chercher à la sortie de l’école. Alors toutes ces demoiselles pouvaient admirer leur idole. Ce disque enregistré en 1975, composition du frangin, reste de la variété, mais c’est plutôt bien fait. Elle a une belle voix, je dirais même plus puissante que celle de son frère. Bizarre autant qu’étrange, c’est par hasard que je l’ai choisie pour mon article, et en faisant une petite recherche, je vois qu’elle vient de décéder. Alors R.I.P. Delizia.

1971 – Third World War / Ascension Day, Je me souviens que les spécialistes dans la presse française présentaient assez volontiers ce band anglais comme très prometteur, mais qui ne tint pas trop ses promesses. C’est de la pop tendance hard rock. Single publié sans doute pour promouvoir l’album, il ne doit pas s’être vendu à la tonne, et semble même assez recherché, de même que l’album.

1969 – Chantal Kelly / Fragola. La petite Chantal Kelly, je dis petite en faisant allusion à sa taille, après des débuts prometteurs le succès sembla ne plus vouloir trop d’elle. En quittant Philips pour les disques Mouloudji, elle enregistre deux singles teintés de folk en compagnie de Los Incas. Mais le succès ne revient pas. Malgré une tentative de retour en 1981, le temps d’un album, son nom reste pour toujours lié à son fameux premier tube « Caribou ». Le concernant, je peux dire que je n’ai pas beaucoup de disques de l’époque yéyé que je peux qualifier de « sacrés ». Celui-là en est un, je l’ai écouté des milliers de fois.

 

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Bas nylons et petites têtes

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Apparus en 1965, les Small Faces connurent une assez belle notoriété jusqu’en 1969 où ils se séparèrent et joignirent divers d’autres formations qui eurent aussi leur heure de gloire comme Jeff Beck Group, Faces, Humble Pie. A l’instar des Who ou les Kinks, ils furent les représentants du mouvement mod, influencés à leur débuts par le r’n’b noir américain. Ils commencèrent d’enregistrer chez Decca puis signèrent avec le label Immediate fondé par le manager et producteur des Rolling Stones, Andrew Loog Oldham. Un critique disait à propos des Small Faces, que Decca ne semblait pas trop avoir pris conscience qu’ils étaient peut-être les meilleurs artistes sur ce label après les Rolling Stones. Sans doute eux aussi pensèrent ainsi, et en quittant Decca ils rebondirent dans le succès, mais écrivent une nouvelle page dans leur création musicale qui se teinte de psychédélique à la sauce anglaise. Il est rare que les groupes qui atteignent une certaine notoriété comme créateurs et laissent de vraies traces dans l’histoire, n’aient pas dans leurs rangs d’habiles compositeurs. Ici, nous trouvons un duo à la Lennon – McCartney, Steve Marriot le guitariste et Ronnie Lane le bassiste. A l’exception de leurs deux premiers hits, ils signeront tous les autres succès. Nous trouvons également  Ian McLagan aux claviers, il remplaça Jimmy Winston parti après le second single. La batterie est tenue par Kenny Jones, qui est aujourd’hui le seul survivant de cette formation. La discographie du groupe n’est de loin pas insignifiante au niveau du contenu. On y trouve quelques belles reprises et des compositions qui n’ont pas à rougir d’être persuasives. Parcourons ces titres qui remplirent les faces B et les albums, en respectant une certaine chronologie et en laissant de côté les hits flamboyants.

PERIODE DECCA

Nous commencerons par un titre, très symbolique de leur maestria, qui est une reprise remaniée de Muddy Waters, dont Led Zeppelin s’empara quatre ans plus tard pour « Whole Lotta Love » sans trop en reconnaître la source d’inspiration. Cela leur valut quelques ennuis avec le compositeur original, Willie Dixon. Les Small Faces le créditèrent à Dixon. alors que Led Zeppelin, plagiant un peu l’arrangement des Small Faces, s’attribuent le crédit de la composition.

Titre instrumental qui servit souvent de fond sonore lors de l’émission « Salut Les Copains ».

PERIODE IMMEDIATE

Adapté par Johnny Hallyday « Je N’ai Jamais Rien Demandé »

C’est le titre des Smal faces que j’ai le plus écouté, 50 ans après je ne m’en lasse pas.

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En passant

Bas nylons et de quoi trembler

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Les tremblements de terre font presque partie de l’actualité quotidienne. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il y en a tous les jours, mais très peu atteignent une intensité qui fait que l’on puisse les ressentir. Cependant, les sismographes répartis un peu partout sur la planète ne les loupent pas. A l’heure où j’écris ces lignes, il y a eu pour les dernières 24 heures, pas moins de 6 séismes enregistrés, dont le plus fort fut d’une magnitude de 5,3 au large des îles Aléoutiennes entre l’Alaska et l’Asie. Nous sommes sur un sol à l’évidence peu stable, encore que la surface terrestre par rapport à la mer est à peu près du quart. En mer, les mouvements sont moins ressentis et peuvent même passer complètement inaperçus. Le grand danger reste le tsunami. Comment cela arrive-t-il? C’est assez facile à comprendre. Au fond de la mer, l’eau repose sur un fond solide et se débrouille en surface pour être, hormis la courbure terrestre, à l’horizontale. Quand vous videz l’eau d’une bassine, vous inclinez la bassine mais l’eau reste toujours à l’horizontale. Un séisme sous-marin peut provoquer une rupture dans la continuité du sol au fond de la mer, se soulever ou s’affaisser. L’eau va bien évidemment suivre le mouvement qui se reportera jusqu’en surface, elle tentera alors de retrouver sa position horizontale. Si le mouvement au fond est peu important, cela se passera pratiquement sans accroc, quelques petites agitations en surface comme une vague due au vent. Mais imaginons que le fond se soulève de 30 mètres, cela va faire un peu comme un jet d’eau et le sommet commencera à rouler des vagues. Ce sont ces vagues qui deviennent dangereuses si elles abordent une zone habitée. Mais nous savons que tous les tremblements de terre maritimes ne provoquent pas forcément des tsunamis. Il peut aussi y avoir d’autres causes, par exemple l’effondrement d’un pan de montagne dans la mer, une éruption volcanique, mais si elles peuvent donner le même phénomène, la cause est autre.

Relevé des secousses enregistrées pour 24 heures au moment où je rédige l’article


Une chose que nous n’avons pas encore vue, c’est la cause du tremblement de terre. Encore là, nous connaissons très bien les causes. Dans la majeure partie des cas, c’est la poussée des plaques continentales qui en sont la cause. Nous savons presque avec certitude qu’à l’origine, il n’y avait qu’un seul et même continent (l’Amérique et l’Afrique semblent assez bien pouvoir s’emboîter) dont les plaques ont un beau jour décidé d’aller voir ailleurs, car elles « flottent » à la surface terrestre. Les plaques s’approchent ou s’éloignent, ce qui provoque tensions ou relâchements, c’est cela qui provoque les mouvements responsables des tremblements  de terre. La plaque Africaine avec celle de l’Asie ont tendance à buter contre celle de l’Europe. Elles provoquèrent dans un lointain passé la formation des Alpes. C’est justement vers la Méditerranée et les pays limitrophes que l’on recense les plus violentes secousses en Europe. Il y a bien d’autres endroits dans le monde, la Californie par exemple, mais nous intéresserons dans cette article au sud de l’Europe. Notons en passant que ces « frontières continentales » sont souvent des endroits d’intense activité volcanique et leurs failles permettent au magma de remonter à la surface. Le sud de l’Italie est bien connu pour ses volcans, Vésuve, Etna, Stromboli.


Je ne sais pas si vous avez vécu « en direct » un tremblement de terre, mais il m’est arrivé deux fois d’assister à cela. Ce n’était que de petites ou moyennes secousses, mais c’était déjà assez impressionnant pour imaginer ce que peuvent être des phénomènes plus violent et qui durent longtemps. La première fois vers la fin des années 70, j’étais au lit en train de lire, il était 1h40. J’ai d’abord entendu comme le début d’un coup de tonnerre. Quand il vient de loin, vous entendez un roulement ou un son qui va en s’amplifiant avant d’atteindre son maximum. C’était ainsi, juste le début. Un fraction de seconde après j’ai ressenti une secousse comme si on avait donné un violent coup de pied à mon lit et il y a eu un gros craquement dans la maison. C’est tout, mais comme c’était la nuit et que le silence était total, j’ai plus été impressionné par le bruit que la secousse. La seconde fois, j’étais chez quelqu’un au troisième étage d’une tour. Comme il était 18 heures et qu’il y avait du bruit, j’ai juste ressenti la secousse, une bonne branlée de 5,4 sur l’échelle de Richter d’après le commentaire des journaux le lendemain. Ce fut assez bref, mais les personnes présentes se sont précipitées vers la porte. J’ai toujours la vision d’un aquarium dont l’eau s’est agitée dans tous les sens et a mis au moins deux minutes pour se calmer. La pire chose avec un tremblement de terre, vous ne pouvez pas avoir un sentiment de sécurité. Avec un cyclone, une éruption, une inondation, vous avez un sol sous les pieds, vous pouvez éventuellement vous accrocher à quelque chose, mais là rien. La prévision d’un tremblement de terre est encore très aléatoire, contrairement aux autres phénomènes que l’on peut assez bien prévoir. Les animaux semblent particulièrement ressentir, parfois des heures avant, qu’un séisme va arriver.
Notre ami et visiteur Peter Pan, m’a justement mis la puce à l’oreille dans un commentaire sur un tremblement de terre majeur qui se produisit en 1887. Il concerna l’Italie et la France, mais il fut ressenti dans une bonne partie de l’ouest de l’Europe. Il se classe d’office comme étant une catastrophe de premier plan. Je crois en avoir fait brièvement allusion dans un précédent post, mais je suis parti à la recherche de documents journalistiques pour revenir plus en détail sur cette histoire. Pour ce faire, j’ai parcouru les journaux de l’époque, seule source intéressante à mes yeux. Même s’ils sont subjectifs, ils apportent au moins une certitude, la perception que l’on avait de l’événement au moment où il se produit. Avec le recul, c’est parfois riche d’enseignements.
Nous sommes le 23 février 1887, il est 5 h 41 le matin. La terre se met à trembler autour d’un épicentre situé au large de Imperia et Diano Marina en Ligurie à une soixantaine de kilomètres à l’est de Menton. La secousse est estimée à une magnitude de 6,5 c’est donc un fort tremblement de terre. Il sera ressenti avec des effets atténués à des centaines de kilomètres de là. Dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres, les dégâts sont considérables et le nombres de victimes élevé. On recense plus de 600 morts et plus de 500 blessés côté italien, et 8 morts et une cinquantaine de blessés côté français. Il est facile d’imaginer que la plupart des victimes le furent à cause de la solidité et la vétusté des bâtiments dans lesquels elles se trouvaient et qui s’écroulèrent. Les techniques de construction, spécialement pour les maisons individuelles, étaient un peu laissées à l’appréciation de chacun. L’heure matinale joue aussi un rôle, peu de gens sont dehors et nous sommes en février, il fait nuit. Les secours devaient aussi se borner à quelques moyens rudimentaires peu performants, sans compter les mouvements de panique courants dans ce genre de situation. Par chance, le raz-de-marée qui s’en suivit se limita à des vagues d’une hauteur d’un mètre. Il y eut au moins une réplique assez importante vers 8 heures. Mais partons dans les revues de l’événement.

Commençons par une étude scientifique et des témoignages de personnes très au fait des tremblements de terre, ce qui nous démontre que les séismes étaient déjà très étudiés au 19ème siècle avec une somme de connaissances bien présente. Elle est suivie d’un résumé des observations qui furent faites et des renseignements récoltés dans divers endroits qui mesurèrent et ressentirent la secousse sur les sismographes de l’époque. La ville la plus éloignée du l’épicentre est Zürich, à 400 kilomètres à vol d’oiseau. Il est intéressant de noter la vitesse de propagation des ondes sismiques. C’est un peu comme une vague qui avance sur la mer, sauf que c’est sur ou sous terre, visiblement on était déjà au fait de leur existence. On sait aussi que dans certains cas, des lueurs peuvent aussi illuminer le ciel avant ou au moment où le phénomène se produit, c’est encore très mystérieux et ce n’est pas systématique. Comme nous le voyons les ondes avancent très vite, un peu plus de 2 minutes pour parcourir 400 kilomètres, ce qui est bien plus vite que la vitesse du son, 6 à 7 fois plus vite d’après un bref calcul. Les articles sont cliquables pour une meilleure lecture.

Parmi les journaux commençons par La Croix, d’après le nom on se doute bien qu’il s’agit d’un journal religieux. Il donne un éclairage particulier sur l’événement. La tragédie tombe en plein période du carnaval de Nice, alors on en profite pour rappeler que les joies terrestres sont futiles.

Voyons maintenant à travers à travers La Dépêche, journal de Toulouse, qui donne des informations pour plusieurs villes en quelques mots. Pour autant que ces informations soient exactes, nous voyons que les dégâts sont assez différents d’un endroit à un autre. Les heures données sont assez fantaisistes, mais rappelons qu’à cette époque l’heure n’était pas unifiée en France, chaque ville avait sa propre heure qui consistait surtout à dire qu’il était midi quand le Soleil était au zénith. De plus, on pourrait croire qu’il y a eu une multitude de séismes alors que c’est le même à la base.

Dans Le Figaro, on met en avant l’article d’un témoin direct, il raconte ce qu’il voit et ressent.

Voyons maintenant un journal local en Suisse. Il résume brièvement ce qui se passa en France, mais fait mention du ressenti des secousses, à une distance d’environ 360 kilomètres à vol d’oiseau. Bien qu’elle ne ressemble en rien à l’intensité observée en Italie et en France, le choc est suffisant pour arrêter quelques pendules.

Une vidéo qui résume la catastrophe, un séisme en direct, lumières sismiques

Source, Gallica, BNP, DP. Wikipédia