En passant

Bas nylons et quatre autres de Liverpool

 

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La « British Invasion », est un terme qui recouvre le déferlement du mouvement musical entamé par le succès international des Beatles à partir de 1963. Seuls quelques groupes purent sérieusement prétendre leur faire de l’ombre. Les plus célèbres furent les Rolling Stones à la différence près qu’eux ne se recommandaient pas du même mouvement musical. Ils furent des puissants rivaux tout en imposant une autre musique et sans doute une petite étincelle de génie leur permit d’accéder au podium. Chez les fans de Beatles, on est plutôt séduit par leurs mélodies, tandis que chez ceux des Rolling Stones, le son et la présence du r’n’b est plus prépondérant. Entre eux, il n’y a pas vraiment eu de concurrence, même une franche collaboration à certains moments. On se souvient que le premier succès des Rolling Stones est une chanson des Beatles. A part cet exemple très parlant, ceux qui se lancèrent dans la course aux Beatles sont bien de la même école. Parmi eux, les Searchers furent de ceux qui eurent une place de choix dans la course au hit parade en rivalisant avec les Beatles. Ils pouvaient aussi prétendre à occuper le haut de cette forteresse presque imprenable. et ils le firent. Leur seul handicap, et qui se révéla fatal, c’est l’absence de compositeurs de génie parmi les membres. Aller chercher à gauche ou a droite, le titre plus ou moins obscur qui sera le numéro un de demain, s’avéra un exercice compliqué et financièrement moins lucratif. Néanmoins, il composèrent nombre de titres, spécialement Chris Curtis.
Les Searchers ont au départ un parcours assez commun avec les Beatles, ils viennent de Liverpool et firent aussi une partie de leurs écoles au Star-Club de Hambourg. Ils apparurent quelques mois après la montée en puissance de leurs rivaux.  Pendant deux ans, ils firent de fréquentes apparitions dans les charts anglais, dont trois fois au sommet, une fois seconds, une fois troisièmes, une fois quatrièmes, ceci étalé entre 1963 et 1965. A l’inverse des Beatles, leur succès fut beaucoup plus cantonné à l’Angleterre, ils ne firent que quelques apparitions dans les classements US et plutôt à des places d’estime, exception faite d’une troisième place. Même si tous les gros succès sont, à une exception près, uniquement des reprises empruntées a des artistes américains, ce sont bel et bien leurs versions qui sont passées à la postérité, on en oublie passablement les créateurs. Si le manque de compositeurs internes est flagrant, ce qu’ils pouvaient envier aux Beatles, par contre instrumentalement ils n’avaient à rougir de rien, même que le soliste Mike Pinder est un précurseur de la guitare à douze cordes dans cette école. A l’instar des Beatles, ils travaillèrent passablement les harmonies vocales et c’est assez bien réussi. La formation de l’époque des grands succès comprend: Mike Pinder (1941 -), guitare solo, chant; John McNally (1941 -), guitare rythmique, chant; Tony Jackson (1938 – 2003), guitare basse, chant, quitte le groupe en 1964 remplacé par Frank Allen (1943 -), c’est dommage car c’était un excellent chanteur; Chris Curtis (1941 – 2005), batterie, chant. Jusqu’en 2019, le groupe n’a jamais cessé d’exister, malgré une baisse notable de succès au niveau du hit parade. Ils enregistreront sporadiquement des albums en 1972, 1979, 1981, 1989, 2002.


J’ai une petite anecdote personnelle à propos des Searchers, même si je n’ai jamais eu l’occasion de les voir sur scène, et pourtant j’ai failli. En 2001, le fan club anglais a organisé un concours doté de prix. Le but était de raconter dans un texte pourquoi on aimait les Searchers. Il y avait deux catégories, une pour les fans de langue anglaise, une pour les fans dont l’anglais n’était la langue maternelle, mais qui devait tout de même être rédigé en anglais. Le groupe et quelques représentants du fan club faisait partie du jury. J’ai rédigé mon texte dans la seconde catégorie. j’en avais fait une histoire assez drôle où je racontais que j’avais cru que je comprenais l’anglais quand j’ai écouté le disque où ils chantaient en français, et je l’ai envoyé. Deux mois plus tard, j’ai reçu un mail m’informant que j’avais gagné le concours. Le prix consistait à une invitation à un concert, que je serais reçu dans le backstage, où l’on me remettrait la prix qui consistait notamment en une affiche de concert dédicacée par le groupe. Je n’y suis pas allé car c’est à peu près l’époque où ma femme devait accoucher, et puis il fallait aller à Londres, ce qui ne m’arrangeait pas non plus pour le travail. J’ai quant même reçu l’affiche à la maison avec une lettre signée du groupe qui me félicitait. Dommage.
La discographie en album des années glorieuses comprend cinq album studios, et comme pour les Beatles on publia un LP contenant des enregistrements en public au Star-Club. Contrairement à ceux des Beatles, ils sont d’une qualité sonore très supérieure. Allons explorer ces albums et ces 45 tours, dans tout ce qu’ils contiennent à côté des succès,  titres secondaires qui firent leur réputation à la grande époque et qui sont encore encensés aujourd’hui. J’ai bien évidemment fait un choix. Sélection à peu près chronologique entre 1962 et 1965.

Extrait des enregistrements au Star-Club en 1962.

De la même veine, c’est assez marrant de trouver cette chanson, Hey Joe », qui sera un succès mondial pour Jimi Hendrix dans une version complètement remaniée en 1967.

Des enregistrements avaient été faits en studio au début 1963. Ces bandes sont connues sous le nom de « Iron Door Sessions » et ne sortiront que 40 ans plus tard.

Titres figurant sur les 45 tours.

Originalement la face B de premier hit. Un original composé par le batteur, qui fut aussi le principal compositeur.

Face B de Needles And Pins, extrait de film sur playback. Un original composé par Tony Hatch, également compositeur sous pseudo de leur second hit « Sugar And Spice »

Face B de « When You Walk In The Room », un original du groupe assez plaisant, sorte « d’image de marque » de leur son. On retrouve une première mouture de cette chanson sur « Iron Door Sessions » avec le titre « Darling Do You Miss Me »

Ce titre est le générique du film « The System ». Pendant longtemps, il n’a figuré que sur un EP anglais du même nom.

Face B de « Goodbye My Love ». un original du groupe, qui aurait peut-être mérité une face A.

Titres figurants sur les albums

Album Meet The Searchers

L’intégralité de cet album se trouve dans un autre article ICI

Album Sugar And Spice

Reprise d’un titre de Carl Perkins.

Reprise d’un titre des Chiffons.

Reprise d’un titre de Ronnie Hawkins.

Album It’s The Searchers

Celui-là aurait mérité une sortie en single. Chanson de Betty Everett qui sera un grous succès pour Cher bien plus tard.

Reprise d’une chanson de Dionne Warwick, très « British Beat ».

L’immortel de Tommy Tucker.

Album Sounds Like Searchers

Une reprise r’n’b créée par Moody & The Delats, des célèbres compositeurs Jeff Barry & Ellie Greenwich.

Très bonne reprise de « Bumble Bee » de Lavern Baker.

Un original de Chris Curtis.

Album Take Me For What I’m Worth, sans doute leur album le plus créatif.

Reprise depuis Marvin Gaye.

Un original de Chris Curtis, le son évolue.

Un original de John McNally.

Un original de Chris Curtis et Mike Pender.

Documents.

Un petit film capturé au Star-Club de Hambourg.

Un des beaux documents existants, le concert du New Musical Express 1964 et un groupe déchaîné, spécialement Chris Curtis, et toujours le même micro baladeur…

Les Searchers et « Needles And Pins » en allemand.

Les Searchers et « Sugar And Spice » en français, aussi exploité par Michel Page.

Les Searchers lors du concert d’adieu en 2019.

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