En passant

Bas nylons et arrêt au garage

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Continuons notre exploration de la série « High In The Mid-Sixties » la copine de la série « Pebbles » consacrée au garage punk. Vous pouvez voir ici un descriptif concernant ce mouvement musical. Comme je l’ai dit dans un autre post, cette série consacre sa recherche d’obscurités par zone géographique.

Volume 8 –  Ohio

Deadlys – On The Road Again

The Denims – The Adler Sock

Bocky and the Visions – Spirit Of ’64

The Statesmen – Stop and Get A Ticket

Tree Stumps – Jennie Lee

dagenites – I Don’t Want To Try It Again

The Chylds – Hay Girl

The Choir – I’m Going Home. Plus connus pour leur fameux « It’s Cold Outside », paru dans les « Pebbles », deviendront plus tard les Raspberries et Eric Carmen.

The Outcasts – Loving You Sometimes

The Sound Barrier – Hey Hey. Plus connus pour leur fantastique « My Baby’s Gone », en fait l’autre face.

The Dantes – Can’t Get Enough Of Your Love

The Human Beingz‎– Evil Hearted You, reprise des Yardbirds.

The Possums – (I’m Not Your) Stepping Stone. Une assez savoureuse reprise du hit des Moonkees, qui fut parait-il enregistré dans une halle de gymnastique, ce qui donne ce son particulier.

Volume 9 –  Wisconsin

The Shag – Stop and listen

The Wanderer’s Rest – The Boat that I Row. Reprise d’un Neil Diamond des débuts.

The Young Savages – The Invaders Are Coming

The Faros – I’m Crying. Une reprise assz pétaradante du hit des Animlas.

Lord Beverley Moss & The Mossmen – Please Please What’s The Matter

Noblemen – Dirty Robber. Reprise du titre des Wailers, groupe garage punk de l’état de Washington.

Jack and the Beanstalks – Don’t Bug Me

Les mêmes

Troden Path – Don’t Follow Me

Joey Gee And The Come Ons – She’s Mean

Rehabilitation Cruise – I Don’t Care What They Say

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En passant

bas nylons et visite aux Galeries

 

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Un des premiers grands magasins mythiques fut certainement les Galeries Lafyaette à Paris. Au départ ce n’était qu’un modeste endroit de 70 m2 conçu par deux commerçants alsaciens, Théophile Bader et Alphonse Kahn, en 1894. En une quinzaines d’années, il s’agrandit par étapes pour acquérir son aspect d’aujourd’hui au niveau de la grandeur. La fameuse coupole fut bâtie en 1912. L’idée d’en faire un magasin d’articles de luxe s’avéra payante, les clients affluent. Mais les lieux, à des fins plus ou moins publicitaires, servent aussi de support à diverses fêtes et manifestations. C’est l’endroit où il faut se faire voir et être vu. On ne recule devant rien, on organise même une école donnant des cours de pilotage d’avions sur les toits de l’immeuble. Comme j’ai pu le constater à ma dernière visite, le luxe et le surfait sont toujours de mise. Point positif, à l’entrée une hôtesse vous salue en entrant et en repartant. Point négatif, je déambule aux rayon des godasses, une affiche annonce des soldes de 50% dans un présentoir dédie. Je regarde, je vois une paire de pompes très originales, le genre où tout le monde ne vous regarde que les pieds. C’est donné, 1800 euros ! Je regarde d’un peu plus près, sans être un fin connaisseur j’ai quand même une expérience. Quand c’est possible, j’achète mes souliers en Italie, il n’y a aucun autre pays au monde capable d’en faire d’aussi belles et d’aussi confortables. Celles que j’ai vues sont loin d’avoir la même finition, à part l’originalité, le reste est de la daube à prix exorbitant, même avec 50% de rabais. Malgré tout, le décor vaut le coup d’oeil, on s’y sent à l’aise, l’impression d’espace est tangible. Trêve de paroles, quelques photos vers les années 1920 qui illustrent l’ambiance de lieux et la fête en arrière-plan. On peut cliquer pour une meilleure vue.

Source Gallica, BNF, DP

Exploration en terre musicale inconnue (52)

Avec ce numéro 52 s’achève cette exploration des raretés phonographiques françaises. Cela fait pile une année que j’ai été rechercher les plus ou moins grandes obscurités et raretés des publications vinyles françaises depuis 1950,  plus de 600 présentations. Dans une nouvelle rubrique, je vais garder un peu le même principe et aller voir ailleurs ce qu’on y trouve dans le genre, agrémenté de faits drôles ou insolites concernant la musique. Sans vouloir critiquer personne, il m’arrive d’aller me promener ailleurs et constater que généralement, je n’apprends pas grand chose de nouveau en matière musicale. Toujours les mêmes rengaines, les mêmes noms mis en lumière de manière superficielle, c’est Radio Nostalgie. J’essaye juste de faire mieux. A bientôt pour la suite.

1966 – The Magic Lanterns / Excuse Me Baby. Un des groupes anglais du producteur Mike Collier qui produisit aussi les Downliners Sect. C’est une rareté plutôt difficile à dénicher. Dans leur musique on identifie clairement le style mod. On connaît le titre via l’adaptation de Joe Dassin « Excuse Me Lady »

1967 – Dead Sea Fruit / Loulou. Une autre production de Mike Collier, mais celle-ci a eu nettement plus de succès en France, ce fut même un tube. La pièce maîtresse de leur discographie est l’album anglais qui se vend régulièrement une centaine d’euros. Le seul EP paru en France, on se demande pourquoi DiscAZ n’a pas publié de suite après leur tube, existe en deux versions une avec la photo du groupe l’autre sans. La première est plus rare et aussi plus recherchée, mais ce n’est pas un collector de premier plan. Le guitariste David Lashmar fonda par la suite l’un des plus gros magasin de collectors anglais, Beano. Le chanteur Clive Kennedy a poursuivi une très fructueuse carrière de chanteur country, il est toujours en activité.  Il existe un clip en playback dans lequel on aperçoit une certaine Annie Philippe.

Sur le EP, on trouve également un très bon titre, un plus psyché, dont il existe aussi un clip. C’est un bande de joyeux drilles.

1965 – Jimmy Gilmer & The Fireballs / Thunder & Lightnin’. Cette publication en EP de 1965 est assez peu visible, c’est encore dans ma collection que je l’ai le plus souvent vu. Ce n’est sans doute pas la pièce que tout le monde recherche, mais cette reprise de Hoyt Axton est plus que présentable.

1966 – Freddie Lennon / That’s My Life. C’est un collector uniquement parce qu’il s’agit du père à John Lennon, mais quand même peu courant. Rarement aperçu avec son célèbre fils, il tenta de récupérer un peu de sa gloire et aussi un peu d’argent par ce moyen, mais ne réussit pas vraiment et ce fut sans suite. C’est plus un disque de narration que de chanson, mais il semble que l’on trouve quand même une similitude entre les voix du père et du fils. La publication française en EP nécessita d’inclure deux titres de Brian Diamond & The Cutters pour faire le joint.

1965 – Earl Van Dyke / Soul Stomp. Bien sûr, un artiste Tamla Motown publié en France et en EP, cela doit bien valoir quelque chose, d’autant plus si c’est rare. C’est bien le cas ici avec cet artiste et pianiste de soul. Un copie oscille entre 100 et 170 euros.

1960 – The Sheiks / Baghdad Rock. Le label Choc publié par les éditions Jacques Plante est aussi rare que ses publications.. Voici une de ces publications. En 1960, la musique teintée arabe pénètre en France via notamment les disques de Bob Azzam. Alors il fallait essayer de s’engouffrer dans la brèche en proposant du rock édulcoré au thé à la menthe par les Sheiks. L’autre face est dédiée a un autre artiste, Larry Lawrence dans un esprit à la Johnny & The Hurricanes.. Cet EP est recherché par les amateurs d’exotisme et se vend quand même quelques dizaines d’euros.

1964 – Rufus Thomas / Boom Boom. Rufus Thomas est immortel depuis 1963 pour son « Walking The Dog », publié sur un assez rare EP français. Sur le second, plus rare, on trouve une reprise du célèbre « Boom Boom » de John Lee Hooker, mais contrairement aux versions habituelles, celle-ci est nettement tournée vers le r’n’b. Une publication que je ne me souviens pas d’avoir vue.

1970 – The Battered Ornaments / Take Me Now. groupe qui comprenait Chris Spedding et qui flirtait avec la musique progressive anglaise. Ce single assez coté est une réalisation exclusivement française. L’album d’époque est un assez gros collector.

1966 The FiveAmericans / I See The Light. Premier EP paru en France et sans doute celui qui mérite le plus le détour. Le groupe n’a jamais vraiment décollé en France. Musique typique de ce que l’on pouvait entendre en 1966. Cet EP est produit par le label Hanna-Barbera, plus connu pour les dessins animés.

1965 – Goldie & The Gingerbreads / Can’t You Hear My Heartbeat. Elles sont connues pour être le premier groupe entièrement féminin vocalo/instrumental à avoir été signé par une major, ici Decca  Angleterre en 1964. En fait, elles sont Américaines. Elles connaissent un modeste succès avec une chanson que l’on connaît mieux par Herman’s Hermits. Un EP est publié en France et il devient un assez joli collector, car dans ce groupe figure Genya Ravan qui s’illustra par la suite au sein de Ten Wheel Drive et dans une série d’albums solos.

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1965 – The Lovin’ Spoonful / Good Time Music. En 1966, les disques Elektra ont une heureuse initiative. Ils publient un album nommé « What’s Shakin' ». Il est un peu destiné à promouvoir les artistes maison, mais il annonce aussi la tendance musicale à venir. Je dois dire que sur un point de vue personnel, cet album a eu une influence énorme dans ma future carrière d’explorateur musical. On y retrouve Paul Butterfiled Blues Band, Eric Clapton & The Powerhouse (groupe éphémère entre les Yardbirs et Cream), Tom Rush, Al Kooper, les Lovin’ Spoonful. Ces derniers sont encore inconnus et c’est leur première signature pour un label. Leurs quatre titres figurant sur cet album furent publiés en France un peu avant l’apparition de l’album aux USA et firent l’objet d’un premier EP. On y trouve, à côté de trois reprises, une première composition de John Sebastian « Good Time Music » qui préfigure leur style qui éclatera avec « Daydream ». Ce titre servira aussi pour désigner un genre musical qui parle de bon temps et d’insouciance. Sans trop se tromper, on peut aussi avancer qu’Alvin Lee avait écouté cet album, car sur le premier LP de Ten Years After on retrouve deux titres qui figurent ici. C’est de loin la plus rare publication de leur discographie française.

Pour les fans de Ten Years After, voici les deux titres que l’on trouve sur leur premier album par Eric Clapton et Al Kooper

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1972 Faust / So Far.  On peut imaginer ce qui aurait pu se passer si ce single avait fini dans le jukebox du bistrot du coin. On est dans les grandes heures de l’exploration musicale déglinguée allemande, avec ici une présence latine Jean-Hervé Peron, dont Faust est un bel exemple. Décrire Faust, c’est un peu comme raconter une histoire drôle sans paroles, l’absence de ces dernières n’en facilite pas la compréhension, mais quand on a pigé on rit aux éclats. C’est assurément moins accessible que Clayderman, mais les meilleurs films sont ceux dont on ne devine pas ce qui va se passer à la scène suivante. Un joli petit collector pour blasés de trucs faciles.

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