Inventaire musical à la Prévert (7)

Tony Sheridan – Si les Beatles ont un peu profité de la notoriété de Tony Sheridan à leurs débuts, le renvoi d’ascenseur sera magistral, son nom est pour toujours associé à celui des Beatles et restera comme celui « qui eut les Beatles comme groupe d’accompagnement », même si lui est aussi un guitariste soliste. En réalité, c’est par la suite qui le nom des Beatles apparut sur les disques de Sheridan, mais les premières copies font mention des Beat Brothers, nom sous lequel ils sont engagés comme accompagnateurs. A ce moment là, il n’y a pas encore Ringo Starr, c’est Pete Best qui tient la batterie, toutefois Ce nom servira encore par la suite comme nom générique à d’autres musiciens qui ne sont pas les Beatles, mais aussi des  accompagnateurs de Tony Sheridan. Ce dernier fait partie de cette nombreuse vague de musiciens anglais qui vint tenter sa chance à Hambourg. En 1961, il a la possibilité d’enregistrer un single pour Polydor qui comprend deux mélodies traditionnelles arrangées en rock « My Bonnie » et « The Saints ». Durant ces sessions seront enregistrés pour ce qui concerne les Beatles, six titres avec Sheridan comme chanteur et deux qui concernent plus exclusivement les Beatles « Ain’t She Sweet », vocal John Lennon, et « Cry For A Shadow », un instrumental composé par George Harrison et John Lennon. Ce premier disque sera un succès assez conséquent en Allemagne, ce qui donnera aux Beatles un petit goût anonyme de notoriété, et permettra au disque d’être publié dans plusieurs pays, même si la liaison avec les Beatles n’est pas encore faite. Ce sera le cas en France en 1962 avec un EP intitulé « Mister Twist » que reprend « The Saints » et « Why » un titre écrit par Sheridan et accompagné par les Beat Brothers version Beatles. Ironie du sort les deux autres titres sont ceux qui concernent les Beatles, mais il n’est fait nulle mention des Beat Brothers sur la pochette ou sut le disque. Le reste c’est de l’histoire, Tony Sheridan survécut plutôt bien, auréolé de cette gloire par hasard. Il n’a jamais vraiment cessé de se produire et d’enregistrer jusquà son décès en 2013. Pour l’illustration sonore, je vous propose ce que je n’ai pas encore mis dans la partie que je consacrais aux Beatles (Inventaire No 1), le reste des titres où les Beatles apparaissent en tant que Beat Brothers et Tony Sheridan comme chanteur et l’instrumental « Cry For A Shadow ».

The Saints.

Why.

Take Out Some insurance On Me.

Sweet Georgia Brown.

Nobody’s Child.

Cry For A Shadow (Beatles solo).

Jerry Lee Lewis – Comme beaucoup de pionniers du rock qui virent leur influence s’estomper au tournant des sixties. nombre d’entre eux recentrèrent leur carrière sur l’Europe où, excepté l’Angleterre, ils ne s’étaient pas trop donné la peine de s’y produire. Avec le décalage de trois ou quatre ans, le temps que la mayonnaise prenne, l’Europe pouvait admirer de près les légendes du rock et cette musique devenir enfin populaire. Lier Jerry Lee Lewis à l’Allemagne a toute sa raison d’être, il y enregistra un des albums en live les plus chauds de l’histoire du rock and roll. Il a fallu juste une coïncidence pour que l’album soit publié. Après son départ de Sun, Lewis signa un nouveau contrat avec Mercury / Smash records. Vu que ces marques étaient distribuées par Philips en Europe, un arrangement fut vite trouvé pour l’enregistrement et la publication d’un album. Ajoutons encore que la marque qui allait se charger du travail, Star-Club records, était justement une sous-marque de Philips et en plus la scène où Lewis allait se produire était celle du Star-Club. Ce n’est sans doute pas au niveau de la prise de son un pur chef d’oeuvre, mais l’ambiance est bien restituée et puis le chanteur est un diabolique pianiste et showman. Comme groupe d’accompagnement, ce sera les Nashville Teens alors encore peu connus et réduits à 3, qui assurèrent le job. L’album sera publié dans de nombreux pays, une première pour le label Star-Club, mais il faudra attendre presque trente ans pour qu’il soit publié aux USA. Il y a sans doute une raison à cela, le label Smash a publié une album un peu semblable avec des chansons communes aux deux albums, mais le tout un peu moins percutant, intitulé « The Greatest Live Show On Earth » que l’on connaît aussi en France sous le titre « Alabama Show ».

High School Confidential.

Mean Woman Blues (I Got A Woman).

Long Tall Sally. C’est peut-être la seule chanson de cet album dont la version de l’album américain est plus chauffante.

Great Balls Of Fire.

What’d I Say.

The Swinging Blue Jeans – Les Swinging Blue Jeans  eurent aussi l’occasion de faire le même genre d’exercice. Pour eux ce sera la Cascade Club a Cologne. C’est un album en partie « truqué » car le groupe a enregistré deux 45 tours en allemand. Trois de ces titres seront introduits dans l’album avec un faux live, mais le reste est du vrai live. C’est un album assez rare et bien coté dans son édition originale. Je vous propose deux extraits et les 45 tours en allemand. Le succès anglais fut assez bref, mais il furent très populaires en Allemagne. L’album fut aussi publié au Danemark,

Hey – Hey- Hey / Hey Kansas City. C’est un medley qui reprend une titre de Little Richard couplé au célèbre « Kansas City ». créé en 1952 par Little Willie Littlefield.

Johnny Be Good. Pour ceux qui connaissent la version enregistrée par Jimi Hendrix, on dirait presque qu’il s’est inspiré de celle des SBJ.

Clip avec « Good Golly Miss Molly ». Ray Ennis chante phonétiquement, car il a raconté qu’à part « merde » il ne savait pas un mot d’allemand.

Das Is Prima (Shaking Feeling).

Tutti Frutti, phonétiquement assez proche des paroles anglaises.

Das Ist Vorbei (One Of These Days).

The Boston Show Band / The Boston – Autre groupe anglais basé en Allemagne, ils seront un peu des précurseurs du rock and roll revival comme le seront un peu plus tard des groupes comme Sha Na Na ou Flash Cadillac & Continental Kids. Ils abordent cette musique d’une manière un peu plus moderne, c’est du rock option danse pour ceux qui la pratiquent, tout en gommant le côté méchant et rebel original, du rock a paillettes. Un album en 1966 affirme cette tendance « Picadilly Rock », et prouve qu’ils avaient au moins un plutôt bon guitariste, très au fait de la technique d’alors. Parallèlement, le groupe publie aussi des productions qui ont un côté plus pop. Ils ont même enregistré un truc assez inattendu comme nous le verrons dans les commentaires. Par la suite, une partie du groupe se recycla comme accompagnateurs de Gary Glitter, The Glitter Band, groupe qui existe encore aujourd’hui.

Piccadilly Rock.

Jenny Jenny.

Rock Around The Clock.

Keep A Knockin’.

Wow Wow Wow. Ce très étonnant titre est une reprise d’une chanson originale que l’on connait par Sylvie Vartan « Ce Jour-là ». Je ne sais pas où ils ont été la chercher. Il est probable que les compositeurs Micky Jones et Tommy Brown que l’on connait pour leur travail avec Vartan, Hallyday, Ronnie Bird, l’ont d’abord écrite avec des paroles anglaises. Une chose que l’on oublie souvent, les compositeurs n’ont pas toujours un interprète pour lequel ils travaillent en exclusivité. Ils déposent leurs chansons à des sociétés gérant les droits d’auteurs,  en espérant qu’un interprète s’y intéresse.

L’autre face « Time To Go ».

En 1970, reprise d’un instrumental des Ventures « The Swingin’ Creeper », publié sous le nom de « The Boston ».

Les Copains – Bien que le nom du groupe puisse penser qu’il soit francophone, il s’agit bien d’un groupe allemand. Cette obscurité est assez rare et prisée des collectionneurs. Elle a même attiré l’attention du groupe Lyres officiant dans le garage punk revival qui a repris « Give Your Love To Me ». C’est assez particulier pour 1966 et c’est la seule trace phonographique de ce groupe.

Give Your Love To Me.

I’m So Lonely.

*****

5 réflexions sur “Inventaire musical à la Prévert (7)

  1. Ca c’est un rappel et un fameux. Me demande si les 10-20 ans savent encore que cela a existé ? Quelle musique. LEWIS, je l’ai vu vers 1970 à Forest National (Brx-Bel). L’époque où tout était permis. Même du côté des parents. TOP.

    • Hello L,
      Alors là je n’en suis pas si sûr, bien qu’il m’arrive de voir des jeunes acheter des trucs qui correspondent assez bien à ce qu’écoutaient leurs parents, récemment un jeune fille, 18 ans au garrot, qui achetait le premier Pink Floyd.
      J’au vu la plupart des pionniers du rock dont Jerry Lee, Little Richard, Chuck Berry. Le premier, c’était Vince Taylor, le second Gene Vincent en 1967. Quand je pense que cela fait bientôt 50 ans qu’il est mort.
      D’un autre côté, on vivait à 200 % et sans téléphone !
      Bonne fin de semaine.

  2. Bonjour M. Boss,
    Tout est dit ou presque pour Tony Sheridan et les Beatles …rien de majeur à rajouter , J’ai quelques fois pu rencontrer Tony Sheridan lors de conventions dédiées aux Beatles ( les 2 entités étant fortement liées) et bien sûr lui ai fait dédicacer quelques disques notamment la fameuse pochette « Mister Twist » ,
    bien sûr la pochette originale, pas la réédition venue plus tard .
    Bonne semaine
    cooldan
    PS pour les copains, on dirait que sur la pochette l’imprimeur s’est servi du format utilisé pour la revue célèbre en France

    • Hello Cooldan,
      Je n’ai jamais vu Tony Sheridan, mais j’imagine que cela doit être plutôt sympathique, un personnage chargé d’histoire. Je n’ai pas le EP « Mister Twist », mais le troisième pressage avec la photo des « 4 garçons », ainsi que le single Polydor 52275 dans sa version allemande. Pour mes 50 balais, mes collègues de travail m’avaient offert une copie du EP allemand de 1963 EPH 21610, pochette verte sans photo, une bonne idée, mais je n’ai pas la moindre idée comment ils l’ont trouvé. Il est vrai que ma collection de Beatles est assez disparate, j’ai tout mais répartis sur divers pays. La semaine passée j’ai trouvé un single italien avec « Rock And Roll Music » / « I’ll Follow The Sun » en parfait état avec pochette dans une brocante.
      Concernant les Copains, il y a au moins 50 ans, quand j’avais trouvé ce disque, je me souviens avoir pensé que le lettrage ressemblait à celui de la fameuse revue. Ce n’est peut-être pas tout à fait une hasard.
      Bonne fin de semaine

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