Inventaire musical à la Prévert (10)

The Boots – Nettement moins connus hors des frontières allemandes que les Rattles ou les Lords, ce groupe a néanmoins laissé une forte impression parmi ceux qui le connaissent et l’apprécient au-delà des frontières nationales. C’est plutôt un groupe abonné aux reprises, mais ils ont ce petit plus qui fait qu’ils s’en sortent plutôt bien dans ce genre d’exercice. Musicalement, ils sont assez proches des Pretty Things, des Yardbirds, des Them. Ils publièrent entre 1965 et 1969, deux albums et une dizaine de singles, qui sont autant de collectors aujourd’hui. Malgré le décès de trois de membres originaux, un reliquat du groupe donne encore des concerts.

Extraits entre 1965-1967.

Gloria, des Them.

Got Love If You Want It, de Slim Harpo.

You’ll Never Do It Baby, des Cops’N’Robbers via les Pretty Things.

Babsy Please Don’t Go, de Big Joe Williams, via les Them.

Dimples, de John Lee Hooker.

I Remember When I Loved Her, des Zombies.

The Enchanted Sea, des Islanders, en versio instrumentale, connu en France par Sacha Distel et Sheila « Un Bateau S’en Va.

Gaby, un des rares originaux.

Barefootin’ de Robert Parker.

Gloria  en live.

The Jay Five – Groupe typiquement allemand, ils ont à leur actif bon nombre d’enregistrements, mais les débuts sont marqués par des albums où ils se font interprètes des succès du moment. Ils servent aussi d’accompagnateurs, notamment pour Bill Ramsey, un Américain très populaire en Allemagne où il fit presque toute sa carrière. On les retrouve également derrière Graham Bonney (un anglais qui cartonna en Allemagne dans un style très variétés), et Roland W. Mais de temps en temps dans leur discographie se glissent quelques titres plus personnels qui les rendent assez populaires, un single a même été publié aux USA. Ils se sont séparés en 1972.

1966 – It’s Rainin’, sans doute un de leurs plus plaisants titres.

Tell Me How You Feel, la face B.

1967 – Platform Ticket, également publié aux USA.

Gitta & The Shouters – Il y a aussi en Allemagne le phénomène des petites maisons de disques et des artistes inconnus qui enregistrent des disques qui peuvent devenir par la suite de superbes collectors. Prenons un exemple avec le petit label Storz près de Göttingen, distribué par Metronome. Je vais d’abord mettre un disque spécialement en avant, car il est intéressant. Gitta Walther c’est Gitta sur ce single où elle chante, et publié par ce label en 1965. Elle fit par la suite une carrière sous divers noms, dans la variété et aussi comme choriste derrière Donna Summer ou Marsha Hunt. Elle est décédée en 2014. Les Shouters enregistreront aussi sous le nom de Rollicks, groupe que nous visiterons dans un futur article.
Bien que chanté en allemand, c’est plutôt un bon exemple de beat local, même que l’on pourrait le glisser dans un album de la série « Pebbles » sans trop avoir des réclamations. Il apparaît très rarement dans les enchères tellement il est rare et les ventes se situent entre 200 et 400 euros.

Die Sterne Leuchten.

Wann ?

1964 – Cliff Cenneth And The Lights – Come On Shake

1964 -The Bonnies – Ich Bin Dein Fan.

1965 – The Pipelines. – Cadillac. Une des innombrables versions du hit des Renegades mais en allemand.

1965 – Kiss Me Once Again.

1965 – Hey Baby, I Want to Dance With You.

1965 – The Rebel Guys – Moolah Man. Reggae pompé sur « Shame And Scandal In The Family »

Nous avons vu dans un chapitre précédent que les idoles françaises avaient parfois quelques envies de conquérir le public allemand, comme ce fut le cas brièvement pour Johnny Hallyday. De manière plus étendue, France Gall fut aussi une candidate et elle y parvint avec un succès certain, elle devint quasiment une star. En 1965, forte de sa victoire à l’Eurovision, elle enregistra en allemand son histoire de poupée, elle le fit aussi en japonais. Jusque là rien d’extraordinaire, nombre de chanteurs ont enregistré leurs succès dans une langue étrangère, d’autant plus facile quand la chanson à remporté un premier prix devant des millions de téléspectateurs. A partir de 1968, sa carrière connut un certain ralentissement, une bonne occasion pour se faire plus présente pour le marché allemand. Elle signe avec Decca pour l’Allemagne et se créé un répertoire typiquement allemand, aidée par des auteurs et compositeurs germaniques, en fait des chansons dont nous nous ne connaissons pas d’équivalent français. Il y en a une belle série, plus d’une vingtaine de singles en allemand et plusieurs albums. C’est assez paradoxal, car quand en France elle quitte Philips pour La Compagnie, on la retrouve avec avec des chansons qui ont un certain panache, tandis que son répertoire allemand est beaucoup plus léger. Certaines chansons peuvent entrer dans le répertoire que l’on chante lors d’une fête de la bière. Elle cessera d’alimenter le marché allemand vers 1973, époque à laquelle elle entame sa collaboration avec Michel Berger pour une seconde carrière prolifique. Cette suite de carrière sera régulièrement publiée en Allemagne et en 1988, surprise, elle est no 1 avec « Ella Elle L’a » chose unique pour un artiste français. Elle avait enregistré une version de « Babacar » en allemand qui ne fut pas diffusée à l’époque.
Je dois avouer que cette période allemande me laisse assez froid, la seule France Gall que j’aime vraiment. c’est celle des sixties, avec un répertoire composé à 99% de chansons originales (en partie merci Mr Gainsbourg !) qui tiennent la route. J’adore ses vocalises dans des titres comme « Jazz A Gogo* ou « Le Temps Du Tempo ». Dans le monde des yéyés, elle est une plaisante et attachante exception au talent certain. Il ne faut pas s’en étonner, elle est une des artistes de cette vague dont les fans sont prêts à mettre de jolies sommes pour les pièces les moins courantes. La période Michel Berger n’est pas déplaisante, mais elle me semble avoir beaucoup moins de relief, c’est toujours un peu le même plat servi avec des sauces différentes.

Pour les clips je me suis limité à un choix, uniquement parmi les titres en allemand.

1965 – Avec un certain Johnny dans la salle.

1966 – Nous Ne Sommes Pas Des Anges – Wir Sind Kein Angel.

1967 – Une adaptation allemande de « Music To Watch Girls By » d’Andy Williams – Die Schönste Musik, Die Es Gibt.

1967 – Was Will Ein Boy. Création originale pas d’équivalent français.

1967 – Version allemande de « Bébe Requin ».

1968 – A Banda. Version allemande du tube brésilien de Chico Buarque. J’aime bien le chaussettes, non ce n’est pas le titre mais dans le clip !

1968 – Die Playboys Bei Den Eskimos. Création originale pas d’équivalent français.

1969 – Ein Bißchen Goethe, Ein Bißchen Bonaparte. Création originale pas d’équivalent français. Plus de 2 millions de vues !

1969 – Wasserman Und Fish. Création originale pas d’équivalent français.

1969 – Ich Liebe Dich So Wie Du Bist. Création originale pas d’équivalent français.

1970 – Dann Schon Eher Der Pianoplayer. Création originale pas d’équivalent français.

1971 – Unga Katunga. Adaptation allemande d’un truc sud-américain créé par Kingston Karachi.

1971 – Ali Baba Und Die0 Rauber. Création originale pas d’équivalent français.

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