Inventaire musical à la Prévert (11)

Suite des aventures allemandes

Wonderland – Beaucoup de groupes allemands ont, si l’on peut dire, mangé au râtelier de la musique anglaise. Vers 1967, le vent musical commence à tourner vers des choses plus fouillées, L’Allemagne qui est aussi capable de création, tout en restant dans le courant, va faire preuve d’un peu plus d’originalité. Une des premières manifestations en sera le groupe Wonderland. C’est une transition entre l’ancien et le nouveau monde. On y constate des plans pop et aussi quelques relents de ce psychédélique typiquement anglais, à la manière du « Itcchkoo Park » des Small Faces. On y retrouve un personnage que l’on connaît déjà, Achim Reichel. Guitariste dans la première époque des Rattles, il quitte le groupe pour des raisons de service militaire. Démobilisé, sa place étant désormais prise dans son ancienne formation, il se tourne vers d’autres horizons. C’est ainsi qu’il se joint à Wonderland et retrouve un ancien pote des Ratlles, Achim Reichel (mari de la bassiste des Liverbirds). Un personnage encore peu connu, Leslie Humphreys fait aussi partie de l’équipe, il s’illustrera comme personnage central de Les Humpfries Singers, un groupe interracial qui cartonnera très fort dans toute l’Europe au tournant des seventies. La carrière du groupe fut assez brève, le temps d’un album et quelques singles, mais on s’en rappelle encore aujourd’hui. On verra par la suite les musiciens dans d’autres formations, il font partie désormais partie du paysage musical allemand.

1968 – Moscow – Un hit en Allemagne.

Poochy – La face B, plus conventionnelle.

1968 – Boomerang.

1969 – Heya Donna Laya.

1969 – Jump Anna Trampalen

1971 – The Liberal John F. Baverstock.

The Rollicks  – The Shouters. Groupe beat allemand qui connut une certaine notoriété grâce à la reprise du célèbre « Let’s Go* popularisé par les Routers aux USA. Chanson contagieuse que l’on entend encore dans les matchs de foot, au même titre que le « Na Na Na Hey Kiss Him Goodbye » des Steam. Ce groupe est surtout connu aujourd’hui pour avoir été la plaque tournante de membres que l’on retrouvera plus tard dans des formations plus prestigieuses comme Jeronimo, Krokodil, ou Supermax dans le disco. En 1966, ils enregistrent sous le nom de Shouters, groupe dont nous avons déjà parlé au chapitre précédent, une album de reprises, probablement en faux live, mais dont certains titres sont vraiment de bonnes reprises.

The Rollicks.

1965 – Let’s Go

1966 – Umba Latta – Un titre original.

Things Of Love – Face B, autre original.

1968 –  Addicted To Love, aussi un original.

The Shouters, 1966.

Shakin’ All Over. Cette reprise est plutôt bonne et originale. Le guitariste ne se contente pas de reproduire note pour note la fameuse « descente » du guitare, mais il travaille ses cordes de manière à épicer un peu ces fameux accords. J’ai des dizaines et des dizaines de versions de ce titre dans ma discothèque, mais celle-là figure dans de top five.

Shimmy Shimmy – Titre connu, mais dans une version qui vaut particulièrement pour le solo de guitare endiablé au milieu.

Summertime – Une version pas si mal.

Sounds Incorporated – Sans doute par le hasard d’un micro qui traînait par là, les Sounds Incorporated eurent le bénéfice d’un single typiquement allemand, publié par Philips alors que ce n’était pas la maison avec qui ils étaient en contrat. Ce n’est pas impossible que l’enregistrement date d’avant car il est assez difficile à situer dans le temps. Les titres n’aident en rien, car il s’agit d’une reprise en rock de la fameuse ouverture de Guillaume Tell de Rossini et de celle de la Cavalerie Légère de Suppé, ouvres déjà bien anciennes. C’est une anecdote dans leur parcours, car c’est surtout en Angleterre qu’ils furent les plus connus et eurent aussi la réputation ‘un groupe d’une grande qualité instrumentale avec notamment un ligne de trois saxophones. Ils servirent aussi d’accompagnateurs pour Cilla Black et Gene Vincent lors des tournées. Mais surtout ils furent très liés avec les Beatles et firent de nombreuses ouvertures lors de leurs concerts.

Les deux faces du 45 tours publié par Philips en 1964.

Ferré Grignard – Ce Belge, authentique beatnick, connut un succès inattendu en 1966 avec sa chanson contestataire « Ring Ring I’ve Got To Sing », du folk dans la tradition Dylanesque. L’histoire a surtout retenu que Johnny Hallyday plagia un de ses arrangements « My Crucified Jesus » pour en faire « Cheveux Longs Et Idées Courtes », sans jamais voir l’ombre d’une thune. Beaucoup moins connu, il traîna ses baskets au Star-Club de Hambourg et apparaît dans un album enregistré en live « Beat Und Prosa ». Cet album est une sorte de recueil de poésies narrées en allemand par Hubert Fichte. Entre les poèmes, un intermède musical agrémente la narration. Ferré Grignard apparaît trois fois chantant du folk, sa spécialité. J’ai réussi a en trouver un extrait probablement enregistré dans un coin du Star-Club. A l’écoute, c’est bien la version qui figure sur l’album. Après quelques albums entre folk et blues, il mourut prématurément en 1982 d’un cancer de la gorge.

Françoise Hardy – Une autre de nos vedettes françaises a une discographie chantée en allemand assez conséquente, il s’agit de Françoise Hardy. Elle réussit un peu moins bien que France Gall dans cet exercice, mais en contrepartie elle cartonna plutôt bien en Angleterre, tout en ayant commencé deux ans avant la petite blonde de 1,50 m. Une autre différence, Françoise Hardy a fait ses enregistrements en allemand comme un complément à sa carrière française tournait à plein régime, avec en plus ses tentatives en Italie. Ce n’était le cas de celle de France Gall, au plus haut de son succès allemand, elle était dans le creux de la vague en France. Point commun au deux, une petite partie est la reprise en allemand de sa discographie française, mais les autres sont des créations qui n’ont pas d’équivalent français. Toutefois, les versions allemandes des chansons françaises de Françoise Hardy ont pour la plupart une orchestration différente.. Une chose qui a pu faire enrager les fans français, c’est la publication d’un album 25 cm en 1964 où l’on retrouve des standards comme « La Mer » ou « Les Feuilles Mortes » qui verront le jour bien plus tard chez nous. Et en plus les interprétations sont assez bien foutues. Elle a aussi un atout que France Gall n’a pas, elle est auteur-compositeur et certaines de ses chansons peuvent avoir un charme latin bien moins visible dans la discographie de France Gall. Résultat des courses, dans mes discussions avec des collectionneurs allemands, tous connaissent son nom, preuve qu’elle a eu une certaine notoriété en Allemagne. Elle a une discographie allemande assez bien fournie.

Pour les sélections de chansons, je me suis limité aux plus significatives.

Rare EP français avec quatre chansons en allemand.

1963 – Peter And Lou (Tous Les Garçons Et Les Filles », orchestration différente.

Face B -Ich Steige Dir Aufs Dach. Création originale allemande.

1963 – Ich Sag Ja (J’suis D’accord), orchestration différente.

1963 – Ich Hab Das Glück (J’aurais Voulu), orchestration différente.

1964 – Wer Du Bist. Création allemande originale.

1964 – Les Feuilles Mortes. Parution sur un LP allemand 25 cm.

La Mer, sur le même album.

1964 – Oh Oh Chéri(e), version allemande, orchestration différente, aussi sur l’album.

1965 – Frag Den Abenwind, création originale allemande.

1966 – Ich Bin Nun Mal Ein Mädchen, création originale allemande.

1966 – Dann Bist Du Verliebt, création originale allemande, petite interview au début où elle parle en allemand.

1969 – Souvenirs Der Ersten Großen Liebe, création originale allemande.

1970 – Träume. Création originale allemande assez bien roulée, je parle de la chanson.

1973 -Wenn Wilde Schwäne Flieh’n, création originale allemande. Après avoir signe avec WEA, premier titre en allemand

1974 – Ich (Première Rencontre), sur le playback de la version française. Dernière tentative allemande.

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2 réflexions sur “Inventaire musical à la Prévert (11)

  1. Bonjour M. Boss,
    J’aime beaucoup Françoise HARDY, mais je dois vous avouer que je n’ai pas trop eu la curiosité de visiter sa carrière chez nos amis allemands , erreur et retards comblés sur les chansons les plus significatives grâce à vous, Merci.
    Bonne semaine
    cooldan

    • Hello Cooldan,
      Je pense que la majorité de la France ignore tout de la carrière allemande de Françoise Hardy. C’est vrai que c’est une chanteuse intéressante, elle a des chansons plutôt bien dans l’air du temps, elle n’a jamais rien fait de vraiment mauvais. Sans être un fan absolu, j’ai quand même souvent acheté ses disques. Je ne kiffe pas particulièrement son répertoire a allemand, mais cela reste plutôt sympathique. A ceux qui vomissaient les yéyés à l’époque, je répondrais qu’une chanson comme « Mon Amie La Rose » vaut bien n’importe quelle chanson de Tino Rossi ou Luis Mariano. Et pourtant c’est une yéyé qui l’a enregistrée.
      Bonne fin de semaine.

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