En passant

Inventaire musical à la Prévert (14)

Suite des aventures allemandes.

Commençons par des interprètes anglais ou américains qui enregistrèrent en allemand. Quelques unes de ces interprétations eurent un classement modeste dans le hit parade allemand.

1965 – Bobby Bare – Alle Glauben, Daß Ich Glücklich Bin. Chanteur de country très populaire aux USA, son tuber le plus connu demeure « Detroit City ». C’est justement ce titre vous entendez dans sa version allemande. Elle est assz différente de l’original.

1962 – Chubby Checker – Der Twist Beginnt (Let’s Twist Again). Assez bizarrement dans les circuits nostalgiques son Let’s Twist Again » est bien plus populaire que son premier tube du genre , »The Twist » qui fut un bien plus grand succès en 1961, 15 millions de copies vendues et le seul titre à être deux fois no 1 au Billboard à une année d’intervalle. Mais c’est ainsi, voici la version en allemand.

1962 – Jack Hammer – Crazy Twist. On se rappelle surtout de Jack Hammer comme co-compositeur de « Great Balls Of Fire » pour Jerry Lee Lewis. Au tournant des sixties, il fut surtout actif en Belgique notamment, mais il cède aussi à la mode du twist. et aussi à la langue allemande.

1963 – Pat Harris – Hully Gully Shake (Hippy Hippy Shake). Cette chanteuse passa comme un météore dans le ciel de 1963. Sa version du titre de Chan Romero popularisé par les Swinging Blue Jeans en Angleterre est son seul testament discographique, couplé à cette version en allemand.

1965 _ Dionne Warwick – Geh Vorbei (Walk On By). On se souvient sans doute plus de la version en anglais de Gloria Gaynor en 1975, mais c’est bien Dionne Warwick qui a créé ce titre.

1963 – Joey Dee – Bitte Bitte Baby. Un autre célèbre twisteur sans un enregistrement original allemand.

1965 – The Caravelles – In Gedanken bin ich bei dir (True Love Never Runs Smooth). Ce duo féminin anglais eut quelques succès dans son pays et aux USA. Ayant débuté en même temps que les Beatles, elles se payèrent même le luxe de se classer aux premières places du hit parade américain avant eux en 1963. Mais c’est bien la seule fois où elles firent la pige au quatre de Liverpool.

1963 – Bobby Darin – Schatten Auf Den Wegen (Eighteen Yellow Roses). Tout le monde y passe, même Bobby Darin qui fut connu pour d’autres succès presque éternels.

1965 – Donna Hightower – Liebe Macht Blind. Création originale. Elle devra encore attendre quelques années avant de devenir une star en faisant divers essais. Elle chante pourtant depuis… 1951 !

1962 – Bobby Vinton – Rosen Sind Rot (Roses Are Red). Un de ses grands succès en version allemande.

1961 – Neil Sedaka – Crazy Daisy (Little Devil) Une grosse vedette américaine du début des sixties. Il faut accueilli plus chaudemanr en Italie

1962 – Frank Ifield – I Remember You. Le crooner australien et un de ses tubes en allemand.

1962 – Joe Dowell – Muss I Denn (Wooden Heart). L’Allemagne n’est pas particulièrement le pays où les chansons sont reprises pour en faire des succès internationaux. Il y a quand même une ou deux exceptions, dont celle-ci. Cette chanson issue tout droit d’un de ces airs traditionnels allemands qui ressemblent à s’y méprendre à de la musique militaire, fut d’abord enregistrée en 1960 par Elvis Presley comme face B. L’année suivante, Joe Dowell, un chanteur alors quasi inconnu, la reprend et elle devient un no 1 aux USA. Ce sera pratiquement son seul vrai titre de gloire. Il en profita pour l’enregistrer en allemand, en fait une version bilingue.

1964 -Johnny Tillotson – Oh Eine Tolle Frau (Worried Guy). Même si les gens de mon âge ne connaissent pas Johnny Tillotson, ils connaissent au moins une de ses chansons. Son célèbre « True True Happiness » nous fut matraquée par les radios via l’adaptation français de Marcel Amont « Bleu Blanc Blond », une chanson à flemmarder. Il s’essaya aussi à la langue allemande. A plus de 80 ans il est toujours actif et chante même du rock and roll sur scène. Si ces derniers concerts ont été annules, ce n’est pas pour raisons de santé, mais Covid 19 oblige.

Une histoire marine – En référence à ce que j’écrivais ci-dessus et aussi dans le post no 13 de cette série, les chansons allemandes de carrure internationales sont assez rares, je ne parle pas de rock ou de pop mais de variété, celles qui touchèrent particulièrement le public français le sont encore plus. Le « Monia » de Peter Holm est de cette trempe, c’est une chanson allemande. Le « Sag Warum » de Camillo, une autre avec la particularité d’être interprétée en allemand. Mais il en existe une autre qui fit les beaux jours d’une catégorie de chanteurs français, en particulier Petula Clark qui en fit un tube personnel sous le titre « Marin ». Cette chanson fut créée par une chanteuse d’origine autrichienne connue sous le nom de Lolita. Enregistré en 1959 et composée par Werner Scharfenberger, un chef d’orchestre très connu en Allemagne, elle eut un retentissement international. Repris en anglais par Petula Clark (Sailor) ce fut son premier no 1 anglais. La version de Lolita se classa 5ème dans les charts américains, probablement la seule artiste de variétés allemande qui réussit cet exploit.

La version originale de 1959.

Michel Polnareff – Peu de fans de l’artiste savent que quand il commença à connaître le succès en France, il en fut presque simultanément de même en Allemagne. Alors forcément, il enregistra dans la langue. Son premier album publié par Vogue Allemagne fut même un véritable best-seller. Contrairement à d’autres artistes français, il ne persévéra dans cette carrière parallèle, ce qui n’empêcha pas ses titres en langue française d’avoir un certain succès. Voici ce qu’il a enregistré en allemand.

Meine Puppe Sagt Non (La Poupée Qui Fait Non).

Gammlerballade (Beatnik).

Love Me, Please Love Me.

 Ich Will Dich Lieben (L’amour Avec Toi)

Sonne, Wind Und Meer (Tous Les Bateaux, Tous Les Oiseaux).

Komm, Schön Ist Die Welt (Tout, Tout Pour Ma Cherie).

Sacha Distel – Un personnage un peu inclassable dans la chanson française. Oui c’est avant tout de la variété, mais il est aussi un peu crooner, il a abordé la vague yéyé, et c’est aussi un excellent guitariste. Son album de jazz enregistré en 1957 avec des pointures comme John Lewis, Barney Wilem, Kenny Clarke, Pierre Michelot, est un collector qui peut dépasser les 500 euros dans son édition française. Avec son étiquette de playboy à la française, il est assez connu à l’étranger. J’ai eu l’occasion de discuter quelques minutes avec lui, il y a bien des années, et je dois dire honnêtement que c’est un des chanteurs français les plus sympathiques que j’ai rencontré. Très simple, souriant, s’intéressant à ce que vous faites, on est assez loin de l’image du séducteur qui se prend pour Casanova. Le fait de tenter une carrière en Allemagne l’a poussé à enregistrer une série de disques en allemand, qui connurent un succès qui n’est pas négligeable. A l’instar de ses collègues français qui firent la même démarche, sa discographie est sensiblement différente de celle que l’on connait en France avec des titres qui n’ont pas d’équivalent français. Elle est aussi plus étendue sur la durée, car Sacha Distel continua d’enregistrer en allemand jusqu’au milieu des années 1980.
Pour la sélection je me suis limité à quelques exemples entre 1964 et 1967, il y a une vingtaine de 45 tours en langue allemande. Je n’ai choisi que des création originales allemandes.

1963  – Adios Amigo.

1964 – Der Platz Neben Mir.

1964 – Deine Stimme am Telefon.

1964 – Eine Tür Fiel Zu.

1966 – Der Frauenfreund.

1967 – Irene Von Avignon.

4 réflexions sur “Inventaire musical à la Prévert (14)

  1. Bonjour M. Boss,
    Personnellement je ne trouve pas que la langue allemande soit la plus belle pour la chanson, surtout pour des chansons que l’on a entendu des milliers de fois , notamment en ce qui concerne Michel Polnareff en Français jusqu’à saturation …et finalement de les réécouter en allemand , on prend à nouveau du plaisir de les entendre. merci à vous de nous avoir dénicher ces titres .
    Bonne semaine
    cooldan

    • Hello Cooldan,
      Je suis tout à fait du même avis. L’allemand n’est pas une langue désagréable, mais elle prend vite un air criard quand ils montent le ton. Mais il est vrai qu’écouter une chanson que l’on connait bien dans une autre langue ajoute un petit plus, une sorte d’autre mélodie. Quand j’étais à l’école, j’écoutais presque exclusivement de la musique anglaise, ce qui horripilait mes copains, ils disaient qu’ils n’y comprenaient rien. Je n’en comprenais sans doute pas plus qu’eux, mais pour moi c’était une sorte de mélodie en plus. Il m’est souvent arrivé d’entendre un truc en français qui me plaisait et d’aller acheter le disque anglais quand il y en avait un. Si on écoute « Girl » des Beatles, cela sonne quand même mieux que la version française de Johnny.
      Bonne fin de semaine.

  2. Hello M. Boss,
    Et encore Johnny s’en sort assez bien je trouve, pour autant la chanson « Girl » ou « Je L’Aime » a surtout été reprise par des chanteurs ou groupes canadiens , comme par exemple par « Les Chantels »

    Bonne fin de semaine
    cooldan

    • Hello Cooldan,
      Merci pour le lien, ça a son charme. On peut critiquer Johnny, mais il faut lui laisser une chose, c’était un grand vocaliste.
      Bon week-end.

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