En passant

Bas nylons et sciences

Il y a 160 ans en 1861, l’année de naissance de ma grand mère, où en était la science ? Pas facile de s’en faire une idée, tellement les choses nous paraissent évidentes. Ce qui est sûr, c’est que la photographie existe, on se déplace en chemin de fer, on peut aller dans les airs grâce au ballon, le télégraphe fonctionne. On ne parle pas encore au téléphone, mais il est en gestation. La radio, le phonographe sont encore un peu de la science-fiction, mais on étudie la chose. On perce encore les tunnels à l’explosif, Nobel n’a pas encore inventé la dynamite. Cette année-là, on découvrira des inventions qui vont devenir vite essentielles, l’ouvre boîte, la serrure de sûreté. Les académies de sciences existent bien entendu. Les membres se passionnent pour un tas de choses qui peuvent paraître peu évidentes pour le commun des mortels, mais dont ils vont être les bénéficiaires sans qu’ils s’aperçoivent qu’il y a toute une réflexion derrière, comme le simple fait d’amener de l’eau sur votre évier. Les phénomènes naturels sont bien visibles, mais encore mal cernés. On vient à peine de remarquer que les tornades aux USA sont des vents qui tournent comme une toupie. Une simple observation permit de le déterminer. On remarqua après le passage de l’une d’entre elles, que les arbres étaient couchés dans des directions différentes, de chaque côté du couloir de la tornade. Tout ceux qui possèdent un bagage scientifique ont divers intérêts et connaissances. Ils explorent un domaine ou l’autre, compilent des recherches et leurs résultats. Une sorte de concours existe, des chercheurs présentent leurs études et conclusions devant leurs pairs et les travaux les plus intéressants sont primés et dotés financièrement. Une revue scientifique L’Ami de sciences est publiée présentant ce qui est alors considéré comme un progrès scientifique. Voici un numéro datant de début de 1862 avec quelques extraits. On se fait une idée de ce qui peut faire l’objet de recherches.

Dans cette partie qui sert un peu d’introduction, on résume un peu les événements de 1861, il est surtout question de météorologie et aussi d’une assez méchante éruption di Vésuve, une de plus. On parle aussi de l’alimentation en eau de Paris, de la médecine qui explore d’autres chemins que les fameuses saignées qui furent à la mode chez les rois de France. Il est aussi question d’une certaine mécanisation de l’agriculture.

Eruption du Vésuve 1860

Dans l’article suivant, il s’agit en quelque sorte d’un courrier de lecteur à propos du chemin de fer. Il tisse gentiment sa toile, mais à part avoir réussi à construire des voies ferrées et faire rouler des trains dessus, on n’est guère plus loin. La sécurité est un point faible. La signalisation est encore optique et non pas lumineuse, elle s’enclenche mécaniquement et manuellement. Les freins hydrauliques n’existent pas, chaque wagon nécessite la présence d’une serre-frein. Au sol, chaque embranchement, chaque point stratégique, nécessite une présence humaine. Pour son roman La Bête humaine, Zola a dressé une étude exhaustive du monde des cheminots en allant observer leur travail sur place pendant des semaines. Il donne une idée de cette fourmilière et c’est encore bien après 1860. Un des problèmes soulevé par le lecteur dans sa lettre, est lié aux phénomènes atmosphériques et l’adhérence des roues sur les rails, un problème visiblement non résolu et il a l’air de connaître le sujet.

1860 – Ligne de chemin de fer sur les bords du lac du Bourget

L’alcool, un sujet vieux comme le monde. Mais à part constater qu’il enivre et donne la gueule de bois, on ignore encore passablement les effets qu’il provoque à l’intérieur du corps. Voici l’étude de trois chercheurs et les rlsultats sont assez étonnants.

1900 – Estampe sur les méfaits de l’alcoolisme

Source Gallica, BNF, DP

3 réflexions sur “Bas nylons et sciences

  1. Bonjour Mr Boss,

    Un tour d’horizon intéressant.
    Au quotidien, la science nous simplifie la vie et surtout la « Fée Electricité ». Sans elle, le confort domestique n’existerait pas.
    Dès la Renaissance, l’Homme s’interroge sur le monde qui l’entoure et la Nature.
    Jusque là, l’Eglise apportait une explication spirituelle qui ne suffit plus alors aux esprits éclairés, qui eux, qui énoncent des hypothèses souvent condamnées par les autorités religieuses tel Galileo Gallilée qui « ose » affirmer que la Terre tourne autour du Soleil en une année. Menacé du bûcher des sorcières, il abjure sa théorie, qui s’avérera juste aux siècles suivants.
    Au Nouveau Monde, le député et ambassadeur Benjamin Franklin, négociateur de l’achat de la Louisiane française en 1803, s’intéresse lui aussi aux phénomènes naturels et il met en évidence le rôle de la foudre avec une sorte de « paratonnerre » simplement au moyen de fils métalliques et d’une clé en laiton !!!
    Le « Siècle des Lumières » et ses penseurs bouscule les théories jusque là admises et autorisées par l’Eglise. Des expéditions parcourent et découvrent d’autres peuples de par le monde, tel le comte de La Pérouse, mandaté par Louis XVI..
    La Science se veut humaniste pour le bien d’autrui. La médecine, en premier lieu,
    étudie les maladies contemporaines transmissibles à l’Homme telles la Variole bovine qui donnera le premier « vaccin » du mot latin : vaca/ la vache, inoculé avec succès par le médecin anglais Jenner en 1776 !!!
    La rage transmise par les prédateurs tels les loups et les renards font des ravages et notre Louis Pasteur, biologiste de son état, s’attèle à trouver un sérum capable de protéger es populations. Il essaie, avec succès, encore une fois, sur un jeune berger alsacien, Joseph Meister, puis c’est au tour de paysans, venus de la lointaine Russie, de recevoir le remède salvateur.
    Mais ce n’est pas terminé : la tuberculose, étudiée par Edouard Koch, médecin allemand, le choléra, le paludisme, entre autres, déciment les personnes vulnérables et souvent faméliques. Médecins, biologistes, chimistes travaillent à produire des remèdes pour tenter de soulager les plus faibles. Heureusement, en 1927, le docteur Fleming découvre, fruit d’une providentielle erreur de sa part, l’existence d’organismes microscopiques qui permettront de combattre dès lors et plus efficacement les maladies : les antibiotiques, connus alors sous le nom de
    « Sulfamides ». Que de chemin parcourus depuis près d’un siècle !
    Amicalement. Peter.

  2. Rebonjour Mr Boss,

    Votre article sur les éruptions du Vésuve m’a beaucoup intéressé et cela d’autant que mon grand-père maternel, Napolitain d’origine, a vécu avec sa famille dans le quartier portuaire que vous citez.
    Quant nous étions jeunes, nous l’écoutions nous raconter sa jeunesse passée au bord de la mer et aussi les petites colères de la « Montagna », surnom affectif attribué à ce colosse assoupi… Quant le volcan se mettait à trembler, tout le monde criait  » Terramotto ! Terramotto !! ». Et le monstre crachait fumées et cendres chaudes, qui retombaient sur les toits des maisons, au risque de les incendier et , avec son père et ses frères, comme tous les habitants de ce quartier exposé, il se dépêchait de les dégager. C’était avant 1916. La dernière grosse colère du géant remonte à 1944.
    En 1977, nous avions offert à notre grand-père la mini-série « les grandes catastrophes », en 4 petits volumes, parue aux éditions François Beauval, qui retraçait les évènements naturels les plus marquants dans l’histoire humaine.
    Cette éditions existait encore en bibliothèque peut-être.
    Bon WE. Peter.

    • Hello Peter,
      Oui je me souviens du grand-père napolitain. Pas moyen de parler volcans avec ma mère, vu qu’elle était de Milan, plus spécialement connue pour ses escalopes de veau, au détriment des volcans.
      La science a heureusement fait connaître de grands hommes qui étaient des chercheurs et des découvreurs, non des spécialiste qui savent tout comme on en voit sur nos écrans.
      Il y a une bd qui est sortie il y un deux ou trois ans, « L’incroyable histoire de la médecine », c’est instructif et drôle, on revisite touts ses progrès et découvertes depuis des temps très reculés.
      Bon week-end

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