En passant

Bas nylons et toujours de la soupe

Partons à la découverte du volume 2 de la compilation Soupe au chocolat pour les diabétiques. C’est encore un excellent volume qui recense quelques obscurités du psychédélique anglais. Pour un observateur attentif des sixties en France, il va pouvoir se remémorer deux faits qui sont directement connectés avec la France. Le premier concerne le State Of Micky (Jones) et Tommy (Brown). Ils firent partie de Nero & The Gladiators puis arrivèrent en France mais sans Nero. On les retrouve comme accompagnateurs de Dick Rivers et dans la foulée ils publièrent un EP sur Voix de son Maître. A la fin du groupe, ils s’imposèrent comme compositeurs et arrangeurs, seuls ou en duo, et travaillèrent avec Sylvie Vartan, Noël Deschamps, Françoise Hardy Ronnie Bird et bien entendu Johnny Hallyday pour de nombreux titres. On leur donna la possibilité d’enregistrer quelques trucs pour Mercury qui parurent essentiellement en France. C’est une des faces du single de 1967, également publiée en Angleterre, qui est reprise sur cette compilation. Jones travailla aussi avec Peter Frampton et George Harrison avant de s’illustrer dans Foreigner dont il fait encore partie. Le second fait concerne The Syn dont le titre que l’on retrouve sur la compilation fut également publié sur un rare single en France. A l’époque de la publication de la compilation, le titre « I Must Be Mad » est déjà exhumé et connu via les compilations « Pebbles ». On peut noter aussi le reprise de « Please Please Me » des Beatles par the Score dans une version plus « 1966 », preuve que les compositions du fameux duo se prêtent assez bien à être remises sur le métier. Bien entendu pour certains des disques figurant ici, les publication originales peuvent dépasser mille euros. Il faut bien regarder dans les puces, car j’en ai trouvé un parmi les perles servies dans cette assiette de soupe à consommer sans modération.

Mike Stuart Span – Children Of Tomorrow
Wimple Winch – Rumble On Mersey Square South
Fleur De Lys – Circles (reprise des Who)
The Craig – I Must Be Mad
The Apple – Buffalo Billycan
The Score – Please Please Me
Winston’s Fumbs – Snow White
Him & The Others – She’s Got Eyes That Tell Lies
Big Boy Pete – Cod Turkey
The Hush – Grey
The Tickle – Subway (Smokey Pokey World)
The Syn – 14 Hour Technicolour Dream
State Of Micky & Tommy – With Love From 1 To 5
Paper Blitz Tissue – Boy Meets Girl

Dans d’autres articles je vous présente des productions françaises qui eurent le privilège d’être publiés au format EP, c’est à dire quatre titres par disque, un phénomène typiquement français qui n’a pas vraiment un équivalent ailleurs pour les fifties et les sixties. Il en existe des milliers. Mais le 45 tours single existe aussi, souvent pressé en quantités moindre et surtout destiné à la promotion et pour les jukeboxes. Ceci perdura tout au long de la vogue du EP qui commença à décliner à partir de 1967. La publication en single devint la règle, sauf des exceptions de plus en pus rares. Pour certains artistes, ils sont devenus un objet de recherche par les collectionneurs, encore plus s’ils sont présentés dans une pochette avec une photo. les fans d’Hallyday connaissent bien la chose. Mais que ce soit avant, pendant, ou après 1967, quelques publications atteignent parfois de jolies sommes.

Une ancien Yardbirds, Eric Clapton, qui rencontre un bluesman, John Mayall, et qui enregistrent un disque produit par un futur Yardbirds, Jimmy Page. Un galop d’essai pour la collaboration de l’album à venir sorti en 1966, album qui mit en lumière Clapton entre son départ des Yardbirds et la formation de Cream. Il fut publié sur le label Immediate qui montait en puissance fondé par le manager des Rolling Stones, Andrew Loog Oldham. La face A est assez étonnante par rapport au contexte dans lequel évoluait Mayall à l’époque, très teinté de blues puriste. Il évoluera bien vite vers des choses plus progressives, mais peut être que Clapton lui envoya une décharge avec sa guitare et son solo presque psychédélique sur la face A. La publication française ne fut éditée que deux bonnes années plus tard, sans doute pour profiter de la notoriété internationale et grandissante de Clapton et Cream, bien que Mayall était loin d’être un inconnu. Les photos n’ont d’ailleurs aucun rapport avec la binette qu’ils avaient quand ils ont pondu ces deux titres.

John Mayall Eric Clapzon – Immediate ‎– IMF 510 – Publié en 1968. meilleure enchère sur Ebay 54 euros.