En passant

Inventaire musical à la Prévert (72)

Un album qui figure depuis plus de 50 ans dans ma discothèque, voilà l’occasion de reparler d’un artiste intéressant mais un peu oublié chez nous. Il s’agit de Don Partridge (1945 – 2010) qui eut un bref moment de notoriété en 1968/69, à travers trois succès dont le plus grand est « Rosie », repris en français par Noël Deschamps. C’est n’est pas un musicien tout à fait comme les autres, c’est ce que les Anglais appellent un « busker », un musicien itinérant ou musicien de rue chez nous, Il est aussi un homme orchestre, tout en étant seul il s’accompagne avec plusieurs instruments, une guitare, un harmonica, des percussions. Au tournant des sixties, il s’établit comme musicien de rue. En 1963, il se signale au public à travers les journaux, mais pas en tant que musicien. Avec des ailes de sa fabrication, il se lance du haut du pont de Hammersmith essayant de voler tout en se posant sans dommages. Sa soudaine notoriété musicale en 1968, lui permet d’enregistrer un album chez Columbia. C’est un mélange de folk traditionnel et de blues, quelques reprises agrémentées par ses propres compositions dont 2 hits. Il contient aussi une des plus belles versions que je connaisse du classique de Louis Armstrong « St James Infirmary ».
Assez vite dépité par le showbiz, il retourne comme musicien de rue et voyage à travers l’Europe, retournant sporadiquement en studio pour le compte de petits labels. Mais ses heures de gloire ont eu un avantage, quand il se produit en public, on se souvient de lui et on s’arrête volontiers pour l’écouter, ce qui lui vaudra le titre de roi des buskers. Il n’abandonnera jamais ce style de vie, malgré trois mariages et six enfants. Voici cet album, assez intemporel, toutefois agrémenté de quelques artifices de studio.

Rosie ( UK no 4)

Following Your Fancy

The Wayward Boy

Keep Your Hands Off Her

Seven Days Chokey

St James Infirmary

I’m Going Away

Blue Eyes (UK no 3)

Dock Of The Bay

First Girl I Loved

Candy Man

Black, Brown & White Blues

Mona Song

Blue Eyes, clip tv

Quelques années plus tard dans le métro interprétant Chuck Berry

Durant les sixties, la discographie française se distingua par le nombre impressionnant de publications qui furent faites sous la forme de EP, c’est à dire quatre titres, deux par face. Le principe de base était un peu mercantile, on vendait deux fois plus de marchandise sur la réputation d’un titre principal ou d’un succès, le 45 tours simple avec deux titres était réservé à la promotion et aux jukeboxes. L’avantage principal de ces EP’s demeurait dans le fait que ces éditions étaient présentées dans une pochette avec le plus souvent une photo de l’artiste et un emballage cartonné et plastifié plus résistant à l’épreuve du temps. L’Angleterre et les USA eurent beaucoup moins recours à ce genre de publications. Le plus souvent, la règle était le 45 tours simple emballé dans une simple pochette à trous permettant de voir l’étiquette du disque. Aujourd’hui ces fameuses disques EP’s français, surtout ceux concernant des artistes étrangers, sont recherchés par les collectionneurs du monde entier car ils sont uniques dans leur genre et peuvent parfois atteindre des sommes folles s’ils sont très rares. Au fil des semaines, je vous en présenterai quelques uns parmi ceux qui attirent justement les collectionneurs. Ils seront présentés avec la pochette, éventuellement avec un scan de ma collection personnelle si je ne trouve rien de satisfaisant, les titres qu’ils contiennent, et le plus haut prix atteint par une enchère sur Ebay.

Le nom de Mickie Most rappellera sans doute quelque chose à tous les fans des sixties anglaises. C’est un des plus célèbres producteurs, Animals, Herman’s Hermits, Yardbirds, Nashville Teens, Donovan et autres. En 1968, il fonde le label Rak qui devient une véritable usine à tubes et il produit une flopée de hits et de numéros un. Des artistes comme Lulu, Mary Hopkin, Hot Chocolate, Smokie, Suzi Qautro lui doivent tout ou partie de leurs succès.

Moins connu est le fait qu’il fut aussi guitariste, compositeur, chanteur à succès.. Bien qu’il soit Anglais, c’est en Afrique du Sud qu’il fonda un groupe, Mickie Most & the Playboys. Ils ont un succès considérable puisqu’ils sont 11 fois à la première place du hit parade local avec des reprises anglaises ou américaines. Lassé par les tournée incessantes, il décide revenir en Angleterre et de continuer sa carrière de chanteur. C’est ce qu’il fait, mais il songe rapidement à s’établir comme producteur, métier qu’il estime plus tranquille et sans doute plus lucratif, il n’a pas tout à fait tort. Sur un EP datant de 1965. EMI France se décide de publier un disque avec des titres anglais période 63-64. Le titre le plus intéressant reste « That’s Allright » un original composé par Miki Dallon, qui travaillera avec les Sorrows un peu plus tard. Il fut aussi repris en français par les Chats Sauvages période Mike Shannon « Je Suis Prêt ». On peut penser que la réputation qu’il s’est faite avec les Animals n’est pas étranger à cette sortie. C’est malgré tout une pièce très rare

Mickie Most – Vogue EPL.8020, publié en 1962, meilleure enchère sur Ebay 209 euros.

That’s Allright

Sea Cruise

Money Honey

It’s A Little Bit Hot

1964

La reprise des Chats Sauvages

Envies de découvrir autre chose ?

La musique n’a pas de frontières. S’il y a bien un point où je suis très éclectique, c’est assurément la musique. Entre un disque de hard rock et un opéra, pour moi c’est de la musique. C’est la différence qu’il y a entre un plat de haricots et un entrecôte bordelaise, les deux pris dans leur contexte propre peuvent s’avérer délicieux. Je fouille, j’écoute, je trouve, et puis quelquefois je tombe sous le charme. C’est pour moi une quête permanente.
Je vous invite à partager ces découvertes au hasard. Des artistes qui ne font pas forcément la une des médias, mais qui ne sont pas dépourvus d’un certain magnétisme ou plus simplement nous présentent une belle vision musicale.

La musique russe ne nous est pas complètement inconnue, de nombreux airs de folk sont parvenus jusqu’à nous. Historiquement, il y a eu à travers les siècles de nombreuses connexions avec l’Europe de l’ouest. Avec l’invention de l’enregistrement sonore, elle voyagea d’autant mieux, on trouve de nombreuses chansons russes qui sont chantées en français, qui ne connaît pas « Kalinka »? Les airs russes n’ont pas l’air de répugner les Français si j’en juge par les tonnes de disques du Choeur de l’Armée Rouge que l’on trouve dans les puces. Cette grosse machine précise comme une horloge est une des rares concession que l’on fit au régime communiste après la révolution de 1918. Les compositeurs classiques russes n’ont rien à envier à leurs collègues occidentaux, ils sont maîtres chez eux. Personnellement je trouve dans la musique russe, une âme qu’on ne trouve pas ailleurs, une nostalgie qui figure aussi dans la musique tzigane, on parle de l’âme slave, c’est un peu cela. Et puis la langue ne manque pas d’un certain charme.
Pour cette petite sélection de musique russe, j’ai choisi des airs plutôt traditionnels, inconnus pour moi ou presque. Si les Russes peuvent rêver ou avoir du plaisir sur cette musique, alors on peut le faire aussi avec eux. La musique n’a pas de frontières.

On The hills Of Manchuria
C’est sans doute le chanson la moins inconnue des trois, elle est devenue un classique de la guitare électrique, on peut la trouver dans la discographie des Ventures sous le titre de « Mandshurian Beat ». Les connaisseurs en musique classique reconnaîtront un certain air de famille avec la « Valse No 2 » de Shostakovich
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The Bogatyr
Un air traditionnel instrumental à propos d’un chevalier légendaire

Beloe Zlato – Juillet
Chanson traditionnelle par un ensemble féminin. Ce qui est sûr en Russie, c’est que les filles sont plutôt jolies.