En passant

Bas nylons et vinyles en fusion (3)

Les albums de compilation existent depuis les débuts du microsillon. Il y a principalement deux tendances. La première est du style « Best Of », c’est à dire qu’il regroupe en général des titres d’un artiste qui sont issus de différents enregistrements qui peuvent s’étaler très largement dans le temps et la carrière de l’artiste. Le seconde fait plutôt appel à des artistes différents, évoluant plus ou moins dans un style ciblé, sous un thème précis, ou regroupant des artistes du même label. Il n’y a en fait aucune règle, c’est très vaste. A partir de 1967, Philips France a édité une série d’albums de compilation sous le titre de « Made In England ». Elle présente un intérêt évident, au moins pour les plus fauchés, car elle regroupe des noms connus et surtout pratiquement que des hits. Avec le prix d’un album, parfois proposé en petit prix, il permet d’obtenir des succès plutôt réputés, alors qu’il aurait fallu acheter plusieurs EP’s pour les acquérir tous. Bien sûr, ces compilations sont publiés avec un décalage de quelques mois, le temps que les succès se tassent un peu et ne stoppe pas la vente des premières éditions. Mais le décalage est assez minime et tout le monde se rappelle encore de ces succès. Voici le volume 3 de cette série, il contient la mention « and the USA » juste pour l’apparition de deux artistes américains. Comme Procol Harum tenait un tube fracassant, une reprise de leur succès figure ici dans une version moins flamboyante via un chanteur noir anglais. Il est même mis en tête de descriptif. On retrouve aussi Chuck Berry qui vient de signer avec Mercury dans le but de relancer sa carrière. Le titre est tout sauf rock and roll. Figure également le groupe Traffic avec Stevie Winwood qui vient de quitter le Spencer Davis Group.

Traffic – Paper Sun

Spanky & Our Gang – Sunday Will Never Be The Same

Bobby Johnson & The Atoms – A Whiter Shade of Pale

The Walker Brothers – Walking In The Rain

Chuck Berry – Back To Memphis

The Pretty Things – Children

The Troggs – Night Of The Long Grass

The Vip’s – Rosemarie

The New Vaudeville Band – Finchley Central

Manfred Mann – Sweet Pea

Spencer Davis Group – Every Little Bit Hurts

Dave Dee, Dozy, Beaky, Mick & Tich – Okay!

La France n’a pas le monopole du disque de collection. Il existe ailleurs et même dans des quantités qui peuvent laisser la France loin derrière. Il n’y a pas de formule magique pour qu’un disque devienne un collector. Un des critères pour qu’il le devienne, c’est la rareté multipliée par son attrait pour les collectionneurs. Parmi les artistes, il faut distinguer ceux qui arrivent à franchir la porte du collectionneur, certains ne le sont peu ou pas, d’autres s’installent volontiers dans les discothèques personnelles. Ces critères sont très subjectifs, mais il est certain qu’il y a des disques qui atteignent des fortunes et d’autres dont on a de la peine à se débarrasser pour des sommes très modiques. Des artistes inconnus peuvent avoir des publications qui s’arrachent à prix d’or, tandis que des célébrités sont boudées par les collectionneurs. Nous allons nous promener régulièrement parmi certains de ces collectors internationaux dont vous ne soupçonnez peut-être pas l’existence, mais qui sont souvent des pièces qui se négocient à bon prix. Pour les albums je me contenterai d’un ou deux exemples et pour le reste l’intégralité des titres si disponibles sur Youtube. Vous ferez certainement des découvertes.

Downliners Sect UK EP

Profitons encore de rendre un petit hommage à Don Craine des Downliners Sect, car ce collector le concerne directement. Les Downliners Sect furent à pas mal d’égards un groupe plutôt décadent. En 1964, ils furent le premier groupe a avoir des cheveux vraiment longs, excepté Don Craine et son chapeau à la Sherlock Holmes, le tout modéré par des costumes sortis tout droit d’un roman de Dickens et des regards de mauvais garçons qu’il ne faisait pas trop bon rencontrer tard le soir dans les rues. Durant les sixties, ils publièrent trois albums, chacun dans un style différent, qui sont tous aujourd’hui de jolies pièces de collection, tant par leur qualité que par leur rareté. On leur colla par la suite une étiquette de premiers punks anglais. En 1965 pour se démarquer encore plus de la mode ambiante, ils enregistrent un EP qui contient quatre titres à tendance macabre entre accidents, morts, revenants, et autres joyeusetés. Si l’Angleterre ne leur permit pas de connaître un vrai succès, ils devinrent presque des stars en Suède avec un single qui cartonna et où figure la reprise de « Little Egypt » des Coasters, titre qui leur valut aussi un succès moindre en Angleterre. Sèparés en 1967, ils se reforment dix ans plus tard et tournent encore aujourd’hui. Après le décès de Don Craine, il ne reste plus que Keith Grant le bassiste comme membre original.
Mais voici ce fameux EP de 1965. trois titres originaux et la reprise de « I Want My Baby Back » de l’Américain Jimmy Cross.

UK 1965 -Downliners Sect – Columbia SEG 8438. Meilleure enchère sur Ebay 186 euros

I Want My Baby Back

Leader Of The Sect

Midnight Hour

Now She’s Dead

Bonus

Un live récent avec Keith Grant qui s’amuse. Les Downliners Sect, un groupe parfait pour animer les maisons de retraite. Ils jouent « Around And Around »

Toujours la même chanson

Il est rare qu’une chanson ne soit jamais reprise si elle a eu un peu de succès. Quand on est lassé d’une version, il peut s’avérer plaisant d’en écouter une autre. Il arrivé même que l’on soit étonné par une reprise à laquelle on se s’attendait pas ou encore découvrir le créateur de la version originale. dont on ignore complètement l’existence. C’est un jeu où je me défends très bien. Alors selon ce principe, je vous propose en premier la version originale, en second une reprise française, et en troisième une autre version, que vous ne connaissez pas forcément.

Ray Charles – The Cincinnati Kid (1965)

Lucky Blondo – Cincinnati Kid

Lalo Schifrin – Cincinnati Kid

2 réflexions sur “Bas nylons et vinyles en fusion (3)

  1. Hello M. Boss,
    Dans la chanson « I Want my Baby back de Jimmy Cross, on peut retrouver ce texte
    : I don’t hardly know where to begin
    I remember we were cruising
    Home from the Beatles concert
    I’d had such a wonderful evening
    Sitting there watching my baby
    Screaming and tearing her hair out
    And carrying on
    She was so full of life
    Bonne semaine
    cooldan

    • Hello Cooldan.
      Tout à fait, dans la version de Jimmy Cross il est fait mention d’un concert des Beatles, mais dans la reprise des Sect, je pense que vous l’avez noté, il s’agit d’un concert des Downliners Sect, il fallait bien qu’ils soignent leur pub, bien que je pense que les filles s’excitaient moins à la sortie d’un de leurs concerts qu’à un des Beatles. Le titre de Jimmy Cross figure dans la compilation « World Worst Records » fourni avec un cornet vomitif. Il faudra que le chronique à l’occasion, c’est assez marrant.
      Bonne semaine

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