En passant

Bas nylons et vinyles en fusion (5)

En 1983. le label américain Rhino spécialisé dans la réédition tente une mission impossible, celle de sortir une compilation avec les pires titres jamais enregistrés. Le choix se porte sur des chansons s’étalant sur une petite vingtaine d’années 20 précédant la compilation. Pour éviter tout accident, les copies originales sont fournies avec un cornet vomitif destiné aux musiciens qui ont l’estomac sensible. Le contenu oscille entre des reprises plus ou moins académiques de titres connus ou des originaux assez débridés. Sur ce volume, il n’y a vraiment qu’un seul nom connu, celui des Turtles. Il s’agit certainement d’un moment d’euphorie capté dans un studio lors d’une déconnade. Mais il faut constater que 40 ans plus tard, des titres qui pouvaient alors prêter à sourire, sont plutôt précurseurs de ce que l’on peut entendre aujourd’hui. L’exemple le plus flagrant sont les Novas qui en 1965 pondirent « The Crusher », c’est les Cramps avec quelques années d’avance, ils ont d’ailleurs repris le titre. Johnny Meeskite et son « Ugly » est aussi assez incroyable, on vous dirait qu’il a été enregistré aujourd’hui, vous n’y trouveriez rien à dire et trouveriez même que c’est bien dans l’air du temps. Deux ans plus tard, Rhino remettra une compresse avec un volume 2. Je connais ce disque depuis sa sortie, je n’ai jamais utilisé le cornet et je dirais même que j’ai mes petites préférences, mais je ne vous dirai pas lesquelles. Je vous laisse vous faire votre propre opinion à vos risques et périls.

The Novas – The Crusher

Edith Massey – Big Girls Don’ t Cry

Jimmy Cross – I Want My Baby Back

Heathen Dan – I Like

Temple City Kazoo Orchestra – Kazooed on Classics

Legendary Stardust Cowboy – Paralyzed

The Seven Stooges – I Wanna Be Your Dog

Barnes & Barnes – Boogie Woogie Amputee

Ogden Edsel – Kinko The Clown

The Turtles – Umbassa the Dragon

Johnny Meeskite – Ugly

The Breakers – Surfin’ Tragedy

Wild Man Fischer – Young At Heart

La France n’a pas le monopole du disque de collection. Il existe ailleurs et même dans des quantités qui peuvent laisser la France loin derrière. Il n’y a pas de formule magique pour qu’un disque devienne un collector. Un des critères pour qu’il le devienne, c’est la rareté multipliée par son attrait pour les collectionneurs. Parmi les artistes, il faut distinguer ceux qui arrivent à franchir la porte du collectionneur, certains ne le sont peu ou pas, d’autres s’installent volontiers dans les discothèques personnelles. Ces critères sont très subjectifs, mais il est certain qu’il y a des disques qui atteignent des fortunes et d’autres dont on a de la peine à se débarrasser pour des sommes très modiques. Des artistes inconnus peuvent avoir des publications qui s’arrachent à prix d’or, tandis que des célébrités sont boudées par les collectionneurs. Nous allons nous promener régulièrement parmi certains de ces collectors internationaux dont vous ne soupçonnez peut-être pas l’existence, mais qui sont souvent des pièces qui se négocient à bon prix. Pour les albums je me contenterai d’un ou deux exemples et pour le reste l’intégralité des titres si disponibles sur Youtube. Vous ferez certainement des découvertes.

The Rolling Stones – US single

Les Rolling Stones ont produit tout à fait par hasard de très jolies pièces de collection, sans en être vraiment les initiateurs C’est un peu le même cas que la célèbre « Butcher Cover » des Beatles. Quand le single des Stones « Street Fighting Man » sortit, les USA ne manquèrent pas de l’éditer puisqu’il s’agissait du nouveau tube du groupe. London records qui distribuait pour le marché national décida de le publier avec une photo en rapport avec le titre principal. Pour cela, elle choisit deux photos où l’on voit des policiers malmener un citoyen. Il faut rappeler aux plus jeunes que 1968 est une année assez chaude, le jeunesse conteste un peu partout dans le monde. et Les chansons sont souvent en rapport avec ces mouvements. Bien entendu, le single des Stones suscita quelques controverses, des stations de radio US bannirent le disque. Mais la pochette dérangea encore plus l’Amérique bien pensante, elle fut rapidement interdite. Mais bien entendu, quelques exemplaires réussirent à s’évader des bacs des disquaires pour le plus grand bien des collectionneurs qui la connaissent et qui veulent y mettre le prix pour orner leur salon. En plus, le version du titre principal est un peu différente de celle de l’album dont elle est extraite. Comme dira Mick Jagger, faisant allusion au boycott de certaines stations de ce disque : « La dernière fois qu’ils ont interdit un disque, on en a vendu un million de copies. »

US 1968 – TheRolling Stones – London 45-909. Meilleure enchère sur Ebay 16186 euros

Street Fighting Man

No Expectations

Bonus

Un version en live de 1969

Toujours la même chanson

Il est rare qu’une chanson ne soit jamais reprise si elle a eu un peu de succès. Quand on est lassé d’une version, il peut s’avérer plaisant d’en écouter une autre. Il arrivé même que l’on soit étonné par une reprise à laquelle on se s’attendait pas ou encore découvrir le créateur de la version originale. dont on ignore complètement l’existence. C’est un jeu où je me défends très bien. Alors selon ce principe, je vous propose en premier la version originale, en second une reprise française, et en troisième une autre version, que vous ne connaissez pas forcément.

Trio Durango – Quiza, Quiza (1947), version originale

Soeurs Etienne – Qui Sait Qui Sait (1950)

Cliff Richard – Perhaps Perhaps (1964)