En passant

Inventaire musical à la Prévert (104)

Brian Poole & The Tremeloes

UK 1963 – Brian Poole & The Tremeloes – Twist And Shout – Decca – LK.4550

Ceux qui connaissent Brian Poole et les Tremeloes penseront tout de suite à la petite histoire qui les opposa aux Beatles. Les deux formations auditionnèrent pour Decca, le 1 janvier 1962, Brian Poole et son équipe furent signés et les Beatles recalés. Les raisons du choix de Decca sont encore obscures. Peut-être que les Beatles furent moins bons ce jour-là, on connait du point de vue sonore ce que les Beatles jouèrent lors de l’audition, mais pas la prestation des concurrents. Une des raisons souvent invoquée, les Tremeloes étaient de Londres, les Beatles de Liverpool, question de proximité qui facilitait les contacts. Quoiqu’il en soit, l’histoire de la musique moderne en sera complètement changée, les Beatles ne seraient peut-être pas devenus ce qu’ils sont si Decca les avait signés. La théorie des probabilités peut s’appliquer aussi à la musique.
Bien, voici Brian Poole et les Tremeloes signés, l’histoire peut commencer. Elle commence assez modestement, trois singles et un album sont publiés, ils restent dans l’ombre. L’album est un medley des succès de 1962, un disque plutôt pour animer une surprise partie que vraiment un truc artistique. Les choses bougent lorsqu’ils enregistrent le quatrième single, une reprise de « Twist And Shout » enregistré originalement par les Top Notes mais popularisé par les Isley Brothers. C’est un tube qui monte à la quatrième place des charts anglais. Les Beatles ont aussi enregistré une version du titre qui figure sur leur premier album. Il sera extrait sur EP, ce qui fera que les deux versions seront quelque peu en concurrence, Brian Poole remportera la palme pour le single, mais le EP des Beatles sera très populaire, et même no 1 dans les classements de la catégorie EP pendant plusieurs mois.
Le suivant cartonnera encore mieux, ce sera le fameux « Do You Love Me », repris aux Contours, qui se hissera au sommet des chats, ravivant pour un temps la concurrence entre les deux formations. Le succès venu décidera Decca de publier un nouvel album qui aura pour titre le premier succès, le second n’y figurant pas. C’est justement lui que nous allons explorer.
Entre eux et les Beatles, il y a une différence notable, ils sont plutôt rhythm and blues, tandis que les Beatles sont plutôt rock and roll. Une autre différence, de taille celle-là, les Beatles sont d’habiles compositeurs et se construisent un répertoire qui fera d’eux ce qu’ils sont, les Tremeloes pas vraiment. Ils sont alors obligées de faire des reprises ou de faire appel à des compositeurs externes. C’est dire que ce premier album est truffé de reprises, venant d’artistes plus ou moins célèbres, Chubby Checker, James Ray, les Crystals, Johnnie & Joe, Jackie Wilson, Steve Lawrence, Hollywood Argyles, Little Joe and the Thrillers. Notons quand même que *Keep On Dancing » est un original du groupe. L’album a sans doute été une source d’inspiration pour Ronnie Bird qui a repris deux titres en version française, les fans trouveront lesquels.
C’est un album de qualité, Brian Poole est un bon vocaliste, et le groupe de bons musiciens. Il est assez représentatif de cette tendance anglaise à lorgner vers le répertoire noir américain, Tamla Motown et autres lors de la première moitié des sixties, et encore plus par la suite. Justement, il fut pour moi une aide pour remonter aux sources, mais c’était il y a bien longtemps. Chose assez rare en 1963, il contient 16 titres.

Twist And Shout

Twenty Miles

If You Gotta Make A Fool Of Somebody

You Don’t Love Me Any More

Meet Me Where We Used To Meet

Don’t Be Afraid Little Darlin

We Know

Alley Oop

Baby Workout

Over The Mountain, Across The Sea

Twist Little Sister

Da Doo Ron Ron

Run Back Home

South Street

Peanuts

Keep On Dancing

Documents

Candy Man et Do You Love Me, live en 1964

The Uncle Willie, en vrai live, un titre du 3ème album

Cet EP paru chez Vogue en 1967 est extrait d’un LP américain publié chez GNP Crescendo. Comme le psychédélique devenait la mode, le label produisit un LP avec un groupe inconnu, Fire Escape. L’album contient des reprises de titres assez connus plus ou moins issus du mouvement, avec néanmoins deux excellents originaux. Vogue publia un extrait de quatre titres originalement créés par Thee Midniters, Question Mark And The Mystérians, les Seeds, Music Machine. Le titre mis en exergue « Love Special Delivery », regardez les initiales sur la pochette, est une savoureuse reprise qui vaut le détour. Dommage que Vogue n’a pas mis les deux originaux sur sa publication, enfin je l’ai fait pour eux en-dessous. Un joli petit collector plutôt très rare.

The Fire Escape – Vogue INT18.117 publié en 1967, meilleure enchère sur Ebay 250 euros.

Love Special Delivery

96 Tears

Talk Talk

Trip Maker

Documents

Journey’s End

Blood Beat

LES DISQUES QUI N’EXISTENT PAS

Rêvons un peu. Les amateurs de vinyles sont par défaut des insatisfaits. Quand vous écoutez un album, je suis sûr qu’il vous paraît imparfait, il y a pratiquement toujours deux ou trois titres qui vous plaisent moins que les autres ou seulement deux qui vous plaisent. Le phénomène va se répéter si vous avez plusieurs albums d’une même artiste, vous adorez deux titres du premier, trois du second, un du troisième etc… cela peut aussi entrer en ligne de compte pour des 45 tours EP avec quatre titres. Quel est pour vous le disque parfait qu’il contienne quatre ou douze titres ? C’est ce que j’ai imaginé pour moi, je suis heureusement le personne qui connaît le mieux mes goûts. Alors voici des publications qui n’existent que dans mon imagination. Et comme j’aime le graphisme la pochette est également sortie d’un songe…

Les Merseybeats, un des groupes de Liverpool, parmi tant d’autres…

The Fortune Teller

Really Mystified

Milkman

Funny Face

Documents

I Think Of You – Dont Turn Around, live en 1964

Milkman, en plyaback tv anglaise

En passant

Bas nylons et vinyles en fusion (25)

Pour varier un peu, explorons un autre compilation, Swinging Mademoiselle, elle a la particularité de ne contenir que des chansons en français par des artistes féminines ou en duo. Nous sommes en plein dans l’époque de la seconde moitié des sixties ou tout le monde, y compris les filles, aiment bien la musique et surtout les paroles avec un brin d’absurdité. Nous y retrouvons quelques noms relativement connus en tant qu’interprètes ou plus tard pour d’autres raisons, comme Stone et son duo avec Eric Charden ou Stella future membre de Magma et femme de Christian Vander. Elle est d’ailleurs la plus succulente de la série, n’ayant pratiquement qu’un répertoire avec des paroles drôles et satiriques. D’autres noms ont relativement bien passé à la postérité comme Pussy Cat, future épouse de l’excellent chef d’orchestre Gérard Hugé, ou Cléo (du duo Cedric et Cléo figurant ici) future madame Herbert Léonard. La chanteuse Elsa travaillera avec les Swingle Singers et collaborera avec de nombreux autres artistes comme vocaliste, on peut débuter yéyé et avoir des perspectives d’avenir. Elle fit aussi un peu de cinéma. Musicalement c’est assez intéressant et bien dans l’esprit de l’époque où la pop pointait. C’est même parfois plus évolutif que certains titres de vedettes plus connues. Ce sont en grande partie des originaux, mais les plus férus reconnaîtront une reprise des Beau Brummels (Just A Little) et une des Spokesmen (Have Courage Be Careful). Ce genre de compilation a eu le grand mérite d’intéresser les Anglophones qui peuvent s’arracher les copies originales pour des sommes très coquettes, près de 800 euros pour le EP de la chanteuse belge Delphine avec *La Fermeture Eclair », titre qui ne figure pas ici. Pour eux, ce sont des découvertes qui les changent des reprises de leurs succès nationaux dans des versions plutôt banales.

V.A. – Swinging Mademoiselle – Sasha Monett Records – PSM-001 – France 1999

Stella – L’idole Des Jaunes

Liliane – Vivre Comme Dans Les Livres

Cosette – Idéalisation

Christine Pilzer – Dracula

Cedric & Cleo – Le Jour Se Lèvera Sur Tout Ca

Delphine – Les Prisons de Sa Majesté

Elizabeth – Je Suis Sublime

Charlotte Leslie – Les Filles C’est Fait Pour Faire L’amour

Berthe – Comment Passer A La Télé

Cleo – Madame La Terre

Pussy Cat – Les Temps Ont Changé

Stone – Fille Ou Garçon

Elsa Leroy Mieux Vaut Tard Que Jamais

Clothilde – Saperlipopette

Elsa – Ailleurs

Françoise Deldick – Hum Hum

Documents

Pourquoi pas moi, Stella à ses débuts

Pussy Cat – Ce N’est Pas Une Vie

Stone – Vive La France

La France n’a pas le monopole du disque de collection. Il existe ailleurs et même dans des quantités qui peuvent laisser la France loin derrière. Il n’y a pas de formule magique pour qu’un disque devienne un collector. Un des critères pour qu’il le devienne, c’est la rareté multipliée par son attrait pour les collectionneurs. Parmi les artistes, il faut distinguer ceux qui arrivent à franchir la porte du collectionneur, certains ne le sont peu ou pas, d’autres s’installent volontiers dans les discothèques personnelles. Ces critères sont très subjectifs, mais il est certain qu’il y a des disques qui atteignent des fortunes et d’autres dont on a de la peine à se débarrasser pour des sommes très modiques. Des artistes inconnus peuvent avoir des publications qui s’arrachent à prix d’or, tandis que des célébrités sont boudées par les collectionneurs. Nous allons nous promener régulièrement parmi certains de ces collectors internationaux dont vous ne soupçonnez peut-être pas l’existence, mais qui sont souvent des pièces qui se négocient à bon prix. Pour les albums je me contenterai d’un ou deux exemples et pour le reste l’intégralité des titres si disponibles sur Youtube. Vous ferez certainement des découvertes.

TThe Artwoods – EP UK

On peut presque dire des Artwoods qu’ils sont célèbres parce qu’il ne l’ont pas été. Musicalement très intéressant, le groupe n’a connu pratiquement que des galères au niveau du succès, bien que Decca n’ait pas manqué de leur faire une certaine confiance en publiant de nombreux disques, sans résultat. Mais le fait qui attira l’attention sur eux fut le passage de futurs grands noms passèrent dans les rangs, directement ou indirectement. Art Wood le chanteur qui donna son nom à la formation est le frère de Ronnie Wood, toujours guitariste actuel des Rolling Stones. On trouve aussi Jon Lord, futur Deep Purple aux claviers, et Keef Hartley le batteur futur un tas de trucs dont Keef Hartley Band. C’est un groupe qui s’illustre aussi par le fait qu’absolument toutes les pièces originales sont des collectors, compter 50 – 100 euros pour les moins recherchées.et au-delà de 1000 pour les plus légendaires.
Cet EP anglais fait partie du lot de tête avec comme spécialité d’offrir quatre titres à saveur jazz. Trois sont des reprises de morceaux connus, dont un est une musique de série tv, le quatrième est un original. Le titre du EP « Jazz In Jeans » parle de lui-même et dans le genre EP, il y en a peu qui atteignent de telles sommes.

UK 1966 – The Artwoods – EP Decca – DFE 8654. Meilleure enchère sur Ebay 1215 euros

These Boots Are Made For Walkin’

A Taste Of Honey

Our Man Flint

Routine

Toujours la même chanson

Il est toujours curieux d’entendre une chanson que l’on connaît bien dans une autre langue. Le phénomène de reprendre une chanson connue dans une autre langue est un phénomène planétaire. La mélodie reste, mais la consonnance d’une langue peut lui donner une ambiance différente.

Le grand classique I Put A Spell On You, si cette chanson a été enregistrée ou reprise des centaines de fois, il n’existe, à une exception près, pas de reprises pendant les 9 années suivant sa création.

Version Originale

Screamin’ Jay Hawkins – I Put A Spell On You (1956)

Alan Price Set, c’est surtout cette reprise qui a mis le titre en lumière (1966)

Jukka Kuoppamäki – Sun Tahdon Tietävän (1968)

en finlandais

Caterina Caselli – Puoi Farmi Piangere (1966)

·en italien

Santiago & Luis Auseron – Por Un Hechizo (2006)
en espagnol

Nicoletta – Ca Devait Arriver (1967)
en français

Brigitte Wickens – I Put A Spell On You (2017)
en anglais version techno

En passant

Dimanche en quelques manches d’été (11)

Deux musiques pour vous réveiller

Scorpions – Hound Dog / Long Tall Sally

Savoy Brown – Needle And Spoon

CHANSONS
MONUMENTS

Chansons qui ont un brin d’éternité

Roy Hall And Is Blue Ridge Entertainers
Orange Blossom Special

Première version enregistrée (1938)

La reprise des Spotnicks, sans doute la version la plus connue chez nous (1961)

Rétroviseur

Il y a pile 59 ans, durant l’été, ces chansons squattaient le hit parade américain ou anglais, et pour certaines envahir la France.

The Angels – My Boyfriend’s Back 

Inez & Charlie Foxx – Mockingbird

Martha Reeves & The Vandellas ~ Heat Wave

The Ronettes – Be My Baby

Allan Sherman – Hello Muddah, Hello Fadduh

De l’autre côté

Au temps des 45 tours, les disques avaient deux faces, alors on retournait le disque et parfois, il y avait une bonne surprise. Des chansons aussi bien roulées, voire supérieures à la face principale. Dans certains cas, elle reflètent le vrai visage de l’artiste. En voici une sélection.

Cinq faces B années 50

The Chordettes – Born To Be With You

Duane Eddy – Stalkin

Jody Reynolds – Tight Capris

Frankie Avalon – Shy Guy

Johnny And The Hurricanes – Buckeye

Des trucs originaux

Des chansons que l’on connait éventuellement en version française, elles furent toutes diffusées sur les radios à une époque où à une autre, fréquemment ou plus rarement. Ce sont des reprises de chansons anglophones ou autres et plus ou moins obscures, dont certaines personnes ne connaissent même pas l’existence. Voici les versions originales qui vous rappelleront peut-être quelque chose. C’est une sorte de jeu, cherchez le titre de la version française. Dans certains cas c’est facile, dans d’autres plus difficile, mais c’est possible puisque je le fais mais à l’envers. Bravo si vous faites un 5/5. Je vous donne les solutions tout en bas de la page. Mais on peut aussi simplement les écouter.

Pour vois aider ce sont tous des groupes qui les ont reprises

1) The Sunlights – I’m Lonely

2) John Leyton – Son This Is She

3) Kai Winding – Time Is On My Side

4) Anita Carter – Ring Of Fire

5) Four Preps – Demons and Witches

Repêchages en vrac

Delphine – La Fermeture Eclair

Valerie Lagrange – Encore Un Jour De Notre Amour

Kate Bush – Egypt

The Spliff Radio Show Jingle And Sweet As Radio

The Chameleons – Paper Tigers

Séquence humour

Jacques Bodoin

Partis rejoindre les étoiles

Tom Springfield (1934 – 2022)

Compositeur et chanteur, un tiers du trio the Springfiels avec sa soeur Dusty Springfield qui devint par la suite la vedette anglaise féminine no 1. Il fut un compositeur à succès notamment pour les Seekers

The Springfields – Island Of Dreams (1962)

Comme compositeur

A World Of Our Own pour les Seekers


Solutions – 1) Les Sunlights eux-mêmes / Plus D’amis // 2) Les Chats Sauvages / John C’est L’amour // 3) Les Lionceaux / Passe Le Temps Sans Toi + Les Bel-Air / Tant De Choses A Dire // 4) Les Gam’s / L’Anneau De Feu // 5) Les Missiles / Quand On Est Jeune