En passant

Bas nylons et voyage lointain (3)

Le Grand Voyage (3)

Mercure

Mercure est la planète la plus proche du Soleil. Elle est nettement visible à l’œil nu, mais on ne peut que la voir dans certaines circonstances.  Il faut toujours la chercher à proximité du soleil, mais elle est le plus souvent « noyée » dans l’éclat du Soleil. Etant entre nous et lui, c’est avec Venus, une des deux planètes qui peuvent passer devant le disque solaire, moment idéal pour son observation, mais elle reste visible comme un point sur une orange. Comme Venus, selon sa position, elle présente des phases comparables au croissant lunaire. Pendant longtemps elle est restée assez mystérieuse, son diamètre étant plus petit que celui de la Terre, plus d’une moitié. Les quelques observations faites avec les teléscopes depuis 200 ans ont quand même noté que la surface était visible et présentait un aspect rocheux qui se confirma avec l’évolution de la technique. Finalement, on en arriva à la comparer avec la surface de la Lune, ce qui se confirma avec la sonde Mariner qui la survola en 1974. On crut aussi pendant longtemps qu’elle offrait toujours la même face au Soleil, comme la Lune avec la Terre. On sait maintenant que c’est inexact, mais nous avons également appris d’autres choses, ce qui en fait une planète avec des particularités assez étonnantes.

Surface de Mercure

Son orbite est la plus excentrique de toutes les planètes dites locales, c’est à dire proches du Soleil et nos voisines. Sa distance du Soleil varie de 46 à 70 millions de kilomètres, autant dire que vue d’en haut elle ne tourne pas de manière très ronde autour de lui. Sa révolution, à la vitesse très chaotique et irrégulière du fait de sa proximité avec le Soleil, est de presque 88 jours. Par contre elle fait un tour sur elle-même en 58 jours ce qui donne des journées ou des nuits très longues. Dans la réalité, une journée complète durera le temps que la planète fasse deux fois le tour du Soleil. Il en résulte une journée mercurienne plutôt « étrange » pour un observateur qui serait situé à la surface de Mercure. A certains endroits celui-ci verra le Soleil se lever puis se recoucher, puis se relever à l’horizon est, et à la fin de la journée à l’ouest, le Soleil se couchera puis se relèvera, pour se recoucher. Ce phénomène s’explique par la variation de la vitesse orbitale de Mercure. Quatre jours avant le périhélie (distance la plus proche du Soleil), la vitesse (angulaire) orbitale de Mercure est exactement égale à sa vitesse (angulaire) de rotation ; le mouvement du Soleil semble s’arrêter. Puis aux alentours du périhélie, la vitesse orbitale de Mercure excède sa vitesse de rotation et le Soleil semble alors avoir un mouvement rétrograde; il paraît retourner là d’où il vient, traversant le ciel d’ouest en est, durant environ quatre jours, avant de reprendre un mouvement apparent normal, c’est-à-dire se déplaçant d’est en ouest.

Glace apparente au pôle nord de Mercure

Elle avoisine le cercle parfait dans sa rotondité et son axe est presque à la verticale, le moins penchée des planètes du système solaire. Quand il fait jour, la température en surface peut monter à plus de 400 degrés, tandis que sur la face dans la nuit, la température descend à plus de -200 degrés en certains endroits. Encore une fois, c’est un record pour une planète. C’est aussi la moins massive du système solaire, mais sa densité avoisine celle de la Terre. Comme elle, c’est une planète tellurique, c’est à dire que le centre interne de la planète est en fusion, mais entouré d’un noyau solide, roche, fer. Elle ne possède presque pas d’atmosphère. Par contre on a découvert quelques endroits vers les pôles où de la glace semblerait couvrir le sol en permanence. On ne s’explique pas très bien sa présence, une théorie possible est de l’eau lâchée par une comète qui aurait heurté ou passé très près de la planète. Cette glace subsisterait dans certains endroits qui ne sont jamais exposés aux rayons du Soleil, chose possible en haut et en bas de la planète. L’inclinaison étant faible, les rayons arrivant à angle droit, n’éclaireraient jamais le sol, surtout s’ils sont derrière un accident de terrain comme un colline par exemple.

Mercure passant devant le Soleil

La présence de nombreux cratères, comme sur la Lune, indique que le sol de la planète a peu évolué au cours des millénaires. Le principal attrait pour un observateur est la contemplation de ces cratères dont certains sont énormes. Pour l’homme, elle ne représente pas une planète habitable, mais on pourrait tout de même envisager de brefs séjours, là où règne une température abordable, dans les mêmes conditions qu’un séjour sur la Lune. Comme pour les autres planètes telluriques, on possède une cartographie assez détaillée de sa surface, de l’ordre de 250 mètres.

Curiosité. La sonde Messenger qui est parvenue dans la banlieue de Mercure en mars 2011 pour ausculter la planète a effectué un voyage de 6 ans pour y parvenir. En tout, elle n’aura employé que 600 litres de carburant pour ce voyage. Etonnant non ? En fin de compte c’est assez simple. Un objet envoyé dans l’espace ne reste jamais immobile, il se déplace en subissant l’influence des astres environnants. C’est ainsi que les sondes et autres fusées arrachés à l’attraction terrestre traversent l’espace. La présence de carburant et de moteurs s’emploient seulement pour corriger la trajectoire, le reste du temps ils sont arrêtés. La fameuse sonde n’a employé que 600 litres de carburant, 100 par année. La première sonde Voyager expédié en 1977, fonctionne toujours et envoie encore des données plus de 45 ans après. Elle se déplace vers la frontière du système solaire. Et tout ça sans le moindre arrêt à une station-service.

Une petite vidéo qui résume l’essentiel

A suivre

Sources : NASA