En passant

Bas nylons et vinyles en fusion (45)

Des titres faisant partie du garage punk sixties. Mouvement né aux USA quand les adolescent rêvaient de « faire » de la musique. Des centaines réussirent à graver quelques titres principalement sur des petits labels locaux, parfois récupérés par les grandes compagnies. Musique essentiellement spontanée sans contrainte commerciale, mais qui parfois engendre des pépites qui auraient pu se vendre à des milliers d’exemplaires. La plupart de ces artistes sont restés dans l’ombre, mais une ou deux poignées réussirent à acquérir un statut de plus ou moins grande légende. Dans les batailles, la victoire finale récompense les généraux, mais sans les soldats ils n’existent pas.
Voici des sélections de ces pépites plus ou moins brillantes, tirées des centaines de compilations qui existent de cette musique. Ceux qui comme moi l’explorent depuis longtemps, souriront certainement à l’écoute d’un titre ou d’un autre, ils penseront comme moi qu’il n’est pas nécessaire d’être des millions à apprécier un disque pour qu’il soit meilleur qu’un autre.

Chapitre 11

The Monacles – I Can’t Win

The Intruders Five – Ain’t Coming Back

Escapades – I Tell No Lies

The Enfields – I’m For Things You Do

Outer Limits – (I’m not) Your Stepping Stone

Wee Four – Weird

The Abandoned – Come On Mary

Oncomers – You Let Me Down

Lord Dent & His Invaders – Wolf Call

The Talismen – She Was Good

Documents

Des archives musicales, peu importe le pays, de la télévision ou autres durant les sixties

The Swinging Blue Jeans – Good Golly Miss Molly, live 1964

The Troggs – Hip Hip Hooray, Allemagne 1968

La France n’a pas le monopole du disque de collection. Il existe ailleurs et même dans des quantités qui peuvent laisser la France loin derrière. Il n’y a pas de formule magique pour qu’un disque devienne un collector. Un des critères pour qu’il le devienne, c’est la rareté multipliée par son attrait pour les collectionneurs. Parmi les artistes, il faut distinguer ceux qui arrivent à franchir la porte du collectionneur, certains ne le sont peu ou pas, d’autres s’installent volontiers dans les discothèques personnelles. Ces critères sont très subjectifs, mais il est certain qu’il y a des disques qui atteignent des fortunes et d’autres dont on a de la peine à se débarrasser pour des sommes très modiques. Des artistes inconnus peuvent avoir des publications qui s’arrachent à prix d’or, tandis que des célébrités sont boudées par les collectionneurs. Nous allons nous promener régulièrement parmi certains de ces collectors internationaux dont vous ne soupçonnez peut-être pas l’existence, mais qui sont souvent des pièces qui se négocient à bon prix. Pour les albums je me contenterai d’un ou deux exemples et pour le reste l’intégralité des titres si disponibles sur Youtube. Vous ferez certainement des découvertes.

Leonid Kogan – albums musique classique

Leonid Kogan d’origine russe (1924-1982) est une grosse pointure parmi les violonistes classiques. Il montre une fois de plus, même parmi les musiciens classiques, que certains arrivent à se créer une véritable légende et attirer une clientèle prête à mettre des sommes considérables pour des pièces rares. Pièce rare, le verdict est sans appel, le mot est à prendre dans toute sa rigueur. Cela ne veut pas dire qu’elles n’existent pas, mais que pour une raison ou pour une autre, elles ne courent pas les rues. Certaines pratiques des maisons de disques viennent renforcer la tendance. C’est le cas pour Kogan dont certains disques furent publiés par le label Columbia en édition originale anglaise vers la fin des années 1950. A l’époque avoir un électrophone stéréo était un petit luxe et les publications étaient faites en version mono avec parfois un tirage bien plus limité en quantité pour la version stéréo. Ce sont justement ces pièces qui attirent les collectionneurs et bien entendu ils désirent la seule version originale, la première publiée, en aucun cas un tirage postérieur. Dire ce qui est un pressage original ou une réédition, c’est l’affaire des spécialistes, parfois c’est assez facile à distinguer, d’autres fois c’est plus compliqué. Par exemple, le fameux « Sgt Pepper » des Beatles existe dans des centaines d’éditions différentes, alors dire ce qui est une vieille édition, une édition originale, ou une version récente, nécessite quelques connaissances. Si vous achetez cet album dans sa dernière réédition vinyle à la FNAC, il vous en coûtera quelques dizaines d’euros, si vous désirez une édition originale anglaise, cela pourra monter, mais ce n’est pas une règle absolue, à 4 ou 5000 euros en état impeccable, juste une petite différence. Un des premiers critères visuels, très souvent déterminant, c’est l’étiquette du disque, elles changent souvent au fil du temps. Dans le cas de Kogan, ces éditions ont une étiquette identique à celle qui figure sur l’illustration ci-dessus, avec le « Made in England ». Le reste n’entre pas en ligne de compte comme critère pour une édition originale.
La discographie de Leonid Kogan comporte plusieurs pièces qui vont chercher dans les milliers d’euros pour une de ces fameuses copies originales, je me suis arrêté sur les deux plus prestigieuses, celles où il est en soliste. J’en avais programmé une il y a dix mois, la deuxième celle qui concerne Beethoven, mais comme entretemps elle a écrasé son record de plus de 2000 euros, je la remets. J’ai mis les clips qui correspondent aux disques. Je ne suis pas un féru de musique classique, mais il y a certains trucs que j’aime bien et je dois dire que la « Symphonie Espagnole » ne manque pas d’un certain charme. Quoiqu’il en soit, c’est un virtuose qui a marqué une époque et payer plus de 12000 euros pour une de ses interprétations est une sorte de reconnaissance.

Angleterre 1960 – Leonid Kogan, Columbia SAX 2329. Meilleure enchère sur Ebay, 9726 euros
Édouard Lalo – Symphonie Espagnole
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Angleterre 1959 – Leonid Kogan, Columbia SAX 2386. Meilleure enchère sur Ebay, 12277 euros
Beethoven -Violin Concerto In D Major, Op. 61

Edouard Lalo – Symphonie Espagnole

Beethoven -Violin Concerto In D Major, Op. 61

Documents

Leonid Kogan – Cantabile, Paganini

Lonid Kogan plays Beethoven Violin Concerto 1977

Toujours la même chanson

Il est toujours curieux d’entendre une chanson que l’on connaît bien dans une autre langue. Le phénomène de reprendre une chanson connue dans une autre langue est un phénomène planétaire. La mélodie reste, mais la consonnance d’une langue peut lui donner une ambiance différente.

Statistiquement c’est la deuxième chanson dont il existe le plus de versions enregistrées, plus de 2500. Pour votre curiosité, celle qui est à la première place est le fameux « Voici Noël », loin devant avec près de 4000 versions dans un grand nombre de langues. Les chants de Noël squattent d’ailleurs les premières places.
A l’origine « Summerime » figure dans un opéra « Porgy And Bess » qui raconte un épisode de la vie des Noirs à la fin des années 1920 en Caroline du Sud. Le compositeur en est bien évidemment le célèbre George Gershwin et son frère Ira pour les paroles. C’est la chanson la plus connue de l’opéra, mais d’autres font aussi bonne figure comme « It Ain’t Necessarily So » dont il existe de nombreuses reprises. C’est le type même de la chanson qui est mise à toutes les sauces, dans tous les styles, on oublie presque qu’elle fait partie d’un opéra à l’origine. Au fil du temps, elle revient dans l’actualité avec des reprises qui lui donnent un nouveau cachet, celle de Ricky Nelson en 1962, Billy Stewart en 1966, ou celle de Janis Joplin en 1968 qui reste un monument.

Summertime

Abbie Mitchell, version originale 1935

John William – C’est L’Eté (1960) aussi par Isabelle Aubret

en français

Joey Diana – Fille De Brouillard (1983)

en français autres paroles

Patti Kim (1962)

en coréen

Kenneth Spencer – Sommerzeit (1954)

en allemand

Tony Ronald – Verano (1967)

en italien

Minnesota Klezmer Band – Klezmerica  (1999)

en yiddish

Soweto String Quartet – Summertime (2003)

en zulu