Des dessous pour un siècle (2)

Un siècle d’histoire en dessous – Voir le chapitre 1

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Le soir du 31 décembre 1899, on se prépare à faire la fête, il y a même quelques éclairs et coups de tonnerre qui s’invitent dans le ciel de Paris. Si on prend la peine de lire la presse locale, on constatera que la plupart des journaux font l’impasse sur le changement de siècle, c’est à peine si on le souligne. Il est vrai que l’époque est plutôt tristounette. On parle encore de choléra, l’antisémitisme fortement exacerbé par l’affaire Dreyfus est toujours présent. Monsieur Loubet est président de la République et il prépare l’exposition universelle qui s’ouvrira à Paris au mois d’avril. Le gouvernement est bien entendu à droite, mais les tensions sociales et la gauche sont de plus en plus présentes dans le quotidien. Le plus souvent, on demande juste de quoi vivre décemment et surtout du travail.

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 Paris 1900 lors de l’expo

La bourgeoisie est la seule vraiment concernée par les apparats de la fête et ne s’en prive pas. L’observateur présent ce soir-là remarquera les dames toujours cintrées dans leurs corsets, la taille de guêpe est de rigueur. Pourtant, de plus en plus de mouvements féministes revendiquent des corps libérés de ce carcan. Entre les pour et les contre, une véritable petite guerre se fait à coups de slogans. Pour les contre dans une version modérée, on tente d’apporter quelques modifications que l’on pourrait qualifier de techniques. Un corset mis au point par une doctoresse, Mme Gaches-Sarraute se voit gratifié du non de « corset de santé » baptisé vulgairement le « sens ventre ». C’est au niveau des baleines et de la compression qu’elles exercent que se situe le changement, le tout agrémenté d’un laçage au ventre. La silhouette de la femme apparaît très serrée au ventre s’élargissant en dessus et dessous. Il s’approche du « tightlacing » que l’on connaît aujourd’hui. Le lobbying existe déjà, les fabricants de corsets, surtout les puissants, défendent leur profession. A part le fait de donner une silhouette de rêve à celles qui le désirent, le résultat est peut-être encore pire. Il est presque encore plus impossible de s’asseoir, de se baisser ou simplement de rire. Il n’est pas rare que les femmes s’évanouissent. Il n’empêchera pas le fait de connaître un succès quasi mondial et retentissant. 

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Les contre sont plus réalistes, appuyés par des médecins qui se veulent éclairés, ils mettent en doute les effets bénéfiques que les pour mettent en avant pour le défendre. Et la guerre continue…

La santé, voilà un maître-mot de l’époque. Il est vrai que c’est une préoccupation majeure. On meurt encore de maladies infantiles, on en reste parfois infirme. La salubrité des lieux d’habitation est souvent en option. La médecine, bien plus évoluée qu’au moyen-âge ne guérit toutefois pas tout. Le sous-vêtement n’échappe pas aux tentatives de clarifier la situation de l’homme face à la santé.

Ci-dessous. On profite de la guerre déclarée au corset pour une analyse qui n’est en fait de compte que de la publicité.

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Les évolutions techniques du corset font encore peur à certaines.

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Si le corset est montré du doigt, on cherche aussi d’autres moyens d’apporter une amélioration au bien-être. La laine est mise en avant. Selon certains, elle est une réponse très satisfaisante aux problèmes liés à la transpiration et autres sécrétions corporelles, sources de maladies à ce que l’on croit. Elle est aussi un rempart contre le froid, autre source de maladie, on meurt facilement d’une pneumonie.

La femme, quand elle ne parte pas un corset, ne se promène pas nue pour autant. Le déshabillé est de rigueur. En mousseline ou en soie, il n’est pas vraiment considéré comme indécent s’il n’est pas franchement transparent. Les dames du monde, les comédiennes peuvent recevoir dans leur loge ainsi accoutrées. On peut quand même considérer que c’est une faveur d’apercevoir quelqu’un dans cette tenue, cela fait partie des avantages quand on est introduit dans le beau monde. Par contre, dans le beaucoup plus indécent figurent la lisière d’un bas avec jarretière ou jarretelle apparente. Cette jarretelle qui commence à se faire plus présente a connu aussi ses déboires de jeunesse. Ferréol Dedieu qui en est le créateur présumé à très certainement fait sans le vouloir un plagiat. Les historiens  qui sondent les fonds de la petite histoire affirment que sous Louis XIV, il existait un système semblable pour tenir le bas. Il serait simplement tombé en désuétude pour des raisons inconnues.

S’il a fallu un bon quart de siècle pour que la jarretelle soit prise en considération, la raison en est plus connue. Il pensait certainement soulager la femme du corset, c’est pour cela qu’il mit ses jarretelles sur une simple ceinture, un ancêtre du porte-jarretelles d’aujourd’hui. La femme fut réticente  plus par son manque d’attrait, sobre, sans dentelles ou broderies, que par le système lui-même. La femme d’alors qui avait l’habitude de se couvrir le corps presque entièrement en sous-vêtements trouva certainement cela minimaliste, mais les mœurs évolueront, lentement il est vrai.

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Les premières jarretelles n’ont pas la finesse de celles que l’on verra plus tard. C’est rappelons-le, un objet qui se veut plus usuel que sexy. Elle est fixée sur de gros élastiques qui auraient très bien pu servir de fronde pour lancer des boulets de canon.

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Dans toute évolution de la mode, ce sont souvent des initiatives isolées qui font qu’elle tend vers un changement. La disparition totale du corset, moins une poignée de nostalgiques n’y échappe pas. En voici quelques prémices…

1900

La championne du monde de natation, Annette Kellermann adopte un costume de bain semblable à celui des hommes. Enorme scandale, elle est carrément arrêtée par la police.

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Annette Kellermann 1887-1975, de descendance anglo-française naît en Australie. Atteinte de polio, son médecin lui conseille la natation. Elle deviendra championne de natation et tentera aussi, sans succès, la traversée de la Manche. Elle milite pour les droits de la femme et notamment le port du maillot de bain une pièce. On la verra aussi au cinéma muet dans des rôles de nageuse.  C’est une pionnière de la danse synchronisée et une végétarienne convaincue.

Un corset sans baleine voit le jour, il faut oser le porter ce qui n’est pas encore gagné.

Premier spectacle de nu aux Folies-Pigalle, on s’y presse.

1902

Dans les écoles, on tente d’interdire le corset aux élèves. On devra y renoncer, car les jeunes filles ont des robes prévues pour être portées avec.

Les premiers tailleurs font leur apparition, on ose porter des robes qui ne balaient juste pas les trottoirs, toutefois on est encore très, très, loin de la minijupe.

Une certaine transparence attire le regard des hommes sur les blouses avec devant en V, laissant apparaître le début de la poitrine.

Apparition dans certains pays germanophones d’une tenue noire très austère pour les femmes, ceci toutefois sans corset.

1903

La célèbre Isadora Duncan danse les pieds nus, 62 ans avant l’icône anglaise des sixties Sandie Shaw.

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Le « cake walk » une danse dérivée de la musique noire permet aux femmes qui le dansent de s’afficher avec des décolletés prometteurs, les robes sont simplement retenues aux épaules par un mince bout de tissu ou de ruban.

Compléments extraits journaux et sources diverses

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Des dessous pour un siècle

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Il m’a paru intéressant d’ouvrir une série d’articles sur l’histoire contemporaine des dessous. Entendons par contemporaine une époque qui va de la fin du XIX ème siècle à nos jours. Dans un blog dédié au bas nylon, il est bien évident que s’il peut en constituer l’épine dorsale, il n’est jamais seul. Il entraîne dans son cortège une série d’accessoires qui sont ses cousins, un festin sensuel qui ne peut se concevoir sans les entrées et les desserts. Le nom générique qui les désignent est dessous, tout en situant leur place dans la succession vestimentaire. Il m’a également paru intéressant de rechercher dans la presse quotidienne quelques articles ou publicités dans lesquels ils apparaissent, les replaçant dans le contexte d’une époque ou d’une autre (les reproductions de textes sont cliquables pour une meilleure lecture si nécessaire). Nous nous arrêterons surtout aux sous-vêtements que l’on porte pour sortir, ceux qui se dévoilent lors du déshabillage, ceux qui sont l’apanage de la femme.

Pendant des siècles, les dessous ont peu évolués. Ils remplissaient la fonction qui leur est attribuée, cacher pudiquement certaines parties du corps, tenir chaud, ou les deux à la fois. Chez le peuples qui ont acquis un certain degré de civilisation, un troisième phénomène se greffe, il assume une certaine coquetterie. Même s’il est invisible,  il assure un modelage du corps, le corset en est une évidente démonstration. Tout est dans l’air du temps, on veut se présenter sous tel ou tel critère, on en arrive à la mode. Sous la morale judéo-chrétienne, le pouvoir de suggestion devient très fort, on ne montre rien ou pas grand chose, mais on donne l’envie d’en savoir plus. Les dessous attisent cette envie de découverte, essentiellement pour le sexe dit fort. Ironiquement, on n’est pas loin de certains comportements que l’on retrouve chez certains animaux. La femelle se pare de mille atours pour séduire le mâle.

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A la fin du 19 ème siècle, les dessous n’ont pas encore conquis tout le monde, il sont adoptés par une certaine catégorie de personnes, le plus souvent à partir d’un milieu plus ou moins aisé. C’est presque normal, le révolution industrielle n’a pas encore procuré un certain train de vie à tout le monde. Alors les dessous qui en principe ne se voient pas, ne sont pas jugés comme indispensables, on pense d’abord à manger ou payer son loyer.

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Bien évidemment les dessous existent, mais se résument à ce que l’on connait encore de nos jours en version expurgée. Pour la femme, le choix est surtout mis en musique par le corset qui assume à peu près l’intégrale des besoins de la condition féminine, maintenir le ventre et la poitrine et éventuellement moduler le corps. Il commence après des siècles de domination d’être remis en cause, plus assimilé à la torture qu’une véritable nécessité.  Il existe même des cache-corsets, il fallait bien titiller encore un peu plus le regard des hommes.  Il y a bien sûr le bas qui couvre la jambe, c’est une obligation qui souffre peu d’exceptions, même aller prendre un bain à la mer jambes nues en soulevant le bas de sa robe frise l’indécence. Les robes sont tellement longues que le problème est résolu dans la plupart des cas. Depuis des siècles ce bas est tenu par une jarretière qui se résume parfois à une simple ruban que l’on serre autour du bas. La jarretelle existe, invention attribuée à Ferréol Dedieu en 1876, mais elle n’est de loin pas encore fixée systématiquement au corset. Ce n’est qu’à partir des années 30 que l’on peut considérer la jarretière comme anecdotique. La culotte et parfois une camisole figurent dans l’assortiment. On est très loin du string d’aujourd’hui quand on parle de culotte, pensez à l’expression culotte de grand mère, cela vous donne une juste idée de la chose. La liseuse est un sous-vêtement d’intérieur proche parent de la robe de chambre. Le jupon fait aussi partie des accessoires, c’est peut-être lui qui a le plus enflammé jadis l’esprit masculin. Le thème revient très souvent dans les vieilles chansons de folklore. Il a la saveur de la vision friponne permise accidentellement, mais pas tout à fait improbable. Montrer son jupon pouvait être considéré comme une invitation. Quand j’étais jeune, on disait encore couramment d’une dame dont on voyait un bout de jupon ou de combinaison dépasser de la jupe ou de la robe, qu’elle cherchait un mari ou un amant. Le soutien-gorge qui existe depuis l’antiquité, n’a pas encore sa forme définitive actuelle. Il s’agit souvent d’un bandage enroulé qui maintient les seins. On sait que des conceptions très proches de celles d’aujourd’hui existaient déjà au 14 ème siècle. Son apparition définitive en version moderne se situe juste après 1900.

Pour les hommes, c’est bien plus simple. Un caleçon à longues manches, une camisole ou un gilet de flanelle sont l’apanage de leurs dessous. Notons quand même les affriolants fixe-chaussettes qui connurent leur heure de gloire en concurrence avec la jarretelle féminine, mais c’est encore une création à venir.

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Vers 1900, la femme n’est pas tellement différente de celle d’aujourd’hui dans l’art de s’habiller, elle veut être belle, coquette, et surtout le montrer. La grande différence, ce sont les moyens dont elle dispose en relation avec ce que la décence permet. On parle beaucoup de femmes portant un foulard actuellement, mais en 1900 dans la rue, on ne voit que le visage de la femme dans les beaux quartiers. Il est évident qu’à cette époque, avoir un visage disgracieux ne permettait pas tellement de se mettre en valeur en usant d’artifices. Tout au plus elle pouvait afficher une belle silhouette et des vêtements de luxe si elle en avait les moyens. Ceci concerne en premier lieu une certaine classe de la bourgeoisie, le femme qui fréquente les lieux plus populaires est un rien plus décontractée, elle ne s’affiche pas forcément avec un chapeau et un manteau, ses cheveux sont libres, ses bras en partie visibles s’il fait chaud. Chacune a son territoire, on ne se mélange pas volontiers.

La femme de la Belle Epoque qui s’habille se soumet à un cérémonial plutôt compliqué. On peut s’imaginer ce qu’il serait advenu à la femme réveillée en pleine nuit par l’incendie de sa maison et qui veut la quitter en toute dignité. Elle enfile chemise, corset, cache-corset, bas, jarretière, jarretelles, une sorte de pantalon qui en se raccourcissant deviendra la culotte, un jupon de dessous, un de dessus, remplacés plus tard par la combinaison. C’est le version intégrale, elle peut être simplifié par certaines dames, mais ne croyez pas que c’est la règle la plus courante.

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C’est un des paradoxes de la mentalité féminine d’alors, elle se soumet volontiers à son rituel d’habillement, mais d’un autre côté elle réclame son émancipation, chose que le mâle rechigne plutôt à lui accorder. On a vu de beaux exemples à la cour des rois de France de femmes qui savaient être égales, même supérieures à l’homme. Ceci dans bien des domaines la littérature, les arts, il n’y a guère que la chose militaire qui leur échappe et encore. A travers les premiers mouvements féministes, le femme décide de prendre son destin en main et le revendique. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais cela se fera et malgré le mépris masculin, elle y parviendront plutôt bien. Les prémices de cette révolution une fois entamés, ce n’est pas tellement le droit de vote qu’elles réclameront le plus fort, mais la mise au rencart du corset.

Dans le prochain chapitre, nous verrons les pour et les contre de cette révolution, les arguments, tout en soulevant les robes pour voir visuellement ce qu’il y dessous.

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Cette article paru en 1901 est tirée d’un roman. Une doctoresse, chose encore peu courante, présente une thèse où il est question du corset. C’est aussi là où j’ai fait mes recherches que je trouve mentionné le mot jarretelle pour la première fois. Selon la plupart des historiens, elle a été inventé par Ferréol Dedieu en 1876, mais n’a de loin pas encore conquis toutes les fabricants et les dames qui continuent à porter la jarretière. 

Promenade à la lisière des bas avec le poète

A la manière du poète, enfin j’espère un peu, promenons-nous encore une fois à la lisière des bas.

A la lisière de mes désirs

C’est une jambe sur laquelle chante un bas,

Titillant votre oeil coquin et ravi,

Il  charme vos égarements

Du talon qui brille dans un soleil d’argent,

Au pli fier  et doux,

Filant sous l’ombre des jupons

Dans la mousse des  couleurs,

Votre   regard s’enhardit,

Vers la lisière  sombre et désirée

Votre rêve se pose,

Parfum somnolant sur la fleur,

Il se prélasse dans la chaleur de son nid

La chance dans un sourire,

Vous bercera de hasards,

Promesse furtive de délices

Sous la source tiède et généreuse,

Passera  votre souffle complice,

Sur la jambe où chante un bas

Buick et bas coutures – 1 – Coup de foudre –

Tout commence en 1957, j’ai sept ans. Mes parents sont encore très jeunes, moins de trente ans chacun. Mon père est professeur de mathématiques au collège de Casablanca, quand à ma mère elle est surveillante dans ce même collège. Si lui, né dans le Nord est plutôt discret, voir effacé, elle, originaire du Sud de la France est franchement extravertie.

Mes parents se sont connus à Bordeaux pendant leurs études que ma mère n’a pas terminées. Malgré leurs deux salaires modestes de début de carrière, ma mère ne lésine pas à la dépense et affiche des goûts de luxe. Les sorties sont très fréquentes, elle va chez le coiffeur et l’esthéticienne une fois par semaine, et elle arrive à entretenir une gouvernante française, on disait une bonne, qui s’occupe du ménage, de la cuisine, et de moi évidemment.

La contrepartie de ces dépenses est que nous habitons dans un appartement de trois pièces au rez-de-chaussée d’un immeuble d’une cité modeste, essentiellement occupé par des enseignants et des fonctionnaires français. L’espace est compté, une pièce principale qui tient lieu de salon et de salle à manger, une chambre pour mes parents et la seconde chambre pour la bonne et moi. Le matin, comme la salle de bain est occupée par les parents, la bonne me fait faire ma toilette debout dans l’évier de la cuisine dont la fenêtre donne, à ma plus grande gêne, sur le large trottoir-parking devant l’immeuble.

Nous sommes bien installés dans cette vie plutôt facile et agréable, mon père partage ses loisirs entre la pêche et les cartes entre amis, ma mère se passionne pour les revues de mode et de beauté et passe beaucoup de temps à se confectionner ses propres vêtements.

La guerre a amené au Maroc de nombreux militaires américains qui sont restés pour entretenir des bases en Afrique du Nord. L’une d’elle est installée sur l’aéroport de Nouasseur à une vingtaine de kilomètres de Casablanca. Ces militaires fréquentent volontiers les occidentaux du Maroc, ainsi mes parents se sont-ils liés d’amitié avec un capitaine de l’armée américaine et sa famille, les Darrymore.

Un jour nous sommes invités chez eux à Nouasseur et, en arrivant dans notre petite Fiat noire, ma mère repère sur le parking de la base une grosse décapotable bleue et blanche. Elle nous fait faire un petit détour pour jeter un coup d’œil sur cette voiture que je trouve bien poussiéreuse et je l’entends dire à mon père, « mon rêve ! ».

Il lui répond qu’il leur faudrait faire un autre métier plus rémunérateur pour pouvoir s’en payer une et la conversation s’arrête là. En fin d’après midi, en repartant, ma mère nous entraîne à nouveau pour regarder cette voiture et je peux lire dessus qu’il s’agit d’une Buick. C’est vrai qu’elle est sacrément plus impressionnante que notre Fiat et qu’il doit être chouette de se promener sans toit au-dessus de la tête.

Environ un mois et demi plus tard, nous sommes de nouveau en visite chez les Darrymore et, en arrivant, la grosse voiture est à la même place, encore plus poussiéreuse que la dernière fois. Ma mère la voit tout de suite et fait remarquer qu’elle ne semble pas avoir bougé. Cette fois encore nous avons droit au détour pour la regarder et pendant le déjeuner ma mère questionne les Darrymore sur cette merveille qui semble abandonnée.

Effectivement, Monsieur Darrymore lui répond qu’elle appartenait à un jeune GI’s qui l’a beaucoup bricolée, comme tous les jeunes américains, puis l’a laissée là, à la fin de son service militaire. Très intéressée, ma mère demande si elle ne serait pas à vendre ? Pour lui faire plaisir, les Darrymore nous accompagnent sur le parking pour voir la voiture de plus près. Monsieur Darrymore qui à l’air de s’y connaître en matière d’automobile, montre les transformations les plus flagrantes que le GI’s a faites.


Il ouvre la portière du conducteur qui n’est même pas fermée à clef et explique que le sens d’ouverture a été modifié pour que la porte s’ouvre de l’avant vers l’arrière. Cela vient de la mode des courses en ligne droite vers une falaise lancée par un film de James Dean. Deux conducteurs s’affrontent et freinent au dernier moment avant d’atteindre la falaise, le gagnant est celui qui s’arrête le plus près du bord de la falaise.

Bien sur, il s’agit d’un jeu très dangereux et, en fait, peu pratiqué, mais lorsque l’optimisme du chauffeur ou qu’une défaillance des freins ne permettent pas de s’arrêter, alors la seule issue pour le concurrent consiste à sauter par la portière et abandonner sa voiture au vide. C’est ainsi que les plus inconscients, ou les plus frimeurs, inversent le sens d’ouverture des portières s’interdisant ainsi la possibilité de sauter car ils seraient happés par la porte ouverte. Le coté dangereux de cette transformation est traduit par le nom de « portes suicides » donné par les jeunes à ces portières inversées.

Ma mère est très amusée par cette histoire et examine l’intérieur de la voiture.

– Tu as vu tous ces boutons, il y a même la radio, dit-elle à mon père. Celui-ci semble moins enthousiaste et indique qu’avec un jeune fou comme propriétaire le moteur doit avoir sérieusement souffert. Monsieur Darrymore va vers l’avant et lève le capot. Il sourit, appelle mon père et lui dit. –

C’était un sacré bricoleur notre militaire, regardez, c’est un vieux moteur de Chevrolet d’avant guerre qu’il a installé. Avec ça il ne risquait pas de faire d’excès de vitesse, c’est très rustique mais ça consomme nettement moins que le moteur d’origine de la Buick qui est un gros huit cylindres.

On continue d’examiner la voiture, dans le coffre il y a un tas de pièces mécaniques. Enfin ma mère demande si on peut ouvrir la capote, ce que mon père et monsieur Darrymore font sans trop de mal. Elle se recule, admire la voiture en s’extasiant sur sa ligne quand la capote est baissée puis finit par s’installer au volant en faisant semblant de conduire le coude à la portière.

– Qu’est-ce que vous en pensez ? Cela m’irait bien comme voiture, non ?

– Une vraie actrice d’Hollywood, si ça vous intéresse, je peux me renseigner pour savoir si son propriétaire a laissé les papiers à quelqu’un pour la vendre, propose monsieur Darrymore. Les jeunes militaires font souvent ça entre eux, mais il y aura pas mal de travail à faire dessus car elle est plutôt en mauvais état. Ma mère acquiesce, enthousiaste.

– Oh oui ! Ce serait bien si elle était à vendre pas trop cher, je la trouve vraiment superbe.

En rentrant, elle n’a qu’un sujet de conversation, la Buick à qui elle ne trouve que des qualités.

– Bien sur elle aura besoin d’un coup de peinture et d’un bon nettoyage, mais elle en vaut la peine. Mon père est plus préoccupé par la mécanique.

– Tu as entendu, c’est un vieux moteur de Chevrolet qui est installé dedans.

– Oui, Jack a dit que ça ne consommait pas beaucoup.

– Justement, rétorque mon père, le moteur doit manquer de puissance par rapport à cette énorme voiture, il paraît bien perdu sous ce grand capot.

– De toutes façons, tu n’as pas l’intention de faire les 24 heures du Mans, coupe ma mère qui continue de rêver.

Quelques jours plus tard, un coup de fil de Jack Darrymore annonce qu’il a trouvé les papiers de la voiture et que le nouveau propriétaire est prêt à discuter une vente éventuelle.

Dès le dimanche suivant, nous nous retrouvons sur la base de Nouasseur pour discuter avec un jeune soldat américain qui ne parle pas un mot de français, mais ma mère a fait deux années d’anglais à l’université et c’est elle qui mène la négociation. Je ne comprends pas à quel chiffre ils arrivent, mais de toute évidence ce ne doit pas être bien cher car même mon père se laisse convaincre, alors qu’il était resté très réservé jusque-là.

Les Darrymore ne sont pas là, peut-être monsieur Darrymore aurait-il tempéré l’enthousiasme de mes parents, mais le marché est conclu et rendez-vous est pris pour la semaine suivante afin de matérialiser la transaction et d’emmener la voiture. Le vendeur suggère à mon père de venir avec une batterie neuve car il a constaté que celle de la voiture était morte et qu’il ne pouvait pas la faire démarrer. Il avoue que depuis que son copain lui a laissée, cela fait plus de quatre mois, il n’a pas eu le temps de s’en occuper. Mon père regarde sous le capot, c’est du six volts dit-il, c’est tout de même un vieux moteur !

Encore une semaine et nous nous retrouvons à Nouasseur pour le troisième dimanche consécutif. Cette fois, informés de la conclusion de l’achat, les Darrymore nous attendent. Mes parents remplissent des formulaires avec le vendeur et lui remettent une enveloppe d’argent liquide en échange des papiers de la Buick. Après un café, tout le monde rejoint la voiture pour la remettre en marche avec la batterie neuve que nous avons amenée. Son montage est rapide, et mon père s’installe au volant. Le jeune américain lui explique comment on passe les vitesses avec le levier derrière le volant, mais de toute évidence, il n’en sait guère plus sur le maniement de la voiture.

Mon père met le contact et un gros voyant rouge s’allume sur le tableau de bord. Avec l’aide de monsieur Darrymore il trouve le bouton du starter, mais rien ne semble commander le démarreur. Il tire sur différents boutons, en pousse d’autres, en tourne certains ce qui permet de trouver les commandes de phares, d’essuie-glaces, de clignotants, bref tout semble fonctionner sauf le démarreur.

Le jeune soldat américain et monsieur Darrymore regardent dans le moteur et concluent rapidement qu’il n’y a tout simplement plus de démarreur dans le moteur. A ma surprise, c’est ma mère qui trouve la solution.

– Il y a des pièces dans le coffre, peut être qu’il y est, dit-elle.

Visite immédiate du coffre, ponctuée par un yeeaaah… américain. Le jeune vendeur brandit une grosse pièce cylindrique noire avec des fils électriques, qui de toute évidence, est le démarreur. –

Impossible de l’installer maintenant, dit Jack Darrymore, on va la pousser, vous le ferez remonter par le garage qui réalisera les travaux de remise en état.

Mon père se remet au volant, mais ma mère lui dit qu’elle aimerait bien conduire pour ramener la voiture à l’appartement, qu’elle a bien regardé comment il faut faire pour passer les vitesses et que ce sera encore plus facile que sur la Fiat puisque, sur cette voiture, il n’y en a que trois au lieu de quatre. Mon père lui répond qu’il vaut mieux qu’il s’occupe de la mise en marche, mais qu’ensuite elle pourra essayer la voiture pour voir si elle peut la conduire pour rentrer. Et nous voilà tous en train de pousser avec entrain. Quelques hoquets et de nombreuses pétarades trahissent la longue immobilisation de la voiture qui finit par démarrer.

Ma mère applaudit visiblement ravie alors que les autres semblent plutôt inquiets.

– J’ai l’impression qu’elle à besoin d’une bonne révision, dit Jack Darrymore. A votre place je ne repartirai pas avec cette après-midi vous risquez de caler au premier croisement, et sans démarreur vous serez bien embêtés. Si vous voulez, je vous la ferai mettre sur une dépanneuse dans la semaine pour l’amener chez votre garagiste, ce n’est pas un problème pour moi, nous avons ce qu’il faut à la base. Mon père approuve et remercie, mais ma mère est terriblement désappointée.

– On ne peut pas repartir avec ? Elle marche !

– Elle tourne tant que j’accélère mais elle va caler si je lâche l’accélérateur. Et joignant le geste à la parole mon père lève le pied et le moteur s’arrête aussitôt.

– C’est parce qu’il faut qu’elle chauffe un peu, tente ma mère. Mais Jack Darrymore trouve les mots qu’il faut.

– Qu’allez vous faire d’une voiture sans démarreur devant chez vous? Il faudra la pousser pour qu’elle reparte. Il vaut mieux qu’elle passe d’abord chez le garagiste et que vous la rameniez quand elle sera impeccable.

Cet argument atteind ma mère, mais elle demande quand même à faire un tour dans la Buick capote baissée avant de repartir. Mon père et Jack Darrymore décapotent la voiture, puis mes parents s’installent, ma mère laissant finalement le volant à mon père.

Les Darrymore, l’Américain et moi poussons la voiture qui pétarade longuement avant de redémarrer dans un nuage de fumée. Sans la laisser ralentir, mon père fait deux ou trois tours sur le parking de la base avec ma mère ravie qui nous fait des signes de la main. Enfin ils ramènent la voiture à sa place. Rendez-vous téléphonique est pris avec Jack Darrymore pour lui donner l’adresse du garagiste où amener la voiture et nous partons en lui laissant les clefs.

Le retour est joyeux, ma mère convient que c’est bien plus raisonnable de faire comme ça et imagine déjà l’arrivée triomphale de la grosse Buick repeinte à neuf devant notre immeuble. Elle ne se lasse pas de nous lire et relire la carte grise et c’est ainsi que j’apprends qu’il s’agit d’une Buick Roadmaster de 1948.


 

Chapitre suivant

Porter des bas, les conseils de Miss Nylon

Miss Nylon est une grande pourfendeuse du manque de féminité qui s’étale dans la vie quotidienne, pour la rendre ennuyeuse comme un mois où il ne cesse de pleuvoir. Point de pantalon maudit, de short maléfique, de collant infernal, la féminité est ailleurs. Nul doute que la cause qu’elle défend n’a aucune peine à rallier l’approbation du sexe opposé. Ces hommes qui rêvent timidement en soupirant à une femme sortie d’un catalogue de lingerie coquine, qui soudainement se mettrait à prendre vie  grâce à une fée invisible. Et que je t’admire ces jolis bas tenus par un porte-jarretelles, qui se mettent  à danser un slow autant imaginaire que langoureux sous des yeux émerveillés. Mesdames, croyez-vous que les fées existent? A vrai dire je n’en sais trop rien, mais ne me dites pas que nous ne voulez pas en devenir une.  Je veux bien croire que la prochaine ce sera vous, point n’est besoin de formule magique pour en devenir une. Il suffit de peu de choses  et   c’est ce que l’on pensera  alentour. Vous qui avez regardé sans aucun doute ces belles lingeries qui étalaient leurs tentations dans la vitrine devant laquelle vous passiez, vous avez hésité. J’aurais l’air ridicule, ces trucs là ça fait mauvais genre, c’est un déguisement, avez-vous pensé. Allons, allons, des clichés, des clichés qui ont la vie dure et qui vous cachent tous les avantages que vous pouvez en tirer. Des avantages? Si la lueur qui brille dans l’oeil de votre compagnon, et que vous n’aviez jamais vue auparavant n’en est pas une, c’est que vous ne connaissez pas la fée avec qui je vais vous laisser. C’est une experte, qui porte des bas depuis toujours et même depuis plus longtemps encore. Elle n’est point jalouse de voir la féminité reconquérir le monde, c’est son plus cher désir. Ses petits secrets, ses expériences, elle les prodigue volontiers aux débutantes, afin qu’elles deviennent la féminité de demain enfin retrouvée. Suivez ses conseils, pas à pas, mais chaque pas avec les jambes couvertes de nylon, le vrai, celui qui fait rêver. La route sur laquelle elle vous emmène commence à peut-être et finit à toujours. Voici Miss Nylon...

Première étape

Je crois qu’il ne faut pas débuter tout de suite par un porte-jarretelles et des « vrais » bas nylon fins (cristal). Il faut y aller progressivement (comme j’aimerais donner des cours, non plus de français, mais de port idéal du porte-jarretelles et des bas !). Commencer par des bas fins qui tiennent tout seul, plutôt élastiques (je déteste, personnellement, mais je m’adresse aux « novices » et à leurs hommes, eux qui vont chercher à les guider). La femme (adepte des collants) va s’habituer peu à peu à la nudité du haut de ses cuisses, de ce petit courant d’air dont elle n’a pas l’habitude (petite parenthèse : un de mes amis passionné et homme raffiné appelle cet endroit « la bande d’arrêt d’urgence », j’adore).
Elle va apprendre à vivre avec, et avec le risque qu’un œil averti détecte ce haut qu’elle ne peut pas toujours cacher (coup de vent, jambes croisées un peu haut, etc.). Et alors ? c’est si polisson ! Et elle « se fera une raison », de plus en plus à l’aise qu’elle sera au fil de ses sorties.

Deuxième étape

La deuxième étape sera l’achat du porte-jarretelles. C’est là qu’il ne faut pas se tromper. A bannir les petits porte-jarretelles trop fins et trop élastiques. Ils ne tiennent rien, glissent sur les hanches et sont très inconfortables au bout d’un moment. Et les bas vont bien évidemment « tire-bouchonner », plisser et dégoûter à jamais d’en porter.
Le secret est un serre-taille le plus large possible, de grande marque (tant pis pour la dépense, ils savent faire, c’est leur vrai métier). Il va bien se coincer sur les hanche, prendre sa place, et sera même très agréable à porter avec en prime un effet gainant non négligeable. Il m’arrive souvent de porter un serre-taille sans bas tellement c’est agréable de se sentir ainsi bien maintenue.
Puis deuxième étape bis : l’achat de bas avec du lycra, qui va coller et épouser la jambe. Il peut être fin, mais surtout pas en nylon cristal. Il faut tout un temps d’apprentissage. La femme ainsi parée va petit à petit se sentir à l’aise et s’habituer. Elle ne se demandera plus si ses bas sont bien tendus, s’ils ne plissent pas. Elle aura gagné son droit de passage à la troisième étape si elle oublie totalement qu’elle porte un serre-taille et des bas, et qu’elle se sent bien dans sa peau (sa seconde peau !).

Troisième étape

Le port de bas en vrai nylon cristal super fin. Le must, pour elle, et enfin pour lui (et pour eux qui n’ont d’yeux que pour nos jambes gainées !). Si le serre-taille est bon et qu’il fait bien son boulot, si les jarretelles jouent bien leur rôle d’amortisseurs, les bas ne plisseront pas (ou si peu au creux de la cheville – mais c’est ça qui les rend si érotiques ! – au fait, savez-vous que ces petits plis s’appellent des « grimaces », c’est un vieux prof de français un peu coquin qui me l’a appris il y a bien longtemps). Et notre apprentie achèvera son parcours d’initiation et sera ainsi prête à plaire à son homme.
Je puis vous assurer que si tout se passe bien, si ces différentes étapes sont bien respectées, si la femme arrive à se sentir totalement à l’aise, elle ne voudra plus rien porter d’autre et jettera ses anciennes paires de collants au feu (sauf ceux en laine pour les grands froids, il ne faut pas trop en demander, quand même !). Et quand, de surcroît, elle surprendra le regard amoureux, attendri et coquin de son homme, elle se demandera pourquoi elle n’y a pas pensé avant. Et petit à petit, elle aimera aussi les regards des autres hommes dans la rue. Ce regard est sans arrière pensées, juste admiratif (dans sa tête, je vous assure qu’il se dit « quelle femme féminine, elle a osé et elle assume »). Mesdames, osez, vous vous sentirez différente, de la même manière que vous vous sentez une autre quand vous chaussez vos hauts talons, sans jeu de mots, cela procède de la même démarche. Vous me comprenez…
Retenez bien cette équation : bon serre-taille + bas en vrai nylon fin + jolis hauts talons = femme différente et féminine + homme comblé. Et il n’y a aucune inconnue dans cette équation, croyez-en ma longue expérience !

Quatrième étape

C’est le port de bas coutures ! Le must absolu. Quand on est devenue adepte des bas nylon, l’étape à franchir est négligeable. Là aussi, on va se sentir doublement différente. C’est facile à assumer, il suffit d’oser et de le vouloir. Et puis, ce n’est pas si difficile que cela, le vintage revient à la mode. Une seule recommandation : n’en faite pas trop, le clair dans la journée (je vais sans problème au lycée avec tous les jours, et je n’ai jamais entendu la moindre remarque, ni des élèves, ni de mes collègues) et le noir pour les sorties du soir.
Je vais me permettre encore quelques conseils : les coutures, elles doivent être droites et le rester toute la journée ! Le secret : enfiler ses bas une première fois, soigneusement (investir dans un grand miroir en pieds) et laisser le nylon prendre la température de la peau. Les enlever, puis les remettre. Veiller à ce que les jarretelles soient bien à la verticale (pas facile car on se contorsionne un peu)

Si la couture n’est pas tout à fait droite, surtout éviter de tirer sur votre bas, il reviendra en quelques instants dans sa mauvaise position initiale et la couture ne sera pas dans son bon axe. Il faut prendre le temps de retirer son bas et le remettre comme il faut. Je sais, c’est tout un cérémonial, surtout quand on est pressée le matin. Mais c’est ainsi, tout comme nous passons du temps à nous maquiller ou à nous vernir les ongles ! Ça peut paraître futile et il y a plus important dans le monde, mais là nous parlons de bas coutures, alors parlons-en.
Les bas nylon à coutures ne sont pas un déguisement. Il sont une parure, un bout d’œuvre d’art comme il y en a d’autres, procèdent d’une façon d’être comme tout autre vêtement, de la robe de soirée à la jupe fendue, et sont une façon de se plaire avant de plaire aux autres. Je l’affirme haut et fort, je porte des bas nylon (et le plus souvent à coutures) d’abord pour moi.

Merci à vous Miss Nylon, nul doute que vos conseils éclairés seront d’une grande utilité à tous ceux qui nous lisent.

Les bas font leur cinéma

laura antonelli
Les bas ont souvent été filmés par la caméra. Il y même de très vieux films muets où l’on peut apercevoir des dames se montrant en petite tenue. La plupart de ces films circulaient sous le manteau, il s’agissait de spectacles coquins destinés à mettre un peu de sel dans certaines soirées, encore fallait-il avoir un projecteur. Il y en a même un ou deux qui montrent ce genre de scènes, mais destinées à un public de salles de cinéma. Si ma mémoire est bonne le film allemand « Variétés » de 1925, montre une femme avec des bas. Enfin c’est quand même rare. La vieille bagarre qui a toujours opposé le cinéma américain au cinéma européen peut présenter divers visages. Un aspect notamment, que l’on peut présenter sous l’angle du puritanisme. Le cinéma européen a toujours été moins pudique que son confrère. Un des premiers films très basé sur l’esthétique fétichiste a été « L’Ange Bleu » de Sternberg en 1930, qui montrait la resplendissante Marlène Dietrich en bas et jarretelles, et pas seulement de manière suggérée. Un tel film aurait été impensable aux USA à la même époque, par une production locale. L’Amérique restera pendant longtemps dans le domaine de la suggestion, les dames auront toujours de beaux comportements de femmes fatales, mais elles restent très habillées. C’est peut-être ce qui fait un certain charme à ce cinéma là, il fait travailler les méninges. En France, c’est nettement plus décontracté. Durant les années 30, il n’est pas rare de voir quelques actrices dans des tenues plus ou moins légères, le French Cancan avait plus ou moins préparé les esprits. Malgré tout le strip tease intégral est encore loin. Les choses s’accélèrent dans les années 50, il devient assez courant de voir une dame enlever ou mettre ses bas, c’est un geste de la vie quotidienne en quelque sorte. Je trouve qu’il n’y a rien de plus idiot que ces caméras qui pivotent pour filmer un pot de fleur quand une dame commence à se déshabiller. Paradoxalement, c’est quand le bas commencera à connaître son déclin, vers le milieu des années 60, que les plus belles scènes des bas et de jarretelles viendront sur les écrans. Regrets, goût de la nostalgie, sans doute. Il y a toujours un bon vieux temps, et je crois que dans ce cas précis, il y en a vraiment un. Un cinéaste comme Truffaut n’a certainement pas inclus des tas de scènes avec des bas, comme ça par hasard. Il devait être branché sur le truc. Et de plus il avait les plus jolies femmes autour de lui. Alors…
En d’autres lieux, j’avais mis au point une liste des films qui comportaient des scènes où l’on voit des actrices mettre, enlever, montrer leurs bas. Mon érudition sur le cinéma est assez bonne, mais je n’ai bien sûr pas vu tous les films qui peuvent correspondre à ces critères. Dans la liste établie, il y a bien sûr des manques, des oublis aussi. Alors dans ce que je suis sûr et que j’ai vu complètement, j’ai classé en trois critères spécifiés par des +
+ au moins une scène avec des bas, parfois bref
++ plusieurs scènes ou au moins une très belle scène ou assez longue
+++ scènes nombreuses ou très belles scènes
Pour les films qui n’ont rien d’indiqué, je sais qu’il existe ce genre de scène pour en avoir vu un extrait, mais je suis bien en peine de dire de combien et de quelle qualité sont ces scènes. Je n’ai mis que le titre du film, sans réalisateur, ni année de sortie, travail de titan. J’ai laissé en anglais le titre du film quand je ne connais pas de titre français. Voilà, si jamais vous en connaissez d’autres, votre collaboration est bienvenue. Merci d’avance.

L’Ange Bleu – Marlène Dietrich

Malizia – Laura Antonelli

LISTE DES FILMS (par ordre alphabétique)

1941 ++
36 QUAI DES ORFÈVRES +
39 MARCHES +
40 JOURS 40 NUITS
7 ANS DE MARIAGE.
8 FEMMES ++
9 SEMAINES 1/2
A NOUS LES PETITES ANGLAISES ++
AEON FLUX
AH LES BELLES BACCHANTES +++
AMERICAN COLLEGE ++
AMERICAN PSYCHO
ANATOMIE D’UN TOP MODEL
ANGES DE SANG
AU BOUT DU MONDE À GAUCHE
BASIC INSTINCT
BELLE DE JOUR ++
BETTY
BIENVENUE CHEZ LES ROZES
BLUE MURDER AT ST TRINIANS +++
BOB LE FLAMBEUR
BODY
BOUND
CAPITAINE SKY ET LE MONDE DEMAIN
CARRY ON CAMPING
CARRY ON CRUISING
CATCHFIRE
CHARLIE’S ANGELS 2 : LES ANGES SE DÉCHAINENT
CHERCHEZ L’IDOLE +
CHICAGO
CHOSES SECREES
COEURS PERDUS
CONTES PERVERS ++
CRASH ++
DECOYS 2
DEMAIN NE MEURT JAMAIS
DÉMONIAQUE
DÉSIR MEURTRIER ++
DIABOLIQUE
DUO À TROIS
EMMANUELLE+
EN CAS DE MALHEUR
EN EFFEUILLANT LA MARGUERITE
ESCORT GIRL
EVOLUTION
FACE À FACE
FATALE
FEMME FATALE
FORREST GUMP
HENRY & JUNE
J’AI ÉPOUSÉ UNE EXTRA-TERRESTRE
JANE DOE
JE SUIS DE LA REVUE
LA CHATTE SUR UN TOIT BRÛLANT+
LA CLÉ
LA DERNIÈRE SÉANCE ++
LA DÉROBADE ++
LA FEMME D’À CÔTÉ ++
LA FEMME INFIDÈLE
LA FÊTE À HENRIETTE
LA FIANCÉE DU MISSISSIPI ++
LA FIDELITÉ
LA FIÈVRE MONTE À EL PAO ++
LA GUERRE DES ROSES
LA MARIÉE ÉTAIT EN NOIR
LA PEAU DOUCE ++
LA SIRÈNE DU MISSISSIPI ++
LADY PANAME
L’AFFAIRE THOMAS CROWN +
L’AMOUR AUX TROUSSES
L’ANGE BLEU ++
LAST SEDUCTION
LAST SEDUCTION
L’AUBERGE ESPAGNOLE
LAYER CAKE
LE BARBIER +
LE BON & LES MÉCHANTS
LE BON & LES MÉCHANTS
LE CHARME DISCRET DE LA BOUGEOISIE +
LE COUTURIER DE CES DAMES +++
LE DAHLIA NOIR +
LE DERNIER MÉTRO
LE DÉSORDRE ET LA NUIT
LE DORTOIR DES GRANDES +++
LE GOUROU ET LES FEMMES
LE GRAND JEU +
LE LAURÉAT ++
LE PASSAGER DE LA PLUIE +
LE PETIT PROF
LE SENS DE LA VIE +
LE SOUFFLE AU COEUR
LE TRANSPORTEUR
LE TRANSPORTEUR 2
LE ZÈBRE
LE ZÈBRE
LEÇONS TRÈS PRIVÉES
LES ANGES DECHUS
LES 400 COUPS+
LES AUTRES
LES AVENTURES DE JACKK BURTON DANS LES GRIFFES DU MANDARIN
LES AVENTURES DE L’HOMME INVISIBLE
LES BIJOUX DE FAMILLE +++
LES DAMES DU BOIS DE BOULOGNE
LES DÉMONS DE JÉSUS
LES DERNIERS JOURS DE FRANKIE LA MOUCHE
LES DESSOUS DE LA MILLIONNAIRE ++
LES DIPLOMES DU DERNIER RANG
LES HOMMES DE L’OMBRE
LES JOLIES CHOSES
LES ORGEUILLEUX ++
LES PATRIOTES
LES PRODUCTEURS
LETTRES À UN TUEUR
L’EXPERT
L’HOMME À L’IMPERMÉABLE ++
LIENS SECRET
LOVE OBJECT
L’UN RESTE L’AUTRE PART
LUNE DE FIEL
MA FEMME EST UN GANGSTER 2
MA SUPER-EX
MALENA +++
MALICE
MALIZIA +++
MARIAGE A L’ITALIENNE++
MARIAS LOVERS +
MARIE CHANTAL CONTRE DOCTEUR KAH ++
MAX & LES FERRAILLEURS
MEN IN BLACK II
MEURTRE PARFAIT
MISSION IMPOSSIBLE 1
MONIQUE
MORTEL TRANSFERT
MOULIN ROUGE
MR & MRS SMITH
MY BROTHER’S WIFE ++
NATHALIE…
NI POUR NI CONTRE
NOCE BLANCHE
PARADIS POUR TOUS
PERCY ++
PIEGE FATAL
PROJECTION PRIVÉE +
PSYCHOSE +
RENÉ LA CANNE ++
RÉPULSION +
ROUGE SANG
RUE DES PRAIRIES
SCANDALE AUX CHAMPS ELYSÉES ++
SENS UNIQUE
SIROCCO
SNAPDRAGON
TALON AIGUILLE
TOKYO DÉCADANCE
TOLÉRANCE ZÉRO
TOP GUN
TRISTANA ++
TROUBLEZ-MOI CE SOIR
UN HÉROS TRÈS DISCRET
UN LONG DIMANCHE DE FIANCIAILLES
UNE BELLE FILLE COMME MOI +++
UNE RAVISSANTE IDIOTE
VIRGIN IN HOLLYWOOD
VIVEMENT DIMANCHE
VOICI LE TEMPS DES ASSASSINS
WORKING GIRL