Des voeux, mieux que ça!

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Le Boss m’ayant confié à moi, Achille Talon, érudit connu dont le nom associé à haut est déjà un frémissement de volupté pour les spectateurs avertis de la contemplation muette, le soin de vous présenter 2013, accompagné des vœux qui pimentent d’un agréable soupçon de sincérité l’envol vers les promesses alléchantes des jours heureux et futurs, je m’exécute l’âme légère et compatissante.

A l’heure de l’artisan qui pose sa clé à pipe comme l’on jette un mauvais jeu de mots au silence rédempteur et affable. A l’heure du sportif qui n’a plus qu’un ski pour briller sur les pistes glissantes de sa libido. A l’heure où la paire de rangers cherche preneur dans une solderie aux prix qui font sourire les gens de bien et rire les avares. A l’heure où la poissonnière emballe sa marchandise dans un journal étalant ses nouvelles aussi peu fraîches que ses filets, l’année se termine sur les pavés luisants de souvenirs. D’un balai à l’humeur joyeuse, balançons dans le caniveau avec l’élan de la main du destin qui ne tremble pas, la poussière des jours défunts.

L’avenir a coiffé son haut de forme pour saluer en se soulevant d’un geste altier et précis tous les matins couronnés de soleils qui sentiront la rosée des jours rieurs. Les cloches de la basilique aux sonnailles envoûtantes qui relèguent le rap au rang de borborygme incontrôlé et fétide, salueront toutes les dames qui, le geste sûr et précis, accrocheront leurs bas nylons à la jarretelle diabolique et si agréable pour nos sens en quête de pèlerinage aux sources de la beauté qui galbe les jambes. Sous le palmier qui suggère les tropiques de notre désir, l’océan amènera ses vaguelettes paisibles mourir sur la plage aux mille reflets de soie. Le porte-jarretelles au ton de coquelicot nous offrira ses pétales d’extase pour caresser le string qui l’accompagne dans ses nuits folles. La guêpière envoûtante fera les déesses dansant devant nos yeux qui n’ont pas envie de dormir, avides de contempler les portes du paradis et ses parfums qui enivrent les âmes perdues mais sereines. La gaine aimable qui enveloppe les coquines formes sur le présentoir du désir exacerbé et confiant, face au smartphone à l’œil inquisiteur mais serviable.

Ainsi donc, moi Achille Talon, grand visionnaire à côté duquel les voyantes célèbres sont justes bonnes à prédire le passé, aucune n’avait prédit le succès du blog, je vous vois tous succomber sous des tonnes de nylon, des kilos de jarretelles, une santé de fer pour assumer tout ça, et bien sûr un tas de bonheur, en sachet, en boite, en tube, en cataplasme, en infusion, mais du bonheur !

BONNE ANNEE!!!

Note: j’avais emprunté à Cassiopée les mots clé à pipe, poissonnière, ski, palmier, borborygme, haut de forme, rangers, coquelicot, smartphone, basilique, je les lui rends donc en espérant en avoir fait un bon usage, avec des tas de bises en guise d’intérêts.

La veuve soyeuse – 1

Avertissement: l’histoire que vous aurez le plaisir de lire ci-après, enfin j’espère, est complètement sortie de mon imagination. Toute ressemblance avec des personnages ayant existé est purement fortuite. Mais qui sait? Elle figure en plusieurs épisodes.

Claudine portait le deuil comme on porte une flamme olympique, avec une certaine fierté, mais aussi avec une légère tristesse, comme si l’idéal de cette flamme était un peu vacillant. Le côté fier était sublimé par le souvenir que le défunt Gérard, le grand amour de sa vie, était parti entouré de tout son amour. A aucun instant, elle n’avait manqué à son devoir de femme aimante. Elle l’accompagna jusqu’à l’ultime soupir dans un voyage merveilleux, le dernier qu’ils feraient ensemble dans ce monde, lui sur un lit, elle assise à ses côtés. Sans cesse, une main s’échappait de la bordure des draps blancs. Après avoir retroussé la robe, elle caressait les jambes de la dame s’arrêtant à cette frontière qu’il avait tant de fois traversée, celle où le bas de nylon s’arrêtait pour laisser la place à la douceur de la peau. Il s’imaginait, dans une sorte de rêve éveillé, que ce geste prolongerait l’échéance fixée par sa maladie qu’il savait incurable. Plus que les remèdes inutiles et coûteux, il pensait qu’un instant de bonheur, reculerait l’heure de l’échéance inscrite quelque part à l’encre invisible. La dame se prêtait avec un évident plaisir à ces jeux, même si ils semblaient quelque peu désuets. Chaque jour, elle adoptait une autre parure qu’elle sélectionnait dans l’immense choix qui remplissait sa garde-robe. Les ensembles avoisinaient les porte-jarretelles, les guêpières et les serre-tailles, dans une farandole de couleurs douce aux sens.

Un jour, pourtant, la main ne s’évada pas du lit. Elle savait que c’était la fin. Le corps abîmé se tendit, son visage ravagé par la maladie retrouva une paire de secondes l’expression du visage qu’elle avait connu et se figea dans un immobilisme éternel. Des larmes perlèrent à ses yeux, pas des larmes de tristesses, presque des larmes de bonheur, il avait fini de souffrir. Les premiers instants qui suivirent, elle s’imagina ce qu’allait être sa vie sans lui. Une sorte de brouillard envahit son esprit, lequel ne lui permit pas de s’en faire une idée précise. Il allait falloir faire face à tous les problèmes que ce genre de situation ne manqueraient pas de créer. Heureusement, la famille se résumait à une poignée de personnes qu’elle n’avait pas vue depuis longtemps. Elle les avertirait par courtoisie, tout en sachant déjà qu’ils allaient trouver mille excuses pour ne pas être présents à l’enterrement. Elle pouvait compter sur la venue d’une seule personne, l’ancienne femme de son mari.

Assez bizarrement, l’ancienne et la nouvelle n’étaient pas devenues des ennemies, comme c’est souvent le cas. La séparation avait eu lieu dans une parfaite cordialité et un respect mutuel entre les deux femmes. Elles s’écrivaient même de temps en temps et une fois ou deux par année, Nicole, c’était son nom, venait passer un ou deux jours à la maison. On parlait des souvenirs, car Claudine et Nicole avaient fréquenté la même école et connus les mêmes garçons dans des aventures futiles et passagères. A la fin des études, la vie les sépara. Nicole rencontra Gérard, un architecte avec une excellente situation, d’une dizaines d’années plus âgé qu’elle. Après un temps de fréquentations, on passa aux fiançailles et au mariage. Celui-ci dura six ans, un bonheur sans histoires au cours duquel Nicole fut une épouse parfaite, secondant son mari dans son bureau en lui servant de secrétaire. Le ciel sans nuages s’assombrit quand Gérard eut un grave accident de voiture qui le laissa incapable de s’occuper de ses affaires qui périclitèrent. De son côté, Nicole regrettait un peu sa liberté, accentué par la disparition de bien des plaisirs que la nouvelle situation exigeait. Dans les couloirs de l’hôpital, Nicole rencontra un jour Claudine, par hasard. Elle lui apprit que son mari était convalescent en ces lieux et le lui présenta, car elle ne l’avait jamais vu. Nicole était ce que l’on peu appeler un liseuse de sentiments. Quand elle présenta Gérard, elle remarqua bien vite que ce dernier n’était pas insensible au charme de Claudine. Elles se revirent assez souvent et à chaque fois elle constata que Gérard était de plus en plus attiré par Claudine, son intérêt augmentait proportionnellement au rétablissement de son corps meurtri. Une chose lui sembla significative, l’intérêt de Gérard pour les jambes de Claudine. Cette dernière portait, à contre courant de l’immense majorité des femmes, des bas en lieu et place de collants. Bien que Nicole n’aie jamais posé directement la question, elle avait observé lors de croisements de jambes, une lisière de bas ou quelquefois des petites bosses qui marquaient les jupes un peu serrées. Nicole n’attacha pas une importance quelconque à ce fait, elle pensa juste que c’était un choix personnel et par discrétion, elle n’aborda jamais le sujet.

Suite partie 2

Sur la piste des mes fantasmes

Je me suis toujours posé la question de savoir où remontait mon fétichisme, quel fut le détonateur, quand cela a-t-il pris le pas sur le reste? A vrai dire je n’en sais rien, aucune lanterne ne m’apporte un peu de clarté. Si je parcours mes souvenirs d’enfance les plus lointains, le plus ancien, que j’ai pu dater par l’objet, un ours en peluche cadeau de Noël reçu d’un parent, quand j’avais neuf mois. Je revois la scène dans un brouillard diffus, je suis dans mon berceau et l’on me donne mon nounours. C’est le seul souvenir qui me reste du séjour dans cette première maison où nous habitions.  Vers l’age de deux ans, après un déménagement, les choses se précisent. Paradoxalement, je me rappelle surtout des faits violents. Non, mon père ne me battait pas, ni ne battait ma mère. Quelle belle famille paisible nous étions. Ces faits violents sont un accident mortel, une explosion, un incendie et une piqûre d’abeille, le tout en vrac. Comme vous le voyez, il n’y pas l’ombre d’un départ de fantasme en nylon. Pourtant dans ce fouillis de souvenirs, j’ai bien du en apercevoir quelquefois de ces fameux bas. Je ne me suis pas dit un jour, qu’à partir de maintenant  j’allais fantasmer sur le nylon. Ben, c’est trop facile. Ma théorie sur mes origines fétichistes est la suivante, c’est un théorie, mais c’est la meilleure explication, la plus cohérente. Il faut se remettre dans le contexte de l’époque, seconde moitié des années 50. Je l’ai dit un peu partout, mais je le redit. Toutes le femmes en jupes et même en pantalons portaient des bas, c’était la règle et même la seule opportunité. La première fois que j’ai entendu parler de collants, c’était en lisant les aventures de… Fantômette, série qui débuta en 1962. On peut dire que la première demoiselle qui porta des collants, c’est elle. On aurait de la peine à l’imaginer autrement, vous la voyez en train d’ajuster sa jarretelle sous l’oeil du Furet, son adversaire de toujours. D’accord, là je m’égare un peu, mais c’est pas parce que je parle de ma libido, qu’il faut faire cela sous forme d’un doctorat. Revenons à nos boutons, ceux des jarretelles.


Les dames ne se gênaient pas du tout pour ajuster un bas ou simplement remettre la jarretelle en place, elles lâchaient semble-t-il assez souvent. C’est vrai, les bas étaient plutôt courts, très tendus et bing!   Ce risque d’incident était d’autant plus fréquent qu’il y avait des femmes avec des bas, c’est à dire énormément.  Le recensement de la population féminine se faisait en comptant le jarretelles et en divisant par quatre, on en voyait très très peu à six jarretelles. Oui je m’égare encore, allez encore un pt’it coup. Cela me rappelle un petite histoire qui illustre très bien mon propos. Une voisine dans son jardin parlait avec le père d’un copain. Entre deux potins elle glisse: « j’ai une jarretelle qui a lâché », tout en se tournant un peu pour remettre la coquine en place. Bien que cette histoire soit bien postérieure à mes recherches de fixations, je peux imaginer que plus ou moins consciemment, j’ai vu ou entendu ce genre de scène ou propos assez souvent pour m’en imprégner. Ma première vraie vision, celle que j’ai savourée pleinement, est le fait d’une copine à ma mère qui enleva ses bas devant moi. Je ne souviens des élastiques de son porte-jarretelles qui étaient d’un bleu ciel magnifique. Mmmmh, quelle belle séquence de souvenirs! A partir de là, tout est devenu clair dans mon esprit, dans le sens que je recherchais ce genre de vision. De mes aventures en la matière, vous avez eu l’occasion d’en lire de larges extraits, je n’y reviens pas. Encore faut-il expliquer quel effet je ressentais. Difficile à décrire, mais une sorte d’excitation interne, le coeur qui bat plus fort, quelque chose qui approche les premiers émois de l’enfance quand on tombe soudain amoureux d’une fille qui vous plaît. Voila en gros les effets de la chose. Maintenant, c’est complètement différent, serait-ce la sagesse qui vient avec l’âge? Devant pareille scène, je savoure, j’admire, parfois je complimente, à la manière dont on contemple un tableau, un paysage. Aucune envie d’en faire plus, de draguer, de me poser en prétendant. Remarquez quand même que je suis pas de bois, si la fille me fait des avances, je ne sais pas si je répondrai, mais pour sûr je ne vais pas m’enfuir pour me cacher sous les jupes de ma mère, celles de la drageuse peut-être, qui sait le spectacle doit être bien charmant.


Reparlons du contexte passé, il est nécessaire pour la suite. Je me suis évidemment demandé si j’étais normal. La science psychiatrique était certainement moins évoluée que maintenant, encore très sous le joug de la pensée judéo-chrétienne. En lisant les quelques rares bouquins consacrés au sujet, nous étions des déviants, des impuissants sexuellement.  Je puis affirmer maintenant que ces blablas méritent un grand coup de balai et que ces analystes sont de fieffés coquins, pas scientifiques pour un sou. Les mécanismes de la psychologie ont été d’un grand secours pour me mettre à l’aise. Ce que j’en ai spécialement retenu, c’est que le refoulement était une chose dangereuse pour l’équilibre de l’esprit et qu’il fallait faire avec ses fantasmes. Remarquez en passant que les philosophies orientales ont très bien compris la chose. Certaines attirances sont dangereuses pour la société, je ne les prône pas. Dans mon cas, je me sens comme un doux rêveur devant une paire de bas nylon, vais-je aller consulter? Bien sûr que non. Si mon amour pour la chose est une maladie, alors je ne veux surtout pas guérir.
Au fil des temps , ma passion a pris différents visages, bien qu’il s’agisse plutôt de jambes. Dans mon adolescence, j’ai connu les derniers scintillements du bas nylon, remplacé par ces diaboliques collants. Période de transition à partir de 1965, je crois que j’ai aperçu ma dernière paire de bas sur les jambes d’une jeune femme en 1972, vision  rarissime en cette année. Bien sûr j’exclus les dames d’un certain âge qui mirent beaucoup plus de temps à faire le changement, quand elle le firent. Mais bon, je n’allais quand même pas draguer une grand-mère, les jambes recouvertes de varices, sous prétexte qu’elle portait des bas. A partir de là, je crois que mon fétichisme s’accentua par manque de visions directes. Il est vrai que j’aurais vendu mon âme à qui l’achèterait, pour la moindre vision d’une lisière de bas. Au même titre je n’attachais aucune importance, ni à la matière, ni au support, n’importe quoi aurait fait l’affaire. Les seuls spectacles à se mettre sous l’oeil étaient les magazines, le cinéma. Il s’est bien passé quelques années avant que l’occasion se présente pour renouer avec la certitude qu’une femme portait des bas. Bizarrement, c’est avec une copine que je draguais avec un certain succès que l’occasion se présenta. Elle n’était pas féminine pour un sou, toujours en pantalons, mais plutôt jolie. Nous sortions ensemble depuis quelques temps, quand elle m’invita pour un repas chez ses parents. Je connaissais très bien son père, qui était une excellent copain, malgré la différence d’âge, presque trente ans. Le connaissant lui, je m’étais imaginé que sa femme était une de ces femmes résolument moderne, chauffant des plats surgelés à tire-larigot dans sa cuisine dernier cri. Je me fourrais le doigt dans l’oeil, car elle était tout le contraire. Femme au foyer très traditionnelle, cuisinière de première et je m’en rendit compte plus tard… porteuse de bas! Pour de l’inattendu, cela en fut. Elle m’avait à la bonne, j’étais son petit chouchou, bien que ma taille soit plutôt élancée. Elle me voyait convoler en justes noces avec sa fifille, elle me l’avoua. Rien de tout cela n’est arrivé, mais le souvenir de cette future ex belle-mère est toujours présent, 35 ans après. Nous sommes en 1976 et c’est justement une amorce du retour des bas qui va se manifester notamment à travers la génération punk et sa manière de provoquer. Pour donner l’illusion de l’ancien, apparaissent les premiers collants avec imitation couture. Dans les magasins, les bas font un timide retour sur les présentoirs d’où ils avaient disparus. On commence à voir des mannequins  d’étalage arborant des porte-jarretelles. Cela redevient un plaisir d’aller flâner au rayon lingerie.

Il ne faut pas perdre de vue que ces accessoires sont ceux de la nouvelle génération, peu fonctionnels, minimalistes, l’accent est mis plus sur le décor que la fonction. On porte un peu des bas, comme on traverse la chaussée en dehors des clous. Pour votre serviteur, ben, il se contente de cela et des quelques rares visions de bas qui s’offrent à lui. En 1978, j’achète mon premier lecteur vidéo. Ce fut l’occasion de conserver quelques films où les scènes de bas figuraient. On avait maintenant la possibilité de voir et de revoir autrement que furtivement sur un écran ou à la télévision. Le bouleversement que cela provoqua chez moi fut le départ de mon admiration pour la lingerie rétro. On voyait des bas et des jarretelles, je dirais de manière naturelle. Ce n’était pas de la reconstitution, mais une image sortie du passé. Depuis je suis toujours accro, et évolution dans mon fantasme, c’est que la lingerie moderne me laisse presque de marbre, j’exagère un peu, mais pas tellement. Je trouve que l’ancien affirme la silhouette, l’ensemble est  très visuel, plus présent, capte le regard d’une autre manière. le bas avec un couture est un must. Mais surtout, et c’est bien là le plus concluant pour moi, j’ai pu faire partager cette adoration à bon nombre de mes copines.
Alors Mesdames, Mesdemoiselles, continuez de m’offrir ces charmantes visions elles me rendent malade aux yeux de certains, mais  on meurt d’ennui, jamais de plaisir. Merci à vous