La veuve soyeuse – 1

Avertissement: l’histoire que vous aurez le plaisir de lire ci-après, enfin j’espère, est complètement sortie de mon imagination. Toute ressemblance avec des personnages ayant existé est purement fortuite. Mais qui sait? Elle figure en plusieurs épisodes.

Claudine portait le deuil comme on porte une flamme olympique, avec une certaine fierté, mais aussi avec une légère tristesse, comme si l’idéal de cette flamme était un peu vacillant. Le côté fier était sublimé par le souvenir que le défunt Gérard, le grand amour de sa vie, était parti entouré de tout son amour. A aucun instant, elle n’avait manqué à son devoir de femme aimante. Elle l’accompagna jusqu’à l’ultime soupir dans un voyage merveilleux, le dernier qu’ils feraient ensemble dans ce monde, lui sur un lit, elle assise à ses côtés. Sans cesse, une main s’échappait de la bordure des draps blancs. Après avoir retroussé la robe, elle caressait les jambes de la dame s’arrêtant à cette frontière qu’il avait tant de fois traversée, celle où le bas de nylon s’arrêtait pour laisser la place à la douceur de la peau. Il s’imaginait, dans une sorte de rêve éveillé, que ce geste prolongerait l’échéance fixée par sa maladie qu’il savait incurable. Plus que les remèdes inutiles et coûteux, il pensait qu’un instant de bonheur, reculerait l’heure de l’échéance inscrite quelque part à l’encre invisible. La dame se prêtait avec un évident plaisir à ces jeux, même si ils semblaient quelque peu désuets. Chaque jour, elle adoptait une autre parure qu’elle sélectionnait dans l’immense choix qui remplissait sa garde-robe. Les ensembles avoisinaient les porte-jarretelles, les guêpières et les serre-tailles, dans une farandole de couleurs douce aux sens.

Un jour, pourtant, la main ne s’évada pas du lit. Elle savait que c’était la fin. Le corps abîmé se tendit, son visage ravagé par la maladie retrouva une paire de secondes l’expression du visage qu’elle avait connu et se figea dans un immobilisme éternel. Des larmes perlèrent à ses yeux, pas des larmes de tristesses, presque des larmes de bonheur, il avait fini de souffrir. Les premiers instants qui suivirent, elle s’imagina ce qu’allait être sa vie sans lui. Une sorte de brouillard envahit son esprit, lequel ne lui permit pas de s’en faire une idée précise. Il allait falloir faire face à tous les problèmes que ce genre de situation ne manqueraient pas de créer. Heureusement, la famille se résumait à une poignée de personnes qu’elle n’avait pas vue depuis longtemps. Elle les avertirait par courtoisie, tout en sachant déjà qu’ils allaient trouver mille excuses pour ne pas être présents à l’enterrement. Elle pouvait compter sur la venue d’une seule personne, l’ancienne femme de son mari.

Assez bizarrement, l’ancienne et la nouvelle n’étaient pas devenues des ennemies, comme c’est souvent le cas. La séparation avait eu lieu dans une parfaite cordialité et un respect mutuel entre les deux femmes. Elles s’écrivaient même de temps en temps et une fois ou deux par année, Nicole, c’était son nom, venait passer un ou deux jours à la maison. On parlait des souvenirs, car Claudine et Nicole avaient fréquenté la même école et connus les mêmes garçons dans des aventures futiles et passagères. A la fin des études, la vie les sépara. Nicole rencontra Gérard, un architecte avec une excellente situation, d’une dizaines d’années plus âgé qu’elle. Après un temps de fréquentations, on passa aux fiançailles et au mariage. Celui-ci dura six ans, un bonheur sans histoires au cours duquel Nicole fut une épouse parfaite, secondant son mari dans son bureau en lui servant de secrétaire. Le ciel sans nuages s’assombrit quand Gérard eut un grave accident de voiture qui le laissa incapable de s’occuper de ses affaires qui périclitèrent. De son côté, Nicole regrettait un peu sa liberté, accentué par la disparition de bien des plaisirs que la nouvelle situation exigeait. Dans les couloirs de l’hôpital, Nicole rencontra un jour Claudine, par hasard. Elle lui apprit que son mari était convalescent en ces lieux et le lui présenta, car elle ne l’avait jamais vu. Nicole était ce que l’on peu appeler un liseuse de sentiments. Quand elle présenta Gérard, elle remarqua bien vite que ce dernier n’était pas insensible au charme de Claudine. Elles se revirent assez souvent et à chaque fois elle constata que Gérard était de plus en plus attiré par Claudine, son intérêt augmentait proportionnellement au rétablissement de son corps meurtri. Une chose lui sembla significative, l’intérêt de Gérard pour les jambes de Claudine. Cette dernière portait, à contre courant de l’immense majorité des femmes, des bas en lieu et place de collants. Bien que Nicole n’aie jamais posé directement la question, elle avait observé lors de croisements de jambes, une lisière de bas ou quelquefois des petites bosses qui marquaient les jupes un peu serrées. Nicole n’attacha pas une importance quelconque à ce fait, elle pensa juste que c’était un choix personnel et par discrétion, elle n’aborda jamais le sujet.

Suite partie 2

La carte de France en nylon et porte-jarretelles


La question qui tue, même à deux balles. Quelle est la répartition géographique des porteuses de bas et des personnes qui s’y intéressent? Lors d’un précédent article, j’avais exploré les débuts du nylon sur la Toile et tenté de donner une image de ce que furent ses débuts. Comme nous avons la chance ou la malchance d’avoir notre Big Brother en la personne de Google, friand de statistiques, j’ai été un peu voir ce qu’il racontait à ce sujet.

Le mode d’emploi pour lire les statistiques qu’il m’a fournies…
Impossible de savoir en nombre absolu les personnes qui ont fait les recherches, la calculation est est ainsi faite. Le meilleur résultat toutes époques confondues donne 100. Par rapport à ce chiffre vint se greffer pour les autres périodes, le résultat atteint (100 – quelque chose), c’est à dire moins. Si le nombre des recherches postérieures (sans jeu de mots) dépassait le plus haut chiffre précédent, il deviendrait alors le 100 de référence, décalant le précédent vers le bas (toujours sans jeu de mots). Les statistiques commencent en 2004. Je donne aussi la liste des villes qui apparaissent dans le classement géographique. Il ne faut pas oublier que les campagnes sont souvent reliées à des fournisseurs d’accès Internet situés en ville, donc il faut aussi inclure la banlieue et la périphérie, où par ailleurs peuvent se trouver les fournisseurs des grandes villes.

Pour voir le détail, cliquer sur chaque graphisme qui s’aggrandira

Nom de la recherche: bas nylon

Premier tableau
Evolution depuis 2004, on voit que le nombre de recherches va en diminuant. La catégorie de départ la plus usitée est le shopping et dérivés, donc on recherche à partir d’un site de vente commercial le plus souvent

Second tableau
Ici on voit les dix premières régions de France depuis lesquelles on lance ces recherches. La Bourgogne arrive en tête suivie de la Lorraine. Cela peut s’expliquer par le manque ou l’éloignement de magasins dans le quel on peut acheter des bas. C’est assez probable.

1. Nancy
100
2. Sainte-Geneviève-des-Bois
96
3. Dijon
95
4. Clermont-Ferrand
95
5. Reims
89
6. Rouen
89
7. Caen
89
8. Poitiers
88
9. Orléans
88
10. Vélizy-Villacoublay
88

Troisième tableau

Là, on trouve, à gauche, les termes qui ont servi à la recherche, chacun avec son vocabulaire à lui, les timides qui n’ont l’air de rien à celui qui va droit au but. Dans le tableau de droite on observe en % l’évolution des termes de recherches. Ils sont par rapport au tableau gauche (statistique globale depuis 2004) en plus petit nombre, mais peut-être un jour, ils seront à gauche. On observe une évolution dans les termes de recherches, on recherche des blog, des femmes qui s’exhibent en nylon etc… C’est assez parlant.

Voyons maintenant la même recherche avec un autre terme

Nom de la recherche: porte-jarretelles

Premier tableau

En suivant l’évolution depuis 2004, nous remarquons à peu près le même schéma, départ en fanfare et courbe descendante au fil des années. L’indice de départ des recherches est encore le shopping. Curiosité, envie d’un achat par correspondance pour les plus timides, il y a bien des explications. Un fait est sûr, pour rechercher et tomber sur le sujet, il est assez facile d’y arriver sans taper le mot fatidique.

Second tableau

La répartition par régions est bousculée par rapport au précédent. En tête la Bretagne, Rhône-Alpes, Ile-de-France, la région PACA. Les autres régions n’apparaissent pas de manière significative. Alors les coquines et les coquins seraient-ils pour la plupart situés dans dans ces régions et les Bretonnes les plus coquines? Possible, d’une certaine manière les statistiques nous le font croire et c’est peut-être vrai.

Les villes, une seule, Paris

Troisième tableau

La statistique des termes employés est presque sans surprise. Il est évident que pour trouver ce mot, taper tire-bouchon, ne sert à rien. Par contre, il est plus rarement seul que accompagné, bas, femme, photo sont accolés. A droite, nous voyons un forte progression avec le terme photo. On semble aller directement au but.

Nom de la recherche:corset

Premier tableau

Très étonnante la révélation attachée à ce mot. Il ne fait pas de doute que le corset est en vogue et fait l’unanimité dans toute la France. De plus depuis 2004, il est resté très stable dans les recherches. Le shopping constitue un point fort de la recherche, environ les 3/4 des recherches. A l’évidence on a envie de se l’acheter. Pour atténuer, remarquons quand même qu’il n’implique pas forcément le port de bas, mais je pense que dans une bonne moitié des cas, sinon plus, c’est lié.

Deuxième tableau

La carte de France en est bouleversée, du nord au sud, de l’ouest à l’est, on voit apparaître des régions qui ne figurent pas dans les recherches précédentes, la Normandie arrivant en tête, mais le reste est dans un mouchoir de poche. Le corset sous-vêtement no 1 en France, catégorie parure, c’est bien possible.

Les villes
1. Rouen
100
2. Paris
99
3. Strasbourg
99
4. Marseille
98
5. Reims
97
6. Toulouse
96
7. Caen
96
8. Annecy
93
9. Dijon
92
10. Provins
92

Troisième tableau

Le terme corset ou bustier arrive en tête, mais est aussi lié dans l’esprit des recherches. Le corset en tant que lingerie est juste derrière et se décline ensuite sous diverses formes. Notons l’apparition d’une notion médicale, la scoliose, dont le corset peut-être un support médical. Et aussi une manière de vivre, plus anachronique. La colonne de droite indique une progression des termes très forte. Au sommet se manifeste l’angoisse des acheteuses, le prix, alors on cherche en priorité des prix abordables. L’idée du corset pour le mariage est également très présente. Un bémol toutefois, l’accessoire ne sera peut-être porté que le jour fatidique. Le corset gothique semble aussi en forte demande, bien qu’il soit présent depuis les débuts de ce mouvement

Nom de la recherche: bas couture

Dans diverses discussions on parle beaucoup du bas à couture comme accessoire élégant et selon certains, il serait en vogue et de plus en plus demandé. Alors j’ai voulu voir ce qu’il en était d’un peu plus près.

Premier tableau

En réalité, il semble avoir fait toujours un peu partie des recherches assez régulièrement, catégorie shopping assurément et plus bizarrement loisirs, certains errent-ils à la recherche de sa vue en guise de footing? Là je plaisante, quoique…

Deuxième tableau

Géographiquement parlant, c’est assez bien réparti, les Alsaciennes et les Bretonnes semblant priser particulièrement la chose. Cet accessoire est d’une recherche plus difficile dans les campagnes et petite villes, donc un intérêt certain de les faire venir par correspondance, surtout si l’on veut de l’authentique bas vintage.

Les villes

1. Nantes
100
2. Rennes
99
3. Paris
82
4. Courbevoie
77
5. Marseille
65

Troisième tableau

On voit apparaître un condensé des mots liés aux recherches, mais les blogs et vidéos sont aussi en demande, la vidéo étant la plus forte croissance dans la partie droite. Pour la première fois on voit aussi mentionné le nom d’une couleur, le noir.

Nom de la recherche: jarretelles

Bien sûr il fallait que je passe par celui-ci, le mot simple, générique, qui englobe toutes les manières de porter un bas nylon traditionnel que ce soit avec un porte-jarretelles, une gaine, un serre-taille, un corset. C’est peut-être le mot le plus employé dans l’imagerie masculine, il désigne l’ensemble, ensuite viennent les préférences.

Premier tableau

Il rejoint le graphique du bas nylon, fort départ, ensuite lent déclin. Comme dit plus haut, il n’est pas nécessaire de l’écrire pour le trouver aujourd’hui.

Deuxième tableau

Très bien étalé sur la carte de France, assez concentré sur le nord qui arrive en tête du classement.

Les villes

1. Vélizy-Villacoublay
100
2. Reims
92
3. Rennes
88
4. Caen
87
5. Poitiers
87
6. Dijon
87
7. Orléans
84
8. Strasbourg
83
9. Nantes
78
10. Nancy
72

Troisième tableau

Sans doute le plus admirable de la série, il englobe les développements de la recherche associé ou non avec une image, un terme. . Très remarquable aussi, les diverses orthographes des mots avec des erreurs. Oui, on peut aimer les jarretelles, sans forcément en connaître la juste écriture. Quelques termes recherchés montrent à l’évidence qu’ils sont la fait de personnes masculines.

Voilà la livraison, j’ai écarté volontairement du résultat publié de la recherche, je ne fais pas un doctorat, la guêpière assez peu présente et souvent assimilée au corset. Le serre-taille sorte de porte-jarretelles renforcé, pas toujours identifié avec précision et le plus souvent avec 6 jarretelles. Ce terme apparaît aussi dans les recherches et démontre une certaine connaissance dans le port des bas régulièrement, certainement une recherche féminine. Omis ce qui se rapportait au bas jarretière, qui semble avoir connu une forte fièvre en 2006 et 2007, puis s’être calmé. Il est sûr qu’il élimine les accessoires de lingerie rétro et traditionnels se suffisant à lui-même.

Bien sûr ces statistiques sont celles faites au jour donné et peuvent évoluer dans le futur. Néanmoins les tendances qu’elles expriment sur la longueur du temps écoulé est très stable et ne sera pas bouleversée avant un grand laps de temps, si elles le sont. Cet article est une réponse amusante, mais tout à fait sérieuse sur un phénomène de société, sur lequel on peut jeter un regard contemplatif ou partisan. Selon la formule consacrée, j’espère que vous avez eu autant de plaisir à le lire, que j’en ai eu à l’écrire. Pour les dubitatifs, la prochaine fois je vous ferai un article avec statistiques sur l’évolution des trous de mites dans les lainages. Je suis sûr que vous allez adorer.