En passant

Bas nylons et et garage amerloque

Suite de la visite dans le catalogue des rééditions Eva.

L’album est consacré au groupe Five Amricans, qui comme son nom l’indique n’est pas anglais. Groupe originaire de l’Oklahoma, ils recentrent leur carrière au Texas. C’est un exemple type de ces formations qui pullulaient dans les charts américains vers 1966-67. On sent très bien qu’ils hésitent entre différentes tendances, un reste d’inspiration Beatles, un hit calqué sur les Byrds, et une oreille qui traîne vers le garage. Ils rencontrent un premier modeste succès avec « I See The Light », mais ce sera « Western Union » qui les propulsera à la cinquième place du Cashbox, et qui restera leur plus gros hit et sans doute celui pour lequel on se rappelle d’eux. En Angleterre, les Searchers en perte de vitesse, tentèrent de l’imposer. Le groupe fut plutôt bien représente en France, avec trois EP’s, un chez Vogue et deux chez EMI et deux singles chez Pollydor. Le premier sur Vogue est la pièce la plus recherchée, les autres sont relativement courants. A la fin des sixties, le groupe se sépara pour suivre diverses carrières, dont certaines musicales. Le clavier John Durrill fut un temps membre des Ventures, Trois des membres sont aujourd’hui décédés.
La compilation offre le contenu des EP’s et quelques titres inédits en France. A noter que le groupe fit peu de reprises, alignant du matériel original, un bon point pour eux.

I See The light
Western Union
Sound Of Love
I Put The Spell On You. Cover Screamin’ Jay Hawkins.
If I Could
The Train
Now That It’s Over
Sympathy
Tell Ann I Love Her
See-Saw Man
Gimme Some Lovin. Cover Spencer Davis Group
Husbands & Wives
Big Citties
Reality
I’m So Glad
Don’t You Dare Blame Me
EP SUR VOGUE

PERLES DE GARAGE HORS DU TEMPS

Une sélection de titres garage arbitraire.

Thursday’s Children – Try Girl
The Pagens – Mystic Cloud
The House Of Commons – Till Tomorrow
En passant

Bas nylons et une drôle de charrette

Julien Duvivier (1896-1967) est un cinéaste que l’on peut considérer comme un des actes majeurs du cinéma, au moins vu sous l’angle français. Sa filmographie est inégale, le meilleur n’avoisine jamais le pire, tout au plus ses films sont plus ou moins réussis. Citons « Golgotha » (1935); « La Bandera » (1935); « La Belle Equipe » (1936); « Pépé Le Moko » (1937). Remarquons la présence dans ces films de Jean Gabin, auquel Duvivier apportera sa contribution à en faire un mythe, avec la complicité de Renoir et Carné. Après la guerre, la série des « Don Camillo » avec Fernandel lui vaudra un franc succès, en laissant dans l’ombre des films qui sont sans doute plus aboutis pour les cinéphiles. Tout le monde connaît Don Camillo, mais pas forcément Pépé Le Moko.
Le fantastique est assez peu abordé par le cinéma français d’alors. Les Allemands et dans une certaine mesure les Américains en sont plus friands. Ici, Duvivier reprend un thème déjà abordé aux temps du muet par le Suédois Victor Sjöström en 1920, celui de la mort qui vient chercher les vivants. Ce thème est visité de diverses manières selon les pays et les croyances. Chez les Bretons, c’est l’Ankou qui rôde avec sa faux et qui vient frapper à la porte. Ici c’est une charrette qui rôde le 31 décembre à minuit aux douze coups de l’horloge.  Le grincement de ses roues et sa vue épouvantent ceux qui connaissent sa signification. L’âme en peine élue devra errer en la conduisant jusqu’au prochain réveillon avant de connaître le repos éternel.
Le film se déroule dans un milieu populaire, misérable,  où les bons côtoient les mauvais. Dans les mauvais, on trouve David Holm (Pierre Fresnay), individu violent et ivrogne. Parmi ses copains de misère, David (Louis Jouvet) connaît la légende de la charrette et se garde bien de se trouver là où il ne faut pas. Une soeur salutiste (Marie Bell), tente de ramener David dans le droit chemin, mais celui-ci arrogant et fier tente de la dissuader par tous les moyens. Au fil des scènes, on contemple non sans en apprécier la saveur, comment tout ce petit monde tient son destin entre ses mains. Au fameux soir de la Saint Sylvestre, avant et pendant que la charrette apparaît, le destin  tournera les choses à sa manière.
Le films qui décrivent le milieu social des années 30 sont assez nombreux  dans le cinéma français de cette époque. On peut citer à juste titre « La Belle Equipe » du même cinéaste, « Le Jour Se Lève » de Marcel Carné, « La Bête Humaine » et « Le Crime De Monsieur Lange » de Jean Renoir. qui donnent un bon reflet de la condition ouvrière, pas toujours facile. Dans le film qui nous intéresse, en faisant abstraction du côté fantastique, on retrouve aussi cette étude. Pierre Fresnay quitte un peu ses rôles distingués pour aborder avec réussite, celui d’un personnage peu recommandable. Louis Jouvet est toujours égale à lui-même, il sait toujours donner du relief à ses rôles. Bien qu’il semble toujours avoir détesté le cinéma, on ne peut pas dire qu’il se contente d’y faire de la figuration. Parmi la distribution, on ne peut que se réjouir de la présence de Robert Le Vigan, un très grand second rôle. Il fut une vedette en devenir, mais brisa sa carrière en  suivant, hélas, Céline dans la collaboration.  Marie Bell est parfaite comme dans la plupart de ses films, presque un peu trop classe pour une dame qui voue sa vie à sauver des âmes.
Sans être le film absolu, « La Charrette Fantôme » mérite une redécouverte, d’abord parce que c’est un film fantastique et aussi pour le plaisir de retrouver une pléiade de bons acteurs qui conduisent le film de bout en bout.

La bande annonce.

Réalisateur: Julien Divivier
Sorti en 1940
Durée: 1h 50
Noir et blanc

Distribution

  • Louis Jouvet : Georges dit « l’étudiant », ami de David
  • Micheline Francey : sœur Edith, malade des poumons
  • Marie Bell : sœur Maria
  • Ariane Borg : Suzanne
  • Marie-Hélène Dasté : la prostituée
  • Andrée Mery : la vieille repentie
  • Mila Parély : Anna
  • Valentine Tessier : la capitaine Anderson
  • Madame Lherbay : la vieille qui meurt
  • Génia Vaury : une salutiste
  • Suzanne Morlot : une salutiste
  • Pierre Fresnay : David Holm, souffleur de verre, aigri et malade
  • Robert Le Vigan : le père Martin
  • René Génin : le père Éternel
  • Alexandre Rignault : le géant, vrai coupable du meurtre
  • Pierre Palau : M. Benoît
  • Jean Mercanton : Pierre Holm, frère de David, accusé à tort
  • Henri Nassiet : Gustave, un compagnon de David
  • Philippe Richard : le patron du cabaret
  • Georges Mauloy : le pasteur
  • Jean Joffre : le gardien de prison
  • Marcel Pérès : un consommateur
  • Jean Claudio : un enfant de David
  • Michel François : un autre enfant de David
  • Jean Buquet : un autre enfant de David
  • Jean Sylvain : un salutiste
  • et autres

DVD

En passant

Bas nylon et garage créatif

Bon lundi à tous

Site des publications du label Eva

Abandonnant un peu l’exploration américaine, Eva se consacre a mettre en vue un groupe qui suscite beaucoup de passions chez les collectionneurs avides de rechercher les pépites qui furent semées ici et là au cours de leur carrière, Creation. Ce n’est pas tellement ce qu’ils ont enregistré sous ce nom qui fait la part belle de cette compilation, mais ce qui précède, principalement sous le nom de Mark Four. On ne peut pas vraiment dire qu’ils aient eu de la difficulté à trouver des maisons pour les enregistrer, car entre 1964 et 66, ils furent publiés par Mercury, Decca, Fontana pour 4 singles. La suite est connue, avec un succès modéré, sauf en Allemagne où ils cartonnèrent assez fort, ils furent des icônes du mouvement mod dans la lignée musicale des Who. Eddie Philips le soliste, est réputé pour être le premier à utiliser un archet sur les cordes de sa guitare. On note aussi le passage de Ronnie Wood futur Rolling Stones à la recherche d’un emploi stable. Bob Garner le bassiste, venu de Lee Curtis All Stars, devint par la suite un des Ashton Garner & Dyke. Après une séparation officielle en 1968, le groupe est reformé dans les années 80, avec des musiciens originaux et l’apport de musiciens extérieurs comme Mick Avory et Jim Rodford, deux anciens Kinks. Il existe encore aujourd’hui avec Philips comme seul membre original.
La compilation Eva présente surtout les premiers enregistrements datant d’avant la formation de Creation, mais 4 titres sont bel et bien du pur Creation.

Notre musique est rouge avec des flashes pourpresThe Creation

Les deux publication françaises de 1967 qui atteignent souvent de gros scores dans les enchères.

Biff Bang Pow (Creation).

Rock Around The Clock.

Try It Baby.

Hurt Me If You Will.

Work All Day (Sleep All Night).

Tango.

Nightmares (Creation) .

Like A Rolling Stone (Creation) .

Slow Down.

Crazy Country Hop.

I’m Leaving.

Going Down Fast.

Baby What’s Wrong.

Sylvette (Creation). Une de mes anciennes copines s’appelait ainsi, je lui avait fait écouter, elle aimait pas.

PERLES DE GARAGE HORS DU TEMPS

Une sélection de titres garage arbitraire.

The Galaboochees – It’ll Never Work Out – Indiana 1966.

The Boss Five – You Cheat too Much – Michigan 1965.

The Energy Package – This Is The Twelfth Night – New York 1967.

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