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avec Miss Nylon et Miss Eva

LA PETITE ENCYCLOPEDIE SUR L’ART

DE PORTER LE BAS NYLON

Le bas nylon des nuls aux experts

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Photos – Interview

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Vacances en nylon

Eh bien nous voici dans la période des vacances. Comme les autres années, je vais mettre des articles de manière irrégulière et selon humeur, mais il n’y aura pas de vacances au niveau du blog.

Passez de bonnes vacances si vous en prenez et venez dire bonjour de temps en temps. je sais par expérience, qu’il y a autant de visiteurs pendant cette période que dans les autres. 

Citation de l’été

Au bal des cons, l’entrée est libre !

– Je ne savais pas que les racines des dents allaient aussi bas…  

– Tant qu’elle ne s’est pas baignée nous n’avons pas à intervenir!

Voila ce que c’est de marier une institutrice

 – Venez chez moi si votre couverture chauffante fait encore sauter les plombs!

MUSIQUE NOSTALGIE

Cover française de « Heart Full Of Soul » des Yardbirds par Theierry Vincent ex chanteur des Pingouins.

Du même compositeur via les Hollies « Bus Stop » version française par Pussy Cat.

Pas besoin de beaucoup d’instruments pour faire une grande chanson… la preuve…

Ou je me trompe ou c’est une grande chanson, tout y est !

Bas nylons, détectives, bobards

En mai 1940 le journal Détective continue de paraître. Bien que les Allemands se fassent de plus en plus pressants, ils n’ont pas encore vraiment envahi la France. La Belgique et la Hollande ont succombé à la fameuse technique de la « blitzkrieg », ce sont des pays occupés. 

La France attend le pire, n’ont-ils  pas déclaré la guerre à l’Allemagne quelques mois plus tôt ? Il est peu probable que l’armée allemande vienne visiter Paris en réservant des places dans le train. Dans l’incertitude, la vie continue et les journaux paraissent.

Dans le numéro de Détective daté de 30 mai, on continue de parler de crimes, de justice, mais sur quelques pages on fait allusion à la guerre, mais plutôt de manière humoristique.

Il y a toujours du comique et des comiques dans les résumés d’histoires de tribunaux.

Dans un climat incertain, comme ici où l’on redoute une invasion, chacun y va de son petit commentaire. Pas besoin d’être soldat pour défendre la patrie, un peu de sens d’observation, un air de soupçon et surtout se fier à ce que l’on raconte. L’ennemi est sans doute très malin et possède une bonne dose de culot, des armes secrètes, et des moyens que seuls des citoyens avisés sont capables de démasquer. Voici quelques uns de ces bobards qui donnent un sens particulier à la « drôle de guerre ».

 

Toutefois dans cette dernière histoire, il y a un petit accent de vérité, un rien anticipé. Il a bien été fabriqué durant la seconde guerre mondiale, un moto destinée a être parachutée. Sous le nom de Welbike, elle pouvait parcourir une distance de 140 avec son réservoir de 3,6 litres à la vitesse maxi de 50 km heure et était pliable. Elle fut construite à quelques milliers d’exemplaires à partir de 1942. Mais son parachutage s’effectuait à l’aide de containers spécifiques, le pilote n’était pas parachuté assis dessus comme les bobards de 1940 le laissent supposer ou le dessin ci-dessus.

Pendant ce temps la vie continue presque normalement en Algérie en cette date du 30 juin, alors colonie française pour ceux qui ignorent tout de l’histoire. La menace est moins directe, l’Allemagne c’est loin. Ils ne semblent pas soupçonner que trois semaines plus tard quand l’armistice sera signée le 22 juin, le territoire sera inclus dans les clauses de l’armistice mais dans ce qui sera considéré comme le zone libre, donc sous le contrôle de Vichy. Elle verra s’établir un gouvernement collaborationniste, atténué par une population civile plutôt de l’autre bord. La déportation des Juifs sera contrecarrée par des citoyens peu enclins à collaborer sur ce plan là, faisant passer souvent les Juifs pour des Musulmans qui n’étaient pas concernés par les lois de Vichy. La situation d’occupation sera plus courte, car des 1943 Alger deviendra la capitale de la France libre, suite au débarquement des Alliés en novembre 1942.

Parcourons quelques infos de ce 30 mai 1940 parues dans L’Echo d’Alger.

Quelques nouvelles optimistes à prendre avec précaution quand on connaît la suite

Un personnage alors très controversé, Léopold III roi de Belgique. Après la guerre, abandonnant tout rôle politique, il créa un fond pour la protection de la nature  qui existe encore aujourd’hui.

Les cinémas offrent leurs attractions. A noter la projection de l’excellent La Belle Equipe de Duvivier et on peut aussi remarquer qu’il y a une première partie, toujours les actualités et souvent un documentaire.

C’est pas encore la semaine de 35 heures… 

C’était le bon temps!

Mesdames à vos fourneaux!

Les bobards seront tôt ou tard piliers de  bars !

Mon apéritif préféré, eh oui…

Source Gallica. BNP, DP

 

Bas nylons et coup de foudre

Une chose qui a toujours attiré ma curiosité, ce sont les phénomènes naturels. J’imagine que pour moi habiter un pays où le ciel serait toujours bleu serait vite lassant. Au contraire, j’aime voir les nuages se balader dans le ciel, le ciel tourmenté, le ciel d’orage, rechercher les formes qui se cachent dans le glissement tranquille des nuages blancs…

Avec un peu de patience on peut voir de subtiles déclinaisons dans le mélange hasardeux des formes et des courants qui parcourent le ciel. Comme cette fois où j’avais en dessus de ma tête un gigantesque et massif nuage dont un côté était tel un mur qui se dressait dans le ciel pile à la verticale de mon regard. J’avais l’impression d’être au pied d’un mur qui mesurait des kilomètres de haut. J’envie les oiseaux qui peuvent aller voir cela de plus près.

Le phénomène par excellence et courant que l’on peut voir dans nos régions, c’est l’orage. Quel magnifique spectacle! Comme je n’en ai pas toujours à disposition, j’ai pris l’habitude d’aller les regarder via les nombreuses webcams qui sont une sorte de seconde vue. Je me connecte sur un site météo pour regarder où ils sont et s’il y en a, en avant le musique.

Allons un peu nous promener à travers ces moyens mis à notre disposition.

Tout d’abord, je voulais savoir la réalité entre un site météo qui indique un impact de foudre en direct et celle du terrain. Pour cela je me suis branché sur un site adéquat et une webcam en comparant l’un et l’autre et j’ai enregistré le tout. Vous verrez parfois la réaction quasiment en direct, d’autres fois il y a un décalage, mais on peut dire qu’en général la carte des impact réagit correctement. Il me fallait un orage pas trop remuant avec des éclairs espacés. Je me suis branché sur une webcam à Rome avec un orage dans le lointain, en direction de la mer. Quelquefois, sur la webcam la lueur de l’éclair est à peine perceptible, mais elle apparaît en tant qu’impact. A noter que les impacts nouveaux apparaissent en jaune vif et tournent vers l’orange et le rouge au fur et à mesure que le temps s’écoule. Il est aussi apparent qu’un éclair n’a pas toujours un seul arc, en général on le voit en exemplaire unique celui qui fait la liaison entre le sol et le nuage. Mais dans le nuage même, il a souvent plusieurs ramifications qui se rejoignent pour former un éclair unique, parfois oui, parfois non. C’est très visible sur la carte de impacts, il y a plusieurs impacts jaunes simultanés. A noter que vous pouvez agrandir les clips pour une vision plus détaillée.

 

Un orage assez tranquille sur le lac d’Iséo près de Bergame en Italie. Deux ou trois beaux impacts.

Un orage beaucoup plus violent, sur le lac de Côme. On ne voit pas le sillage des éclairs, mais ils sont continuels et la visibilité est réduite. 

Pour terminer, j’ai monté dans un court clip, deux éclairs spectaculaires en deux endroits différents situés dans les Dolomites. La première séquence montre un impact de foudre très proche, l’arc est brièvement visible sur la droite en haut de l’image, très proche de la caméra. Il cause toutefois des dégâts car il coupe net le fonctionnement de la webcam. Dans la deuxième partie, la caméra est celle d’un station de sports d’hiver en altitude. Un joli impact que nous analyserons en détail après la vision du clip, c’est assez instructif. 

D’après ce que l’on sait sur l’éclair, ce dernier ne descend pas du nuage, mais monte du sol vers le nuage. Eh bien décomposons le second éclair dans ses phases successives en quelques photos…

Sur la première, on voit le départ de l’éclair. Comme nous sommes sur une montagne, le tout premier balbutiement de l’éclair se trouve derrière l’horizon (zone entourée en rouge), on voit très bien qu’il part au fond de la vallée, que la lumière vient d’en bas. Gardez en mémoire que la succession d’images suivantes se déroule sur une fraction de seconde. 

Sur la deuxième, juste après, on aperçoit dans le nuage, une sorte de balai de ramifications de petits éclairs qui semblent fouiller le ciel à la recherche d’un voie de sortie.

La phase suivante, le big bang du nuage, l’explosion, le flash du photographe céleste. Cela ne dure qu’une fraction de seconde, mais imaginez que vous deviez supporter cette lueur longtemps, ce serait comme regarder le soleil directement sans protection. 

Voici l’éclair qui va faire descendre la tension, c’est en quelque sorte l’écoulement de la charge électrique, le ciel redevient sombre. Remarquez le renflement le long de l’éclair. En observant un orage, on arrive à remarquer que l’éclair dans le nuage peut traverser des dizaines de kilomètres avant d’établir le contact avec le sol. Mais tout cela va si vite qu’en fait on n’a qu’un aperçu de ce qui se passe.

Voici l’éclair à la fin. C’est général cette image là que l’on enregistre. Mais déjà la nuit regagne sa quiétude. Au suivant!

Dimanche 9 juillet sur cette carte de l’Europe, il y a plus de 72 000 impacts d’éclairs enregistrés en 120 minutes, soit 10 éclairs à la seconde. C’est le record absolu que j’ai observé depuis que je fréquente ce titre. 

Pour terminer, un petit jeu. Je vous disais en introduction que dans la forme des nuages on remarquait des représentations de choses connues, des moutons, des chiens. Eh bien dans les montagnes, c’est un peu la même chose, notamment des visages. Avec un peu d’imagination, essayez de les trouver dans les images suivantes.

Bas nylon et anglaises

A l’époque de sa sortie en 1976, il existait très peu de films consacrés à la jeunesse des années 50 vue sous l’angle français. Pour bien illustrer le sujet, « A Nous Les Petites Anglaises » a même dû les emmener en Angletterre, un pays plus rock and roll du point de vue musical.  Il est certain que les jeunes français passionnés de rock n’avaient pas grand chose à se mettre sous la dent, quelques disques publiés localement dont pratiquement aucun artiste national, il faudra attendre le début des années 60 pour que cela change. Ceux qui ont vu le film à sa sortie, nés vers 1940 ont sans doute bien aimé le film car ils pouvaient se remémorer grâce à la bande sonore d’autres souvenirs comme l’ont fait les Américains avec « American Graffiti » un peu plus tôt.

L’histoire est quelque peu inspirée des souvenirs personnels du réalisateur, Michel Lang. Une bande de jeunes Français qui ne se connaissaient pas, se retrouvent en Angleterre sur décision des parents soucieux d’améliorer leur pratique de la langue de Shakespeare. Mais bien vite la langue parlée passe au second plan, la langue fourrée devenant l’objet de leur principale préoccupation. Pour un adolescent des années 50, le sexe est encore une chose assez mystérieuse. Même si l’on a quelques connaissances sur le sujet, c’est plutôt en théorie qu’en pratique. Avant la guerre, il était relativement courant, bien qu’il faille employer le mot courant avec toutes les précautions, qu’on amène un jeune au bordel pour le déniaiser. Ils sont bien obligés de se débrouiller depuis la fermeture des maisons accueillantes.

Bien que les Anglaises aient alors la réputation d’être accueillantes, du moins c’est ce que les garçons de l’histoire affirment, c’est quand même bien entre compatriotes que l’on suivra quelques uns de ces adolescents à la recherche de leurs premières expériences amoureuses. Le film est plaisant, surtout pas trop sérieux, les Français en quelque sorte envahissent l’Angleterre à coup de gags et d’un comportement déluré propres aux Latins, on va leur montrer à ces bouffeurs de pudding!

Les acteurs sont presque tous des débutants et cela apporte sans doute de la fraîcheur au film. Certains feront un carrière plus ou moins grande, plus ou moins longue. Remi Laurent, l’un des acteurs principaux, est décédé du sida en 1989.

La musique a une part très importante dans le film, c’est Mort Shuman, l’un des compositeurs les plus titrés du siècle passé qui s’y colle. Une des chansons extraites de la bande sonore « Sorrow » sera un grand tube encore dans toutes les mémoires. Ce que l’on peut regretter c’est le côté un peu trop moderne du son, la technique ayant évidemment fait des progrès. On y retrouve assez peu de titres datant vraiment de l’époque du film sinon « Lollipop » (Chordettes), « Twilight Time » (Platters) et l’on peut entendre dans le film « Only You » de ces mêmes Platters, ainsi qu’un pompage de « Bye Bye Love » des Everly Brothers devenu « Bye Bye Cry Baby ». Il n’y a pas de chansons en versions originales d’époque, mais l’ambiance est résolument et musicalement rétro fifties.

C’est un film sans trop de prétentions, dans lequel il ne faut pas chercher le chef d’oeuvre d’un cinéaste, on peut le classer comme récréatif si l’on a pas vécu cet époque et nostalgique dans le cas contraire. Le cinéma est aussi une distraction et celle-ci est plutôt plaisante.

Dans les films qui reconstituent une certaine époque, je m’amuse toujours à chercher les anachronismes, encore plus si j’ai vécu cette époque. Il y en a un dans le film, bien visible.

Un des acteurs arbore un t shirt avec cette illustration. C’est un extrait du livre « Rock Dreams » de Guy Peellaert, célèbre dessinateur belge, paru en 1974. Elle n’existait donc pas à l’époque où se déroule le film. Je le sais d’autant mieux que j’avais le même, acheté à Londres en 1976.

Acteurs

Rémi Laurent Alain
Stéphane Hillel Jean-Pierre
Véronique Delbourg Claudie
Sophie Barjac Veronique
Julie Neubert Carol
Rynagh O’Grady Doreen
Aïna Walle Britt
Brigitte Bellac Mireille
Michel Melki Pierrot
Béatrice Saint-Marc  
Marc Chouppart  
Pierre Pradinas  
Frédéric Pieretti  
Eric Deacon Mike
David Morris Dave

La France est bien connue pour posséder un nombre incalculable de revues, journaux, qui paraissent de manière officielle et plus ou moins confidentiels à des dates plus ou moins régulières. C’est un signe de santé pour un état démocratique, la diversité de la presse montre la diversité des opinions. A côté d’une presse dite d’opinion qui concerne de manière large les faits politiques ou de société, il en existe une faite de bric et de broc et qui s’adresse à un clientèle ciblée. Vous avez sans doute tous vu ou entendu parler d’un bulletin paroissial, d’une revue qui parle de la préservation d’un patrimoine ou en souvenir d’un personnage célèbre ou encore une presse professionnelle. Il en existe une, par exemple, réservée aux membres du  club qui préserve la mémoire de San-Antonio. Alors on ne s’étonnera pas trop d’en trouver une qui concerne la justice, indépendante des avis officiels.

On peut imaginer quelque chose de très sérieux, de quelque chose « raide comme la justice ». Et pourtant il existe dans chaque domaine, aussi sérieux soit-il, une place pour l’humour. Cela dépend bien entendu de la répartie que peut posséder tel ou tel personnage. Il suffit parfois d’un mot bien placé pour entrer dans l’histoire, ce n’est pas le général Cambronne qui me contredira.

Dans un numéro de la revue La France judiciaire datant de 1931, on y trouve un article qui prouve bien que les gens de loi ne sont pas dépourvus d’humour.

Source Gallica, BNF, DP

Des bas nylons, une histoire piquante et des foules en délire

Les histoires de gendarmes et voleurs ont toujours fait partie du folklore de la société. La police court après les voleurs, c’est bien connu, et parfois les voleurs courent plus vite que la police. Après 1832, la police se trouva fort dépourvue, on ne marquait plus au fer rouge ceux qui avaient passé entre ses mains et condamnés à des peines lourdes, mais il fallait parfois peu de choses pour être condamné à la dite peine.

Pendant longtemps, ce fut un vide assez conséquent, mais peu à peu la police fit appel à la science pour tenter d’élucider les énigmes de tout poil. Un certain Monsieur Bertillon mit au point vers 1882, le signalement anthropométrique, je pense que vous savez ce que c’est.  Petit à petit, on inclut d’autres méthodes pour traquer le criminel. Avec l’apparition des brigades de police mobile dites Brigades du Tigre en 1907, on essaya avec un certain succès de faire jeu égal avec celui des bandits en mettant à disposition des policiers les derniers cris de la technique notamment des véhicules à moteur pour se déplacer.

Les moyens matériels étant une chose, on considéra également que la psychologie n’était pas inutile. Précéder le criminel en devinant ses intentions permettait de lutter encore plus efficacement contre le crime, Sherlock Holmes n’avait qu’à bien se tenir.

Parfois, les meilleurs spécialistes de la psychologie policière ont bien du fil à retordre, car toute un série de faits qui peuvent sembler sortir tout droit de l’imagination d’un maniaque répose uniquement sur le « on dit » et peuvent s’étendre à des foules entières, provoquant une hystérie collective et des paniques redoutables.

Voici un cas très intéressant rapporté par un médecin appartenant à la police et publié dans un rapport sur la police scientifique, rapport destiné à faire avancer la recherche en la matière et datant de 1921. On voit très bien qu’elle ne s’intéresse pas seulement à de banales histoires de voleurs et malfrats, on étudie aussi le comportement des foules.

C’est à lire et très instructif. Cette histoire s’est déroulée à Lorient en 1918 et elle s’intitule Le Piqueur Lorientais.

Comme vous le voyez, il ne s’est absolument rien passé de concret, le piqueur n’a existé dans l’imagination des gens, mais on s’était persuadé du contraire. On peut aussi se rapporter à la fameuse émission radiophonique d’Orson Welles en 1938 où il créa une panique en rendant très réaliste une adaptation de « La Guerre Des Mondes », de Wells, oui cette fameuse histoire où notre planète est envahie pas des extraterrestres.

Le Figaro, 1 novembre 1938

Un extrait de la fameuse émission

On peut encore se poser la question sur la fameuse « grippe espagnole » de 1918 qui fit des millions de morts. Sa mortalité fut tellement mise en évidence que l’on peut imaginer que certains malades atteints d’une grippe plus que banale passèrent à de vie à trépas, certains qu’ils avaient attrapé cette terrible maladie. L’autosuggestion est une chose encore bien mystérieuse, l’esprit une sorte de machine dont chacun ne connaît pas forcément le monde d’emploi.

Il n’y a qu’à se référer aux fameuses peurs comme celle du vide, de la foule ou des orages. Dans l’immense majorité des cas, ce sont des dangers complètement imaginaires. Mais notre corps est ainsi fait!

Souce Gallica, BNF, DP

Bas nylons et coquineries 1933

 

A quoi pouvait ressembler ce que l’on pouvait considérer comme une revue que l’on pouvait qualifier d’osée en 1933 ?

Difficile de savoir ce que le passant pouvait penser pour lui donner ce qualificatif, mais les tentatives existaient, on pourrait même dire qu’elles ont toujours existé. La grande différence, c’est celles qui circulaient sous le manteau et celles qui étaient accessibles sans se rendre dans une rue sombre en donnant un mot de passe à un individu louche et en sortant une grosse liasse de billets. Une des tentatives, disons officielles, pour obtenir un semblant de légalité fut une revue appelée « Audaces » dont le premier numéro sortit en 1933, mais qui ne dura quelques numéros.

Evidemment il ne faut pas s’attendre à voir un film porno sous forme de roman photo, mais tout au plus quelques gentilles (pour aujourd’hui) images un rien dénudées. Agrémenté de quelques textes plutôt sages et informatifs, voire de quelques histoires drôles qui n’auraient certainement pas pu figurer dans un bulletin paroissial, le journal ne manque pas d’un certain désir de faire de l’artistique dans ses photographies. Certaines sont même des petites perles de sage coquinerie.

Je vous en ai extrait quelques unes qui, ma foi, ne me semblent pas déplaisantes, évidemment la qualité d’impression étant celle de la reproduction de documents d’époque…


 

Mes ancêtres ne portent pas de collants

C’était un dimanche, ça je m’en souviens bien, remarquez que tout autre jour de la semaine aurait pu faire l’affaire. J’étais en train d’essayer d’établir pour un monsieur qui s’intéressait à la généalogie, une liste de mes ancêtres. Par un pur hasard, il se trouvait que sans le connaître, nos familles respectives devaient avoir une ascendance commune. Très bien renseigné le bonhomme, il m’a appris que ma grand-mère paternelle qui portait le même patronyme que le sien était une famille dont les origines remontaient à 2000 ans dans ce qui est l’Iran actuelle. Soit dit en passant, la théorie de la pureté de la race me fait doucement rigoler. Je devais pour cela aller dans plusieurs cimetières rechercher les dates fatidiques de quelques personnes qui de loin ou de près ont fait partie de ma famille. Muni de quelques renseignements sur la date des décès, j’ai parcouru trois endroits différents et j’ai pu obtenir ce que je cherchais. Heureusement , c’était pas trop loin. Sur le chemin du retour, moi et ma belle petite voiture, nous regagnions d’une humeur joyeuse le home sweet home. En passant dans un village, je vois une jeune femme qui faisait de l’auto-stop. J’en ai tellement fait dans ma jeunesse, que je ne peux pas décemment les laisser au bord de la route, juste retour des choses. De plus, cette personne était plutôt jolie, en jupe, et visiblement ses jambes n’étaient pas nues. Là, vous imaginez tout de suite le fond de ma pensée, je continue tout droit bien sûr. Mais non, mais non, je m’arrête et j’accepte de la déposer une quinzaine de kilomètres plus loin. Dès qu’elle fut à l’intérieur, quelque chose me frappa. Plutôt ce fut mes narines qui m’avertirent. Comme je l’appris par la suite, c’était une étrangère, une Allemande, qui venait apprendre notre belle langue. Pour cela, elle avait choisi de séjourner dans une ferme, en aidant le paysan aux travaux. J’imagine que vous savez faire la différence olfactive entre une employée agricole et celle qui travaille au rayon parfumerie des Galeries Lafayette. Donc une odeur d’écurie commence à se répandre, je ne dirais pas joyeusement, dans ma bagnole. Pour couronner le tout, je pense que le dimanche à la ferme, après la sortie de l’église, on avait l’habitude d’écluser quelques verres de gnôle pour fêter ça. Et visiblement, pendant ces libations, le propriétaire n’avait pas demandé à la miss d’aller amener Pâquerette au taureau. Elle en était assez imbibée et l’odeur de ces fruits du verger distillés est plutôt tenace. Alors me voilà embarqué avec une passagère qui sent bon le terroir tous azimuts. J’en prenais plus avec le nez qu’avec un aspirateur. Heureusement que je ne suis pas tombé dans un contrôle de police, car pour sûr, il me faisaient souffler dans le ballon. Restait quand même un petit espoir, et les jambes de la demoiselle? Je dus déchanter bien vite, car le jupe qui était remontée assez haut, ne laissait pas de doute sur la présence de collants. Connaissant son pédigree, je ne l’imaginais pas trop aller traire Pâquerette en porte-jarretelles. De toute façon, les vaches et même le taureau s’en foutent.

Le problème avec cette histoire, c’est qu’il est difficile de mettre une illustration en rapport avec un texte qui ne parle pas de bas. Alors pour contourner l’obstacle, je vais l’illustrer avec ma pensée juste au moment ou j’aperçois la fille au bord de la route.On peut rêver!