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Bas nylons et une chanson de pirate

*****

Les classiques du rock and roll anglais peuvent presque se compter sur les doigts de la main, encore plus ceux qui eurent du succès à leur publication. Cliff Richard en imposa au moins un, « Move It ». Vince Taylor tenta de placer « Brand New Cadillac », qui passa assez inaperçu lors de sa sortie, malgré son potentiel évident il lui faudra plusieurs années pour être reconnu comme tel. Mais le vrai monument du rock anglais arriva en 1960 avec « Shakin’ All Over », qui atteignit la première place du hit parade anglais. Son créateur, Johnny Kidd (1935-1966 tué dans unaccident de voiture) alias Frederic Heath, est un peu un rocker par hasard, tant il démontra par la suite que son style était précurseur d’un musique tendance blues ou rhythm and blues qui sera très en vogue quelques années plus tard. Si ce succès restera sans vrai lendemain pour lui, excepté un sursaut en pleine Beatlemania, « I’ll Never Get Over You » qui s’apparente au british beat, son potentiel fut assez mal exploité par sa maison de disques His Master’s Voice. Aucun album ne sortit de son vivant et son côté mise en scène, il portait un bandeau sur l’oeil et lui et son orchestre s’habillaient en pirates, ne s’étalait sur des pochettes de disques à trous. Malgré tout, il fut une grande source d’inspiration pour les musiciens anglais.

Encore une fois on retrouve ces artistes anglais qui ne s’exportent pas, sa chanson fétiche et son nom ne dépassèrent guère les frontières anglaises à l’apogée de son succès. Son disque ne fut même pas publié en France, il faudra attendre 1964 pour que 4 titres vient le jour sur un EP. Il fallut aussi attendre deux ans pour qu’une version française soit réalisée sur le premier disques des Fantômes, « Le Diable En Personne ».  Par contre, on se rattrapera un peu en publiant le tout premier 33 tours en 1970, à l’initiative du passionné Georges Collanges, président du fan club français de Gene Vincent. Il sera suivi un peu plus tard par une seconde publication de la même veine qui compilera encore quelques inédits dans l’Héxagone. Ici, la version la plus connue et par ailleurs excellente, restera celle de Vince Taylour, reprise en 1961 pour le compte de Barclay.

Malgré tout la chanson sera très prisée par les chanteurs, amateurs ou non, qui ne manqueront pas de la mettre à leur répertoire. En 1965, le groupe canadien des Guess Who, la popularise pour le marché américain, où elle est peu connue, avec un certain succès. Succès qui donnera l’idée à KIdd de la réenregistrer de manière modernisée aux canons de l’époque. Pour être honnête les versions fourmillent, et comme cela fait partie des chansons que je collectionne, je peux vous dire que j’en ai des dizaines venues des quatre coins de la planète. Je n’en citerai que quelques unes, intéressantes ou originales, par les artistes suivants : Swinging Blues Jeans (1963) ; Mae Waet, l’actrice, qui l’enregistra à plus de 70 balais (1965) ; le groupe hollandais des Black Albinos, version assez originale (1964) ; le groupe allemand des Lords, une version assez déjantée (1970) ; les Who sur l’album « Live At Leeds » (1972).

L’original

Version 1965

La version de Mae West accompagnée par une bande de jeunes

La version de Vince Taylor sur un Scopitone

La reprise des Fantômes, seul titre vocal de leur répertoire

Machins et trucs un peu dédaignés

Avec la pléthore de disques sortis depuis que le vinyle existe, il est bien difficile de se rappeler du moindre truc qui parsemait les sillons des disques. Heureusement, il y a quelques admirateurs un peu plus curieux que les autres et qui sont là, (mais jusqu’à quand?), pour remonter quelques obscurités en surface. Ce sera plus tard le travail des historiens de rappeler ceci ou cela. En attendant, je vais vous exhumer quelques chansons qui ne sont que dans les souvenirs des fans ou des spécialistes, mais de loin de pas tous les passants dans la rue.

Heinz Burt, un Allemand d’origine, fit partie comme bassiste des célèbres Tornados dont le hit « Telstar » se vendit à des millions d’exemplaires. Poussé par le producteur Joe Meek, il tenta une carrière en solo qui ne débuta pas trop mal avec son hit « Just Like Eddie ». Je vous propose ici sa première tentative qui fut un bide total « Dreams Do Come True ». Ce disque est aisément identifiable comme étant une production de Joe Meek avec ce son si typique. Heureusement il existe un clip de cette chanson extrait du film « Farewell Performance ». Je trouve que cette chanson méritait mieux que son insuccès flagrant.

Sous l’étrange nom de Blonde On Blonde, le groupe sortit en 1969 en album pour le label Pye en Angleterre. Il y a une ou deux reprises dont « No Sleep Blues » emprunté à l’Incredible String Band, dans une version plus électrique. Malgré cet intéressant album, ce groupe est resté dans une obscurité relative.

Le groupe Art est la transition entre the Vip’s et Spooky Tooth. En 1967, ils publient un album sur le label Island qui contient quelques belles pièces. La chanson que je vous propose « Rome Take Away Three », un original, est dans mes écoutes régulières depuis plus de 50 ans. J’aime tout dans ce titre le vocal du génial Mike Harrison (RIP), le piano, la guitare, la splendide ligne de basse, la batterie. C’est personnel, mais c’est inoubliable donc je n’ai pas oublié.

Même si un artiste est très connu, il y a certains de leurs titres qui le sont beaucoup moins et que pratiquement personne ne connaît. Les Everly Brothers n’y échappent pas. Qui connaît ou se rappelle de « Nancy’s Minuet », un titre qui est pourtant d’une grande classe. A découvrir et surtout ne pas oublier…

J’avais trouvé ce titre sur une compilation garage par un groupe qui s’appelle les Galaboochees, avec un titre typique de ce style et que j’adore malgré qu’il soit très peu connu. Mais j’ai un gag à raconter à propos de ce groupe. Quand je vais dans un magasin de musique, je n’ai en principe pas besoin des conseils d’un vendeur ou d’une vendeuse. Alors que je cherchais je ne sais quoi dans un endroit attitré, une vendeuse me tournait autour sans arrêt et finit par me demander ce que je cherchais : « je cherche un disque des Gallaboochees ». Perplexe, elle me répondit : « je crois qu’on ne l’a plus en stock! ». Ah ben tiens, elle connaissait bien son métier, un véritable encyclopédie.

On pourrait dire la même chose pour John Lee Hooker, si son « Boom Boom » totalise des millions de vues, cette chanson-ci est nettement moins connue, seuls quelques spécialiste la connaissent. C’est pourtant du blues authentique, très traditionnel, du blues qui vous fout le cafard joyeux, c’est un des buts de cette musique.

Les chansons que l’on qualifie de standards dans tel ou tel style de musique, ont ceci d’un peu ennuyeux, c’est qu’elle se ressemblent un peu toutes. Quelquefois un petit malin arrive à en faire quelque chose de complètement différent, presque une autre chanson. Un des plus célèbres blues est le fameux « Hoochie Coochie Man », dont il existe des centaines de versions assez semblables. Le groupe hollandais Johnny Kendall & Heralds a pu insuffler à ce blues au rythme pesant et lent, un approche très beat et rapide. C’est un régal que je cite en exemple chaque fois que j’en ai l’occasion.

Même résultat pour le « Boom Boom » de John Lee Hooker, avec CCS, le groupe du talentueux Alexis Korner.

Qui se souvient encore de la série Bonanza? Le fameux Lorne Greene, un des acteurs, eut un gros hit aux USA avec son « Ringo » musique d’inspiration western. Il a eu la bonne idée d’en enregistrer une version en français, plus de 50 ans après, c’est toujours aussi sympa.

Un air celtique transformé en un truc planant. Peu connu en dehors de la Bretagne, Denez Prigent est un chanteur admirable de classe et de sensibilité.

Ca c’est un disque en pressage italien que j’avais trouvé chez un petit disquaire à Salo, au bord du lac de Garde en Italie pendant mes vacances de 1978. Je ne connaissais absolument pas ce groupe originaire de la Californie. J’ai été très étonné quand je l’ai écouté et je dois avouer que j’ai été emballé. De belles harmonies vocales, une mélodie aguichante, un instrument qui pourrait être de la mandoline électrifiée et en arrière plan de la guitare fuzz. J’en ai pas mal parlé avec des collectionneurs, aucun ne l’a jamais ni vu, ni entendu. IL existe un album du groupe sorti en 1966, là c’est moi qui ne l’ai jamais vu.

Et pour terminer une autre de ces perles inconnues nées non pas dans une huître, mais dans ce formidable courant qui traversa les USA à partir du milieu des années 60 et qui suscite encore bien des passions. Un Youtuber qui consacre sa chaîne à ce genre de musique a plus d’un million d’abonnés. Alors considérons que cette musique n’est pas morte. Evidemment quand on écoute la daube que l’on nous sert aujourd’hui, le moindre feulement au fond de la jungle ressemble à s’y méprendre à un opéra!

Bas nylons, statistiques parisiennes et histoires d’eau

Je suppose que vous connaissez Mr Bertillon, l’inventeur de l’anthropométrie. C’est grâce à lui que vous avez peut être fait un séjour en prison. Même s’il n’est pas dans vos intentions de le remercier, il vous reste quand même la possibilité d’admirer son travail. car il a été mis en pratique dans le monde entier.  En 1886, il a donné une conférence sur l’évolution de la population à Paris au cours des siècles. Jusqu’alors on avait une idée assez vague du nombre d’habitants que pouvait compter la ville et de qui elle se composait. La seule chose qui est certaine, c’est qu’à travers les siècles les villes se sont développées au gré des fantaisies d’un monde en constant mouvement. Pourquoi ici plutôt que là, la question reste ouverte. Une situation en bord de rivière ou de fleuve est une probabilité à tenir en compte. Par exemple, on sait très bien que l’Egypte dépendait presque entièrement du Nil et des crues pour rythmer la vie et les récoltes. Les Romains furent un peu plus entreprenants dans ce domaine et bâtirent leurs fameux aqueducs afin d’amener l’eau dans des endroits où elle manquait. On peut remarquer sur une carte géographique que la plupart des villes sont construites dans un endroit où il y a de l’eau, rivière, lac, embouchure dans la mer. Heureusement, l’eau a la faculté de couler et de parcourir des milliers de kilomètres, ce qui permet d’avoir de l’eau dans un endroit où il ne pleut pas ou pas beaucoup. La chaîne des Alpes sert de château d’eau pour une grande partie de l’Europe. Comme illustration à ce propos, notons qu’en Suisse il y a une localité, Pompaples, que l’on surnomme Le milieu du Monde. La raison en est simple et humoristique. Une petite rivière se sépare en deux près d’un moulin, un bras ira se jeter dans la mer du Nord, l’autre dans la Méditerranée. L’endroit est immortalisé dans une poème de Paul Budry :

« A Pompaples est une fontaine dont l’eau fuit au Rhône et au Rhin, lorsque j’y vais pleurer ma peine, nord et sud savent mon chagrin. »

Les villes ont toujours constitué un carrefour pour la culture, c’est un de ses multiples attraits. Imaginons Victor Hugo écrivant ses romans dans un coin reculé des Cévennes et ne quittant pas ce lieu, il est plus que probable qu’il serait inconnu aujourd’hui. Mais regardons plus en détail l’étude de Bertillon. que ne fait d’ailleurs pas allusion à la présence de Paris au bord de la Seine. Je ne sais pas quel parallèle on peut tirer entre son étude et la situation d’aujourd’hui. Mais si l’on se réfère à certains clichés actuels,, tout n’est pas si différent maintenant. Il est certain que où que l’on se trouve, on est toujours l’étranger de quelqu’un. Ces petites guerres que l’on se faisait entre villages, merveilleusement racontées par Louis Pergaud dans La Guerre des boutons, en sont le premier échelon.

Sources Galliva, BNF, DP

Bas nylons et un disque à en perdre son scalp

Retournons vers une de ces chansons qui a une histoire et qui est un monument d’inspiration pour un tas de musiciens. Elle se situe exactement dans le même contexte que celui vu dans un article précédent au sujet des musiciens anglais qui n’arrivent pas à s’exporter sur le continent américain à l’âge d’or du rock and roll.  La chanson qui nous intéresse en est encore une belle illustration.

Jerry Lordan (1934-1995) fut un compositeur interprète anglais qui enregistra quelques disques au succès modéré à partir de 1959. Mais son atout le plus évident est la composition. En 1959, une de ses chansons interprétée par Anthony Newley est un succès anglais troisième au hit parade. Mais le truc qui va le rendre définitivement célèbre ne sera pas enregistré par lui, il s’agit d’un instrumental, car il n’y a pas de paroles. Dans un premier temps, il le propose à un guitariste anglais qui vient d’avoir un gros tube avec un arrangement de « Guitar Boogie », Bert Weedom. Il l’enregistre, mais Lordan n’est pas entièrement satisfait de la manière dont il l’a enregistrée, et on pourrait ajouter qu’il a raison. Lors d’un concert, il aborde le bassiste et leader des Shadows, qui est alors Jet Harris, et lui parle de cette chanson. Celui-ci en discute avec ses collègues, la mélodie leur plaît et il se pressent de l’enregistrer dans une version nettement meilleure. Ce disque qui va faire trembler le monde entier s’appelle « Apache », il donnera à une multitude d’adolescents l’envie de jouer de la guitare.

Les Shadows sont déjà connus pour être les accompagnateurs de Cliff Richard, mais sous l’appellation des Drifters, nom qu’ils devront changer pour Shadows (Ombres), car il existe aux USA un groupe qui opère sous cette identité et qui est en passe de devenir très célèbre. Sous le nom d’origine, ils ont enregistré un single avec deux instrumentaux  « Driftin’ / Jet Black » qui n’est pas une éclatante réussite au niveau du succès. Les deux titres figurent aussi dans des versions différentes sur le premier album live de Cliff Richard. Mais avec la publication de « Apache », les choses vont littéralement changer et faire d’eux des vedettes à part entière. Cela inaugure un cas assez rare dans le showbiz, la vedette et les accompagnateurs qui font la course pour être no 1 au hit parade au fil des années. Après sa publication avec en face B la solide reprise d’un air traditionnel arrangé par le guitariste Bill Sheperd « Quatermaster’s Stores », le disque est no 1 pendant cinq semaines en Angleterre. La version de Bert Weedom est publiée dans la foulée, mais devra se contenter des restes. Ce titre qui deviendra un des rocks instrumentaux les plus célèbres du monde, rendra quelque peu la monnaie de sa pièce aux Shadows, car c’est une autre version que la leur qui aura les honneurs du hit parade américain où elle manquera d’une marche la première place, celle enregistrée par la guitariste danois Jörgen Ingmann.

En France, la disque fut publié en EP avec les titres du précédent 45 tours instrumental. Il existe une reprise chantée par Orlando, le frère de Dalida, qui devient « L’Amour Fait La Loi », un truc très kitsch. Evidemment elle fera partie du répertoire d’innombrables groupes amateurs et les versions enregistrées ne se comptent plus. Avant d’êtres supplantés par les Beatles, les Shadows seront vraiment le groupe anglais qui servira de modèle à tous les débutants, car leur succès ne s’arrêtera pas à cette première réussite.

La publication française de 1960. Les premières éditions ont le logo du disque vert, les suivantes rouge. Ce montage photographique servira aussi pour un EP français des Ventures (ci-dessous)

Ironie du sort, en 1963 en plein début de Beatlemania, deux anciens membres des Shadows qui participèrent au fameux enregistrement, Jet Harris et Tony Meehan, détrônèrent de la première place du hit parade leur anciens compères avec une autre composition de Jerry Lordan « Diamonds ».

Un des clips où les Shadows jouent leur fameux hit en playback. Je pense que le réalisateur a voulu donner un aspect un peu « mauvais garçons » au groupe plutôt assez édulcoré sur les pochettes de disques.

Même Jeff Beck…

Il y a pile l’été 1963

Les tubes de l’été il y a 55 ans. Classement dans le désordre tiré du hit parade de Salut les Copains été 1963. Le Johnny domine assez nettement avec deux chansons l’une « Les Bras En Croix », un très bon original, mais quand même un peu pompé sur le « Love Potion Number Nine » des Clovers, l’autre, « Da Doo Ron Ron », une reprise assez minable du hit des Crystals. Les débuts d’un petit génie (Little) Stevie Wonder. Claude François qui cartonne aussi avec des reprises propose quand même un original « Pauvre Petite Fille Riche », un titre assez plaisant. Sylvie Vartan chante en anglais un titre que Paul Anka a composé. Elvis Presley s’accroche  avec une histoire de diable. Darlene Love est poussée hors de Crystals pour une tentative en solo qui aura un assez bon départ, mais sans suite. Sheila adapte un succès des Everly Brothers / Roy Orbison « All I Have To Do Is Dream »,pour en faire une histoire de vacances qui tombe a pic. Les célèbres Beach Boys commencent à se placer. Un jeune qui monte Frank Alamo, avec l’adaptation d’un titre des Crickets de Buddy Holly « My Little Girl », qui devient « File File File ». Cliff Richard assez ignoré en France, parvient quand même à faire quelques fans. Richard Anthony, lui, fête sa fête sur le « It’s My Party » de Leslie Gore.

Spotlight sur deux titres :

Les Angels – My Boyfriend’s back – Un de ces succès qui montre toute l’ironie que l’on peut trouver dans la musique. Le succès est composé par les célèbres Feldman / Golstein / Gotterer qui formeront deux ans plus tard les légendaires Strangeloves et composeront aussi « Hang On Sloopy » pour les Mc Coys. En 1963, les groupes vocaux féminins noirs sont assez à la mode. Il y a les Crystals, Les Ronettes, les Chiffons, les Shirelles, les Cookies. Le titre est composé dans cette optique, le faire enregistrer par un groupe dans ce style, mais personne ne semble en vouloir. Alors on choisit un groupe identique, les Angels, mais blanc. C’est bien vu, d’autant plus qu’il sera no 1 pendant trois semaines au Cashbox.

Les Aiglons – Stalactite – Des adolescents de la région de Lausanne en Suisse, forment un groupe instrumental et leur organiste Jean-Marc Blanc compose un titre qu’ils nomment « Stalactite ». Leur compatriote Kean Lean, producteur chez Barclay, est intéressé et leur signe un contrat. Le titre deviendra un succès à travers l’Europe et fera même carrière aux USA. Au niveau son, c’est assez bien vu et ne ressemble à rien de ce qui se faisait à cette époque dans le style. Il en existe aussi une version vocale vocale enregistrée par Marijan futur Michel Orso. Je vous mets cette version en dessous de l’original.

 

Bas nylons autour d’un hit

Après l’avènement du rock and roll, l’Amérique domina le genre pendant plusieurs années, ses idoles étaient pratiquement intouchables. Par effet de miroir et aussi pour des raisons culturelles, l’Angleterre accueillit à bras ouverts les stars américaines. De nombreux rockers anglais essayèrent de le relayer sur le plan national se contentant pour la plus part de reprendre des hits américains avec un certain succès. Le premier a obtenir un tube avec un production locale fut Tommy Steele en 1956 avec « Rock With The Caveman », inspiré de Bill Haley. Pendant quelques années, il eut du succès, mais dans un style qui fut plus proche de la variété que du rock. En 1958 apparaît Cliff Richard, il réussit à créer des classiques du  rock and roll purement anglais comme « Move It » ou « Dynamite », mais lui se tourna assez vite vers une musique plus édulcorée. Il fut suivi l’année d’après par Johnny Kidd qui ajouta encore deux classiques « Please Don’t Touch » et surtout « Shakin’ All Over », la seule création de cette veine a avoir été no 1 au hit parade anglais. Il y eut aussi Billy Fury, qui est plus à considérer un tendre qu’un méchant rocker. Le point commun de tous ces artistes, c’est qu’ils n’ont jamais eu le moindre succès aux USA,  ils y sont pratiquement inconnus. Il fallut attendre 1962 pour qu’un disque purement anglais, dérivé du rock and roll, soit no 1 là-bas. Voici l’histoire de cette chanson.

En général, les maisons de disques ont la main mise sur leur productions. Parallèlement, il existe des producteurs indépendants qui n’ont pas leur propre maison de publication, mais qui possèdent un studio d’enregistrement et qui vont proposer aux grandes compagnies leurs productions, une sorte de disque clé en mains. Celui du début des sixties en Angleterre et qui est resté le plus célèbre s’appelle Joe Meek. A l’époque qui nous intéresse il est déjà connu, ayant eu un no 1 en 1961 avec John Leyton (Johnny Remmeber Me). Il est plein de bonnes idées musicales et un habile compositeur, plus encore, on retrouve dans certains de ses enregistrements un son qui permet de l’identifier immédiatement comme producteur. Son studio d’enregistrement est assez simple, c’est un appartement et souvent lors des enregistrements les musiciens ne sont même pas tous dans la même pièce par manque d’une espace assez grand.

En 1962, alors qu’il regarde des images à la télévision sur le premier lancement d’un satellite de communication, il lui vient l’idée d’un instrumental qu’il baptise d’après le nom de ce satellite, Telstar. Il a justement sous la main un groupe monté de toutes pièces avec des musiciens de studio, les Tornados, qui servent aussi occasionnellement de groupe d’accompagnement pour Billy Fury Il a déjà fait une tentative avec eux, « Popeye Twist / Love And Fury », publié par Decca sans grand résultat. Une fois « Telstar » publié, le succès est presque immédiat. Il monte dans les charts et sa classe no 1 pendant plusieurs semaines entraînant des ventes qui se comptent par millions. Les USA ne sont pas en reste et lui accordent les mêmes faveurs, c’est le premier no 1 d’un artiste britannique issu de la vague rock and roll. Le titre est adoré autant par les jeunes que les personnes d’un âge plus avancé, il fait pratiquement l’unanimité et sa mélodie facile à retenir n’est pas étranger à cette attirance. En France, les Compagnons de la Chanson en feront une version vocale. Au niveau style, on remarquera la petite révolution dont il est le précurseur, un son spatial et aquatique qui sera présent dans bien des enregistrement suivants, la présence de bruitages en ouverture, et surtout un travail de studio avec l’art de trafiquer le son. On a de la peine à croire que cela a été enregistré et mixé dans un banal appartement On peut aussi voir les Tornados comme des ancêtres du disco.

Pochette de l’édition française fin 1962

La France a édité un 33 tous en plein succès des Tornados, ce qui ne sera pas le cas un Angleterre

Les Tornados devant l’Olympia à Paris en 1963

La suite de la carrière des Tornados fut plus nuancée, ils connurent encore un assez gros succès avec « Globetrotter », mais les titres suivants ne rencontrèrent que peu de suffrages. Finalement en 1966, le groupe se dissout, sans aucun des membres originaux encore présent dans la formation.

 

Bas nylons et une Potter avant Harry

Walt Disney ne fut pas le premier à créer un monde illustré dans lequel les animaux adoptaient des attitudes humaines. Bien avant l’apparition des ses personnages, une Anglaise du nom de Beatrix Potter (1866-1943), avait déjà créé et illustré des aventures dans lesquelles les animaux avaient la part du roi, ce qui la rendit célèbre de son vivant. Elle reste encore une référence dans ce domaine plus de 100 ans après. Contrairement à Disney qui stylisa ses personnages, elle les reproduit exactement, même s’ils portent des habits ou lisent le journal.

Elle est née dans une famille bourgeoise. Contrairement à la tradition qui veut que les enfants de riches aillent étudier dans un collège, elle reste à la maison. Elle ne manquera pourtant pas d’acquérir une solide culture générale. Son principal problème, c’est qu’elle s’ennuie et se réfugie dans un monde de rêveries. Lors de vacances au nord de l’Angleterre, elle découvre la nature et c’est le coup de foudre. Elle en tombe amoureuse et en étudie les comportements, les habitants, les végétaux. Servie par un joli coup de crayon, elle dessine des planches sur les champignons qui serviront par la suite à l’illustration de livres sur le sujet, c’est encore le cas aujourd’hui. Petit à petit, elle se fait une réputation de naturaliste en réalisant des observations scientifiques, notamment sur les champignons et les lichens,  mais peine faire reconnaître ses travaux. Le milieu scientifique anglais est très fermé, voire interdit aux femmes. Mais sa célébrité viendra des histoires qu’elle imagine et illustre pour les enfants en mettant des animaux en scène notamment Peter Rabbit, notre Jeannot lapin à nous. Elle commence timidement en 1890, en créant des cartes de voeux animalières. A sa grande surprise, elles sont éditées en Allemagne. Le fils de sa gouvernante étant convalescent, elle invente une histoire avec des lapins, dont elle tirera un livre plus tard. Même si elle s’adresse à des enfants, elle refuse d’employer des mots trop simples, prétextant que c’est un moyen de les éduquer et de leur inculquer un language plus élaboré. Un premier recueil est mis en forme, mais ne trouvant pas d’éditeur, elle choisit de l’éditer elle-même avec des illustrations en noir et blanc. Cette publication va à contre-courant des habitudes de l’époque, format plus petit, illustrations prenant nettement le pas sur le texte, elle préfigure la BD d’aujourd’hui. Les 250 exemplaires de sa complication sont rapidement épuisés, il paraît que le célèbre Conan Doyle en achètera pour ses enfants, et un second tirage est mis en route. Un éditeur qui l’avait précédemment ignorée s’intéresse enfin à son travail et une édition, en couleurs cette fois, sort en 1902. Le succès définitif viendra rapidement et traversera même l’Atlantique où des éditions illégales verront le jour pendant quelques temps.

Elle a maintenant 36 ans et vit toujours chez ses parents, mais grâce à ses droits d’auteur, elle peut s’émanciper et s’acheter une ferme près de Carlisle dans le nord de l’Angleterre en 1905. Durant les 10 années suivantes, elle étoffera son univers avec plus de 20 livres et en créant de nouveaux personnages, tant par le texte que par le dessin, qui viendront étoffer la famille des lapins. Sa vie personnelle est marquée par la perte tragique de son fiancé, son éditeur mort de leucémie, en 1905. Elle ne se mariera qu’à l’âge de 47 ans, et avec son mari qui est aussi un amoureux de la nature, elle se consacrera principalement à l’élevage de moutons. Elle restera assez discrète sur sa carrière d’auteur et d’illustratrice et de business woman, bien qu’elle soit définitivement célèbre et encore admirée aujourd’hui.

Sources Gallica, BNF, DP