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En passant

Voyage début de siècle (58)

Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.

Suite du séjour et préparation du départ et humeur du temps.

Ma dernière sortie fut pour le Kinkakouii, le pavillon doré que l’avais déjà visité avec mes amis. Le joli lac avec ses îles couvertes de pins me parut plus tranquille encore que la première fois. Les derniers jours de septembre avaient transformé les platanes en une masse flamboyante et dorée, magnificence trompeuse comme celle du pavillon d’or, dont de toute la somptuosité passée, il ne restait que le nom. Sous l’action du temps, même le phénix doré du toit a pris une couleur terne.
Ce kiosque est le seul vestige d’un palais construit, en 1397, par le dernier shogoun. Voici une anecdote qui a trait à la grande montagne que l’on aperçoit de l’étage supérieur.
Un beau jour de juillet, l’empereur Udo souffrant de la chaleur, commanda à ses gens de couvrir la montagne de soie blanche, pour se donner l’illusion de la fraîcheur de la neige. Caprice de mikado! Depuis ce temps on appelle la montagne Kinukasa-yama, mont du chapeau de soie.
J’arrivai le 2 octobre à Kobe. Cette ville me frappa par son aspect européen. Tandis qu’à Kioto et autre part il y avait toujours foule devant les magasins où les Européens font leurs achats, ici je passai inaperçue. Joliment située, Kobe a de charmantes maisons, de verts jardins et des environs enchanteurs. C’est, après Yokohama, la place commerciale la plus importante du Japon. Elle compte 150,000 habitants. Au sud-ouest, ne formant qu’une ville avec sa nouvelle sœur, l’ancienne cité de Hiogo, autrefois Bouko, sert de port depuis les temps les plus reculés.
Ma première visite fut à l’agence maritime Nippon Yusen Kaisha, dans le but de commander une cabine pour la traversée du Japon en Corée. A mon grand regret, j’appris que le bateau était parti la veille. J’avais été mal renseignée à Yokohama, et comme il devait s’écouler deux semaines avant qu’une occasion se présentât de faire le voyage projeté, je dus renoncer, bien malgré moi, à passer par la Corée pour me rendre à Péking.
Ce contre-temps me fit prendre Kobe en grippe. L’hôtel me déplut comme le reste. M’étant mise à étudier la liste des bateaux, je constatai qu’il me restait un expédient. C’était de prendre, le lendemain, le Kosaï Marou qui fait le voyage de Nagasaki et Schangaï. Vite au port! 0 surprise! ce bateau venait d’arriver. Petit, mais reluisant de propreté du haut en bas, il me fit une excellente impression. La croix rouge flotte à côté du soleil flamboyant sur fond blanc du pavillon japonais. Le Kosaï Marou, bateau-ambulance, appartient à la société de la Croix-Rouge. Comme, pour le moment, il ne trouve pas d’emploi, il sert de paquebot. Perplexe, je restais à le regarder, ne pouvant me décider sur le moment même.

En attendant, je me mis à parcourir Kobe. Non loin de mon hôtel, s’élève un temple caché dans les camphriers et les cryptomérias. On y fêtait certainement un dieu ce jour-là, car une grande foule, du petit monde surtout, s’ébattait dans le parvis, couvert de boutiques de toutes sortes. Ce temple, construit par la vaillante impératrice Jingou Kogo, date du troisième siècle. L’empereur étant mort à la veille d’une campagne contre la Corée, la courageuse femme prit le commandement de la flotte et partit pour la guerre, cuirassée et armée. Trois ans après, la Corée était conquise. L’impératrice fit construire le temple d’Ikouta, en reconnaissance de l’appui que les dieux lui avaient visiblement accordé.
Kobe est située au pied d’une montagne de laquelle deux cascades se précipitent dans la vallée. Un petit chemin pittoresque serpentant le long du torrent conduit au sommet. Ici, comme partout, des maisons de thé, fréquentées surtout par des Allemands, à ce qu’il me semble. Plusieurs des nésans parlent quelques mots d’allemand; l’une essaie même une chanson à boire tudesque sur un air japonais. M’en voyant étonnée, elle m’explique que les officiers allemands sont ses amis.
Mon coureur m’emmène ensuite à Hiego où je puis admirer un Bouddha colossal, tout neuf, qu’un papetier enrichi a fait ériger il y a quelques années.
A côté, une jolie pagode à cinq étages. Nous passons sur plusieurs ponts pour arriver à la mer; mais le ciel est si menaçant que je fais signe à mon boy de prendre le chemin du retour.
A une nuit brûlante succéda une journée tout aussi chaude, quoique sans soleil. Il y avait de l’orage dans l’air. Tout le monde prédisait le typhon et les journaux annonçaient un ouragan venant de Manille. Très fréquents dans les mers du Japon et de la Chine, les typhons règnent de juin en novembre, surtout dans les mois de septembre et d’octobre. Ces vents impétueux extrêmement dangereux font la terreur des capitaines aussi bien que des passagers.
— Vous ne voulez pourtant pas vous embarquer sur le Kosaï Marou par ce temps? Attendez plutôt le Hambourg, me conseillait-on de tous côtés.
Je m’entêtai. Le Kosaï Marou — j’ai déjà changé son nom en celui de Cosy Mary — m’a jeté un sort; Il faut que je fasse sa connaissance.
— Un billet pour Schangaï!
Les vaisseaux japonais naviguent sur toutes les mers et jouissent d’une excellente réputation. La ligne japonaise avec ses trois vapeurs Hong Kong, Nippon et America Marou qui vont de San-Francisco à Hong-Kong, est la plus fréquentée. Les deux sociétés américaines concurrentes enragent et prétendent que les Japonais ne doivent la vogue de leurs navires qu’à leurs capitaines Anglais ou Américains. Aucun passager, disent-elles, ne confierait sa vie à un commandant japonais. Pourtant l’équipage entier et la plupart des officiers sont Japonais.

Rue de Kobe bordant le port

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Sources : Wikipédia, B.N.F, DP

En passant

Vinyles en fusion (215) 

Intéressons-nous un peu à l’Europe des seventies et ce qui fut son fond musical, principalement distillé par la radio et la télévision. Les temps changent et les modes aussi. La pop est ses dérivés plus commerciaux dominent. Mais on voit aussi poindre des nouveaux styles comme la hard rock, le disco, le punk. La France abandonne passablement la reprise des hits anglo-saxons, on se veut un peu plus personnel avec des compositions originales. Il arrive quelquefois qu’un artiste local se positionne au plan international, le plus bel exemple sera Abba. Mais le marché reste largement dominé par par les chanteurs anglais ou américains. Voici à partir de 1970, mois par mois, des titres qui furent incontestablement populaires dans leur version originale pour le mois en question.

1972

Janvier 72 – Tony Christie – Amarillo

Février 72 – Middle Of The Road – Sacramento

Mars 72 – Sweet – Poppa Joe

Avril 72 – The New Seekers – Beg, Steal Or Borrow

Mai 72 – Vicky Leandros – Après Toi

Juin 72 – T. Rex – Metal Guru

Documents

Des demoiselles francophones peu connues durant les sixties

Tu Fais Partie De Mon Passé

La pop en version étrangère

Il est toujours curieux d’entendre une chanson que l’on connaît bien dans une autre langue. Le phénomène de reprendre une chanson connue dans une autre langue est un phénomène planétaire. La mélodie reste, mais la consonnance d’une langue peut lui donner une ambiance différente. Voici une sélection de trois chansons d’artistes anglophones interprétés dans une langue plus ou moins exotique. Pour ceux qui voudraient entendre la version originale, un clic sur Youtube apportera la réponse.

Monsieur Boum Boum, version française par Henri Salvador, 1963
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Version originale par Johnny Cymbal, 1960

Le Jour « J », version française Les Chats Sauvages, 1964
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Version originale par Bobby Doss, 1961

Je Ne Pense Qu’a L’amour, version française Eddy Mitchell, 1963
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Version originale par Jack Shea, 1922

Des chansons tradition folk de partout

La musique est le plus beau lien entre les cultures. Qui écoute celle des autres n’a pas envie de leur déclarer la guerre.

Så Rider Jag Mig – Ingen (Suède)

A L’entrada Del Temps Clar – Mont-Jòia (Occitanie)

Cu Ti Lu Dissi – Amanda Pascali & The Family (Sicile)