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avec Miss Nylon et Miss Eva

LA PETITE ENCYCLOPEDIE SUR L’ART

DE PORTER LE BAS NYLON

Le bas nylon des nuls aux experts

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Bas nylons et une chanson à Eux

Nous avons revisité récemment les Them et leur fameux hit « Gloria ». Nous avons constaté que cette chanson fut reléguée en face B dans son pays d’origine, mais devint une chanson culte par sa propre aura, notamment par le nombre incroyable d’artistes qui l’ont mise à leur répertoire. Involontairement, ils rééditèrent cet exploit avec une autre de leurs chansons « I Can Only Give You Everything », qui est devenue un autre classique incontournable, et qui suscita un engouement auprès des autres artistes, à peine la version originale publiée. Elle ne fut jamais classée dans aucun hit parade, exception peut-être de l’adaptation qu’en fit Ronnie Bird pour ses débuts chez Philips, « Chante ». Mais revoyons un peu le contexte de sa création.

Durant leur courte carrière, les Them originaux furent extrêmement mouvants, tant au niveau du personnel, que celui des producteurs. On s’accorde à dire que certains titres ont fait appel à des musiciens de studio, le chose n’était alors pas si rarissime, dont Jimmy Page. Le plus irremplaçable est bien sût le chanteur, Van Morrison, tant sa voix est typique. Mais tant bien que mal, deux albums furent publié., Le premier sans titre, mais baptisé par la suite « Angry Young », en reprise du titre qui présente le groupe au recto. Le second a un titre « Them Again », il est aussi musicalement plus élaboré que le premier, et fait appel à un unique et même producteur, Tommy Scott. Il s’occupe aussi des Wheels, groupe qui aura une discographie intimement et musicalement  liée à celle des Them. Il est aussi compositeur. une de ses compostions avec la complicité de Buddy Kaye, enregistrée par Eden Kane, a été un gros succès en France dans l’adaptation de Richard Anthony « Les Garçons Pleurent ». Pour l’album des Them, il se remet à l’écriture et en fournit trois titres : « Call My Name », qui sera l’objet de la face A d’un 45 tours; « Don’t You Know », cantonné à l’album, et celle qui nous intéresse « I Can Onyly Give You Everything » écrite en collaboration avec Phil Coulter, qui fera aussi l’objet d’un single aux USA et que l’on retrouvera sur le troisième EP français des Them. Elle deviendra indéniablement une pépite de plus dans la discographie des Them. Par ailleurs, Phil Coulter sera très connu dans le concours de l’Eurovision, puisque qu’il composa en partenariat avec Bill Martin « Puppet On A String » pour Sandie Shaw, et « Congratulations » pour Cliff Richard. Certains se rappelleront aussi que le duo composa « Trapped » pour Los Bravos, dans un tentative de prolonger le succès de « Black Is Black ».

A sa parution l’album intéresse surtout les fans du groupe, mais les Troggs repèrent la fameuse chanson et l’enregistrent rapidement. Elle servira aussi de support au premier 45 tours de MC5, alors encore inconnus. En France, Ronnie Bird l’enregistre en écrivant les paroles « Chante », en réponse à la guéguerre que se font quelques chanteurs par disques interposés en réponse aux fameuses « Elucubrations » d’Antoine ». Comme pour le cas de « Gloria », la chanson est vite mise au répertoire de nombreux groupes, son riff à la guitare est vite ravageur. Même le producteur de l’album en fera sa propre version. C’est le départ d’une longue croisière qui fera escale, dans une moindre mesure, dans les ports où les marins chantent encore cette fille qui s’appelle « Gloria ».

La publication française sur laquelle figure le fameux titre, est le 3ème et dernier EP des Them paru en France avec Van Morrison aux vocaux. Il est en lui-même une spécialité, tout en étant musicalement remarquable. Il contient bien sûr le titre qui nous intéresse, mais aussi l’excellent « Call My Name » une des compositions de Tommy Scott pour l’album. Mais la cerise sur le gâteau est la présence de deux titres composés par Van Morrison, « Mystic Eyes » et « Bring’ Em On In » (mal orthographié : being au lieu de bring. Ce titre existe en deux versions, celle de l’album qui figure ici et la meilleure mais de peu, l’autre est celle publiée  sur un simple UK ). Ils conviennent très bien à la voix railleuse de Morrison, on pourrait presque penser que c’est que c’est dans ce but qu’ils les a écrits, tout en se demandant à quoi il pouvait penser en les composant. Pour le premier, il a sans doute pensé qu’il pouvait s’inspirer de Sonny Boy Williamson II et son harmonica, pour démontrer qu’il savait aussi en jouer. Pour le second, il ne fait nul doute qu’il aime le jazz et le montre. De plus,  il s’est réservé un passage qui lui permet de souffler dans un saxophone sin instrument de prédilection, instrument peu compatible avec un rôle de chanteur.
La publication de ce disque est tâchée d’une de ces erreurs qui font le plaisir des collectionneurs. Un premier tirage comporte par erreur « Something You Got » et « I Put A Spell On You » à la place de « Call My Name » et « I Can Only Give You Everything ».  La seul moyen de les différencier, c’est l’écoute. Je possède les deux versions, mais il semble d’après ce que j’ai discuté avec d’autres collectionneurs, que la copie erronée est plus rare. Et pour terminer, une chose qui fera sans doute plaisir à notre ami et fréquent visiteur Peter, qui trouvait les Them bien austère sur la photographie du deuxième EP, va avoir de quoi se réjouir. Sur la gauche, le guitariste Billy Harrison esquisse un sourire. A ses côtés, le bassiste Alan Henserson a l’air tout heureux. Van Morrison, au milieu, regarde l’objectif un peu comme un lion qui s’apprête à bondir sur sa proie. C’est sans doute pour cela qu’ils sont derrière un grillage. On ne sait jamais.

La version originale.

La version de Ronnie Bird en playback, il n’a évidememnt pas la voix de Van Morrison, mais ce fut l’un des bons adaptateurs de la période yéyé. Existe aussi par les Terribles, et repris plus récemment par Sylvie Vartan,

La version du producteur Tommy Scott, un disque très rare.

Un document en live, les Troggs, c’est à Paris en 1967,

Le version de MC5, musicalement il y a des relents de psychédélique.

Le version des Liverpool Five, même période, un son très garage.

USA 1969, The Road, version assez différente.

France 1979, Little Bob et sa Story revisitent le titre sur un album live.

The Stars, 1992. Une version très garage revival.

Une version assez populaire Nick Waterhouse, 2011 USA. Pas une copie carbone.

2018, ce qu’il reste de MC5, c’est à dire Wayne Kramer seul membre original (avec la guitare drapeau US), mais toujours le titre dans le répertoire. J’ai rencontré Wayne plusieurs fois, un mec très cool et courtois.

Bas nylons et des images grinçantes

La caricature ou la satire existent depuis que le dessin existe, mais surtout depuis que l’imprimerie a pu diffuser des dessins en quantité, souvent par l’intermédiaire de quelques journaux ciblées. Elles ne sont pas vraiment une spécialité de gauche ou de droite, tout au plus elles sont usées pour contrecarrer la pensée adverse, le plus souvent quand elle est  majoritaire. La différence entre une caricature et une satire réside surtout dans le fait que la caricature dessine d’une manière marrante et pas toujours avantageuse la binette d’Untel. La satire est un peu plus complexe. A l’aide d’un dessin, on résume ou on met un fait spécifique en exergue, très souvent lié à la politique. Les deux peuvent se rejoindre, le résultat n’en est que meilleur. Au cours des époques où régnait une dictature, tout en étant un courant opposé contestataire, elle se faisait plus confidentielle, mais n’était pas absente. Aujourd’hui, les journaux qui s’adressent à un public amateur de ce genre de presse sont très nombreux, certains présentant des dessins en grandes quantités, d’autres mélangeant texte et dessins. On en arrive au point que certains politiciens de premier rang sont presque vexés s’ils ne font pas l’objet d’une caricature de temps à autre. Ils ont bien compris que c’est aussi un indice de popularité, même si ce n’est pas toujours à leur avantage. De ce point de vue, la fameux général est sans doute l’homme politique le plus célèbre du 20ème siècle, ses paroles et citations furent mises à toutes les sauces, son képi et son nez sont encore dans toutes les mémoires.

Parcourons à travers quelques illustrations, de vieux dessins qui illustrent les tendances et les constations que certains artistes tirèrent de leur époque.

Dans Le Charivari de mars 1833, on a déjà une idée de la physionomie de certaines catégories de la population.

Estampe de Motte vers 1820, avec pour légende à double sens « ne craignez rien ils sont impuissants »

Lithographie dessinée par Langlumé concernant Charles X vers 1830, un des descendants de la monarchie, qui après la Révolution  tenta de restaurer avec plus ou moins de succès l’idée d’un roi de France après la chute de Napoléon 1er. Connu pour être pieux et subir l’influence du clergé, ce qui explique la girafe tiré par un membre du clergé.

Caricature contre Louis-Philippe 1er par Honoré Daumier, célèbre artiste de l’époque. Elle montre un roi, caricaturé en Gargantua, qui a d’énorme besoins financiers. Il demande à tout un chacun de mettre la main à la poche. Sur son trône, symbolique argotique pour les toilettes, il ch… des députés corrompus pour le gouvernement, dont il n’en a d’ailleurs rien à cirer. Ce dessin fut saisi avant parution, mais rien n’empêcha certains de s’en régaler grâce aux nombreux exemplaires qui circulaient. C’est un dessin très fort, même les plus décadents des journaux satiriques actuels hésiteraient à publier une dessin pareil.

Pour celle-ci, un petit jeu, a vous de trouver les tenants et les aboutissants de cette caricature.

Le 18ème siècle marque un pas dans la conquête de l’espace. On est encore loin des rêves d’Icare. Les frères Montgolfier mettent au point la montgolfière qui permettra à l’homme d’avoir les premières sensations d’une vision étendue du monde autrement qu’en montant au sommet d’un clocher ou d’une montagne. Les premiers envols concluants eurent lieu quelques années avant la Révolution. Mais le progrès n’est pas la tasse de thé de tout le monde, aujourd’hui ils y encore des gens qui affirment que la Terre est plate, comme il y avait alors des gens qui pensaient qu’il était peu probable que l’on puisse s’élever dans les airs. Il faudra également attendre encore plus d’un siècle avant que l’on admette que l’on pouvait faire voler des engins plus lourds que l’air de manière contrôlée. Avec une caricature humoristique publiée en 1783, mais certainement dessinée avant, on a une belle illustration de ce scepticisme. L’histoire contée par l’illustration est résumée ainsi : un physicien faisait des expériences sur l’air inflammable, nom que l’on donnait alors à l’hydrogène, récemment découvert par l’Anglais Henry Cavendish en 1766. Notre physicien mit dans une seringue ce fameux gaz. Malheureusement, notre bonhomme pris subitement d’une colique, on lui fit un lavement pour soulager son mal, à l’aide de son neveu et de la bonne. On se trompa de seringue et lui injecta par mégarde le contenu de celle où il avait planqué l’hydrogène. Selon la légende de l’illustration : aussitôt son ventre s’enflamma. Il fit plusieurs sauts dans la chambre et finit par s’envoler par la fenêtre, la culotte sur les talons. On le perdit bientôt de vue, son bonnet a été  retrouvé à quelques lieues de Paris et selon le témoignage de la gendarmerie, il partait en direction du firmament sans que l’on puisse avoir des nouvelles de lui. On avait de l’humour au temps de Louis XVI !

Le développement des communications a eu bien des avantages, mais aussi quelques désavantages. On peut voyager plus ou moins à son aise, faire venir des choses d’ailleurs plus rapidement. Le décor à un envers, qui ne tardera pas à apparaître. Par exemple, prenons un escroc qui aurait sévi à Paris au temps de Louis XIV, il était obligé de commettre ses larcins sur un territoire restreint, au risque de finir par se faire repérer. Il pouvait toujours aller dans d’autres villes comme Orléans par exemple, mais c’était déjà un assez grand voyage comparé à maintenant. A l’apparition du chemin de fer, à partir de 1860, on peut voyager en train vers les grandes capitales d’Europe. Notre escroc voit sa vie facilitée, il peut se déplacer dans des endroits où il est inconnu. D’autres citoyens, sans doute plus honnêtes, mais tout aussi avides d’argent à se faire, peuvent essayer de dénicher la bonne affaire ailleurs. La Bourse suit le mouvement, spéculer peut se faire à travers les frontières, la toile est tissée. Un saut d’humeur de l’une d’entre elles, peut avoir des répercussions sur les autres. C’est tellement évident qu’en 1873, un krach boursier se produisit et il eut des répercussions dans toute l’Europe, et même jusqu’à New York. La spéculation en fut la principale cause. Le phénomène est bien connu,  on achète et on revend quand les cours montent. Mais ils sont capricieux, ils peuvent très bien redescendre. A Paris, une des causes fut l’aménagement de Paris par le baron Haussmann. Cet aménagement provoqua une spéculation fièvreuse sur le bâtiment qui fit s’envoler les prix. Ils montèrent qu’ils finirent par se casser la gueule, laissant sur le carreau pas mal de monde, surtout les petits investisseurs. Evidemment les finances de la France ne furent pas épargnées. Deux dessins parus dans un journal satirique de l’époque Comic Finance illustrent ces propos.

Source Gallica, BNP, DP.

Une Toile musicale

Quelques trouvailles musicales sur la Toile. Tout et rien, je ne suis pas raciste, ni sectaire. La seule chose qui m’em… c’est que je pourrai jamais tout écouter. S’il n’y pas de musique au paradis, à quoi ça sert d’y aller?

On ne peut pas dire que les Japonais font les choses à moitié. Un big band d’étudiantes se lancent dans la reprise d’un morceau de Charles Mingus. Suivez bien celle qui est à la batterie, excellente!

Un orchestre swing presque entièrement féminin et un morceau connu.

Un ensemble assez connu qui replonge dans les années 30-40.

Un très bon guitariste français aux multiples facettes, Jean-Christophe Renvoyer, excellent partout, ici en jazz, une reprise de Kenny Burrell.

Changeons de style, un beau duo et une chanson à boire un rien morale.

Il y a 50 ans, une des choses les plus impensables aurait été de voir un duo entre un chanteur de soul et un d’opéra. Grâce à Luciano Pavarotti, un monstre d’opéra et James Brown un de la soul music, le chose est de venue possible. Je connais ce clip depuis longtemps, il m’enchante toujours.

Vous savez que je suis la moitié d’un Italien, une chose que je revendique volontiers. Alors il est évident que ce qui est musique du coin, ne me laisse pas indifférent, surtout quand elle puise dans les racines folkloriques. Une trouvaille récente que j’apprécie beaucoup. Il ne manque plus qu’un verre de chianti et un plat de salumi avec du salami.

L’un de mes chanteurs de la Botte préférés, Angelo Branduardi. Je connais cette chanson depuis belle lurette, mais j’ai découvert cette superbe version live, il fallait absolument que je cueille cette pomme.

Un film que j’adore, c’est Les Misérables dans sa version de 1957 avec Jean Gabin. Mais la musique du générique est aussi puissante que le film, c’est de la musique classique, mais que c’est beau!

Un très intéressant guitariste à la rue pour le meilleur. Spécialiste en slide guitar, il reprend « On The Road Again » popularise par Canned Heat.

Denez Prigent, qui porte haut le drapeau de la musique bretonne, en live. P’tain que ça fait frissonner, même si on pipe pas un mot.

 

Bas nylons et une fille en six lettres

En musique il n’est pas rare que les décideurs ne décident rien ou se fourrent le doigt dans l’oreille jusqu’au cerveau. La maisons de disques proposent et les radios disposent. Ces dernières étaient dans le passé le support essentiel pour qu’un disque devienne un succès. Les échanges de bons procédés sous la table n’étaient pas toujours absents des tractations entre vendeur et diffuseur. La règle no 1 était en premier ressort d’envoyer une copie de ce que l’on voulait essayer de faire passer sur les ondes. Après le bon vouloir des radios pouvait s’exercer. Certains voulaient aussi jouer sur deux tableaux, produire et diffuser sur les ondes où ils avaient un droit de regard. C’est les cas d’Europe 1, dont le directeur des programmes d’alors, Lucien Morrisse, fonde Disc’AZ en 1963. On ne peut pas dire que toutes les productions du label furent des grands succès ou des succès tout court, mais quelques artistes du label gagnèrent leurs galons de vedettes, mais assez peu de vedettes connues immigrèrent vers lui en ayant conquis la notoriété ailleurs. On peut aussi dire que comparativement à d’autres maisons de disques, le nombre de publications devenues de grosses pièces de  collection est assez minime.

La phénomène des faces B qui deviennent des succès existent pour quelques publications. Nous allons étudier un cas spécial, car dans le pays d’origine c’est bien la face A qui fut un succès, mais la face B est autrement plus connue dans le reste du monde. Je veux parler de Them et la fameuse « Gloria ».

C’est une chanson composée par le chanteur du groupe, Van Morrison. Ce sont des Irlandais qui immigrent à Londres pour trouver un terrain plus favorable à la diffusion de leur musique. Ils sont signés par Decca et après une première tentative au succès modéré, « Don’t Start Crying Now », reprise de Slim Harpo, il décident de s’attaquer au « Baby Please Don’t Go » de Big Joe Williams dans une version complètement revisitée. On colle en face B la composition de Morrison et le disque est publié. C’est un disque remarquable à l’aube de ce mouvement qui veut mener la musique vers de nouvelles voies, dont un des buts est d’intégrer la musique noire dans la musique blanche avec les découvertes sonores qui pointent le bout de leur nez, sans faire de la copie carbone. La voix de Van Morrison est un phénomène en lui-même.

Le disque marche plutôt bien et c’est un succès en Angleterre qui entre dans le top ten vers le début 1965. Mais sur le continent, on estime que « Gloria » est plus séduisant, alors c’est ce titre qui devient un succès sans toutefois se classer aux plus hautes places du hit parade. Mais la chanson a un fort pouvoir pour capter l’auditeur, elle devient en sorte un succès underground. C’est le cas en France, avec une spécialité à la clé. Le succès en Angleterre a décidé Decca de publier un 45 tours EP dans la foulée, en y incluant « Baby Please Don’t Go » mais pas « Gloria ». Decca France, où l’on a l’habitude de publier dans ce format, reprend cette publication avec une autre pochette Decca 457069). Mais voilà, ici aussi on veut surtout « Gloria », ce qui oblige Decca a éditer peu après une nouvelle publication (Decca 457073). Pour ne pas faire trop double emploi, on remplace deux titres par la nouveau single anglais du groupe « Heres Come The Night » (le plus gros succès anglais du groupe No 2) et « All For Myself ». Pour la petite histoire, la deuxième publication fut épuisée en quelques mois, puis rééditée au moins 3 fois dans le même format et même logo entre 1965 et 1967, ensuite une fois en 1968 et 1967 avec un logo différent. La  première publication était encore disponible au catalogne au début des années 1970.

Le 45 tours publié en France en 1965

Les éditions entre 1965 et 1967 arborent le même logo et mentionnent « 1ère publication 1965, il faut se référer aux petits détails des pochettes pour savoir de quelle édition il s’agit. Sur les éditions 1968 et 1969 le logo est carré sans la mention 1ère publication, le détail des pochettes est également utile pour les différencier. Visiblement Decca-France a sous-estimé l’ampleur su succès. A ma connaissance, à part les publications pour les Rolling Stones, aucune autre référence de cette maison n’a été autant rééditée en si peu de temps.

Ce qui a fait de ce titre un monument incontournable, c’est la multitude de chanteurs et d’orchestres, c’est pratiquement incalculable, qui l’enregistrèrent ou la mirent à leur répertoire assurant une diffusion énorme à la chanson. En Angleterre, les mythiques Wheels, par ailleurs amis de Van Morrison, tentèrent de profiter de « l’insuccès » du titre en proposant leur propre version, ce fut un échec total. La version originale des Them fut publiée aux USA, elle pénétra dans le fond des charts, mais on peut dire qu’elle passa plutôt inaperçue. Le groupe garage, Shadows Of Kinght, l’enregistra à l’automne 1965, mais cette fois le titre démarra et se hissa dans le top ten américain, assurant la conquête des teenagers américains. Mais sans trop s’avancer, on peut considérer que la version originale reste inégalée.

Avec le temps, si on a un peu oublié que les Them ont fait autre chose, cette fameuse fille n’en finit pas d’être chantée dans le monde entier. Même Van Morrison, devenu plus un chanteur de jazz que de pop, ne renâcle pas à lui dédier quelques couplets lors de ses concerts. Et si d’encontre, il improvise une jam avec un autre chanteur, il sait que son partenaire « connait la chanson ».

L’original en clip sur le playback de la version stéréo

Live à Paris en 1965, peut-être vous reconnaîtrez-vous ?

La version des Shadows Of Knight.

Vesion des Hairy Ones, Jimmy Pages et John McLaughlin sont aux guitares, 1965.

La version française de Patrick Samson, assez peu connue mais honnête, 1965.

La version des Boots en live, un des bons groupes allemands de cette période, 1966.

Des membres dissidents du groupe originel fondent Belfast Gipsies et remettent ça, 1966.

Les Blues Magos qui avaient déjà expérimenté avec « Tobacco Road » sur leur premier album, le font avec « Gloria » sur le second. Première version psychédélique, superbe!

En indonésien, version exotique

Les Doors l’interprètent très souvent en public, dans une version un peu plus salace au niveau des paroles.

En 1969, les Shadows Of Kinght remettent ça. C’est le même vocal que la première version, mais différent instrumentalement.

Une autre formation dissidente des Them originaux, émigrée aux USA, réenregistrent le titre, 1971

Par Patti Smith, qui s’inspire surtout de la mélodie.

L’incontournable version disco, 1977

David Bowie, live 1990 (vers 3.30)

Van Morrison avec John Lee Hooker, 1993

Dans la rue

Robert Plant, 2017

Bas nylon et humour breton

 

Une petite exploration à travers L’Indépendant dinannais, à travers un de ses suppléments de juin 1900. Il est surtout question d’humour à travers quelques dessins qui reflètent la société d’alors. Le bourgeois est toujours présent, mais c’est pour mieux brocarder ses travers. Et son pire ennemi est souvent l’autre bourgeois. On se permet même un dessin un peu raciste, mais il est vrai que la plaisanterie raciste n’a jamais quitté le monde de l’humour. Mais elle est très souvent à deux sens, rire pour souligner qu’il ne faut pas rire, rire pour vraiment se moquer.

 

Source Gallica, BNP, DP

Des cordes sans violons

Quelques instrumentaux années 60, une nouvelle série, matériel presque inépuisable

The Boys / Polaris- Angleterre 1963 – Existe aussi par les Krewkats.

The Blue Jays –  Australie 1962 – Cover de « Sheba » de Johnny & Hurricanes.

Les Tornados / Robot – Angleterre 1963 – Une des rares clips qui existe du groupe, un rien coquin. Il fut tourné en France.

Jimmy & the Rackets / Black (dark) Eyes 1964 – Groupe basé en Allemagne avec une superbe version d’un thème russe très connu.

The Hubbubs / Yellow Cat – Autriche 1965 – Groupe très connu là-bas.

Les Aiglons / Tro!ika – Suisse 1964 – Le meilleur après « Stalactite ».

The Chantays / Wayward Nile – USA 1963 – Assez bizarrement pour un groupe de surf, il y a un piano, mais c’est superbe.

The Terri-Tones / Sinner – Canada 1962 – J’ai découvert ce truc sur une compilation dans les années 80, je l’ai écouté je ne sais pas combien de fois depuis.

Les Fantômes / Je Ne Veux Plus T’aimer – France 1962 pas 64 – Un clip probablement reconstitué

Les Sunlights / Black Rider – France 1963 –  Quel beau son !

Les Cousins / Robot – Belgique 1962 – Différent de celui des Tornados, mais belle ambiance.

Les Schtroumps / Kamarade – France 1963 – Reprise de l’arrangement du traditionnel russe fait par Nero & Gladiators en Angleterre

Bas nylons avec des notes de satin

 

 

Quand on s’intéresse d’un peu près à l’histoire d’une chanson, on est parfois très surpris sur les aboutissants du parcours qu’il a fallu pour qu’elle devienne un succès quasi immortel. Depuis quelques posts, je vous raconte ces parcours à travers un choix personnel, mais qui sont le reflet de ce que je peux considérer comme des classiques incontournables. C’est d’autant plus facile pour moi que je les ai vus naître pour la plupart. Au cours des années 60, s’il y a beaucoup de chansons qui sont devenues des classiques que l’on peut encore entendre aujourd’hui, il y en a une cinquantaine qui peuvent se targuer de franchir allègrement les générations. L’une d’entre elles, a sans hésitations gagné ce droit à l’immortalité, et quand on cite le nom de l’artiste, c’est la première qui vient à l’esprit de la plupart des gens. Si je dis Moody Blues, vous allez me répondre « Nights In White Satin »…

Revisitons un peu le contexte de sa création. En 1967, les Moody Blues semblent avoir consumé tout le feu du succès qui les avait amené au triomphe de « Go Now » deux ans plus tôt. C’est alors un groupe dans la lignée des Rolling Stones, leur répertoire s’inspire principalement des artistes noirs. Si le succès en Angleterre les lâche assez vite, la France leur réserve un accueil triomphal le temps d’un disque, le fameux et improbable « Bye Bye Bird »  qui est tout sauf une chansonnette pour minettes éperdues de sentimentalisme. On pourrait dire qu’il cogne sec, mais il reste aussi une formidable démonstration de virtuosité à l’harmonica, je dirais même une des meilleures de l’époque. Le succès est tel, que presque les trois autres chansons du disque connaissent aussi quelques passages radio. A l’époque quand j’écoutais « Salut Les Copains », je les ai toutes entendus une fois ou l’autre. Mais encore une fois, le succès ne se renouvelle pas, malgré une suite intéressante. Deux membres quittent le groupe, le chanteur et guitariste Denny Laine, qui fera une très intéressante carrière au sein des Wings de Paul McCartney, le bassiste Clint Warwick qui abandonnera pratiquement la musique et devint, parait-il, un charpentier. Il décède en 2004, des suites d’une maladie du foie.

L’arrivée des remplaçants sera très importante pour la suite du groupe, et surtout son orientation musicale. Après un bref passage de Rodney Clark, c’est John Lodge qui reprend la basse, mais c’est le remplacement de Laine, le guitariste Justin Hayward qui va être déterminant. Ce n’est pas un débutant, il a déjà enregistré sous son nom deux 45 tours chez Pye sans grand succès. Ses idées musicales sont en fait assez loin de celles qui ont dominé le groupe jusqu’à présent. Alors on discute sur la nouvelle orientation musicale. Le période est très créative, de tous les côtés on expérimente, on cherche de nouvelles voies. Une chose qui n’a pas vraiment existé jusqu’alors, à part dans les opéras et quelques comédies musicales, c’est celle d’un album divisé en chapitres, racontant une histoire, un concept album deviendra le terme à la mode. Evidemment on va pas refaire une histoire d’amour comme « Les Pêcheurs De Perles » ou les aléas de la vie dans « West Side Story ». C’est alors que l’idée d’un album consacré aux moments principaux de la journée est retenue. Decca va à leur rencontre. La marque vient de mettre au point dans ses studios une nouvelle technique d’enregistrement et dédier un label qui va vers une image un peu plus progressive du label, Deram. On envisage également de relier les titres entre eux par un enchaînement interprété par un orchestre symphonique, ici le London Festival Orchestra. L’album est mis en boîte et publié sous le nom de « Days Of Future Passed » en novembre 1967. De l’aube à la nuit, en passant par le matin, la pause de midi, l’après-midi, le soir, chacun de ces moments se voit gratifié d’une chanson. Pris dans son écoute entière, le contenu peut paraître assez indigeste pour un teenager, surtout la présence d’un orchestre symphonique, on rêve plus de guitares tonitruantes, d’effets d’amplis, ou encore de guitares qui brûlent sur scène. Si sa nouveauté est saluée, le départ est assez discret, même un peu moqué. Rien ne laissera penser qu’il se vendra par millions ensuite. Mais une chose est encore nécessaire, bien qu’elle évoluera par la suite, il faut un 45 tours comme base de lancement. Quand on écoute l’album, il y a plusieurs chansons qui sont aguicheuses et qui peuvent plaire à un public vaste, mais c’est « Nights In White Satin », composé par Justin Hayward, qui est retenue avec en face B un titre qui n’est pas sur l’album « Cities ».

Le simple publié en France début 1968

L’Angleterre lui réserve un accueil discret, le simple entre juste dans le top 20. Heureusement, l’Europe est plus intéressée, la chanson devient un tube dans plusieurs pays. En France, elle reste trois mois à la 2ème place du hit-parade de SLC. Les albums suivants vont renforcer la position et la notoriété des Moody Blues, c’est un groupe qui plait à un large éventail d’amateurs. L’Angleterre finit pas se laisser convaincre et ils classent leurs albums dans les meilleures ventes. Mais ce n’est pas tout à fait fini. En 1972, le simple est réédité est c’est là qu’il se classe internationalement dans les premières places, sinon la première, d’une foule de pays, USA, Canada, Australie et fait même son apparition dans le top ten anglais. Pratiquement toutes les rééditions postérieures referont des entrées dans les charts, entraînant avec elles les ventes de l’album. Il restera définitivement le plus grand succès du groupe, mais il aura fallu remettre l’ouvrage sur le métier pour y arriver.

L’original en playback filmé à Paris

L’adaptation française par Patricia, c’est pas instrumentalement aussi bien que l’original, mais elle s’en sort vocalement très honnêtement

Dalida aussi, mais en italien

Live à l’île de Weight 1970

Le version des Shadows,

Prenez vos jumelles

En grégorien

Moderne

Bashung

Version plutôt speed

Version classique avec choeurs

Une version sympa en jazz

Une version décadente, ce serait comme un tableau de Léonard De Vinci repeint par Salvador Dali, à la Ramones.