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avec Miss Nylon et Miss Eva

LA PETITE ENCYCLOPEDIE SUR L’ART

DE PORTER LE BAS NYLON

Le bas nylon des nuls aux experts

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En passant

Bas nylons et disciples de Dracula

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Bram Stocker et son Dracula n’a en fait rien inventé, sinon donné un nom particulier à un personnage qui n’est pas seulement une légende, mais qui existe réellement. Stocker a eu l’idée avec d’autres auteurs de lui coller une mythologie qui nous connaissons bien, celui qui ne se reflète pas dans les miroirs, l’immortalité, les canines trouées qui sucent le sang, la peur de l’ail, du jour, des crucifix, et le fameux pieu qu’il faut planter dans le coeur pour le tuer définitivement. Dracula n’est pas le premier ni le seul, mais le plus célèbre. Le vampire dans la vie de tous les jours est sensiblement différent, c’est souvent un titre qu’on lui colle pour ne pas employer des termes plus scientifiques relevant de la psychiatrie, un vampire tout le monde comprend et imagine ce qu’il veut comme personnage peu recommandable. Au travers les âges, dans les campagnes et les endroits isolés, il faisait partie de la légende, on y croyait réellement par superstition et ignorance, on parle aussi de loup-garou.
Nombre de récits et d’affaires criminelles témoignent de ces faits, dont certaines sont célèbres. Le vampire de Dusseldorf, magnifié au cinéma par Fritz Lang et « M Le Maudit », est un des plus célèbres, de son vrai nom Peter Kürten. Il officie dans une particularité du vampirisme, il tue et souvent assouvit ses pulsations sexuelles avec ses victimes et peut boire leur sang. On n’est plus tout à fait dans la mythologie, s’il a peur ce n’est pas de l’ail ou des crucifix, mais surtout de la police. Une autre de ces pratiques voit surgir les nécrophages. Ils lient les pratiques sexuelles à la profanation d’un cadavre, vont même jusqu’à les déterrer, parfois ils agissent sur une personne inconsciente. Au début du 20 ème siècle, dans le village de Ropraz en Suisse, une série de profanations de tombes et mutilations de cadavres défrayèrent la chronique. L’écrivain Jacques Chessez en tira Le Vampire de Ropraz, qui s’inspire très librement  de cette histoire en faisant quelques entorses à la réalité des faits. Comme vous le voyez, la qualification de vampire est attribuée selon un certain bon vouloir, le fait principal restant que c’est toujours lié à des comportement morbides, mais on peut aussi désigner par vampire une personne obsédée par autre chose, l’argent par exemple.
A peu près à la même époque, en 1901, une histoire semblable se répandit à travers la France, le vampire de Muy. L’auteur en est bien connu, il s’appelle Victor Ardisson, parfois appelé aussi Honoré par confusion avec le prénom de son beau-père. Il reste en quelque sorte un des plus célèbres cas de nécrophilie, du moins un des plus documentés. Le protagoniste est un personnage dont on peut dire que toutes les fées ne se sont pas penchées sur son berceau, mais voyons.


Né le 5 septembre 1872 au Muy dans le Var, d’un père inconnu et d’une mère violente, Elisabeth-Apollonie Pore, qui le bat. Victor prend le nom de son beau-père, Honoré Ardisson, lequel « vivait d’expédients et de rapines ». Victor Ardisson commet une centaine d’actes de nécrophilie. Entrepreneur de pompes funèbres et fossoyeur, le « Vampire du Muy » viole de nombreux cadavres, surtout des femmes jeunes, qu’il mutile et décapite dans certains cas. Durant un certain temps, il conserve notamment sur sa table de chevet la tête momifiée d’une adolescente de 13 ans, qu’il embrasse régulièrement, la considérant comme « sa fiancée »
Il faut préciser qu’il souffrait de dérèglements, psychiques évidemment, mais aussi de particularités dont on peut dire qu’elles on contribué à l’assouvissement de ses pulsions, l’absence d’odorat et de goût. J’imagine, et si vous me le dites je vous crois sur parole, ouvrir des cercueils doit dégager des relents qui sont très loin de ceux du Chanel No 5. Il finit par se faire attraper et on l’interna pour folie, car en fait il n’avait tué personne et le code d’alors ne prévoit rien pour les relaxions sexuelles avec un mort, seule la profanation est condamnable. Lors de se son internement, il réussit quand même à s’évader en 1902 déjà, et en 1912. Il fut repris à chaque fois et mourut finalement en 1944.
On a bien entendu chercher à cerner plus précisément sa personnalité. Un psychiatre, Alexis Epaulard, eut plusieurs entretiens avec lui et put établir un profil assez précis. Je n’entre pas trop dans les détails sordides.
Le principal constat qu’il fait, c’est qu’il souffre de débilité mentale, sans qu’elle soit totale, c’est un simplet dans beaucoup de domaines.
Il a eu des rapports sexuels apparemment normaux avec des filles de rencontre et des prostituées, il eut même un maîtresse quand il fut soldat en Corse. Il n’a jamais pratiqué la pédérastie, sur des êtres vivants s’entend, ni la sodomie, ni la bestialité. Il dit qu’il n’a jamais songé à cela. Par contre il semble avoir été très attiré par les poitrines, il commençait très souvent par sucer les seins, même sur les mortes.
Bien qu’il ne pratique sa déviance qu’avec le sexe féminin, il attachait peu d’importance à l’âge, de très jeunes filles aux vieillardes. Quand il allait déterrer des cadavres, c’était peu de temps après un inhumation, ainsi les risques que l’on remarque une profanation étaient réduits. Il ne s’intéressait jamais deux fois de suite à la même défunte. Même si le nombre de ses victimes est inconnu, on l’estime possible à une centaine.
A contrario, il avait un caractère plutôt gai, le rire facile, ne se fâchait jamais, ni ne se plaignait. Il semblait faire ses atrocités comme une chose presque normale, en prétendant qu’il ne faisait aucun mal, dans sa certitude une morte est une morte, elle ne ressent rien. Il a une franchise à toute épreuve, ne nie jamais ce qui lui est reproché, pour autant qu’il s’en souvienne. Sa mémoire semble assez défaillante, surtout pour les choses remontant assez loin dans le temps, ou alors quand il est trop fatigué. Il ne supporte pas les longues conversations. Il aimait être devenu un centre d’intérêt. Physiquement, sans être un Apollon, il n’est pas disgracieux, il a le visage de monsieur tout le monde. Plutôt de petite taille, il est assez costaud et assez dur à la tâche.

Nous allons bien sûr refaire à travers divers journaux d’époque, le parcours de ce personnage sordidement célèbre. Rappel : dans certains articles il est prénommé Honoré, c’est une confusion avec son beau-père.

 

 

Source Gallica, BNP, DP

Exploration en terre musicale inconnue (22)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1966 – Manfred Mann / Bring It To Jerome. Parfois les maisons de disques sortent des disques sans trop savoir pourquoi. C’est le cas de ce single pratiquement invisible, publié probablement en 1966 avec un titre déjà ancien, mais surtout en face B la reprise de ce titre de Bo Diddley. Je n’ai jamais trop aimé la face commerciale de Manfred Mann, mais par contre les albums et les faces B recèlent des trucs dont je me suis régalé.

1963 – Walter Hensley / Walt’s Breakdown. Publication assez confidentielle de ce joueur de banjo américain, dont quatre titres sont réunis sur cet EP publié par Capitol. Le folk traditionnel à cette époque n’était pas très prisé du public français. Il préférait nettement qu’il guigne vers la variété.

1974 – Abba / Waterloo. Beaucoup de gens connaissent ce disque, mais peu ont celui-ci. Il s’agit de la fameuse chanson mais chantée en français, tout le monde ou presque acheta la version anglaise. Evidemment au marché des collectors c’est du 1 contre 100. Par ici la monnaie.

Bonus ABBA. Ce disque n’est jamais paru en France, mais si voulez voir Benny Anderson (c’est l’organiste), quelques années avant Abba. Il est membre des Hepstars, le groupe le plus populaire en Suède au milieu des sixties. Ils reprennent la fameuse chanson des Renegades (réécriture de « Brand New Cadillac » de Vince Taylor), « Cadillac » dont ils firent un succès personnel local.

1968 – Jackie Lomax / Sour Milk Sea. Pour ceux qui collectionnent toutes les éditions françaises des choses en connexion directe avec les Beatles, ils ne pourront ignorer celle-ci. C’est une des quelques tentatives que le groupe fit pour produire des artistes sur leur label Apple. Ils ont participé à l’enregistrement du premier album, sauf John Lennon, Eric Clapton fait aussi une apparition. Malgré le fait qu’il s’agisse d’une composition de George Harrison, la face principale de ce single qui sonne très Beatles période 68-69, ne rencontra que peu de succès. On peut gager qu’elle en aurait eu beaucoup s’ils l’avaient enregistrer eux-mêmes. Elle ne manque pas d’attraits.

1960 – Charles Mingus / Blue Cee. En 1960, ceux qui en avaient marre d’écouter Sydney Bechet ou Claude Luther, devaient trouver la musique de Charles Mingus  plutôt innovatrice. Il est clair que les années 50, via des labels comme Blue Note, appuyèrent sur l’accélérateur pour un jazz explorant de nouvelles routes. Mingus et sa contrebasse furent une de ces influences et pas la moindre. Evidemment toutes les publications en 45 tours de cette époque sont des pièces de musée, et le prix d’entrée pour les admirer parfois conséquent. Il n’y a pas si longtemps, un jeune de 18 ans, m’a remercié de lui avoir trouvé un vieil album de John Coltrane, il trouve cela génial.

1964 – Ian & Sylvia / You Were On My Mind. Une chanson dans sa version originale que tout le monde connaît ici, bien que ce disque publié par Amadeo en France ne vous dise pas grand chose. Il fallut la reprise par le groupe We Five aux USA pour qu’elle devienne un hit international et un no 1 aux USA dans une version remaniée. En Angleterre ce fut via la version de Crispian St Peters qui se classa no 2. Et puis Joe Dassin en fit « Ca M’Avance A Quoi? » Ah vous voyez que vous connaissez…

1970 – Captaine Beefheart & Magic Band / Pachuco Cadaver. Il est certain que publier un single de Captain Beefheart était une opération financièrement suicidaire. On en publia néanmoins deux. Bien que j’aime le bonhomme, je reconnais volontiers que c’est pas accessible à la première écoute et peu de chances d’en faire un no 1 auprès des minettes qui se gargarisaient de Michel Delpech é l’époque. Enfin le voici quand même.

1965 – Beppe Cardile / L’Amore E Partito. Le Festival de San Remo est un des haut lieux de la soupe musicale populaire en Italie. Le seul fait intéressant, c’est que des artistes étrangers s’y produisaient, on vit défiler Gene Pitney, les Yardbirds,  Dusty Springfield (éliminée dans les sélections c’est vous dire), Petula Clark, Antoine qui démarra avec une certain succès un carrière en Italie, et j’en passe. Au pifomètre, la France éditait l’une ou l’autre de ces chansons finalistes, espérant que le charme italien opérerait. Pour Beppe Cardile, le charme n’opéra pas.

1971 – Day Of Phoenix / Deep Whitin A Storm. Un groupe pop danois qui a un acquis une petite réputation auprès des collectionneurs. Difficile de trouver une copie de ce single en version française.

1971 – The Dillards / It’s About Time. Un groupe pas totalement inconnu du public français observateur. Vogue avait en effet publié un album vers 1964 dans la série « Folklore USA ». Officiant essentiellement dans le bluegrass, cette forme de folklore américain exclusivement blanche. Au tournant de 1970, ils ont un bon succès d’estime avec un album intitulé « Copperfields », dans un style assez différent, le folk a beaucoup évolué et s’est électrifié. Sur ce single publié en France, on est plus proche de la musique des Byrds ou Crosby Stills Nash, qu’une énième version de « Tom Dooley ».

1966 – Los Pekenikes / Sombras Y Rejas. Groupe principalement instrumental espagnol, populaires chez eux, mais les Pyrénées restent un redoutable obstacle à franchir, ils sont pratiquement inconnus ici. Barclay ayant le monopole de la distribution française pour Hispa Vox, il publia 4 EP’s qui tiennent un peu du disque invisible. Sur l’un d’entre eux, on trouve la reprise à la Shadows du morceau de bravoure pour guitaristes classiques, le fameux « Asturias » d’Albéniz rebaptisé « Sombras Y Rejas ».

1963 – Cozy Cole / Big Noise From Winnekta. C’est le disque typique que vous connaissez. A moins d’être un connaisseur, peu de gens sont capables de citer l’interprète, et encore moins d’acheter le disque. Ce morceau de jazz apparu dans les années 1930, fut relancé en 1963 par le batteur Cozy Cole. Idéal pour faire le joint à la radio entre deux émissions, il fut néanmoins repris en version chantée par Eddy Mitchell et Nancy Holloway « Quand Une Fille (garçon) Me  Plait ».

En passant

Bas nylons et photos oubliées

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Aujourd’hui, quand on se plonge dans le rétro musical, les journaux ou livres qui en parlent nous montrent souvent toujours les mêmes photos. Pourtant si un artiste a connu une certaine notoriété, il en existe de nombreuses qu’on ne voit jamais. Les magazines anglais ou américains étaient bien évidemment beaucoup plus nombreux que ceux qui existaient en France, de loin dominé par Salut Les Copains dans la première moitié des sixties. Alors, ces magazines envoyaient leurs pigistes faire des reportages sur les célébrités du moment d’où une pléthore de photos prises ici ou là, mais la plupart du temps autres que celles fournies par les agences de presse des maisons de disques.  Mon propos dans cette article est de vous présenter une série de ces photos, la plupart parfaitement inconnues pour moi. En dessous, j’ai posté un clip musical de l’artiste concerné, mais par forcément le plus connu, mais qui mérite un détour. Le but est aussi de vous faire découvrir de nouvelles choses, car la carrière de artistes ne s’arrête pas à un ou deux titres connus. Tous les artistes énumérés ont eu leur heure de gloire, pour certains ces heures se sont transformées en années.

Walker Brothers

Jet Harris % Tony Meehan (ex Shadows). Le clip est couplé avec un titre de Jet Harris en solo.

Les Beatles

Dave Clark Five

Brian Poole & Tremoloes

Les Merseybeats

Les Beach Boys

The Overlanders

Les Nashville Teens

Les Byrds

Les Applejacks

Les Zombies

Roy Orbison, Marianne Faithfull

Les Moody Blues

Heinz

Les Searchers

Les Fortunes

Dusty Springfield

Helen Shapiro

Cilla Black

 

En passant

Bas nylons et faits d’un peu partout et d’ailleurs

 

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Une des plus succulentes sources d’infirmations reste les journaux qui traitent de faits divers. Chacun peut y trouver son bonheur, quelle que soit la chose à laquelle il peut s’intéresser. Hélas, le plus souvent les gens sont attirés par le côté malsain, on se gargarise d’histoires criminelles et des vilaines histoires qui n’arrivent, en principe, qu’aux autres. Peu de gens imaginaient il y a cent ans, qu’avec l’apparition de la Toile, ces informations allaient entrer dans une sorte d’éternité. Vous allez découvrir dans la suite de l’article, quelques histoires qui furent relatées en 1912 dans le magazine L’Oeil de la police. Elles concernent des anonymes qui ont jailli le temps d’un article à la connaissance d’un lecteur pour retomber dans un inévitable oubli, sauf que maintenant 108 ans plus tard, elles refont surface. On peut considérer que les journaux numérisés peuvent constituer aujourd’hui un gigantesque ficher, bien plus fourni que dans n’importe quel rêve de policier. Si votre grand-père a braqué une banque, il se pourrait bien que l’on retrouve son nom à quelque part. Même vous, si votre affreux voisin a embouti votre bagnole un soir d’ivresse, vous pourrez toujours lui mettre sous le nez le compte rendu du tribunal qui l’a condamné à six mois avec sursis, vous verrez comme c’est drôle. A la fin de l’article, vous trouverez un développement pour un cas précis. Comme il s’agissait d’un fait survenu à l’étranger, j’ai voulu vérifier le précision et la véracité de l’information en le cherchant dans la presse locale. Vous pouvez cliquer sur certaines images pour une meilleure vue.

Comme dit au début, voici le développement d’un fait divers qui s’est passé en Suisse. Il concerne l’histoire ci-dessus des deux jeunes filles qui ont un accident de montagne, Il est fait mention dans l’article qu’elles venaient de La Chaux-de-Fonds, ville proche du Doubs qui fait la frontière entre la Suisse et la France dans cette partie du Jura. L’article dans L’Oeil de la police est très succinct, suffisante pour rappeler le fait dans les grandes lignes. Mon but était de vérifier si l’information était exacte, du moins pas trop fantaisiste, et si ce drame avait vraiment eu lieu. J’ai recherché dans la presse locale, si je trouvais mention de ce fait. Après quelques recherches, difficile quand on n’a pas de noms ni de dates, j’ai fini par trouver. Ce fait a bien eu lieu, il est plus développé dans le journal suisse, d’autant plus qu’il concerne les filles de parents honorablement connus comme on dit, mais le résumé va a l’essentiel et rapporte les faits correctement. J’ai volontairement effacé les noms, car il peut encore y avoir de la descendance qui se souvient de cette histoire, inutile d’en rajouter.

 

 

 

Source, Gallica, BNP, DP

En passant

Exploration en terre musicale inconnue (21)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1967 – Golden Hands / Mirza. Durant les sixties, les maisons de disques regardaient vers l’étranger pour dénicher des artistes qui avaient le potentiel de marcher sur le plan national ou satisfaire les immigrés locaux. Ce fut pas mal le cas pour l’Italie qui avait un nombreuse colonie d’origine italienne. On tenta aussi l’Espagne avec des groupes comme Los Brincos, qui firent des tubes ici notamment « Flamenco », les Pop Tops,  » Oh Lord Why Lord », « Mammy Blue » et moins connus Los Canarios. Le Maroc ou l’Algérie étaient des candidats possibles, spécialement le premier. On vit ainsi quelques chanteurs qui se firent connaître en France, notamment Vigon, bon chanteur de rock et de soul. En 1967, Barclay publia le premier disque d’un groupe de Casablanca, Golden Hands. Pour leur premier essai, ils reprirent en arabe le titre de Nino Ferrer « Mirza ».

1968 – Leroy Holmes / The Good, The Bad And The Ugly. L’avènement définitif d’Ennio Moricone comme célèbre compositeur se fit un peu par la tranche, quand Hugo Montenegro, un chef d’orchestre américain, eut un hit international avec sa version du thème de « Le Bon, La Brute Et Le Truand » composée par Morricone. Par la suite ce sont principalement ses créations et versions qui remportèrent le pompon au détriment d’autres reprises qui furent faites. Souvent quand des titres instrumentaux connaissent le succès, les reprises sont nombreuses et souvent en compétition avec celle qui a obtenu le succès. Voici un exemple avec cette histoire de brute, une de ces reprises publié par une maison concurrente.

1968 – The Beau Heems / When I Get Home. Groupe de Floride très peu connu dont cet obscur single a été publié en France. Il ne s’agit pas d’une reprise des Beatles, désolé Cooldan, mais d’une création maison qui est assez inspiré du style des Doors. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on peut avoir envie de le mettre dans sa collection.

1969 – Love Sculpture / Farandole. Après avoir obtenu un certain succès avec « La Danse Du Sabre », Love Sculpture s’attaque à la « Farandole » de l’Arlésienne de Bizet. Même si ce disque est plutôt resté dans les bacs, il est prétexte à une formidable démonstration à la guitare du fameux en devenir, Dave Edmunds. Le classique comme ça, j’aime !

1959 – The Isley Brothers / Shout. Les Isley Brothers avec les Coasters et les Drifters, eurent un énorme influence sur la musique à venir dans le style R&B. L’un de leurs plus célèbre titres « Shout » fut publié en France sur un EP, ceci même avant que le Johnny national fasse son apparition, titre qui figurera d’ailleurs sur un live à l’Olympia comme fond musical. J’imagine que peu de gens cassèrent leur tirelire pour en acheter une copie. C’était pourtanz assez précurseur.

1966 – The Innocence / Mairzy Doats. C’est parfois assez visible, quand une maison de disques a un groupe à succès, elle essaye de lancer d’autres artistes dans le même style. The Innocence fit partie du label Kama-Sutra, le même que les Lovin’ Spoonful, et on ne peut pas dire que ce soit radicalement orienté dans une autre direction. Publié en France sur un EP distribué par Polydor. Je ne l’ai pas souvent vu dans les conventions.

1960 – Hikaru Hayashi – L’Ile Nue. Un de ces disque que l’on peut dénicher parfois dans les puces pour trois fois rien, ce qui fut mon cas. C’est une bande sonore puisqu’il s’agit d’un film japonais, bien sûr la musique suit le reste. Ce film est un véritable chef d’oeuvre pour cinéphiles. Il ne contient aucun dialogue, juste les sons et la musique. On suit la vie pénible d’une famille qui habite sur une  petite île. Leur travail principal consiste d’aller chercher de l’eau sur une autre île pour irriguer leur terres où poussent quelques pauvres légumes. Ce n’est pas un documentaire, mais sans doute le film le plus universel que j’ai jamais vu, du fait que tout se passe dans les regards et les attitudes. Les paysages sont splendides, parfois perdus dans brumes lointaines comme les Orientaux savent les vénérer. Du grand art et une belle musique. Frida Boccara et d’autres interprètes français en ont fait une version chantée.

La version de Frida Boccara.

Petite anecdote. James Ollivier, un chanteur poète assez peu connu a enregistré en 1963 une chanson qui s’intitule « L’île Lointaine ». Je me demande si ce n’est pas très inspiré de la chanson précédente. Le titre et certains passages mélodiques ne me semblent pas tomber du ciel. Quoiqu’il en soit, c’est une très belle chanson.

1961 – The Hunters / The Storm. Groupe anglais lancé dans le sillage des Shadows dont un seul EP assez confidentiel fut publié en France. Sur ce disque on trouve un titre assez intéressant, car il contient quelques effets spéciaux sonores, du style de ceux qui n’étaient pas très courants en 1961. C’est ce titre que je vous propose.

1963 – Los TNT / El Porompompero. Trio originaire de l’Uruguay, recentré sur l’Espagne vers 1962. Le nom du groupe vient, non pas d’une admiration pour la musique explosive, mais des initiales des prénoms des membres qui sont par ailleurs frères et soeur.  Plutôt à tendance folk, ils nous présentent ici une version assez rock d’un célèbre classique hispanophone, que l’on trouve sur leur unique EP français.

1966 – Sam The Sham & The Pharaohs / The Hair On My Chinny Chin Chin. C’est un bel exemple d’artistes qui vendent des millions de disques pour un titre (Wooly Bully), et qui retournent après dans un semi-obscurité. Sam Samudio et son équipe gardèrent aux USA une belle popularité qu’ils furent loin de maintenir en France et ailleurs. Au fil des parutions, les disques se vendent de moins en moins ou plus du tout. C’est le cas pour ce dernier EP paru en France, nettement moins visible que les précédents.

1968 · The Shamrocks / Travelin’ Man. Parmi plusieurs groupes qui portent ce nom, il s’agit ici des Suédois. Assez populaires en France grâce à leurs deux versions de « Cadillac » empruntées aux Renegades, les autres publications furent plus confidenteilles. En 1968, Polydor fait une ultime publication avec un single qui contient ce titre en face principale, elle ne fut pas couronnée de succès.

1965 – Del Shannon / Move It On Over. Malgré qu’il soit l’un des grands chanteurs et compositeurs américains de la première moitié des sixties, la France ne réussit pas tellement pour Del Shannon sur un plan d’interprète, malgré une discographie assez abondante. Par contre un bon nombre de ses titres furent des succès pour ceux qui firent l’adaptation d’un titre ou l’autre. Les Pirates, Sylvie Vartan, Frank Alamo, Eddy Mitchell, Richard Anthony, Dave, font partie du lot. En 1965, sur un EP Columbia peu visible, on peut trouver ce titre assez innovateur dans sa discographie.

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En passant

Bas nylons et des mensonges qui cartonnent

1965 fut une année remarquable en musique, sans doute une des meilleures du siècle. On assiste à une révolution musicale importante. C’est un peu une charnière entre l’ancien et le nouveau monde. Ce n’est évidemment pas quelque chose qui commence le premier janvier, il y a des prémices. Le rock and roll a marqué les années 1950, la musique noire n’est plus tout à fait rangée à l’intérieur d’un ghetto, le blues commence à marquer les esprits blancs. Les teenagers se reconnaissent de plus en plus à travers leurs idoles, la musique devient le centre de leurs intérêts. Les Beatles ont conquis le monde entier, c’est la première fois qu’un groupe le fait de manière durable, il y a des émeutes partout où ils passent. Ce qui va marquer 1965, c’est l’évolution vers une musique qui se veut pensante, on ne fait plus essentiellement que de la musique, mais on recherche des nouveaux sons, on explore de nouvelles tendances. Là encore il y a des prémices, les Rolling Stones, les Yardbirds, les Who, commencent à intéresser les amateurs de sensations un peu plus fortes. Avec « My Generation » les Who ont un hit avec une chanson peu conventionnelle, plus une suite de débauche instrumentale et vocale, qu’une mélodie pour sérénade. Cinq ans plus tôt, un tel truc était impensable, aucun producteur n’aurait mise un centime pour produire un disque pareil.  Les Yardbirds ont introduit le clavecin dans leur premier hit « For Your Love », sans que personne ne s’en rende compte, tellement c’était bien trafiqué. Même la face B, l’instrumental « Got To Hurry » est à mille lieues de ce qu’aurait pu imaginer un fan des Shadows. Aux USA, cela bouillonne aussi, les Byrds électrifient le folk, dans les studios on prépare le lancement des première fusées pyschédéliques, la soul music ne va plus être une musique essentiellement noire. Depuis 1963 l’Angleterre mène le bal, de par la domination des Beatles, les artistes sujets de la reine ont une préférence au niveau international. Ironie du sort, c’est parfois avec des chansons crées par des artistes US qu’il accaparent le succès. L’Amérique n’est toutefois pas dans un silence radio complet, quelques artistes arrivent à briser le silence. Des Beach Boys à Roy Orbison ils arrivent à se faire entendre, mais dans l’esprit du citoyen pas trop branché, ils sont des artistes anglais. Les Ricains vont même mettre un embargo, pour qu’un artiste anglais se produise aux USA il devra y avoir une contrepartie anglaise pour un artiste américain, c’est dire si la situation est tendue.
C’est en 1965 que la tendance va s’inverser, les Américains commencent à renverser la vapeur, les Byrds, les Righteous Brothers, Del Shannon, accaparent les places du hit parade anglais. Les plus marioles imitent le style anglais pour se faire un nom. Des groupes comme les Beau Brummels captent assez bien ce style et auront une consécration nationale et dans une moindre mesure internationale. Une des plus belles démonstrations dans ce genre, souvent citée en exemple, reste le fameux « Lies » propulsé par les Knickerbockers et qui s’inspire fortement des Beatles.
Le groupe fut formé en 1962, mais n’enregistrent rien avant 1964. Ce n’est que l’année suivante que leur fameuse chanson, un original composé par deux membres du groupe Beau Charles et Buddy Randell, devient un hit national publié par le label Challenge. Il sera publié internationalement et sera très populaire dans plusieurs pays, je me souviens de l’avoir entendu sur les radios françaises. Ce sera leur seul véritable succès. Le groupe se sépara, mais il se reforma plusieurs fois pour divers concerts. La batteur Jimmy Walker, doué d’une belle voix, remplaça Bill Medley dans le duo des Righteous Brtothers en 1968.

L’original, 1965.

Première cover par la fille de Frank Sinatra, bien vocalement, mais de loin pas aussi intéressant instrumentalement que l’original, 1966.

Un gag en montage, comme si les Beatles avaient vraiment enregistré ce titre, on s’y croirait.

Un autre fils de star, celui de Jerry Lewis, Gary Lewis et ses Playboys, 1966.

La version française de Ronnie Bird « Cheese », un des très bons adaptateurs de l’époque yéyé, 1966.

The T-Bones,, le goupe US instro célèbre pour une pub sur les aspires, existe aussi par les Ventures.

Une première version tendance hard rock par Styx, 1974.

Linda Ronstadt, 1982.

The Delmonas, 1985.

Kel-Ann Brandt, c’est une Australienne, 2003.

The Strangers, version acoustique entre copains, 2013.

Une orchestre US d’animation pour fêtes, bonne reprise, 2016.

Les Sonomatics, groupe nostalgique du garage punk, reprise nerveuse, 2016.

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En passant

Bas nylons et des vieux voeux

Paris 1920, le 1er janvier. La première année de paix s’achève, même si l’on a crié victoire un peu plus d’une année avant, on évite de crier trop fort. C’est clair, on ne tombe plus dans les tranchées, on ne ramasse plus des bombes sur le gueule, mais le quotidien des Français ne ressemble pas à un ticket de première classe pour le paradis. La victoire par les armes ne fait pas pousser le blé, ni les billets de mille. Il faut tout réorganiser, rebâtir ce qui est détruit. Il y a du travail pour les ouvriers, mais les patrons crient misère comme d’habitude. Pour l’instant, ce qui préoccupe le plus les Parisiens, c’est la montée des eaux de la Seine, les inondations de 1910 ne sont pas si loin.

Le début d’année est surtout dominé par une tradition, celle des voeux. Les journaux s’y plient volontiers, diable le fidèle lecteur mérite bien cela.  J’ai sélectionné huit quotidiens d’un peu toutes les tendances et publiés le 1 janvier 1920, parmi ceux qui offrent une qualité de lecture passable au niveau de des reproductions. A travers les voeux, on en profite un peu pour résumer l’année et voir celle qui vient sous un angle partisan, ou spécifier que le roi d’Italie a envoyé quelques mots gentils au président de la République pour la nouvelle année.

Ceux qui avaient un gramophone auraient pu faire tourner le premier disque d’un certain Maurice Chevalier, chanté en anglais avec l’accent de Ménilmontant.

L’actualité peut aussi se découvrir d’une manière plus réaliste à travers la presse satirique. Ici Le Journal amusant du 3 janvier 1920.

L’Action française, journal royaliste, interdit à la Libération.

L’Auto, journal sportif généraliste, mais axé sur la motricité.

L’Echo d’Oran, bien évidemment un journal colonialiste.

L’Echo De Paris, journal de droite et conservateur.

La Figaro, l’un des plus vieux, mais sans doute pas le meilleur.

L’Homme libre, journal républicain fondé par Clémenceau.

L’Humanité, le journal fondé par Jean Jaurès, évidemment à gauche et communiste.

Paris -Midi, journal plutôt généraliste, l’un des premiers à avoir une chronique cinéma, ceci en 1918.

Source, Gallica, BNP,DP