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avec Miss Nylon et Miss Eva

LA PETITE ENCYCLOPEDIE SUR L’ART

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Exploration musicale en terre inconnue (7)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien par la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.

Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1968 – Them / Walking In The Queens Graden. Quand les Them de Van Morrison se séparent, nous retrouvons deux groupes du même nom venant de la même origine, L’un du côté de Texas et l’autre resté anglais, enregistre des titres qui sont, entre autres, publiés par le label suédois Sonet. Ils sont aussi connus sous le nom de Belfast Gypsies et certains titres, tout à fait identiques sont publiés sous Them ou Belfast Gypsies. Si à mon avis cette mouture est meilleure et plus dans la tradition du groupe originel, la version US n’est pas inintéressante non plus. En France, un seul et unique single de groupe version texane est publié par Capitol en 1968, avec un original composé par le groupe en farce principale. Il attira quelques rares fans de la première époque. Il est maintenant assez recherché.

1969 – Joyce Bond / Ob-La-Di-Ob-La-Da. Les Beatles se firent souvent souffler des succès par des artistes qui se contentaient de reprendre un de leurs titres parce que la production locale de tel ou tel pays ne l’avait pas publié en single ou tardivement. Comme la pléthore de titres dans les albums des Beatles qui avaient un potentiel certain de faire un succès, le choix était grand et permettait à des petits malins de s’octroyer un hit avec une chanson signée Lennon et McCartney. Ce fut le cas pour « Michelle » que les Overlanders hissèrent à la première place du hit parade anglais. En 1969, le chose se répète avec « Ob-La-Di-Ob-La-Da » reprise par le groupe Marmelade qui hissent également la chanson à première place en Angleterre. Dans une moindre mesure, le groupe Spectrum en tira aussi quelques bénéfices avec leur propre version. Mais ils ne furent pas les seuls à tenter le coup, la chanteuse jamaïcaine Joyce Bond le fit aussi et son disque fut même édité en France, mais passa surtout inaperçu.

Robert Mitchum ne fut pas seulement un acteur de cinéma et un immonde salaud dans « La Nuit Du Chasseur » de Charles Laughton, mais également un chanteur. Il n’officiait pas dans la chansonnette ou le rock and roll, mais dans le style exotique que l’on appelle calypso. Cela fut publié en France en 1958 et je crois que les ventes furent assez faibles. Disons que je préfère l’acteur…

L’Espagne possède aussi ses enfants prodigues, la petite Marisol fut une de ces stars qui commencèrent d’enregistrer au lieu d’aller à l’école. Née en 1948, elle enregistra son premier disque en 1960. On tenta de nous l’imposer en France via une pléthore de publications dont je peux me vanter de ne pas en avoir vues beaucoup. Il y a longtemps qu’elle a pris sa retraite.

Le fans de pièces vinyles rares françaises devraient connaître ce bonhomme. Il fut le chanteur des Primitives, ce groupe anglais qui s’exila en Italie vers 1965 et y rencontra passablement de succès. En entamant une carrière solo sous le nom de Mal, il fut également un bon vendeur de disques, tantôt chantant en italien, tantôt en anglais. On tenta en vain de l’imposer en France dans les années 1970. Il chante encore aujourd’hui.

1968 – Adam & Eve / Shaggy Dog. Ce duo assez connu en Allemagne est avec ce disque leur seule apparition en pressage français. L’Adam du groupe, un natif américain, est en réalité Johnnie Dee. Si ce nom ne vous dit rien sachez qu’il composa pour les Pretty Things leur fameux « Don’t Bring Me Down » que Ronnie Bird reprit en français « Tu Perds Ton Temps ». En 1975, il s’illustra d’une autre manière, il fut condamné à 6 ans de taule pour tentative d’assassinat sur sa copine d’alors, mais qui n’était plus l’Eve du duo. Le titre principal de ce disque fut aussi interprété par les Rattles.

A propos des Rattles, eh bien les voici. Ils étaient le groupe Allemand no 1 à l’époque de la Beatlemania. Vers la fin des années 60, il décident de s’adjoindre les services d’une chanteuse et de donner une image un peu plus progressive à leur musique. Ils enregistrent un single « The Witch » qui relance leur carrière, mais leur permet aussi de se retrouver dans le hit parade anglais à une bonne place. Le groupe tourne encore aujourd’hui malgré d’innombrables changements de personnel. Le bassiste et le batteur étant les deux membres les plus réguliers. La publication de ce titre en France passa complètement inaperçue ou presque.

1966 – Verdelle Smith / In My Room. Une de ces chanteuses tendance R&B qui font aujourd’hui la joie des collectionneurs. On peut toujours se poser la question de savoir pourquoi ces disques étaient édités en France, d’autant plus qu’ils ne proposent aucun succès. On sa sans doute misé sur le très accessible « In My Room » adaptation d’une chanson en espagnol, reprise en français par Dalida « Dans Ma Chambre », Les versions anglaises de ce titre sont très nombreuses, Walker Brothers, Nancy Sinatra etc… témoignant de son potentiel intéressant. Pourtant aucune de ces versions et encore moins celle de Verdelle Smith, n’attira les auditeurs français.

1966 – I Giganti / Il Mio Giorno Verra. Le label Barclay a sorti un nombre incroyable de publications sous licence étrangère pour le marché français. L’Italie n’est pas absente, témoin la publication de cet EP en 1966 des Giganti. Un groupe assez connu dans son pays, jouant le jeu entre originaux et reprises. Bien qu’assez intéressant, ce disque n’avait aucune chance de devenir un tube en France. Il est tellement peu courant que je ne l’ai jamais vu. Si je connais son existence, c’est bien par d’autres sources que les foires aux collectors.

1967 – Laurie Johnson / The Avengers Theme. Un exemple de disque que tout le monde connaissait et que personne n’achetait. La célèbre série « Chapeau Melon Et Bottes De Cuir » a marqué son époque. La publication de ce 4 titres par Vogue en 1967 ne rencontra pas un franc succès, beaucoup moins que la série. Mais les aficionados vont jusque à mettre 200 euros pour se procurer cette copie, la plus recherchée de tous et sans doute la plus rare.

1963 – The Rockin’ Rebels / Wild Weekend. Le rock à la Johnny & Hurricanes ne fait plus trop recette en France en 1963, sinon à remplir la discographie des artistes instrumentaux français comme Joey & Showmen de Johnny Hallyday. La publication de l’original par Columbia resta très confidentielle, contrairement aux USA où le titre fait encore recette. On n’essaya pas de renouveler la tentative.

1963 – Simone Jackson / Ain’t Gonna Kiss Ya.  Cette jeune chanteuse de Manchester âgée de 16 ans fut, parait-il, accompagnée par les Beatles sur la scène de la Cavern en septembre 1962, évidemment avant qu’ils ne soient célèbres. Sa carrière fut ensuite très courte. Quand les Searchers « empruntèrent » cette chanson (écrite par un certain PJ Proby qui deviendra brièvement une star vers 1964)  au répertoire des Ribbons, groupe vocal féminin noir américain, un directeur artistique de Pye pensa qu’elle irait comme un gant à Simone Jackson. Dans la foulée, Vogue publia le disque en France, même avant la version des Searchers.  D’un côté comme de l’autre, on se tâte encore aujourd’hui pour savoir si l’idée était bonne. Il n’en reste pas moins que le disque n’est pas mal, sans égaler bien meilleure version des Searchers.

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Bas nylons et des records

Je me suis amusé a rechercher parmi les gloires des années 60 dérivées des Beatles, lesquelles de leurs chansons passaient le mieux à la postérité. Je me suis intéressé seulement aux groupes britanniques ayant émergé entre  fin 1962 et 1965. Je me suis basé sur le compteur de Youtube qui a le plus de vues, sans tenir compte de l’ancienneté de la mise en ligne mais en prenant en compte un clip présentant la même chanson qui pourrait avoir eu un nombre de passages significatif.  Il y a malgré tout quelques inconvénients à cela. Par exemple, une vidéo des Animals interprétant « House Of The Rising Sun » qui totalisait plus de 300 millions de vues a été retirée pour une raison que je ne connais pas. C’est énorme pour une « viellerie » et je crois que c’est même le record absolu de celles que je vais vous présenter. Le même clip mis en ligne il y a 6 mois va déjà vers le million de vues, c’est dire si le phénomène est solide. Alors qu’elles sont ces chansons qui attirent les nostalgique, c’est ce que nous allons voir en ne prenant qu’une chanson par artiste, la plus regardée évidemment. C’est aussi parfois un peu étonnant, car même pour un spécialiste comme moi, je suis surpris par certains résultats.

The Hollies – Long Cool Woman – 140 millions. Un hit plutôt tardif.

The Kinks . Lola – 24 millions. J’aurais plutôt imaginé « Sunny Afternoon » ou « You Really Got Me », enfin cette dernière est juste derrière.

The Rolling Stones – Paint It Black – 231  millions. Là, je crois que les paroles plaisent beaucoup aux anglophones. Musicalement, c’est une incontestable réussite.

The Searchers – Love Potion Number Nine – 19 millions. Là encore ce n’est pas la plus connue. Elle n’a pas vraiment été un succès, sauf aux USA où c’est en termes de classement hit parade, leur meilleure réussite. Le clip en playback date de début 1966, trois ans après et juste avant le départ de Chris Curtis. De plus c’est Frank Allen à la basse et plus Tony Jackson le premier bassiste qui assurait aussi les vocaux.

Gerry & The Pacemakers – You’ll Never Walk Alone – 28 millions. Ici pas de surprises.

The Zombies – She’s Not There – 20 millions. Elle est en concurrence avec « Time Of The Season » leur second gros tube enregistré quatre ans plus tard.

The Beatles – Don’t Let Me Down. 348 millions. Ce clip en live où ils interprètent ce qui n’est pas leur chanson la plus populaire, surclasse tous  les enregistrements studios.

Herman’s Hermits – No Milk Today – 12 millions. C’est leur hit le plus international.

Them – Baby Please Don’t Go – 4 millions. On aurait pu penser à « Gloria » internationalement bien plus connu.

The Tornados – Telstar – 4 millions. Le seul instrumental du classement et le premier groupe rock a être no 1 aux USA.

The Yardbirds – For Your Love – 7 millions, clip en live plus regardé que la version studio, l’attrait du visuel sans doute.

The Swinging Blue Jeans – Hippy Hippy Shake – 3 millions. Simple mais efficace.

The Animals – The House Of The Rising Sun – 58 millions, comme dit en introduction, un clip avec plus de 300 millions de vues a été retiré

The tremoloes – Silence Is Golden – 9 millions. Il n’y a pas à dire, les Tremoloes sans Brian Poole ont aligné bien plus de gros hits sans lui.

The Dave Clark Five – Glad All Over – 6 millions. Un des rares groupes anglais qui peut prétendre avoir eu un vingtaine de titres classés aux USA dont la plupart sont des compositions maison.

The Troggs – Wild Things – 17 millions. Une des premières chansons aux relents sexuels autre que du pur romantisme.

The Moody Blues – Nights In White Satin – 42 millions. Qui ne l’a jamais entendue ?

The Small Faces – Itchycoo Park – 11 millions. Ce n’est pas la préférée des radios nostalgiques.

The Who – Baba O’riley – 37 millions. C’est également assez surprenant. Mais le jury a voté !

The Easybeats – Friday On My Mind – 12 millions.  Le clip est excellent, le chanteur ne fait pas que chanter.

Spencer Davis Greoup – Gimme Some Lovin’ – 12 millions. C’est toujours aussi plaisant.

The Nashville teens – Tobacco Road – 2 millions. Cela aurait été difficile d’en imaginer une autre.

 

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En passant

Bas nylons et un V

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La libération de la France marqua une certaine évolution des moeurs. Ce n’est pas encore la révolution sexuelle des années 1970, où presque tout devient autorisé à condition d’avoir un certain âge, mais il est incontestable que dès 1945 l’on franchit un pas. Des publications qui auraient subies les foudres de la censure dix ans plus tôt, font beaucoup moins de vagues. La France, pays plutôt libertin, est malgré tout restée dans un certain conformisme. En mettant de côté les petits plaisirs à connotation sexuelle qui circulaient sous le manteau, l’homme ou la femme de la rue ne sont pas très différents de ceux que l’on peut observer dans d’autres pays. C’est plus au niveau du comportement ou de langage que l’on trouve cet esprit libertin. Des paroles un peu grivoises lancées par un personnage important ne choquent pas plus que ça, on en rit même. Avoir une maîtresse n’est un signe de déséquilibre, c’est presque un signe d’appartenance à une certaine élite qui regarde une paire de fesses en fin connaisseur, on est presque sûr de son pouvoir de séduction et prêt à le prouver, en actes ou du moins en paroles, la vantardise est presque une qualité reconnue d’intérêt national. Après le French Cancan, plutôt un danse à connotation un rien coquine, c’est encore le cinéma, qui fut le pionnier de cette libération des moeurs avant l’heure. Si l’on compare le cinéma d’avant guerre, les films français sont incontestablement, mais discrètement plus osés. On montre un peu, sans en montrer trop. On suggère aussi beaucoup, sans toutefois priver le spectateur d’une amorce de cette suggestion, une femme qui détache ses bas ou qui commence d’enlever sa robe sont d’un emploi plutôt courant. Aux USA, on détourne le problème autrement, dans quelques notables exceptions un peu impudiques. Les films américains les plus déshabillés sont ceux de Tarzan, sa femme apparaît relativement dénudée, mais c’est normal, elle fait partie de ces esprits primitifs qui hantent la jungle, la jungle est bien loin de l’idéal de société à l’américaine. Comparé à la France, ce sont des exceptions, les grandes stars féminines d’Hollywood ne montrent guère que leurs sentiments.
Dès la libération, un magazine édité par le Mouvement de libération nationale, tout simplement appelé V, va marquer le pas. On aurait presque pu dire Front de libération sexuelle. Au fil de ses publications, il va devenir un peu coquin. Ce n’est pas encore Lui ou Playboy, mais ce n’est plus le Bulletin Paroissial. Bourré d’articles plus ou moins intéressants ou originaux, il a l’illustration assez légère dans certains cas, légère comme une brise qui va gonfler les voiles des futures revues comme Paris-Hollywood. Voici quelque (s)extraits de photos ou dessins qui, je n’en doute pas, firent rêver nos ancêtres pas si lointains. Cliquez pour une meilleure vue de certaines illustrations.

Source Gallica, BNP, DP.

En passant

Musiques à contre-courant

Je suis toujours assez dubitatif sur la qualité musicale des artistes d’aujourd’hui. L’autre jour, j’étais dans un endroit public au bord d’un lac. Une petite équipe écoutait de la musique. Eh bien, le truc qu’ils écoutaient c’était un rythme basique qui durait deux secondes et qui se répétait à l’infini, tandis qu’un mec débitait des paroles d’une banalité crasse sur la vie d’aujourd’hui. Le punk, c’était de l’opéra à côté. Heureusement, ce n’est qu’une tendance, j’attrape avec mes oreilles des choses actuelles qui méritent un bon point. Parfois, je les trouve un journal qui les mentionne, alors je vais à la découverte. Voici quelques-unes de ces découvertes, pas forcément toutes récentes, qui laissent flotter un espoir pour les vrais amateurs de musique, du moins ceux qui veulent ne pas être musicalement idiots. Il y a aussi des artistes qui pour être bien actuels, sont hors du temps, j’en donne un exemple en fin d’article.

Nick Waterhouse, un Américain né en 1966. Pas de doute, sa mère doit avoir accouché au son d’un disque de garage punk. Peut-être « Every Night » de Human Expression, dont il me semble retrouver dans ce « Song For Winners » quelques réminiscences. De quoi faire enrager les voisins à 3h du mat !

Sandor, une artiste suisse qui vous fait bien joliment planer.

Melody Gardot, ça se laisse écouter, sans avoir envie d’appeler la police.

June Milo, une autre artiste suisse, c’est cool comme un lait de vache d’alpage 100% bio.

Carrousel, toujours la Suisse, un duo qui accroche.

Seth Lakeman, un Anglais bien dans baskets

Un Américain, Steve Gunn, du folk d’aujourd’hui.

Patrick Watson, un Canadien qui me rappelle Colin Blunstone le chanteur des Zombies.

Jim McCarty, le batteur des Yardbirds, celui-là je pouvais pas le rater, belle chanson intemporelle. Ma meilleure écoute sur Deezer en 2018.

Lighthouse, Quiet Island, il n’y a pas beaucoup d’îles tranquilles sur les lacs suisses, mais celle-ci est splendide,

Corinne de Saint Angel, artiste française.  Après l’île, un jardin, celui de Louise. Cela fait une bonne dizaine d’années que j’écoute régulièrement ce titre. C’est d’un reposant, en plus si on a la mer à contempler…

Une histoire belge pour continuer, Melanie De Biasio. Cela peut sembler répétitif, mais il y a ce truc en plus qui fait passer le tout sans sauce.

Ben L’Oncle Soul. C’est assurément un excellent chanteur, une voix très noire, une ambiance soul, un Français qui n’a rien à envier à ses collègues étrangers.

Maite Itoiz. Pour terminer, quelque chose de complètement différent. Si on n’aime pas le moderne on peut toujours remonter aux racines. Je dis un grand merci à tous ceux qui perpétuent les vieilles traditions. Depuis quelques années, je m’intéresse un peu à la musique médiévale. J’ai fait quelques belles découvertes. Maite Itoiz est une époustouflante artiste espagnole très complète. Multi-instrumentiste, elle chante de l’opéra, mais aussi des choses plus traditionnelles, des trucs très modernes, même avec des groupes style hard rock, c’est dire. Elle possède une voix de soprano que l’on peut qualifier de céleste. Elle interprète ici un chant séfarade assez populaire, dont l’origine remonte à la musique médiévale « El Rey De Francia ». En l’écoutant, on peut voir les étoiles en plein jour.

Juste pour se marrer, la voici dans un truc complètement différent., oui, oui, c’est la même !

 

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En passant

Bas nylons et une certaine dame

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Au cours de mes précédents articles, nous avons vu combien l’influence des Noirs s’est faite sentir dans la musique blanche côté jazz et rock and roll. La réciproque n’est pas toujours vraie, les Noirs boudèrent passablement quelques standards du rock and roll créés par des Blancs. On trouve rarement, et même parfois jamais, des chansons comme « Be Bop A Lula », « Blue Suede Shoes », « Twenty Flight Rock » ou encore « Shakin’ All Over », interprétées par des Noirs. Si les Noirs reprennent du rock, ils se tourneront plutôt vers Little Richard ou Chuck Berry. D’autres chansons qui n’appartiennent pas à ce courant, échappent aussi passablement à l’attirance des Noirs. Nous allons en revisiter une, qui est un immortel standard mais très typique d’un public blanc. Elle fut composée par un certain Wayne Shanklin et rendue célèbre en 1951 par Frankie Laine, elle porte comme titre un prénom biblique : « Jezebel ».

Bien que typiquement américaine, mais relatant une histoire originaire du proche-orient, elle a indubitablement un petit petit fond musical venant de là. La comparaison s’arrête ici, car au fil des innombrables reprises, elle a connu toutes sortes de traitements qui l’éloignent parfois passablement de l’original. Dès sa publication en 1951, le disque de Frankie Laine connaît un immense succès et se vend à un million d’exemplaires, chose pas si courante pour l’époque. Elle fait partie de ces chansons qui ont ce petit quelque chose qui leur permet de traverser les ans sans problèmes, contrairement à des succès ponctuels qui retournent assez rapidement à une relative obscurité et qui ne tentent pas grand monde pour une reprise. La même année, Edith Piaf remarque cette chanson et demande à son homme de peine Charles Aznavour, de lui coller des paroles françaises. Il le fit et l’enregistra aussi un peu plus tard. A ce propos, j’ai une histoire personnelle à raconter à propos de cette chanson. Je dois l’avoir déjà racontée, mais je vais le faire encore une fois, tant le hasard fait drôlement les choses. Il y avait sans doute un milliard de chances que cela arrive, mais c’est bel et bien arrivé.
J’étais en vacances en 1974 à l’hôtel Ritz dans la petite ville de Senigallia en Italie, au bord de l’Adriatique. Il était environ 15 heures et je me prélassais dans un rocking chair juste à côté de l’entrée de l’hôtel. Comme je ne fais rien sans musique, surtout en vacances, j’avais avec moi mon lecteur de cassettes. C’était alors le moyen le plus courant pour écouter de la musique choisie, il n’y avait pas de walkman, ni de lecteur CD. C’est là que le hasard entre en jeu et vient mettre sa pincée de sel. Dans mes fouillis d’enregistrements qui comprenaient un choix hétéroclite des chansons, il y avait justement « Jezebel » dans la version des Chaussettes Noires. C’est justement celle-là qui passait sur mon appareil au moment précis où je vis un bonhomme qui était à une dizaine de mètres, se diriger vers l’entrée, donc vers moi. Je l’ai regardé, et je me suis dis que je connaissais cette binette. Quand il a été un peu plus près, j’ai reconnu Charles Aznavour en personne. Arrivé à ma hauteur, il s’est arrêté, m’a regardé étonné deux secondes, et est entré dans l’hôtel sans dire un mot. Je pense qu’il avait reconnu la chanson et voulait être sûr d’avoir bien entendu. Je n’ai pas essayé d’engager la conversation avec lui, car à cette époque, je me foutais complètement de ce qu’il pouvait représenter, je détestais cordialement. Par son attitude après dans l’hôtel, car c’était un peu l’émeute, je l’ai jugé assez hautain, mais pas complètement antipathique. Souvent ces personnages ne sont humbles que quand la caméra enregistre. Mais assez de blabla, voyons différentes versions…

L’original, 1951.

Edith Piaf en français, 1951.

Charles Aznavour, 1952.

Le premier rockeur à la reprendre, Gene Vincent, 1956.

Un des pionniers du rock au Japon, Masaaki Hirao, 1958.

Les Everly Brothers, toujours au top dans les reprises, 1962.

Marty Wilde, le père de Kim, un hit modéré pour lui en Angleterre, 1962.

Version orchestrale de Michel Legrand, on devine son goût pour les musiques de films, 1962.

Les Chaussettes Noires, une plaisante version, 1963.

Lee Curtis & All Stars, des Anglais à Hambourg, en live à La Cavern, 1964.

Les Hollandais, Johnny Kendall & Heralds, la première version que j’ai mise dans ma discothèque, 1964.

Vince Taylor & Bobby Clarke Noise, 1965.

Herman’s Hermits, en live, 1966.

Le King Set, avec Michel Jonasz comme chanteur, très soul music, 1967.

Les fameux Milkshakes, le garage de l’after punk, 1984.

The Mummies, groupe trash US, 1992.

David Vannian, ancien membre des Damned, une version assez bien vue, entre psyché et garage, 1995.

Huevos Rancheros, ce sont des Canadiens, en surf et instrumental, 1995.

L’Anglaise Anna Calvi en live à Paris, assez bien vu, 2011

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En passant

Bas nylons et quoi de neuf docteur ?

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Vers le début du 20ème siècle, au fur et a mesure que les informations circulent, la presse vient à s’intéresser à des faits qui se produisent ailleurs, dans d’autres pays, alors que quelques années plus tôt, personne n’en aurait parlé. En général, la politique domine largement le domaine, les grandes catastrophes font partie du lot, mais les affaires criminelles ne sont pas oubliées. Une assez banale affaire de meurtre en Angleterre va connaître un développement inattendu dans le monde entier, encore plus inattendu, c’est que tout le monde en parle dans la presse, alors que le coupable en fuite, croit toujours qu’il n’est pas repéré. Le coupable sera aussi la première victime de ce que l’on pourrait appeler, une arrestation wi-fi. Cette affaire aura même un prolongement inattendu pour un acteur de cinéma.

Nous sommes en 1910 en Angleterre, un citoyen américain établi dans ce pays du nom de Hawley Harvey Crippen, va faire la une de l’actualité criminelle.  Il est né dans le Michigan en 1862. Il a étudié l’homéopathie à l’université de cet état et se lance dans cette pratique. A cette époque, elle est encore un peu regardée comme du charlatanisme, bien que certaines personnes fassent déjà confiance dans ce genre de méthodes. Pour lui, les affaires ne marchent pas trop mal, il est même un bourgeois aisé. Marié une première fois, au décès de sa femme en 1892, il confie leur unique enfant à ses beaux-parents en Californie et file à New York continuer ses activités. C’est là qu’il rencontre sa deuxième femme, Corrine Turner, une aspirante actrice qui ne décroche pas tous les rôles qu’elle souhaiterait.

En 1897, les affaires marchant moins bien, le couple émigre en Angleterre. Son diplôme n’étant pas reconnu en Angleterre, Crippen doit se contenter d’activités parallèles à la médecine, comme représentant en médicament. Il exerce aussi comme dentiste. En 1899, il est viré de son emploi, car il s’occupe un peu trop de tenter d’établir sa femme comme actrice à part entière. Cette dernière n’a pas une vie exemplaire, elle tâte le goulot de la bouteille et connait de multiples aventures extra-conjugales. De son côté Crippen, qui travaille dans un maison qui s’occupe des sourds, rencontre Ethel Le Neve dont il tombe amoureux vers 1905. En 1908, dans la maison qu’ils occupent à Camden, Crippen loue une chambre à sa maîtresse, soi-disant pour augmenter leurs modestes revenus. A partir de là, la situation va devenir intenable. En février 1910, sa femme disparaît et Crippen fait savoir à son entourage qu’elle est retournée et Amérique, et un peu plus tard qu’elle serait décédée là-bas. Mais les connaissances de sa femme ont un doute, car sa maîtresse arbore des bijoux de sa défunte femme. Ils trouvent bizarre qu’elle soit partie sans sa bimbeloterie comme dirait le capitaine Haddock. Une de ses amies, avertit la police.

La police débarque et questionne Crippen. Ce dernier revient un peu sur ses déclarations, en réalité sa femme serait toujours vivante, elle se serait simplement enfuie avec un de ses amoureux. Cela paraît plausible, des histoires de femmes qui quittent leur mari, il y en a tous les jours. Une fouille rapide de la maison n’a rien laissé paraître d’anormal. Peu après, Dew l’inspecteur qui s’occupe de cette affaire, revient pour des compléments d’information, mais trouve la maison abandonnée. Cette fois, il a des doutes et une fouille sérieuse de la maison est entreprise. On finit par trouver des morceaux de cadavre enterrés dans la cave couverts de chaux. Les enquêteurs d’alors les identifient comme étant ceux de la femme de Crippen. Un avis de recherche est lancé. La France est visée en premier lieu car il est établi avec plus ou moins de certitude qu’ils ont gagné le continent. La presse française se passionne alors pour cette histoire.

Les restes humains dans la cave

Crippen a commis une grosse erreur, la seconde visite de Dew était de pure routine, il était plus ou moins convaincu par la version de Crippen. S’il était resté tranquille chez lui, l’histoire en serait probablement restée là. Mais il est en fuite avec sa maîtresse déguisée en garçon, qu’il fait passer pour son fils. Commence alors une course contre la montre, le couple séjourne en Belgique où Crippen apprend par la presse que l’on a découvert des restes humains dans sa maison. Ils décident d’embarquer pour le Québec, à bord du Montrose. Sur le bateau, le capitaine est intrigué par ce couple un peu bizarre, surtout par ce garçon qui n’a pas l’air d’en être un. Il finit par identifier Grippen avec une quasi certitude, sa photo circule dans les journaux. Il n’y a pas de presse à bord, mais sans doute un journal traînait par là. Il avertit la police anglaise qu’il est parmi les passagers. Dew met alors au point un plan de bataille. Le bateau a trois jours d’avance, il est dans la catégorie des escargots de la mer, mais en prenant un bateau plus rapide il peut arriver avant lui dans le port de destination au Canada. C’est ainsi que Grippen, qui ne se doute de rien, est arrêté le 31 juillet et ramené en Angleterre avec sa présumée complice. C’est le premier criminel arrêté via la communication sans fil.

Crippen et sa maîtresse lors du procès 

Le procès a lieu rapidement. Le 18 octobre, Crippen est reconnu coupable d’avoir empoisonné sa femme avec de la scopolamine. Il a signé un registre de son nom quand il a acheté le produit. Il nia toujours que le cadavre dans la cave était celui de sa femme. Sa maîtresse est acquittée au bénéfice du doute. Il est condamné à mort et pendu le 23 novembre 1910. Toutefois, de nombreuses zones d’ombre ne furent jamais éclaircies. En 2007, des analyses ADN affirment que ce n’était pas les restes de sa femme, avis aussitôt contré par d’autres experts. On peut même envisager qu’il ne l’a jamais tuée. Probablement, Grippen fut le seul a connaître l’exacte vérité. Il peut aussi attirer une certaine sympathie, il n’avait pas épousé une femme de rêve. Cela aurait pu lui valoir des circonstances atténuantes, qui ne furent pas prise en compte dans son recours. C’est ce que peuvent penser certains visiteurs en contemplant sa statue de cire dans la chambre des horreurs, chez Madame Tussauds à Londres.

Venons-en à l’histoire qui implique un acteur de cinéma. Cela tombe bien, nous en avons parlé récemment dans l’article de Peter Pan consacré au Chien des Baskerville. Il s’agit de Miles Malleson (1888-1969), un des très bons seconds rôles du cinéma anglo-américain. Très populaire, il tourna dans des dizaines de films, Hitchcock fit appel à lui deux fois. Il est aussi connu pour avoir traduit Molière en Anglais. C’est un personnage aux idées assez avancées. Il fut objecteur de conscience durant la guerre 14-18, un militant actif de l’émancipation de la femme. Avec sa seconde femme Joan, épousée en 1923, ils s’engagent dans un partenariat sous forme d’union libre, chose alors très peu courante dans cette très conservatrice Angleterre. C’est justement avec cette épouse, qui est une pionnière de la recherche sur la contraception féminine, qu’ils cherchent une maison où sa femme peut donner ses consultations. Ils en trouvent une, de plus le prix est très abordable. Ce qu’ils ne savaient pas en l’achetant, c’est que c’est la maison de Crippen, mais ils ne déménageront pas pour autant.

Miles Malleson dans Les 39 Marches d’Alfred Hitchcock, 1935.

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Quelques développements de cette affaire dans la presse française. Cliquer pour agrandir.

Sources Gallica, BNP, DP

En passant

Exploration musicale en terre inconnue (6)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien par la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.

Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1971 – Pierre Cavalli / Un Soir Chez Norris. Musicien suisse, guitariste de jazz à l’origine, il commence d’enregistrer chez Braclay dans les années 1950 en interprétant des reprises de succès d’époque, dont certaines sont même publiées aux USA. En 1971, il signe la musique d’un feuilleton télévisé suisse , « Un Soir Chez Norris », pièce de musique instrumentale à tendance pop. Si le disque ne connait qu’un succès d’estime auprès des spectateurs de la télévision, il devient un must pour les collectionneurs 30 ans plus tard.

1959 – Dalida / Apfel Und Birnen. C’est sans doute un des plus grands bides de Dalida dans sa discographie française et une de ses plus belles pièces de collection. En 1959, Dalida était la grosse vedette maison chez Barclay. Il estime qu’elle avait le potentiel pour conquérir d’autres marchés. L’Italie étant déjà conquise, l’Allemagne restait possible. On lui fit enregistrer en allemand une version du premier tube de Sacha Distel « Scoubidou ». Le disque fut pressé en France pour l’exportation et comme ce ne fut pas à proprement parler un succès, il est de ce fait très rare.

Jean Philippe / Tu Es Mon Soleil, Toi. Le principal titre de gloire de Jean Philippe, sorte de crooner léger, fut de participer à l’Eurovision en 1959 avec « Oui Oui Oui », arrivé 3ème, dont il se fit un peu voler le succès par la version de Sacha Distel. Par la suite est de manière beaucoup plus obscure, il enregistra une version française du standard country « You Are My Sunshine » datant de 1939. Il a assez vite disparu de la circulation.

1961 – Nico Fidenco / Su Nel Cielo. Avant de devenir un compositeur de musiques de films très connu, il chanta tantôt en anglais, tantôt en italien, des compositions maison, dont celle-ci bien connue en Italie. Ici, elle fut ignorée, mais reprise en français par Dalida et Gray « L’Ange Noir » et ses Démons sous le titer « Ciel Bleu ». Dans sa version anglaise « What A Sky », on la retrouve dans le film italien « I Delfini » avec Claudia cardinale et Gérard Blain. C’est presque dommage que la version anglaise n’ait pas été choisie à la place de la version italienne, c’est quand même un truc à la Paul Anka et potentiellement plus attirant pour un yéyé français.

1964 – Eden Kane / Boys Cry. Eden Kane fut un chanteur très populaire en Angleterre dans la première moitié des années 1960. Trois disques de lui ont été publiés en France, deux chez Decca, un chez Fontana. Sur ce dernier on trouve « Boys Cry » qui inspira Richard Anthony pour l’un de ses plus gros succès « Les Garçons Pleurent ». Comme de bien entendu, l’original suscita peu d’intérêt de la part du public français. Le co-auteur de ce titre n’est autre que Tommy Scott, qui fut un peu plus tard le producteur du second album des Them et aussi le compositeur des fameux « Call My Name » et « I Can Only Give You Everything ». Il produisit aussi les fameux, mais très obscurs Wheels.

1954 – Leadbelly / Goodnight Irene. Aussi incroyable que cela puisse paraître, la France édita en 1954 deux 45 tours EP du légendaire chanteur de folk Leadbelly, il est vrai sous l’appellation « classics in jazz » pour attirer le client, même si cela n’a pas grand chose à voir avec cette musique. Sur la premier figurait « Goodnight Irene », un classique folk, que Frank Alamo tourna en « Des Filles Et Des Garçons », une grosse dizaine d’années plus tard.

1968 – Sagittarius / My World Feel Down. Une perle psychédélique par un groupe qui n’existe pas, c’est un peu l’histoire de Sagittarius et « My World Feel Down ». Sous la houlette du producteur Gary Usher, quelques musiciens de studios sont réunis pour retravailler une titre enregistré en Angleterre par le groupe Ivy League, qui ne démérite pas. Mais cette refonte par Sagittarius en fait un monument qui flirte avec le « Pet Sounds » des Beach Boys. Le très connu Glen Campbell est le chanteur soliste de ce titre devenu une référence. Publié en France, il n’accrocha pas vraiment, toutefois Richard Anthony en profita pour l’enregistrer en adaptation « Tu Mens Si bien ».

1965 – Richard Anthony / I don’t Know Whart To Do.  Puisque j’ai mentionné Richard Anthony deux fois, attardons-nous encore un peu sur lui. Il fut l »un des yéyés qui tenta de s’exporter avec une certaine assiduité. Il ne réussit pas trop mal dans le genre et réussit même à obtenir de modestes classements dans les charts anglais. Il avait un avantage, c’est qu’il parlait anglais et pouvait chanter dans cette langue sans trop avoir l’air ridicule. Pour cela, il utilisa des chansons plutôt ciblées pour ce marché, sans trop essayer des versions anglaises de ses titres français. Quelquefois, elles étaient aussi publiées en France, mais personne ne s’attardait trop sur ces titres. En voici une, un original composé par un de ses musiciens avec des paroles anglaises de Richard Anthony. Il faut bien admettre qu’elle avait un certains charme.

1961 – Adamo / Poor Fool. Il est assez drôle de constater que certaines grosses vedettes ne semblent pas avoir passé par des débuts timides, du moins on occulte volontiers ce passage. Un bel exemple reste Adamo, qui enregistra ses premiers titres à partir de 1961, mais deviendra une grosse vedette que trois ans plus tard. Assez étonnamment, sur ses premiers enregistrements il chante, en français, en italien, en anglais, dans un joyeux mélange de styles, abordant même le twist. Tout ceci fut publié par Polydor, qui ne sut pas déceler son talent, à moins que lui-même le cherchait encore. Evidemment aux puces, c’est nettement plus difficile de trouver une copie datant de cette époque, que de n’importe lequel de ses grands succès.

1966 – The Zombies / Just Out Of Reach. Parfois les compagnies de disques aiment jouer à se faire peur. En 1965, les Zombies figurent dans le film d’Otto Preminger « Bunny Lake A Disparu », un thriller dans lequel une jeune fille a disparu, mais que personne ne semble jamais avoir vue. Le sous-titre de ce film pourrait être « Les Zombies Ont Disparu », car en réalité on ne les aperçoit qu’à travers un poste de télévision en second plan dans un bistrot. La bande sonore du film principalement interprétée par Paul Class est publiée par RCA  mais nous y trouvons aussi les trois titres que les Zombies interprètent dans le film et qui sont des compositions originales du groupe.  En France, un EP 4 titres est publié par RCA avec inclus les trois prestations des Zombies, plus un titre de la bande sonore. Les Zombies en principe enregistrent pour Decca. En 1965, Decca et RCA font partie du même groupe sur le plan français. Mais voilà que Decca reprend deux titres pour les publier en 45 tours, « Just Out Of Reach » et « Remeber You », ce qui fait quand même un peu double emploi. Même si on peut considérer que cela correspond  au 45 tours simple publié en Angleterre et que « Just Out Of Reach » est un truc génial, l’un et l’autre n’aidèrent pas le titre à décoller en France.

1962 – Jet Harris / Besame Mucho.  Aujourd’hui dans le monde des affaires, il arrive que l’on débauche un patron pour lui proposer un job plus lucratif ailleurs. Cela existe aussi dans le showbiz de diverses manières. Le cas le plus courant est qu’une maison de disques signe une grosse vedette enregistrant pour un concurrent. Barclay souffla Brel à Philips, mais quelques années plus tard, Philips souffla Mireille Mathieu à Barclay. Dans d’autres cas, on aime bien rappeler la connexion d’un artiste avec un autre comme support de lancement. Parfois c’est très ténu, x a rencontré y qui lui a conseillé d’enregistrer en le recommandant à Z. D’autres fois c’est un peu plus évident, il y a vraiment un lien que tout le monde peut connaître. En 1962, depuis deux ans, les Shadows sont le groupe no 1 en Angleterre. C’est alors que le bassiste et leader du groupe Jet Harris, décide de quitter ses copains. Il part un peu, mais il est aussi un peu viré, car l’entente n’est pas toujours au top entre lui est le reste du groupe. Il n’en reste pas moins que c’est un excellent musicien et un innovateur dans son style. Il est accueilli à bras ouvert par Decca, qui récupère ainsi un peu de l’aura des Shadows. Les choses vont assez vite, Jet Harris enregistre deux titres qui obtiennent un succès d’estime. Les choses vont aller encore plus vite quand Tony Meehan, le batteur et son ancien collègue des Shadows le rejoindra. Ce sera alors le fameux « Diamonds » composé par Jerry Lordan qui est aussi le responsable du fameux « Apache ». Le disque se permettra de détrôner les anciens partenaires à la première place du hit parade anglais. Quelques-uns de premiers essais de Jet Harris seront publiés sur un 4 titres en Angleterre qui sera aussi publié en France. Mais à l’époque bien peu de fans français, malgré le texte très explicatif au dos de la pochette, feront la liaison entre lui et son passé de Shadow. De ce fait, cette publication n’est pas toujours facile à dénicher. Dans son contenu on retrouve un version à la « Jet Harris » du fameux standard « Besame Mucho ».

1964 – The Tokens / Swing. Les Tokens sont connus internationalement pour avoir mis en forme « The Lion Sleeps Tonight » (Le Lion Est Mort Ce Soir). Leur carrière se poursuivra de manière plus centrée sur les USA, où ils demeurent assez populaires tout au long des sixties. Ils enregistrent des chansons dans divers styles et fondent aussi leur label BT Puppy sur lequel ils produisent d’autres artistes à succès, notamment les Happenings, Quelques-uns de leurs disque seront publiés en France, notamment un EP sur Vogue en 1964 avec comme titre principal « Swing ». Cette publication, bien que peu cotée, est une rareté absolue.

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