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LA PETITE ENCYCLOPEDIE SUR L’ART

DE PORTER LE BAS NYLON

Le bas nylon des nuls aux experts

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Des oiseaux revisités

Les Yardbirds furent un des quelques groupes parmi les plus innovateurs des années 60. Pas étonnant que l’on retrouve leurs titres dans un tas de covers versions, il y en a des centaines. Pour cette séquence, j’ai choisi quelques titres  issus de leur répertoire original dans des reprises qui illustrent, pour le meilleur et pour le pire, que leurs chansons peuvent s’adapter à différents styles.

Celle-ci c’est certainement la chanson des Yardbirds qui tient le records de vues sur Youtube, quelques chose comme 188 millions de vues. Pourtant si vous cherchez « When I Grow Up » dans la discographie des Yardbirds vous ne le trouverez pas. Le titre original est « He’s Always There » et pour le titre des Pussycats les paroles et le titre ont été changés. Toutefois cela ne s’est pas fait en douce, les royalties ont été normalement distribuées aux compositeurs originaux.

Originalement « Still I’m Sad » est un chant grégorien composé par le même duo que « He’s Always There ». Cette fois c’est tourné en hard rock et le résultat n’est pas si mal. Ce n’est pas la première tentative du genre. Il fut repris par Boney M en version disco et Richie Blackmoore et son groupe Rainbow.

Résolument adaptée dans un style moderne « Heart Full Of Soul » y perd ici le charme de l’original, mais la mélodie est bien distincte. Vocal bon, reste assez vite chiant.

Une idée plus originale, le plus grand tube des Yardbirds, en version rockabilly. C’est pas mal.

Pour moi « Evil hearted You » est une de mes préférés des Yardbirds. Chanson sinistre, poisseuse, angoissée, autant par les paroles que par le son. Le version de Lynda Lunch respecte cette ambiance, mais le son est résolument plus contemporain. Je dois dire que j’aime bien.

Pour « Shapes Of Things », il ne fallut pas plus de deux ans pour en faire une version très revisitée. C’est Jeff Beck, lui-même qui l’enregistra sur son album « Truth ». C’est Rod Stewart aux vocaux.

C’est également très ancien, datant de 1967. Une version de « Over Under Sideways Down » à la manière d’un big band. Intéressant.

La chanson « Happenings Ten Years Time Ago » est parmi les plus ambitieuses que les Yardbirds aient enregistrées. Ici la version du guitariste Tod Rundgren, assez inclassable, un peu hard rock, un peu à la manière d’un guitar hero.

Revenons à « For Your Love » dans une version plus classique enregistrée par Greg Sage, guitariste des Wipers. L’intéressant, c’est sa manière typique de jouer de la guitare avec laquelle il obtient ce son qui est sa carte de visite.

Un autre reprise de « Heart Full Of Soul », cette fois-ci par un groupe américain peu connu de la fin des années 60. C’est l’illustration sonore parfaite de ce qu’une équipe de musiciens à tendance progressiste étaient capable de faire en réécrivant presque une chanson connue. Entre psychédélique et jazz rock, c’est assez ambitieux.

En fin de compte, rien de mieux que le groupe original. Un clip assez rare pour la TV US qui montre la fameuse formation avec les deux guitaristes solistes, Jeff Beck et Jimmy Page. C’est du playback, mais j’ai été bien étonne de trouver ce clip et je crois que je ne suis pas le seul.

Pour terminer ce petit hommage aux Yardbirds, reportons-nous au temps présent avec le dernier album en solo du batteur, Jim McCarty, qui est plutôt du genre agréable, très intimiste. Avec les Yardbirds, il se confine au rôle de batteur et occasionnellement chanteur. Mais dans ses réalisations en soliste, il joue aussi des claviers, de la guitare, et bien sûr chante. Ce clip vous le montre d’une manière assez marrante, derrière sa guitare et dans la vie courante. Comme je le connais depuis bientôt 30 ans, je retrouve avec un certain plaisir ses attitudes quand il n’est pas sur scène, sa manière de rire, son regard, sa démarche.  Il vient d’ailleurs de publier ses mémoires. A bientôt Jim !

 

Bas nylon et bouffer des affiches

L’histoire de l’alimentation est aussi vieille que le monde, sinon nous ne serions pas là si nos ancêtres n’avaient pas trouvé le moyen de se nourrir. La disette ou la famine n’ont jamais étés absents des soucis de peuples entiers. Sous nos latitudes, l’homme se mit peu à peu à inventer ou trouver des moyens de conserver la nourriture pour palier son manque évident pendant les périodes ou la nature tourne au ralenti, c’est à dire pendant les mois d’hiver. Il remarqua que certains aliments se conservent très bien, d’autres nécessitent une consommation immédiate, ou alors en lui faisant subir un traitement qui prolonge sa durée, comme la stérilisation par exemple. Le sucre, autre exemple, a une durée de vie quasiment éternelle. C’est pourquoi il est encore employé aujourd’hui, et ce n’est pas près de s’arrêter, pour prolonger la durée de vie de certains aliments. La salaison ou la fumaison furent d’autres moyens parmi ceux utilisés. Le vinaigre est aussi un atout, en même temps qu’on condiment, pour le prolongement de la durée de consommation d’un légume ou d’un végétal. De plus, le vinaigre semble avoir un effet bénéfique sur la santé, celui de pomme en particulier, si possible non pasteurisé.

Un grand bond fut l’apparition de la boîte de conserve. Celle-ci apparaît vers la seconde moitié du 18ème siècle, et il semble bien que ce sont les Hollandais qui en furent les premiers techniciens. Elle gagna peu à peu du terrain et est aujourd’hui un incontournable de l’industrie alimentaire. Sa grande efficacité est de pouvoir garantir la consommation de presque n’importe quel plat ou aliment pendant des années. Revers de la médaille, le contenu peut perdre son goût réel ou s’altérer au fil du temps qui passe. Un autre pas en avant fut la lyophilisation, un procédé inventé en 1906 qui permet une très longue conservation pratiquement sans dommages. D’un autre côté la congélation est aussi devenu une norme.

L’avènement de l’ère industrielle fut une révolution dans la vision de la société telle qu’on la percevait avant son apparition. Le développement des transports permit des échanges commerciaux sur une échelle de plus en plus grande. Pour une part, l’industrie se mit au service de l’alimentation en proposant une nourriture plus variée et souvent exotique. Manger des ananas au fin fond de la Russie relevait d’une gageure, cela devint possible en ouvrant une simple boîte de conserve. Avec l’apparition des potages et autres plats en sachets, on pouvait sans trop de peine préparer une repas en un minimum de temps. Au fil des ans on proposa de plus en plus de variétés de mets sous forme de préparations industrielles. Le progrès a du bon, mais pas toujours sans une contrepartie. L’ajout de diverses substances comme les colorants ou les conservateurs n’est pas sans dangers, ne serait-ce que sous l’aspect allergique. Aujourd’hui il existe des centaines d’additifs dont certains sont de véritables poisons en consommation immodérée ou sur la durée. L’industrie alimentaire ne prive pas d’en ajouter tant et plus dans tous les procédés qu’elle utilise. De plus, les effets conjugués du mélange des ces additifs sont pour la plupart inconnus sur le terme, et soyons francs, l’industrie alimentaire s’en fout complètement. C’est à vos risques et périls.

Ajoutons deux petites constatations qui parlent mieux que de longs discours. Dans une vallée reculée des alpes, un village vivait pratiquement en autarcie du fait de n’être pas relié par route au reste du monde. On finit par la construire, ce qui permit à la nourriture industrielle de débarquer. Au bout de quelques années, les habitants qui n’avaient jamais eu de problèmes dentaires, commencèrent à souffrir de caries. On mit bien évidemment en cause la consommation de produits industriels et surtout de sucre raffiné. Un autre exemple, celui là je l’ai vécu en direct. Une cliente de grande surface, un peu râleuse, voulut acheter une simple tranche de gâteau prêt à consommer. En lisant l’étiquette du contenu, elle constata que pas moins d’une dizaine d’additifs étaient mentionnés, ce qu’elle ne manqua pas de faire remarquer à la copine qui l’accompagnait. Ce jour-là, elle ne mangea pas de gâteau.

Un des points forts qui permit à l’industrie alimentaire de  s’asseoir à votre table fut la publicité. On privilégia pendant longtemps les affiches au détriment de la presse. Nous allons un peu remonter le temps et voir quelques unes de ces affiches destinées à attirer le client. Elles offrent souvent un regard artistique chargé de promesses gastronomiques. Souvent, hélas, le beauté du plat représenté par l’artiste ne va pas jusque dans l’assiette. Toutes les affiches se situent au tournant du 20ème siècle.

Sources Gallica, BNF, DP

Un 33 tours en vinyle, une fille en nylon

Lors d’un premier article, j’avais abordé quelques chansons qui me faisaient penser à une fille que j’aimais bien et avec qui j’avais eu quelques bons souvenirs, sans toutefois aller jusqu’à un rapport intime. J’ai bien sûr grandi et d’adolescent je suis passé au stade de jeune homme. Mais la musique a continué de me faire rêver sentimentalement. Voici une suite de chansons qui, par rapport aux précédentes, sont musicalement plus ambitieuses. J’ai évolué mentalement et physiquement et surtout musicalement.  Maintenant je me paye des 33 tours plus ou moins pop. Le contexte de la mode a aussi évolué dans les sous-vêtements. Il n’y a plus beaucoup de bas et de porte-jarretelles, de plus en plus de collants. La musique peut continuer, je rêve déjà de nostalgie en lisières de forêts et de bas.

Celle-ci revêt une importance particulière pour moi, le jour ou j’ai acheté ce disque, c’est… vous vous rappelez de votre première fois?

Bande sonore pour une certaine Christine, qui fait toujours partie de mes connaissances actuelles.

Là, je ne sais plus très bien qui de la fille ou de la chanson j’aimais le plus. Pour sûr, j’aime encore le disque. Ce groupe fait toujours partie de mes dix préférés, premières ébauches de la musique punk, bien avant l’apparition de la mode.

Elle ne s’appelait pas Valentine, mais voici sa suite, ce disque m’a pas mal aidé à m’intéresser au jazz. C’est toujours musicalement géant.

Ici, j’écoutais des trucs assez speeds, musique très originale pour l’époque, la fille à laquelle je pense, n’aimait pas tellement. Si elle ne me colle plus à la peau, le groupe est toujours dans mes écoutes. Un coup de barre, résultat meilleurs que Mars.

Rêver de filles sur ce genre de musique, c’est tout à fait possible

Pour me calmer un peu je passe au folk, excellent pour rêver à… ce groupe est à l’origine de ma véritable passion pour le folk.

Je deviens un peu mystique, elle n’avait pas les yeux verts, seulement ceux d’un ange… Jolie démonstration de la recherche d’originalité d’une certaine époque.

Le disque je le possède encore, la fille plus.

Bas nylons et Paris secret

 

Paris sera toujours Paris, on ne verrait pas comment il pourrait en être autrement. Paris reste néanmoins un endroit qui a évolué au fil du temps. Personnellement, je connais Paris depuis plus de quarante ans à travers de nombreuses escapades, et le moins que je puisse dire, c’est que le changement est visible. En additionnant tous mes séjours, j’ai passé environ huit mois de ma vie dans les différents endroits de la capitale, et je ne peux que constater les faits. Ma culture étant française, ce qui ne me gêne pas du tout bien au contraire, j’aime flâner dans le Paris chargé d’histoire, parmi toutes les ombres qui hantent encore les rues. Quand on se réfère à ces impressions, c’est là que Paris change le moins. Il y a plus de 50 ans que Piaf est morte, et pourtant au tournant d’une rue, il semble que l’on va la rencontrer en train de chanter une goualante ou que l’on va tomber sur une bande d’Apaches prête à vous piquer votre fric.

Sans connaître toutes les histoires de Paris, je me réfère souvent à des écrits qui datent d’une époque où je n’étais pas né, histoire de humer le Paris d’alors, plus encore le Paris insolite, celui qui n’est pas dans les guides touristiques. Pour l’article de ce jour, j’ai choisi des extraits d’un livre sorti en 1906 et qui nous parle d’un Paris un peu différent « Le Guide Secret Des Plaisirs Parisiens », écrit par Victor Leca. Visiblement destiné à un public d’amateurs éclairés sur certaines choses. Il est écrit en trois langues, français, anglais, allemand, c’est dire s’il visait large.

Comme vous le verrez, on y parle surtout de prostitution, l’un des plaisirs (surtout du point de vue masculin) accessible par tous, de la Rolls Royce avec intérieur en cuir et poignées en or à la  2 CV accidentée.

 

Imaginez le touriste qui débarque à Paris et qui ne connaît pas grand chose, mais qui a sa petite idée derrière la tête, va sans doute apprécier un tel guide. Juste si les maisons closes, n’ont pas des étoiles comme dans le Michelin. Le Chabanais est mentionné en tête des maisons closes, c’est la plus célèbre et la plus luxueuse qui existaient déjà au moment de la publication du libre. Du beau monde vint s’encanailler dans ses murs, certains seulement pour y boire un verre, mais c’était l’endroit à découvrir. On y vit passer quelques personnages inattendus comme Roscoe Arbuckle, le célèbre gros des films muets, dont Enid Blyton s’inspira pour créer l’un de ses personnages, Fatty, dans la série Les Cinq Detectives. Passons sous silence tous les politiciens, écrivains, rois, qui vinrent jeter un oeil, ce qui leur sera parfois reproché.

Le fameux One-Two-Two n’y figure pas car il n’ouvrira seulement dans les années 1920. Le guide ne donne pour la plupart que l’adresse sans préciser de nom. Mais il est plus ou moins apparent que celle qui sont données dans la partie trois, correspondent à ce que l’on appelait pudiquement des tôles d’abattage.

Versions doublées…

Nombre de chanteurs ont enregistré dans une langue qui n’est pas la leur, souvent en n’ayant aucune notion de la langue dans laquelle ils chantent. Voici quelques uns de ces artistes qui tentèrent le coup avec plus ou moins de réussite.

Aux seigneurs les honneurs…

Les Beatles qui avaient appris trois mots d’allemand à Hambourg en profitent

Les Rolling Stones en italien

Neil Sekaka lui tâte de l’hébreu avec un des ses plus beaux slows

Paul Anka presque un habitué de l’italien

Gene Pitney au festival de San Remo avec une chanson qui fera (presque) la fortune de Richard Anthony une dizaine d’années plus tard.

En 1966, Les Yardbirds tentent la désastreuse expérience du festival de San Remo, en italien bien sûr.

Peu connus en France, Jay & the Americans ont pourtant enregistré dans notre langue un de leurs tubes

Les Searchers y vont aussi de quatre titres en français, malgré l’accent de Liverpool.

Idem pour les Hollies, mais avec l’accent de Manchester, ces titres sont restés longtemps inédits, refusés par EMI France

Sylvie en japonais

On a retrouvé par hasard deux titres de Johnny enregistrés partiellement en turc et publiés seulement dans ce pays. Il semble que l’intéressé avait complètement oublié qu’il avait fait cela.

France Gall fut une assez grosse vedette en Allemagne, alors dans la langue Goethe…

En japonais

Marjorie Noël fut une de ces chanteuses yéyé qui connut quelques succès en 1965-66 et se présenta à l’Eurovision. Néanmoins elle fut presque une grande star au Japon avec quelques uns de ses titres enregistrés dans la langue du pays et des productions originales pour le marché local. Lors d’un concert au Japon dont elle était la vedette, la première partie était assurée par… Charles Aznovous. Gravement blessé lors d’un grave accident de voiture en 1966, elle eut de la peine à refaire surface et abandonna sa carrière. Elle se maria, fonda une famille. Elle mourut prématurément en 2000. Elle est encore aujourd’hui populaire au Japon.

Je possède un document d’elle, un disque dédicacé à un certain Robert, trouvé dans un brocante pour trois fois rien. Souvenirs, souvenirs…

Richard Anthony fut un des coutumiers de l’enregistrement en langues étrangères. Il avait une bonne connaissance de l’anglais en ayant séjourné outre-manche en étant adolescent. Ici c’est un original pour le marché anglais, paroles de Richard Anthony, musique de Silvano Santorio qui fut son guitariste et aussi celui des Four Dreamers. Le titre fut aussi exploité par les musiciens d’Anthony pour un EP, sous le nom de Clan De Silvano. Je trouve que ce titre aurait mérité mieux, il avait un potentiel assez évident.

Bas nylons et des croix

Il y a un bout de temps que je n’avais pas fait un article sur le cinéma. Ce sont des articles qui prennent en général pas mal de temps à écrire. Bien entendu, je ne parle que de films que j’ai vus, surtout de ceux qui ont laissé des traces dans ma mémoire. J’excelle plutôt dans le cinéma des années 20 à 60. Je suis même assez encyclopédique pour ce genre de films. J’ai toujours une affection particulière pour les seconds rôles, si souvent essentiels à la réussite d’un film. Quand je discute avec des cinéphiles ou qui se prétendent tels, il m’arrive souvent de les tester sur leurs connaissances de ces acteurs. A mes yeux, le cinéma est un tout, une grande vedette n’en sera que meilleure si les rôles secondaires sont à la hauteur de l’enjeu. Savoir qu’un bon second rôle figure dans tel ou tel film est une critère qui parle en faveur du reste.

Voici deux films importants des années 30.

Les films qui relatent la guerre sont nombreux et plutôt variés dans leur réussite, tant esthétique que commerciale. Je suis persuadé que plus l’on s’éloigne dans le temps, plus les faits relatés se perdent dans les brumes de l’histoire. Dans le même genre, il y a des films qui peuvent être plutôt bons, mais qui manquent d’une certaine petite touche de finition. Un célèbre film traitant de ce sujet « Les Sentiers De La Gloire » de Stanley Kubrick est trop américanisé, la binette de Kirk Douglas n’a pas archétype du visage de l’officier français. De même un acteur américain ne se mouche pas ou se gratte les roubignoles de la même manière qu’un poilu. Je suis convaincu que Fernadel en doublage anglais perd toute sa saveur. Il y a des choses qui passent en restant dans leur terroir, mais qui deviennent obsolètes ailleurs.

En prenant en considération les lignes précédentes, il y a un film qui m’apparaît comme une réussite totale, et je suis pas le seul à le dire, il s’agit des « Croix De Bois » de Raymond Bernard sorti en 1932. Il est inspiré de roman éponyme de Roland Dorgelès, lequel a été un combattant de la guerre 14-18. Déjà là, on est situé près de la guerre question timing et le film tourné au début des années 30, profite du fait que les souvenirs sont encore vivaces. Le film est presque un documentaire, on y voit la vie dans les tranchées, coupée de montées à l’assaut , avec ceux qui reviennent ou pas, et attendent la suite. Les poilus sont bien des gens du cru, avec leurs expressions, leur patriotisme, ou ceux persuadés que la guerre est une boucherie. Certaine scènes du film sont admirables, tout à fait avec cette lumière qui caractérise certains films de cette décade.

Les acteurs  y sont remarquables, on notera principalement, Pierre Blanchar, Gabriel Gabrio, Raymond Aimos, et un acteur déjà bien installé sur les écrans Charles Vanel. A noter Christian Jacque sur le point d’entamer sa carrière de réalisateur.

  • Pierre Blanchar : soldat Gilbert Demachy
  • Gabriel Gabrio : Sulphart
  • Charles Vanel : caporal Breval
  • Raymond Aimos : soldat Fouillard
  • Antonin Artaud : soldat Vieublé
  • Paul Azaïs : soldat Broucke
  • René Bergeron : soldat Hamel
  • Raymond Cordy : soldat Vairon
  • Marcel Delaître : soldat Berthier
  • Jean Galland : capitaine Cruchet
  • Pierre Labry : soldat Bouffioux
  • Geo Laby : soldat Belin
  • René Montis : lieutenant Morache
  • Jean-François Martial : soldat Lemoine
  • Marc Valbel : Maroux
  • Christian-Jaque : un lieutenant

C’est un film hautement recommandable, pas toujours facile à voir dans les salles ou à la télé, il faut se rabattre sur le DVD. De mon point de vue personnel, je déplore qu’il soit un peu tombé dans l’oubli, mais il semble avoir un intérêt marqué pour les cinéphiles.

Restons dans les histoires de croix…

Je ne suis pas féru de religion, ni dans la vie de tous les jours, ni au cinéma. Pour ce dernier, il y a quand même un ou deux films que j’apprécie en ayant la religion pour thème. J’écarte les « Dix Commandements » de Cecil B DeMille, un peu trop superproduction hollywoodienne, mais assez intéressant quand même par la distribution. Je citerais en premier un film de King Vidor, « Hallelujah » (1929), un des premiers films parlants et une fantaisie qui mélange le gospel et la ferveur religieuse des noirs, assez différente de sa collègue blanche. C’est presque une comédie entre le sacré et le profane, emmené d’une manière très gaie. En second, « Au Risque De Se Perdre », avec Audrey Hepburn, film qui retrace la vie d’une femme qui entre dans les ordres religieux et n’y trouve absolument pas sa vocation. Le troisième est d’un autre style, une réalisation française de Julien Divivier, « Golgotha » (1935), qui retrace la vie de Jésus Christ de son arrivée à Jérusalem, jusqu’à sa résurrection. Il faut presque prendre ce film, si vous n’avez pas de convictions religieuses, comme un film d’aventures teinté de surréalisme ou de fantastique. On peut en effet par certains côtés, considérer Jésus comme une sorte d’aventurier au temps des Romains. L’histoire est assez fidèlement respectée, selon le récit qu’en fait la Bible, quand elle raconte les dernières heures de sa vie. Là où le film est remarquable, c’est par l’interprétation de Jésus par Robert Le Vigan, qui fut quand même un sacré acteur. C’est dommage qu’il se soit fourvoyé dans la collaboration avec les Allemands, car c’était à coup sûr un monstre sacré d’après guerre. Son physique assez frêle, son visage parfois halluciné, parfois torturé, parfois triste à l’excès, colle parfaitement à l’idée que l’on se peut faire de Jésus, en faisant la comparaison avec les images qui le représentent. La distribution aligne quelques grandes gloires du cinéma : Harry Baur, Edwige Feuillère, et un étonnant Jean Gabin dans le rôle de Ponce Pilate.

  • Jean Gabin : Ponce Pilate, le gouverneur
  • Edwige Feuillère : Claudia Procula
  • Robert Le Vigan : Jésus
  • Harry Baur : Hérode
  • André Bacqué : Anne
  • Charles Granval : Caïphe
  • Lucas Gridoux : Judas
  • Hubert Prelier : Pierre
  • Jean Forest : Jean
  • Juliette Verneuil : Marie
  • Philippe Hersent : Jacques
  • Maurice Lagrenée : Philippe
  • Vanah Yami : Marie-Madeleine
  • Elmire Vautier : Hérodiade
  • Edmund van Daële : Gerson
  • Marcel Chabrier : Joseph d’Arimathie
  • Marcel Carpentier : le scribe
  • Paul Asselin : Mathieu
  • Robert Ozanne : le centurion
  • Georges Peclet : le légionnaire
  • Georges Saillard : un Sanhédrite
  • Victor Vina : un Sanhédrite
  • François Viguier : un Sanhédrite
  • Teddy Michaud : un bourreau
  • Max Maxudian : un Sanhédrite
  • Hugues de Bagratide : un Sanhédrite

Pour moi, c’est un film qui n’est pas négligeable dans l’histoire du cinéma, comme bien des films de Duvivier. Il a ses adeptes et ses détracteurs. C’est du cinéma qui nous nous change un peu de tout ce que le cinéma nous inculque à coups de projecteurs, l’héroïsme, l’aventure, la vie dans toute sa diversité. Je trouve que c’est une approche assez instructive sur la vie du personnage, j’ai même appris plus de choses sur lui que tous les curés réunis n’ont jamais réussi à me faire entrer dans la tête. Je n’en suis pas pour autant sorti converti. Les traces qu’il a laissées dans l’histoire sont la preuve que le personnage a bel et bien existé, que cette histoire soit romancée, que le personnage fut réellement ce qu’il prétendait être, vous me permettrez de vous laisser le libre choix de votre opinion. Dans ce domaine un philosophe résume admirablement bien la chose : croire, ce n’est pas être sûr, c’est espérer !

Une interview de Robert le Vigan en Argentine vers la 15ème minute

Bas nylons et photos sans nylon

 

La notion de loisirs est un concept qui a évolué au fil des siècles. Le mot est résolument moderne, avant on employait amusement ou distraction. Les conditions de vie furent longtemps déplorables pour le simple humain. Les loisirs, c’est bien simple, on ne connaissait pas. Les distractions étaient l’apanage d’une bonne société dont la noblesse était le phare. La chasse fut sans doute et pendant des siècles, la distraction la plus connue et prisée. Les souverains se la réservaient en priorité, étant propriétaires des terres sur lesquelles elle se déroulait. Il y avait un but de distraction, mais aussi celui d’approvisionner la table royale ou non. Dans les grandes chasses, on voyait presque une armée se déplacer sur le terrain, cela pouvait parfois se terminer par un carnage. Elles étaient accompagnées de tout un cérémonial.

Dans les cours royales, on prisait le théâtre, la musique, tout en s’imaginant qu’il n’y avait pas une représentation ou un concert chaque soir. Pendant la soirée, les salons prenaient parfois l’allure de véritables tripots, les jeux de cartes étaient fort prisés. Louis XIV par exemple, ne dédaignait pas d’aller passer quelques instants dans un de ces salons, y laissant quelques sommes rondelettes quand la chance ne lui souriait pas. Le jeu, selon les caprices de certains souverains, n’étaient pas toujours bien vus à la cour, mais rien n’empêchait d’aller jour ailleurs dans un endroit hors de vue.

L’idée de loisir commença subrepticement à se glisser dans l’esprit des gens à l’apparition de l’ère industrielle au 19ème siècle. Elle trouva un débouché quand on commença à travailler selon des horaires établis, laissant quand même au début peu de temps libre à l’ouvrier. Vers la fin du siècle, en plus du dimanche, le samedi soir fut à peu près considéré comme temps destiné à l’amusement, surtout dans les grandes villes. Les spectacles offerts étaient nombreux et variés, accessibles selon les sous en poche, certains même par un simple ouvrier.

L’offre destinée aux loisirs s’étoffa avec l’apparition des machines, on pouvait faire un tour en manège, prendre un train pour aller visiter un autre lieu en touriste, ou encore être un féru d’aviation ou de course automobile en simple spectateur. L’un de ces loisirs qui est encore aujourd’hui un phénomène de société, il a bientôt 200 ans, s’appelle la photographie.

La photographie c’est un peu comme l’avion, d’abord on vola quelques mètres, ensuite quelques centaines de mètres, puis des kilomètres, pour maintenant les compter par milliers.  L’évolution de la photographie a aussi ses premières fois, tant au niveau de la prise de vue que celui du matériel. Nous allons voir historiquement comment l’homme a évolué dans cet art, justement à travers les photographies de quelques premières fois. Bien sûr, il s’agit des premières fois dont on a retrouvé des traces, il peut y en avoir d’autres restées inconnues. Mais la fourchette du temps correspond assez bien à la réalité.

1826 – La première photographie fut prise par un Français, Nicepore Niepcé. Il lui fallut une pause de 10 heures pour obtenir son résultat, un simple paysage urbain pris depuis sa fenêtre à Saint-Loup-de-Varenne.

1838 – Première photos avec des personnages, très petits, rue du Temple à Paris. Prise par Louis Daguerre.

1839 – Premier selfie, Robert Cornelius à Philadelphie.

1839 ou 40 – Premier portrait, J.W.Draper fait un portrait de sa soeur Dorothy Catherine, plutôt une jolie femme.

1840 – Le même photographie la Lune, à travers un télescope qui deviendra ainsi le premier télé-objectif !

1843 – Photographe inconnu, mais le premier portrait d’un président des Etats-Unis, John Quincy.

1844 – Photographe inconnu. En Ecosse, trois célébrités d’alors, James Ballantine and Dr George Bell, David Octavius Hill, photographiés dans un pub en train de boire.

1845 – Première photo du Soleil prise par Louis Fizeau et Léon Foucaut, on voit des taches solaires.

1848 – Première photo connue de New York, un coin de campagne qui deviendra Manhattan.

1860 – Première photo aérienne depuis une montgolfière survolant Boston, prise par James Wallace Black. Il semble toutefois qu’un Français, Dasar, avait déjà fait cela deux ans avant. La photo a disparu.

1861 – Première photographie en couleur par Thomas Sutton, obtenue artificiellement par trois filtres avec les couleurs de base.

1872 – Première photo en couleurs par synthèse prise par Arthur Louis Ducos du Hauron,  procédé que sera employé plus tard en imprimerie pour la quadrichromie. Ici on est plus proche du film en couleurs employé en argentique.

1882 – William Jennings capture le premier éclair avec son appareil.

1884 – L’Américain Garnett réussit à capter une tornade au Kansas

Solutions du jeu d’hier