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Bas nylon et quelques monstres plutôt sympathiques

 

Il y a des films qui sont juste des films. D’autres veulent aller plus loin. De nos jours, c’est assez facile, on peut parler d’à peu près tout et n’importe quoi. Pour ma part, j’ai toujours adoré les films qui se démarquent de la production courante, ceux qui ne sont pas juste une histoire que l’on raconte. Un style qui n’a jamais eu beaucoup d’adeptes est le documentaire fiction, c’est à dire qu’il présente des faits ou personnage réels dans une histoire fictive. A ne pas confondre toutefois avec le film biographique qui retrace la vie d’un personnage, célèbre ou non. incarné par un acteur. Le film que nous allons aborder est juste l’inverse, ce sont des personnages réels qui jouent leur propre rôle dans une histoire fictive.

Tod Browning (1880-1962) a connu une popularité assez soudaine en tournant le premier Dracula parlant sorti en 1931 avec Bela Lugosi dans le rôle titre. La cinéma d’épouvante envahit alors les écrans, on trouve parallèlement Frankenstein et King Kong, films qui ont la prétention de faire frissonner. En toile de fond, un observateur attentif remarquera que ces personnages sont en fin de compte des maudits qui doivent assumer un rôle qu’ils n’ont pas vraiment choisi. Si c’est encore discutable pour Dracula, Frankenstein est une victime, une créature qui n’a pas demandé à vivre. Dans le livre de Mary Shelley, au départ il est bon, il veut se faire des amis, mais tous le rejettent pour son physique de monstre, alors il devient méchant et le restera. King Kong, lui, tombe amoureux de la Belle, il a aussi des sentiments, mais c’est un amour impossible. Il est devenu, un peu 100 ans plus tard, le Quasimodo de Victor Hugo. Dans un style différent, on découvrira plus tard l’histoire véridique mais romancée de Joseph Merrick, Elephant Man pour le cinéma. C’est le film qui approche le plus le film de Browning que nous allons examiner, le célèbre Freaks. Ces monstres vont faire sa gloire dans un film unique dans l’histoire du cinéma.

Après le succès de Dracula et une incursion dans le monde sportif, le cinéaste entend bien revenir dans le domaine de l’épouvante. Il se fera en quelque sorte piéger par son choix, car comme nous l’avons vu, l’épouvante est surtout incarnée symboliquement par les monstres. Alors il veut des monstres et il en trouve, des vrais, parmi ceux du cirque Barnum.

Un siècle en arrière il y avait encore passablement de préjugés sur l’apparence physique. Une personne mal formée physiquement, difforme, devait être reléguée dans les oubliettes, ne pas apparaître, elles ne méritaient que l’opprobre. Ce n’était pas une règle générale, mais le fait de l’immense majorité. Quelques personnes aux idées plus humanitaires faisaient leur possible pour leur venir en aide ou les tolérer dans leur environnement. On sait que les personnes atteintes par la peste quand elle sévissait, devaient se promener avec des clochettes qu’elles agitaient afin que tout le monde se tienne à l’écart. Les « monstres » qui auront un rôle dans Freaks ne sont pas contagieux. Ils sont à des degrés divers différents d’une personne normale. Les montrer à l’écran devait apporter cette envie de répulsion alors assez courante dans l’imagerie populaire. Certes, on pouvait les voir dans la réalité, dans une galerie de monstres comme c’était suggéré dans les publicités de fête foraine, un des rares moyens qu’ils avaient de gagner un peu d’argent. Le tri était fait à l’entrée, celui qui payait pouvait entrer, une sorte de choix volontaire sans obligation.

Tod Browning avec ses lilliputiens 

Il fallait une histoire à raconter pour que le film prenne forme, Browning s’inspira d’un récit publié dans un magazine en 1923, Spurs écrite par Tod Robbins. dont il ne garda que la trame centrale  et surtout le fait qu’elle se passe dans les coulisses d’un cirque.

Plot du film

Un lilliputien, Hans, héritier d’une fortune assez conséquente se produit dans un cirque avec son amoureuse, Frieda (sa soeur dans la réalité). Il tombe amoureux de la belle Cléoâtre, une personne tout à fait séduisante et normale, qui fricote avec un bel athlète, Hercules. Le duo au courant de la fortune de Hans, montent une machination pour s’accaparer de son argent. Cléopâtre le séduit sans difficulté en lui faisant miroiter qu’elle veut le marier. La communauté du crique, avec parmi elle ces fameux « monstres », voit clair dans le jeu de la belle et veut ramener Hans à la raisons. Complètement aveuglé, Hans finit par la marier. Une fois marié, Cléopâtre tente d’empoisonner Hans à petit feu et lui imposant une prise de médicaments douteux pour soigner sa santé fragile. Espionné par la communauté qui découvre son manège, la vengeance sera terrible….

Quelques scènes du film 

Les acteurs principaux du film peuvent se diviser en deux parties, physiquement parlant, les normaux et les anormaux. Mais ce n’est pas tellement les normaux qui sont intéressants. Au fil de l’histoire, on peut assister à quelques uns de leurs comportements dans la vie de tous les jours, comme l’homme tronc qui allume sa cigarette sans l’aide de personne. Ce que Browning n’avait sans doute pas prévu, c’est que l’on s’attache plus à ces relégués de la société, qui nous prouvent que l’on peut mener une vie presque normale en étant affligé d’un gros handicap. A la fin, les monstres ne sont pas tellement ceux que qui étaient censés l’être.

La casting

  • Wallace Ford : Phroso
  • Leila Hyams : Venus
  • Olga Baclanova : Cléopâtre
  • Roscoe Ates : Roscoe
  • Henry Victor : Hercules
  • Harry Earles : Hans
  • Daisy Earles (en) : Frieda
  • Rose Dione : madame Tetralini
  • Daisy et Violet Hilton : les Sœurs siamoises
  • Schlitze (en) : lui-même (de son vrai nom, Simon Metz)
  • Johnny Eck : Demi-Boy
  • Frances O’Connor : la jeune fille sans bras
  • Olga Roderick (en) : la femme à barbe
  • Pete Robinson (en) : le compagnon de la femme à barbe
  • Koo Koo (en) : elle-même (de son vrai nom, Minnie Woosley)
  • Prince Randian (en) : l’homme tronc
  • Angelo Rossitto : Angeleno
  • Edward Brophy et Matt McHugh (en) : les frères Rollo
  • Josephine Joseph (en) : mi-homme mi-femme
  • Elvira Snow et Jenny Lee Snow : les sœurs Zip et Pip

Et, parmi les acteurs non crédités :

  • Demetrius Alexis : monsieur Rogers
  • Sidney Bracey : le majordome de Hans
  • Mathilde Comont : madame Bartet
  • Albert Conti : le propriétaire
  • Michael Visaroff : Jean

Harry Earles avec Olga Baclanova

Par son contenu le film créa un scandale à l’époque de sa sortie, et fut descendu en flèche par la critique et inderdit de projection à plusieurs endroits aux USA. Cette interdiction n’a jamais été officiellement levée dans certains états, mais personne ne songe à faire respecter cette loi idiote. Il a été banni pendant 30 ans en Angleterre. Porté par sa propre force, le film devint culte dans les années 60, culte avec un grand C. C’est là qu’on voit que le jugement du public, s’il n’est pas toujours avisé, finit par remettre bien des pendules à l’heure. Aujourd’hui les références au films sont nombreuses, le mouvement gothique l’adule. J’ai cherché dans la presse française de l’époque, s’il avait fait l’objet de quelques lignes. J’ai trouvé quelque chose, tout en rappelant que c’est un film à voir absolument.

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Je pense que ce film a fait un bien énorme à la cause des gens damnés par la nature. Comme je le disais en introduction, c’est un genre de documentaire avec une approche sensible leur condition, chacun a ses qualités intérieures et elles ne demandent qu’à s’exprimer. Personnellement, cela m’a aidé à aller vers eux et j’ai même partagé quelques repas avec l’un d’entre eux, quand il venait se restaurer dans un bistrot où j’avais quelques habitudes. Il avait plus d’humour que bien des gens normaux et observait le monde d’un oeil malicieux. Je crois qu’il appréciait spécialement que je me comporte avec lui comme s’il était une personne normale, hormis un corps diminué, c’était une personne tout à fait normale.

Tod Browning et quelques acteurs

Autour du film

A l’origine le film durait 90 minutes, mais suite au scandale lors de sa sortie, il fut ramené à environ 60 minutes. Le minutes manquantes semblent avoir été égarées. Par contre, il existe au moins deux fins, l’une optimiste, l’autre nom.

Harry Earles, Hans dans le film, était un lilliputien qui eut quelques rôles au cinéma, notamment des enfants. Avec sa soeur Daisy également lilliputienne et sa fiancée dans Freaks. ils apparaissent dans le Magicien d’Oz. L’espérance de vie des gens de cette taille n’est pas moindre, il mourut à 83 ans.

D’après la légende, les acteurs normaux ne semblent pas avoir eu de scrupules à tourner avec des acteurs un peu spéciaux. Olga Baclanova, la belle qui fait le malheur de Hans dira plus tard : « j’étais tellement désolée que je ne pouvais pas les regarder, j’étais désolée comme un être humain peut l’être ».

Après le film, la plupart des acteurs « monstres » retournèrent se produire dans les cirques et fêtes foraines et connurent des fortunes diverses. Parmi eux le nain Angelo Rositto, connut une carrière très en vue. Il apparaît dans 80 films et séries tv et tournera même aux côtés de Mel Gibson et Tina Turner. Il mourut en 1991, âgé de 83 ans.

Vendredi en nylon (17)

De la musique dans la tirelire

Pour cette série je me suis intéressé à des publications françaises années 60 qui ont valeur de collection. Quand on est collectionneur passionné et depuis longtemps, il arrive que l’on se retrouve à la tête d’une petite fortune, on a un peu l’impression d’être moins pauvre. Mon intérêt ne s’arrête de loin pas aux publications françaises et j’ai de belles pièces dans des publications d’autres pays, mais je me suis axé sur la France, car c’est un pays qui offre de très belles pièces, comme par exemple les fameux quatre titres ou EP qui sont un cas unique en nombre de publications. Et puis cela nous permet d’admirer des pochettes qui sont parfois des oeuvres d’art. Toutes les pièces que je mentionne dans l’article font effectivement partie de ma collection. Inutile de venir me braquer, mes plus belles pièces à valeur financière sont en sécurité à quelque part. Je me contente de les écouter en rééditions et tous les titres que j’évoque ici en font partie plutôt deux fois qu’une. Ne vous prenez pas la tête, une belle pièce de valeur doit être proche de l’état de neuf. Les pochettes déchirées avec des inscriptions et les disques lus avec un charrue ne peuvent pas prétendre à la même valeur qu’un pièce neuve. Ils sont même spuvent dédaignés par les vrais collectionneurs. 

The Creation, un beau groupe pour les collectionneurs et les amateurs de belles choses, à peu près tout ce qui est sorti à l’époque vaut des mille et des cents. Il fallait juste les acheter à l’époque et surtout avoir la curiosité de les écouter. Voici en live un de leur titres les plus connus qui figure sur la première publication française. Cela rappellera les Who à certains. Mais lequel copie l’autre si c’est le cas, difficile à dire, ils sont contemporains avec une petite longueur d’avance pour les Who. Le guitariste Eddie Philips fut certainement le premier à employer un archet sur sa guitare. Plus haute enchère sur Ebay 582 euros.

Le second de la série, nettement plus rare avec comme titre principal « Tom Tom ». Plus haute enchère sur Ebay 1232 euros.

Un autre groupe issu du mouvement mod. Une seule publication en France, mais qui peut monter à 1000 balles. Musicalement tout aussi bien roulé dans une veine r’n’b. Plus haute enchère sur Ebay 967 euros.

Un des musts dans le monde des collectors français le EP de Thirteenth Floor Elevators. Le record sur Ebay pour une pièce est de 5149 euros! A l’époque je l’ai payé 2 francs, c’est un bon investissement et en plus c’est musicalement géant, mais sans doute déroutant pour la plupart d’entre vous. Un extrait…

Un succès pour Ronnie Bird en 1966, mais la version originale par les Knickerbockers sortie en France chez London en 1966 est autrement plus cotée. Plus haute enchère sur Ebay 200 euros.

Music Machine a eu un EP paru en 1966 chez Vogue, avec un super titre qui fait encore référence dans le garage « Talk Talk ». Plus haute enchère Ebay 288 euros.

Un de ces titres psycho-garage qui renifle un peu les substances pour s’éclater. Musicalement c’est grandiose et typique de cette époque. Plus haute enchère sur Ebay 612 euros. Mr le Pharmacien donnez-moi de l’énergie pour écouter ce truc là jusqu’au bout de la nuit!

Les Seeds ont eu trois publications en France sous forme de 3 EP. Légendes du psychédélique américain débutant, ces publications sont assez volontiers recherchées par les collectionneurs américains. La troisième publication est la plus recherchée et plutôt rarissime. Plus haute enchère sur Ebay 492 euros

La première publication de Pink Floyd en France. Evidemment c’est une grosse machine avec de nombreux collectionneurs. Par rapport à d’autres trucs, les sommes atteintes sont très relativement plus modestes, mais c’est en partie dû au fait qu’il est relativement courant, bien que pas toujours facile à dénicher. Plus haute enchère sur Ebay 817 euros.

The Birds, rien à voir avec les Byrds américains. Ce disque est surtout recherché par les fans des… Rolling Stones, car dans ses membres figure un certain Ronnie Wood. Plus haute enchère sur Ebay 647 euros.

Les Zombies ont eu 5 publications en France pour la période Decca. La dernière avec leur hit français qui fut 3ème au classement de SLC est la plus recherchée. Il y a plus de 40 ans, je l’avais acheté aux puces de Saint-Ouen pour quelque chose comme un trentaine d’euros. Plus haute enchère Ebay  373 euros.

Les Primitives, un groupe français qui eut pas mal de succès en Italie, bien qu’il existe cette publication française. Plus haute enchère sur Ebay 379 euros.

Les albums bien que plus rares en nombre de publications existent aussi. Voici celui des Who à leurs débuts avec le fameux « My Generation », ici dans une version live pas piquée des vers avec ce grand fou de Keith Moon à la batterie. Plus haute enchère sur Ebay 759 euros.

Chansons que je découvre de-ci de-là

Il n’y a pas si longtemps, pour écouter ou découvrir de la musique, il fallait immanquablement passer par un support telle que le disque, le CD, écouter ou regarder les médias. Depuis l’apparition d’Internet, la donne a complètement changé, on peut avoir accès aux productions d’artistes qui se mettent en évidence grâce à YouTube et autres trucs du même genre. C’est un plaisir dont je ne me prive pas pour deux raisons. La première, cela me permet de remonter le temps et de mettre l’oreille sur des trucs auxquels je n’ai jamais eu accès, la seconde de découvrir des talents plus récents que je trouvé intéressants dans leur démarche musicale. Voici quelques unes de ces découvertes plus ou moins récentes. Rien ne vous empêche d’en découvrir plus…

Joanna Coonor est une incroyable joueuse de guitare qui n’a rien à envier à ses collègues mâles. Bien qu’elle enregistre depuis des années, elle reste assez peu connue, enregistrant plutôt sur des petits labels. Spécialiste de la slide guitar, elle est époustouflante de virtuosité. Et puis ce n’est pas juste faire du bruit, elle respecte parfaitement un titre d’Elmore James.

Encore une nana, encore une guitare. Ca m’épate toujours de voir ces dames jouer de la guitare et souvent elle le font très bien, malgré une domination mâle. Je suis pour la libération de la femme et des guitares. Une version arrachée de « Help Me » de Sonny Boy Williamson.

The Animen sont nés du côté de Genève. C’est le genre de musique que j’aime bien, c’est vif, reminiscences garage, pas de guerre de génération entre eux et moi. J’irais volontiers voir en concert.

Un peu de Léonard Cohen, mais à sa manière. Un mec intéressant Mr Piers Faccini.

Jacco Gardner est un Hollandais. Il n’a même pas 30 ans et on peut supposer que ses parents écoutaient de la musique psychédélique, cela est assez audible dans sa musique. Plaisant, c’est un style dans lequel il faut de glisser.

Un très talentueux guitariste de jazz, Jean-Christophe Renvoyer, et une formation que j’adore dans le jazz, le trio.

Une pure découverte Internet, un coup de coeur. Une équipe très plaisante nommée Cactus In Love.

Mr Airplane Man c’est peu de chose en personnel, deux filles du côté de Los Angeles, pour les concerts, l’une à la guitare, l’autre à la batterie, pas besoin de plus. Un de ces trucs avec une guitare lancinante et répétitive, voire envoûtante.

Azam Ali est née en Iran et a grandi en Inde. Elle possède une voix qui est un cadeau de la nature. Musicalement elle balance entre ses origines et la world music. Elle interprète ici un chant séfarade assez connu qui parle du roi de France. Musicalement on retrouve une impression arabe.

Celle-là elle a indiscutablement quelque chose de plus. Pour moi son grand mérite est d’amener à aimer des musiques qui sont de la vieille école. Seize millions de vues pour un morceau de Piaf en jazz manouche chantée dans la rue, c’est quand même un beau score. J’espère qu’elle se prendra pas la tête pour nous servir des soupes indigestes.

Une chanson de folk celtique que je connaissais de Stivell. En voici une merveilleuse interprétation très sentie avec un clip et de merveilleux paysages. Là, je plane volontiers !

En cherchant un truc j’en ai découvert un autre, c’est exactement le cas pour celui-ci. Une plaisante découverte d’un groupe folk US très ouvert au monde.

Un poète rencontré par hasard sur la Toile et une chanson qui me rappelle mon enfance, le lait blanc dans l’étable sombre… les vaches étaient nos amies et je puis vous assurer que c’était une amitié bien réelle. Elles venaient vers nous en dodelinant de la tête de leur pas tranquille pour laisser caresser leur chaude échine. Qui n’a pas connu cela ignore que la vie est faite de belles chose inattendues.

Pour une fois je vais faire de la pub, mais pas celle que vous pensez…

Bas nylon et un bagne bien poivré

Un bagne qui ne manque pas de poivre 

Le présent article n’a pas le but de vous parler du bagne du Cayenne sous tous ses aspects, mais d’en présenter un résumé en guise d’introduction à une affaire criminelle qui remua et passionna la France à la fin des années 20.

Dans l’imagerie populaire, Cayenne c’est le bagne. La réalité est un peu différente, car on désigne sous le nom de Cayenne un ensemble de lieux qui avaient bien la même vocation, punir, mais qui se situent dans la réalité à des endroits différents, parfois distants de dizaines de kilomètres.

La Guyane est une des nombreuses colonies que possédait la France en des temps reculés, mais qui reste encore aujourd’hui un département français. Cayenne était le nom le plus couramment usité pour le désigner dans son ensemble, en entendant ce mot tout le monde l’imaginait à peu près géographiquement sur la carte. Dans la réalité, la guyane se situe en dessus de la pointe nord du Brésil, avec à sa gauche, le Suriname, ancienne Guyane Hollandaise. Elle est baignée à l’est par l’océan Atlantique. Sa position est juste un peu en dessus de l’équateur.

La première implantation française remonte au début de XVI siècle sous Louis XII. Ce n’est que plus d’un siècle plus tard que Cayenne est fondée. Elle ne prendra vraiment vocation de bagne qu’après la révolution, pour les prisonniers politiques, et sera vraiment officialisé par Napoléon III après 1850. A partir de là, ce sera le bagne tel que nous le connaissons. Il sera progressivement fermé et abandonné entre 1938 et 1952.

Avec des fortunes diverses, les colonisateurs s’accaparèrent de territoires qui devenaient selon la chance paradis ou enfer. Pour la France, ce fut plutôt l’enfer, d’une part pour ceux qui y séjournèrent en tant que bagnards et de l’autre par le peu de facilité pour en faire un endroit habitable. Les temps modernes ont passablement changé la donne, mais il n’en a pas toujours été ainsi. Sous ces latitudes la nature règne en maîtresse, tout est luxuriant mais rempli de pièges comme les animaux, insectes, passablement dangereux pour l’homme. Les maladies du type fièvres y sont courantes, la lèpre y est présente. C’est juste si quand on construit une route dans la forêt vierge, les arbres ne repoussent pas immédiatement derrière. Ceux qui ont lu le livre de Raymond Maufrais, disparu pendant une exploration dans la forêt du Guyane, ainsi que celui de Paul Thomas qui se lança sur ses traces savent à quoi s’en tenir. C’est un paradis déguisé en enfer.

Devant ces difficultés, les candidats à l’émigration n’étaient pas tellement nombreux, et une des idées en y installant une bagne fut de le peupler, en forçant les détenus condamnés à la double peine d’y séjourner définitivement. La double peine s’appliquait à ceux qui avaient fini leur peine et devaient rester sur place en temps égal à celui de leur condamnation. Ceux condamnés à 8 ans ou plus étaient définitivement bannis de la métropole, sans espoir de retour. On prévoyait certes de leur fournir des lopins de terre pour y installer des cultures diverses, de se marier, de faire venir sa famille, mais cela ne fonctionna jamais réellement. Environ 2000 femmes furent condamnées au bagne, elles étaient bien sûr dans un camp séparé. Rester au bagne, c’était y crever plus ou moins rapidement.

Même avec l’arrivée des bagnards, des centaines par année, la population locale a de la peine à croître, tant le taux de mortalité y est effrayant. Il faut bien penser que l’administration pénitentiaire n’a pas pour but de faire de la philosophie, un mort là-bas c’est juste une ligne dans un registre, on ne recherche pas la cause. Ainsi il s’établira une loi en dehors de celle du bagne,  qui profitera à certains au détriment des autres. Le fait d’avoir de l’argent permettra aux plus combinards d’avoir des postes peinards ou de profiter de nombreux avantages que la bagne n’offre en principe pas.

Les différentes prisons du bagne, aussi dit la guillotine sèche, se trouvaient principalement en trois lieux, auxquels étaient subordonnés de nombreux petits camps aux missions différentes :

Cayenne proprement dit se situe vers le milieu de la côte atlantique.

Saint-Laurent-du-Maroni, est beaucoup plus au nord, c’est là que débarquaient les bagnards partis de l’île de Ré.

Les îles du Salut, Royale, Diable, Saint-Josepf, à une dizaine de kilomètres de la côte au nord-est de Kourou.

Les îles du Salut. C’est plutôt des îlots. De gauche à droite Royale, Saint-Josepf, Diable.

Aller au Bagne

Pour finir au bagne, il fallait ne pas être condamné à mort. Il suffisait d’une condamnation pour meurtre, vol à main armée, et autres délits de droit commun. Ces prisonniers étaient soumis à la peine du doublage.

Les récidivistes condamnés à des peines plus légères pouvaient aussi y être envoyés. Selon les époques, il suffisait de quatre sentences à trois mois de prison ou plus pour devenir ce qui s’appelait un relégué, c’était l’exil à vie. C’est cette catégorie qui fit le plus militer pour l’abolition du bagne.

On pouvait aussi y aller pour des raisons politiques, complot, trahison, espionnage, Le plus célèbre fut le capitaine Dreyfus.

Arriver et vivre au bagne

L’arrivée à Saint-Laurent-du-Maroni, après trois à quatre semaines de navigation, était une étape transitoire. C’est le tri pour l’acheminement vers d’autres lieux. Seuls quelque chanceux pouvaient espérer y rester, le plus souvent pour des travaux administratifs, en général des hommes considérés comme peu dangereux et ne cherchant pas à s’évader. Ils avaient une certaine liberté de mouvement. C’était les plus chanceux.

Ceux dont on soupçonnait qu’ils tenteraient de s’évader, les récidivistes en la matière, étaient envoyés aux îles du Salut. Les îles étaient protégées naturellement par un courant très violant qui empêchait toute tentative de nager et de plus les requins n’y étaient pas rares.

Quand aux autres, ils étaient acheminés dans les divers camps, mais sont soumis au travail obligatoire, ce qui est souvent synonyme de mort lente selon les endroits où ils atterrissent.

Quelques vestiges du bagne

Cette photo est probablement une mise en scène pour touristes en mal de frissons. Les exécutions avaient lieu devant les détenus rassemblés afin d’impressionner.

Le bagne comme tout endroit qui vit avec un regard posé sur lui, a ses célébrités. On se rappelle de Papillon, Seznec, Dreyfus. Ces personnages écrivirent une page de son histoire, Papillon et son très controversé livre, Seznez qui n’aurait jamais dû y aller, Dreyfus qui fut broyé par la machine militaire. Contrairement à ce que l’on peut imaginer, le bagne ne fut pas réservé aux seuls personnages de modeste extraction avec un passé plus ou moins reluisant. A travers un cas un peu moins célèbre que les autres, nous allons voir que les bons bourgeois firent parfois le même voyage, Charles Barataud fut l’un d’entre eux. L’affaire Dreyfus divisa la France en deux, les pour et les contre, on peut aussi y lire, les pro et antisémites. Celle de Barataud mobilisa les petites gens contre les bourgeois, à la limite du clash social.

La ville de Limoges est pour toujours associée à la fabrication de la porcelaine. C’est justement dans une famille de la bourgeoisie locale qui fait des affaires dans cette industrie que naît le protagoniste des faits, Charles Barataud. Il naît en 1895 et l’on peut dire que les fées se sont bien penchées sur son berceau. Sa voie est toute tracée, il finira dans la gestion de l’entreprise familiale, tout en ayant fait les études recommandées aux fils de bonne famille. Il est officier de réserve et fréquente bien évidemment la haute société locale. Cette vie en apparence facile a aussi ses revers, la recherche de plaisirs nouveaux, sans trop d’interdits, l’amène a avoir une personnalité ambiguë.

Il consomme de la cocaïne, de l’héroïne, il est adapte du sexe libre, c’est un partouzard comme on dirait aujourd’hui. Il est aussi homosexuel, du moins il est bisexuel. Entre gens du même milieu on aurait tendance à croire que tout est permis, quelques billets de banques suffisent à faire taire le service des réclamations.

En 1927, le destin le rattrape, il est soupçonné du meurtre d’un chauffeur de taxi, affaire qui ne sera jamais complètement éclaircie. La justice désirant l’entendre sur ces faits, il avoue immédiatement. Il demande une seule faveur, celle de voir une dernière fois son père avant de se soumettre aux formalités. On ne saurait refuser cela à un haut personnage local, et on l’emmène au domicile familial. On lui accorde quelques minutes et la police sous la forme de deux inspecteurs, attend sagement dans le hall d’entrée, lorsqu’un coup de feu retentit. On se précipite et on découvre que Barataud vient de tuer son amant, Bertrand Peynet. « Nous avions décidé de mourir ensemble, je l’ai tué, je devais me suicider, mais je n’en ai pas eu le temps, ni le courage », déclare Barataud.

Par la suite, il niera toute implication dans la mort du chauffeur, sans être tout à fait convaincant. Pour la justice, pas trop besoin de chercher trop loin, le meurtre de son amant est suffisant pour l’amener en cour d’assises.

Le procès qui débute à fin mai 1929, se pose vite en lutte des classes. On peut soupçonner la justice de faire preuve de tact lors de son déroulement, plus que si l’accusé avait été le dernier des derniers. Et puis la famille est, comme on dit, honorablement connue et tout ce beau monde, famille, juge, avocats, se connait bien. Pas question de faire d’esclandre, mais on ne peut quand même pas passer l’éponge. A travers son procès, c’est celui de la bourgeoisie toute entière, décadente et meurtrière, qui se fait et l’acte d’accusation est chargé. La fureur populaire faillit prendre d’assaut la prison de Limoges.

Dans le Petit Journal on parle du début de son procès. Il décrit assez bien ce que le personnage est devenu, un personnage qui est loin de sa superbe passée.

Dans l’Humanité, le ton est complètement différent, la principale accusée est la bourgeoisie.

Le procès n’éclaira pas grand chose, certains pensèrent que le meurtre de Peynet servit à cacher des choses beaucoup plus inavouables. Certains penseront que l’on ne chercha absolument pas d’approfondir le cas, qui sait même si parmi l’accusation, certains avaient un intérêt plus que certain à en rester là. On réussit quand même à lui trouver des circonstances atténuantes, on peut se demander lesquelles, probablement une pirouette pour ne pas les condamner à mort. Il n’échappa pas pour autant au bagne, auquel il fut envoyé à perpétuité.

Ce qu’il advint de lui, on le sait assez bien. Il atterrit à l’île Royale, celle où les détenus à surveiller de près sont incarcérés. Son instruction lui permet d’être commis aux écritures chez le commandant-adjoint. Il suscite bien évidemment le curiosité, on le sollicite, on sait qu’il a de l’argent ou on le suppose, mais il est aussi la cible de ceux qui ont des comptes à régler avec une certaine bourgeoisie. Il n’est pas vraiment préparé à subir ce genre de sort, mais il n’a pas d’autres moyens de l’éviter. Assez bizarrement, gracié en 1948, il préféra rester à Cayenne, mais il a ses raisons. Cela lui permet d’assouvir plus tranquillement son homosexualité, là-bas on est moins regardant et puis sa famille l’a bien sûr renié. Il mourut en 1961 sans avoir révélé d’autres secrets.

Avec le recul, il faut bien constater que le bagne n’est pas la page la plus glorieuse de l’histoire de France. Ceux qui finirent au bagne sont le plus souvent les victimes de pas de chance. Je ne suis pas un partisan du tout est excusable, mais il y certainement des déportés qui firent ce grand voyage sans autre raison que celle d’une justice implacable pour les plus démunis. Le journaliste Albert Londres, qui fut un pionnier de la suppression du bagne, mit en lumière que c’était bien pire que ce qu’imaginait le simple citoyen honnête.

Source Gallica, BNF, DP

Vendredi en nylon (16)

Chansons et pochettes que je regarde depuis au moins 45 ans

Les Monkees étaient un pur produit du showbiz, mais certains de leur titres sont irrésistibles et gardent une certaine saveur, bien des années après.

Après « My Friend Jack » les Smoke ont continué d’enregistrer, pour moi le meilleur de cette période fut celui-ci.

Ce fut un beau cadeau d’adieu de la part de Jim Morrison

Honnêtement qui s’intéressait aux Scorpions en 1972 à part quelques-uns ?

Beau mélange pop et classique, increvable!

Un de ces petites perles un peu oubliées trouvée en 1972 dans un bac d’occasions.

Elle restera ma préférée de Joe Cocker, une très belle reprise

Les plus anciens se rappelleront d’Arthur Brown et son célèbre hit « Fire » en 1968. Sur l’album sorti à l’époque, il y avait quelques titres intéressants et tout aussi fous. Ma foi, c’est un album que je ressors souvent.

Des reprises du fameux « Boom Boom » de John Lee Hooker, il y en a des trains entiers, mais la plus originale c’est bien celle-ci

Allez les rappeurs ne vous excitez pas trop derrières vos machines, les vrais musiciens c’est ça et rien d’autre!

Quel bonheur à l’époque de mettre la main sur une copie de l’album de Duffy Power.

Chansons que j’écoute de-ci de -là (4)

Ca c’est du rock and roll!

Un guitariste qui n’a plus rien à prouver

Bien joué Mr Don Cherry

Toujours cette passion de la chose instrumentale. En 1962, les Tornados étaient assurément le groupe qui explorait de nouvelles sonorités, une sorte de disco spatial avant l’heure, Celle-ci est ma plus fidèle écoute de leur répertoire. Le titre est composé par George Bellamy qui n’est autre que le père de Matthew, le chanteur et guitariste de Muse.

Scott Walker, c’est en quelque sorte mon crooner. C’est un « moderne » rien à voir avec Franck Sinatra ou Andy Williams. Ses chansons sont souvent cafardeuses, ambiance glauque garantie. Son premier essai en solo, alors qu’il faisait encore partie des Walker Brothers, une certaine Madame Murphy sur un accompagnement instrumental qui vous suggère de choses lointaines.

Il fut aussi un très intéressant interprète de Jacques Brel.

Un groupe majeur dont j’aime pas mal de choses, spécialement ce titre-ci, j’adore les changement s d’ambiance dans le titre.

Un de mes groupes favoris dans les années 80. Discographie assez mince, mais que du bon.

Un chanteur que j’avais découvert dans les années 80, un répertoire souvent inspiré par les choses bizarres. De jolies mélodies, musique soft, une sorte de romantisme à sa manière.

Il y a certaines reprises qui ont leur petit grain de génie, celle-là de Jacques Brel, l’a assurément.

Marie Laforêt est une des chanteuses pour lesquelles j’ai artistiquement un immense respect, sans doute une des rares dont la carrière des années 60 n’est pas musicalement entaché de ridicule. Elle a souvent chanté en espagnol en y mettant cette petite touche sensuelle propre à cette musique. C’est une sorte de Joan Baez française.

On peut faire une comparaison, même style et une voix à faire frissonner.