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En passant

Inventaire musical à la Prévert (10)

Suite des aventures allemandes.

Nous avons abordé sans trop s’y attarder les fameux enregistrements des Beatles au Star-Club de Hambourg, datant de 1962 et qui virent le jour en 1977. Même si nous sommes dans un monde en principe bien informé, il existe bien des versions sur l’histoire de ces fameuses bandes. Ce n’est pas l’énigme du Masque de fer, mais on s’en approche. Ce qui est sûr, c’est que Kingsize Taylor, dont nous avons parlé au chapitre 8, en est bien le responsable. Ce qui est aussi un fait, c’est que les enregistrements furent effectués sur un simple magnétophone à bandes avec un micro planté au milieu de la scène. La médiocre qualité sonore de ces bandes en est le résultat, d’autant plus qu’elles restèrent longtemps dans les tiroirs. Il semblerait aussi que les Beatles donnèrent leur accord pour la réalisation de l’enregistrement, ils ne furent pas « piégés ». La (les) les dates d’enregistrements sont plus incertaines. L’année est connue, il s’agit de 1962. On s’accorde à dire que l’enregistrement fut effectué en fin 1962, lors du dernier séjour des Beatles au Star-Club en tant que concertistes. Si on épluche le répertoire interprété, on constate la présence du hit de Tommy Roe « Sheila » qui fut No 1 aux USA en septembre 62. Donc c’est après, mais cela peut aussi poser un autre problème, légal celui-là. Les Beatles ont signé chez EMI en juin 62, donc à quelque part l’enregistrement et surtout la publication et sont illégaux, du moins publié par une maison concurrente. Nous passerons sous silence sur tous les rebonds qui entourèrent l’avant publication de ces enregistrements. Ils virent finalement le jour en avril 1977 sur le label allemand Bellaphon (complété peu après par un album simple offrant quatre titres « inédits »). Les Beatles tentèrent de faire  opposition à la sortie, mais n’y parvinrent pas. Toutefois en 1998, ils furent reconnus comme les seuls détenteurs des droits pour leur publication. La sortie en double album avec 30 chansons fut un succès de curiosité, seuls quelques fans mordus se fendirent de leurs thunes pour en acheter une copie. Il faut bien reconnaître que la magie n’était au rendez-vous, c’est plus un témoignage pour historiens que la découverte d’un trésor enfoui. Il n’empêche que les éditions et les rééditions se suivirent à travers le monde, chacun les publiant à sa manière. Le seul avantage restera sans doute que les rumeurs de sa sortie forcèrent EMI à se manier le train pour sortir le « Live At Hollywood Bowl », un document certes de meilleure qualité, mais couvert par les cris des fans. Il parut juste un mois après le précédent, mais il rencontra énormément plus de succès. En 2016, une réédition bénéficia de 4 titres supplémentaires.
Parmi ces enregistrements, je me suis arrêté à un petite sélection qui comprend surtout des titres que l’on est pas trop habitués à entendre interprétés par eux.

Sheila (Tommy Roe).

Lend Me Your Comb (Carl Perkins).

Reminiscing (Buddy Holly).

I Remember You (Frank Ifield).

Besame Mucho (Consuelo Velazquez).

The Ones – Ce groupe mérite bien son nom, du moins si vous vous intéressez aux singles publiés par le label Star-Club, afin de les mettre dans votre collection. En effet, une copie de ce disque tourne facilement autour des 200 euros et s’envole parfois à plus de 350 euros. C’est la seule publication d’artiste appartenant au label sous ce nom, mais il s’agit d’une première mouture de Tangerine Dream, l’un des groupes phares du planant allemand. Ceci explique cela.

1967 – Lady Greengrass.

Love Of Mine.

The Hi-Fi’s. Devrais-je dire qu’il s’agit encore d’un groupe anglais qui vint chercher fortune en Allemagne ? C’est la cas, bien que leur carrière débute avec l’enregistrement de singles en Angleterre pour le label Pye, dont une reprise de « Baby’s In Black » des Beatles, sans grande reconnaissance. Les choses s’améliorent en Allemagne ils connaissent une certain notoriété qui leur permettra d’enregistrer un album et quelques singles qui ont le mérite d’être des originaux intéressants et bien recherchés par les collectionneurs. Ils se séparèrent en 1969, mais ne résistèrent pas à faire quelques concerts pour se rappeler du bon temps, le dernier en 2012.

1967 – I’m A Box.

1967 – Tread Softly For The Sleepers.

Snakes And Ladders.

1967 – What A Bulb.

1967 – Old Man Out.

Team Beats Berlin – Un produit bien germanique, mais aussi un de ces groupes que l’on ne peut que classer comme interprètes, tant le manque de titres originaux se fait sentir. On ne sait pas grand chose d’eux, sinon qu’ils publièrent 4 singles.

1965  – New Orleans, un clip.

1965 – Toujours du côté de New Orleans, cette fois il s’agit de bataille.

1965 – Doctor Feelgood (Johnny Kidd)

The Yankees – Contrairement aux précédents, les Yankees eurent le mérite d’avoir un hit avec un truc pas piqué des hannetons, un de ces disques qui vous contamine en moins de deux. C’est chanté en allemand, mais même si on déteste cette langue, cela passe quand même. D’un autre côté, le groupe semble avoir un peu piqué aux Renegades leur uniformes de l’armée nordiste. Une histoire au succès limité dans le temps.

1965 – Halbstark, le hit.

1967 – Une suite moins heureuse et sans grand succès.

Nos idoles françaises franchirent, non pas le Rubicon, mais le Rhin afin d’offrir aux teenagers allemands quelques unes de leurs merveilles en interprétation allemande.

Notre Johnny national se lança dans une version allemande de son pénitencier « Das Alte Haus In New Orleans ». A part la version des Animals qui connut le succès comme partout dans le monde entier, les chanteurs allemands ne se précipitèrent pas pour en faire une adaptation allemande. Dans cette porte entrouverte, on profita de laisser notre idole tenter sa chance dans cet exercice. Il créa, si l’on peut dire, la version allemande originale, les paroles reprenant assez les images de l’adaptation française. Les Belges des Cousins la reprirent à leur compte (il la firent aussi en italien), dans une version nettement moins intéressante. Laissons à Johnny ce qui lui revient, la performance de son vocal est nettement supérieure à celle du chanteur des Cousins. Un truc marrant, sur certaines publications, on entend nettement durant la partie instrumentale à l’orgue, le chanteur pousser quelque chose qui se situe entre le rot et le soupir, sans doute il a bu quelque chose, disons de la flotte pour faire bien. Inutile de pousser les amplis à fond, c’est inaudible dans la version que je vous propose.

L’autre face proposait une version allemande des « Mauvais Garçons », toujours sur le playback de la version française. Ce titre reste quand même un de ses grandes créations originales

Un autre essai eut lieu, avec cette fois-ci une chanson qui ne figure pas dans son répertoire français, mais dans celui de Richard Anthony « Il Te Faudra Chercher ». C’est une reprise de « Keep Searchin » de Del Shannon, qui devient « Lass Die Leute Doch Reden ». Sans doute pour donner un petit plus pour les teenagers allemands, ce sont les fameux Rattles, par studio interposé qui assurent l’accompagnement. On a même retrouvé un clip avec soldat Smet.

La face B, une rtrès bonne reprise depuis Carl Perkins, « The Monkey Shine », en anglais. Un titre qui ne manque pas d’un certain panache.

 

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En passant

Bas nylons et garage bien équipé

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La suite de la série « Pebbles », nous sommes toujours aux USA.

Volume 22

The Inmates – More Than I Have, Excellent titre.

The Sweet Acides – That Creature. Pas mal du tout.

Ira – The Ferris Wheel.

Danny’s Reasons – Triangles.

The Regiment – My Soap Won’t Float, Un savon pas un potage comme le titre du clip l’indique, mais il sent bon.

Weirf Street Carnival – The Inner Truth.

The Rob Roys – Do You Girl,

Ronnie Rice And The Silvertones – I Want You To Be My Girl.

The Final Solution – So Long Goodbye.

The Prophets – Yes I Know.

The Jaybees – I’m A Loner.

Volume 23

Ce volume revient en Europe avec un album consacré uniquement à la Hollande.

The Fun Of It – Drollery.

The Bumble Bees – Girl Of My Kind.

The Phantoms – I’m Somebody.

Chapter II – East Of My Place.

Jets – I Was So Glad.

The Haigs – Never DIe.

The Haigs – Where to Run. Titre très proche de l’esprit et du son américain.

The Lords – Day After Day. Rien à voir avec le groupe allemand du même nom.

The Counsellors – I’ll Be Your Man.

Les Baroques – Working On A Tsjing Tsjang. Malgré le nom il s’agit bien d’un groupe hollandais. Ils ont même assez bien passés à la postérité.

The Motions – I’ve Got Misery. Les fameux pré-Shocking Blue. On retrouve ce titre sur le premier des 3 EP’s publiés en France.

Zen – Please Accept My Invitation. Un goût de pop progressive.

The Outsiders – If You Don’t Treat Me Right. Groupe assez connu en France où il y a eu des publications. On les a souvent classés comme un version hollandaise des Pretty Things.

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Bas nylons et des autres gens

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Humour suisse

François Silvant

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A la Belle Epoque ou un peu avant, le citoyen français qui n’a pas voyagé sait qu’il y a des colonies et qu’au-delà de la Méditerranée il y a un continent qui s’appelle l’Afrique. Mais pour la plupart cela reste une chose un peu mystérieuse, et pour peu, il n’a jamais vu une personne à la peau noire. Encore pire, il ignore leur manière de vivre, leur manière de s’habiller, la langue qu’ils parlent. Avant l’Exposition coloniale de 1931, cette connaissance ne lui arrive que par bribes, quelques expositions s’étalent au fil du temps levant un peu le mystère. Encore une fois, la photographie est un support très usité, elle permet de se faire une idée plus précise, il peut enfin mettre un visage sur ses lointains cousins. On peut imaginer qu’il va les regarder d’un oeil condescendant, les traiter de primitifs, sans vraiment savoir quels sont ses besoins, les difficultés auxquelles il doit faire face. Tout peut prêter à interprétation, le Noir dans sa tribu de l’Afrique centrale n’a sûrement jamais lu Voltaire, il y a d’ailleurs peu de chances qu’il sache lire, mais est-il un sous-homme pour autant ? Je ne cois pas. Il saura mieux que moi communier avec la nature, interpréter les signes qu’elle nous donne, chasser pour se nourrir, suivre la piste d’un animal, ou ramasser les plantes « qui font du bien » quand on est malade. Un autre monde, par forcément meilleur, mais certainement pas pire.
Une sélection d’affiches pour commencer et ensuite des photos qui servirent de témoignages lors de ces expositions. Clique pour agrandir.

Source Gallica, BNF, DP.