Bienvenue

2 000 000 de visiteurs sont venus sur ce blog
+ de 44 millions de pages vues

livres boss

avec  Miss Eva

LA PETITE ENCYCLOPEDIE SUR L’ART

DE PORTER LE BAS NYLON

Le bas nylon des nuls aux experts

COUV - final tif déplacé 390 large

avec Miss Eva

couv-encadree

editions-nylon

En vente sur
amazon

En passant

Voyage début de siècle (39)

Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.

A

Tous les cruciverbistes connaissent le no sous la définition de théâtre japonais. Dans cette suite de récit, il est amplement question de cet art qui se pratique là-bas sous bien des formes, la longueur de spectacle n’étant pas le moindre de ses attraits, cela peut durer des heures. Et puis nous sommes encore à une époque où le cinéma est encore assez confidentiel.

Près du temple, les boutiques et les théâtres s’alignent les unes à côté des autres; les façades de ceux-ci sont ornées de tableaux représentant des scènes des pièces qui s’y donnent. Construits en bois, ils ont la décoration très simple, caractéristique du Japon. Je n’ai malheureusement vu ni Danjouro, le célèbre mime japonais, ni aucun des grands théâtres de Tokio, car au commencement de septembre, tout était encore fermé. Je ne puis donc raconter que ce que j’ai aperçu sur de petites scènes de banlieue, dont il existe deux espèces: les théâtres d’hommes et ceux de femmes. Cette distinction ne s’applique pas aux spectateurs, mais aux acteurs, les sexes étant soigneusement séparés sur les trétaux. Aussi voit-on, sur les uns, des hommes jouer les amoureuses et les mères nobles, et, sur les autres, les femmes remplir tous les rôles masculins. Il paraît, toutefois, que l’influence de l’Occident se fait sentir là aussi; sur quelques grandes scènes, les deux sexes paraissent simultanément. Le hasard me conduisit dans un théâtre de femmes. A l’entrée, un homme accroupi sur une table nous remit, en guise de billets, de petites planchettes qui nous donnèrent droit à des places adossées aux loges. Moyennant quelques sen nous eûmes l’avantage de pouvoir nous asseoir sur des coussins.

La partie du théâtre réservée au public est partagée en deux par un long couloir partant de la scène. Une partie de la pièce se joue parfois sur ce chemin qui relie acteurs et spectateurs. Lorsqu’on songe qu’un seul drame dure parfois douze heures et plus, on ne peut s’empêcher d’admirer la patience du public.
Des familles entières, depuis le nourrisson jusqu’au vieillard, accroupies sur des nattes, suivent le spectacle; l’intérêt le plus passionné est peint sur tous les visages. Comme accompagnement en sourdine du jeu des acteurs, on entend le bruit d’une pipe que l’on vide, le léger cliquetis des tasses à thé, le grattement des petits bâtons sur des boîtes plates dans lesquelles se trouvent, soigneusement séparés les uns des autres, du riz, des mets aux œufs et des pâtisseries. De temps en temps, une petite voix plaintive interrompt un monologue du plus haut tragique; le papa ou la maman conduisent l’enfant dehors ou le bourrent de sucreries pour le faire taire. Sauf ces intermèdes, un silence recueilli règne dans la salle.

Nous arrivâmes au milieu d’une représentation. Un personnage enveloppé d’un superbe kimono — espèce de robe très ample qui forme le vêtement principal des Japonais — était debout, immobile, sur la scène. L’orchestre préludait et le hioshige; musicien qui manie le claque-bois, se mit à tambouriner avec un zèle digne d’une meilleure cause, à l’aide de petites baguettes, sur une planche de bois. Après une longue pause, un deuxième personnage, également vêtu d’un kimono, s’approcha du premier et le frappa avec un ciseau et un marteau.
Etait-ce l’histoire de Pygmalion traduite en japonais? Quoi qu’il en soit, son intention fut mal récompensée, car la jaune Galathée se retourna en colère, et se mit à vociférer et à injurier sa partenaire. Pendant toute la scène, une singulière
figure voilée de noir sautillait sur les planches, se rendant utile à l’actrice principale, lui arrangeant sa robe, lui chuchotant à l’oreille, ce qui me fit supposer que c’était une souffleuse ou une habilleuse. Elle apporta même, après une scène particulièrement fatigante, un ocha qui ne me parut pas faire partie de la pièce. J’ai lu depuis que cette bonne à tout faire du spectacle japonais s’appelle kurombo. Le dialogue n’en finissait pas. La mimique un peu exagérée n’est pas mauvaise, mais les voix perçantes font un effet désagréable. Pour finir, nous assistâmes encore à un combat d’amazones. Des armes entrechoquées les éclairs jaillissent; le sang coule à flots. Tout cela aux sons d’une musique endiablée. Les samises, les hioshige, les flûtes grincent, bourdonnent, gémissent, et nous nous enfuyons, la tête rompue, de ce lieu de vacarme où règne une chaleur suffocante.
Ce fut aussi la température intolérable qui nous chassa, au bout de trois jours, de Tokio. Je dirigeai mes pas du côté de la montagne après laquelle je soupirais depuis mon départ de Nikko.

A suivre

Sources : Wikipédia, B.N.F, DP

En passant

Music Emporium (14)

Quatorzième partie des aventures allemandes

Commençons par des interprètes anglais ou américains qui enregistrèrent en allemand. Quelques unes de ces interprétations eurent un classement modeste dans le hit parade allemand.

1965 – Bobby Bare – Alle Glauben, Daß Ich Glücklich Bin. Chanteur de country très populaire aux USA, son tube le plus connu demeure « Detroit City ». C’est justement ce titre vous entendez dans sa version allemande. Elle est assz différente de l’original.

1962 – Chubby Checker – Der Twist Beginnt (Let’s Twist Again). Assez bizarrement dans les circuits nostalgiques son Let’s Twist Again » est bien plus populaire que son premier tube du même genre « The Twist » qui fut un bien plus grand succès en 1961, 15 millions de copies vendues et le seul titre à être deux fois no 1 au Billboard à une année d’intervalle. Mais c’est ainsi, voici la version en allemand.

1962 – Jack Hammer – Crazy Twist. On se rappelle surtout de Jack Hammer comme co-compositeur de « Great Balls Of Fire » pour Jerry Lee Lewis. Au tournant des sixties, il fut surtout actif en Belgique notamment, mais il cède aussi à la mode du twist. et aussi à la langue allemande.

1963 – Pat Harris – Hully Gully Shake (Hippy Hippy Shake). Cette chanteuse passa comme un météore dans le ciel de 1963. Sa version du titre de Chan Romero popularisé par les Swinging Blue Jeans en Angleterre est son seul testament discographique, couplé à cette version en allemand.

1965 _ Dionne Warwick – Geh Vorbei (Walk On By). On se souvient sans doute plus de la version en anglais de Gloria Gaynor en 1975, mais c’est bien Dionne Warwick qui a créé ce titre.

1963 – Joey Dee – Bitte Bitte Baby. Un autre célèbre twisteur dans un enregistrement original allemand.

1965 – The Caravelles – In Gedanken bin ich bei dir (True Love Never Runs Smooth). Ce duo féminin anglais eut quelques succès dans son pays et aux USA. Ayant débuté en même temps que les Beatles, elles se payèrent même le luxe de se classer aux premières places du hit parade américain avant eux en 1963. Mais c’est bien la seule fois où elles firent la pige au quatre de Liverpool.

1963 – Bobby Darin – Schatten Auf Den Wegen (Eighteen Yellow Roses). Tout le monde y passe, même Bobby Darin qui fut connu pour d’autres succès presque éternels.

1965 – Donna Hightower – Liebe Macht Blind. Création originale. Elle devra encore attendre quelques années avant de devenir une star en faisant divers essais. Elle chante pourtant depuis… 1951 !

1962 – Bobby Vinton – Rosen Sind Rot (Roses Are Red). Un de ses grands succès en version allemande.

1961 – Neil Sedaka – Crazy Daisy (Little Devil) Une grosse vedette américaine du début des sixties. Il fut accueilli plus chaudement en Italie

1962 – Frank Ifield – I Remember You. Le crooner australien et un de ses tubes en allemand.

1962 – Joe Dowell – Muss I Denn (Wooden Heart). L’Allemagne n’est pas particulièrement le pays où les chansons sont reprises pour en faire des succès internationaux. Il y a quand même une ou deux exceptions, dont celle-ci. Cette chanson issue tout droit d’un de ces airs traditionnels allemands qui ressemblent à s’y méprendre à de la musique militaire, fut d’abord enregistrée en 1960 par Elvis Presley comme face B. L’année suivante, Joe Dowell, un chanteur alors quasi inconnu, la reprend et elle devient un no 1 aux USA. Ce sera pratiquement son seul vrai titre de gloire. Il en profita pour l’enregistrer en allemand, en fait une version bilingue.

1964 -Johnny Tillotson – Oh Eine Tolle Frau (Worried Guy). Même si les gens de mon âge ne connaissent pas Johnny Tillotson, ils connaissent au moins une de ses chansons. Son célèbre « True True Happiness » nous fut matraquée par les radios via l’adaptation français de Marcel Amont « Bleu Blanc Blond », une chanson à flemmarder. Il s’essaya aussi à la langue allemande. Il est décédé en 2025

Une histoire marine – En référence à ce que j’écrivais ci-dessus et aussi dans le post no 13 de cette série, les chansons allemandes de carrure internationales sont assez rares, je ne parle pas de rock ou de pop mais de variété, celles qui touchèrent particulièrement le public français le sont encore plus. Le « Monia » de Peter Holm est de cette trempe, c’est une chanson allemande. Le « Sag Warum » de Camillo, une autre avec la particularité d’être interprétée en allemand. Mais il en existe une autre qui fit les beaux jours d’une catégorie de chanteurs français, en particulier Petula Clark qui en fit un tube personnel sous le titre « Marin ». Cette chanson fut créée par une chanteuse d’origine autrichienne connue sous le nom de Lolita. Enregistré en 1959 et composée par Werner Scharfenberger, un chef d’orchestre très connu en Allemagne, elle eut un retentissement international. Repris en anglais par Petula Clark (Sailor) ce fut son premier no 1 anglais. La version de Lolita se classa 5ème dans les charts américains, probablement la seule artiste de variétés allemande qui réussit cet exploit.

La version originale de 1959.

Michel Polnareff – Peu de fans de l’artiste savent que quand il commença à connaître le succès en France, il en fut presque simultanément de même en Allemagne. Alors forcément, il enregistra dans la langue. Son premier album publié par Vogue Allemagne fut même un véritable best-seller. Contrairement à d’autres artistes français, il ne persévéra dans cette carrière parallèle, ce qui n’empêcha pas ses titres en langue française d’avoir un certain succès. Voici ce qu’il a enregistré en allemand.

Meine Puppe Sagt Non (La Poupée Qui Fait Non).

Gammlerballade (Beatnik).

Love Me, Please Love Me.

 Ich Will Dich Lieben (L’amour Avec Toi)

Sonne, Wind Und Meer (Tous Les Bateaux, Tous Les Oiseaux).

Komm, Schön Ist Die Welt (Tout, Tout Pour Ma Cherie).

Sacha Distel – Un personnage un peu inclassable dans la chanson française. Oui c’est avant tout de la variété, mais il est aussi un peu crooner, il a abordé la vague yéyé, et c’est aussi un excellent guitariste. Son album de jazz enregistré en 1957 avec des pointures comme John Lewis, Barney Wilem, Kenny Clarke, Pierre Michelot, est un collector qui peut dépasser les 500 euros dans son édition française. Avec son étiquette de playboy à la française, il est assez connu à l’étranger. J’ai eu l’occasion de discuter quelques minutes avec lui, il y a bien des années, et je dois dire honnêtement que c’est un des chanteurs français les plus sympathiques que j’ai rencontré. Très simple, souriant, s’intéressant à ce que vous faites, on est assez loin de l’image du séducteur qui se prend pour Casanova. Le fait de tenter une carrière en Allemagne l’a poussé à enregistrer une série de disques en allemand, qui connurent un succès qui n’est pas négligeable. A l’instar de ses collègues français qui firent la même démarche, sa discographie est sensiblement différente de celle que l’on connait en France avec des titres qui n’ont pas d’équivalent français. Elle est aussi plus étendue sur la durée, car Sacha Distel continua d’enregistrer en allemand jusqu’au milieu des années 1980.
Pour la sélection je me suis limité à quelques exemples entre 1964 et 1967, il y a une vingtaine de 45 tours en langue allemande. Je n’ai choisi que des création originales allemandes.

1963  – Adios Amigo.

1964 – Der Platz Neben Mir.

1964 – Deine Stimme am Telefon.

1964 – Eine Tür Fiel Zu.

1966 – Der Frauenfreund.

1967 – Irene Von Avignon.