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avec Miss Eva
LA PETITE ENCYCLOPEDIE SUR L’ART
DE PORTER LE BAS NYLON
Le bas nylon des nuls aux experts
Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.
Avant d’aller à la rencontre du célèbre volcan japonais, la voyageuse nous conte l’histoire de sa rencontre avec une fille au nom de fleur. Grâce à elle, elle a gagné un petit et discret brin d’éternité.
Une autre fois, un sentier très abrupt me conduisit au pittoresque petit village de Dogashima. Des ponts sans garde fous y accèdent, ainsi qu’à une cascade. Ici, comme partout au Japon, le nombre des maisons de thé est grand.
A l’hôtel de Miyanoshita, il n’y a que des femmes pour le service, les petites nésans qui trottinent affairées dans la maison. Elles ne portent aucun bijou, les mousmés; leur seul luxe est l’obi, la large ceinture de soie qui retient leur kimono. Cet article de toilette a failli me faire faire l’acquisition d’une petite servante japonaise! La mignonne nésan qui nous apportait nos repas — elle avait 15 ans — s’appelait Chrysanthème. M. M. qui parle parfaitement le japonais, lui dit un jour: «Chrysanthème, cette dame veut t’emmener chez elle, loin, bien loin d’ici, dans un pays où il n’y a pas rien qu’un Fouji-no-yama— volcan le plus connu du Japon — mais beaucoup de montagnes plus belles encore.» L’enfant secouait énergiquement la tête. « Elle te donnera un obi magnifique qui coûtera au moins cent yen » (1 yen =fr. 2.50).
Chrysanthème devint songeuse. Les yeux brillants, elle se mit à raconter la proposition de l’étrangère à ses compagnes réunies autour d’elle et une discussion animée ne tarda pas à s’engager. Mais la mousmé était encore méfiante; car lorsque, le soir, M. M. lui demanda: «Eh bien, petite, as-tu fait ta malle?» elle répondit: «Il me faut d’abord la promesse par écrit que je recevrai un obi comme vous me l’avez dit; sinon rien n’est fait.» Et rien ne fut fait. Je partis le lendemain sans ma jolie fleur de chrysanthème que je n’aurais pas eu le cœur de transplanter sous un autre ciel.
Dans les montagnes
Le chemin de Hakone n’est pas praticable aux véhicules; on n’y monte qu’à pied, à cheval ou en kago. Il y a deux espèces de palanquins: celui du pays, exigu, étroit, où peut prendre place le petit Japonais grâce à ses membres très souples, et les chaises à porteurs américaines, construites sur le modèle que l’on rencontre dans nos montagnes, et qui tient compte des jambes longues et raides des étrangers. Je choisis naturellement ce dernier numéro; mais voyant mes quatre petits coolies suer et haleter sous les deux forts bambous placés sur leurs épaules, je descendis à la première rampe de la route.
Malencontreuse idée! Car, bon gré mal gré, je dus faire presque entièrement à pied les deux heures et demie de chemin. A la moindre montée, en effet, mes porteurs me déposaient! A partir d’Ashi no-yu — bains sulfureux très fréquentés — le chemin descend presque toujours et offre de merveilleuses échappées sur la mer et les montagnes.
Depuis trois semaines à peu près que je voyage en pays nippon, j’interroge en vain l’horizon dans l’espoir de voir apparaître la montagne sacrée, le Foujino-yama. Enfin, voici sa pyramide si caractéristique. Je la reconnais, car je l’ai vue représentée sur d’innombrables objets divers d’origine japonaise. Point de neige en cette saison-ci sur son large sommet. Nous sommes au commencement de septembre et la chaleur est étouffante. Le Fouji-no-yama (3730 mètres) est consacré à Sengen, déesse qui couvre les arbres de fleurs. Un grand nombre de pèlerins des deux sexes — on évalue leur nombre à 15,000 et plus par année — viennent apporter leurs offrandes et leurs prières à la divinité. Jusqu’en 1867, nul pied féminin n’avait foulé le sommet de la montagne; aussi les Japonais secouèrent-ils la tête avec réprobation et prophétisèrent-ils une nouvelle éruption, lorsque, cette année-là, la femme de l’ambassadeur anglais rompit le charme et gravit hardiment la cime. La montagne n’en voulut point à la profanatrice, car depuis 1808 elle n’a plus bougé. En cette année, l’éruption dura 36 jours; le Tokaido, la grande route du Japon, fut recouverte d’une couche de cendre de deux mètres d’épaisseur.
Le mauvais temps m’empêcha, à mon grand regret, de parvenir au sommet du Fouji. Pendant deux jours je jouis de la vue de son imposante silhouette, lorsqu’il daignait se montrer, toutefois; car il lui arriva à plus d’une reprise de me fausser compagnie et de se retirer derrière un rideau de nuages. Ce n’est qu’à l’aube que la montagne sainte resplendissait dans toute sa majestueuse beauté, reflétant sa cime fière et solitaire dans le miroir du gracieux lac de Hakone. Le soir, Sengen, la poétique déesse, le cache à nos yeux en le couronnant de roses.
De l’hôtel Tsouji-ya, construit sur une terrasse au bord du lac, une superbe allée de cryptomérias conduit au bourg assez considérable de Hakone. A gauche de la route une résidence impériale; à droite de l’hôtel, un chemin qui longe le lac jusqu’au petit village de Moto-Hakone.
La yadoya — auberge de village — où, seul hôte, je séjourne, est légèrement teintée de confort américo-européen. Très nippone cependant à plus d’un égard, elle me procura dans la suite quelques surprises que je regrette de ne pouvoir livrer toutes à la publicité.
Mon appartement est divisé en trois parties: celle de devant, espèce de véranda surplombant le lac, avec une vue merveilleuse, a pour tout ameublement une chaise et une table, toutes deux européennes. La table se transforme, suivant mes besoins, en table à manger, en pupitre pu en lavabo. La pièce contiguë est vide, sauf un beau vase à fleurs et un écran; sur le sol une jolie natte à dessins gracieux que je n’ose fouler qu’après avoir enlevé mes chaussures. Une cloison en papier, sur laquelle des cigognes artistement dessinées se promènent, me sépare seule de mes voisins. Comme elle est mobile, je puis m’attendre à chaque instant à recevoir des visites.
A suivre
Sources : Wikipédia, B.N.F, DP
Introduction aux sixties suisses deuxième partie
Dans le post précédent, je vous avais parlé du label suisse Layola en m’étalant sur ce qui était un de leurs groupes phares, les Sevens. Ce ne fut de loin pas les seuls à enregistrer pour le label, nous allons y rester encore un moment. Certains artistes n’y firent qu’une brève apparition, d’autres eurent la chance de pouvoir enregistrer plusieurs disques. Je vais bien entendu vous parler de ce qui se rapporte au beat ou au rock, mais divers styles allant de la musique folklorique suisse en passant par le jazz et la variété y furent produits. La plus grande difficulté pour moi fut de pouvoir parler de musiciens avec des clips sonores à l’appui. Je m’étalerai donc plus particulièrement sur ceux dont j’ai pu trouver des échantillons sonores. Il est à noter aussi que Layola distribua sous licence des artistes et des maisons de disques étrangères, notamment le label hollandais CNR. Je ferai l’impasse sur ces publications car elle concernent en fait des artistes étrangers qu’on ne peut pas ranger comme artistes suisses.
The 5 Dorados – Comme dans bien d’autres pays, les Shadows laissèrent leur empreinte. Alors évidemment on voulut faire comme eux, enregistrer de l’instrumental rock. Ce fut le cas pour ce groupe, mais il n’enregistra pas exclusivement du matériel instrumental, jouant aussi la carte des reprises de succès du moment. Quelques 45 tours et 2 albums virent le jour sur Layola, mais leur carrière se poursuivit sur d’autres labels, la dernière parution remontant à 1981.
The Mods – Un unique single pour ce groupe, C’est un des trucs de Layola hyper difficiles à trouver, je ne l’ai jamais vu. On se demanderait presque s’il existe tant il est inaccessible. Je n’ai vu que la réédition de 2000 dans les enchères.
1965 – All The Day. Un original, face A.
Nobody’s Woman. C’est le « Bald Headed Woman » que l’on connaît par les Kinks ou les Who, une assez belle reprise.
The Savages – Autre groupe instrumental qui publia un album et un single. L’album fut repris par le label Star Disc un peu plus tard. Pour le titre que je vous propose « Partisans », vous connaissez sans doute l’arrangement de ce traditionnel russe par les Fantômes en France. Ils reprennent aussi aussi « Méfie-Toi » de ce même groupe, à côté de deux titres des Aiglons « Christine » et « T’en Va Pas », une reprise instrumentale de la chanson qui représenta la Suisse à l’Eurovision en 1963, chantée par Esther Ofarim. Pour deux points, elle rata la première place derrière le Danemark.
1966 – Partisans
The Countdowns – Un groupe originaire de Bâle. C’est un des bons ensembles qui enregistra deux singles pour le label. On est bien dans ce style de beat / garage qui ravissent les collectionneurs aujourd’hui.
1966 – Vacation. Premier single face A. Titre original.
1966 – Far Away. Premier single face B. Titre original.
1966 – Sexmaniac. Second single, face A. Leur meilleur titre, composition originale.
1966 – Second single face B. Une belle reprise du titre de Bo Diddley.
The Ghools – Aussi un de ces groupes qui passa comme un météore sur le label, on ne sait pratiquement rien d’eux. Ce single est réputé pour être une des plus rares pièces du label.
1966 – It Will Be Fine.
The Ruby Rats – La particularité de ce groupe est d’être entièrement féminin, vocal et instrumental. C’est un pendant des Liverbirds dont je vous ai parlé ailleurs. Elles viennent de Cologne et atterrirent dans les studios Layola, on ne sait trop comment. Leur seul et unique disque à l’ambiance très Tamla Motown. Une belle et agréable rareté.
1966 – Ruby Soul. Face A, un medley de soul music.
1966 – Heatwave. Reprise de Martha & The Vandellas.
The Dynamites – Un autre groupe qui prit son essor dans la ville de Bâle, ils se forment à la fin des fifties. En 1964, ils publient un premier EP pour un petit label Sesam. Il contient deux originaux et une reprise de « I Wanna Be Your Man » des Beatles / Rolling Stones et « Nadine de Chuck Berry. Il semble avoir été tiré à 500 exemplaires, mais seulement une cinquantaine existent avec une pochette illustrée, tirage arrêté pour cause de manque de moyens. Trouver une copie de ce disque avec la pochette est une gageure. La suite est plus souriante, ils signent chez EMI via le label Columbia et enregistrent les fameux quatre titres originaux qui figureront sur le rare EP publié en France. Musicalement, c’est très réussi, ils gagnent avec cette publication une petite éternité auprès des collectionneurs. On peut également trouver quatre autres titres, dont trois reprises, sur un album de compilation en live intitulé « Swiss Beat Live », avec d’autres artistes du label. Il eurent encore la chance de pouvoir publier un single chez Philips, autre marque qui a une représentation locale. C’est un peu moins intéressant et leur ultime trace phonographique, mais il s’agit encore une fois de titres originaux. On retrouvera par la suite certains membres dans d’autres formations. En 2019, tous leurs enregistrements et quelques inédits sont rééditions en forme vinyle, Je vous mets en ligne ce qu’il existe d’eux sur Youtube,
1964 – Dance. Titre original.
1964 – Nadine. Reprise de Chuck Berry.
Les quatre enregistrements pour Columbia parus sur le EP français, titres originaux, 1965.
Too Late.
Don’t Leave Be Behind. Assez inspiré des Them.
Tell Me Yes Or No.
Someone Like Me.
1966 – Right Down . Single Philips face A, titre original.
1966 – Say It Today – Single Philips face B, titre original.
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