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En passant

Music Emporium (27)

Continuons notre exploration de la Suisse des sixties.
Dans le post précédent, je vous avait présenté quelques chanteurs et chanteuses qui appartiennent à la vague yéyé et variétés, hors du beat et du rock. J’avais terminé par quelques chanteurs que l’on peut classer dans un équivalent proche de la tradition de la chanson française. J’avais prévu de parler aussi de Jean-Pierre Huser, mais il est un peu un cas à part. Si une partie de son répertoire peut se classer chanson, une autre appartient à la musique progressive avec laquelle il a pas mal flirté. Je vais donc l’inclure ici, car je vais vous parler un peu de la pop en Suisse. Je déborderai un peu sur les seventies pour plus d’illustrations.

Jean-Pierre Huser – Né à Lausanne en 1940, il est d’abord attiré par la peinture, mais la chanson l’intéresse aussi. Il monte à Paris où il est remarqué au concours de l’Humanité Dimanche en 1964. Un premier disque de compilation en 33 tours sera publié par le journal. Il rencontre Serge Gainsbourg qui l’encourage à écrire ses chansons, ce qu’il fera tout au long des sa carrière. Il enregistre chez Philips en 65 et 66 deux 45 tours sans grands résultats. Par la suite il participe à des aventures musicales sans lendemain surtout comme compositeur. En 1969, les label L’Escargot lui offre la possibilité d’enregistrer un single qui préfigure le style à venir. En 1970, il intègre comme guitariste et chanteur, le groupe Total Issue, une référence en matière de musique progressive, pourtant composé de musiciens qui viennent du jazz. Après avoir quitté le groupe, il retourne en Suisse et publie un album sur le label Evasion en 1972. A partir de là, on peut le comparer à une version suisse de Jacques Higelin. Entre peinture, activités militantes, moniteur de ski, il travaille toujours parallèlement à la chanson. Il relace sa carrière en 1977 en signant avec RCA. Une chanson extraite du son premier album Chuisse, « La Rivière » qui échappe un peu à son style habituel connais un bon succès en Suisse et deviendra son titre le pus connu. Durant tout son parcours, il n’a jamais cessé de composer pour lui et pour les autres. Il est décédé en 2023.

1965 – Lolita.

1969 – Le Trans Europe.

1970 – Hauteville avec Total Issue.

1972 – Ping Pong.

1972 – La Taupe.

1977 – La Rivière.


Pierre Cavalli – Guitariste suisse connu depuis les années 1950. Il a d’innombrables participations et disques à son actif. En 1970, on lui demande de composer la bande sonore d’une feuilleton télévisé suisse « Un Soir Chez Norris », ce qu’il fait avec un certain talent et un mélange pop psychédélique.  Le feuilleton connaît le succès que peut connaître un feuilleton télévisé, mais le single du générique publié par Evasion reste un peu en retrait. Avec le temps, et aussi un peu aidé par le fait que le disque a plus ou moins été plagié par David Holmes pour la trilogie de Ocean Twelve, on le redécouvre. Depuis c’est l’engouement, on recherche les copies originales même s’il faut y mettre le prix. Il a aussi été publié en France chez Carabine.

1971 – Un soir Chez Norris.


1971 – Face B – Chasse A L’Homme.


A titre d’exemple la musique de Ocean Twelve, je pense que c’est plus que du hasard.


Valérie Lagrange – Cette chanteuse dont j’ai toujours trouvé que le succès était en dessous de son talent, a une parenthèse suisse publié sur un single par Evasion et aussi par Byg records en France. Et c’est beau.


1971 – Si Ma Chanson Pouvait.


Face B. En anglais I Love You So.


Libre Esprit Moteur – Sous cette appellation un peu bizarre on retrouve deux noms connus, Gaston Schaefer, l’un des Faux Frères, et Léon Francioli, le guitariste soliste des Aiglons. C’est un disque à but publicitaire dédié à la clientèle des fameuses voitures anglaises Mini, qui firent fureur dans les sixties et même après. Musicalement, il est très orienté vers la musique pop tendance progressive. Le disque est devenu un must recherché par pas mal de collectionneurs, comme c’est souvent le cas pour ce type de disques quand ils offrent quelque chose qui n’est pas très conventionnel. C’est le genre de disques qui est destiné à devenir une rareté vu sa distribution confidentielle. Publié sur le label Evasion dont Gaston Schaefer est l’un des patrons.

1970 – Clubman Round UP.


1970 – Vacances.


Tusk – Un groupe que j’avais un peu oublié quand j’ai fait la partie germanique de la Suisse. A force de chercher les obscurités, je ne vois pas ce qui est le pus visible. Ce groupe n’a qu’un seul single à son actif, sur le label Harvest s’il-vous-plait. En 1970 il connut un assez beau succès en Suisse, toutes parties confondues. Un de ces trucs que Deep Purple n’aurait pas renié. Le clip est enchaîné, mais je vous conseille vivement d’écouter les deux titres, ils valent tous les deux le déplacement.


Léon Francioli – Retournons vers Léon Francioli (1946 – 2016) dont nous parlions ci-dessus. C’est le seul membre des Aiglons qui resta professionnel à la dissolution du groupe. De la guitare solo, il muta vers la contrebasse et la basse, tout en s’engageant  à fond dans le jazz. Il en devient même une référence dans le style sur le plan européen. Il a participé comme musicien à beaucoup de sessions dans les studios et jouera avec des grands noms. Pour ses débuts personnels, il publie en 1970, un album chez Evasion. Disons-le tout de suite, il ne lorgne pas vers le répertoire de Sidney Bechet, mais carrément vers le free jazz. J’ai   mis volontairement cette partie à la fin, car je sais que le free jazz n’est pas une musique qui plaît à tout le monde. Pour les autres, les amateurs de sensations fortes, découvrez les plages suivantes. On est évidemment loin des Aiglons et de « Stalactite ». Mais malgré tout, il fit partie d’une reformation des Aiglons en 1992, ce qui a dû le changer un peu.

Album 1970.

Ndi’funa’imali.


Noma’kheptu


In Bubwe


Nolilanga

*****

 

En passant

Vinyles en fusion (210) 

Intéressons-nous un peu à l’Europe des sixties et ce qui fut son fond musical, principalement distillé par la radio et un peu la télévision. La plupart des grands succès furent d’origine anglo-saxonne et la plupart couvrent tous les pays européens, Elvis Presley ou les Beatles marquent des points autant en Espagne qu’en Finlande. Localement, ces hits seront souvent repris en adaptation dans une langue nationale. Il arriva même que des artistes nationaux crèvent les frontières pour obtenir un succès sur le plan européen, c’est le cas pour l’Italie, la France, la Hollande notamment. Voici à partir de 1960, mois par mois, des titres qui furent incontestablement populaires dans leur version originale pour le mois en question.

1969

Juillet 69 – The Beatles – The Ballad Of John And Yoko

Août 69 – The Rolling Stones – Honky Tonk Women

Septembre 69 – Zager & Evans – In The Year 2525

Octobre 69 – Serge Gainsbourg & Jane Birkin – Je T’aime… Moi Non Plus

Novembre 69 – The Archies – Sugar Sugar

Décembre 69 – The Beatles – Come Together

Documents

Des demoiselles francophones peu connues durant les sixties

Ta Vallée

La pop en version étrangère

Il est toujours curieux d’entendre une chanson que l’on connaît bien dans une autre langue. Le phénomène de reprendre une chanson connue dans une autre langue est un phénomène planétaire. La mélodie reste, mais la consonnance d’une langue peut lui donner une ambiance différente. Voici une sélection de trois chansons d’artistes anglophones interprétés dans une langue plus ou moins exotique. Pour ceux qui voudraient entendre la version originale, un clic sur Youtube apportera la réponse.

Jolie Frimousse, version française par Frank Alomo avec Marjorie Noël, 1964
*****
Version originale par Nino Tempo & April Stevens, 1963

Johnny Lui Dit Adieu, version française Johnny Hallyday, 1965
*****
Version originale par Jerry Jackson, 1964

Les Flamingants, version française Jacques Brel, 1977
*****
Version originale par Sergio Mendes & Brasil ’66, 1967

Des chansons tradition folk de partout

La musique est le plus beau lien entre les cultures. Qui écoute celle des autres n’a pas envie de leur déclarer la guerre.

Morena Me Llaman – Malotira (Chant séfarade)

Chant pour appeler les vaches – Joanna Jinton (Suède)

House Carpenter (Deamon Lover) – Harp Twins (Ecosse)