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avec Miss Nylon et Miss Eva

LA PETITE ENCYCLOPEDIE SUR L’ART

DE PORTER LE BAS NYLON

Le bas nylon des nuls aux experts

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MISS EVA dans NYLONZINE 54

Photos – Interview

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Bas nylon, devine qui vient dîner ce soir ?

Les procès criminels ont toujours passionné les foules, encore plus s’ils ont comme accusés des criminels qui sont des vedettes ou le deviennent. Dans la première séquence, je reviens sur un procès qui concerne un personnage devenu célènre, Henri Charrière dit Papillon. C’est bien entendu l’auteur du fameux roman à succès qui paraîtra presque 40 ans plus tard. Si le livre est remarquable par l’écriture, il l’est moins pour la véracité des faits, l’auteur empruntant à d’autres des aventures dont il s’attribue la paternité. La relation des procès dans la presse est sans doute un des sources journalistiques les plus véridiques, on ne peut guère extrapoler sur des faits imaginaires ou en inventer, la justice veille. On peut tout au plus prendre fait et cause en étant pour ou contre un accusé et mettre en doute la véracité des témoins d’un procès ou l’impartialité de la cour. C’est dans cette marge de manoeuvre que le journaliste peut agir dans un état de droit et la liberté d’opinion. La presse sous l’occupation fut bien différente de celle d’avant et d’après.

Em 1931, lors de son procès, il est encore loin d’être une vedette, c’est ce que l’on peut appeler un moyen délinquant, fréquentant le milieu et flirtant avec la prostitution. Il n’a pas trop l’air de vivre de son travail comme salarié dans une entreprise de la place. Ses fréquentations ne parleront pas en sa faveur quand il se retrouvera en cour d’assises pour un meurtre qu’il n’avouera jamais et qu’il n’a peut être pas commis, un doute est permis tant l’accusation est ténue. Il fut quand même condamné au bagne à perpétuité.

Le récit du procès que je vous propose est issu de Détective, une des sources des quelques journaux qui font mention de ce procès. Soulignons encore une fois que ce n’est pas un procès à sensation, mais juste un fait criminel comme tant d’autres, qui ne passionna pas les foules. La gloire viendra plus tard et assez brièvement, vu qu’il mourut 4 ans après le début de sa célébrité.

Une autre procès, la même année, qui fut beaucoup plus pathétique. On y remarque que la justice n’est pas invariablement une machine à écraser l’être humain et pas toujours au profit du plus riche. J’ai choisi de vous le présenter, car il comporte un fait assez exceptionnel pour l’époque, l’avocat de la défense est une femme, certainement plus à même de défendre une femme accusée d’infanticide.

Après ces histoires de procès il est temps de passer à table, vous avez sans doute faim. Tout d’abord, voyons un peu comme on traitait la pomme frite vers 1920. Un plat devenu international depuis et aussi une des pires sources d’alimentation dans sa version moderne, tant par le goût que pour la santé.

Les origines de ce plat sont assez obscures et remontent sans doute assez loin. Chez nous, ce n’est qu’à l’apparition de cette plante ramenée par les Conquistadors au 16ème siècle qu’on la connaît. Elle fut d’abord plutôt considérée comme un remède plus que tout autre utilisation, sans doute les Péruviens qui la cultivaient en faisaient ainsi usage. Quand on la considéra comme un plat à part entière, on peut imaginer qu’un obscur cuisinier eut l’idée de la faire cuire dans de l’huile bouillante et lui donner ainsi l’une des multiples manières de l’apprêter. Malgré tout et pendant longtemps, la frite fut plutôt un plat destiné à la petite bourgeoisie car l’huile nécessaire à sa cuisson n’était pas spécialement accessible à toutes les bourses, on préférait l’utiliser avec parcimonie. Néanmoins à la Belle Epoque, elle figure au menu dans bien des brasseries de Paris.

Depuis elle est devenue incontournable, mais s’est complètement dégradée en qualité et en goût depuis qu’on a eu la mauvaise idée de la congeler après l’avoir précuite. Personnellement je n’en mange pas ou très rarement, par contre la frite maison fait partie des trucs que je mange de temps en temps. et je suis très capable de faire la différence entre frais et congelé. Je connais heureusement encore un ou deux restaurants qui ont gardé la tradition.

Voici datant de 1921, quelques réflexions sur l’art de faire les frites, sujet d’angoisse pour la ménagère qui ne connaît pas trop le sujet. Par contre la frite à la graisse de mouton, quelle horreur !

Pour la séquence suivante, nous allons nous inviter à la table d’un roi, celle de George V en visite officielle à Paris en avril 1914, alors que des nuages sombres s’amassaient sur le ciel d’Europe. Le président de la République est alors Raymond Poincarré. Le repas servi fut tout à fait dans la tradition de la gastronomie farnçaise, diable on allait montrer à ces bouffeurs de pudding ce dont on était capable. Il n’est pas fait mention des vins servis en accompagnement, mais on peut supposer que l’eau du robinet servit uniquement à faire la vaisselle.

Souce Galliva, BNF, DP

Bas nylon et vol de coucous

Vol au dessus d’un nid d’eau avec un coucou.

Saviez-vous que ce n’est pas Charles Lindberg qui le premier traversa l’Atlantique sans escale en avion ?

Enfin Presque, oui et non…

L’histoire a surtout retenu le nom de Lindberg, mais s’il effectua bien la traversée, il le fit en solitaire, et de continent à continent. La première traversée fut réalisée 1919 entre le 14 et le 15 mai, par un équipage britannique en un peu plus de 16 heures. Ils partirent du Canada et se posèrent en Irlande, ce qui ne fut pas considéré de continent à continent, l’Irlande étant une île.

L’idée de traverser l’Atlantique en avion est bien évidemment un exploit que le progrès appelle, mais c’est aussi un concours créé en 1919, le Prix Orteig, doté de 25 000 dollars, offert aux premiers qui relieraient New York à Paris ou vice-versa sans escale.

Mais il faudra attendre 1927 pour que ce prix soit gagné par Lindberg. Il faillit lui échapper, car un peu moins de deux semaines avant sa victoire, un autre avion l’Oiseau Blanc, avait tenté l’exploit dans l’autre sens. Piloté par deux Français Charles Nungesser et François Coli, l’avion disparut probablement dans l’Atlantique, on ne saura jamais réellement ce qui s’est passé. La seule certitude, c’est qu’il n’arriva jamais en Amérique. Le succès de Lindberh fut de courte durée, car deux semaines après, un autre avion réitéra la traversée avec succès entre New-York et Berlin.

Beaucoup moins connu, les événements qui entourèrent ces tentatives, furent l’objet d’une des plus belles cabales journalistiques montées par un quotidien qui s’appelait La Presse et aussi quelques autres.

Sans doute en pensant que La France méritait amplement de remporter la course et que le ciel ne pouvait en décider autrement, le journal publia l’information qui racontait en détail le victoire de Nungesser et Coli, l’arrivée à New York avec force détails, tout juste s’il ne disait pas combien il restait de litres d’essence dans le réservoir.

Le Petit Parisien est plus prudent, il parle de l’avion qui aurait été aperçu en vue des côtes américaines, mais sans aller plus loin, tout en adoptant le ton d’une victoire acquise. Le Figaro est plus prudent, il exprime quelques doutes.

Voici l’article paru dans une édition spéciale de La Presse le 10 mai 1927, donc tout ce que vous y lirez est faux et archi-faux. C’est une fois de plus la bonne occasion d’affirmer qu’il ne faut pas croire tout ce qu’il y a dans les journaux, surtout ceux qui cherchent le sensationnel. On se demande avec les « fake news » sur la Toile, si on n’est pas retourné dans la préhistoire de l’information.

Le lendemain c’est plus calme

L’Humanité en profite pour remettre la presse de boulevard devant ses responsabilités. Remarquez que l’article porte une signature célèbre, celle de Paul Vaillant-Couturier, un militant et dérangeant communiste qui fut aussi un politicien très surveillé. 

On présente aussi quelques unes tombées dans le panneau

 

Sources Gallica, BNP, DP

Vendredi en nylon et petites satires

Le Journal Amusant ou le Petit Journal Amusant, fut une publication satirique et légèrement coquine qui parut pendants plus de 80 ans et s’arrêta en 1933. Plutôt q’un journal qui brocarde la politique, il se fait un observateur des faits de société tels qu’ils pouvaient paraître au moment de leur publication avec une pointe de dérision. Les relations du couple y sont souvent caricaturés avec leurs petits travers. Les illustrations sous forme de dessins ne manquent pas d’un certain piquant, surtout à partir des années 20, sans aller plus loin que ce que permettait la censure et les moeurs de temps moins permissifs qu’aujourd’hui.

Il n’en reste pas moins que c’est une revue assez plaisante avec son ton souvent impertinent. Voici quelques sélections datant de 1926.

Gall au-delà de l’enFrance

 

Parmi le pléthore des chanteuses yéyés qui ont traversé les années 60, France Gall est une des rares que j’ai gardée dans mes écoutes. Je ne saurais pas en dire vraiment la raison, sans doute parce que ça me plait est une raison suffisante.

J’aime surtout la première période, celle des sixties, celle des auteurs-compositeurs attitrés, celle d’un certain Gainsbourg. J’ai bien essayé de crocher avec l’ère Berger, mais cela n’a été beaucoup plis loin que le premier album. Je reproche la même chose que je le fais à Véronique Samson, c’est assez répétitif comme style. Par contre dans les années 60, elle saute d’un style à l’autre avec une certaine aisance, c’est toujours de la variété même si elle est parfois somptueusement idiote, mais de bonne cuvée et surtout ce sont des titres originaux qui sonnent comme des reprises de succès anglophones. Sa voix aux multiples possibilités est plus mise en valeur dans ses premiers disques que par la suite. Comparer Michel Berger à Serge Gainsbourg en tant que compositeur, c’est comparer la classe au génie.

Quoiqu’il en soit, j’en ai quelques-unes collées à la peau, dans un coin de mers souvenirs, un coin de ciel bleu dans la lumière de l’été qui chasse la grisaille de mon humeur, un petit rien qui fait que plus que rien c’est déjà beaucoup. Merci Madame, vous êtes une amie dans mes musiques écarlates.

Peut-être deux de ses chefs-d’oeuvre, mais peu connus.

Ca c’était original plutôt original et jazzy

1’35 de bonheur !

Cuvée Gainsbourg

 

Bas nylon et une presque Sainte Cécile

 

A la Belle Epoque être une star était certainement quelque chose d’assez différent d’aujourd’hui. Le cinéma est encore quelque chose de balbutiant, le phonographe existe, mais c’est encore un privilège d’en posséder un et puis les enregistrements à disposition sont encore assez limités. La radio, la TSF comme on disait, ne commencera des émissions régulières qu’après la première guerre mondiale. Le théâtre et l’opéra, quoique qu’assez différents dans le public qu’ils drainent, sont des moyens disponibles pour conquérir les foules. Ils se devisent aussi entre le populaire, surtout le théâtre, accessible à presque tous et celui réservé à une élite qui peut payer l’entrée sans regarder à la dépense. Sans préjuger de la qualité de leurs acteurs, ceux qui ont acquis le rang de célébrités, ne se produisent que dans les grands théâtres et obtiennent des cachets en rapport. A la grande différence du cinéma, le théâtre reste local, on ne peut pas doubler un acteur qui interprète une pièce française en direct. Au pire, on peut adapter une pièce à succès dans une autre langue, ou le représenter à l’étranger pour un public local qui peut le comprendre.

La presse reste le moyen le plus sûr pour faire ou défaire une vedette, la promotion d’un spectacle passe presque obligatoirement par elle, du moins pour atteindre le plus grand nombre. On ne devient pas une star et à plus forte raison on le reste, sans alimenter d’une manière ou d’une autre le petit plus qui fait que l’on parle de vous. Il faut se montrer et être vu, ce qui ne peut être atteint que par la fréquentation de célébrités dont le rayonnement peut rejaillir sur d’autres ou alors y aller de quelques extravagances, parfois quelques scandales, qui alimenteront les conversations. L’une de ces stars qui officia presque exclusivement dans le monde du théâtre, mais qui fut une icône pendant des dizaines d’années, fut Cécile Sorel.

Elle est née Céline Emilie Seurre en 1873 à Paris.  Plutôt jolie, elle est attirée par le théâtre et suit des cours de comédie. Ses premières années furent celles d’une comédienne de boulevard et joua aux côtés de célébrités déjà confirmées comme Eve Lavallière. En 1899, elle entre au célèbre Odéon, et en 1901 à la Comédie-Française. Elle réussit à gagner ses galons de vedette. Au niveau de la popularité, elle prend en quelque sorte la succession de Sarah Bernhardt, alors vieillissante et de santé précaire.

On ne s’attardera pas sur sa carrière théâtrale, mais  sur le côté extravagant de la personne. Elle sut mener une vie mondaine de première classe et faire parler d’elle pour entretenir son image auprès du public de manière forte, ne reculant devant aucun caprice et artifice pour y parvenir.

 

Dans les grandes années de sa gloire, elle entretient avec le fortuné Whitney Warren, c’était sa spécialité, un rôle d’éternelle fiancée qui ne se conclura jamais par un mariage. En dehors des personnages importants un peu oubliés aujourd’hui, mais qui furent nécessaires au rayonnement de sa carrière, il y a toujours des personnages en vue dans son entourage, Maurice Barres, Felix Faure, Georges Clémenceau. Ce dernier qui avait le sens de la formule et pas toujours très aimable, fit d’elle la description suivante :  « Une sorte de travesti empanaché. À travers les plumes, j’ai fini par reconnaître l’autruche. Elle s’était surpassée, ce qui me paraissait impossible. Une robe pour le Carnaval de Rio ou le couronnement du roi Pausole. », et qui sut un jour la remercier d’un envoi de… chrysanthèmes par ces mots : « Merci de vos admirables fleurs, par lesquelles il vous a plu d’humilier ma vieillesse. »

Elle ne rata jamais une bonne occasion de se montrer, apparaissant dans des toilettes somptueuses et parfois très excentriques, se permettant tous les caprices d’une star, elle ne se fit pas que des amis. Elle fut bien entendu un peu malmenée par les satiristes et caricaturistes comme en témoigne cette histoire au sujet d’une caricature…

Elle finit par se marier, mais assez tardivement en 1926, à 53 ans. Elle choisit, histoire d’ajouter à sa célébrité un titre de noblesse, un descendant de Madame de Ségur, la fameuse comtesse des romans, et devient ainsi comtesse de Ségur, titre qu’elle conservera jusqu’à sa mort. Le mari n’était pas ce que l’on peut appeler nommément un gigolo, mais il accuse quand même une quinzaine d’années de moins qu’elle, ce qui n’alla pas sans quelques railleries comme « la faux-cils et le marteau » , allusion aux origines russes de son mari, ou « la belle et le bête ». Ce dernier était aussi un acteur occasionnel, mais travaillait au Ministère des Affaires étrangères et fut baptise « le con d’Orsay ».

Malgré les années qui passent, elle reste encore très populaire, mais cantonnée à des rôles de dame mûre. Elle a malgré tout comme on pourrait dire, de beaux restes et une vitalité extraordinaire Elle se retire de la Comédie Française afin de pouvoir se produire plus librement et  passe au Casino de Paris où elle interprète un de ses plus fameux anciens rôles, Célimène. A cette occasion, elle aura l’occasion de prononcer sa plus célèbre phrase devenue culte : « l’ai-je bien descendu? ». En effet, la célèbre Mistinguett revendiquait le rôle et estimait que Sorel ne pouvait descendre l’escalier de la scène sans avoir toute la grâce requise. Lors de la représentation, la Miss se tenait devant la scène à guetter le moindre accroc, qui ne se produisit d’ailleurs pas. C’est pourquoi Cécile Sorel lui adressa personnellement cette réplique.

Elle fit un peu de cinéma dans des rôle secondaires notamment dans Les Perles de la couronne en 1937 de Sacha Guitry. Mais il est un peu tard pour commencer une véritable carrière dans ce style. 

L’occupation arrive et elle continue de se produire, et surtout s’affiche avec les Allemands ce qui lui sera rappelé plus tard. Elle eut encore une belle phrase à ce propos : « Les Allemands n’auraient jamais mis les pieds chez moi si vous ne les aviez pas laissés entrer ! ». On lui reprocha notamment d’être apparue souvent dans le journal Le Matin, résolument collaborationniste et qui fut interdit à la libération. Son apparition en première page en train de fleurir la tombe de Marie-Antoinette, ne passera pas inaperçue. Mais elle s’en tire sans trop de mal, d’autres célébrités et non des moindres, ne sont pas exemptes des mêmes reproches.

En 1945, son mari meurt et sa carrière marque vraiment le pas. En 1950, elle est prise d’une crise de mysticisme, entre dans les ordres, et prend le nom de sœur sainte Cécile de l’Enfant-Jésus. Elle fera encore une ou deux apparitions de pur témoignage sur sa carrière, on échappe pas toujours à son passé de star. Elle meurt en 1966, âgée de 92 ans.

Elle fut une immense vedette, l’une des plus resplendissantes de son époque. Aujourd’hui, elle ne ferait certainement plus la même carrière. Son style, notamment sa diction, fait parie de ces choses un peu datés, un exotisme d’une époque révolue qui a toutefois encore certains admirateurs.

Sources Gallica, BNP, DP

Bas nylon et une petite semaine en 1911

Feuilleter des vieux magazines est un plaisir auquel je ne saurais renoncer.

Il y a bien sûr le côté histoire qui me passionne toujours, mais aussi se plonger dans d’autres époques et ce qu’elles ont de charmant, de bizarre, ou carrément d’horrible. D’une manière générale, on remarque quand même que si le monde a évolué avec la technique, le citoyen de base n’est pas différent de celui d’aujourd’hui. Il y a ceux qui s’en sortent avec les honneurs et d’autres qui ont la poisse qui leur colle aux talons. L’argent, le besoin d’en avoir par tous les moyens même ceux qui sont peu recommandables, ont toujours été la préoccupation principale de l’être humain. La seule chose qui a changé, c’est le chemin pour y arriver. Aujourd’hui on peut devenir un délinquant en étant derrière un écran, tandis qu’autrefois il fallait imaginer d’autres scénarios, même si certains sont encore en vigueur maintenant. Juste après l’argent, les peines de coeur sont aussi une cause importante de préoccupation qui attise les idées de vengeance chez certains. Parfois les deux vont de paire, l’honnête citoyen qui devient malfrat pour entretenir une belle aux désirs inassouvissables. Le film de Renoir au début des années 30 « La Chienne » en est une parfaite illustration. Le progrès a aussi amené ses problèmes, on peut devenir justiciable en l’utilisant. Au temps de Louis XIV on avait peu de chances d’être écrasé par une voiture, et pas du tout celle de griller un feu rouge et de ramasser un prune, ou de subir les foudres de la loi en volant la recette d’un grand magasin.

A travers « La Semaine Illustré » dans des extraits datant de 1911, regardons de quoi parlait cet hebdomadaire qui se voulait à la fois distrayant, mais surtout une bonne source d’information pour les commérages des concierges qui sévissaient déjà quand la radio n’était pas encore dans tous les foyers.  

Commençons par un personnage qui deviendra très célèbre par la suite, Me Moro-Giafferi, qui fut notamment l’avocat de Landu, de Seznec. Vous allez voir comment il apparaît dans cette histoire.

Même à cette époque, la justice ne fait pas l’unanimité

Le journal adore les faits divers et les illustre

Il y a justiciable et justiciable

Un histoire à dormir couché

Le film n’était pas  en couleur, l’image oui..

En 1911, on inaugure les Archives de la parole, dont le but est de conserver sur support les documents sonores ayant trait aux discours et aux voix de célébrités comme des documents historiques. L’idée est une petite révolution que permet la technique d’alors et qui est la règle maintenant. Que seraient Fernandel, Sacha Guitry, Louis Jouvet, s’ils n’étaient accompagnée de leurs voix, à plus forte raison que l’on peut à la limite se passer de leur visage comme à l’écoute de Fernandel dans les Lettres de mon moulin où il récite les textes de Daudet. Imaginons la voix de Victor Hugo, de Napoléon, et pourquoi pas celle de Louis XIV, dont on ignore absolument tout de leur manière de parler et du son qu’elle produisait.

Voici un extrait du discours d’inauguration par Ferdinand Brunot, un célèbre linguiste. Remarquons la diction « Belle Epoque » et l’art de faire des belles phrases, même si elles ne sont que du vent, n’en sont pas moins très élégantes à l’oreille. Nous avons la chance de posséder une si belle langue…

Source Gallica, BNF, DP