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En passant

Voyage début de siècle (36)

Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.

Le Japon moderne

Entrons dans l’ère moderne. Pas toujours facile pour un pays où les traditions sont vivaces de se lancer dans la vie moderne. Il y a trois défis qui sont prioritaires, car ils causent beaucoup de victimes. Le premier concerne l’habitat. Les maisons sont en bois et en papier, dans les endroits à forte résidence, une maison prend feu et c’est tout le quartier du brûle. Petit à petit la pierre remplacera bois et papier, mais cela ne se fera pas du jour au lendemain. Pour les deux autres la lutte est plus difficile. Chaque année, le Japon est touché par les typhoons vers août et septembre, en moyenne 25 pas an, c’est l’équivalent de nos ouragans. On peut encore s’en protéger en séjournant dans les caves, mais les dégâts en surface peuvent être énormes. La construction de maisons plus solides permettra de lutter contre le phénomène. En 1958, un typhoon fit tout de même 1200 morts. Le plus redoutable reste le tremblement de terre, et malheureusement le Japon est situé sur une faille sismique très active depuis des temps immémoriaux. En 1923, la voyageuse ne le vécut pas, mais un des plus terribles séismes de l’ère moderne se produisit sur le coup de midi, le premier septembre. C’est une mauvaise heure, car un peu partout on était en train de cuire les repas, ce qui transforma villes et villages en gigantesques brasiers, on parla même de tornades de feu. Le nombre de victimes le plus bas est estimé à 90000 et 400000 pour le plus haut. Difficile de tenir une comptabilité précise dans ce genre d’événement. Le point positif, c’est que depuis les Japonais ont fait oeuvre dans le recherche antisismique, ils sont même les pionniers du genre avec d’excellents résultats, les maisons ne tombent plus comme des châteaux de cartes.

Si jamais mon ignorance de la langue d’un pays et l’absence de guides me mirent dans l’embarras, ce fut certainement à mon arrivée à Tokio, capitale du Japon. Un orage terrible nous avait retardés de deux heures. Lorsque, vers minuit, nous fûmes à destination, un essaim de petits hommes jaunes m’assaillit d’offres de service. Mais aucun ne comprit que je désirais me rendre, avec mon bagage, à l’hôtel impérial. A bout de science, j’avisai une jinrikisha et roulai pendant près d’une heure, par la nuit noire, à travers deux rangées de maisons basses qui n’en finissaient pas. Un immense village, plutôt qu’une ville, la capitale de l’Empire japonais. Cette première impression subsista dans la suite, et pourtant Tokio compte 2,000,000 d’habitants. Je pouvais y errer toute une journée sans y rencontrer plus de trois ou quatre Européens.
L’histoire de Yeddo — ainsi se nomma la capitale jusqu’en 1868 — ne commence qu’en 1590, époque à laquelle le shogoun Jyeyasouy transporta sa résidence. Ce n’était alors qu’une agglomération de misérables villages éparpillés dans la lagune. Il ne paraît pas que la nouvelle ville ait grandi sous une bonne étoile, car ses annales parlent d’épidémies, d’incendies et de tremblements de terre innombrables. Un proverbe local dit: «Le feu est la fleur de Yeddo.» A cinq reprises, la ville devint la proie des flammes. La dernière fois, en 1845, plusieurs centaines de personnes perdirent la vie. On comprend, à la vue de ces habitations construites en papier et en bois, que l’incendie sévisse avec rage et prenne des proportions énormes. Jusqu’en 1888, il brûlait à Tokio, en moyenne, 5500 maisons par année. Dès lors, on construisit des rues entières en briques; le service des pompes a été convenablement organisé.
Mais si l’homme peut se défendre contre le feu, il est impuissant devant les forces mystérieuses de la nature qui ébranlent le sol sous ses pieds. Les tremblements de terre sont un événement presque quotidien au Japon. Les trépidations plus ou moins violentes se produisent si fréquemment que les habitants, indigènes ou Européens, n’y prêtent plus attention. Je me souviens de deux secousses, si violentes selon moi, que je ne fis qu’un bond de la salle à manger au jardin. Des étrangers avaient fui, comme moi, tandis que les Japonais restaient tranquillement assis, souriant de notre émoi.

La croyance populaire attribue les tremblements de terre à un poisson géant établi dans l’île de Nippon, et dont les soubresauts ébranlent violemment l’écorce terrestre. Afin de maîtriser le néfaste animal, le dieu Kashima s’assied sur son dos, non sans l’avoir chargé, pour plus de sûreté, de gros blocs de pierre. Le plus formidable tremblement de terre eut lieu en 1855. A Tokio seul, 100,000 personnes perdirent la vie, 14,000 maisons d’habitation et 16,000 entrepôts furent détruits. On se souvient qu’en 1891, puis en 1894, la ville fut dévastée par des cataclysmes semblables. En septembre de l’année 1868, Yeddo devint Tokio. Elevée au rang de capitale, en 1869, après le rétablissement de la puissance du mikado, elle fut ouverte au commerce étranger, ce qui lui a imprimé le cachet banal d’une ville moderne. Les institutions européennes, universités, casernes, arsenaux, hôpitaux et fabriques s’y étalent à l’aise, tandis que les témoins de la culture primitive et des arts qui, à l’époque des shogouns avaient atteint un haut degré de perfection, se cachent timidement à l’ombre des cryptomérias séculaires.
Un seul monument rappelle l’époque féodale: c’est le mur gigantesque qu’une race puissante a construit, il y a 350 ans; ce mur est devenu l’enceinte de la forteresse érigée en 1524. Aujourd’hui encore, un fossé de cinquante à soixante mètres de largeur s’étend autour des hautes murailles. De grands lotus étalent leur floraison éclatante dans l’eau trouble qui baigne le pied des remparts, lesquels, debout à l’ombre des matsou aux formes fantastiques, sont les derniers témoins des âges passés. Disparus les anciens châteaux des daimios, les jashiki, qui bordaient autrefois le canal et servaient de demeure aux suzerains lorsqu’ils venaient, chaque année, rendre hommage au shogoun. Quand, sur l’ordre de celui-ci, ils partaient pour la guerre, ils y laissaient leur famille en otage
.

A la place de la petite forteresse où habitait le shogoun, s’élève le château impérial. Construit et aménagé entièrement à l’européenne, il est la résidence du mikado depuis 1889. Puisque nous nommons ce personnage qui a joué un rôle important dans l’histoire de ces dernières années, arrêtons-nous un instant auprès de ce Moutsou-Hito, qui eut, comme le vieil empereur Guillaume, la bonne fortune de trouver des hommes capables de réaliser ses plans et qui sut leur laisser une liberté suffisante, quoique leurs actes n’aient pas toujours répondu à ses propres vues.
L’empereur naquit le 3 novembre 1852, et monta sur le trône à la mort de son père, le 13 février 1866. Selon l’usage, il passa sa jeunesse derrière les murs du palais, n’en sortant que dans une voiture hermétiquement fermée. On raconte que jusqu’à sa seizième année Moutsou-Hito ne vit que de rares visages étrangers, et qu’à l’âge de 17 ans il jouit pour la première fois de la vue des champs de riz, des forêts, des montagnes et des villages.
En 1871, le mikado reçut encore M. Seward, homme d’Etat américain, en audience solennelle, vêtu de l’ancien costume d’apparat des empereurs japonais: longue robe de soie raide qui enveloppe entièrement le corps, et ne laisse à découvert que le visage et les mains, casque de cuir noir surmonté d’une aigrette qui se balance à un demi-mètre de hauteur. Le mikado ne prononça pas une parole, ne daigna pas même honorer d’un regard l’envoyé du gouvernement américain.

A suivre

Sources : Wikipédia, B.N.F, DP

En passant

Vinyles en fusion (195)

Intéressons-nous un peu à l’Europe des sixties et ce qui fut son fond musical, principalement distillé par la radio et un peu la télévision. La plupart des grands succès furent d’origine anglo-saxonne et la plupart couvrent tous les pays européens, Elvis Presley ou les Beatles marquent des points autant en Espagne qu’en Finlande. Localement, ces hits seront souvent repris en adaptation dans une langue nationale. Il arriva même que des artistes nationaux crèvent les frontières pour obtenir un succès sur le plan européen, c’est le cas pour l’Italie, la France, la Hollande notamment. Voici à partir de 1960, mois par mois, des titres qui furent incontestablement populaires dans leur version originale pour le mois en question.

1961

Juillet 61 – The String-A-Longs – Wheels

Août 61 – Ricky Nelson – Hello Mary Lou

Septembre 61 – Helen Shapiro – You Don’t Know

Octobre 61 – The Highwaymen – Michael, Row The Boat Ashore

Novembre 61 – Helen Shapiro – Walkin’ Back To Happiness

Décembre 61 – Los Machucambos – Pepito

Documents

Des demoiselles francophones peu connues durant les sixties

Rentrer Chez Moi 

La pop en version étrangère

Il est toujours curieux d’entendre une chanson que l’on connaît bien dans une autre langue. Le phénomène de reprendre une chanson connue dans une autre langue est un phénomène planétaire. La mélodie reste, mais la consonnance d’une langue peut lui donner une ambiance différente. Voici une sélection de trois chansons d’artistes anglophones interprétés dans une langue plus ou moins exotique. Pour ceux qui voudraient entendre la version originale, un clic sur Youtube apportera la réponse.

Hey Good Lookin’, version originale Hank Williams, 1951
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Version en islandais par Halli Og Laddi, 1977

I Can’t Stop Loving You, version originale Don Gibson, 1957
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Version en italien par John Foster, 1962

Riders In The Sky, version originale par Bob Geddins, 1948
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Version en tchèque par Karel Vlach, 1955

Trois très belles reprises…

Marlene Dietrich – Shir Hatan (Rika Zaraï)

The Thanes – L.S.D.  (Pretty Things)

Yves Montand – Titine (Gaby Montbreuse)