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avec Miss Eva
LA PETITE ENCYCLOPEDIE SUR L’ART
DE PORTER LE BAS NYLON
Le bas nylon des nuls aux experts
Cécile de Rodt (1855 – 1929) est une voyageuse suisse qui entreprit un tour du monde en 1901. A cette époque, le monde peut sembler encore quelque chose d’un peu mystérieux d’autant plus que certains pays sont géographiquement très lointains. Ce n’est pas une aventurière, elle ne va pas se battre contre les Indiens, mais plutôt jouer à la touriste. A la suite de son voyage paraitra un livre publiée en 1904 qui contient des centaines de photos. De quoi se faire une idée de ce à quoi ressemblait le monde au début du 20ème siècle.
Suite du séjour dans ce pays, et parlons encore un peu de poésie.
Le calendrier lyrique prescrit les sujets suivants: Janvier: le jour de l’an, le brouillard, la tempête; Février: le pâturage, les fleurs de pommier; Mars: l’aspect des montagnes au printemps, l’amour; Avril: les fleurs du cerisier, les papillons, les promenades; Mai: les azalées, les glycines, les comparaisons entre l’amour et l’eau; Juin: les nuages, l’étoile du soir; Juillet: les fleuves, la pluie, les éventails; Août: les lucioles; Septembre: le clair de lune, les phalènes; Octobre: les platanes, les feuilles mortes, les oiseaux, les chevreuils, les cerfs; Novembre: les chrysanthèmes, les pins, les vœux des amis souhaitant mille ans de vie; Décembre: la neige, le renouvellement de l’année.
L’automne est la saison inspiratrice; l’été, tous les auteurs qui peuvent le faire laissent là leur plume et les pauvres poètes aux abois ont des vacances. Le papier destiné aux effusions poétiques et ses différents formats jouent un rôle important dans la littérature. Le kaishi, format de poche, se portait autrefois plié dans la ceinture. On l’emploie encore aujourd’hui pour les poèmes solennels de circonstance. On nomme shikishi le papier de couleur, tanjakou les bandes de papier courtes et étroites dont on fait usage également en poésie.
La Cour tient aussi rigoureusement aux anciennes traditions. Le poète couronné est de plein droit chef du département de la poésie. Chaque année, en novembre, un sujet lyrique est mis au concours pour le 18 janvier suivant. Les cinq meilleurs poèmes sont lus devant le couple impérial qui lui-même s’occupe de versification, et publiés avec les productions des souverains.
Les sujets de concours de ces dernières années étaient: Eloge du ministère comparé à l’océan; Prière pour la dynastie dans le temple de Shinto; L’âge avancé des bambous verts; Pins enfouis sous la neige.
Mais en voilà assez sur la corporation des versificateurs, dont les œuvres comprimées dans des formes immuables font contraste avec le sens raffiné du peuple nippon. Retournons plutôt dans le beau jardin de Katsoura.
Des arbres séculaires et une forêt de bambous élèvent autour du parc une muraille inextricable, à travers laquelle aucun regard ne pénètre dans cet asile de paix et de poésie. C’est sur ce modèle à peu près que chaque Japonais possédant quelques mètres de terrain établit son jardin, en miniature. S’il ne les a pas, il plante dans de petites caisses quelques matsous, des cerisiers, des pruniers. Ces arbres nains sont une particularité qui, aux Européens, paraît incompréhensible. Tandis que nous nous efforçons de faire pousser nos plantes en pots, de les rendre vigoureuses, le Japonais use de tous les artifices pour arrêter la croissance des siennes. Il enlève les bourgeons robustes, courbe et tortille le tronc, pour lui donner les formes les moins naturelles, et tourmente de toutes manières les pauvres plantes. Il arrive ainsi à faire d’un arbre de trente à, quarante ans un nain contrefait, estropié, d’un demi-mètre de hauteur; cet avorton peut atteindre le prix de cent yen et plus encore.
Le palais de Nijo, création du shogoun Jyeyasou, qui le construisit en 1601, dépasse de beaucoup en magnificence celui du mikado. Il a malheureusement été fort maltraité à l’époque où il servait de préfecture. Sa dernière restauration date de 1885. Ici encore la sculpture a créé des merveilles. Les deux premières portes sont des chefs-d’œuvre de métal ouvragé et de sculpture dorée et peinte; l’une est ornementée de vols de grues, de papillons et de chimères l’autre, de phénix et de pivoines. De superbes pins font ressortir sur le feuillage sombre les dorures et l’éclat de ces portes somptueuses.
A l’intérieur, mon admiration se concentra sur les Ramma, hautes frises ajourées qui relient les parois au plafond, ciselures d’une richesse et d’une délicatesse inimaginables. D’un côté, un groupe de paons, de l’autre des branches; de pivoines qui s’entrelacent et s’enchevêtrent si finement que jamais elles ne s’emmêlent ni ne se nuisent l’une à l’autre.
Sur les parois resplendissantes d’or, tous les animaux de la création, tous les arbres connus sont représentés, peints à grands traits. Ce n’est plus la miniature léchée à laquelle on est habitué en pays japonais. Ici, des tigres qui s’élancent hors des bosquets de bambous; là, des aigles de grandeur naturelle sur les larges branches étalées en ombrelle des matsous; ailleurs, des palmiers dont les frais bouquets de plumes vertes semblent s’agiter doucement au gré de la brise; plus loin, des hérons qui se promènent gravement sous les arbres. Les appartements sont en enfilade; les salles se succèdent, plus somptueuses, plus artistement décorées les unes que les autres, avec leurs peintures, leurs ors et leurs ornements de bronze, merveilleusement ciselés, représentant pour la plupart l’écusson des shogouns. Ce dernier qui porte le nom de Tokougawa est formé de trois feuilles d’àsarum. Les plafonds, à caissons ouvragés, sont faits du beau bois sombre des cryptomérias.
A Suivre
Sources : Wikipédia, B.N.F, DP
Continuons notre exploration de la Suisse des sixties.
Dans le post précédent, je vous avait présenté quelques chanteurs et chanteuses qui appartiennent à la vague yéyé et variétés, hors du beat et du rock. J’avais terminé par quelques chanteurs que l’on peut classer dans un équivalent proche de la tradition de la chanson française. J’avais prévu de parler aussi de Jean-Pierre Huser, mais il est un peu un cas à part. Si une partie de son répertoire peut se classer chanson, une autre appartient à la musique progressive avec laquelle il a pas mal flirté. Je vais donc l’inclure ici, car je vais vous parler un peu de la pop en Suisse. Je déborderai un peu sur les seventies pour plus d’illustrations.
Jean-Pierre Huser – Né à Lausanne en 1940, il est d’abord attiré par la peinture, mais la chanson l’intéresse aussi. Il monte à Paris où il est remarqué au concours de l’Humanité Dimanche en 1964. Un premier disque de compilation en 33 tours sera publié par le journal. Il rencontre Serge Gainsbourg qui l’encourage à écrire ses chansons, ce qu’il fera tout au long des sa carrière. Il enregistre chez Philips en 65 et 66 deux 45 tours sans grands résultats. Par la suite il participe à des aventures musicales sans lendemain surtout comme compositeur. En 1969, les label L’Escargot lui offre la possibilité d’enregistrer un single qui préfigure le style à venir. En 1970, il intègre comme guitariste et chanteur, le groupe Total Issue, une référence en matière de musique progressive, pourtant composé de musiciens qui viennent du jazz. Après avoir quitté le groupe, il retourne en Suisse et publie un album sur le label Evasion en 1972. A partir de là, on peut le comparer à une version suisse de Jacques Higelin. Entre peinture, activités militantes, moniteur de ski, il travaille toujours parallèlement à la chanson. Il relace sa carrière en 1977 en signant avec RCA. Une chanson extraite du son premier album Chuisse, « La Rivière » qui échappe un peu à son style habituel connais un bon succès en Suisse et deviendra son titre le pus connu. Durant tout son parcours, il n’a jamais cessé de composer pour lui et pour les autres. Il est décédé en 2023.
1965 – Lolita.
1969 – Le Trans Europe.
1970 – Hauteville avec Total Issue.
1972 – Ping Pong.
1972 – La Taupe.
1977 – La Rivière.
Pierre Cavalli – Guitariste suisse connu depuis les années 1950. Il a d’innombrables participations et disques à son actif. En 1970, on lui demande de composer la bande sonore d’une feuilleton télévisé suisse « Un Soir Chez Norris », ce qu’il fait avec un certain talent et un mélange pop psychédélique. Le feuilleton connaît le succès que peut connaître un feuilleton télévisé, mais le single du générique publié par Evasion reste un peu en retrait. Avec le temps, et aussi un peu aidé par le fait que le disque a plus ou moins été plagié par David Holmes pour la trilogie de Ocean Twelve, on le redécouvre. Depuis c’est l’engouement, on recherche les copies originales même s’il faut y mettre le prix. Il a aussi été publié en France chez Carabine.
1971 – Un soir Chez Norris.
1971 – Face B – Chasse A L’Homme.
A titre d’exemple la musique de Ocean Twelve, je pense que c’est plus que du hasard.
Valérie Lagrange – Cette chanteuse dont j’ai toujours trouvé que le succès était en dessous de son talent, a une parenthèse suisse publié sur un single par Evasion et aussi par Byg records en France. Et c’est beau.
1971 – Si Ma Chanson Pouvait.
Face B. En anglais I Love You So.
Libre Esprit Moteur – Sous cette appellation un peu bizarre on retrouve deux noms connus, Gaston Schaefer, l’un des Faux Frères, et Léon Francioli, le guitariste soliste des Aiglons. C’est un disque à but publicitaire dédié à la clientèle des fameuses voitures anglaises Mini, qui firent fureur dans les sixties et même après. Musicalement, il est très orienté vers la musique pop tendance progressive. Le disque est devenu un must recherché par pas mal de collectionneurs, comme c’est souvent le cas pour ce type de disques quand ils offrent quelque chose qui n’est pas très conventionnel. C’est le genre de disques qui est destiné à devenir une rareté vu sa distribution confidentielle. Publié sur le label Evasion dont Gaston Schaefer est l’un des patrons.
1970 – Clubman Round UP.
1970 – Vacances.
Tusk – Un groupe que j’avais un peu oublié quand j’ai fait la partie germanique de la Suisse. A force de chercher les obscurités, je ne vois pas ce qui est le pus visible. Ce groupe n’a qu’un seul single à son actif, sur le label Harvest s’il-vous-plait. En 1970 il connut un assez beau succès en Suisse, toutes parties confondues. Un de ces trucs que Deep Purple n’aurait pas renié. Le clip est enchaîné, mais je vous conseille vivement d’écouter les deux titres, ils valent tous les deux le déplacement.
Léon Francioli – Retournons vers Léon Francioli (1946 – 2016) dont nous parlions ci-dessus. C’est le seul membre des Aiglons qui resta professionnel à la dissolution du groupe. De la guitare solo, il muta vers la contrebasse et la basse, tout en s’engageant à fond dans le jazz. Il en devient même une référence dans le style sur le plan européen. Il a participé comme musicien à beaucoup de sessions dans les studios et jouera avec des grands noms. Pour ses débuts personnels, il publie en 1970, un album chez Evasion. Disons-le tout de suite, il ne lorgne pas vers le répertoire de Sidney Bechet, mais carrément vers le free jazz. J’ai mis volontairement cette partie à la fin, car je sais que le free jazz n’est pas une musique qui plaît à tout le monde. Pour les autres, les amateurs de sensations fortes, découvrez les plages suivantes. On est évidemment loin des Aiglons et de « Stalactite ». Mais malgré tout, il fit partie d’une reformation des Aiglons en 1992, ce qui a dû le changer un peu.
Album 1970.
Ndi’funa’imali.
Noma’kheptu
In Bubwe
Nolilanga
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