Bas nylon et un certain vampire

Le Suisse ne se distingue pas particulièrement dans les affaires criminelles. Elles sont assez peu nombreuses, chose assez logique dans un pays qui a une petite surface et assez peu d’habitants. Des meurtres et des affaires sordides il en existe aussi, faits plus particulièrement concentrés dans les grandes villes. Et quand on dit grande ville c’est à ramener à l’échelle du pays, la plus grande étant Zürich avec un peu plus de 400 000 habitants.

L’exécution de Freymond en 1868

Il y a quand même quelques affaires de crimes célèbres à l’échelon plutôt local, mais rien à voir avec les tueurs en série style Landru ou Joseph Vacher. Il y en a au moins trois qui sont surtout restées en mémoire grâce à des livres à succès qui les racontent. Elles ne se déroulent pas en ville, mais dans un décor campagnard, dans le canton de Vaud en des lieux assez proches. La première de ces histoires, la plus ancienne, est celle de Héli Freymond, qui assassina sa femme et tenta de tuer un de ses meilleurs amis. A la base c’est une stupide histoire de cupidité et d’argent. Ce fut le dernier condamné à mort dans ce canton, exécuté en 1868.  Une autre se déroula dans la petite ville de Payerne sur fond de nazisme en 1942. Quelques admirateurs d’Hitler sont persuadés que l’Allemagne va envahir la Suisse. Ils imaginent tout un scénario qui les voit accéder aux plus hautes fonctions le jour où ils arriveront et comme preuve de leur bonne foi, assassinent un honnête et estimé marchand de bétail juif. Mais moins doués en matière de crime que leurs collègues de la gestapo, ils sont rapidement découverts et condamnés à des peines de prison plus ou moins lourdes, la peine de mort n’existant plus en Suisse sur le plan civil.

La troisième est celle que je vais essayer de vous résumer. Elle a été remise dans l’actualité, comme celle de Payerne, par deux livres écrits par Jacques Chessex (1934-2009) : « Le crime nazi de Payerne » et « Le vampire de Ropraz ». Il est le seul écrivain suisse qui se vit attribuer le Prix Goncourt pour son roman « L’ogre » en 1973. Le choix de Chessex pour ses deux livres n’est pas tout à fait fortuit. Il était enfant et habitait Payerne quand eut lieu le crime nazi. Il en gardait quelques souvenirs. Pour le second, il habitait à quelques mètres du cimetière du village où est enterrée une des victimes de l’autre histoire, celle du vampire. Disons-le tout de suite, Chessex ne raconte pas ces histoires comme le ferait un journaliste, mais il le fait comme un romancier doué, empreint d’un certain mysticisme. Toutefois son livre ne respecte pas la chronologie des faits, et me semble-t-il, il prend un certain plaisir à en modifier ou exagérer certains autres.  En me basant sur son livre et le déroulement de l’histoire telle qu’il la raconte, j’ai refait l’enquête selon la presse de l’époque, et les choses apparaissent sous un angle un peu différent. Toutefois les faits qui concernent Rosa Gilliéron ont l’air très proches de ce qui s’est réellement passé. Mais rappelons que Chessex a écrit un roman basé une histoire vraie et non pas une chronique historique.

Que s’est-il passé réellement?

Ropraz, cela ne vous dira pas grand chose, c’est le nom d’un petit village qui comptait et compte toujours quelques maisons, situé dans le Jorat, une partie vallonnée du canton de Vaud au nord-est de Lausanne. En 1903, au moment où commence l’histoire, c’est un endroit encore un peu oublié des dieux. La vie y est misérable, on vivote, les hivers y sont parfois terribles et longs. Comme c’est souvent la coutume à cette époque dans les campagnes, on est volontiers superstitieux, le voisin pour peu qu’il fasse un truc un peu bizarre est catalogué comme sorcier, les vieilles légendes ne sont pas tout à fait mortes. L’étranger de passage est forcément là pour faire un sale coup, il a d’ailleurs une drôle de tête. C’est juste si on ne le chasse pas à coups de fourche. Ambiance garantie.

Au début de février 1903, on est en plein dans un de ces hivers qui fait des siennes, neige abondante, routes plus ou moins carrossables recouvertes de neige, froid de canard. Le 17 février, Rosa Gilliéron âgée de 20 ans, dont le charme ne laisse pas indifférent, meurt d’une méningite. C’est la fille d’un notable de Ropraz qui possède quelques biens. Il est aussi ancien député et juge de paix, une spécialité locale qui consiste surtout à s’occuper de quelques affaires officielles en exerçant un rôle d’administrateur ou éventuellement  judiciaire.

Le 19, l’enterrement a lieu, il rassemble une foule considérable dans l’église de Ropraz, venue par des chemins peu praticables. On se doit d’y paraître, le père de la défunte est un personnage en vue. L’inhumation a lieu juste à côté dans le petit cimetière attenant à l’église. l’histoire pourrait s’arrêter là.

Le 21, un samedi au point du jour, un habitant du village passe à côté du cimetière avec son char à boeufs et remarque quelque chose d’anormal. Il ne peut s’empêcher d’aller jeter un oeil à l’intérieur. Dans le cimetière retentit un cri d’effroi, la tombe de Rosa a été profanée et on aperçoit le cercueil. C’en est trop pour lui, il ressort du cimetière et se précipite vers le café à proximité pour donner l’alerte.

Des heures après arrivent enfin à Ropraz une délégation de représentants de l’ordre et de la police, ainsi qu’un docteur. Ce dernier donne l’ordre d’ouvrir le cercueil dont le couvercle a déjà été visiblement soulevé et remis. Ce qu’ils découvrent est une horreur absolue. Je ne vais pas entrer dans les détails sordides, sachez juste que le corps a été violé, massacré, découpé, on a même mangé de la chair. Je pense que cela vous suffit comme description.

Malgré des moyens d’information encore assez primitifs, la nouvelle sera répandue dans presque le monde entier, on mentionne cette sinistre histoire dans les journaux américains. Sur place c’est la consternation, on veut un ou des coupables. Une enquête assez rapidement menée et sans doute un peu bâclée conduit à l’arrestation de deux membres de la famille Caillet, habitants d’un village voisin. C’est une famille peu recommandable, dont un fils et les parents sont en prison pour assassinat. On les soupçonne, car le père de Rosa fut président de la justice qui devait statuer sur le crime commis par les parents, Les indices sont minces, une lampe retrouvée dans la tombe et dont les frères Caillet avaient acheté un modèle semblable quelques temps avant. Les journaux les désignent déjà comme les coupables, mais des témoignages, notamment de leurs femmes respectives, font apparaître qu’ils ne pouvaient être à Ropaz la fameuse nuit. On doit les relâcher. D’autres noms sont avancés, la rumeur publique dans un endroit où tout le monde connaît tout le monde y va de ses petites suppositions.

Journal Gazette de  Lausanne

Le Petit Parisien

Journal français La Lanterne

A suivre

Des dessous pour un siècle (14)

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20 062715 5Le mot sexy est une création des années 50, tant en paroles qu’en pensées. Avant toute allusion au sexe était bannie, sauf la précision de l’appartenance à un genre mâle ou femelle. C’est le genre de mot qui aurait pu rapporter une fortune s’il avait été déposé avec copyright. Pour l’instant il s’emploie encore modérément avec la bouche, mais certainement plus avec l’esprit. On est en plein passage entre nouveau et ancien monde. Cela peut s’appliquer à la mode bien entendu, mais encore plus à la société. Dans la plupart des pays occidentaux on vit une ère prospère sous forme de consommation, on travaille pour acheter ce que l’on a produit, une part de cette argent étant consacré au superflu. Pendant des siècles, la société se divisait plus ou moins entre une petite partie de riches et une grande partie de pauvres. Maintenant on voit l’émergence d’une nouvelle catégorie, la classe moyenne. Elle n’est ni riche, ni pauvre, la lutte des classes se poursuit également en son sein. C’est à celui ou celle qui aura une plus belle bagnole que son voisin ou une plus belle robe que sa voisine. La frime est de bon ton, surtout auprès des adolescents qu’on considère comme une nouvelle clientèle potentielle d’acheteurs. Le raisonnement est assez juste , dans la famille les enfants sont souvent les plus nombreux, les plus potentiellement acheteurs de futilités, à condition qu’on leur propose ce qui peut les intéresser. Le créneau se situe entre ce qu’ils aiment et ce que la bourse des parents peut leur offrir. 

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Reflet des moeurs d’une époque, le mec qui s’excuse d’avoir embrassé sa conquête à leur premier rendez-vous!

Ceux qui ont vécu cette époque se rappelleront très bien en quoi consistait cette petits trésors à bon marché. Une bande dessinée, un disque, une séance au cinéma, une voiture ou un train miniature font la joie des garçons. Pour les filles, c’est un peu différent, bien que les petites joies des garçons peuvent aussi être celles des filles. Elle sont plus proche de la coquetterie, la mode et ses accessoires arrivent souvent devant, on veut faire comme maman. Le plaisir de maman c’est souvent consulter les magazines féminins qui commencent a être très populaires, Marie-Claire, Elle, s’arrachent presque à la devanture des kiosques. Un nouveau média, encore très discret va mettre de l’ambiance dans les foyers et servir de tremplin au lancement d’une nouvelle manière de voir le monde, la télévision. En 1950, c’est encore très discret, environ 4000 foyers possèdent un téléviseur, principalement sur Paris et environs. 

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20 062715 6Comme je le laissais supposer dans un autre chapitre, les années 50 c’est vraiment l’âge d’or de la lingerie. Elle est exactement au milieu de la route. Tout en ayant adopté une simplification en nombre de pièces essentielles au modelage du corps, elle n’est pas encore apparente, on la cache secrètement sans ignorer tous les effets qu’elle peut produire sur l’imagination. De plus, elle n’est en version basique pour celles qui le veulent bien. Certaines marques de lingerie proposent des modèles qui avoisinent plus le chef-d’oeuvre que la pièce de lingerie, c’est de l’art dans la lingerie.

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La gaine reste sans doute la pièce maîtresse du tiroir de lingerie, on ne saurait s’en passer, elle figure dans les achats de toutes les femmes d’un certain âge, un peu boudée par les plus jeunes qui ont moins de problèmes avec la silhouette idéale, là le porte-jarretelles est roi. La gaine ne présente pas que des avantages, elle peut être inconfortable, compresser, avoir tendance à remonter. La publicité s’emploie a gommer tous ces défauts en promettant le modèle idéal pour chacune. La marque Chantelle sera un des musts de la gaine de marque et occupera une part prépondérante sur ce marché. Les origines de cette marque remontant au XIX siècle, mais le nom sous lequel il connu aujourd’hui est plus récent et prendra son envol après la guerre avec sa fameuse gaine. Evidemment d’autres marques sont présentes sur le marché, Barbara, Lejaby, Christian Dior plus axé sur le luxe et surtout ses bas griffés. Il sera aussi un des seuls dans les années 70 a fabriquer encore des porte-jarretelles.

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La jarretelle, justement, figure par défaut sur pratiquement toutes les gaines vendues à l’époque. Evidemment on porte des bas, et même s’il fait une chaleur à crever et que l’on enlève les bas, la gaine est quand même présente, question de maintien de ce fameux ventre qui a tendance à s’étaler en rondeurs envahissantes. Tant pis pour les jarretelles inutiles, elles servent de décor. C’est encore la jarretelle de qualité, métallique, assurant un maintien parfait du bas sous toutes les tensions possibles. C’est plutôt le bas qui se déchirera. Après des années d’ignorance, les fabricants sérieux de corseterie aujourd’hui l’ont remise à l’honneur dans une version à peine modernisée. 

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La chaussure à talon n’est pas spécialement une invention des années 50, mais c’est à cette époque qu’elle va se démocratiser et devenir un must sous sa forme de talon aiguille. Il déclencha une polémique digne de celle du corset concernant ses effets sur la santé. C’est en 1953 qu’apparaît le nom de stilleto dans un journal américain. Cet anglicisme désigne encore aujourd’hui le talon aiguille. Le port des bas coutures est immanquablement associé maintenant avec le haut talon, ce qui n’était pas le cas dans les années 50 où la chaussure genre ballerine était très courante.

Avant de passer à la seconde moitié des années 50, plus qu’avec des mots, magnifions en photos cette époque glorieuse pour la grâce féminine.

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A suivre

Léo coeur de nylon (23)

Léo, un ancien chanteur de charme devenu tenancier de bistrot, est un amoureux et inconditionnel du bas nylon. Il se rappelle avec nostalgie d’une époque où toutes les femmes portaient des bas et de toutes les coquineries que son status de vedette lui permettait pour assouvir sa passion, notamment les nombreuses photos qu’il prenait de ses conquêtes. Un soir, une dame en bas coutures pénètre dans son établissement. En observant ses chaussures, il remarque un détail qu’il avait jadis imaginé pour une de ses conquêtes. Les souvenirs envahissent les pensées de Léo. Il se souvient de sa rencontre avec un ministre et de la belle Léa, sa secrétaire. Mais les pièces d’un étrange puzzle s’assemblent peu à peu dans son esprit. A la fermeture du bistro, Léo consulte son album de photos, se couche et pense à son ancienne conquête, Léa. Après une nuit d’insomnie, il parle avec Marly qui devrait l’aider à élucider la mort mystérieuse d’une de ses anciennes conquêtes, Lucienne. Léo attend le soir où il va pouvoir parler avec Marly et son amie, en espérant que la lumière jaillira de sa conversation. Lors de la conversation, l’amie cite un nom qui fait réagir Léo, un ancien musicien de Léo qui semble tremper dans une histoire louche. La conversation se poursuit, il veut montrer une photo de son ancienne conquête, ils concluent qu’ils doivent informer la police de leurs découvertes. Un policier demande à voir Léo. Il lui pose des questions destinées à faire rebondir l’enquête sur le meurtre de son ancienne copine. Après le départ du policier, Léo invite Marly à discuter et manger un morceau. Une information éclaire l’histoire sous un jour nouveau. En attendant la suite, Léo va raconter une de ses histoires vécues dont il a le secret. suite à une tempête de neige, il doit prendre le train pour aller à Marseille donner un concert. Il a rencontré la charmante Huguette, qui l’accompagne dans son voyage.
Vous pouvez lire le début complet de ce récit en cliquant sur l’image ci-dessous.

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– Nous avons changé de train à Roanne. Seul petit problème Huguette avait un billet de seconde, moi bien sûr j’ai pris un billet de première. Pour être ensemble, je lui ai payé un billet d’appoint, ainsi nous pouvions voyager ensemble. Vous imaginez bien que j’y tenais particulièrement et je crois qu’elle aussi, j’en suis même sûr.

– Je crois que tu as raison, renchérit Marly.

– Il y avait du monde, mais nous avons pu trouver un compartiment en premières qui était libre. Pas pour longtemps d’ailleurs. Une dame est entrée et a demandé s’il y avait une place de libre. Je ne pouvais faire autrement que de lui affirmer que c’était bien le cas. Cela me gênait un peu, j’avais espéré un tête à tête avec Huguette, mais je dois dire que la femme qui est entrée n’avait rien d’une paysanne qui allait vendre ses poulets au marché de la prochaine ville. Elle était vêtue de manière hivernale, elle n’avait pas été surprise par cet assaut imprévu de l’hiver. Elle portait de bottes avec un talon raisonnable, des bas noirs avec une couture, un long manteau et une jupe de couleur sombre. Elle sentait la petite bourgeoise à plein nez.

Léo marqua un temps d’arrêt et alluma une nouvelle cigarette.

– Le train est parti et nous avons fait les premiers kilomètres. Dehors, il continuait de neiger, nous nous sentions bien à l’intérieur du train. Je n’osais pas trop brancher Huguette sur le sujet qui m’intéressait. Je ne sais pas si c’est pour m’encourager, assise en face de moi, elle avait adopté une sorte de semi pudeur, me laissant une vision plus que raisonnable sur la lisière de ses bas et une belle jarretelle blanche qui semblait briller dans la pénombre de sa jupe. Elle alla même un peu plus loin :

– Je peux allonger mes jambes, j’ai froid aux pieds ?

– Sans même attendre une réponse de ma part, elle enleva ses chaussures et mit ses pieds sur la banquette,  à portée de ma main. Pour une fois, j’étais presque intimidé. Je ne savais pas trop qu’elle attitude adopter, mais c’était plus par rapport à notre compagne de voyage, qu’un embarras de ma part. Huguette ne lâchait pas prise, elle tapotait  ma cuisse de la pointe d’un de ses pieds, tout en souriant d’un air d’invite.  J’ai rarement vu une gonzesse aussi délurée. Elle ne me l’a pas dit, mais elle devait avoir un diplôme d’entrepreneur en travaux publics. Pour finir, c’est la voyageuse qui me donna un moment de répit :

– La fumée, ne vous dérange pas ?

– Pas plus que ça, si le cœur vous en dit.

– Je vous en offre une ?

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– A cette époque, je ne fumais pas du tout, mais Huguette tendit la main vers le paquet. Ces dames s’en allumèrent une, ce fut une manière de lancer la conversation à trois.

– Vous allez à Marseille, demanda-t-elle, manière d’entamer la conversation.

– Oui nous allons à Marseille, mais c’est par hasard que je suis dans le train, je devais y aller en voiture. J’ai dû laisser ma voiture et mon chauffeur près de Roanne, je dois absolument être à Marseille dans l’après-midi.

– Ah vous avez un chauffeur ?

– Ce n’est pas vraiment mon chauffeur, mais il m’est attribué dans mes déplacements professionnels.

– Dites-moi si je me trompe, mais vous êtes le chanteur qui interprète « la maison des amours », je crois vous avoir reconnu ?

– Oui en effet, c’est bien moi, je suis charmé que vous m’ayez reconnu. Si vous êtes libre ce soir, vous êtes invitée à mon concert.

– Ce sera avec un grand plaisir, je suis libre ce soir, toutefois si ce n’est pas trop exiger de vous, mon mari voudra venir aussi. Je dois le retrouver à Marseille, car demain nous allons à un enterrement, ce qui explique ma tenue une peu sombre.

– Pas de problèmes, vous n’aurez qu’à vous annoncer à la caisse, on viendra vous chercher. Quel nom dois-je dire ?

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– Vous direz madame Harcourt, c’est mon nom, mais vous pouvez m’appeler Juliette.

– Avez plaisir Juliette, vous êtes de parenté avec Lucien Harcourt qui est dans l’immobilier ?

– C’est le frère de mon mari, mon mari gère d’ailleurs une succursale de l’entreprise à son frère.

– Je connais son nom, pour l’avoir rencontré dans une soirée. Décidément le monde est petit.

Léo marqua un nouveau temps d’arrêt, il alluma la cigarette suivante.

– Intérieurement, j’ai poussé un ouf de soulagement, car Huguette faisait un peu la gueule, elle s’imaginait que je la draguais. Le débarquement de son mari dans l’histoire l’apaisa. Je m’étais montré courtois envers la dame, car j’ai toujours eu pour habitude de consacrer un peu de mon temps envers ceux qui me reconnaissaient. C’était ma manière à moi de leur dire merci.  Là, c’était quand même un peu plus qu’une simple rencontre au coin de la rue ou dans un magasin, raison de plus. Elle m’avait pris un peu de court, car bien évidemment, c’est Huguette que je voulais avant tout voir à mon concert, je n’avais pas de doute sur sa venue et ce qui pourrait se passer après. Dans notre compartiment, nous pouvions reprendre un discussion normale, ce fut Juliette qui ouvrit les feux :

– Je crois que je connais aussi votre compagne, elle tient un magasin de lingerie près du port à Marseille ?

– J’hésitais, répondit Huguette, mais il me semblait bien que votre visage ne m’était pas inconnu.

– En effet, j’ai passé chez vous il y a environ six mois. J’avais acheté une guêpière un peu coquine, mon mari est très demandeur de ce genre de choses.  D’habitude je suis plus classique, un simple porte-jarretelles me suffit. Par contre été comme hiver, je n’aime pas avoir les jambes nues, je mets toujours des bas.

– Je vous invite à revenir me dire bonjour, je crois que j’ai de nouveaux articles qui enchanteront votre mari.

Marly s’inséra dans les rêveries de Léo :

– Tu dois avoir un aimant pour attirer ce genre de discussions et de trucs. Sûr, que si tu étais Robinson sur son île, un cargo rempli de porte-jarretelles et de sirènes ferait naufrage vers ton île.

– Regarde plutôt celle qui vient d’entrer, tu crois qu’elle porte des bas ?

A suivre

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