Des bas nylons, une histoire piquante et des foules en délire

Les histoires de gendarmes et voleurs ont toujours fait partie du folklore de la société. La police court après les voleurs, c’est bien connu, et parfois les voleurs courent plus vite que la police. Après 1832, la police se trouva fort dépourvue, on ne marquait plus au fer rouge ceux qui avaient passé entre ses mains et condamnés à des peines lourdes, mais il fallait parfois peu de choses pour être condamné à la dite peine.

Pendant longtemps, ce fut un vide assez conséquent, mais peu à peu la police fit appel à la science pour tenter d’élucider les énigmes de tout poil. Un certain Monsieur Bertillon mit au point vers 1882, le signalement anthropométrique, je pense que vous savez ce que c’est.  Petit à petit, on inclut d’autres méthodes pour traquer le criminel. Avec l’apparition des brigades de police mobile dites Brigades du Tigre en 1907, on essaya avec un certain succès de faire jeu égal avec celui des bandits en mettant à disposition des policiers les derniers cris de la technique notamment des véhicules à moteur pour se déplacer.

Les moyens matériels étant une chose, on considéra également que la psychologie n’était pas inutile. Précéder le criminel en devinant ses intentions permettait de lutter encore plus efficacement contre le crime, Sherlock Holmes n’avait qu’à bien se tenir.

Parfois, les meilleurs spécialistes de la psychologie policière ont bien du fil à retordre, car toute un série de faits qui peuvent sembler sortir tout droit de l’imagination d’un maniaque répose uniquement sur le « on dit » et peuvent s’étendre à des foules entières, provoquant une hystérie collective et des paniques redoutables.

Voici un cas très intéressant rapporté par un médecin appartenant à la police et publié dans un rapport sur la police scientifique, rapport destiné à faire avancer la recherche en la matière et datant de 1921. On voit très bien qu’elle ne s’intéresse pas seulement à de banales histoires de voleurs et malfrats, on étudie aussi le comportement des foules.

C’est à lire et très instructif. Cette histoire s’est déroulée à Lorient en 1918 et elle s’intitule Le Piqueur Lorientais.

Comme vous le voyez, il ne s’est absolument rien passé de concret, le piqueur n’a existé dans l’imagination des gens, mais on s’était persuadé du contraire. On peut aussi se rapporter à la fameuse émission radiophonique d’Orson Welles en 1938 où il créa une panique en rendant très réaliste une adaptation de « La Guerre Des Mondes », de Wells, oui cette fameuse histoire où notre planète est envahie pas des extraterrestres.

Le Figaro, 1 novembre 1938

Un extrait de la fameuse émission

On peut encore se poser la question sur la fameuse « grippe espagnole » de 1918 qui fit des millions de morts. Sa mortalité fut tellement mise en évidence que l’on peut imaginer que certains malades atteints d’une grippe plus que banale passèrent à de vie à trépas, certains qu’ils avaient attrapé cette terrible maladie. L’autosuggestion est une chose encore bien mystérieuse, l’esprit une sorte de machine dont chacun ne connaît pas forcément le monde d’emploi.

Il n’y a qu’à se référer aux fameuses peurs comme celle du vide, de la foule ou des orages. Dans l’immense majorité des cas, ce sont des dangers complètement imaginaires. Mais notre corps est ainsi fait!

Souce Gallica, BNF, DP

Crime et bas nylon

Du nylon souriant
Histoires pas drôles

Henri Pranzini est un de ces aventuriers du 19ème siècle qui n’aurait sans doute pas écouté sa mère si d’aventure elle lui avait dit qu’il finirait un jour sur l’échafaud. Pour celui qui cherche l’aventure, la seconde moitié de ce fameux siècle est propice à pas mal de choses. On se déplace avec une certaine aisance, les moyens de transports tels que le train, ont lentement tissé une toile à travers la planète. Pour aller d’un continent à l’autre, les bateaux offrent un tas de possibilités, il existe déjà des lignes régulières pour se déplacer d’une ville à l’autre à travers les mers.

Né en Egypte de parents italiens en 1857, ce n’est pas tout à fait un enfant issu d’une famille de basse condition. Son père a une bonne situation et le fils a fait des études solides, de plus il parle huit langues. On le retrouve dans divers endroits, exerçant le métier d’interprète sur les bateaux, employé aux postes égyptiennes. C’est justement à cette place qu’il est accusé de vol et mis à la porte. Il se transforme alors en aventurier, combattant en Afghanistan et offrant un temps ses services à l’armée russe.

Mais le personnage a d’autres faiblesses, il est joueur, aime les femmes et les fréquente assidûment. En résumé il a souvent besoin d’argent et doit forcer un peu la main du destin pour s’en procurer. En 1886, il arrive à Paris et trouve divers petits travaux, notamment comme traducteur, il a de quoi faire avec son bagage. On lui prête même quelques activités de souteneur et de gigolo de service.

En mars 1887, un triple meurtre est découvert dans ce qui était alors la rue Montaigne. Trois femmes, dont une courtisane vivant plutôt bien de ses charmes, ont été décapitées. Les soupçons se portent sur un suspect, un certain Gessler dont on a un signalement assez vague, mais dont on a retrouvé un mot signé de lui et des objets personnels sur les lieux du crime. Les indices lancent la police sur une piste. Le vol semble être le mobile du meurtre, on acquiert la conviction que notamment des bijoux ont été emportés. La piste que suit la police s’avérera fausse. Par contre, dans une des maisons closes de l’époque à Marseille, un client paye ses passes avec des bijoux. La taulière méfiante avertit la police qui arrête le payeur, il s’agit d’un certain Henri Pranzini.

La police scientifique de l’époque est encore très balbutiante, mais pas complètement idiote pour autant. On se fait envoyer de Paris une liste des bijoux volés et cela semble correspondre. De plus, le témoignage d’un cocher qui a vu Pranzini entrer dans un parc de la ville avec un paquet à la main, permet à la police de retrouver une partie des bijoux volés dans un lieu d’aisance du coin. Bien que le portrait du suspect ne corresponde en rien à celui de l’homme recherché, le filet se resserre autour de Pranzini. De plus, la police parvient à établir quelques faits concordants sur sa possible et probable culpabilité. Tout cela est très ténu, mais le fait le plus probant concerne les indices retrouvés sur la scène du crime. Pranzini a travaillé dans un hôtel de Naples sous les ordres d’un certain Gessler, nom qui correspond à celui du premier suspect recherché. Suite à un vol d’argent, il est renvoyé par son chef, mais lui vole les objets retrouvés plus tard chez les victimes. De là à penser que c’est un montage destiné à accuser faussement Gessler est un pas que la police franchit avec une certaine aisance. Il restera malgré tout quelques zones d’ombres dans cette histoire. Mais en 1887 on ne s’embarrassait pas trop de question d’étique judiciaire, d’autant plus que l’opinion publique avait pris fait et cause contre lui.

Le procès fit couler pas mal d’encre dans les journaux pendant plusieurs semaines. Finalement, malgré ses protestations, Pranzini fut condamné à mort et à être guillotiné, au mieux c’était le bagne à perpétuité.  Elle eut lieu le 31 août 1887. Cette exécution, comme la plupart, était publique. Il est assez rare de trouver dans les journaux, le narration presque minute par minute de ce genre d’événement, dont il faut le souligner que le peuple était avide. C’était en quelque sorte la relation des faits pour ceux qui n’avaient pu y assister. A noter qu’il est fait mention de Deibler dans l’article, ce sinistre personnage était une sorte de célébrité puisque qu’il assumait la tâche de bourreau. Il coupa 300 têtes, ou plutôt actionnait le couperet de la guillotine. On peut se demander quelle dose de sadisme pouvait se cacher à l’intérieur de ce peu ragoûtant personnage. Car je crois, qu’il faut un peu aimer ça pour le faire. Surtout à répétition…

Source Galliva, BNF, DP

Des bas nylon et un ange noir

Le cinéma érotique est un genre que je ne dédaigne pas, mais il faut qu’il remplisse certaines conditions à mes yeux essentielles. La banale histoire du couple qui est prétexte à filmer des scènes érotiques m’ennuie et je suis poli. Il m’ennuie aussi dans l’autre extrémité. Quand un couple a envie de s’envoyer en l’air, je trouve tout aussi idiot que la caméra lâche le couple pour filmer le tableau suggestif qui est dans le décor ou le soleil se couchant en enflamment l’horizon. Entre les deux, il me semble que l’on peut trouver un juste milieu entre le ni trop, ni trop peu.

Le film dont je vais vous parler répond à ces critères de juste milieu. Il y a une histoire, même quelques passages avec un bon suspense. Il se veut aussi documentaire par certains faits relatés, propres à une période de l’histoire. Elle est plutôt bien reconstituée, au niveau des costumes il remporte même un prix, le seul qu’il aie eu. Il s’agit en toile de fond de la relation d’un couple entraîné dans le tourbillon de l’histoire. Il y a plusieurs scènes érotiques, même très chaudes, avec quelques brèves visions de nu intégral, mais c’est presque anecdotique. On ne tombe jamais dans une quelconque pornographie. Qu’on aime ou non le cinéma érotique, je ne peux que le conseiller aux amateurs du genre.

Tinto Brass est un cinéaste italien né à Milan, qui s’est fait une assez belle réputation dans un cinéma érotique de catégorie supérieure. Ce genre d’étiquette pourrait le classer dans une certaine facilité auprès du public, s’il n’y mettait une certaine classe. Pourtant ce n’est pas n’importe qui, venu  par hasard dans le cinéma érotique, à défaut de mieux. Il fut l’assistant de Fellini et Rosellini, deux très grands cinéastes qui brillent dans l’histoire mondiale du cinéma. Fort de ces expériences, une fois lâché en solitaire il fait d’abord du film un peu anarchiste, le premier en 1963. Il dirige des grands noms comme Alberto Sordi, Silvana Mangano, Jean-Louis Trintignant, Vanessa Redgrave. Son premier film érotique date de 1975 avec « Salon Kitty ».  Comme souvent depuis, Brass inclut une part de vérité historique, même si l’érotisme est au centre de l’écran. Ce salon a réellement existé, un bordel de luxe à Berlin, exploité par les renseignements nazis pour cueillir en quelques sorte, les confidences sur l’oreiller.  Dans le film qui nous intéresse ici, il renoue avec la période fasciste, mais cette-fois-ci l’histoire se passe en Italie.

L’histoire

L’histoire est tirée d’un récit, Senso, qui se passe au 19ème siècle alors que Venise est encore sous domination autrichienne. Visconti en tirera une première adaptation cinématographique en 1954 en laissant le récit à l’époque ou l’histoire se passe. Tinto Brass reprendra l’histoire à son compte, mais en la transposant dans les derniers jours de la seconde guerre mondiale.  Alors que l’Italie du nord est sous le gouvernement de la république de Salo, petite ville au bord du lac de Garde, le fascisme vit ses derniers instants. Entre ceux qui veulent encore y croire, ils savent bien qu’ils ne sont que des marionnettes qui cesseront de s’agiter quand ceux qui les manient l’auront décidé, il y a les autres. Les opportunistes, les nouveaux résistants, ceux qui font table rase du passé, les opprimés qui réclament vengeance. Tout un monde que Brass examine de son oeil ironique, tout en nous offrant des scènes érotiques aussi chaudes que les plus belles journées d’été sur la Botte.

Le sujet

La belle Livia, interprétée par la sensuelle Anna Galiena, est l’épouse d’un ministre fasciste vieillissant. Elle est certes une dame que l’on respecte, mais au fond d’elle-même voudrait plutôt qu’on ne le fasse pas. Sa vie routinière est bouleversée par l’apparition d’un beau et jeune lieutenant SS, Helmut, interprété par Gabriel Garko. Ce bel aryen dépravé aux cheveux blonds devient son amant et l’entraîne dans un monde de luxure où elle devient sa chose, prête à tout pour le garder. La trame du film se déroule lors d’un voyage vers Venise où elle part le rejoindre en voiture, avec comme chauffeur un prétendant éconduit qui accepte de l’emmener, en échange d’une nuit avec elle. Ce voyage a probablement lieu à travers la République dite de Salo, lieu de villégiature au bord du lac de Garde, où se trouvent réfugiées toutes les huiles fidèles à Mussolini, à partir de la fin 1943. Le voyage est difficile, pleins d’obstacles, il faut passer pour des partisans quand on les rencontre et de bons fascistes quand c’est l’inverse, l’occupation réelle du territoire par les uns ou les autres est très mouvante. Au cours du trajet elle se rappelle, flashback dans le film, de tous les moments passés avec Helmut, de sa rencontre avec lui et de toutes les folies qu’elle a faites pour lui. L’arrivée à Venise, lui réserve une surprise que je ne raconterai pas ici.

Critique

Tinto Brass se pose en maître quand il filme l’érotique, au moins dans ce film. La photographie est poétique, romantique, musique Ennio Morricone, une référence.  Il mélange divinement le noir et blanc et la couleur selon l’instant qu’il raconte. Les acteurs, principalement venus du théâtre, sont un peu l’équivalent des belles ou sales gueules que l’on retrouve dans le western spaghetti, ils sont parfaits dans les rôles qu’ils interprètent. Les deux protagonistes principaux sont vraiment à la hauteur et portent bien le film, là cinéaste veut les emmener. Le film raconte une histoire, Brass y ajoute quelques souvenirs personnels et fait aussi quelques clins d’oeil à ses maîtres. Il est sans doute un peu aussi fétichiste et ne manque pas de nous montrer de belles lingeries et de belles paires de jambes avec des bas, bien sûr. Les amateurs du genre seront comblés. Un anachronisme, sans doute, dans une scène dédiée, la vision de jarretelles en plastique. Je suis sûr qu’à cette époque, seules les attaches métalliques étaient employées.  En résumé, un film érotique assez chaud, une histoire troublante dans un monde troublé. Même si elle est imaginaire, on est presque certains qu’elle est inspirée de faits réels imaginaires. C’est un peu la magie de Brass qui opère.

Fiche technique. Réalisateur: Tinto Brass – Titre original: Senso ’45 – Titre français/anglais: Black Angel – Année 2002 – Durée 128 mn – Pays: Italie, Eagle Pictures – Musique: Ennio Morricone – Interprètes: Anna Galiena (Livia Mazzoni) – Gabiel Garko (Helmut Schultz) – Franco Biancaroli – Antonio Salines – Loredana Canata –  Erika Savastani – Simona Borioni.

Petite encyclopédie sur l’art de porter le bas nylon

Le Boss vous présente sa dernière publication 

Le bas nylon s’éclate en bulles colorées dans les désirs des hommes, qui n’ont jamais eu la chance de l’admirer de près, encore moins de le toucher. Ce livre qui se veut une petite encyclopédie didactique sur le bas nylon, aborde tous ses aspects, son histoire, ses accessoires, et la façon de l’apprivoiser ou l’admirer par ceux qui n’ont connu que les collants. Il rafraîchira aussi la mémoire de celles qui le portent de temps en temps, en leur rappelant les choses essentielles pour faire de lui un instrument de séduction incontournable et surtout confortable. C’est un livre à offrir à la dame de ses rêves, où de manière plus indirecte, à laisser traîner négligemment sur la table du salon. Nul doute qu’elle le lira et, qui sait, lui donnera des idées.

Illustré par de nombreuses photos dont certaines inédites.

avec

les modèles

Miss Nylon

Miss Eva

Miss Legs

Sandrine Raimbaut

Axelle

les photographes

Claude Vittiglio

Stéphane Perruchon

JFH Photographe

Alban Lavigne

X

et la participation de 

Cervin

SodibasParis

Secrets In Lace

en vente exclusive sur

 

Les surprises de l’hôtesse de l’air

Les belles soirées ne s’improvisent pas d’avance. En général quand c’est organisé, on se traîne comme des âmes en peine le verre à la main, à la recherche d’une ivresse qui ne se trouve pas dans son verre. J’en veux pour preuve cette histoire, qui fut l’une des plus charmantes dans mes observations en jambes gracieuses et bas qui dissimulent à peine la perfection d’une jolie peau.

Un samedi, en fin d’après midi. Client fidèle dans la boutique d’un copain branché musique, nous avions l’habitude de fêter, souvent avec son amie, la fin de la semaine en allant boire un verre. Lui, content de mon passage en ces lieux, dame le tiroir caisse était gonflé de quelques billets venant de ma poche. Moi, heureux d’avoir quelques nouvelles musiques à me mettre sous l’oreille. Une vieille passion dont l’ivresse m’aurait valu quelques retraits de permis de conduire, si la conduite en état d’ivresse musicale était sanctionnée par la loi. La minute fatidique de la fermeture de boutique allait sonner au clocher de l’horloge mentale du copain, quand soudain, comme dans les films à suspense, la porte du magasin s’ouvrit. Point de gangsters venant faire la quête pour les voleurs nécessiteux, mais un couple mal assorti, pénètre dans les lieux. Lui, le genre macho excité, elle, belle et gracieuse comme une brise de printemps venant faire fondre la neige. Des copains du patron que je ne connaissais pas, nous n’allions pas tarder à faire connaissance.

Une invitation à l’apéritif chez le couple qui abritait ses amours dans un appartement pas très lointain, et c’est parti. Charmant appartement par ailleurs, une vaste pièce sous les combles, des bières qui circulent et de gentilles conversations, le cul posé sur un tapis très confortable. Il fut question de poursuivre la soirée dans un autre lieu, un restaurant où, parait-il, on mangeait bien. D’accord, d’accord, mais avant un petit tour dans les commodités, la bière ça surmène la vessie. Je me fais indiquer l’endroit et j’y pénètre. L’interrupteur de la lumière se trouvant sur la gauche, je l’actionne. Une salle bain avec tout le nécessaire. Une baignoire, un lavabo et cet objet dont nous tairons le nom, objet de ma visite en ces lieux. Autre découverte, plus inattendue celle-là, un séchoir à linge, amplement garni. La belle avait fait sa petite lessive, lessive qui en principe devait rester discrète. Une guêpière rouge et deux porte-jarretelles, l’un blanc, l’autre noir, des bas de même couleur, attendaient sagement que la dernière larme du passage dans la lessive, veuille bien quitter leurs délicats tissus.


Oh oh, la Belle était une adepte des dessous sexy. Je m’en serais douté un peu, mais là ,c’était vraiment une convertie. Je quittai les lieux avec regret, mais les yeux pleins d’étoiles. Retour vers les autres et regard à l’intéressée. Rien de spécial à signaler. Avait-elle oublié ses parures? Avais-je vu des choses qu’elle estimait visibles pour tous? Je n’en sais rien. L’histoire peut continuer…
Avant de partir pour le repas, la Belle alla faire un brin de toilette, Elle rappliqua en talons et avec une mini jupe qui méritait bien son nom. Je remarquai ses jambes gainées de noir. Je pensai immédiatement à un collant, la jupe ne pouvait cacher la moindre lisière de bas. Tant pis, je me résignai intérieurement, la soirée aurait quand même lieu. Direction les voitures. Il fut décidé que les hommes iraient  dans la voiture du copain et que moi j’emmènerais les deux dames présentes dans ma voiture. Elles décidèrent d’aller s’assoir sur le siège arrière, afin de papoter comme seules les dames ont le chic pour le faire. A un feu rouge, juste après le départ, je jetai un coup d’oeil dans le rétroviseur. Je m’aperçus que j’avais une assez belle vue sur les jambes de la Belle. La jupe avait un peu remonté sur les jambes et à mon grand étonnement je me rendis compte que c’était des bas et non un collant qui se cachait sous le peu de tissus qui avait servi à la confection de la dite jupe. Je me traitai intérieurement de con, car étant tellement parti dans mon histoire de collant que j’avais quelque peu baissé l’allure dans la recherche du détail révélateur. La jauge de température de ma voiture était bien calme, par contre je ne pouvais pas en dire autant, tellement la journée semblait faste en plaisirs visuels. Le repas, excellent par ailleurs, m’empêcha de me rincer l’oeil, car le sujet de toutes mes attentions était assis en face de moi, mais j’eus quand même un plaisir auditif. Délaissant les discussions viriles des messieurs qui comparaient les mérites des joueurs de l’équipe locale, je m’intéressai à celle des dames. L’amie de mon copain, plus observatrice que moi, avait remarqué que la Belle, par ailleurs hôtesse de l’air, portait des bas. Et presque naturellement la conversation roula sur le port des bas dans le métier d’hôtesse de l’air. Bon ,j’appris,mais je m’en doutais un peu que les bas n’étaient pas obligatoires dans l’exercice du métier, qu’elle n’en portait pas professionnellement, mais qu’il était défendu d’avoir les jambes nues. Je lui posai quand la question à cent balles, puisque qu’elles parlaient librement devant moi, pourquoi elle aimait les bas. Sans aucune gêne, elle me répondit que c’était à son avis bien plus sexy et confortable que les collants et que ça allumait bien son copain, bien qu’intérieurement je le pensais assez allumé comme ça. Elle m’avoua que dans ses bagages d’hôtesse, il y avait toujours un porte-jarretelles et que dès que l’occasion s’en présentait, elle délaissait ses collants. Vis à vis des collègues de travail, elle préférait une tenue plus passe partout. J’étais aux anges, bien que ces derniers soient, dit-on, sans sexe, je les imaginais bien volontiers en guêpière et bas à couture. Quelle belle soirée!

On a changé de d’endroit pour aller prendre un verre dans un club des environs. Vous devez penser sans doute, qu’il me manquait quelque chose pour que le plaisir soit total. Vous avez raison, mais cela dépend aussi ce à quoi vous pensez. Si c’est comme moi, la suite vous l’apprendra. L’excité, un peu pris par l’ambiance d’un slow emmena la Belle sur la piste de danse. Je ne sais pas s’il le fit exprès, mais en mettant ses mains sur les fesses de sa partenaire, il fit remonter, pas besoin de beaucoup, plusieurs fois la jupe dévoilant de coquines petites jarretelles noires. La température de l’endroit monta sans doute de quelques degrés en peu de temps, le spectacle en ayant conquis plus d’un.
Le lundi, au boulot, un copain me demanda si j’avais passé un bon congé. Que croyez-vous que je lui ai répondu?

Nylon paparazzi (25)

Allons encore une fois nous promener dans les bois pendant que le loup n’y est pas et après que ce bon vieux bois se soit transformé en feuilles de journaux où coulent des mots qui sont nylon, jarretelles et tutti quanti!

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Quiconque entend prononcer ou lit le mot jarretelle de nos jours, va imaginer cet objet selon la place qu’il occupe dans l’imaginaire actuel. La réaction sera sûrement différente que l’on soit homme ou femme. Chez la femme, quoi qu’elle puisse engendrer, c’est elle qui se sentira concernée en premier lieu. Il n’en a pas toujours été ainsi, rappelons-nous que la fameuse jarretelle faisait aussi partie de la garde-robe masculine. Elle a disparu en tant que telle depuis bien longtemps, disons les années 40 pour être en accord avec la réalité historique. Certains messieurs âgés, continuèrent de la porter en relation bien sûr avec le fixe-chaussettes. Je me souviens très bien d’avoir encore vu cet accessoire dans les années 70, pas à la mercerie du coin, mais dans un grand magasin. Sont port était bien évidemment lié avec la chaussette. Ce qui peut faire sourire maintenant, c’est la complication que cela pouvait causer dans la pratique de tous les jours, fixer un élastique sous le genou autour de la jambe avec une jarretelle pour tenir une chaussette. Alors qu’il aurait été plus simple de mettre un élastique en haut de celle-ci pour qu’elle tienne.  Oui je sais,  je viens d’inventer la chaussette jarretière, la Happy Sock Up!

Soyons honnêtes, les progrès dans la fabrication d’un fil élastique performant et fin a bien retardé la disparition du ce fameux accessoire indispensable à la disparition de l’adage « se faire remonter les chaussettes! ». On peut imaginer, je n’ai pas de témoignages concret à disposition, ce que pouvait ressentir la femme d’alors à sa vue. Peut-être, un regard  discret et lubrique vers un bas de pantalon masculin un peu trop relevé?

En explorant les archives, j’ai trouvé trois articles de 1930 qui relatent l’utilisation du fixe-chaussettes comme si l’on avait parlé de porte-jarretelles dans un article intéressant avant tout la garde-robe féminine.

La plupart des articles sont cliquables pour une meilleure lecture.

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La guerre sans jarretelles

Madame, si vous aviez vécu les débuts de la guerre en 1940, auriez-vous imaginé la guerre sans jarretelles? Pour certaines, apparemment non!

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1955 – Un petit aperçu dans un journal dit du peuple, vous y verrez que le short n’est pas une invention récente et que madame qu’elle soit de gauche ou de droite porte pratiquement les mêmes dessous.24 061616 5

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1947 – Après la guerre, la paix ramène la consommation. Le bas nylon, dont a plus entendu parler que réellement enfilé, se fait plus présent dans la réalité. Un article de 1947 qui résume la situation générale.

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1947 – Un peu plus tard. Maintenant que le bas est disponible, il faut encore qu’il puisse tenir. La guêpière est une chose envisageable, visite des lieux.

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1952 – La tendance lingerie de l’été, à croire que les dames portent des bas aussi en cette saison. Ce n’est pas tout à fait faux, car si les bas noirs étaient presque exclusivement réservés pour le deuil ou les femmes un peu aguicheuses, se promener les jambes nues n’était pas du meilleur goût. Le bas noir, en faisant l’assimilation noir = deuil, devait un peu balancer dans la tête de nos grands-pères comme femme veuve = femme libre. La couleur noire a encore beaucoup de charme aujourd’hui, mais n’importe quelle femme n’attend plus d’avoir fait empoisonner son mari par son amant pour donner le change en les portant.

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1960 – On ne pense pas à tout, un conseil qui va peut-être encore servir…

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1949 – Ce sacré bas nylon, on l’imagine partout, on veut (ra)tisser large. Un écho qui concerne la ville d’Annemasse. A ma connaissance, cette prédiction ne s’est jamais réalisée.

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1954 – Vous pensez éventuellement que les bas « dots », chers à mon Ambassadrice Miss Eva, sont une création relativement récente. Pour être tout à fait honnête, je le pensais aussi, tout au plus je situais les premières paires de ce genre dans les années 60 et encore plutôt sous forme de collant. Il m’a fallu déchanter, tout en m’enchantant. J’ai en effet découvert un article de 1954 dans un hebdomadaire qui les mets à l’honneur en les présentant comme une création du couturier Jacques Fath, justement décédé à la fin de cette année-là. Décidément la presse est un excellent moyen de chasser les idées fausses. Voici la vérité vraie…

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 A bientôt pour un autre voyage…

Des dessous pour un siècle (21)

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La mode est un éternel recommencement, cela peut très bien s’appliquer au bas nylon. Nous avons vu qu’il a presque disparu dans années 70, excepté quelques irréductibles et quelques vieilles dames qui conservèrent cette habitude, puis qu’il faut en parler de cette manière. Pour ces dernières, toute idée de lier cela à un quelconque désir de séduire et même de le lier à une idée de sexe est hors sujet. Elles font tout simplement cela comme un homme qui continuerait de se raser sans utiliser un appareil électrique. Je me souviens de ma tante qui pestait contre les magasins de sa petite ville qui ne proposaient pas ou peu de bas nylons à la clientèle.

Nous sommes encore entre deux mondes, toute jeune fille qui approchait de ses 20 ans en 1980, pouvait encore avoir vu sa mère porter des bas, même qu’elle le remarqua sans pour autant attacher une grande importance à la chose. Elle aurait pu tout aussi bien remarquer que son père avait laissé pousser ses cheveux. Depuis les années 50, la mode est incontestablement liée à la musique, c’est son meilleur support. Il y a la mode que les couturiers imaginent et celle plus visible qui se porte dans la vie de tous les jours. D’ailleurs je n’ai jamais bien su lequel des deux suivait l’autre. On peut se rappeler les fameuses chemises  à fleurs popularisées par Antoine dans ses « élucubrations ». Bien malin qui avait vu ce genre de chemise dans un magasin avant qu’il n’en parle dans sa chanson.

Au début des années 80, la mode musicale qui se pointe est ce qu’on appelle la new wave. Elle répond au mouvement punk qui s’essouffle. Beaucoup plus fouillée musicalement, on entre gentiment dans l’ère électronique en mélangeant les sons artificiels et en conservant les instruments traditionnels comme les guitares. On retrouve un peu la créativité des années 60 où chaque groupe a son style et un son qui lui est propre. Il y a Talking Heads ou des groupes qui explorent des musiques plus sombres et froides comme Joy Division.

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Une scène qui ne date pas des années 50, mais de bien plus tard, cela se remarque à certains détails. Voyez la dame qui porte des bas.

Plus étonnant, c’est le grand retour du rock and roll que l’on nomme désormais rockabilly, un terme pas si nouveau mais mis définitivement en évidence. Un groupe surclasse tous les autres, tant au niveau du succès que la maestria de ses membres, les Stray Cats. Ils revisitent avec un certain bonheur les classiques du rock et en créent de nouveaux. Toutefois, les puristes aiment sans doute cela, mais peuvent lui reprocher que l’on est pas tout à fait dans le son des premiers Presley ou Bill Haley. C’est normal, la technique a évolué on ne trouve plus beaucoup d’amplis à lampes, des circuits imprimés les ont remplacées. La stéréophonie est la règle et la vidéo devient un support de présentation.

25 021416 2Un album de 1976 qui préfigure le retour du rock and roll avec quelques groupes qui seront plus ou moins des têtes d’affiches quelques années plus tard. Remarquez que la fille porte des bas (voir le document en fin d’article) 
Revisiter les années 50 est un plaisir qui ne va pas sans faire rejaillir la mode de cette époque. Si la subtilité de la pureté du son des années 50 peut échapper à un adolescent qui ne l’a pas connu, il s’attardera plus volontiers sur les clichés qui vont avec cette musique. Banane pour les garçons et crinoline pour les filles. Certaines demoiselles vont soigner le détail et redécouvrent les bas. Au départ ce sont de simples bas tenus par un de ces porte-jarretelles acheté en grande surface, c’est toutefois un bon début. D’après mon expérience, je dirais que c’est le début et le renouveau du bas porté publiquement, autrement que dans un arrangement de chambre à coucher. Pour avoir pas mal fréquenté les concerts et festivals de ces années là, j’ai souvent eu l’occasion de voir des dames ou demoiselles porter des bas, et ce n’était pas des collants, croyez-en un expert. Pour mon plus grand plaisir, j’ai revu de véritables bas à coutures et à diminutions, un vrai paradis! Comme dans la vie de tous les jours, tout se croise et finit pas se rencontrer, cela donna quelques idées à celles qui n’avaient pas une admiration spéciale pour le rock and roll. Il est certain que depuis j’ai vu des dames porter des bas assez régulièrement et presque d’une manière allant crescendo.

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Les dessous des année 80 illustrent bien toutes les directions que peuvent prendre les styles de vie. La liberté est quasiment totale, on détourne d’une manière ou d’une autre les accessoires traditionnels.

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La fameuse culotte Sloggi en un croisement entre le Lycra et le coton, il acquiert la réputation de se laver à de hautes températures, ce qui a le pouvoir de tuer tous les microbes sans l’ombre d’un doute. C’est avant tout un argument publicitaire finement trouvé. Le slip masculin fait un pas vers l’appellation contrôlée. Désormais, il porte le nom du fabricant.

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Le caleçon devient aussi un accessoire féminin grâce à Coup de coeur. Même s’il rencontre un franc succès, on ne peut pas dire qui est criant de féminité.

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En 1984, c’est la consécration pour Chantal Thomas qui réinvente les dessous sexy, après les dessous chics de Birkin et Gainsbourg, en lui donnant une touche de modernité. Si l’on peut ne pas être toujours d’accord avec ce luxe qui ne va pas de pair avec les bourses peu garnies de billets, son grand mérite est d’avoir remis la guêpière au premier plan.

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La révolution la plus notable verra son avènement en 1986, c’est le retour du bas dans sa version Dim Up. D’une certaine manière, on refait en partie le geste immuable d’enfiler son bas, mais sans la conclusion finale, celui de l’attacher à la jarretelle. Il connaît un grand succès et se vend par millions. Pour les nostalgiques du sexy intégral, c’est un moindre mal, mais qui ne saura pas offrir tout le charme de la version complète. Il acquiert aussi une mauvaise réputation, celle de couper la circulation sanguine. C’est sans doute vrai quand on porte la taille S alors que les jambes sont XL, mais je pense que la plupart des femmes qui ont porté ces bas ont survécu. Peut-être plus ennuyeux, c’est le manque d’assurance dans la tenue du bas, qui rappelons-le est tenu par deux bandes de silicone, et peut connaître un certain relâchement après quelques usages. J’en ai vu une ou deux qui se payaient l’air malin lors de ce genre d’accident, surtout celles qui n’assumaient pas complètement l’art de porter des bas. Il est aussi conseillé avant l’utilisation des respecter un certains strict dans le choix de la taille. La présence d’un géomètre n’est pas expressément conseillée, mais peut avoir une certaine utilité. Dans la réalité, Dim n’a fait que de mettre en valeur un bas qui existait depuis trente ans, en lui assurant une méthode qui conjugue confort et une relative sécurité dans son maintien.

Nous verrons dans un prochain chapitre que ces années sont aussi le symbole du sexy qui s’assume, grâce à la publicité et à la télévision et nous explorerons les années suivantes.

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Un film qui date du début des années 80 est qui est en fait un documentaire. Un cinéaste, Curtis Clark, s’est intéressé à tous ces nostalgiques qui vivent encore la passion du rock and roll dans ses moindres détails, mais 25 ans après son explosion. C’est un film qu’il faut voir avant tout pour ses belles démonstrations de rock and roll sur scène, mais ce qui ne gâche pas le plaisir, c’est la caméra qui se promène au ras du sol et qui filme les bas et jarretelles des ces demoiselles qui dansent et les scènes sont assez nombreuses. On peut y voir Bill Haley quelques mois avant sa mort.

En voici un large extrait