Un cuvée dans le garage

Un voyage dans les obscurités garage punk sixties. Les Américains furent les rois dans ce domaine. Tout bled perdu au fin fond d’un état et qui avait au moins 500 habitants, avait son studio d’enregistrement. Très souvent, de petits groupes du coin acquirent une certaine dextérité musicale et surtout n’avaient guère d’autres distractions pour passer le temps. Le deal, c’était de se faire remarquer par un label de plus grande envergure et signer un contra. Pour cela, des directeurs artistiques sillonnaient les campagnes à la recherches de ces perles rares. Quelquefois ils en trouvaient, et beaucoup plus rarement ils parvenaient à en faire des plus ou moins grosses vedettes. Rien ne s’est vraiment perdu, car ces disques furent compilés dans des centaines de galettes vinyles dans les années 70 et 80. Moi-même, j’en possède une belle collection, certaines depuis 40 ans. Je les considère vraiment comme le testament de la part obscure des sixties. Voici une sélection dans n’importe quel ordre, le seul pont commun c’est que ce sont des groupes américains d’époque entre garage et début du psychédélique.

Croisière instrumentale sans escale

Monique et les Tridents, Allemagne 1966. Enregistré par une Française qui joue de l’orgue. Au dos d’une reprise de « Stalactite » des Aiglons, cet instrumental. Un disque très rare, qui monte à plus de 200 euros dans les enchères. Même moi je ne l’ai pas, c’est vous dire.

The Four Shakers, Suisse 1964. Du tout bon.

Les Anonymes, Belgique, 1963.

The Astronauts, USA 1963. Du surf à toutes les vagues.

Les Mustangs, France 1963, Des guitares du diable.

Les Daltons, France 1962. Ah celui-là je l’aime bien depuis longtemps, tout en lisant Lucky Luke! A propos Peter, je ne sais pas ce que tu deviens…

Les Champions, France 1963. Il eurent la drôle d’idée mais réussie, de reprendre en instrumental, un titre de Leny Escudero

Le Maître, Dick Dale, enregistré en 1996.

The Supertubes, Finlande, beaucoup plus récent, 2008, mais sonne presque comme autrefois. Reprise des Ventures.

The Regents, UK. Les groupes à la Shadows ne sont pas morts, autre exemple. Reprise en instrumental d’un titre des Renegades.

The Falcons UK 1963

Group X, un 45 tours perdu dans les nombreuses productions anglaises du style, 1963.

Des cordes sans violons

Quelques instrumentaux années 60, une nouvelle série, matériel presque inépuisable

The Boys / Polaris- Angleterre 1963 – Existe aussi par les Krewkats.

The Blue Jays –  Australie 1962 – Cover de « Sheba » de Johnny & Hurricanes.

Les Tornados / Robot – Angleterre 1963 – Une des rares clips qui existe du groupe, un rien coquin. Il fut tourné en France.

Jimmy & the Rackets / Black (dark) Eyes 1964 – Groupe basé en Allemagne avec une superbe version d’un thème russe très connu.

The Hubbubs / Yellow Cat – Autriche 1965 – Groupe très connu là-bas.

Les Aiglons / Tro!ika – Suisse 1964 – Le meilleur après « Stalactite ».

The Chantays / Wayward Nile – USA 1963 – Assez bizarrement pour un groupe de surf, il y a un piano, mais c’est superbe.

The Terri-Tones / Sinner – Canada 1962 – J’ai découvert ce truc sur une compilation dans les années 80, je l’ai écouté je ne sais pas combien de fois depuis.

Les Fantômes / Je Ne Veux Plus T’aimer – France 1962 pas 64 – Un clip probablement reconstitué

Les Sunlights / Black Rider – France 1963 –  Quel beau son !

Les Cousins / Robot – Belgique 1962 – Différent de celui des Tornados, mais belle ambiance.

Les Schtroumps / Kamarade – France 1963 – Reprise de l’arrangement du traditionnel russe fait par Nero & Gladiators en Angleterre

Une prise de sons

Un petit tour dans un style que j’adore, les instrumentaux sixties…

The Hurricane Strings, Hollande, 1962. The Mexican, originalement créé par les Fentones en Angleterre, c’est ma version préférée.

The Sounds, Finlande, 1963. Très populaires dans leur pays, existent encore aujourd’hui, ce titre est un arrangement sur un air traditionnel russe et fut repris par les Ventures.

Les Sunlights, France, enregistrement inédit réalisé en 1963/64. Ce sont les mêmes qui connaîtront le succès avec « le Déserteur » en 1966.

The Motivations, USA, 1964, obscur groupe américain qui s’inspira pour le titre des « oiseaux » de Hitchcock.

The Jokers, Belgique, 1964. très connus en Belgique, j’aime bien

The Four Shakers, Suisse, 1964. Dans la partie francophone, le groupe instrumental le plus connu avec les Aiglons. Ce titre date de 1964 et non 1963 comme annoncé.

Les Four Dreamers, France, 1962. Leur titre le plus connu et, je crois, leur seul original.

Nero et les Gladiators, Angleterre, 1961. Excellent titre, une face B. Dans ce groupe officia brièvement, un certain Bobbie Clarke, futur et grand batteur de Vince Taylor et Johnny Hallyday.

The Gladiators, les mêmes mais sans Nero et sans bobbie Clarke, Angleterre 1962. Le groupe viendra en France et accompagnera Dick Rivers vers 1963-64.

Les Spotnicks, Suède, 1963. Un des groupes du style ayant acquis une réputation internationale. Superbe version de Johnny Guitar, la chanson du film Rio Bravo.

The Falcons, Malaisie, 1965. Eh oui, il y a même des groupes instrumentaux vers le soleil levant.

The Ryth’men, Suisse, 1965. La seule tentative de ce groupe, un disque assez difficile à dénicher, il n’a été publié qu’en Suisse.

The Somebodies, Allemagne 1965, Titre à ma connaissance seulement publié sur une compilation allemande avec quelques groupes et chanteurs locaux, dont Tony Sheridan, bien qu’il soit anglais. Le célèbre « Tico Tico », dans une version avec un plutôt bon guitariste.

Les Jumping Jewels, Hollande, 1964. Groupe qui a assez bien franchi les frontières de son pays, existent encore. une reprise des Outlaws anglais.

Les Sauterelles, les Swiss Beatles, dons un bel instrumental, 1965. Le groupe existe toujours.

Images musicales en V.O.

Faisons encore une fois le coup des ces artistes français qui puisaient dans les répertoires étrangers pour combler une discographie ou essayer d’en faire un succès. Les titres que je vous propose ont été parfois un succès ou ils figuraient à côté d’un succès que vous avez peut être acheté. Et puis si vous ne les connaissez pas, eh bien il n’est pas trop tard pour perfectionner votre savoir musical ou vous en constituer un. Si vous parlez avez un spécialiste et que vous citiez les versions originales et françaises  de ce listing, il vous prendra certainement pour un érudit en musique. Vous ne me croyez pas? Eh bien essayez!

Claude François – En rêvant à Noël

Billy Fury – UK 1963

Claude François . J’y pense et puis j’oublie

Burl Ives – USA 1962

Nicoletta – La musique

Gene Pitney – USA 1966

Sheila – Toujours des beaux jours

Cliff Richard & Shadows – UK 1964

Frank Alamo – Jolie Frimousse

Nino Tempo & Aoril Stevens – USA 1963

Frank Alamo – Rine ne peut plus m’empêcher

Adam Faith – UK 1964

Françoise Hardy – On dit de lui

Connie Francis – USA 1962

Noël Deschamps – Ca va bien pour moi

The Soulmates UK 1966

Ronnie Bird – Ce maudit journal

The Turtles – USA 1965

Michèle Torr – Dans ma rue (sur son premier disques)

Jackie & The Raindrops – UK 1963

Michèle Torr – Maintenant c’est trop tart

Swinging Blue Jeans – UK 1963

Dick Rivers – Ca ne s’oublie pas

Joe Brown . UK 1963

Sylvie Vartan – Dum Di La

Theresa Brewer – USA 1963

Johnny Hallyday – Si tout change

Johnny Tillotson USA 1965

A la recherche des originaux perdus

Nos chères idoles des années 60 allaient parfois chercher très loin de quoi remplir les sillons de leurs vinyles. Evidemment les compositeurs capables de nous pondre quelque chose qui avait matière à en faire un succès, ne savaient plus où donner de la partition tellement la demande était forte. Alors on allait puiser chez les Américains ou les Anglais de quoi faire un tube ou remplir une face B. J’en ai sélectionné parmi les versions originales, dont certaines sont encore dans pas mal d’oreilles, d’autres un peu moins, via la version française. Le point commun de tous ces artistes étrangers, c’est qu’ils sont pour la plupart pratiquement inconnus en France, et où le titre original n’a jamais été un succès. Je vous indique l’artiste et le titre de la version française. Vous verrez bien si cela vous rappelle quelque chose pour ceux qui étaient présents au moment de leur publication. Pour les autres, vous pouvez toujours écouter, cela ne vous rayera pas les oreilles.

Richard Anthony – Quand Tu Me Dira Oui

Richard Anthony – Ton Meilleur Ami

Michèle Torr – Dans Mes Bras Oublie Ta Peine

Ronnie Bird – Ma Vie S’enfuit

Ronnie Bird – Tout Seul

Sylvie Vartan – Si Je Chante

Sylvie Vartan – Je Le Vois

Sylvie Vartan – Quand Un Amour Renaît

Johnny Hallyday – Les Guitares Jouent

Johnny Hallyday – Johnny Lui Dit Adieu

Françoise Hardy – On Dit De lui

Monty – Même Si Je Suis Fou

Monty – Tchick Tchang

Nino Ferrer – Les Cornichons

Henri Salvador – Minnie Petite Souris

Garage à louer

Vous commencez d’avoir l’habitude de mes goûts musicaux. Vous savez bien que j’aime beaucoup, entre des dizaines de styles, la musique psychédélique et le garage punk. Ce dernier est une extraordinaire mine de sons et de créations musicales venant d’artistes peu connus ou inconnus, opérant durant les sixties et principalement américains. Il y a quelquefois un petit côté amateur pas déplaisant. Souvent des disques publies à de très petits tirages sur des labels obscurs, ils furent pour la plupart exhumés par quelques chercheurs passionnés et publiés sur une multitude de compilations et je dois bien en avoir quelques centaines. Je ne résiste pas à vous en présenter une nouvelle sélection, je crois sans doublons de ma part. Ces pépites n’appellent pas de commentaires particuliers, sinon que je les aime tous. J’espère que certains vous plairont également. En musique, il n’est pas nécessaire de savoir qu’un disque s’est vendu à des millions d’exemplaires pour le trouver plaisant.

En avant la musique…