Musique sous la douche ou ailleurs

Entre 1966 et 1968 quelques trucs qu’il m’arrivait d’écouter dont certains que j’écoute encore maintenant. C’est ce que je classe plutôt avec l’étiquette commerciale, car la plupart ont été des succès ou découverts en face B de ces succès. Mais de temps en temps c’est plaisant à écouter. De toutes les façons possibles, ils font partie de ma collection et je ne vais pas les jeter à la poubelle.

 

Des chansons qui prennent du temps

Les opéras et les grandes pièces de musique classique duraient parfois des heures. A l’apparition des supports comme le 78 tours et après le microsillon, la plupart des compositions ne duraient que quelques minutes, 2, 3, 4 minutes étaient la norme. Puis, à partir du milieu des années 60, la durée des titres a commencé gentiment à s’allonger. Il y eut, entre autres, « Goin Home » des Rolling Stones qui faisait plus de 11 minutes sur l’album After Math, les Doors « Light My Fire », 7 minutes sur le premier album, dont la version en 45 tours fut ramenée à 3 minutes, et également « The End » plus de 11 minutes. Mais le premier titre rock qui occupait une face complète, « Revelation », est le fait du groupe Love sur l’album Da Capo, qui durait plus de 18 minutes, suivi de près par Bob Dylan, « Sad Eyed Lady From the Lowlands sur le double album Blonde On Blonde. Le reste suivra et devient assez fréquent.

Voici un choix de ces titres que j’ai sélectionnés, principalement parce qu’ils sont plutôt du genre démonstratif, c’est à dire qu’avec un peu de sensibilité on est pris par un certain hypnotisme qui figure dans le morceau et on ne trouve jamais cela trop long. Ceci dans des styles différents qui ne vous plairont peut-être pas tous. Mais on essaye…

Evidememnt on ne pouvait pas laisser celle-ci de côté, mais on peut aussi remarquer que son apparition dans la bande sonore de « Apocalypse Now » l’a bien aidé à se faire des amis

Une douzaine de minutes pour un de ces trucs biens planants, a la limite on peut imaginer qu’ils ont pas fumé des épinards, un orchestre de chanvre en quelque sorte. C’est certainement pour une grande part de l’improvisation, mais le résultat est assez fumant, c’est le cas de le dire…

Sur le premier album du Crazy World Of Arthur Brown, qui obtint en 1968 un succès mondial avec « Fire »extrait de cet album, on trouve une chanson assez bizarre, dans un style assez insaisissable, c’est un peu jazz, un peu psyché, un peu rétro, enfin je l’ai écouté des centaines de fois et je ne m’en lasse pas.

En général, les longues chansons sont plutôt calmes, celle-ci c’est tout le contraire, un ruissellement de guitare endiablée et déglinguée. C’est dans ce genre de titres que l’on peut à chaque nouvelle écoute trouver des trucs différents, mais cela demande assez d’effort mental. The Gun, sur leur premier album de 1968, sur lequel figure leur fameux hit « Race With The Devil ».

Pas mal de groupes dans les années 60 et 70 reprenaient des chansons qui avaient leurs preuves pour le retravailler en général dans des versions étirées. C’est le cas pour « She’s Not There » des Zombies revisité en 1968 par the Litter.

 

La suivante est certainement un chef d’oeuvre, la chanson de Nancy Sinatra remise au goût de 1969 par Vanilly Fudge.

Le groupe anglais Man, après un succès avec un morceau qui fit presque scandale « Erotica », cherche et trouve de nouveaux horizons, notamment avec cet instrumental « The Storm ». Cela me rappelle immanquablement un vieux et beau dessin animé de Walt Disney « The Old Mill ». Le thème musical de Man va dans le même sens, vie paisible, tempête qui s’annonce et se déchaîne pour se calmer ensuite.

Le genre morceau logue durée n’a que peu effleuré les discographies françaises. Il y a pourtant quelques exceptions, une des plus coutumières du fait fut Catherine Ribeiro et le groupe Alpes. Un exemple : « Poème Non Epique » » qui en plus de 18 minutes remplit la face d’un album. Quand on me parle de grande dame de la chanson française le nom de Catherine Ribeiro me vient immédiatement à l’esprit, certes une dame en version moderne. J’imagine que si Fréhel ou Piaf étaient nées quelques dizaines d’années plus tard, elles se seraient trouvées à l’aise dans des chansons de ce style. Ribeiro est très anarchiste dans ses textes, mais avec les paroles d’un autre temps, les autres grande dames citées le sont parfois aussi un peu.

Le hard rock a aussi ses longues durées, ici Blue Cheer dans une formation ultérieure, reprend un vieux titre dans une version assez hendrixienne, c’est superbe!

Versions doublées…

Nombre de chanteurs ont enregistré dans une langue qui n’est pas la leur, souvent en n’ayant aucune notion de la langue dans laquelle ils chantent. Voici quelques uns de ces artistes qui tentèrent le coup avec plus ou moins de réussite.

Aux seigneurs les honneurs…

Les Beatles qui avaient appris trois mots d’allemand à Hambourg en profitent

Les Rolling Stones en italien

Neil Sekaka lui tâte de l’hébreu avec un des ses plus beaux slows

Paul Anka presque un habitué de l’italien

Gene Pitney au festival de San Remo avec une chanson qui fera (presque) la fortune de Richard Anthony une dizaine d’années plus tard.

En 1966, Les Yardbirds tentent la désastreuse expérience du festival de San Remo, en italien bien sûr.

Peu connus en France, Jay & the Americans ont pourtant enregistré dans notre langue un de leurs tubes

Les Searchers y vont aussi de quatre titres en français, malgré l’accent de Liverpool.

Idem pour les Hollies, mais avec l’accent de Manchester, ces titres sont restés longtemps inédits, refusés par EMI France

Sylvie en japonais

On a retrouvé par hasard deux titres de Johnny enregistrés partiellement en turc et publiés seulement dans ce pays. Il semble que l’intéressé avait complètement oublié qu’il avait fait cela.

France Gall fut une assez grosse vedette en Allemagne, alors dans la langue Goethe…

En japonais

Marjorie Noël fut une de ces chanteuses yéyé qui connut quelques succès en 1965-66 et se présenta à l’Eurovision. Néanmoins elle fut presque une grande star au Japon avec quelques uns de ses titres enregistrés dans la langue du pays et des productions originales pour le marché local. Lors d’un concert au Japon dont elle était la vedette, la première partie était assurée par… Charles Aznovous. Gravement blessé lors d’un grave accident de voiture en 1966, elle eut de la peine à refaire surface et abandonna sa carrière. Elle se maria, fonda une famille. Elle mourut prématurément en 2000. Elle est encore aujourd’hui populaire au Japon.

Je possède un document d’elle, un disque dédicacé à un certain Robert, trouvé dans un brocante pour trois fois rien. Souvenirs, souvenirs…

Richard Anthony fut un des coutumiers de l’enregistrement en langues étrangères. Il avait une bonne connaissance de l’anglais en ayant séjourné outre-manche en étant adolescent. Ici c’est un original pour le marché anglais, paroles de Richard Anthony, musique de Silvano Santorio qui fut son guitariste et aussi celui des Four Dreamers. Le titre fut aussi exploité par les musiciens d’Anthony pour un EP, sous le nom de Clan De Silvano. Je trouve que ce titre aurait mérité mieux, il avait un potentiel assez évident.

Retrouvailles en musique

Ils eurent une heure de gloire, il y a parfois très longtemps. Beaucoup ont complètement disparus, visuellement ou physiquement. D’autres sont encore là, se produisent encore, ont plus ou moins changé de binette. Sûrement quelques chansons qui ne vous sont pas inconnues pour certaines.

Les Zombies, tous les membres originaux, sauf Paul Atkinson décédé..

Les Moonkees, 2 membres originaux, c’est toujours ça

Peter Noone alias Herman’s Hermits, il a un peu pris de la bouteille…

Les Searchers tournent depuis 58 ans sans un instant d’arrêt…

Ray Davies et Mick Avory à la batterie, c’est presque les Kinks !

Brian Poole et les Tremoloes, mais oui ceux qui furent signés chez Decca à la place des Beatles…

Les Nashville Teens dont il ne reste guère que le chanteur Ray Philips

Brian Hyland et son éternel hit

Un autre infatiguable… Dion, quasi 60 ans de carrière et bientôt 80 ans! Et quand il s’ennuie, il enregistre des albums de blues…

Chubby Checker, il pète encore le feu!

Les Marcels, 55 ans plus tard…

Un des plus beaux tubes de la musique psychédélique, les Blues Magoos

Les Shadows Of Knight, pratiquement tous les membres originaux 50 ans après

Souvenirs des sixties j’écoute encore…

Quelques chansons typiques des sixties, surtout des faces B,  que j’ai découvertes à l’époque et qui sont toujours dans ma collection. On est en pleine Beatlemania et certains de ces artistes ont été aussi populaires que les Beatles, certains pendant au moins 2 minutes ! D’autres furent plus accrocheurs et presque égaux. Tous les artistes sont anglais.

Un monument des sixties…

Un de mes préférés à l’époque et pas tout à fait oubliés aujourd’hui. J’ai même eu le premier prix dans un concours organise par le fan club, il fallait dire pourquoi on les aimait, alors…

Comme d’autres étaient cons moi j’étais Merseybeats

Ils avaient du charme les Hollies, je veux bien sûr parler de musique, pour le reste à vous Mesdames de juger…

Un groupe qui avait une démarche très originale et des titres gros comme ça !

Une de ces face B que j’adorais…

Original… deux chanteurs !

Pour ceux qui connaissent, le Joe Meek Sound

Elle avait du coffre !

Pour moi c’est inoubliable…

La chanteuse aux pieds nus…

Certainement des poids plume de Liverpool, mais quelle belle balade !