En passant

Inventaire musical à la Prévert (60)

Un des plus emblématiques tubes des sixties vit la jour en 1969, interprété par le groupe hollandais Shocking Blue, avec une chanson qui parle de la déesse de l’amour, Vénus. Ce fut un hit mondial et il fut no 1 dans d’innombrables pays, sauf dans son pays d’origine. Il se vendit à 1 million d’exemplaires rien qu’aux USA.
Le groupe puise ses origines dans un groupe beat hollandais, les Motions. Le mentor du groupe fut Robbie Van Leeuwen, guitariste et plutôt habile compositeur. Vers 1967, il fonde Shocking Blue, mais sans la chanteuse qui les rejoindra plus tard. Cette chanteuse, Mariska Veres, n’est pas vraiment une débutante mais elle a surtout oeuvré dans les milieux du jazz. Son père Veres Lajos est un gitan hongrois, lui-même musicien professionnel et virtuose du violon. Il a enregistré de nombreux disque de musique tzigane. L’apport de cette chanteuse au physique avantageux, fut décisif dans le succès du groupe. On imagine assez mal la musique du groupe sans sa voix. Jusqu’à sa dissolution en 1975, ils connaîtront d’autres succès un peu moins retentissants mais néanmoins conséquents, spécialement « Never Mary A Railroad Man » et « Ink Pot ». La popularité du groupe a bien traversé les années et ce nom nom évoque encore quelques souvenirs chez bien des personnes, pas nécessairement très âgées. Le fameux hit fut passablement repris avec des succès plus ou moins conséquents. La chanteuse est décédée d’un cancer en 2006, même si elle ne fumait pas, ne buvait pas, ne consommait pas de drogues. Elle était devenue obèse, perdant la grâce de ses folles années. Plusieurs clips de leurs chansons se comptent en millions de vues.
Et moi dans tout cela ? Comme beaucoup, j’avais succombé au charme de Venus, assez pour écouter l’album d’époque et le trouver plutôt plaisant. C’est sans doute un peu commercial, mais sans sombrer dans la facilité. Sans figurer parmi mes favoris, il m’arrive de temps en temps de le remettre sur la platine.
Pour vous le présenter, j’ai fait un choix. L’album original intitulé « At Home » varie sensiblement selon les pays pour le choix des titres. Ils ne contiennent pas tous « Venus ». Je me suis arrêté à la publication française sur DiscAZ où il figure. En plus, il contient aussi « Hot Sand », la très belle face B du hit.

Venus

Boll Weevil

I’ll Write Your Name Through The Fire

Acka Raga

Love Machine

I’m A Woman

California Here I Come

Poor Boy

Love Buzz

The Butterfly And I

Hot Sand

DOCUMENTS

Venus en vrai live, probablement tv allemande

Mariska Veres, quelques temps avant son décès

Premier clip du groupe et single précédant « Venus », « Long And Lonesome Road »

Un single de 1965 par Mariska Veres, adaptation de « It’s Is True » de Brenda Lee, que l’on connait aussi en France par Jocelyne, Frank Alamo (Oui J’ai Peur)

Durant les sixties, la discographie française se distingua par le nombre impressionnant de publications qui furent faites sous la forme de EP, c’est à dire quatre titres, deux par face. Le principe de base était un peu mercantile, on vendait deux fois plus de marchandise sur la réputation d’un titre principal ou d’un succès, le 45 tours simple avec deux titres était réservé à la promotion et aux jukeboxes. L’avantage principal de ces EP’s demeurait dans le fait que ces éditions étaient présentées dans une pochette avec le plus souvent une photo de l’artiste et un emballage cartonné et plastifié plus résistant à l’épreuve du temps. L’Angleterre et les USA eurent beaucoup moins recours à ce genre de publications. Le plus souvent, la règle était le 45 tours simple emballé dans une simple pochette à trous permettant de voir l’étiquette du disque. Aujourd’hui ces fameuses disques EP’s français, surtout ceux concernant des artistes étrangers, sont recherchés par les collectionneurs du monde entier car ils sont uniques dans leur genre et peuvent parfois atteindre des sommes folles s’ils sont très rares. Au fil des semaines, je vous en présenterai quelques uns parmi ceux qui attirent justement les collectionneurs. Ils seront présentés avec la pochette, éventuellement avec un scan de ma collection personnelle si je ne trouve rien de satisfaisant, les titres qu’ils contiennent, et le plus haut prix atteint par une enchère sur Ebay.

Ce disque qui fit partie des premiers de ma collection, resta pour moi longtemps une énigme. Sur cette unique publication française de 1963, je savais par le numéro de catalogue qu’il s’agissait d’artistes étrangers. En effet le catalogue Decca / France affichait une autre numérotation de référence entre les artistes français ou étrangers. Cela ne m’a pas empêché de l’écouter des milliers de fois, je crois que le terme n’est pas trop fort, car j’ai toujours assez kiffé les instrumentaux à la Shadows ou Ventures. Ce ne fut qu’une vingtaine d’années plus tard lors d’échanges avec un collectionneur finlandais qu’il m’apprit les origines finlandaises de ce groupe. D’après le titres, j’avais soupçonné une origine nordique, éventuellement russe. Le groupe a connu le succès dans son pays et a un peu dépassé les frontières, ils furent assez populaires au Japon. La recette est simple, ils transforment en instrumentaux des airs folkloriques locaux, russes, classiques. C’est le résultat qui apparaît sur ce disque et qui changera peu, mais ils possèdent un son assez identifiable. Le groupe cessa pratiquement d’enregistrer et de performer après 1965. Reformés dans les années 2000 sans le batteur décédé en 1980, ils se produisent encore aujourd’hui.
C’est bien sûr le genre de disque qui intéresse surtout les collectionneurs de choses instrumentales. Il constitue une curiosité, c’est leur seul EP européen, la discographie étant essentiellement finlandaise ou japonaise.

The Sounds – DECCA 457.013, publié en 1963, meilleure enchère sur Ebay 80 euros.

Emma

Mandshurian Beat

Kulkuri

TroiKa

Emma en live 2017, les trois guitaristes sont ceux qui ont participé à l’enregistrement du EP de 1963. Le guitariste soliste est décédé cette année.

Envies de découvrir autre chose ?

La musique n’a pas de frontières. S’il y a bien un point où je suis très éclectique, c’est assurément la musique. Entre un disque de hard rock et un opéra, pour moi c’est de la musique. C’est la différence qu’il y a entre un plat de haricots et un entrecôte bordelaise, les deux pris dans leur contexte propre peuvent s’avérer délicieux. Je fouille, j’écoute, je trouve, et puis quelquefois je tombe sous le charme. C’est pour moi une quête permanente.
Je vous invite à partager ces découvertes au hasard. Des artistes qui ne font pas forcément la une des médias, mais qui ne sont pas dépourvus d’un certain magnétisme ou plus simplement nous présentent une belle vision musicale.

Le fil conducteur est tout trouvé. Je vous ai dit à propos des Sounds qu’ils reprenaient des airs folkloriques, alors on peut remonter aux sources. La Finlande a une longue frontière commune avec la Russie, alors il est évident que les musiques traditionnelles ne sont pas loin l’une de l’autre. La première « Emma » est plus typiquement finlandaise, c’est une chanson que tout le monde connaît en Finlande, elle est à l’origine vocale. Les Suédois la connaissent aussi et l’interprètent également. Le seconde « Troïka » est de pure tradition russe. La troisième rebaptisée « Mandshurian Beat » par les Sounds chante les collines de la Mandchourie, tout à l’est de la Russie. C’est également un air chanté qui fut transformé en chanson guerrière. J’ai choisi la version par le baryton russe Dmitri Khvorostovski, impressionnant vocalement.

Emma

Troïka

Mandshurian Bes (The Hills Of Manchuria)

En passant

Bas nylons et garagistes en jupes

Quelques remarques sur ce volume 4 de la série « Girls In The Garage »…
Nous retrouvons le contenu habituel que l’on peut espérer dans ce genre de compilation. Les titres les plus intéressants font l’objet d’un commentaire avant le titre.

The Southern Bells – Dum Dum Ditty

Bonnie Jo Mason – Vous la connaissez très bien car il s’agit de la fameuse Cher avant que n’explose le duo Sonny Cher. C’est un single qui veut canaliser le succès des Beatles en dérivé. Ce n’est sans doute pas sa production la pus connue, mais c’est le fameux Phil Spector qui est derrière. Publié sur un sous-label de Philles, Annette, prénom de sa première femme.

Bonnie Jo Mason – Ringo, I Love You

Bonnie Jo Mason – Ringo, I Love You

The Girls – Depuis des années, en fait depuis que je possède l’album, j’ai une affection particulière pour ce titre. Il correspond à l’image que je me fais du garage punk dans sa version basique. En plus chanté, joué, et composé par quatre authentiques farngines plutôt mignonnes, les soeurs Sandoval. Elles sont originaires de Los Angeles et ont deux singles publiés par Capitol.

The Girls – My Baby

The Cake – C’est un des deux titres de l’album qui a eu une édition française. L’ambiance est assez « Spectorienne », ce n’est pas trop étonnant car le compositeur est Jack Nitzsche (en collaboration avec Jackie DeShannon), le bras droit de Phil Spector. Sortir ce genre de truc en 1967 est presque hors mode. Publié trois ou quatre ans avant, il aurait pu cartonner fort.

The Cake – Baby, That’s Me

Kathy Clarke – Little Girl Called Sad

Minnie & The Kneebones – Vous possédez peut-être ce disque, mais sous un autre nom, celui de Karen Young et les Knee Kaps, publié en France sur un EP par Fontana en 1966 et enregistré en Angleterre. Il s’agit des mêmes artistes, mais publié aux USA sous un nom différent. Karen Young a aussi fait un peu de cinéma, spécialement réputée pour être une actrice voluptueuse.

Minnie & The Kneebones – Me & My Miniskirt

The Surfer Girls – Draggin’ Wagon

Kay Bell & The Tuffs – (The Original) Surfer Stomp

Feebeez – Season Comes

Jean Robinson – Weekend Blues

Feebeez – Walk Away

C’est un pompage pas trop caché du « Fortune Teller », avec un mélange d’inspiration Beatles, de Benny Spellman repris par les Merseybeats, Rolling Stones, Who.

The Ladybugs – Fraternity, U.S.A.

Une version féminisée du « Help Me Girl » de Eric Burdon et les Animals dans un style proche du garage.

The Daughters Of Eve – Help Me Boy

Reprise du hit de Dave Clark Five

The Rums And Coke – Glad All Over

The Sham-Ettes – C’est une version un peu parodique du « Little Red Riding Hood » de Sam The Sham The Pharaohs

The Sham-Ettes – Big Bad Wolf

The Debs – Reprise féminine de « Hang On Sloopy » des Mc Coys.

The Debs – Sloopy’s Gonna Hang On

Society’s Children – Certainement une des perles de l’album, un titre très garage. Une de ces pépites dont on ne sait pratiquement rien sauf qu’il a été publié sur un label de Chicago. Il semblerait également que c’est un groupe qui comprend un tandem mère / fils.

Society’s Children – Mr. Genie Man

The GTO’s – Là j’ai un peu triché, car le titre qui figure sur la compilation n’est qu’une narration. J’ai choisi un extrait plus chantant qui figure sur l’album produit par Frank Zappa sur le label Straight. En écoutant, on n’est pas trop étonné du résultat avec son petit air musicalement décadent. Un étonnant Jeff Beck et sa guitare figure au nombre des musiciens ayant aux sessions, c’est le cas de ce titre.

The GTO’s* – The Ghost Chained To The Past, Present And Future

Dans d’autres articles je vous présente des productions françaises qui eurent le privilège d’être publiés au format EP, c’est à dire quatre titres par disque, un phénomène typiquement français qui n’a pas vraiment un équivalent ailleurs pour les fifties et les sixties. Il en existe des milliers. Mais le 45 tours single existe aussi, souvent pressé en quantités limitées et surtout destiné à la promotion et pour les jukeboxes. Ceci perdura tout au long de la vogue du EP qui commença à décliner à partir de 1967. La publication en single devint la règle, sauf des exceptions de plus en pus rares. Pour certains artistes, ils sont devenus un objet de recherche par les collectionneurs, encore plus s’ils sont présentés dans une pochette avec une photo. les fans d’Hallyday connaissent bien la chose. Mais que ce soit avant, pendant, ou après 1967, quelques publications atteignent parfois de jolies sommes.

Tout ce que les Beatles publièrent sur leur label Apple ne furent pas des succès retentissants, excepté pour eux-mêmes. Ce n’est pas vraiment le matériel proposé qui est en cause, mais plus le manque de production et surtout de diffusion radiophonique qui en sont la cause. Les Iveys font partie des premiers artistes lancés par le label et connurent un succès limité, bien que leur premier essai « Maybe Tomorrow » soit pratiquement publié internationalement en single, suivi d’un autre à la publication plus géographiquement restreinte, celui dont nous allons parler ici.
Le premier est relativement courant, je pense qu’il fut accepté par les revendeurs comme étant un produit « Beatles » et qu’il devait forcément cartonner. Pour le second, certains pensèrent qu’on ne les y reprendrait plus, tant au niveau des productions nationales que des vendeurs, il est de ce fait beaucoup plus rare et ne fut publié que dans sept pays, dont la France.
Tout ce qui est connecté aux Beatles bénéficie d’un grand attrait nostalgique auprès des collectionneurs. C’est le cas des Iveys, sans oublier le fait qu’il connurent une bien plus grande notoriété sous le nom de Badfinger, ce qui ne manque pas d’attirer les fans. Une belle pièce pour les amateurs.

The Iveys – Apple Records – 2C 006-90.493 M  – Publié en 1969. meilleure enchère sur Ebay 893 euros.

Dear Angie
No Escaping Your Love
En passant

Inventaire musical à la Prévert (58)

Un disque peut-il décider si vous allez continuer d’écouter de la musique ou non pour le reste de votre vie ou éventuellement évoluer vers d’autres horizons musicaux ?
Dans le cas présent, je répondrais volontiers oui, encore plus pour la deuxième partie de la question. Ce disque je l’ai découvert, il y a bien longtemps, j’avais treize ans quand il est sorti. A cette époque, l’avenir de l’évolution musicale vers des choses bien plus évoluées musicalement et aussi spirituellement, était en gestation dans les studios d’enregistrement. Je l’ai un peu acheté les oreilles fermées, sans l’écouter, principalement parce qu’on y trouvait un groupe qui commençait à marcher très fort les Lovin’ Spoonful et que j’adorais. Et aussi un certain Eric Clapton dont j’avais entendu parler comme ayant fait partie des Yardbirds, que j’adorais encore plus. Arrivé à la maison, je l’ai découvert un peu comme on découvre un magnifique arc-en-ciel en ouvrant la fenêtre. J’ai tout de suite croché à cette musique qui me semblait nouvelle, des sons bien trafiqués et une ambiance inspirée du blues. Ce fut fut pour moi un grand coup de pied dans le cul. Un disque de chevet aussi, car j’avais si peu de disques à l’époque, et vas-y que je repasse celui-ci ou celui-là. Il me permit aussi de jouer au mec branché quand un an plus tard Ten Years After publia son premier album, dont on retrouve deux titres qui figurent sur cet album, « I Want To Know » et « I Can’t Keep From Crying Sometimes », ah tiens ils reprennent ça! Par ailleurs, si vous êtes bon connaisseur, vous aurez remarqué que plusieurs autres titres qui figurent ici seront repris par des grands noms, pas très longtemps après la sortie de cet album. Je ne crois pas qu’il s’agisse tout à fait d’un hasard.
L’historique de album est en fait un album qui n’existait pas en tant que conception. Le label américain Elektra, était surtout orienté vers le folk et le blues, mais envisageait de s’électrifier un peu et orienter sa production différemment. Tous les titres qui figurent ici, sont des titres de sessions enregistrés par des artistes qui prétendaient se voir signer un contrat par le label. En réalité deux seulement eurent cet honneur, Paul Butterfield et Tom Rush. Les autres furent recalés, mais on peut affirmer que tous devinrent célèbres autrement. Eric Clapton partira fonder Cream avec son ami Jack Bruce, Stevie Winwood rejoindra Spencer Davis Group. Les Lovin’ Spoonful connurent quelques hits plus que mémorables. Bien sûr le succès des uns et des autres, spécialement Lovin’ Spoonful, aida certainement Elektra à publier cet album pour profiter de cette manne inespérée. Mais ils se rattrapèrent bien vite en signant les Doors.
Bientôt un demi-siècle plus tard, on remarque que certains de ces essais de studio étaient très prémonitoires d’un style et de sons qu’on retrouvera un peu partout pas très longtemps après.
Je n’ai pas trouvé en clip deux titres interprétés par les Lovin’ Spoonful, mais tant pis on fera sans, il ne sont d’ailleurs pas les plus représentatifs de l’évolution musicale qui pointe dans cet album.

The Lovin’ Spoonful – Good Time Music
The Lovin’ Spoonful – Almost Grown
The Paul Butterfield Blues Band – Spoonful
The Paul Butterfield Blues Band – Off The Wall
Al Kooper – Can’t Keep From Crying Sometimes
Eric Clapton and the Powerhouse – I Want To Know
Eric Clapton and the Powerhouse – Crossroads
The Paul Butterfield Blues Band – Lovin’ Cup
The Paul Butterfield Blues Band – Good Morning Little Schoolgirl 
Eric Clapton and the Powerhouse – Steppin’ Out
Tom Rush – I’m In Love Again
The Paul Butterfield Blues Band – One More Mile

Durant les sixties, la discographie française de distingua par le nombre impressionnant de publications qui furent faites sous la forme de EP, c’est à dire quatre titres, deux par face. Le principe de base était un peu mercantile, on vendait deux fois plus de marchandise sur la réputation d’un titre principal ou d’un succès, le 45 tours simple avec deux titres était réservé à la promotion et aux jukeboxes. L’avantage principal de ces EP’s demeurait dans le fait que ces éditions étaient présentées dans une pochette avec le plus souvent une photo de l’artiste et un emballage cartonné et plastifié plus résistant à l’épreuve du temps. L’Angleterre et les USA eurent beaucoup moins recours à ce genre de publications. Le plus souvent, la règle était le 45 tours simple emballé dans une simple pochette à trous permettant de voir l’étiquette du disque. Aujourd’hui ces fameuses disques EP’s français, surtout ceux concernant des artistes étrangers, sont recherchés par les collectionneurs du monde entier car ils sont uniques dans leur genre et peuvent parfois atteindre des sommes folles s’ils sont très rares. Au fil des semaines, je vous en présenterai quelques uns parmi ceux qui attirent justement les collectionneurs. Ils seront présentés avec la pochette, éventuellement avec un scan de ma collection personnelle si je ne trouve rien de satisfaisant, les titres qu’ils contiennent, et le plus haut prix atteint par une enchère sur Ebay.

Scott Walker est un Américain qui commença sa carrière en 1957 comme chanteur pour teenagers, sous son véritable nom Scott Engel. Il a certains avantages, il est plutôt beau mec et surtout possède une très belle voix qui fera de lui un crooner plus tard. Il ne rencontre pas vraiment le succès dans son pays natal, son seul aperçu de succès sera comme bassiste des Routers qui cartonnèrent en 1963 avec leur célèbre « Let’s Go ». En 1964, puisque les Anglais envahissent les USA, il forme un trio qui va tenter sa chance en Angleterre. Et cela marche, sous le nom de Walker Brothers ils cartonnent avec des succès qui font hurler de joie toutes les minettes du Royaume Uni et quelques autres pays. Leur musique aux mélodies et arrangements grandiloquents ne sont pas sans rappeler Phil Spector. En 1967, il entame une carrière solo, pas vraiment interrompue par une reformation du groupe couronnée de succès vers le milieu des seventies, mais surtout il affirme ses visions musicales qu’il peut assurer de sa voix de crooner. Il est passionné de culture française, littérature et musique. Il a presque une divination pour Jacques Brel, dont il enregistra neuf chansons en anglais, dont huit sont des premières versions anglaises. Elles sont presque littéralement traduites en anglais par les soins de Mort Shuman. Sa reprise de « Jackie » lui vaudra d’être interdit sur les ondes de la BBC. Sur ce seul et unique EP français, on retrouve sa version de « Mathilde », superbe reprise pleine de punch. La chanson « Montague Terrace (In Blue) » montre ses talents de compositeur à travers ces ambiances musicales un peu bizarres dont il a l’habitude. Le « Angelica » de Gene Pitney figure aussi ici, sans doute pas tout à fait par hasard, car au même moment elle cartonnait en français via la version de Nicoletta « La Musique ». Le dernier titre est une reprise de Tony Bennett, le crooner américain. Scott Walker a poursuivi une carrière fructueuse de crooner. Mais il n’en est pas un tout à fait comme les autres, sa musique très élaborée confine parfois au surréalisme, mais toujours suivi par des fans fidèles, quasiment une icône. Il est décédé en 2019. Il est taxé par un critique : « L’une des figures les plus énigmatiques et influentes de l’histoire du rock. »

Les EPs français: Scott WALKER - 1967 - FR-PHILIPS 438 ...
Scott Walker – Mathilde EP - Fonts In Use

Scott Walker – Philips – 438 402 BE, publié en 1967, meilleure enchère sur Ebay 159 euros.

Mathilde
Montague Terrace (In Blue)
Angelica
When Joanna Loved Me

DOCUMENTS

Mathilde en vrai live
Jackie en playback
Amsterdam repris plus tard par David Bowie