Bas nylon et humour

 

J’aime beaucoup l’humour. A découvrir ce que les autres ont fait pour le perpétuer, je me dis qu’il y a des milliards de situations à travers le monde où il peut être présent. Comme disait je ne sais plus qui, il est plus facile de faire pleurer que de faire rire. Ceux qui me connaissent me font parfois remarquer que je possède un certain sens pour trouver une belle formule rigolote. Quand j’ai pris ma retraite, mes collègues m’ont fait un cadeau accompagné d’une carte signée par mes collègues avec un commentaire. Celui qui m’a fait le plus plaisir était celui d’une de mes collègues qui disait : « personnage haut en couleurs, de par ta personnalité et tes t-shirts, ta voix, ta façon d’être et ton humour ». Voilà tout est dit, cela situe le personnage. Une de mes manies est d’essayer de trouver des citation drôles, chose que je pratique assez volontiers sur les forums où je passe parfois, Que l’on s’adresse à un ami où un « ennemi », la touche d’humour fera plaisir au premier et déconcertera ou fera enrager le second. Mettre les rieurs de son côté est une chose qui a son importance. Un de mes collègues de bénévolat, oui j’en fais dans l’humanitaire, est un de mes partenaires de rire. Quand nous nous retrouvons, c’est à celui qui trouvera l’humour le plus absurde ou le plus circonstancié. Tout en travaillant et selon ce que nous observons, on arrive très souvent à tirer notre épingle du jeu, ainsi le temps passe vite.

Je vais vous proposer un peu d’humour avec des histoires réelles qui ne manquent pas de piment et je vais commencer par quelques-unes qui sont de moi. J’espère qu’elles vous feront rire.

Détournements de mots concernant la connerie

concasser : casser la gueule à un con.
concave : dans le milieu, con vraiment très con.
concéder : donner raison à un con.
concentré : le con qui est au milieu.
concélébrer : fêter une grosse connerie.
concierge : pipelet qui tient la chandelle.
concessionnaire : représentant exclusif d’un genre précis de conneries.
condensation : vapeur de con.
concubin : con vivant à la colle.

Bien que n’étant pas macho, j’ai aussi quelques citations sur les femmes.

Quand on a une maîtresse, on devrait pouvoir déduire des impôts les frais qu’elles nous occasionnent.

Les femmes mettent plus de temps pour s’habiller que se déshabiller.

Quand on regarde la vidéo de son mariage, on a envie de passer le film à l’envers.

On peut regretter d’avoir aimé une femme, mais beaucoup moins d’en avoir aimé plusieurs.

Quand une femme me trace après, je ralentis pour qu’elle puisse me dépasser.

Sur tout et sur rien.

Les plus sincères discours politiques sont faits par les menteurs.

Si l’amour pouvait s’acheter, il serait assurément coté en bourse.

Etre pauvre en argent, c’est être riche avec tout ce qui ne s’achète pas

Quand je vois ce que sont devenues certaines femmes avec qui j’aurais pu faire ma vie , je ne regrette pas qu’un autre s’y soit collé.

Je préfère n’être rien ici que célèbre dans l’au-delà.

Des citations attribuées à des personnages célèbres.

Henry Bernstein, écrivain…

Au début de mon mariage, c’est ma femme qui m’apportait mes pantoufles et le chien qui aboyait. Maintenant c’est le contraire.

Alfred Capus, romancier et dramaturge…

Vous avez de la famille monsieur Capus ?

– Oui, j’ai une femme, si mes souvenirs sont exacts.

Groucho Marx, acteur, cinéaste…

– Madame, d’habitude je n’oublie jamais un visage. Vous me permettrez de faire une exception pour le vôtre.

Maréchal Pélissier, militaire sous le Second Empire…

Ayant épousé sur le tard une jeune fille et pas certain de ses capacités de mari déclara après son mariage :

– Si dans un an je n’ai pas d’enfant, je fous tous mes aides de camp à la porte.

Octave Mirbeau, écrivain…

Le célèbre auteur du Journal d’une femme de chambre, se maria en toute discrétion en 1887 et publia l’annonce suivante :

M . Octave Mirbeau fait part à ses amis qu’il a épousé Mlle Alice Regnault malgré ses 4 millions de dot.

Lucien Guitry assistait aux funérailles d’un ami. La procession suivait le corbillard sous une chaleur écrasante. Alors Guitry déclara à propos du défunt :

– Je commence à le regretter.

Tristan Bernard, écrivain…

A propos de l’occupation allemande :

– On disait : on les aura ! Eh bien ça y est, on les a !

 

 

Garage à louer

Vous commencez d’avoir l’habitude de mes goûts musicaux. Vous savez bien que j’aime beaucoup, entre des dizaines de styles, la musique psychédélique et le garage punk. Ce dernier est une extraordinaire mine de sons et de créations musicales venant d’artistes peu connus ou inconnus, opérant durant les sixties et principalement américains. Il y a quelquefois un petit côté amateur pas déplaisant. Souvent des disques publies à de très petits tirages sur des labels obscurs, ils furent pour la plupart exhumés par quelques chercheurs passionnés et publiés sur une multitude de compilations et je dois bien en avoir quelques centaines. Je ne résiste pas à vous en présenter une nouvelle sélection, je crois sans doublons de ma part. Ces pépites n’appellent pas de commentaires particuliers, sinon que je les aime tous. J’espère que certains vous plairont également. En musique, il n’est pas nécessaire de savoir qu’un disque s’est vendu à des millions d’exemplaires pour le trouver plaisant.

En avant la musique…

Bas nylon et une chanson contagieuse

Il y a des chansons qui deviennent immédiatement contagieuses. Chaque style musical possède l’un ou l’autre de ces airs qui circulent comme une épidémie de grippe et qui font des victimes. Le rock and roll n’y échappe pas et une des plus emblématiques reste le fameux « Be Bop A Lula » enregistré en 1956 par Gene Vincent. C’est l’une de ses rares chansons qui peut se targuer d’avoir été classé dans un hit parade à l’époque (7 US – 17 UK). Elle lui servira de support à toute sa carrière, mais jamais il ne retrouvera un succès qui se vendra à quelques millions d’exemplaires. Ceci dit, il ne faut pas jeter le reste de sa discographie, car il fut l’un des meilleurs rockers de la grande époque, ses nombreux albums sont là pour en témoigner, c’est de la grande classe. Il fut aussi un des seuls qui réussit a évoluer dans son style pour finalement suivre une certaine actualité musicale, comme son fameux « Bird Doggin' » en 1966 ou les albums sur Buddah vers la fin de sa carrière, qui tiennent plus de la musique pop que du rock and roll. En plus c’était un parfait vocaliste autant pour les titres rapides et chauffants que les chansons douces où il excelle avec sa voie sensuelle. J’ai même eu le bonheur de la voir sur scène en 1967, et ce n’est pas des chose que l’on oublie facilement. Sa carrière s’interrompit prématurément en 1971 à l’âge de 36 ans, mais il laisse un bel héritage.

Les origines de la chanson sont incertaines, bien que le crédit des auteurs soit Gene Vincent et son manager « Sheriff Tex » Davis. Selon certaines sources elle aurait été rachetée par Davis à un musicien de rue avec les droits pour 50 dollars. Passons, nous savons qu’elle existe. Le titre en lui-même ne veut rien dire, c’est une onomatopée plus qu’autre chose. On peut supposer qu’elle s’inspire du « Hey! Ba-Ba-Re-Bop » de Lionel Hampton. Davis étant devenu le manager de Vincent, il le fait passer à un show radio où  il la chante en même temps qu’une démo est enregistrée. Le phénomène Presley venant d’exploser, les disques Capitol sont à la recherche d’un chanteur dans le style et Vincent semble leur convenir. Il est convoqué pour enregistrer la chanson avec des musiciens de studio qui deviendront ses futurs Blue Caps avec le fameux Cliff Gallup qui sera une icône de la guitare rock and roll. Jeff Beck reconnaît en lui un de ses modèles. La chanson est enregistrée avec l’autre face « Woman Love ». Dans un premier temps, c’est ce titre qui est retenu pour la face principale et les premiers exemplaires pressés sont ainsi, recueillant peu de passages radio. Il est alors suggéré que l’autre ferait mieux l’affaire et un disque promotionnel est envoyé aux radios avec seulement ce titre. C’est alors que le succès démarre et devient le phénomène que l’on connaît.

Le style de la chanson a ses particularités. Ce n’est pas encore du rock and roll très sauvage et le son des guitares est partagé entre acoustique et électrique. La basse n’est pas électrique, c’est encore une bonne vieille contrebasse. En fin de compte, on est assez proche d’un disque de jazz auquel s’ajoutent quelques hurlements en arrière plan. Ils sont le fait du batteur, Dickie Harrell qui veut faire savoir à sa famille qu’il est présent dans l’enregistrement. Les légendes se construisent ainsi.

Le succès de la chanson vaudra à Gene Vincent est ses Blue Caps de figurer dans un des premiers films rock and roll « La Blonde Et Moi » (The Girl Can’t Help It) de Frank Tashlin. On y retrouve quelques nuages de la crème du rock and roll, Little Richard, Eddie Cochan, Gene Vincent et dans un registre plus calme, les Platters, Julie London, Fats Domino, Nino Tempo, les Treniers. Le rôle principal féminin est tenu par la pulpeuse Jayne Mansfield. Ce film sans prétention a l’avantage de présenter pour la premières fois des images que l’on peut considérer comme des documents en couleurs sur le rock and roll, De plus, le fait de présenter dans le même film des artistes Noirs qui côtoient des Blancs est un pas en avant dans une Amérique qui n’a de loin pas réglé ses problèmes de racismes. Le générique du film, interprété par Little Richard, a été composé par Bobby Troup, ainsi que le fameux « Cry Me A River » interprété dans le film par Julie London, sa future femme dans la vie civile. Il est aussi le compositeur du très célèbre « Route 66 » et un des pionniers de l’antiracisme, mélangeant allègrement les races dans son orchestre.

Le potentiel énorme de la chanson fait que les reprises ne se comptent plus, on devrait presque chercher qui ne l’a pas chantée. Les Beatles, ensemble ou séparément, pas mal de rockers de l’ancienne école, nombre d’artistes de variétés. En France, elle fut lancée par les Chaussettes Noires, dans une version assez quelconque. Heureusement, Eddy Mitchell se rattrapa en la réenregistrant d’une manière bien plus originale, voire excellente en 1963. Elle fut bien entendu reprise par Johnny Hallyday sur son premier album américain. Il la chantera plus tard en compagnie de Michel Sardou et… Mireille mathieu lors d’un show télévisé. A noter que Gene Vincent en fit un autre version assez plaisante en 1962, et encore une en 1969.

Playback de l’original dans le film « La Blonde Et Moi »

La version des Chaussettes Noires à titre d’exemple, a côté de l’original c’est essayé pas pu…

Eddy Mitchell en 1963, nettement plus original et musicalement supérieur

En 1962 la seconde version de Gene Vincent, bien dépoussiéré

Les faux Frères, ces Suisses s’inspirent de la version des Everly Brothers, première bonne reprise de ce titre entré dans l’histoire en 1958

Un belle et originale reprise par Olivier Despax, guitariste de renom

Pochette du disque de Despax, aux percussions tout à droite, un certain Claude François, alors membre des Gamblers

Bonne reprise et assez inspirée par le garage punk

La plus déjanté par le groupe de psychobilly Demented Are Go

Celle des Stary Cats, délicieuse

Bas nylons et vinyles à l’envers

Allons faire un petit voyage vers des artistes encore dans beaucoup de mémoires. Laissons les tubes et grands succès de côté. Attardons-nous plutôt sur ces chansons une peu secondaires, un peu oubliées, rangées dans un coin des souvenirs. Vous verrez que ce n’est pas si mal.

Les Zombies, l’un des grands groupes des sixties avait dans son répertoire pas mal de titres originaux, certains sont d’excellents crus. Ici un extrait de leur album « Begin Here »

Les Kinks, au moins aussi géniaux que les précédents. Leurs débuts montrent des titres assez basiques, avec un brin de sauvagerie. Parmi une flopée, l’un des meilleurs.

Les High Numbers, c’est bien sûr les Who à leurs débuts. Belle illustration sur la peine qu’avaient les débutants à composer des titres originaux. Le titre ici « I’m The Face » en un pompage pas trop discret de « Got Love If You Want It » de Slim Harpo dont le groupe connaissait certainement l’existence, sinon de l’original, du moins dans les reprises des Yardbirds ou des Kinks. Bien évidemment les paroles sont différentes.

Le premier gros succès des Yardbirds est bien entendu « For Your Love ». C’est une chanson plutôt calme. Mais lors de leur apparition au Richmond Blues Festival en 1965, ils interprètent une version beaucoup plus « sauvage ». C’est déjà la période Jeff Beck qui a remplacé Clapton.

Pour le compte du label Immediate naissant, John Mayall et Eric Clapton se retrouvent pour un puissant titre composé par Mayall qui passera assez inaperçu « I’m Your Witchdoctor ». On y sent le vent de la pop music qui commence à souffler.

Que les fan de Led Zeppelin en prennent de la graine, « Whole Lotta Love » a été mis en forme 4 ans avant par les Small Faces, via un titre de Muddy Waters. La preuve…

Le Spencer Davis Group avec Stevie Winwood et un slow-blues gros comme une montagne.

Dave Clark Five, des réels rivaux des Beatles sur le plan USA, enregistrèrent une bonne douzaine d’albums entre 1964 et 1970, pour la plupart avec des titres originaux. C’est dire si l’on peut espérer y trouver quelques trucs pas trop mal foutous. En voici un pas si mal que ça.

Les Troggs restent pour moi un groupe qui avait un fort potentiel d’originalité et de classe dans les titres secondaires placés en face B ou dans les albums. Un de ces grands classiques de la relative obscurité sur leur premier album.

Passons aux Moody Blues première époque, un obscur des chez obscur et une de ces chansons dont je ne saurais pas vraiment dire pourquoi j’aime ça. Enfin j’aime quand même bien les harmonies vocales.

Procol Harun, troisième 45 tours de leur carrière, biens moins connu que le fameux premier tube. Vous pouvez poser la question à tous ceux qui adorent « Whiter Shade Of Pale », rares sont ceux qui connaissent celui-ci. Il est vrai que c’est un peu moins accessible, mais ce n’est de loin une chanson faite dans la facilité. Quand j’ai envie d’écouter le groupe, ce titre revient immédiatement dans mon esprit.

Et les Beatles ? Ce n’est de loin pas la plus connue, et pourtant si charmante…

Des chansons qui se vendent par millions

Depuis que le 78 tours ou le vinyle existent, il y a des chansons qui ont atteint des records de ventes. Les statistiques existent depuis longtemps et les plus vieux classements que je connaisse et qui datent de plus de 50 ans, n’ont pas foncièrement changés avec le temps. Seuls quelques nouveaux titres sont venus se classer parmi eux. Les artistes et même les maisons de disques ont souvent tendance d’amplifier le phénomène sur la réalité des ventes. Depuis l’apparition du CD, je me méfie de la réalité de ces ventes et encore plus avec le phénomène des téléchargements. Pour moi, une chanson téléchargée, légalement ou pas, ne constitue pas une vente réelle, tout au plus une écoute. Par exemple, on donne « Candles In The Wind » d’Elton John comme une chanson record à la seconde place du classement. Pour autant que je me souvienne quand elle est sortie, je l’ai à peine entendue à la radio et je n’ai jamais vu dans les shops des montagnes de CDs où elle  figurait. Voilà, un indice qui me fait penser que cette chanson que je qualifierais même d’assez quelconque par son potentiel mélodique, est un fake de la vente record. Je dirais que vu les circonstances de sa naissance, c’est encore un coup des antiroyalistes. De même sur Youtube, il y a des chansons qui atteignent le milliard de vues, souvent des conneries d’ailleurs, je me demande quels sont les chiffres de ventes dans la réalité et combien l’artiste touche vraiment. L’apparition dans les festivals ou sur scène constitue maintenant une des principales sources de revenus des artistes. Je lisais l’autre jour une interview d’un organisateur de festivals qui disait qu’en une quinzaine d’années, le prix pour avoir une tête d’affiche avait fait X 10, ce qui constitue un indice assez probant.

Bien venons-en maintenant  à la réalité. Depuis le temps que je suis dans le truc, je peux trier entre ce que me semble réel ou non. C’est en grande partie mes observations sur le terrain, un disque que j’ai vu en grandes quantités, ou souvent s’il est plus ancien, dans les rayons de disques et aussi ceux que je retrouve dans les puces, ce qui est un excellent indicateur. Je pense que vous avez une petite idée sur ce qui pourrait figurer parmi les chansons qui sont des records de ventes, les noms d’artistes qui en font partie. Vous allez penser tout de suite, Beatles, Rolling Stones, Elvis Presley, Vous avez un peu raison, mais ils sont surtout connus pour des records de ventes sur l’ensemble de leur carrière, tous disques confondus. Ils apparaissent bien dans le classement qui nous intéresse, mais sont quelquefois distancés par des artistes plus oubliés aujourd’hui. Cela va sans doute vous étonner, mais le chanson record est un chant de Noël, le fameux « Noël Blanc » dans sa version anglaise interprétée par Bing Crosby et enregistrée en 1942. Bing Crosby figure deux fois dans les cinq premières places, l’autre titre étant encore un hymne à Noël « O Douce Nuit ». Le truc de la chanson de Noël est une vieille astuce qui permet de revenir régulièrement dans les ventes vers la fin de l’année. La plupart des grandes vedettes ont fait quelque chose qui allait dans ce sens. Evidemment, Bing Crosby est un peu oublié aujourd’hui, mais il fut dans les années 40 et 50 une immense star, d’autant plus inapprochable que les médias étaient bien moins présents qu’aujourd’hui. Le seul moyen pour avoir une sorte d’intimité avec l’artiste était ‘d’écouter un disque. Vous pouvez regarder à la fin de l’année au rayons disques, vous trouverez certainement une compilation de Bing Crosby avec musique de circonstance.

Dans le classement, il n’apparaît pratiquement que des chansons anglo-saxonnes. Le marché est à l’évidence bien plus vaste. Les quelques millions de francophones ne peuvent se battre contre la clientèle des USA, de l’Angleterre, ou de l’Australie réunies. Pourtant une ou deux chansons apparaissent dans cette liste. La mieux classés est indirectement française, il s’agit de l’adaptation du « Moribond » de Jacques Brel par Terry Jacks « Seasons In The Sun » (11 millions vendus). La mieux classée 100% France est le « Butterfly »(7 millions) de Danyel Gérard qui fut un immense succès international, presque plus ailleurs qu’ici. Et un peu plus loin, nous trouvons Lio avec « Amoureux Solitaires »(6 millions).

Etablir une liste des meilleures ventes françaises est assez difficile car on n’a pas vraiment de sources sûres. Toujours en me fiant à mes nombreuses observations dans le terrain, une très grosse vente reste « La Chanson De Lara » chantée par John William, j’ai vu ce 45 tours des centaines de fois aux puces. Les Brel, Brassens, Ferrat, Hallyday, sont de très gros vendeurs, on trouve leurs albums en très grandes quantités, mais il est plus difficile d’en tirer une chanson en particulier. Pour Brel, j’imagine que « Amsterdam » et « Ne Me Quitte Pas » doivent bien tirer leur épingle du jeu. Remarquez que pour lui, il est le plus adapté, nombre de ses chansons ont une version anglaise, dont certaines sont connues dans le monde entier. Pour Brassens « Les Copains D’Abord » et « Chanson Pour L’Auvergat » ne doivent pas faire pâle figure. Chez Ferrat, « Nuit Et Brouillard », « Que Serais-Je Sans Toi », sont parmi les immortelles. Hallyday doit au moins avoir une dizaine de titres que l’on peut classer parmi les grosses ventes, sans compter la totalité de sa carrière, mais il est aussi celui qui a une très grosse discographie qui s’étale sur plus de 50 ans en restant pratiquement au premier plan. Il y a encore quelques artistes qui ne doivent pas compter pour beurre, Gilbert Bécaud, Mireille Mathieu, Nana Mouskouri, ces deux dernières ayant une carrière très internationale. Bécaud est aussi connu internationalement, mais c’est un des chanteurs français qui a vu deux de ses chansons « Et Maintenant » et « Je T’appartiens » devenir des standards en langue anglaise. Les Everly Brothers et Elvis Presley s’y sont collés. Plus en arrière, Charles Trenet, Edith Piaf, Tino Rossi sont également à considérer dans le classement, les disques de Piaf sont assez nombreux dans les trouvailles aux puces.

Dans la liste que je vous présente, je m’en tiens à une liste qui va jusqu’à la fin des années 60, tout en ne tenant compte que des chansons que l’on peut classer rock and roll, variétés, ou pop dans l’ordre décroissant de leurs ventes. J’indique l’année de leur enregistrement.

Mungo Jerry – 30 millions (1970)

Bill Haley – 25 millions (1954)

Domenico Modugno – 22 millions (1958)

Elvis Presley – 20 millions (1960)

Beatles – 15 millions (1963)

Herman’s Hermits – 14 millions (1965)

Paul Anka – 10 millions (1957)

Monkees – 10 millions (1966)

The Penguins – 10 millions 1955

Elvis Presley – 10 millions (1956)

Elvis presley – 10 millions (1956)

Procol Harum – 10 millions (1967)

Animals – 8 millions (1964).  Dans cette liste, c’est de loin la plus écoutée sur Youtube, tous clips confondus on en est à plus de 300 millions de vues

The Beatles – 8 millions (1968)

Mary Hopkin – 8 millions (1968)

Shocking Blue – 8 millions (1969)

Bas nylons et une chanson à laquelle vous prêterez (l)ouïe

 

Il y a des chansons qui à défaut de rapporter immédiatement gloire et fortune à leur créateur, ont au moins le mérite de lui donner quelques raisons d’espérer et de gagner quelque argent. C’est le cas de Richard Berry, un obscur chanteur noir des années 50. En 1955, il compose une chanson, « Louie Louie » qui s’inspire du rythme d’une chanson qui met en exergue un style de dance, le cha cha cha, intitulée « El Loco Cha Cha Cha ». Dans sa chanson, Berry narre l’histoire d’un marin qui doit reprendre la mer pour retrouver sa petite amie. En 1957, il a l’occasion d’enregistrer avec son groupe les Pharaohs, un 45 tours pour un petit label et ne croyant pas trop au potentiel de la chanson, il la relègue en face B. Le disque ne connaît qu’un intérêt local du côté de Los Angeles. En 1959, voulant se marier et fiancer la noce, il cède les droits de sa chanson à un tiers pour la somme de 750 dollars.

Richard Berry

Après la vague du rock and roll, l’Amérique balise de nouveau chemins musicaux, le surf en étant la première manifestation à la fin des années 50. Ici et là, d’autres groupes s’exercent avec pour but final d’avoir la possibilité d’enregistrer un disque et de devenir célèbres. C’est le cas des Kingsmen qui sont originaires de l’Oregon. Le chanson de Berry circule assez bien et pas mal d’artistes la font figurer dans leur répertoire, même une version enregistrée par Rockin’ Robin et les Wailers tourne en boucle dans les jukeboxes . En 1962, les Kingsmen remarquent le fait et décident de mettre la chanson dans une forme qui s’éloigne de la version qu’ils écoutent. Il ne reste plus qu’à trouver une maison de disques qui accepte de les enregistrer. Ce sera le cas du label local Jerden, qui publie le disque après une séance d’enregistrement qui frise l’anthologie. Premièrement, ce sont eux qui payent la moitié des frais de studio, 50 dollars. Deuxièmement, la coordination entre les musiciens et le chanteur, Jack Ely, n’est pas top, il entame deux couplets trop rapidement et doit attendre que l’orchestre le rattrape. Un peu énervé, il articule mal certains mots qui ne sont pas tout à fait audibles. Les Kingsmen imaginent que c’est un galop d’essai et qu’une autre prise va succèder. Eh bien non, les producteurs décident que c’est très bien ainsi et la suite de l’enregistrement se poursuit avec la face B, un instrumental « Haunted Castle » qui sera mis au point en plusieurs prises.

Les Kingsmen en 1964

La décision de garder la première et seule prise de la chanson est soit un trait de génie, soit de l’incompétence, mais la suite montrera que c’est la première idée, volontaire ou non, qui fera de ce disque une référence à nul autre pareille, il est considéré historiquement comme le premier disque de garage punk publié. C’est la chanson qui détient aussi le record mondial de versions enregistrées, près de 2000 à ce jour. Mais il y a encore une étape à franchir, car nous sommes aux USA. Il y a quelques maisons de disques qui ont pignon sur rue et que l’on connaît dans le monde entier, RCA Victor, Capitol, Columbia (CBS en Europe), Liberty, Verve, et j’en passe. Comparé au nombre de labels locaux qui existent, c’est du 1 contre 1000. On peut presque dire que chaque bled qui a quelque importance régionale, a une maison de disques à quelque part. Ils agissent souvent comme rabatteurs pour les grands labels et proposent leur productions. Parfois c’est oui, parfois c’est non, mais quand c’est oui, l’artiste a des chances de se faire connaître et d’avoir un succès sur le plan national et même international. On connaît tous le cas d’Elvis Presley qui a justement fait ses premières armes sur le relativement petit label Sun à Memphis. Ce sera aussi le cas pour les Kingsmen, dont la production sur Jerden est reprise et éditée par les disques Scepter/Wand, plutôt orientés vers la musique noire, les Shirelles et Dionne Warwick font partie de leurs artistes. Une fois publié dans sa deuxième édition, le disque qui connaît un très grand succès est no 1 au Cashbox et n’arrive juste pas à la première place du Billboard, car cas unique dans l’histoire, il est cloué à la deuxième par une forteresse imprenable et chantée en français, le fameux « Dominique » de Soeur Sourire.

L’édition française avec deux titres de Jocko Henderson sans doute étonné d’avoir des grosses ventes en France.

Une publicité gratuite qui augmentera encore la popularité de la chanson est due à l’intervention du FBI qui soupçonna la chanson de contenir des obscénités suite à certains passages pas clairement audibles du chant de Jack Ely. On arriva à la conclusion que ce n’était pas le cas, mais cela valut certainement quelques milliers de ventes en plus pour le disque.

En France, le disque fut plus que bien accueilli puis qu’il trôna pendant deux mois à la première place du hit parade de Salut les Copains, faisant la nique au « She Loves You » des Beatles. Il existe une cover française par les Players « Si C’était Elle », malheureusement bien loin de l’esprit de celle des Kingsmen.

L’importance capitale de cette chanson dans l’histoire de la musique engendra de multiples reprises par des artistes de premier plan. Quelques unes parmi les presque 2000 qui existent : Kinks, Troggs, Beach Boys, Otis redding, Clash. Motörhead, Sandpipers, Flamin’ Groovies, Iggy Pop, Led Zeppelin (live), Paul Revere et les Raiders. A noter que ces derniers enregistrèrent la chanson presque simultanément avec les Kingsmen. Si leur version resta dans l’ombre, ils se rattrapèrent par la suite en devenant un groupe majeur de la scène américaine aux multiples succès. Quand au pauvre Richard Berry, il ne ramassa que des miettes de sa fameuse composition. Il mourut presque célèbre et surtout sans fortune en 1997.

Note : le nom du groupe n’est pas unique aux USA,  un autre officia avant ceux qui nous intéressent, il s’agit d’une dissidence des Comets de Bill Haley qui enregistra quelques instrumentaux à la fin des années 50. Un autre groupe et spécialisé dans le gospel, opère aussi sous le même nom. De quoi mettre en doute les recherches des encyclopédistes.

Les Kingsmen incarnation des Comets de Bill Haley

Il se peut selon le pressage du disque que vous possédez, que vous entendiez une ambiance live derrière « Louie Louie ». Le fait est facile à expliquer. Profitant du succès, leur label publia un album « The Kingsmen In Person » enregistré en public, toutefois ils ne pouvaient guère le faire sans y inclure le fameux titre, qui figure avec une fausse ambiance live en ouverture de l’album. Autre fait marquant, c’est le seul titre chanté par Jack Ely, ce dernier ayant quitté le groupe au moment du succès, ou viré selon certaines sources. C’est Lynn Easton le saxophoniste qui assume les vocaux pour la suite.

L’organiste Don Gallucci fut le producteur de « Fun House » des Stooges.

La versions des Kingsmen

La version originale

Les Kinks en live à Paris en 1965

La reprise par The Last, un groupe américain des années 80 qui faisait d’assez originales reprises.

Bas nylons et autre chose

La photographie nous offre la possibilité de faire de l’art et encore un tas d’autres choses. Parmi le plus intéressant, on peut saisir un moment marrant ou quelque manifestation des caprices de la nature, souvent de manière aléatoire. Il faut être là au bon moment, car très vite les choses peuvent changer et faire disparaître l’enchantement rapidement. Voici en vrac quelques photos qui illustrent ces propos. En dessous vous trouverez deux clips consacrés aux animaux, qui savent aussi nous attendrir ou nous faire marrer.