En passant

Exploration en terre musicale inconnue (27)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1965 – The Lewis Sisters / You Need Me. Les artistes blancs sont plutôt rares sur le label Tamla Motown ou ses dérivés. En voici un exemple avec ce duo de soeurs qui officia par la suite à la composition pour d’autres vedettes de l’écurie, leur deux tentatives s’étant soldées par des échecs. Un rarissime EP et très recherché fut publié en France. Musicalement c’est bien et cela peut faire penser à une production de Phil Spector, ce qui ne gâche rien.

 

1960 – Freddy / Près De Mon Coeur. C’est une grosse pointure de la variété allemande. Il essaya à plusieurs tentatives de percer le marché français. Cela ne fit pas trembler la république, mais en retour les fans allemands s’intéressent à ces publications.

1963 – Sophia Loren / Donne-Moi Ma Chance. Le sex-symbol du cinéma italien s’essaya plusieurs fois à la chanson, aussi en français. En France, on ne peut pas dire que ses disques furent accueillis avec enthousiasme, ils sont tous assez rares. En pleine période yéyyé, elle enregistre ce titre qui réussit mieux à Richard Anthony.

1973 – Ipi’ N’ Tombia / The Warroir. Dans les années 1970, la musique africaine commence à sortir du ghetto et à se mélanger à la pop. Sans doute encourage par la réussite de Burundi Steïphenson Black en 1971, Barclay publie sous licence ce nouvel opus avec ces artistes de l’Afrique  du Sud. Il connut une meilleure réussite sur le plan international que sur le plan local français.

1963 – Tammy Montgomery / If You See Bill. Elle sera connue plus tard sous le nom de Tammy Terrell et collaborera étroitement dans des duos avec Marvin Gaye. Bien que le titre qui nous intéresse ici a été enregistré en 1961, il ne sera publié que deux ans plus tard en France par Vogue qui avait acquis les droits pour le label Scepter populaire aux USA avec les Shirelles et les Chiffons. Lors de cet enregistrement, elle n’a que 15 ans, mais possède déjà une voix exceptionnelle. Elle mourut prématurément à l’âge de 24 ans d’une tumeur au cerveau. Une jolie pièce de collection.

1967 – The Mindbenders / We’ll Talk About It Tomorrow. Quand ils se séparèrent de Wayne Fontana, les Mindbenders connurent plus de succès que leur ancien complice. Deux EP’s furent publiés en France. Si le premier est très relativement courant, le second est nettement plus rare. Il contient ce qui devait être leur prochain tube et qui ne le fut pas tellement « We’ll Talk About It Tomorrow » et une curiosité, un titre des Zombies « I Want Her She Wants Me » qu’ils enregistrèrent en primeur avant qu’il paraisse par les créateurs. Je vous mets les deux pour le même prix.

1957 – Sonny James / Young Love. La musique country est très populaire aux USA, elle est à l’Amérique ce que le café est à l’Italie. De nombreux chanteurs suivirent les traces du plus populaire d’entre eux, Hank Williams. Sonny James devint une autres de ces pointures très prisées dans ce style. La France resta assez distante de de ces publications qui virent le jour dans les années 50, on préférait André Verchuren.

1968 – Liberace / Happy Barefoot Boy. Pianiste et chef d’orchestre immensément célèbre aux USA au style très kitch qui fit pâmer de bonheur toutes les vieilles rombières de Las Vegas. Assez bizarrement, les éditeurs français qui ont parfois mauvais goût l’ignorèrent complètement exception faite de cette publication de1968, sans doute un peu aidé car il s’agissait de la musique d’un film. Musicalement rien à dire, c’est du beau travail comme n’importe quel disque de Richard Clayderman, mais on peut préférer Led Zeppelin.

1966 – Niemen / EP- Jamais etc… (Czeslaw) Niemen est un chanteur polonais qui avait sans doute trouvé un moyen de s’évader de son pays sous l’emprise communiste, enregistrer un disque en France et en français, quatre titres dont il compose la musique. Ici il est dans la variété, mais se tournera plus tard vers la pop. Il est connu dans son pays, mais il ne percera jamais en France avec cet EP publié par AZ. A quoi pouvait ressembler ce disque ? Eh bien voici un clip avec ces quatre titres. C’est assez aguicheur et chanté sans trop d’accent, on a vu pire dans ce domaine. Il est décédé en 2004.

1975 – Delizia / Alors Le Bel Eté. Pour ceux qui ne le savent pas, c’est une des soeurs d’Adamo, née en 1952. Sous la houlette de son frère qui lui écrivit quelques titres, elle tenta avec plus ou moins de succès, plutôt moins, de percer dans la chanson. Une de mes anciennes copines m’a raconté qu’elle fréquentait la même école qu’elle à Mons et que son frère venait parfois la chercher à la sortie de l’école. Alors toutes ces demoiselles pouvaient admirer leur idole. Ce disque enregistré en 1975, composition du frangin, reste de la variété, mais c’est plutôt bien fait. Elle a une belle voix, je dirais même plus puissante que celle de son frère. Bizarre autant qu’étrange, c’est par hasard que je l’ai choisie pour mon article, et en faisant une petite recherche, je vois qu’elle vient de décéder. Alors R.I.P. Delizia.

1971 – Third World War / Ascension Day, Je me souviens que les spécialistes dans la presse française présentaient assez volontiers ce band anglais comme très prometteur, mais qui ne tint pas trop ses promesses. C’est de la pop tendance hard rock. Single publié sans doute pour promouvoir l’album, il ne doit pas s’être vendu à la tonne, et semble même assez recherché, de même que l’album.

1969 – Chantal Kelly / Fragola. La petite Chantal Kelly, je dis petite en faisant allusion à sa taille, après des débuts prometteurs le succès sembla ne plus vouloir trop d’elle. En quittant Philips pour les disques Mouloudji, elle enregistre deux singles teintés de folk en compagnie de Los Incas. Mais le succès ne revient pas. Malgré une tentative de retour en 1981, le temps d’un album, son nom reste pour toujours lié à son fameux premier tube « Caribou ». Le concernant, je peux dire que je n’ai pas beaucoup de disques de l’époque yéyé que je peux qualifier de « sacrés ». Celui-là en est un, je l’ai écouté des milliers de fois.

 

*****

Bas nylons et petites têtes

*****

Apparus en 1965, les Small Faces connurent une assez belle notoriété jusqu’en 1969 où ils se séparèrent et joignirent divers d’autres formations qui eurent aussi leur heure de gloire comme Jeff Beck Group, Faces, Humble Pie. A l’instar des Who ou les Kinks, ils furent les représentants du mouvement mod, influencés à leur débuts par le r’n’b noir américain. Ils commencèrent d’enregistrer chez Decca puis signèrent avec le label Immediate fondé par le manager et producteur des Rolling Stones, Andrew Loog Oldham. Un critique disait à propos des Small Faces, que Decca ne semblait pas trop avoir pris conscience qu’ils étaient peut-être les meilleurs artistes sur ce label après les Rolling Stones. Sans doute eux aussi pensèrent ainsi, et en quittant Decca ils rebondirent dans le succès, mais écrivent une nouvelle page dans leur création musicale qui se teinte de psychédélique à la sauce anglaise. Il est rare que les groupes qui atteignent une certaine notoriété comme créateurs et laissent de vraies traces dans l’histoire, n’aient pas dans leurs rangs d’habiles compositeurs. Ici, nous trouvons un duo à la Lennon – McCartney, Steve Marriot le guitariste et Ronnie Lane le bassiste. A l’exception de leurs deux premiers hits, ils signeront tous les autres succès. Nous trouvons également  Ian McLagan aux claviers, il remplaça Jimmy Winston parti après le second single. La batterie est tenue par Kenny Jones, qui est aujourd’hui le seul survivant de cette formation. La discographie du groupe n’est de loin pas insignifiante au niveau du contenu. On y trouve quelques belles reprises et des compositions qui n’ont pas à rougir d’être persuasives. Parcourons ces titres qui remplirent les faces B et les albums, en respectant une certaine chronologie et en laissant de côté les hits flamboyants.

PERIODE DECCA

Nous commencerons par un titre, très symbolique de leur maestria, qui est une reprise remaniée de Muddy Waters, dont Led Zeppelin s’empara quatre ans plus tard pour « Whole Lotta Love » sans trop en reconnaître la source d’inspiration. Cela leur valut quelques ennuis avec le compositeur original, Willie Dixon. Les Small Faces le créditèrent à Dixon. alors que Led Zeppelin, plagiant un peu l’arrangement des Small Faces, s’attribuent le crédit de la composition.

Titre instrumental qui servit souvent de fond sonore lors de l’émission « Salut Les Copains ».

PERIODE IMMEDIATE

Adapté par Johnny Hallyday « Je N’ai Jamais Rien Demandé »

C’est le titre des Smal faces que j’ai le plus écouté, 50 ans après je ne m’en lasse pas.

*****

En passant

Bas nylons et de quoi trembler

*****

Les tremblements de terre font presque partie de l’actualité quotidienne. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il y en a tous les jours, mais très peu atteignent une intensité qui fait que l’on puisse les ressentir. Cependant, les sismographes répartis un peu partout sur la planète ne les loupent pas. A l’heure où j’écris ces lignes, il y a eu pour les dernières 24 heures, pas moins de 6 séismes enregistrés, dont le plus fort fut d’une magnitude de 5,3 au large des îles Aléoutiennes entre l’Alaska et l’Asie. Nous sommes sur un sol à l’évidence peu stable, encore que la surface terrestre par rapport à la mer est à peu près du quart. En mer, les mouvements sont moins ressentis et peuvent même passer complètement inaperçus. Le grand danger reste le tsunami. Comment cela arrive-t-il? C’est assez facile à comprendre. Au fond de la mer, l’eau repose sur un fond solide et se débrouille en surface pour être, hormis la courbure terrestre, à l’horizontale. Quand vous videz l’eau d’une bassine, vous inclinez la bassine mais l’eau reste toujours à l’horizontale. Un séisme sous-marin peut provoquer une rupture dans la continuité du sol au fond de la mer, se soulever ou s’affaisser. L’eau va bien évidemment suivre le mouvement qui se reportera jusqu’en surface, elle tentera alors de retrouver sa position horizontale. Si le mouvement au fond est peu important, cela se passera pratiquement sans accroc, quelques petites agitations en surface comme une vague due au vent. Mais imaginons que le fond se soulève de 30 mètres, cela va faire un peu comme un jet d’eau et le sommet commencera à rouler des vagues. Ce sont ces vagues qui deviennent dangereuses si elles abordent une zone habitée. Mais nous savons que tous les tremblements de terre maritimes ne provoquent pas forcément des tsunamis. Il peut aussi y avoir d’autres causes, par exemple l’effondrement d’un pan de montagne dans la mer, une éruption volcanique, mais si elles peuvent donner le même phénomène, la cause est autre.

Relevé des secousses enregistrées pour 24 heures au moment où je rédige l’article


Une chose que nous n’avons pas encore vue, c’est la cause du tremblement de terre. Encore là, nous connaissons très bien les causes. Dans la majeure partie des cas, c’est la poussée des plaques continentales qui en sont la cause. Nous savons presque avec certitude qu’à l’origine, il n’y avait qu’un seul et même continent (l’Amérique et l’Afrique semblent assez bien pouvoir s’emboîter) dont les plaques ont un beau jour décidé d’aller voir ailleurs, car elles « flottent » à la surface terrestre. Les plaques s’approchent ou s’éloignent, ce qui provoque tensions ou relâchements, c’est cela qui provoque les mouvements responsables des tremblements  de terre. La plaque Africaine avec celle de l’Asie ont tendance à buter contre celle de l’Europe. Elles provoquèrent dans un lointain passé la formation des Alpes. C’est justement vers la Méditerranée et les pays limitrophes que l’on recense les plus violentes secousses en Europe. Il y a bien d’autres endroits dans le monde, la Californie par exemple, mais nous intéresserons dans cette article au sud de l’Europe. Notons en passant que ces « frontières continentales » sont souvent des endroits d’intense activité volcanique et leurs failles permettent au magma de remonter à la surface. Le sud de l’Italie est bien connu pour ses volcans, Vésuve, Etna, Stromboli.


Je ne sais pas si vous avez vécu « en direct » un tremblement de terre, mais il m’est arrivé deux fois d’assister à cela. Ce n’était que de petites ou moyennes secousses, mais c’était déjà assez impressionnant pour imaginer ce que peuvent être des phénomènes plus violent et qui durent longtemps. La première fois vers la fin des années 70, j’étais au lit en train de lire, il était 1h40. J’ai d’abord entendu comme le début d’un coup de tonnerre. Quand il vient de loin, vous entendez un roulement ou un son qui va en s’amplifiant avant d’atteindre son maximum. C’était ainsi, juste le début. Un fraction de seconde après j’ai ressenti une secousse comme si on avait donné un violent coup de pied à mon lit et il y a eu un gros craquement dans la maison. C’est tout, mais comme c’était la nuit et que le silence était total, j’ai plus été impressionné par le bruit que la secousse. La seconde fois, j’étais chez quelqu’un au troisième étage d’une tour. Comme il était 18 heures et qu’il y avait du bruit, j’ai juste ressenti la secousse, une bonne branlée de 5,4 sur l’échelle de Richter d’après le commentaire des journaux le lendemain. Ce fut assez bref, mais les personnes présentes se sont précipitées vers la porte. J’ai toujours la vision d’un aquarium dont l’eau s’est agitée dans tous les sens et a mis au moins deux minutes pour se calmer. La pire chose avec un tremblement de terre, vous ne pouvez pas avoir un sentiment de sécurité. Avec un cyclone, une éruption, une inondation, vous avez un sol sous les pieds, vous pouvez éventuellement vous accrocher à quelque chose, mais là rien. La prévision d’un tremblement de terre est encore très aléatoire, contrairement aux autres phénomènes que l’on peut assez bien prévoir. Les animaux semblent particulièrement ressentir, parfois des heures avant, qu’un séisme va arriver.
Notre ami et visiteur Peter Pan, m’a justement mis la puce à l’oreille dans un commentaire sur un tremblement de terre majeur qui se produisit en 1887. Il concerna l’Italie et la France, mais il fut ressenti dans une bonne partie de l’ouest de l’Europe. Il se classe d’office comme étant une catastrophe de premier plan. Je crois en avoir fait brièvement allusion dans un précédent post, mais je suis parti à la recherche de documents journalistiques pour revenir plus en détail sur cette histoire. Pour ce faire, j’ai parcouru les journaux de l’époque, seule source intéressante à mes yeux. Même s’ils sont subjectifs, ils apportent au moins une certitude, la perception que l’on avait de l’événement au moment où il se produit. Avec le recul, c’est parfois riche d’enseignements.
Nous sommes le 23 février 1887, il est 5 h 41 le matin. La terre se met à trembler autour d’un épicentre situé au large de Imperia et Diano Marina en Ligurie à une soixantaine de kilomètres à l’est de Menton. La secousse est estimée à une magnitude de 6,5 c’est donc un fort tremblement de terre. Il sera ressenti avec des effets atténués à des centaines de kilomètres de là. Dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres, les dégâts sont considérables et le nombres de victimes élevé. On recense plus de 600 morts et plus de 500 blessés côté italien, et 8 morts et une cinquantaine de blessés côté français. Il est facile d’imaginer que la plupart des victimes le furent à cause de la solidité et la vétusté des bâtiments dans lesquels elles se trouvaient et qui s’écroulèrent. Les techniques de construction, spécialement pour les maisons individuelles, étaient un peu laissées à l’appréciation de chacun. L’heure matinale joue aussi un rôle, peu de gens sont dehors et nous sommes en février, il fait nuit. Les secours devaient aussi se borner à quelques moyens rudimentaires peu performants, sans compter les mouvements de panique courants dans ce genre de situation. Par chance, le raz-de-marée qui s’en suivit se limita à des vagues d’une hauteur d’un mètre. Il y eut au moins une réplique assez importante vers 8 heures. Mais partons dans les revues de l’événement.

Commençons par une étude scientifique et des témoignages de personnes très au fait des tremblements de terre, ce qui nous démontre que les séismes étaient déjà très étudiés au 19ème siècle avec une somme de connaissances bien présente. Elle est suivie d’un résumé des observations qui furent faites et des renseignements récoltés dans divers endroits qui mesurèrent et ressentirent la secousse sur les sismographes de l’époque. La ville la plus éloignée du l’épicentre est Zürich, à 400 kilomètres à vol d’oiseau. Il est intéressant de noter la vitesse de propagation des ondes sismiques. C’est un peu comme une vague qui avance sur la mer, sauf que c’est sur ou sous terre, visiblement on était déjà au fait de leur existence. On sait aussi que dans certains cas, des lueurs peuvent aussi illuminer le ciel avant ou au moment où le phénomène se produit, c’est encore très mystérieux et ce n’est pas systématique. Comme nous le voyons les ondes avancent très vite, un peu plus de 2 minutes pour parcourir 400 kilomètres, ce qui est bien plus vite que la vitesse du son, 6 à 7 fois plus vite d’après un bref calcul. Les articles sont cliquables pour une meilleure lecture.

Parmi les journaux commençons par La Croix, d’après le nom on se doute bien qu’il s’agit d’un journal religieux. Il donne un éclairage particulier sur l’événement. La tragédie tombe en plein période du carnaval de Nice, alors on en profite pour rappeler que les joies terrestres sont futiles.

Voyons maintenant à travers à travers La Dépêche, journal de Toulouse, qui donne des informations pour plusieurs villes en quelques mots. Pour autant que ces informations soient exactes, nous voyons que les dégâts sont assez différents d’un endroit à un autre. Les heures données sont assez fantaisistes, mais rappelons qu’à cette époque l’heure n’était pas unifiée en France, chaque ville avait sa propre heure qui consistait surtout à dire qu’il était midi quand le Soleil était au zénith. De plus, on pourrait croire qu’il y a eu une multitude de séismes alors que c’est le même à la base.

Dans Le Figaro, on met en avant l’article d’un témoin direct, il raconte ce qu’il voit et ressent.

Voyons maintenant un journal local en Suisse. Il résume brièvement ce qui se passa en France, mais fait mention du ressenti des secousses, à une distance d’environ 360 kilomètres à vol d’oiseau. Bien qu’elle ne ressemble en rien à l’intensité observée en Italie et en France, le choc est suffisant pour arrêter quelques pendules.

Une vidéo qui résume la catastrophe, un séisme en direct, lumières sismiques

Source, Gallica, BNP, DP. Wikipédia

 

Exploration en terre musicale inconnue (26)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1970 – Clover – Shotgun. On trouvait assez facilement l’album français dans les bacs de soldeurs. Sans doute publié en France car ils enregistraient pour le label Fantasy, le même que Creedence Clearwater Revival, très populaires à l’époque. Un single en fut extrait avec cette reprise de « Shotgun » de Jr Walker dans une version moins intéressante que celle de Vanilla Fudge, deux ans avant. Il est sans doute bien moins visible. C’est de la pop américaine tendance sudiste.

1971 – David Crosby / Orleans Beaugency. Un des nombreux singles qui étaient tirés d’albums pour on ne sait trop quelle raison, sinon celle de promotion. La plupart sont bien plus rares que les albums. Ici le fameux David Crosby s’attaque à un traditionnel français. Etonnant et beau, il la chante encore dans ses concerts.

1973 – Monty De Lyle / Birdwatcher. Un acteur déjà âgé et peu connu se voit offrir l’occasion d’enregistrer un disque pour le fameux label Harvest entouré d’une équipe de jeunes. Une curiosité peu connue.

1956 – Tennessee Ernie Ford / Sixteen Tons ’65. Il connut dix ans avant un beau succès avec cette chanson qui parle de mineurs. En 1965, il remet ça avec une version dépoussiérée qui ne fut pas un coup de grisou.

1961 – Jorgen Ingman / Apache. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les Shadows n’eurent aucun succès aux USA. Leur immortelle création fut no 2 aux USA, mais via la version du guitaristes danois Jorgen Ingman, pourtant nettement moins intéressante. Pour en trouver une copie dans son édition française, c’est du 1000 contre 1 en face de celle des Shadows. Notons aussi qu’avec sa femme, il remporta avec « Dansevise » le Grand Prix Eurovision en 1963.

1966 – Brenda Lee Jones / You’re The Love Of My Life. Un de ces fabuleux disques peu connus de ce que l’on appelle maintenant le Northern Soul. Pour ce titre, c’est toute la magie des disques interprétés par des Noirs. Ce petit single publié par Vogue passa bien inaperçu, mais pas assez pour que Noël Deschamps n’en fasse pas une adaptation « A Prendre Ou A Laisser ».

1960 – Ella Johnson / What A Day. C’est plutôt une chanteuse de jazz, mais Barclay qui distribuait Mercury à l’époque, publia un EP sous étiquette racoleuse de rock and roll, ça en a quand même un peu le goût. Le titre datent de 1956, mais comme il semble que la France prend enfin conscience que le rock est une musique d’avenir, le moment est bien choisi. Seule publication française qui existe en deux pochettes que l’on a pas souvent l’occasion d’admirer.

1963 – Peggy Lee / I’m A Woman . En 1963, Peggy Lee a déjà quelques kilomètres de carrière au compteur tout en s’étant imposée comme une des plus grandes chanteuses du 20ème siècle. Elle reste néanmoins une étonnante interprète qui ne néglige pas les nouvelles modes, allant même jusqu’à reprendre les Beatles, Ray Charles, ou Otis Redding. Sur ce EP de 1963 qui ne s’est pas vendu à la tonne, se trouve ce titre très plaisant bien dans son style.

1958 – Georgia Gibbs – The Hula-Hoop Song. Il arrive assez souvent qu’une mode ou un objet soit associé à une chanson. En 1958, un truc improbable devient un phénomène, le hula-hoop. Cela consiste en un gros anneau en matière légère qu’il faut faire tourner en remuant les hanches et le ventre. Ils se vendent par millions. Cela valait bien un chanson que l’on confia à Georgia Gibbs, une chanteuse au succès sur le déclin . Edité en France en single, il s’en vendit certainement moins que sa source d’inspiration. L’objet en lui-même a assez bien survécu, on le voit dans les cirques et aussi chez les personnes qui veulent entretenir la ligne, de même que certains disques postérieurs le mettent encore en vedette. A l’époque c’est Annie Cordy qui créa une version française.

1959 – Larry Williams / Hootchy-Koo. Si vous désirez vous procurer une chanson de Larry Williams en pressage français, il vous sera plus facile d’acheter une des trois reprises officielles que firent les Beatles de ses titres. Bien que connaissant un succès assez conséquent aux USA, aucune de ses chanson phares ne furent publiées à l’époque en France. Un seul EP, et pas très représentatif de ses succès, fut édité. Et en trouver une copie relève presque de l’obscénité.

1963 – Michèle et ses Wouaps / Dam Dam. J’adore ce disque. Pour moi, il représente la parfaite incarnation du disque yéyé français. Les paroles sont la summum de ces histoires d’amour à deux balles qui dégoulinaient sur les sillons des disques. Vocalement et instrumentalement c’est plutôt bien, la guitare est splendide et très représentative du son des années 1960. Je ne regretterai jamais les deux ou trois balles que m’avait coûté ce disque trouvé aux puces il y a bien longtemps. Cette rare et unique publication fait partie d’une série éditée par les disques Président en liaison avec Radio Monte-Carlo, qui donnait sa chance à quelques artistes probablement du coin.

1971 – Stackwaddy / Roadrunner. De la musique de freaks, ce légendaire groupe de progressive anglaise est l’auteur de deux albums très recherchés. La France a eu droit à seulement un single, moins recherché que les albums, mais sans doute tout aussi rare.

1959 – The Tempos / See You In September. Les Happenings refirent un succès de ce titre en 1966, mais l’original fut créé par les Tempos en 1959, un groupe blanc de doo-wop basé à Pittsburgh dont c’est le seul titre vraiment connu. Un single fut néanmoins publié en France la même année. Jamais vu cette bestiole.

 

*****

En passant

Bas nylons et des gars de Manchester

*****

Avec les Hollies, un autre acte majeur du British Beat s’engage dans la course aux Beatles. Ils ne parviendront jamais à gagner le match, mais ils marquèrent quelques jolis buts. Il y a bien longtemps, je crois que j’avais acheté l’album « Greatest Hits », je me souviens de la remarque d’une vendeuse du magasin à propos des Hollies: « Il y a des groupes aussi bons que les Beatles, mais qui sont moins connus ». Originaires de Manchester, ils portèrent le flambeau de la ville bien au-delà des rivages de l’Angleterre, notamment les USA à partir de 1966. Ils sont d’une longévité étonnante puisqu’ils existent encore aujourd’hui et remplissent encore des salles dans une formation qui comprend encore deux membres originaux depuis 1963, Tony Hicks à la guitare solo et Bobby Elliot à la batterie. Les autres quittèrent au fil des ans, le guitariste Graham Nash, alla s’accoquiner avec Crosby Stills Nash, le chanteur Allan Calrke parti brièvement et revenu jusqu’en 1999, le bassiste Eric Haydock qui quitta en 1966. A diverses reprises, des anciens reviennent sur scène pour un petit coucou, même un album en 1983. Le style des Hollies n’est pas à l’opposé des Beatles, comme eux, ils travaillèrent les harmonies vocales avec une certaine maestria, puisant à leurs débuts dans le répertoire des chanteurs noirs, ils enregistrent pour le même label. La grande différence reste surtout dans l’absence d’un duo compositeur efficace à la Lennon et McCartney. Ils se mirent sérieusement à la composition en 1965, du moins trois Clarke, Hicks, Nash, et signèrent leur premier album original « For Certain Because » en 1966. Auparavant, une série d’originaux sous la signature collective de Ransford, un peu comme le Hanker et Phelge des Rolling Stones, furent publiés ici et là. Quelques uns de leur hits sont de leur cru, mais une partie fait appel à d’efficaces compositeurs extérieurs comme Graham Gouldman. Pendant une dizaine d’années, il ne quittèrent peu ou pas les meilleures places du hit parade. Allons faire un tour dans cette discographie assez abondante pour repérer les titres secondaires, dont certains ne manquent pas d’une certaine classe. Je vous les propose dans un ordre à peu près chronologique entre 1963 et fin 1966. La suite pourra faire le sujet d’un autre article. Les 3 étoiles *** indiquent que c’est un original composé par le groupe.

***

***

***

Certainement un de leurs titres les plus remuants.

***

Adapté en français par Ronnie Bird, un de ses titres les plus populaires « Où Va-T-Elle? »

***

Il s’agit d’une composition des Hollies, mais sous le pseudonyme de Chester Mann, jeu de mots avec Manchester

Le potentiel de cette chanson, une reprise de Peter Paul & Mary est énorme, ce qui incita certains pays à le publier en single.

***

Un de leurs meilleurs titres de cette période, il fut largement sous-estimé.

Cette chanson est à l’origine un titre des Beatles composé par George Harrison figurant sur l’album « Rubber Soul ». Les Hollies se l’approprient pour le publier sur un single qui sort le même jour que l’album des Beatles en Angleterre. Harrison n’a pas l’air très content de leur version et le fait savoir, une petite guerre s’engage entre les deux groupes. Même si cette chanson fut la première composition d’Harrison à entrer dans le hit parade anglais, ce fut pour les Hollies un des plus mauvais classements de cette période..

***

Bien que cette chanson figure aussi au répertoire des Beatles, la version des Hollies est bien différente, sans doute basée sur celle du trompétiste Herb Alpert.

 

***

​***

Une curiosité jamais publiée à l’époque, les Hollies en français, reprises de leur hits « Look Throug Any Window », et « Were Through ». Noel Deschamps fit une autre adaptation de la première.

Les Hollies live en Suède en 1966, la célèbre chanson des Four Tops.

*****

En passant

Bas nylons et un certain mauvais état d’esprit.

*****

A travers deux journaux datés du 8 juin 1942, l’un Le Matin et l’autre Le Petit Parisien, regardons un peu ce qui se passait en France à cette date. Vous l’avez deviné, il s’agit de presse collaborationniste. En 1942, il n’y a plus de doute, les journaux qui paraissent officiellement se sont engagés dans la collaboration. Je n’ai pas choisi cette date par hasard, il s’agit du premier jour où les Israélites ont l’obligation de porter leur triste étoile, c’est un signe. Les dés sont jetés, on est un peu plus d’un mois avant la célèbre rafle du Vel d’Hiv, en juillet 1942, qui sera en quelque sorte l’officialisation de la déportation. Les journaux collabos n’en feront pas mention dans leur colonnes. Quand on est comme moi intéressé par l’histoire, il n’y a rien de mieux que de se référer aux journaux pour se faire une idée de ce qui se raconte lors d’une période donnée. Il y a aussi les livres, mais le livre est plus caché et pas collé à l’actualité, il faut s’y intéresser pour le lire. Un journal, lui, est lu par par un grand nombre de personnes, d’autant plus s’il est à grand tirage. On peut très bien imaginer qu’en 1942, de nombreux anonymes lisent les journaux. Il y a bien des raisons de s’y intéresser, l’époque est troublée et c’est la guerre, on ne sait pas très bien ce qui se passe ailleurs, ni ce qui pourrait vous tomber sur le dos dès demain par une décision gouvernementale. On peut aussi le lire par simple envie de distraction, elle ne sont pas si nombreuses, bien qu’il existe toujours un semblant de vie sociale, cinéma, théâtre, musées, mais cela tourne un peu au ralenti, c’est l’impression que l’on peut ressentir. A première vue, quand on parcourt un de ces journaux, on remarque qu’il n’est tellement différent de ceux qui pouvaient paraître avant la guerre. Il y a des informations générales, on peut très bien y parler d’un orage de grêle qui aurait ravagé un vignoble, de lire une petite annonce d’Untel qui offre de l’embauche ou du père Léon qui veut vendre une vieille pendule. Les programmes de la radio sont présentés, la météo du jour est mentionnée, il y a toujours une loterie nationale dont on rappelle que les billets sont en vente, que Machin a battu Truc sur un ring de boxe. Cela c’est le côté plaisant, mais dans les pages se glisse une propagande, qui sous prétexte d’information veut diriger votre esprit vers des choses moins riantes. L’actualité internationale relate soit des faits insignifiants, soit des faits plus significatifs qui veulent mettre en avant les exploits du camp soutenu par cette presse, les désastres étant toujours réservés à la partie adverse. Si j’en crois ce que ces journaux collaborationnistes racontent, c’est simple, les forces de l’Axe auraient dû gagner la guerre. Elles ne semblent jamais prises en défaut, ce n’est que batailles gagnées, ou alors s’il devient évident que ce n’est plus trop le cas, on résiste héroïquement en préparant la contre-attaque qui sera bien entendu victorieuse. La politique au niveau des dirigeants, c’est un peu la même chose, il n’y a que des gens qui sont heureux et n’attendent que le moment d’aller soutenir l’action du gouvernement en profitant de le remercier de ses bienfaits. La période de l’occupation c’est bien entendu une puissante vague d’antisémitisme, les journaux ne manquent pas de glisser à charge une nouvelle qui les concerne, tout ce qui arrive est de leur faute, c’est ce que l’on essaye d’inculquer. Je ne sais pas dans la réalité de la France occupée qui, et surtout combien, ont été vraiment dupes de cet état de fait. Il y en a eu c’est sûr, mais je pense qu’une majorité n’avait pas vraiment un avis tranché, une indifférence sans vraie réflexion, me semble un meilleur argument. Dans l’article consacré à l’étoile jaune, il apparaît qu’il n’y a rien d’autre à leur reprocher, sinon d’avoir été des gens comme les autres dont on s’accommodait et dont il faudra se méfier à partir de maintenant puisqu’ils affichent une étoile, c’est une suggestion qui est presque un ordre. La propagande, c’est quelque chose d’insidieux, une tentative de domination des faibles par les forts. Si d’aventure on arrive à faire croire aux faibles qu’ils font partie des forts, on tient le monde à sa merci. Je suis toujours intrigué de savoir comment les gens arrivent à trouver une part d’idéologie dans ce qui relève de la bassesse humaine. C’est évident, nous sommes une multitude de cultures à travers le monde, les us et les coutumes peuvent varier dans de grandes proportions d’un coin à l’autre. Je reste convaincu qu’il n’y a pas de race réellement supérieure, mais je suis persuadé que dans chacune d’elle il y a des bons et des méchants. Il faut juste se faire humble et trouver la belle part. Avec un peu de culture bien orientée, c’est relativement facile. L’idée de la race s’estompe quand on arrive à ressentir ce que l’autre exprime. Quand on écoute un bon vieux blues et qu’on aime, il n’y a pas un Noir en face de soi, mais un musicien. Les Nazis mirent au ban des grands compositeurs de musique classique, on a juste privé les musicologues de concerts qui n’avaient aucune idée de supériorité de race ou d’idéal politique. Si vous fredonnez « Padam Padam » d’Edith Piaf ou chantez « Zorro Est Arrivé » d’Henri Salvador,  savez-vous que vous ce sont des mélodies de compositeurs juifs ? Si vous aimez tant mieux, tout le reste c’est de la connerie, comme en témoignent certains écrits ci-dessous…

Source Gallica, BNP, DP

Exploration en terre musicale inconnue (25)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1967 – Tommy Boyce & Bobby Hart / Out And About (I Dream Of Jeannie). Ce duo de compositeurs à succès, notamment pour les Moonkes, se lança aussi dans l’interprétation avec un certain succès surtout cantonné aux USA. EMI France publia un EP qui resta au fond des tiroirs. Voici un clip où ils sont entourés de musiciens et l’on peut voir l’apaprition d’un certain et redoutable Phil Spector comme auditeur.

1972 – Cardinal Point / Mama Papa. Un exemple type de musique où la recherche de la commercialité est évidente. Groupe d’origine italienne basé en Hollande, il n’obtint pas de succès en France avec cette unique publication. Pour les artistes, c’est une arme à double tranchant. Si le disque obtient un succès, ils risqueront de gagner un peu d’argent. Si ce n’est pas le cas, il finira assez vite dans les oubliettes et ne peut espérer une reconnaissance tardive comme cela arrive parfois pour les créateurs de quelque chose d’original.

1959 – Tony Conn / Run Rabbit Run. Assez bizarrement avant l’avènement du yéyé en France, les maisons de disques rechignaient à publier les noms célèbres du rock and roll, ce qui n’était pas toujours le cas pour des inconnus. A titre d’exemple, ce disque paru en 1959 d’un rocker américain inconnu chez nous et qui ne laissa que peu de traces chez les rockers français.

Les Roche Martin / Les Mains Dans Les Poches. Avant de connaître le succès cinq ans plus tard, Véronique Samson avec sa soeur Violaine firent partie de Roche Martin dont on publia deux EP’s en 1967 et qui n’eurent aucun succès. De belles et rarissimes pièces de collection.

1959 – Tom Dissevelt Electronic Music. Si on vous faisait écouter ce disque et si on vous demandait de le dater, vous diriez probablement années 70. Eh bien non, c’est bien plus ancien cela a été enregistré en 1958 par l’artiste hollandais Tom Dissevelt. Mais oui c’est un essai de musique électronique avec les moyens de l’époque, et cela sonne plutôt bien. Philips France publia un EP avec ce titre. Je ne l’ai jamais vu.

1960 – The Five Satins / Your Memory. Unique EP de cette formation de doo-wop publié en France qui ne contient pas leur plus grand succès. Mais le charme est quand même là et celui de la rareté aussi.

1966 – Lee Chamberlin / Haïlilolilolilolaï. Chanteuse noire d’origine américaine dont les enregistrements et la discographie sont exclusivement français. Un titre aux paroles assez marrantes tiré d’un air traditionnel. Comme sa carrière ne décollait, elle repartit dans son pays natal et devint une actrice de second plan assez populaire. Elle fonda une association pour la reconnaissance des droits des acteurs noirs. Elle mourut en 2014 âgée de 76 ans, une année avant son père qui atteignit l’âge respectable de… 114 ans!

1965 – Dino, Desi & Billy / I’m A Fool. Deux fils de célébrités (Dean Martin et Lucille Ball) encore écoliers, fondent un trio avec un copain d’école. C’est surtout un groupe vocal, bien qu’ils paraissent avec des guitares dans les clips en playback. En 1965, ils entrent dans les charts US avec cette reprise d’un titre de Rick Nelson, également au répertoire des Astronautes. Rien à dire, c’est bien vocalement et instrumentalement. Ils resteront assez populaires au point de se reformer et de se produire dans les années 2000, le fils de Dean Martin décédé dans un accident sera remplacé par son frère. Deux EP’s, pas très visibles, furent publiés en France.

1969 – The Turtles / You Showed Me. Entre 1965 et 1970, les Turtles furent de réguliers visiteurs du hit parade américain. Au niveau international, ils sont surtout connus pour « Happy Togheter ». En 1969, leur dernier gros hit US que je vous propose ici, est la reprise d’un titre des Byrds qu’ils avaient enregistré dans les studios World Pacific avant qu’ils soient célèbres. Le single publié en France n’eut pas l’honneur d’être très remarqué. Le grand mérite de la version des Tutles est d’avoir relancé l’intérêt pour les premiers enregistrements des Byrds, qui est quand même un des groupes qui a le plus influencé la musique américaine des sixties.

1965 – The Vejtables / I Still Love You. Groupe américains originaire de la Californie, avec la particularité d’avoir aussi une fille à la batterie. En terme de succès, ils ne cassèrent pas la baraque obtenant un succès d’estime qui sera très bref. Néanmoins, un très rare EP vit le jour en France publié par Vogue qui distribuait le label Autumn dont le groupe phare de l’époque était les Beau Brummels. Ceci a sans doute aidé cela. En complément je vous file un titre qui ne figure pas sur le disque, mais qui est une perle de psychédélique naissant « Hide Yoursel »

Hide Yourself

1964 -Michel Magne / Le Monocle Rit Jaune. La plupart des films qui ont un certain succès font l’objet de la publication de la bande sonore. Beaucoup plus rares sont les spectateurs qui l’achètent à moins que cela ne devienne un succès. La bande sonore de ce film de Georges Lautner a bien été publiée en 45 tours, composée et interprétée par Michel Magne, une référence en la matière. Cette pièce est très recherchée, car la demande est plus forte que l’offre. Cette musique un peu jazzy a conquis tardivement les amateurs, le charme n’a pas opéré immédiatement. On trouve assez souvent des bandes sonores de films qui sont cotées chez les collectionneurs.

1956 – Muddy Waters / Manish Boy. Le label London France fut un des moins frileux pour publier du rock and roll et du blues, alors que cette musique n’était pas encore très dans les moeurs musicaux français en 1956 -57. Publier un disque de Muddy Waters en 1956 frisait le sacerdoce. Pour le public américain il n’était pas grand chose, pour celui de France rien du tout, mais son heure viendra. Voilà le disque est publié, il vous fera voyager du côté de Chicago. Mais c’est un autre voyage pour trouver cette copie-là.

*****