En passant

Bas nylons et un train vers un rocher

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Le progrès apporte son lot de bonheur mais aussi son lot de malheur. A la Renaissance, on ne parlait pas d’accidents de chemin de fer, mais dès son apparition il fallut faire avec. La mémoire collective ne retient que les grands événements, il en va aussi ainsi pour les accidents ferroviaires. On se souvent de cet accident qui vit un train sortir des rails en Espagne il n’y a pas si longtemps. C ‘est même amplement documenté par l’image et le film. Si on remonte au 19ème siècle, pratiquement aucun de ces accidents  ne fait encore l’objet d’une quelconque attention. Il n’y a guère que par les journaux que l’on pouvait avoir une information quand un accident conséquent se produisait à des centaines de kilomètres. Je suis tombé par hasard sur un de ces événements qui eut un retentissement local assez considérable. Il se produisit tout près de Monaco le 10 mars 1886. A cette époque, l’endroit était déjà un lieu de villégiature renommé et surtout visité par des gens qui n’avaient pas la bourse plate, le casino faisait et défaisait les fortunes. Disons ironiquement qu’il y avait plus de victimes par suicide que par les accidents de chemin de fer, mais les premières faisaient nettement moins la une des journaux, réputation oblige.
Qu’en était-il du réseau ferroviaire en 1886 ? Les trains circulaient encore a des vitesses relativement raisonnables, mais le matériel roulant n’était pas d’une résistance à toute épreuve, il y avait encore trois classes et les wagons de cette troisième classe très vétustes, souvent presque entièrement en bois avec un confort désuet. Lors d’un choc un peu violent, il se désintégraient facilement quand ils ne prenaient pas feu. La signalisation était rudimentaire, mécanique, manuelle, chaque compagnie avait son propre code et système de signaux. Entre les gares, il n’y avait guère que le téléphone ou le télégraphe. encore fallait-il qu’il soit installé. Un événement particulier nécessitait souvent une intervention humaine avec les moyens du bord. Evidemment, la circulation était plus restreinte que maintenant, il n’y avait pas de trains qui circulaient les uns derrière les autres.
Je suis parti à la recherche de documents qui concernent cet accident à travers les quelques journaux qui en parlent, tous ne le font pas. Les documents que j’ai trouvés ne sont pas tous d’une qualité exceptionnelle, j’en ai éliminé certains par trop illisibles. J’ai gardé surtout Le Radical, journal orienté à gauche qui relate très bien l’accident, mais qui commence une petite polémique sur les responsabilités de l’accident et ne ménage pas certains confrères. J’ai pensé que c’était intéressant de voir l’avis de ce que l’on pourrait nommer journal d’opposition de l’époque. Nous y verrons que l’on cherche déjà  à diriger l’information pour préserver des intérêts ou cacher des responsabilités. On comprendra que la polémique ne concerne en rien la principauté qui n’y peut rien, mais la compagnie ferroviaire Paris-Lyon-Méditerranée (P-L-M). Nous reviendrons à une autre occasion vers Monaco pour parler de quelques chose qui a existé, mais qui est passablement oublié aujourd’hui, et qui se termina aussi tragiquement.

L’endroit tel qu’il paraît aujourd’hui.

En passant

Exploration en terre musicale inconnue (23)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1972 – Hard Horse / Let It Ride. Chanteur peu connu enregistrant pour Dart, à l’époque le même label que les Swinging Blue Jeans. Son disque sortit dans plusieurs pays, mais resta bien en retrait.

1964 – The Honeycombs / Colour Slide. Après avoir partagé un EP avec les Kinks (You Really Got Me), les Honeycombs ont une seconde et dernière publication en France avec un EP assez rare qui tente de capitaliser un succès aussi fort que leur précédent hit « Have I The Right », no 1 en Angleterre. Même si le groupe a une belle originalité pour l’époque, celui d’avoir une fille à la batterie, le chant du cygne n’est pas loin. Ce sera aussi celui de leur producteur Joe Meek, dont c’est le dernier groupe à lui fournir un numéro 1. Assez marrant de constater que sur la première pochette, le texte du verso leur attribuait un avenir pour le moins assuré et présentait à peine les Kinks. Et pourtant, de qui parle-t-on maintenant comme groupe mythique ?

1963 – The Hurricane Strings / The Mexican. Je crois avoir été le premier à signaler l’existence de ce disque chez les spécialistes, du moins d’avoir pris la peine de le faire. Un groupe instrumental venu de Hollande, encore presque des adolescents. Une bonne reprise de « The Mexican » des Fentones repris aussi par les Fantômes en France. Un disque peu visible.

1961 – The Lettermen / The Way You Look Tonight. Un trio vocal américain plutôt versé dans la chanson romantique. Ils sont assez populaires aux USA, mais ne franchissent pas vraiment les frontières françaises. Un titre enrobé de sirop.

1965 – Roberta Mazzoni / Ho Sofferto Per Te. L’heure italienne de la semaine, une autre tentative sans succès d’essayer d’imposer ici une chanteuse italienne au moment où elle bénéficie d’une notoriété dans son pays. Pour une fois cela n’a rien à voir avec San Remo.

1962 – The Orlons / (Dance With The) Guitar Man. Un de ces groupes noirs dont les publications françaises sont très recherchées des collectionneurs, souvent pour de belles pochettes. On peut se souvenir qu’ils ont donné un No 1 aux Searchers, qui exploitèrent une de leurs faces B « Don’t Throw Your Love Away ». Souvent ces groupes étaient cantonnés dans un style doo wop ou r’n’b qui leur était propre, mais parfois ne dédaignaient pas aller faire un tour dans le répertoire blanc. Ici, on est très étonné de trouver une reprise d’un titre connu de Duane Eddy, qui n’est pas étranger aux débuts du surf.

1967 – Rochereau / Laisse-toi Aimer. Tabu Ley Rocherau aussi appelé Le Seigneur Rochereau est un chanteur congolais connu pour avoir été l’initiateur d’un style de musique qui mélange diverses origines africaines, cubaines, latines. Il est parait-il, le père de 68 enfants, mais tout autant prolifique en musique. Durant les sixties la musique africaine était très confidentielle et plutôt prisée par la communauté noire. Mais le vent a tourné et il y a maintenant toute une demande pour ces vinyles pressés un peu n’importe où et parfois n’importe comment, un peu comme ce fut le cas pour la période jamaïcaine de Bob Marley et le reggae. En 1967. date de cette publication on peut y voir une sorte de pop africaine.

1966 – The Swinging Blue Jeans / Rumours, Gossip, Words Untrue.  Des quatre EP’s publiés en France, celui-ci est le plus rare. En 1966, les SBJ sont toujours à la recherche d’un nouveau tube. Sans doute encouragés par leur reprise de « Don’t Make Me Over » de Dionne Warwick qui les vit réapparaître dans les fonds des classements, EMI-France y va de cette publication en mettant en grosses lettres ce titre, une reprise des Knickerbockers. Dommage, car il avait un potentiel commercial certain.

1972 – Paul Brett’s Sage / Custom Angel Man. Un des ces groupes britanniques qui connut une certaine notoriété en France vers 1970 avec son premier single édité ici. La suite est plus confinée à l’anonymat, comme ce troisième et dernier single qu’on est loin d’apercevoir partout.

1968 – Linda Thorson / Here I Am. Mais oui c’est bien la Tara King de la série télévisée « Chapeau melons et bottes de cuir ». Comme c’est souvent le cas, on profite de la notoriété d’un artiste pour essayer de l’imposer dans un autre domaine. Que ce disque aie eu du retentissement à l’époque, je me rappelle que je ne m’en souviens pas.

1964 The Dave Clark Five- The Ravens / You Know It All The Time / I Just Wanna Hear You Say. De temps en temps il arrivait que l’on couple deux artistes sur un EP. Voici un cas avec un disque assez rare qui présente Dave Clark Five sur une face. Avant de signer chez EMI et connaître la gloire Dave Clark avait produit quelques titres, il sera toujours son propre producteur, pour son groupe Dave Clark Five, publiés vers fin 1962 sur le label Picadilly. Une fois la gloire venue, ils resurgiront dans de nombreux pays dont la France, ici sur le label Palette en 1964. Sur l’autre face, on trouve les Ravens, obscur groupe anglais qui enregistra juste un single pour le label Oriole en 1964, avec à l’instar des Honeycombs, une fille à la batterie. Le titre proposé est un assez bel exemple de british beat, c’est à dire tout ce qui s’inscrivait dans la lignée des Beatles. Un petit film, sans doute tourné à des fins documentaires présente le groupe chantant en playback, et l’on voit la technique de pressage d’un vinyle. Retrouverce genre de truc est un vrai bonheur.

Dave Clark Five

The Ravens

1963 – Doug Sheldon / Live Now Pay Later. Chanteur, écrivain, et acteur anglais au succès modéré. Il enregistra en français deux titres dont une version de « Parce Que J’ai Revu Linda » assez banale, et en concurrence avec d’autres versions dont celle de Mr Smet. Publiés sur son second EP, il contient sur l’autre face un titre beaucoup ambitieux musicalement que je vous propose ici. C’est un autre de ces disques pas facile à dénicher.

 

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En passant

Bas nylons et dames particulières

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L’art de manier une guitare n’est pas un truc exclusivement masculin. Souvent dans l’ombre des mâles, ces dames peuvent rivaliser voire ridiculiser nombre de leurs collègues masculins. En voici une sélection dans divers styles. Admettons quand même qu’une belle dame qui joue de la guitare, c’est quand même plus sensuel que Keith Richard avec une barbe de trois jours et une clope au coin du bec, ce qui n’en diminue pas son talent, la musique est aussi faite d’images.

Erja Lyytinen, blues woman

Chantel McGregor, un Anglaise au top

Joanna Connor, incroyable

Tina S 17 ans, du Beethoven revisité

Ayla Tesler, une Canadienne de 15 ans

Alexandra Whittingham, un Anglaise très classique

Eva Kourtes, 16 ans

Tash Wolf

Ayla Tesler-Mabe

Sophie LLoyd

Alexandra Zerner

Eliana Cargnelutti

Nita Strauss aussi guitariste avec Alice Cooper

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En passant

Bas nylons et disciples de Dracula

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Bram Stocker et son Dracula n’a en fait rien inventé, sinon donné un nom particulier à un personnage qui n’est pas seulement une légende, mais qui existe réellement. Stocker a eu l’idée avec d’autres auteurs de lui coller une mythologie qui nous connaissons bien, celui qui ne se reflète pas dans les miroirs, l’immortalité, les canines trouées qui sucent le sang, la peur de l’ail, du jour, des crucifix, et le fameux pieu qu’il faut planter dans le coeur pour le tuer définitivement. Dracula n’est pas le premier ni le seul, mais le plus célèbre. Le vampire dans la vie de tous les jours est sensiblement différent, c’est souvent un titre qu’on lui colle pour ne pas employer des termes plus scientifiques relevant de la psychiatrie, un vampire tout le monde comprend et imagine ce qu’il veut comme personnage peu recommandable. Au travers les âges, dans les campagnes et les endroits isolés, il faisait partie de la légende, on y croyait réellement par superstition et ignorance, on parle aussi de loup-garou.
Nombre de récits et d’affaires criminelles témoignent de ces faits, dont certaines sont célèbres. Le vampire de Dusseldorf, magnifié au cinéma par Fritz Lang et « M Le Maudit », est un des plus célèbres, de son vrai nom Peter Kürten. Il officie dans une particularité du vampirisme, il tue et souvent assouvit ses pulsations sexuelles avec ses victimes et peut boire leur sang. On n’est plus tout à fait dans la mythologie, s’il a peur ce n’est pas de l’ail ou des crucifix, mais surtout de la police. Une autre de ces pratiques voit surgir les nécrophages. Ils lient les pratiques sexuelles à la profanation d’un cadavre, vont même jusqu’à les déterrer, parfois ils agissent sur une personne inconsciente. Au début du 20 ème siècle, dans le village de Ropraz en Suisse, une série de profanations de tombes et mutilations de cadavres défrayèrent la chronique. L’écrivain Jacques Chessez en tira Le Vampire de Ropraz, qui s’inspire très librement  de cette histoire en faisant quelques entorses à la réalité des faits. Comme vous le voyez, la qualification de vampire est attribuée selon un certain bon vouloir, le fait principal restant que c’est toujours lié à des comportement morbides, mais on peut aussi désigner par vampire une personne obsédée par autre chose, l’argent par exemple.
A peu près à la même époque, en 1901, une histoire semblable se répandit à travers la France, le vampire de Muy. L’auteur en est bien connu, il s’appelle Victor Ardisson, parfois appelé aussi Honoré par confusion avec le prénom de son beau-père. Il reste en quelque sorte un des plus célèbres cas de nécrophilie, du moins un des plus documentés. Le protagoniste est un personnage dont on peut dire que toutes les fées ne se sont pas penchées sur son berceau, mais voyons.


Né le 5 septembre 1872 au Muy dans le Var, d’un père inconnu et d’une mère violente, Elisabeth-Apollonie Pore, qui le bat. Victor prend le nom de son beau-père, Honoré Ardisson, lequel « vivait d’expédients et de rapines ». Victor Ardisson commet une centaine d’actes de nécrophilie. Entrepreneur de pompes funèbres et fossoyeur, le « Vampire du Muy » viole de nombreux cadavres, surtout des femmes jeunes, qu’il mutile et décapite dans certains cas. Durant un certain temps, il conserve notamment sur sa table de chevet la tête momifiée d’une adolescente de 13 ans, qu’il embrasse régulièrement, la considérant comme « sa fiancée »
Il faut préciser qu’il souffrait de dérèglements, psychiques évidemment, mais aussi de particularités dont on peut dire qu’elles on contribué à l’assouvissement de ses pulsions, l’absence d’odorat et de goût. J’imagine, et si vous me le dites je vous crois sur parole, ouvrir des cercueils doit dégager des relents qui sont très loin de ceux du Chanel No 5. Il finit par se faire attraper et on l’interna pour folie, car en fait il n’avait tué personne et le code d’alors ne prévoit rien pour les relaxions sexuelles avec un mort, seule la profanation est condamnable. Lors de se son internement, il réussit quand même à s’évader en 1902 déjà, et en 1912. Il fut repris à chaque fois et mourut finalement en 1944.
On a bien entendu chercher à cerner plus précisément sa personnalité. Un psychiatre, Alexis Epaulard, eut plusieurs entretiens avec lui et put établir un profil assez précis. Je n’entre pas trop dans les détails sordides.
Le principal constat qu’il fait, c’est qu’il souffre de débilité mentale, sans qu’elle soit totale, c’est un simplet dans beaucoup de domaines.
Il a eu des rapports sexuels apparemment normaux avec des filles de rencontre et des prostituées, il eut même un maîtresse quand il fut soldat en Corse. Il n’a jamais pratiqué la pédérastie, sur des êtres vivants s’entend, ni la sodomie, ni la bestialité. Il dit qu’il n’a jamais songé à cela. Par contre il semble avoir été très attiré par les poitrines, il commençait très souvent par sucer les seins, même sur les mortes.
Bien qu’il ne pratique sa déviance qu’avec le sexe féminin, il attachait peu d’importance à l’âge, de très jeunes filles aux vieillardes. Quand il allait déterrer des cadavres, c’était peu de temps après un inhumation, ainsi les risques que l’on remarque une profanation étaient réduits. Il ne s’intéressait jamais deux fois de suite à la même défunte. Même si le nombre de ses victimes est inconnu, on l’estime possible à une centaine.
A contrario, il avait un caractère plutôt gai, le rire facile, ne se fâchait jamais, ni ne se plaignait. Il semblait faire ses atrocités comme une chose presque normale, en prétendant qu’il ne faisait aucun mal, dans sa certitude une morte est une morte, elle ne ressent rien. Il a une franchise à toute épreuve, ne nie jamais ce qui lui est reproché, pour autant qu’il s’en souvienne. Sa mémoire semble assez défaillante, surtout pour les choses remontant assez loin dans le temps, ou alors quand il est trop fatigué. Il ne supporte pas les longues conversations. Il aimait être devenu un centre d’intérêt. Physiquement, sans être un Apollon, il n’est pas disgracieux, il a le visage de monsieur tout le monde. Plutôt de petite taille, il est assez costaud et assez dur à la tâche.

Nous allons bien sûr refaire à travers divers journaux d’époque, le parcours de ce personnage sordidement célèbre. Rappel : dans certains articles il est prénommé Honoré, c’est une confusion avec son beau-père.

 

 

Source Gallica, BNP, DP

Exploration en terre musicale inconnue (22)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1966 – Manfred Mann / Bring It To Jerome. Parfois les maisons de disques sortent des disques sans trop savoir pourquoi. C’est le cas de ce single pratiquement invisible, publié probablement en 1966 avec un titre déjà ancien, mais surtout en face B la reprise de ce titre de Bo Diddley. Je n’ai jamais trop aimé la face commerciale de Manfred Mann, mais par contre les albums et les faces B recèlent des trucs dont je me suis régalé.

1963 – Walter Hensley / Walt’s Breakdown. Publication assez confidentielle de ce joueur de banjo américain, dont quatre titres sont réunis sur cet EP publié par Capitol. Le folk traditionnel à cette époque n’était pas très prisé du public français. Il préférait nettement qu’il guigne vers la variété.

1974 – Abba / Waterloo. Beaucoup de gens connaissent ce disque, mais peu ont celui-ci. Il s’agit de la fameuse chanson mais chantée en français, tout le monde ou presque acheta la version anglaise. Evidemment au marché des collectors c’est du 1 contre 100. Par ici la monnaie.

Bonus ABBA. Ce disque n’est jamais paru en France, mais si voulez voir Benny Anderson (c’est l’organiste), quelques années avant Abba. Il est membre des Hepstars, le groupe le plus populaire en Suède au milieu des sixties. Ils reprennent la fameuse chanson des Renegades (réécriture de « Brand New Cadillac » de Vince Taylor), « Cadillac » dont ils firent un succès personnel local.

1968 – Jackie Lomax / Sour Milk Sea. Pour ceux qui collectionnent toutes les éditions françaises des choses en connexion directe avec les Beatles, ils ne pourront ignorer celle-ci. C’est une des quelques tentatives que le groupe fit pour produire des artistes sur leur label Apple. Ils ont participé à l’enregistrement du premier album, sauf John Lennon, Eric Clapton fait aussi une apparition. Malgré le fait qu’il s’agisse d’une composition de George Harrison, la face principale de ce single qui sonne très Beatles période 68-69, ne rencontra que peu de succès. On peut gager qu’elle en aurait eu beaucoup s’ils l’avaient enregistrer eux-mêmes. Elle ne manque pas d’attraits.

1960 – Charles Mingus / Blue Cee. En 1960, ceux qui en avaient marre d’écouter Sydney Bechet ou Claude Luther, devaient trouver la musique de Charles Mingus  plutôt innovatrice. Il est clair que les années 50, via des labels comme Blue Note, appuyèrent sur l’accélérateur pour un jazz explorant de nouvelles routes. Mingus et sa contrebasse furent une de ces influences et pas la moindre. Evidemment toutes les publications en 45 tours de cette époque sont des pièces de musée, et le prix d’entrée pour les admirer parfois conséquent. Il n’y a pas si longtemps, un jeune de 18 ans, m’a remercié de lui avoir trouvé un vieil album de John Coltrane, il trouve cela génial.

1964 – Ian & Sylvia / You Were On My Mind. Une chanson dans sa version originale que tout le monde connaît ici, bien que ce disque publié par Amadeo en France ne vous dise pas grand chose. Il fallut la reprise par le groupe We Five aux USA pour qu’elle devienne un hit international et un no 1 aux USA dans une version remaniée. En Angleterre ce fut via la version de Crispian St Peters qui se classa no 2. Et puis Joe Dassin en fit « Ca M’Avance A Quoi? » Ah vous voyez que vous connaissez…

1970 – Captaine Beefheart & Magic Band / Pachuco Cadaver. Il est certain que publier un single de Captain Beefheart était une opération financièrement suicidaire. On en publia néanmoins deux. Bien que j’aime le bonhomme, je reconnais volontiers que c’est pas accessible à la première écoute et peu de chances d’en faire un no 1 auprès des minettes qui se gargarisaient de Michel Delpech é l’époque. Enfin le voici quand même.

1965 – Beppe Cardile / L’Amore E Partito. Le Festival de San Remo est un des haut lieux de la soupe musicale populaire en Italie. Le seul fait intéressant, c’est que des artistes étrangers s’y produisaient, on vit défiler Gene Pitney, les Yardbirds,  Dusty Springfield (éliminée dans les sélections c’est vous dire), Petula Clark, Antoine qui démarra avec une certain succès un carrière en Italie, et j’en passe. Au pifomètre, la France éditait l’une ou l’autre de ces chansons finalistes, espérant que le charme italien opérerait. Pour Beppe Cardile, le charme n’opéra pas.

1971 – Day Of Phoenix / Deep Whitin A Storm. Un groupe pop danois qui a un acquis une petite réputation auprès des collectionneurs. Difficile de trouver une copie de ce single en version française.

1971 – The Dillards / It’s About Time. Un groupe pas totalement inconnu du public français observateur. Vogue avait en effet publié un album vers 1964 dans la série « Folklore USA ». Officiant essentiellement dans le bluegrass, cette forme de folklore américain exclusivement blanche. Au tournant de 1970, ils ont un bon succès d’estime avec un album intitulé « Copperfields », dans un style assez différent, le folk a beaucoup évolué et s’est électrifié. Sur ce single publié en France, on est plus proche de la musique des Byrds ou Crosby Stills Nash, qu’une énième version de « Tom Dooley ».

1966 – Los Pekenikes / Sombras Y Rejas. Groupe principalement instrumental espagnol, populaires chez eux, mais les Pyrénées restent un redoutable obstacle à franchir, ils sont pratiquement inconnus ici. Barclay ayant le monopole de la distribution française pour Hispa Vox, il publia 4 EP’s qui tiennent un peu du disque invisible. Sur l’un d’entre eux, on trouve la reprise à la Shadows du morceau de bravoure pour guitaristes classiques, le fameux « Asturias » d’Albéniz rebaptisé « Sombras Y Rejas ».

1963 – Cozy Cole / Big Noise From Winnekta. C’est le disque typique que vous connaissez. A moins d’être un connaisseur, peu de gens sont capables de citer l’interprète, et encore moins d’acheter le disque. Ce morceau de jazz apparu dans les années 1930, fut relancé en 1963 par le batteur Cozy Cole. Idéal pour faire le joint à la radio entre deux émissions, il fut néanmoins repris en version chantée par Eddy Mitchell et Nancy Holloway « Quand Une Fille (garçon) Me  Plait ».

En passant

Bas nylons et photos oubliées

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Aujourd’hui, quand on se plonge dans le rétro musical, les journaux ou livres qui en parlent nous montrent souvent toujours les mêmes photos. Pourtant si un artiste a connu une certaine notoriété, il en existe de nombreuses qu’on ne voit jamais. Les magazines anglais ou américains étaient bien évidemment beaucoup plus nombreux que ceux qui existaient en France, de loin dominé par Salut Les Copains dans la première moitié des sixties. Alors, ces magazines envoyaient leurs pigistes faire des reportages sur les célébrités du moment d’où une pléthore de photos prises ici ou là, mais la plupart du temps autres que celles fournies par les agences de presse des maisons de disques.  Mon propos dans cette article est de vous présenter une série de ces photos, la plupart parfaitement inconnues pour moi. En dessous, j’ai posté un clip musical de l’artiste concerné, mais par forcément le plus connu, mais qui mérite un détour. Le but est aussi de vous faire découvrir de nouvelles choses, car la carrière de artistes ne s’arrête pas à un ou deux titres connus. Tous les artistes énumérés ont eu leur heure de gloire, pour certains ces heures se sont transformées en années.

Walker Brothers

Jet Harris % Tony Meehan (ex Shadows). Le clip est couplé avec un titre de Jet Harris en solo.

Les Beatles

Dave Clark Five

Brian Poole & Tremoloes

Les Merseybeats

Les Beach Boys

The Overlanders

Les Nashville Teens

Les Byrds

Les Applejacks

Les Zombies

Roy Orbison, Marianne Faithfull

Les Moody Blues

Heinz

Les Searchers

Les Fortunes

Dusty Springfield

Helen Shapiro

Cilla Black

 

En passant

Bas nylons et faits d’un peu partout et d’ailleurs

 

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Une des plus succulentes sources d’infirmations reste les journaux qui traitent de faits divers. Chacun peut y trouver son bonheur, quelle que soit la chose à laquelle il peut s’intéresser. Hélas, le plus souvent les gens sont attirés par le côté malsain, on se gargarise d’histoires criminelles et des vilaines histoires qui n’arrivent, en principe, qu’aux autres. Peu de gens imaginaient il y a cent ans, qu’avec l’apparition de la Toile, ces informations allaient entrer dans une sorte d’éternité. Vous allez découvrir dans la suite de l’article, quelques histoires qui furent relatées en 1912 dans le magazine L’Oeil de la police. Elles concernent des anonymes qui ont jailli le temps d’un article à la connaissance d’un lecteur pour retomber dans un inévitable oubli, sauf que maintenant 108 ans plus tard, elles refont surface. On peut considérer que les journaux numérisés peuvent constituer aujourd’hui un gigantesque ficher, bien plus fourni que dans n’importe quel rêve de policier. Si votre grand-père a braqué une banque, il se pourrait bien que l’on retrouve son nom à quelque part. Même vous, si votre affreux voisin a embouti votre bagnole un soir d’ivresse, vous pourrez toujours lui mettre sous le nez le compte rendu du tribunal qui l’a condamné à six mois avec sursis, vous verrez comme c’est drôle. A la fin de l’article, vous trouverez un développement pour un cas précis. Comme il s’agissait d’un fait survenu à l’étranger, j’ai voulu vérifier le précision et la véracité de l’information en le cherchant dans la presse locale. Vous pouvez cliquer sur certaines images pour une meilleure vue.

Comme dit au début, voici le développement d’un fait divers qui s’est passé en Suisse. Il concerne l’histoire ci-dessus des deux jeunes filles qui ont un accident de montagne, Il est fait mention dans l’article qu’elles venaient de La Chaux-de-Fonds, ville proche du Doubs qui fait la frontière entre la Suisse et la France dans cette partie du Jura. L’article dans L’Oeil de la police est très succinct, suffisante pour rappeler le fait dans les grandes lignes. Mon but était de vérifier si l’information était exacte, du moins pas trop fantaisiste, et si ce drame avait vraiment eu lieu. J’ai recherché dans la presse locale, si je trouvais mention de ce fait. Après quelques recherches, difficile quand on n’a pas de noms ni de dates, j’ai fini par trouver. Ce fait a bien eu lieu, il est plus développé dans le journal suisse, d’autant plus qu’il concerne les filles de parents honorablement connus comme on dit, mais le résumé va a l’essentiel et rapporte les faits correctement. J’ai volontairement effacé les noms, car il peut encore y avoir de la descendance qui se souvient de cette histoire, inutile d’en rajouter.

 

 

 

Source, Gallica, BNP, DP