En passant

Bas nylons et une star au club

*****

Jerry Lee Lewis a toujours été un personnage assez fantasque, mais s’il est une qualité qui fait l’unanimité autour de lui, c’est celle d’interprète. Surdoué du piano, une voix puissante, il sait chauffer une salle en moins de deux. Assez bizarrement un des albums où le personnage est au sommet de son art est resté passablement dans l’ombre, du moins pour les USA. Il s’agit de celui enregistré au Star-Club de Hambourg en 1964.
Le 5 avril 1964, Jerry Lee Lewis est annoncé sur la scène du Star-Club. Le club possède indirectement sa maison de disques gérée par Philips. Justement Philips possède pour l’Allemagne les droits de licence pour la nouvelle maison de disques de Lewis, Smash records, sous marque de Mercury. L’idée d’enregistrer un album live fait vite son chemin dans l’idée du producteur assigné, Siggi Loch. A ce moment là, la carrière de Lewis est au creux de la vague, il a de la peine à se remettre de son fameux mariage avec sa nièce mineure et surtout du scandale que cela a alimenté. Il dira lui-même dans un interview : « J’ai passé de 10000 à 100 dollars la soirée ». Mais artistiquement le chanteur est toujours en pleine possession de ses moyens et sa réputation sur scène est intacte. De plus, si le rock and roll est presque devenu ringard aux USA, l’Europe est toujours demanderesse. On peut enfin voir sur scène, ces stars qui enflammèrent les années 1950, mais qui dédaignèrent passablement le vieux continent au moment de leur pleine gloire. Alors on les fait venir et ils tournent, tournent.
Le concert et son enregistrement ne demande pas une grande mise en scène, des micros pour l’enregistrement, un groupe pour l’accompagner. Ce sera la travail des Nashville Teens, ramené à un trio, guitare, basse, batterie. A ce moment, ils n’ont pas encore eu leur hit « Tobacco Road » et ils sont encore peu connus. Petite séquence ironie, le solo que le guitariste John Allen étale dans « Matchbox » est presque note pour note le même que celui que l’ont peut entendre dans « TNT » des Nashville Teens. Le disque n’est pas un chef d’oeuvre d’enregistrement, c’est surtout la sono du piano qui est poussée à fond, mais cela n’a pas l’air de déranger beaucoup de monde.
A sa publication. le disque sans susciter une ruée vers les magasins pour l’acheter, intéresse ceux pour qui le nom de Lewis représente quelque chose. Le disque est publié seulement en Allemagne, France, Angleterre, dans d’autres pays après 1970, ce qui ne lui donne qu’une visibilité restreinte au niveau de l’Europe. Pour des raisons contractuelles, il n’est pas publié aux USA, il ne le sera qu’une trentaine d’années plus tard, et devient chez le fan américain une sorte de mythe dont il faut posséder une copie. Il faut aussi préciser qu’il fait un peu double emploi avec un album prévu aux USA « The Greatest Show On Earth » pas trop différent en contenu, mais avec plusieurs titres de country music. Il est publié en France sous le titre « Alabama Show ».
Avec le temps qui passe, il est consacré comme une des plus chaudes galettes du rock and roll enregistré en public. Un critique dira : « Ce n’est pas un album de rock and roll, c’est un crime sur la scène ! »
La publication de l’album se résume à 12 titres, mais le concert en totalisait 15. Deux chansons semblent avoir été définitivement perdues et la troisième « Down The Line », initialement écarté pour un défaut de balance au départ a refait surface ici et là. Les sélections présentées ici, apparaissent selon l’ordre du disque avec à la fin la chanson écartée. En bonus, je vous mets la version de « Long Tall Sally » qui figure sur l’album live en Alabama, peut-être la seule chanson de cet album qui pourrait faire pâlir celle du Star-Club. C’est celle que vous trouvez sur le EP français de 1964 « Enregistrement Public ».

La chanson écartée de l’album.

La version de « Long Tall Sally » enregistrée en Alabama.

 

 

*****

En passant

Bas nylons et le futur

*****

L’avenir a toujours été une chose qui fascine la plupart des gens. On peut espérer connaître son futur sur un plan personnel en consultant une voyante ou son horoscope, ou simplement l’imaginer au niveau d’une société ou d’une civilisation. Aucune de ces visions n’est une certitude, c’est l’avenir qui nous dira si c’est vrai dans le sens de la voyance ou avéré selon un critère plus scientifique ou en se référant à la probabilité qu’une chose advienne. Une grande part des prévisions relève de la recherche scientifique, on se persuade qu’une théorie peut être confirmée par l’étude du comportement d’un phénomène ou le développement d’une chose déjà connue. Les auteurs de science-fiction sont les plus fertiles dans le domaine, c’est la limite de leur imagination qui pose les bases d’un monde futur. On cite souvent Jules Verne comme référence pour la France. Disons qu’il fut plutôt un auteur d’anticipation  que de science-fiction. Tout ce qu’il raconte dans ses récits est le résultat de la curiosité qu’il avait pour la recherche et le progrès scientifique de son temps., Seules certaines aventures comme « De la Terre à la Lune » sont plus du domaine de la science-fiction. Parmi les auteurs connus et célèbres citons l’Anglais et pionnier du genre H.G. Wells. Sa célèbre « Guerre des mondes » est vraiment une référence dans la littérature du genre. Il aborda aussi le thème du voyage dans le temps ou de l’invisibilité. C’est d’autant plus de la science-fiction que les histoires que je cite, le sont encore aujourd’hui.
Voir un symbole dans une date est chose assez banale, surtout quand elle est particulière comme un changement de siècle. Tout au long du 20ème siècle, l’an 2000 a fait fructifier les imaginations, changement de siècle et de millénaire, double signification. Promesse d’avenir radieux ou non, on est parlait déjà cent ans avant. Entre 1899 et 1910, une série de dessins nous parlent de cette date et des probables merveilles qui attendent ceux qui seront présent au 1 janvier 2001. L’avantage de l’avenir quand il devient passé, c’est parfois de nous faire bien rigoler ou de penser qu’après tout, les visionnaires de 1900 étaient des humoristes et sans doute pas si cons. Les images, superbes, sont cliquables.

 

En passant

Exploration en terre musicale inconnue (15)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1958 – Ruth Brown / This Little Girl Gone Rockin’. Ruth Brown est une artiste noire de R&B assez connue aux USA, mais beaucoup moins en France. Sur cette publication française de 1958, alors que l’on se plaignait de la rareté des publications de disques de rock and roll, en voici un exemple passé inaperçu.

1968 – The Pretty Things / Talking About The Good Times. Un peu comme les Moody Blues, les Pretty Things abandonnèrent leur racines blues pour se tourner vers des choses plus progressives. Si leur 45 tours chez Fontana sont relativement courants, ils en va autrement de ceux sortis chez EMI. Voici le premier de la série. C’est juste l’époque où je les ai vus sur scène, avant de les revoir 45 ans plus tard.

1961 – Marie Laforêt / St Tropez Blues. Mais oui Marie Laforêt n’est plus, c’est dommage c’était pour le moins un excellente chanteuse.  Dans la presse j’ai constaté qu’aucun journaliste n’était capable de citer juste son premier disque. Non ce n’est pas « Les Vendanges De L’Amour » mais celui-ci avec Jacques Higelin. Evidemment c’est moins connu et c’est pour les besoins d’un film.

1969 – Octopus / Laugh At The Poor Man. Groupe anglais enregistrant pour le naissant label Penny Farthing. Très dans le vent de l’époque avec ses harmonies vocale bien fouillées. pas assez pour conquérir la France. Très plaisant !

1970 – Family / The Weavers Answer. Quelques singles de Family sont parus en France sans être très visibles. Dominé par la fantastique voix du chanteur Roger Chapman, c’est un des très grands groupes pop toutes tendances confondues.

1965 – Kim Fowley / The Trip. Le légendaire producteur a enfanté sans le vouloir cette très belle pièce de collection française sur le label Vogue. Une petite anecdote, un pote musicien qui l’avait rencontré par hasard à New York dans les années 1990, lui a demandé s’il voulait produire le groupe dans lequel il jouait. Fowley lui a répondu : C’est 5000 dollars par jour !

1968 – Linda Tillery & Loading Zone / No More Tears . Seule publication ici de ce band américain, chanteuse noire et musiciens blancs très R&B, assez populaire aux States dans les concerts. La chanteuse est toujours en activité.

1970 – Stray / Only What You Make It. Un de ces groupe anglais assez peu connu mais prisé des collectionneurs.  Cela pourrait faire penser à du Deep Purple pour ce titre.

1965 – The Deejays / Blackeyed Woman. Groupe d’origine anglaise exilé en Suède. Ils enregistrent cette pièce devenue légendaire et combien merveilleuse, parue en France sur un rare EP  très difficile à dénicher. Un casse tête pour beaucoup de collectionneurs.

1967 – The Rokes / Let’s Live For Today. Emmenés par Shel Shapiro, les Rokes sont des anglais émigrés en Italie. Ils deviennent immensément populaires dans la Botte en se posant un peu comme des Beatles italiens. Ils chantent en italien et en anglais principalement des adaptations de titres anglo-américains. Un de leurs succès originaux composé par le chanteur, « Piangi Con Me » est repris en version anglaise sous le titre que je vous propose ici. Les deux titres sont édités en France par RCA sous deux EP’s différents, sans qu’ils soient remarqués. Par contre en Amérique, les Grassroots reprennent ce titre et en font un succès et même un standard. Plutôt marrant, RCA qui les distribue en France, sans doute un peu refroidi par l’insuccès des Rokes, publie plusieurs disques d’eux mais pas celui-là.

1963 – The Blackjacks / Woo Hoo / The Red Dragon. En 1963, les Blackjacks décident de réactiver pour le label anglais Pye, un hit des Rock-A-Teens, groupe vocalo-instrumental qui fut classé dans les chars US en 1959, « Woo Hoo ». Disque facilement contagieux, il ne se classa pas en Angleterre bien que régulièrement publié. Quelques passages radio auraient suffi pour le faire démarrer, ce qui ne se produisit pas. Vogue décide de le publier en France où ce titre est inconnu, car la version originale ne fut pas publiée. Couplé avec un single de la chanteuse Pat Harris à laquelle ils servent de backing band, le EP ne rencontra pas plus de succès chez nous. Je vous file également l’autre face qui est un bon instrumental à la Shadows.

1969 / Little Richard / Baby What You Want Me To Do. Il existe sur le marché français un nombre impressionnant de 45 tours de Little Richard. On y retrouve bien sûr ses grands classiques car c’est un des influences majeures du rock and roll. Dans sa carrière, il n’a pas fait que du rock, mais aussi du gospel et devint aussi dans les années 60 un très compétant chanteur de rhythm and blues et de soul music. Certains de ses disques ne furent publiés que sous la réputation de son nom et l’on peut y trouver des choses très hétéroclites, comme cette reprise de ce célèbre titre de Jimmy Reed pas si mal roulée.

*****

Bas nylons et une cerise flambée

*****

Cherry Flambé est une artiste australienne qui officie dans le monde du burlesque, de la pin-up, et de la chanson. Sa mère étant française, elle a quelques connexions avec la culture française. Comme cette dernière était opératrice dans un cinéma local, elle a grandi avec la culture hollywoodienne sur l’écran. Elle trouve une photo cachée de Frank Sinatra dans les affaires de sa mère et fantasme qu’il est son père absent. A la fin son adolescence, elle part en bateau pour les USA, tout en s’accrochant à son rêve de paternité. L’histoire tourne court, mais elle lui permet de se lancer, chose qu’elle espère depuis longtemps, dans une carrière de chanteuse. Tout d’abord, c’est la musique de la rue, la plus grande scène du monde. Elle tourne le pays avec un équipe d’artistes du cru, mais les abandonne à Las Vegas. C’est là qu’elle est découverte par un producteur qui la fait finalement enregistrer, tout en continuant de se produire dans les cabarets, après l’avoir envoyée à Berlin pour se perfectionner.
Je voudrais surtout m’arrêter sur la chanteuse, car elle est intéressante par son éclectisme en musique tout en état très ciblée rétro. Même si elle n’a enregistré qu’un album et quelques autres titres uniquement disponible pour l’instant en téléchargement, il faut reconnaître que c’est assez magique. Elle parcourt avec un certain bonheur un style qui va du swing des années 40, au garage punk, en passant par le rock and roll et un aperçu de ses racines françaises. Les reprises sont flamboyantes et le arrangements ne souffrent d’aucune distorsion de modernisme malvenu dans le son. La seule chose regrettable c’est l’absence d’un vrai disque, un vinyle est annoncé depuis longtemps, mais sortira-t-il un jour ? Toutefois pour quelques euros on peut se payer une intégrale. Je ne commenterai pas toutes les chansons, mais je me permettrai une petite remarque ici où là.

C’est bien sûr une reprise des garage psyché et fameux Seeds.

Pour ceux qui ont bien dans l’oreille la version originale de Johnny Kidd, vous remarquerez que la guitare a pratiquement le même son que l’original.

Une reprise de April Stevens, du duo Nino Tempo et April Stevens.

Superbe version de la célèbre chanson du film « Rio Bravo ».

Reprise de la chanson chantée par Sofia Loren dans « Les Dessous De La Millionnaire » via la version française de Gillian Hills datant de 1962.

Reprise de la version anglaise de Françoise Hardy qu’elle avait elle-même créée d’après son tube « Je Veux Qu’il Revienne ».

*****

En passant

Bas nylons et des rigolos d’un autre siècle

*****

Le journal satirique n’est de loin pas une invention nouvelle. Il existe pratiquement depuis l’invention de la presse. Pendant longtemps ce ne fut que des pamphlets à tirages limités et distribués discrètement, principalement sur une page. A partir du 19ème siècle, poussé par la Révolution ils fleurissent ici et là. Dans ses premières formes il s’agit surtout de textes et petit à petit des dessins font leur apparition, on a compris qu’un dessin vaut mille mots. Un hebdomadaire très intéressant parut de 1848 à 1855 Le Journal pour rire. Il fut fondé par Charles Philippon, né en 1800 à Lyon. Il se destine aux beaux-arts, mais un peu rebelle, il lui préfère le dessin satirique. Son journal est un bel exemple de journal satirique abondamment garni des dessins traitant le sujet sous la houlette des divers dessinateurs. Je vous en ai extrait quelques dessins d’un numéro paru en 1854. J’ai fait abstraction volontaire des dessins consacrés à des personnages depuis longtemps oubliés ou de faits qui firent l’actualité d’alors sans pour autant nous parler 160 ans plus tard. D’autres peuvent être transposés plus facilement au temps présent, dont certains ne manquent pas d’une certaine férocité envers ces bons bourgeois ou les politiciens. A s’aperçoit une fois de plus que toutes les époques ont leurs moments drôles. On peut cliquer les dessins pour les visualiser mieux.

Exploration en terre musicale inconnue (14)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

Pour varier, nous irons faire un tour en Allemagne selon le même principe. Durant les sixties le scène musicale allemande fut beaucoup plus animée qu’en France, ici les groupes sont presque une exception, tandis qu’outre-Rhin c’est le contraire. Mais on retrouve le même phénomène, ne devient pas star qui veut, les fonds de tiroir et les obscurités existent aussi. Je parle uniquement de 45 tours et si certains des artistes que je cite ici ne devinrent jamais des stars, les plus chanceux d’entre eux eurent une renommée locale. Ce qui est encore plus certain, c’est qu’ils furent complètement ignorés en France-

1965 – The Details / What Shall I Do. Dans les sixties le label Bellaphon était plutôt un label mineur, signant des artistes secondaires sans vraiment que ceux-ci éclatent au niveau national. Voici un exemple de 1965 sur ce label, un de ces groupes qui existaient parmi des centaines sur la scène musicale allemande très prolifique. Ce disque, je l’ai découvert grâce à un collectionneur allemand, et comble de bonheur il en avait une copie à double. C’est musicalement assez proche du garage punk américain. Toutefois au moins une licence Bellaphon fut publiée par President en France (Casey Jones & Governors). Plus tard au tournant des seventies, le label se hissa au rang de major, publiant notamment le label Chess et en 1977 les fameuses bandes des Beatles au Star-Club.

1967 – The Savages / Why Don’t You Say. Même label, autre groupe avec un nom plutôt prétentieux quand on écoute leur musique.

1965 – The Kentuckys / Uncle Willy. Encore du Ballaphon avec la reprise d’un titre R&B assez obscur popularisé par Zoot Money et Brian Poole & les Tremoloes. Ce groupe obtint une petite popularité en Allemagne, un peu parce qu’ils avaient des cheveux plus longs que la moyenne et aussi habillés en femmes pour la rigolade. Cette version est plutôt bonne.

1965 – The Rollicks / Das Totenschiff. Le hit des Islanders repris en France par Sacha Distel & Sheila (Un Bateau S’en Va), ici en instrumental. Les Rollicks eurent un petit goût de succès avec leur reprise du « Let’s Go » des Routers.

Frederic & Rangers / I’m On The Outside. Ce groupe fit deux tentatives phonographiques dont celle-ci. Peu connus même en Allemagne. Cela fait au moins 50 ans que je n’avais pas entendu ce disque que j’avais jadis possédé.

1966 – The Faces / Cry Cry Cry. Un de ces groupes surtout connus pour avoir occupé la scène du Star-Club de Hambourg. Très souvent en dehors de celle-ci ils n’étaient pas grand chose. J’ai eu la chance de rencontrer le batteur de ce groupe en 2002 en Allemagne, Mr Niels Taby. On a un peu discuté entre deux bières, très sympathique, il m’a signalé que sa grande passion c’était Johnny Kidd. A part ça une belle reprise du titre de Bobby Bland.

1966 – Ian & Zodiacs / No Money No Honey. Un groupe d’origine anglaise assez ambitieux qui publia quelques belles galettes surtout en Allemagne avec des succès modérés.

1965 – The Blizzards / I’m Your Guy. A l’étranger ils sont surtout connus pour avoir enregistré en allemand une cover de « Heart Full Of Soul » des Yardbirds. Mais ils chantent aussi en anglais et c’est pas mal du tout.

1968 – The Blackbirds / No Destination. Une petite perle alors que la musique se faisait un peu plus planante. De tous les disques que je vous ai proposés ici, c’est certainement celui que j’ai écouté des centaines de fois, eh ou ça fait 50 ans.

1964 – The Javalins / Scherben. La tentation d’une carrière en Allemagne n’était pas le fait uniquement des Anglais. Ce groupe était bel et bien hollandais, mais testa le coup en Allemagne avec une adaptation toute germanique de « Bits And Pieces » de Dave Clark Five.

1967 – The Ones / Lady Greengrass / Love Of Mine. C’est une des plus prestigieuses pièces de collection du label Star-Club pour au moins deux raisons. La première c’est que cela n’a pas marché, la seconde c’est que ce groupe est une première mouture des célèbres Tangerine Dream. Et que c’est beau !!!

1966 – The Rebbels / Come Back. Après avoir joué le jeu des albums de reprises quelque chose de plus original, du beat et de la fuzz guitar. C’est toujours un de ces disques, qui sans être exceptionnel se trouve très bien dans une collection pour les amateurs du genre. Je le possède même avec une pochette aux couleurs alternées dont je n’ai vu mention nulle part, le lettrage est violet au lieu d’être rouge. Le monde est plein de mystères…

 

Bas nylons, tout le jour et toute la nuit.

*****

Avoir dans un groupe un membre efficient comme compositeur, peut se révéler très efficace, surtout s’il est de premier plan. Les groupes qui peuvent prétendre à pareille honneur ne sont pas légions, encore plus si la plupart de ses compositions deviennent des classiques. Dans les sixties, un dépasse les autres, il est même titré comme musicien anglais ayant eu le plus d’entrées dans le hit parade anglais, catégorie compositeurs solitaires. Il s’agit de Ray Davies, bien entendu membre des Kinks. Pour sûr, ils n’eurent jamais la même aura que les Beatles ou les Rolling Stones, mais ils n’ont rien à envier à leur rivaux. A travers ses compositions on voit aisément l’évolution de Ray Davies dans sa musique. Au début, c’est très dérivé du rock and roll et assez brut, ce sont en fait des histoires d’amour assez banales au niveau des paroles. Puis le vent tourne, il se fait observateur de la société, on y retrouve  des thèmes comme la flemme, la mode, la vie trépidante des villes, les endroits sombres. Les musiques sont aussi plus fouillées sans toutefois faire appel à des orchestrations grandiloquentes. Nous allons explorer l’une de ces merveilles du début qui a flatté des millions d’oreilles « All Day And All Of The Night ». Chronologiquement c’est leur quatrième single et le deuxième hit. Il est bâti sur les mêmes bases que le précédent, pas très différent dans le son, ce qui fit dire à quelques critiques de l’époque qu’il n’était pas très nouveau. Mais il connut un succès égal et dans les titres de la première époque, ce sont les plus revisités.

L’original, 1964.

En live, même année.

Sans doute la première reprise. Ici les Jaybirds sur disques Embassy. Ce label avait l’habitude de produire des singles qui regroupaient deux hits du moment repris par des artistes obscurs. Mais ce qui est merveilleux ici, c’est que ce groupe obscur n’est autre que les futurs Ten Years After sans l’organiste. Aussi de 1964.

On reconnait assez bien Leo Lyons à gauche et Alvin Lee au centre.

La version française des Lionceaux « Le Jour, La Nuit, Le Jour » pas toujours très percutants dans leurs reprises, mais celle-là est assez réussie.

Probablement la première cover américaine par les Kinkerbockers, c’était avant leur fameux « Lies ».

Mexique, Los Yaki,  assez endiablé, 1965.

The Remains USA, enregistré en 1965, une belle version qui ne sortira qu’en 1983. Le groupe fit l’ouverture des Beatles à Boston en 1965.

Larry Page Orchestra, le producteur des Troggs enregistra un album de reprises des Kinks.

Pour l’Italie I Ragazzi Del Sole, 1966.

The Stranglers,1987.

Quiet Riot, 1995.

Status Quo, 2003

Les terribles, autre version française, 2005.

Les Scorpions en live, 2011.

Ray Davies solo au Jools’ Annual Hootenanny, 2014.

Pour leur introduction dans le « Rock And Roll Hall Of Fame » en 1995, les Kinks de l’époque surtout Ray et Dave Davies.

*****