En passant

Bas nylon et arrêt au garage

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Continuons notre exploration de la série « High In The Mid-Sixties » la copine de la série « Pebbles » consacrée ai garage punk. Vous pouvez voir ici un descriptif concernant ce mouvement musical. Comme je l’ai dit dans un autre post, cette série consacre sa recherche d’obscurités par zone géographique. Les trois premiers volumes étaient consacrés à la Californie, Los Angeles en particulier.

Volume 4  – Illinois – Chicago.

Chicago est un des gros centres musicaux des USA. C’est aussi un des berceaux du jazz par le fait de la très grosse immigration des Noirs venus de la Louisiane et du Sud pour bosser dans les usines. C’est aussi un des états qui vit l’explosion du blues électrifié à travers notamment les fameux disques Chess et des artistes comme Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Sonny Boy Willamson II. Mais tous les styles de musiques y sont représentés, même les plus récents comme hip-hop. Le garage punk est bien entendu présent vers 1965 – 1966.

The Little Boy Blues – The Great Train Robbery

The Omens ~ Searching

The Boyz – Come With Me

The Misty Blues – I Feel No Pain

THE Reason’s Why – All I Really Need Is Love

The Todds – I Want Her Back

The Foggy Notions ‎–Take Me Back And Hold Me

Untamed – Someday Baby

Volume 5 & 6  – Michigan – Détroit et environs

Avec cet état, on pense immédiatement à Détroit. C’est aussi un des hauts lieux de l’inspiration musicale. Le célèbre label Tamla-Motown, essentiellement noir, est un des rares qui peut prétendre avoir eu une influence énorme sur toute la musique moderne depuis 1960, et aussi une maison de disques associée à un style précis. Le funk, le disco, la soul music en sont des dérivés. Mais on trouve aussi côté blanc des groupes qui inspirèrent la musique punk, les Stooges et MC5. Pour le garage punk, c’est une ville avec une très bonne cuvée.

The Mussies -12 O’Clock. Très inspiré du style à Link Wray

Run-A-Rounds – I Couldn’t Care Less

The Boss Five – You Cheat Too Much. Un titre très représentatif du style.

The Rationals – Turn On

Quests – Shadows In The Night

The Jammers – You’re Gonna Love Me Too

The Undecided ? – I Never Forgot Her

The Legends – I’ll Come Again

The Yorkshires – And You’re Mine

The Underdogs – Friday at The Hideout

Blues Co – Love Machine

The Underdogs – Don’t Pretend

The Chosen Few – It Just Dont Rhyme

The Pleasure Seekers – Never Thought You’d Leave Me. Un de ces rarissimes groupes entièrement féminins vocal et instrumental, principalement composés des trois soeurs Quatro.  Une certaine Suzi deviendra célèbre plus tard et tient la basse dans ce groupe. Tout à droite sur la photo. Un copie originale de ce single dépasse les 600 euros.

Un clip de 1968

Un titre de 1965, la face B du premier. Peut-être le premier disque de punk féminin. Ce titre est à l’évidence un pompage de « Move It On Over » de Del Shannon, titre considéré comme à part dans sa discographie.

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En passant

Bas nylons et un drôle d’écho

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Un de mes fins amusements quand je suis devant mon écran, c’est de fouiller dans les archives des journaux. Une des principales raisons réside sans doute pour mon intérêt envers l’histoire. Essayer de cerner un événement ancien par rapport à ce qu’en disent les journaux est toujours assez enrichissant. Mais c’est déjà un témoignage de seconde main, on y voit ce que le journaliste a bien voulu y voir ou rapporter, mais il reste sans doute plus précis que l’histoire que l’on raconte à quelqu’un, qui la raconte à un autre qui en parle avec le suivant. A côté de ces recherches ciblés pour  l’histoire, on peut aussi parcourir ces documents dans un but de simple curiosité.
J’ai parcouru quelques numéros de L’Echo de Paris datant de janvier 1908. Ce journal fut de 1884 à 1942, un de ces journaux que l’on peut qualifier de léger, anti-dreyfusard à ses heures, et orienté à droite. Il se veut néanmoins un journal plutôt généraliste sans être très ancré dans la politique, il n’hésite pas à aborder les faits divers et même les faits insolites. Nous allons en parcourir quelques extraits en commençant par une histoire de maison hantée, article que se trouve même en une. Le phénomène est rapporté dans tous les pays du monde, je ne sais pas s’il y a des igloos hantés, mais des maisons où il se passe de drôles de trucs, certainement. L’exploration de ces maisons est même devenu une sorte de sport, on trouve énormément de vidéos faites par ces aventuriers modernes. J’ai même connu une dame qui possédait un gros bagage scientifique qui avouait étudier ces phénomènes. Dans l’article dont je parle, il semble que cette maison n’est pas spécialement passée à la postérité. Dans ce cas précis il s’agit probablement d’un phénomène de poltergeist, c’est à dire des manifestations qui se produisent lors de la présence d’un jeune ou d’un enfant. Mais vous verrez en lissant l’article que certaines situations sont assez cocasses.

Toute autre domaine, une rubrique réservée aux annonces personnelles. A une époque où tout le monde ne possédait pas un téléphone, ne pouvait écrire discrètement à son amant ou à sa maîtresse, le procédé était sans risque, comprenne qui pourra. On peut aussi imaginer que les espions ou certains personnages interlopes procédaient ainsi pour transmettre un message sous un texte d’apparence anodin, mais ayant une signification claire pour une personne précise. On peut deviner que certaines choses doivent rester secrètes ou discrètes selon la tournure employée dans l’annonce. C’est assez succulent.

Une petite chronique mondaine avec photo, ce qui est assez rare à l’époque dans certains journaux, où vous ferez la connaissance d’un sport d’hiver qui a l’air encore assez mystérieux pour les Parisiens (cliquer sur l’image pour l’agrandir).

Après les faits d’hiver, les faits divers. Une bande d’acrobates a essayé de cambrioler le musée du Louvre, mais on peut penser que les gardiens ont le sommeil lourd. On fin de compte on a rien volé, sinon des heures de sommeil.

Deux bonnes amies et une danse incendiaire.

Source gallaica, BNP, DP

En passant

Exploration en terre musicale inconnue (50)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1961 – The Rivieras / Refrigerator. Il existe deux groupes américains partant le même nom. Celui-ci est la version noire à tendance r’n’b. Cet EP paru en 1961 est une assez belle rareté dure à dénicher.

1964 – The Rivieras / California Sun. Voici la version blanche, il s’agit cette fois d’un groupe de surf. Leur reprise de « California Sun » créé par Joe Jones, leur valut un beau succès qui faillit être no 1 si les Beatles n’occupaient pas déjà cette place. En France, on connaît plutôt ce titre via l’adaptation des Chaussettes Noires, et encore ce ne fut pas à proprement parler un succès. Ce EP des Rivieras est assez rare.

1969 – Rocher Band / Ma Kate Ke Oyo.  Un des nombreux disques destinés aux Africains résident en France. En général, ils sont assez rares, du pas trop rare au très rare, termes auxquels on peut aussi coller de pas très recherché à très recherché. Depuis que la musique ethnique est devenu un truc culturel, ici le Cameroun, ces disques autrefois méprisés nous font remonter aux racines de la musique moderne. Ce disque est un collector moyen, mais pas très courant.

1963 – Bob B. Soxx And The Blue Jeans / Zip-A-Dee Doo-Dah. Ce n’est sans doute pas la publication française la plus recherchée concernant Phil Spector, mais elle n’en est pas moins du genre assez rare. Tout le charme de ses productions de la grande époque.

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1970 – Bjorn & Benny / She’s My Kind Of Girl. Ce sont les débuts d’Abba, la partie mâle est mise en évidence, mais le groupe est déjà formé et n’a pas encore son nom définitif, en attendant les dames font les choeurs. La chanson appartient à la musique d’un film « Inga » et l’on peut déjà reconnaître une certaine classe à ces deux compositeurs qui feront fureur plus tard. Cette rare publication bénéficie de tout l’attrait qu’elle peut présenter aux plus fous collectionneurs d’Abba.

1966 – Hootenanny Singers / Finns Det Liv Så Finns Det Hopp. Puisque l’on est dans Abba, restons-y encore un peu. Dans ce que l’on peut considérer comme premières publications françaises du pré-Abba, le pompon revient aux deux EP’s des Hootenanny Singers, un groupe folk suédois à succès dans lequel on retrouve Bjorn Ulvaeus. Sur le deuxième EP, encore plus fort, on trouve une composition, la première, qu’il a écrite avec son futur collègue d’Abba, Benny Anderson. C’est chanté en suédois, mais le groupe éclectique a aussi enregistré une version de « La Mamma » de Charles Aznavour chantée en espagnol et en suédois. Ces publications n’eurent aucun succès en France et sont bien évidemment rares. Petite anecdote pour 1965, la formation Les Célibataires adapta une chanson du groupe, « Darlin » (il en existe une version en suédois), composée par Ulwaeus, sous le titre « Regarde Regarde ». J’ai mis ce titre en-dessous, la versions des Célibataires n’étant pas Youtube. Bjorn Ulvaeus n’est pas sectaire, il lui arrive de retrouver ses anciens potes et de chanter avec eux. Récemment, il a écrit un texte sur Greta Turnberg dans lequel Il affirme que l’humanité a plus besoin de personnes comme elle que de vieux messieurs comme lui.

Soyons fous, voici leur version de « La Mamma ».

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1960 – The Fireballs / Torquay. Un classique de la guitare électrique, cependant nettement moins connu que d’autres. Il eut un succès modéré aux USA et moindre internationalement. Le groupe devra attendre 1963 et Jimmy Gilmer & The Firebals pour être no 1 avec « Sugar Shack », cette fois-ci vocal. L’édition française sur un EP Top Rank est très rare. Par contre le succès de 1963 paru chez London en EP est plus courant, mais comme il est partagé avec le « Wipe Out » des Surfaris, on peut imaginer qu’il est plus recherché pour la présence de ce surf instrumental.

1967 – The Hesitations / You Can’t By Pass Love. Si on observe les publications françaises en EP’s qui sont dédiées à des artistes noirs, on remarque que la plupart sont bien cotés et aussi rares. Cette publication des Hesitations, un groupe de soul music n’échappe pas à la règle, il atteint vite la centaine d’euros.

1967 – Just Us / What Are We Gonna Do. Dans les encarts publicitaires des disques Vogue, on voyait souvent la mention de ce disque publié en EP. Il s’agit d’un duo américain dans lequel on trouve Chip Taylor, plus connu comme compositeur de « Wild Thing » que les Troggs empruntèrent aux Loved Ones pour en faire un succès retentissant. Quand on a ce titre en tête, les morceaux qui figurent sur ce disque paraissent assez fades. Un rare et petit collector.

1966 – The Young Rascals / Good Lovin’.  Première publication française pour ce groupe qui cartonna bien aux USA. C’est encore un de ces disques qui n’est pas d’un rareté absolue, mais sans doute une des pièces les plus recherchées de la discographie française. En plus le titre ne manque pas de punch.

1967 – Jimi Hendrix / Purple Haze – Disque de poche. Une des pièces les plus exotiques de la discographie française de Jimi Hendrix. En 1967, Barclay lance un truc éphémère, le disque de poche. Cela consiste en un disque de 15 cm qui tourne en 33 tours avec 3 titres par face. La durée des morceaux est ramenée à 2 minutes. Ce fut un bide complet et des 6 artistes publiés sous ce format, seul celui consacré à Jimi Hendrix attire vraiment les collectionneurs, parfois pour un assez bon prix.

1966 – The Knickerbockers / Lies. Puisque le batteur de ce groupe et aussi la moitié du duo des Righteous Brothers, à partir de 1968 jusqu’en 1973, Jimmy Walker, vient de décéder récemment, je peux parler de cet EP. J’avais échangé avec lui quelquefois sur la Toile, je lui avais même fourni un scan de cette fameuse rare et unique pièce de la discographie française, 2 ou 300 euros c’est assez courant. En plus, je ne l’avais pas encore chroniqué dans cette rubrique, bien que j’ai parlé plusieurs fois de ce groupe dans ces colonnes.  Ce titre figure certainement dans les 20 ou 30 disques que j’ai le plus écoutés dans ma vie, cela fait 54 ans que je l’écoute. On l’a souvent comparé à une parfaite imitation des Beatles, au point qu’un petit malin a fait un fake très réussi des Beatles interprétant la chanson (voir le clip en dessous). R.I.P Mr Walker.

 

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