Petite encyclopédie sur l’art de porter le bas nylon

Le Boss vous présente sa dernière publication 

Le bas nylon s’éclate en bulles colorées dans les désirs des hommes, qui n’ont jamais eu la chance de l’admirer de près, encore moins de le toucher. Ce livre qui se veut une petite encyclopédie didactique sur le bas nylon, aborde tous ses aspects, son histoire, ses accessoires, et la façon de l’apprivoiser ou l’admirer par ceux qui n’ont connu que les collants. Il rafraîchira aussi la mémoire de celles qui le portent de temps en temps, en leur rappelant les choses essentielles pour faire de lui un instrument de séduction incontournable et surtout confortable. C’est un livre à offrir à la dame de ses rêves, où de manière plus indirecte, à laisser traîner négligemment sur la table du salon. Nul doute qu’elle le lira et, qui sait, lui donnera des idées.

Illustré par de nombreuses photos dont certaines inédites.

avec

les modèles

Miss Nylon

Miss Eva

Miss Legs

Sandrine Raimbaut

Axelle

les photographes

Claude Vittiglio

Stéphane Perruchon

JFH Photographe

Alban Lavigne

X

et la participation de 

Cervin

SodibasParis

Secrets In Lace

en vente exclusive sur

 

Des dessous pour un siècle (3)

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L’immédiat après 1900 est une époque entre deux mondes, l’ancien et le nouveau. On est certes pas encore à l’époque des trente glorieuses, mais on parle déjà de progrès. On est tout émerveillé par les nouveaux gadjets qui entrent petit à petit dans les foyers, la radio, le gramophone et pour l’extérieur on peut frimer dans une voiture et filer comme des bandits à 40 à l’heure chasser le piéton dans les rues de Paris où la circulation n’est pas encore très réglementée et l’on trouve des places de parc à profusion. Ce sont encore des choses réservées à une classe aisée, mais le sort des masses populaires s’améliore. Sans être tous  des cerveaux, les gens bénéficient d’un certain niveau d’instruction, on sait lire, à peu près écrire, et surtout si l’on a du travail on peut penser aux petits plaisirs. Le cinéma n’est pas encore tout à fait présent, mais les bals populaires, le théâtre, sont très fréquentés.

La mode continue sa saga, on l’a vu, le corset qui a ses ses adeptes et ses pourfendeurs n’est pas mort.  Mais gentiment cette forteresse de la mode féminine depuis des siècles est sapée à la bases par des coup de butoir. On l’attaque par la diagonale. La pantalon est bien évidemment un accessoire avant tout masculin et la jupe féminin. Maintenant si cela va de soi, il en allait tout autrement dans les siècles passés, notamment en ce qui concerne l’habillement des enfants, la frontière est plus ténue. On habille parfois les garçons avec une robe et les filles portent des pantalons sous leur robe. Ce pantalon version féminine était surtout un instrument de camouflage pour les jambes et le reste. Il n’était pas question de le rendre visible en enlevant la robe et il était presque indécent s’il était aperçu lors d’un léger relevé de robe Tout au plus il était réservé aux petites filles, aux danseuses et aux filles légères. Mais faites du neuf avec du vieux, il est remis sous les crinolines qui ont tendance a se relever, si la femme fait des mouvements comme la danse par exemple. A partir de ce moment là, il monte d’un degré dans l’échelle de la pudeur et devient présentable accidentellement. Evoluant avec la raccourcissement de la longueur des robes, il suit le mouvement et pour finir, il se termine en culotte vers le début de la première guerre mondiale. C’est ainsi que nous trouvons cette bonne vieille culotte de grand-mère pas encore slip ou string.

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Louis XIV enfant, il ne porte pas encore la culotte

Un fait marquant du début du siècle, c’est l’apparition de la couleur dans le sous-vêtement. Jusque là, le lin et le coton sont rois, efficaces dans la pratique, un peu moins visuellement et presque toujours blancs. Ce que la Belle Epoque a appelé les cocottes, comprenez des femmes un peu légères, ont fait une petite révolution, elles ont commencé à porter de la soie avec des couleurs extraites de l’arc-en-ciel. Cela veut aussi dire que les sous-vêtement on gagné tant en légèreté qu’un minceur, c’est plus aérien et un tantinet transparent selon la couleur et l’épaisseur. Cela a fortement plu à ces messieurs bourgeois qui ont jeté un oeil attendri et encore plus coquin. C’est un peu comme si maintenant un bonhomme se mettrait à draguer une fille parce qu’elle porte des bas à la place d’un collant. Le visage des épouses bourgeoises passa du rouge colère au vert rage et pour ne pas être en reste se mit aussi à porter ce genre de dessous en espérant garder un peu plus Monsieur à la maison. Elles restent quand même dans certaines limites, elles s’inspirent des cocottes mais ne les dépassent pas. On commence aussi à employer des fibres artificielles pour les rendre abordables à toutes les bourses. Ainsi va la mode.

A propos de bas, généralement ils sont noirs, parfois assortis avec la robe. Le fil d’Ecosse en est la principale constituante. La soie plus chère et plus délicate est réservée à ceux qui ont les moyens. Même s’il sont peu visibles, la femme les choisit avec soin. Le noir est la couleur qui est admise pour les bas, mais pour le reste des sous-vêtements, c’est encore avec le rouge, un peu trop hardi. Les teintes douces mises à part, on laisse cela pour les cocottes,  mais cela ne sera pas éternel.

Une des autres tendances de la mode, c’est le changement dans la lingerie de nuit, elle se fait plus légère dans les tissus, tout en gardant le principe de la chemise de nuit. On abandonne complètement le bonnet de nuit, les hommes suivront et adopteront aussi progressivement le pyjama. 

Le strip-tease est un nom bien américain pour la bonne raison que c’est là-bas qu’il a été inventé. Bien avant la France, ce spectacle était très prisé à l’époque de la fin de la conquête du territoire américain. Il n’y avait pas les barrières pudiques propres à nos latitudes. A une époque où tout le monde de promenait avec un fusil à la place de la canne ou du parapluie, le fait de voir une femme se déshabiller n’était choquant pour presque personne. C’était une distraction facilement transportable, qui demandait peu d’entretien et de matériel, juste et sans doute une poignée d’argent. Il finit par arriver en France et en ce début de siècle, il est en quelque sorte à la mode. On reste toutefois dans des normes plus raisonnables, c’est plutôt un prétexte pour montrer un effeuillage du corps féminin, et il y a du matériel à enlever, sans aller jusqu’au nu intégral visible. Nous avons vu au début que le nu intégral est apparu à Paris en 1900, l’idée de départ n’était pas le strip-tease, mais exposer le nu sans les préliminaires.

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La fin de la première décennie met encore plus de pression dans l’envie de la femme de se libérer, mais elle a bien compris que c’est avant tout par son militantisme qu’elle y parviendra. D’importants mouvements protestataires comme en Londres en 1908, font pression sur la classe dirigeante. Le but premier est plus d’obtenir le droit de vote que de se libérer du corset, bien que l’un ne va peut-être pas sans l’autre symboliquement. Pour la mode, c’est plutôt les créateurs qui peuvent l’aider, mais pas toujours efficacement. En 1909 le couturier Paul Poiret jette le corset aux orties, mais il habille la femme d’un jupe tellement serrée que la femme peut à peine se déplacer, chose peu pratique quand on est poursuivie par un satyre!

Malgré tout la femme amorce son renouveau, elle n’est plus complètement un objet destiné à mettre son mari en valeur, style sois belle et tais-toi, elle pense et le fait savoir. Encore à son avantage, le corset est sérieusement remis en cause, le soutien-gorge apporte son efficacité et sa légèreté, faisant ami-ami avec le porte-jarretelles ou la gaine. La lingerie se pare de ses couleurs et abandonne les tissus traditionnels. Sur un plan plus matériel, elle commence à travailler et occuper des postes subalternes, réclamée par l’industrie qui a besoin de bras, ne serait-ce que pour fabriquer ce qu’elle portera plus tard.

Le mouvement est en marche, mais le corset, la jarretière, la lingerie uniquement pratique ne seront pas abandonnés d’un claquement de doigt, il s’en faut encore de beaucoup.

Quelques dates 

1906 Invention de la permanente par Charles Nestle, un Anglais

1907 Madeleine  Vionnet que deviendra une des plus célèbres créatrices de mode en France, présente sa première collection. Elle a complètement supprimé le corset et ses mannequins défilent pieds nus. Cela frise le scandale. Elle mourra en 1975, juste pas centenaire.

Instauration d’une loi qui permet à la femme de disposer librement de son salaire, eh oui!

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Encore une tentative de réhabilitation du corset

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Le fabricants de corsets font de la pub pour leur produit à leur manière

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Un aperçu, via une publicité, de la lingerie traditionnelle en vente au magasin du coin

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On vend aux particuliers les objets oubliés dans le métro, ah ces distraits qui font de l’humour sans le savoir

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Le corset comme arme absolue!

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A suivre

Des dessous pour un siècle (2)

Un siècle d’histoire en dessous – Voir le chapitre 1

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Le soir du 31 décembre 1899, on se prépare à faire la fête, il y a même quelques éclairs et coups de tonnerre qui s’invitent dans le ciel de Paris. Si on prend la peine de lire la presse locale, on constatera que la plupart des journaux font l’impasse sur le changement de siècle, c’est à peine si on le souligne. Il est vrai que l’époque est plutôt tristounette. On parle encore de choléra, l’antisémitisme fortement exacerbé par l’affaire Dreyfus est toujours présent. Monsieur Loubet est président de la République et il prépare l’exposition universelle qui s’ouvrira à Paris au mois d’avril. Le gouvernement est bien entendu à droite, mais les tensions sociales et la gauche sont de plus en plus présentes dans le quotidien. Le plus souvent, on demande juste de quoi vivre décemment et surtout du travail.

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 Paris 1900 lors de l’expo

La bourgeoisie est la seule vraiment concernée par les apparats de la fête et ne s’en prive pas. L’observateur présent ce soir-là remarquera les dames toujours cintrées dans leurs corsets, la taille de guêpe est de rigueur. Pourtant, de plus en plus de mouvements féministes revendiquent des corps libérés de ce carcan. Entre les pour et les contre, une véritable petite guerre se fait à coups de slogans. Pour les contre dans une version modérée, on tente d’apporter quelques modifications que l’on pourrait qualifier de techniques. Un corset mis au point par une doctoresse, Mme Gaches-Sarraute se voit gratifié du non de « corset de santé » baptisé vulgairement le « sens ventre ». C’est au niveau des baleines et de la compression qu’elles exercent que se situe le changement, le tout agrémenté d’un laçage au ventre. La silhouette de la femme apparaît très serrée au ventre s’élargissant en dessus et dessous. Il s’approche du « tightlacing » que l’on connaît aujourd’hui. Le lobbying existe déjà, les fabricants de corsets, surtout les puissants, défendent leur profession. A part le fait de donner une silhouette de rêve à celles qui le désirent, le résultat est peut-être encore pire. Il est presque encore plus impossible de s’asseoir, de se baisser ou simplement de rire. Il n’est pas rare que les femmes s’évanouissent. Il n’empêchera pas le fait de connaître un succès quasi mondial et retentissant. 

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Les contre sont plus réalistes, appuyés par des médecins qui se veulent éclairés, ils mettent en doute les effets bénéfiques que les pour mettent en avant pour le défendre. Et la guerre continue…

La santé, voilà un maître-mot de l’époque. Il est vrai que c’est une préoccupation majeure. On meurt encore de maladies infantiles, on en reste parfois infirme. La salubrité des lieux d’habitation est souvent en option. La médecine, bien plus évoluée qu’au moyen-âge ne guérit toutefois pas tout. Le sous-vêtement n’échappe pas aux tentatives de clarifier la situation de l’homme face à la santé.

Ci-dessous. On profite de la guerre déclarée au corset pour une analyse qui n’est en fait de compte que de la publicité.

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Les évolutions techniques du corset font encore peur à certaines.

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Si le corset est montré du doigt, on cherche aussi d’autres moyens d’apporter une amélioration au bien-être. La laine est mise en avant. Selon certains, elle est une réponse très satisfaisante aux problèmes liés à la transpiration et autres sécrétions corporelles, sources de maladies à ce que l’on croit. Elle est aussi un rempart contre le froid, autre source de maladie, on meurt facilement d’une pneumonie.

La femme, quand elle ne parte pas un corset, ne se promène pas nue pour autant. Le déshabillé est de rigueur. En mousseline ou en soie, il n’est pas vraiment considéré comme indécent s’il n’est pas franchement transparent. Les dames du monde, les comédiennes peuvent recevoir dans leur loge ainsi accoutrées. On peut quand même considérer que c’est une faveur d’apercevoir quelqu’un dans cette tenue, cela fait partie des avantages quand on est introduit dans le beau monde. Par contre, dans le beaucoup plus indécent figurent la lisière d’un bas avec jarretière ou jarretelle apparente. Cette jarretelle qui commence à se faire plus présente a connu aussi ses déboires de jeunesse. Ferréol Dedieu qui en est le créateur présumé à très certainement fait sans le vouloir un plagiat. Les historiens  qui sondent les fonds de la petite histoire affirment que sous Louis XIV, il existait un système semblable pour tenir le bas. Il serait simplement tombé en désuétude pour des raisons inconnues.

S’il a fallu un bon quart de siècle pour que la jarretelle soit prise en considération, la raison en est plus connue. Il pensait certainement soulager la femme du corset, c’est pour cela qu’il mit ses jarretelles sur une simple ceinture, un ancêtre du porte-jarretelles d’aujourd’hui. La femme fut réticente  plus par son manque d’attrait, sobre, sans dentelles ou broderies, que par le système lui-même. La femme d’alors qui avait l’habitude de se couvrir le corps presque entièrement en sous-vêtements trouva certainement cela minimaliste, mais les mœurs évolueront, lentement il est vrai.

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Les premières jarretelles n’ont pas la finesse de celles que l’on verra plus tard. C’est rappelons-le, un objet qui se veut plus usuel que sexy. Elle est fixée sur de gros élastiques qui auraient très bien pu servir de fronde pour lancer des boulets de canon.

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Dans toute évolution de la mode, ce sont souvent des initiatives isolées qui font qu’elle tend vers un changement. La disparition totale du corset, moins une poignée de nostalgiques n’y échappe pas. En voici quelques prémices…

1900

La championne du monde de natation, Annette Kellermann adopte un costume de bain semblable à celui des hommes. Enorme scandale, elle est carrément arrêtée par la police.

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Annette Kellermann 1887-1975, de descendance anglo-française naît en Australie. Atteinte de polio, son médecin lui conseille la natation. Elle deviendra championne de natation et tentera aussi, sans succès, la traversée de la Manche. Elle milite pour les droits de la femme et notamment le port du maillot de bain une pièce. On la verra aussi au cinéma muet dans des rôles de nageuse.  C’est une pionnière de la danse synchronisée et une végétarienne convaincue.

Un corset sans baleine voit le jour, il faut oser le porter ce qui n’est pas encore gagné.

Premier spectacle de nu aux Folies-Pigalle, on s’y presse.

1902

Dans les écoles, on tente d’interdire le corset aux élèves. On devra y renoncer, car les jeunes filles ont des robes prévues pour être portées avec.

Les premiers tailleurs font leur apparition, on ose porter des robes qui ne balaient juste pas les trottoirs, toutefois on est encore très, très, loin de la minijupe.

Une certaine transparence attire le regard des hommes sur les blouses avec devant en V, laissant apparaître le début de la poitrine.

Apparition dans certains pays germanophones d’une tenue noire très austère pour les femmes, ceci toutefois sans corset.

1903

La célèbre Isadora Duncan danse les pieds nus, 62 ans avant l’icône anglaise des sixties Sandie Shaw.

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Le « cake walk » une danse dérivée de la musique noire permet aux femmes qui le dansent de s’afficher avec des décolletés prometteurs, les robes sont simplement retenues aux épaules par un mince bout de tissu ou de ruban.

Compléments extraits journaux et sources diverses

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Des dessous pour un siècle

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Il m’a paru intéressant d’ouvrir une série d’articles sur l’histoire contemporaine des dessous. Entendons par contemporaine une époque qui va de la fin du XIX ème siècle à nos jours. Dans un blog dédié au bas nylon, il est bien évident que s’il peut en constituer l’épine dorsale, il n’est jamais seul. Il entraîne dans son cortège une série d’accessoires qui sont ses cousins, un festin sensuel qui ne peut se concevoir sans les entrées et les desserts. Le nom générique qui les désignent est dessous, tout en situant leur place dans la succession vestimentaire. Il m’a également paru intéressant de rechercher dans la presse quotidienne quelques articles ou publicités dans lesquels ils apparaissent, les replaçant dans le contexte d’une époque ou d’une autre (les reproductions de textes sont cliquables pour une meilleure lecture si nécessaire). Nous nous arrêterons surtout aux sous-vêtements que l’on porte pour sortir, ceux qui se dévoilent lors du déshabillage, ceux qui sont l’apanage de la femme.

Pendant des siècles, les dessous ont peu évolués. Ils remplissaient la fonction qui leur est attribuée, cacher pudiquement certaines parties du corps, tenir chaud, ou les deux à la fois. Chez le peuples qui ont acquis un certain degré de civilisation, un troisième phénomène se greffe, il assume une certaine coquetterie. Même s’il est invisible,  il assure un modelage du corps, le corset en est une évidente démonstration. Tout est dans l’air du temps, on veut se présenter sous tel ou tel critère, on en arrive à la mode. Sous la morale judéo-chrétienne, le pouvoir de suggestion devient très fort, on ne montre rien ou pas grand chose, mais on donne l’envie d’en savoir plus. Les dessous attisent cette envie de découverte, essentiellement pour le sexe dit fort. Ironiquement, on n’est pas loin de certains comportements que l’on retrouve chez certains animaux. La femelle se pare de mille atours pour séduire le mâle.

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A la fin du 19 ème siècle, les dessous n’ont pas encore conquis tout le monde, il sont adoptés par une certaine catégorie de personnes, le plus souvent à partir d’un milieu plus ou moins aisé. C’est presque normal, le révolution industrielle n’a pas encore procuré un certain train de vie à tout le monde. Alors les dessous qui en principe ne se voient pas, ne sont pas jugés comme indispensables, on pense d’abord à manger ou payer son loyer.

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Bien évidemment les dessous existent, mais se résument à ce que l’on connait encore de nos jours en version expurgée. Pour la femme, le choix est surtout mis en musique par le corset qui assume à peu près l’intégrale des besoins de la condition féminine, maintenir le ventre et la poitrine et éventuellement moduler le corps. Il commence après des siècles de domination d’être remis en cause, plus assimilé à la torture qu’une véritable nécessité.  Il existe même des cache-corsets, il fallait bien titiller encore un peu plus le regard des hommes.  Il y a bien sûr le bas qui couvre la jambe, c’est une obligation qui souffre peu d’exceptions, même aller prendre un bain à la mer jambes nues en soulevant le bas de sa robe frise l’indécence. Les robes sont tellement longues que le problème est résolu dans la plupart des cas. Depuis des siècles ce bas est tenu par une jarretière qui se résume parfois à une simple ruban que l’on serre autour du bas. La jarretelle existe, invention attribuée à Ferréol Dedieu en 1876, mais elle n’est de loin pas encore fixée systématiquement au corset. Ce n’est qu’à partir des années 30 que l’on peut considérer la jarretière comme anecdotique. La culotte et parfois une camisole figurent dans l’assortiment. On est très loin du string d’aujourd’hui quand on parle de culotte, pensez à l’expression culotte de grand mère, cela vous donne une juste idée de la chose. La liseuse est un sous-vêtement d’intérieur proche parent de la robe de chambre. Le jupon fait aussi partie des accessoires, c’est peut-être lui qui a le plus enflammé jadis l’esprit masculin. Le thème revient très souvent dans les vieilles chansons de folklore. Il a la saveur de la vision friponne permise accidentellement, mais pas tout à fait improbable. Montrer son jupon pouvait être considéré comme une invitation. Quand j’étais jeune, on disait encore couramment d’une dame dont on voyait un bout de jupon ou de combinaison dépasser de la jupe ou de la robe, qu’elle cherchait un mari ou un amant. Le soutien-gorge qui existe depuis l’antiquité, n’a pas encore sa forme définitive actuelle. Il s’agit souvent d’un bandage enroulé qui maintient les seins. On sait que des conceptions très proches de celles d’aujourd’hui existaient déjà au 14 ème siècle. Son apparition définitive en version moderne se situe juste après 1900.

Pour les hommes, c’est bien plus simple. Un caleçon à longues manches, une camisole ou un gilet de flanelle sont l’apanage de leurs dessous. Notons quand même les affriolants fixe-chaussettes qui connurent leur heure de gloire en concurrence avec la jarretelle féminine, mais c’est encore une création à venir.

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Vers 1900, la femme n’est pas tellement différente de celle d’aujourd’hui dans l’art de s’habiller, elle veut être belle, coquette, et surtout le montrer. La grande différence, ce sont les moyens dont elle dispose en relation avec ce que la décence permet. On parle beaucoup de femmes portant un foulard actuellement, mais en 1900 dans la rue, on ne voit que le visage de la femme dans les beaux quartiers. Il est évident qu’à cette époque, avoir un visage disgracieux ne permettait pas tellement de se mettre en valeur en usant d’artifices. Tout au plus elle pouvait afficher une belle silhouette et des vêtements de luxe si elle en avait les moyens. Ceci concerne en premier lieu une certaine classe de la bourgeoisie, le femme qui fréquente les lieux plus populaires est un rien plus décontractée, elle ne s’affiche pas forcément avec un chapeau et un manteau, ses cheveux sont libres, ses bras en partie visibles s’il fait chaud. Chacune a son territoire, on ne se mélange pas volontiers.

La femme de la Belle Epoque qui s’habille se soumet à un cérémonial plutôt compliqué. On peut s’imaginer ce qu’il serait advenu à la femme réveillée en pleine nuit par l’incendie de sa maison et qui veut la quitter en toute dignité. Elle enfile chemise, corset, cache-corset, bas, jarretière, jarretelles, une sorte de pantalon qui en se raccourcissant deviendra la culotte, un jupon de dessous, un de dessus, remplacés plus tard par la combinaison. C’est le version intégrale, elle peut être simplifié par certaines dames, mais ne croyez pas que c’est la règle la plus courante.

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C’est un des paradoxes de la mentalité féminine d’alors, elle se soumet volontiers à son rituel d’habillement, mais d’un autre côté elle réclame son émancipation, chose que le mâle rechigne plutôt à lui accorder. On a vu de beaux exemples à la cour des rois de France de femmes qui savaient être égales, même supérieures à l’homme. Ceci dans bien des domaines la littérature, les arts, il n’y a guère que la chose militaire qui leur échappe et encore. A travers les premiers mouvements féministes, le femme décide de prendre son destin en main et le revendique. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, mais cela se fera et malgré le mépris masculin, elle y parviendront plutôt bien. Les prémices de cette révolution une fois entamés, ce n’est pas tellement le droit de vote qu’elles réclameront le plus fort, mais la mise au rencart du corset.

Dans le prochain chapitre, nous verrons les pour et les contre de cette révolution, les arguments, tout en soulevant les robes pour voir visuellement ce qu’il y dessous.

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Cette article paru en 1901 est tirée d’un roman. Une doctoresse, chose encore peu courante, présente une thèse où il est question du corset. C’est aussi là où j’ai fait mes recherches que je trouve mentionné le mot jarretelle pour la première fois. Selon la plupart des historiens, elle a été inventé par Ferréol Dedieu en 1876, mais n’a de loin pas encore conquis toutes les fabricants et les dames qui continuent à porter la jarretière. 

Nylon paparazzi (18)

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Les journaux nous offrent toujours des possibilités étonnantes pour la recherche de documents. Pour ma part j’ai reconstitué une partie de mon enfance en recherchant les événements lointains qui m’avaient marqués alors. Cela fait partie de ma vie personnelle et n’intéresse que moi. Toujours dans mon souci de reconstituer l’histoire du nylon et de la lingerie, j’ai continué mes fouilles. Ce qui attire le plus les hommes dans la lingerie, c’est bien le porte-jarretelles. En fait, il désigne par raccourci toute pièce de lingerie destinée à tenir les bas. Il est, si on veut, un nom générique. Pour plus de vérité historique, les premiers articles du genre furent le corset et la gaine. Mais le nom du porte-jarretelles a bien été créé quelque part et par quelqu’un. L’histoire n’a pas retenu son nom, mais on peut imaginer qu’il est entré dans le vocabulaire par une sorte d’effet de marketing, la création d’une idée de libération. A titre et goût personnel, ce n’est qu’à partir de l’invention du bas nylon que la jambe commence à me paraître vraiment sexy. C’est surtout la transparence du bas qui lui ajoute ce côté charmant. Pendant de siècles apercevoir la cheville d’une dame était un spectacle rêvé. Puis la silhouette de la jambe a commencé par devenir visible, enfin la peau  cachée sous l’épaisse  soie ou la rayonne s’est quelque peu révélée au regard. Dans l’imagination de la femme, cela peut ressembler à une sorte de libération, on ose montrer ses jambes, du moins suggérer par effet visible que la jambe n’est pas couverte de varices ou de piqûres de moustiques. Mais revenons au porte-jarretelles. Comme je le disais, il est un pas vers une certaine libération qui a plus à voir avec le confort que le reste. On peut admettre que la lingerie au tournant du 20ème siècle supporte assez bien l’appellation d’artillerie lourde. Si on ne peut lui dénier un certain charme que bien des spécialistes d’aujourd’hui apprécieront et par définition ceux qui le vécurent en direct, il reste quand même que la femme souffre pour être belle. La cérémonie de l’habillage ou le déshabillage représente un temps fort de la journée. Encore faut-il que la maison ne soit pas en feu, sinon il faut choisir entre le rescapée impudique ou la victime décente. Dans un sorte de souci de simplification, le porte-jarretelles est devenu le mot qui soulage et qui fait gagner du temps. On a pas non plus passé du vêtement qui enrobe la taille à la simple ficelle comme ce qui s’est fait plus tard. On peut carrément dire que cela s’est fait progressivement, la bande entourant le ventre a diminué centimètre par centimètre. A la grande différence de la gaine qui descend assez bas, la manque à gagner est compensé par la longueur des élastiques qui peuvent aller à la rencontre du bas. Enfin vous connaissez le visuel aussi bien que moi.

Alors je suis parti dans les archives de journaux pour voir quand apparaissait le mot pour la première fois. La première mention est 1923 dans le cadre d’une publicité pour un magasin de lingerie. Mais partons en exploration à travers les images et vous verrez, j’ai fait une surprenante découverte au cours de mes recherches. Et comment un porte-jarretelles sera cité lors d’un procès.

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Voilà la pub de 1923, comme vous voyez le mot est encore bien entouré de corsets, pas encore mort celui-là.

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La même année, remarquez la « gueule » du soutien-gorge au milieu

25 041213-6Un saut dans le temps, remarquez la diversité du vocabulaire employé. Ici, on parle de semaine suisse, car la fabrication de ces articles est faite en Suisse, pays assez réputé dans la fabrication de lingerie. La marque Viso à d’ailleurs un très beau logo.

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25 041213-7Une première représentation de ce qui peut suggérer un porte-jarretelles en 1937, bien que cet article manque encore d’allègement.

25 041213-8La guerre est finie, les bas nylons sont là. Dans un vocabulaire toujours diversifié, le corset voisine le serre-hanches et le porte-jarretelles

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Enfin un porte-jarretelles qui a tout le charme des années 50. Il est en quelque sorte en vedette, la pub ne parle pas d’autre chose. Messieurs affolez-vous!

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Un article sur la mode qui parle lingerie

25 041213-2Deux ans plus tard, toujours les mêmes recettes, le messieurs sont encore plus affolés

La surprise

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Eh oui nous sommes en 1952, un redoutable adversaire pointe, le bas qui tient tout seul est annoncé dans les nouveautés. Il lui faudra encore une bonne trentaine d’années pour qu’il passe en vedette. On peut rigoler de l’éclairage donné sur la publicité « plus besoin de porte-jarretelles ». Invention américaine il est dit. Dans un optique bien ricaine, j’imagine que la prime de fidélité offerte à l’achat de 10 paires était un flingue pour dégommer le rieurs quand la femme perdait un bas dans la rue.

L’affaire Montesi

Dans les années 50, la France se passionna pour « L’affaire Dominici ».  Même le fameux cinéaste Orson Welles y alla de son documentaire. Bien des années après on ne sait toujours pas ce qui s’est passé réellement. En Italie, c’est une autre affaire qui passionna les foules. En avril 1953, on trouva le corps de Wilma Montesi, une jeune fille de 21 ans, sur une plage près de Rome. L’enquête conclut à une mort accidentelle. L’affaire tourna au scandale quand la presse mit son grain de sel et  douta des conclusions de l’enquête. Elle affirma que des personnages en vue, notamment politiques, seraient impliqués dans la mort de la jeune fille.  Les suites de l’affaire, les arrestations, le procès, eurent un retentissement bien au dehors des frontières italiennes, assez pour que les quotidiens francophone en fassent fidèlement l’écho. Voici trouvé dans un de ces quotidiens, la reproduction du dialogue entre un substitut et un des accusés côté police. C’est sans doute une des rares fois où la disparition d’un porte-jarretelles jette le trouble dans un procès. Le tout se termina par un match nul, mais bien des doutes entourent encore la vérité sur cette affaire. 

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Le bas nylon en 2013

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Où en est le bas en ce début de 2013?

Je ne saurais être trop affirmatif, je dirais tout au plus que la situation est stationnaire. Une année d’observation un peu partout, tant dans le virtuel que dans le réel, me confortent dans mes idées. Il y a une prise de conscience de la gent féminine de l’importance du bas et de son érotisation à travers la mode. Elle peut l’accepter comme une tendance de la mode. C’est là un des grand danger qui peut le menacer. On sait tous ce que peuvent durer les modes, souvent le temps d’une ou deux saisons. Dans la presse, on présente la lingerie comme un atout de charme, sans toujours mettre le bas en avant. On parle volontiers des collants comme un pendant nécessaire au port de la jupe quand les jambes ne doivent pas ou ne veulent êtres nues. Je ne nie pas que le collant peut avoir un certain pouvoir dans certaines situations, mais c’est du un contre cent quand une femme enlève sa jupe pour nous dévoiler ce qu’elle veut bien nous montrer après l’avoir tenu caché.

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On peut remarquer qu’il y a dans toutes ces tendances, quelques écoles qui n’ont pas forcément le même but ni le même état d’esprit. D’abord, il y a la jeune demoiselle qui en a entendu parler et qui veut essayer. Elle se verrait bien porter des bas, du moins tenter l’expérience.  Elle achètera un peu n’importe quoi, je ne dis pas cela de manière péjorative, mais son choix ne se fera probablement pas en dehors d’une grande surface. Pour ce genre commerce, le but est de vendre, c’est juste un produit de marketing au même titre qu’un accessoire de beauté ou tout autre vêtement.  Si le porte-jarretelles est présent dans de nombreux rayons de lingerie, c’est qu’il se vend plutôt bien, sinon il ne serait pas là.  A titre d’observation personnelle, j’ai remarqué qu’il a refait son apparition au milieu des années 80, ce qui fait quand même 25 ans, un bail. Toutes les jeunes filles dont je parle peuvent appartenir au monde d’aujourd’hui ou à celui de la génération précédente. Commercialement, on cherche évidemment le meilleur rapport au prix de vente, sans l’associer à la qualité. C’est toujours les mêmes articles minimalistes, confectionnées à la va vite, à quelques rares exceptions près. On se souvient du fameux sexy kit de Dim, article très ciblé au nom bien moderne qui exclut la rêverie, on a l’impression d’acheter une perceuse. Que sont-ils devenus ces milliers de souvenirs coquins qui pour un jour ou un mois parèrent les dames d’atours non négligeables? J’imagine que la plupart dorment au fond de tiroirs qui sentent le renfermé. On en retrouve même de temps en temps dans certaines brocantes, article facile à dater et souvent à l’état de neuf. Pas tous, non. Gageons que certaines personnes  ont définitivement franchi le pas pour en faire un plaisir qui revient régulièrement. Je pense surtout  à celles qui ont atteint la quarantaine maintenant ou même un peu plus, enfin celles qui n’ont jamais porté de bas durant leur adolescence. Elles auront sans doute évolué vers des choses plus confortables, plus à même d’assurer un maintien parfait du bas. Elles ne sont pas des légions, mais elles existent, j’en connais quelques unes.

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Il y a le seconde catégorie, celle qui balance entre deux mondes. Celui un peu aseptisé du collant et celui nettement plus remuant du bas, avec son cortège de promesses. Il y a le choix entre celui qui tient tout seul et celui qui fait appel à plus de sophistication. Pour le premier, il ne demande pas beaucoup d’effort. Pas mal de femmes, tous âges confondus, l’acceptent sans trop de réticences. Seul un reproche d’inconfort patent et le possible accident qui le fait glisser le long de la jambe, peut soulever des commentaires négatifs. Elles auront certainement l’impression de faire leur devoir de séductrice en l’adoptant. Je suis pourtant moins affirmatif pour l’esprit masculin. C’est un mieux, mais pas le must. C’est un peu comparer un chant folklorique interprété de manière traditionnelle et une version rap de cette même chanson. Le choix du jugement final appartient à celle qui les porte, c’est évident, il faudra peut-être toute la persuasion d’un partenaire pour aller plus loin. On peut envisager la suite, qui peut être la continuité de ce qui précède ou alors franchir le pas sans transition. Je vois parfois des dames, spécialement dans le monde virtuel, qui veulent aller plus loin, tout en se posant certaines questions en  fin de compte bien légitimes. La légitimité est surtout affaire de questions pratiques. On considère un peu que porter des bas appartient à un certain art et on veut les bonnes astuces pour ne pas avoir à affronter un possible ridicule ou maîtriser cet art du premier coup. En toile de fond la volonté de séduire, de ranimer une flamme un peu éteinte à l’intérieur d’un couple, ne sont pas les dernières questions qui peuvent tarabiscoter une candidate. Tout en admettant qu’il peut s’agir d’une envie strictement personnelle. Ces personnes sont en grande partie déjà convaincues et on peut les considérer comme de futures inconditionnelles ou du moins de très régulières adeptes.

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On dit souvent que la jeunesse est l’avenir du monde, c’est une vérité, mais on peut mettre une interrogation sur ce qu’il sera vraiment dans le futur. Dans le domaine qui nous intéresse, c’est aussi valable. Verrons-nous un monde où le collant sera d’un parfait ridicule? Je ne pense pas, mais les données ont quand même un peu changé par rapport à dix ou vingt ans auparavant. Un peu comme nos ancêtres découvraient le french cancan, les anglicismes ne datent pas d’aujourd’hui, on découvre le burlesque. On se sait pas toujours à quelle sauce l’apprêter, entre modernité et rétro, mais il est bien là. Quand il se veut rétro, il entraîne avec lui toute sa panoplie. On retrouve nos bons vieux bas à coutures, nos corsets, nos porte-jarretelles au goût des années 50, nos musiques swing, même le rock and roll traditionnel.  Cela en passionne plus d’un ou d’une. Les uns retrouvent un charme d’antan et les unes un moyen de trouver une inspiration vestimentaire et elles ne s’en privent pas, caressant quelquefois l’envie d’une carrière à la Dita Von Tease. Et il y a tout le monde des blogueuses, dont certaines sont devenues des expertes en objets rétros, frisant parfois la maniaquerie. Elles s’affichent en bas coutures, gaines rétros, accrocher une authentique pièce d’époque à la collection est une victoire digne de considération. Elles semblent sortir d’un film rétro, une erreur de manipulation  sur la machine à remonter le temps. Contrairement à une certaine pudeur qui pouvait caractériser les générations précédentes, elles sont sans complexes. J’ai trouvé aux puces un vieux porte-jarretelles rétro, eh bien je vous le montre avec ma dernière paire de bas trouvée dans le grenier de ma grand-mère, c’est un peu le style qu’elles adoptent. Le plus grand atout, la chance qu’elles offrent, c’est se débarrasser du « bas ça fait pute » et le jettent aux orties. Elles semblent même écarter le fait que le bas peut avoir une notation sexuelle, et s’il en a une, pas plus qu’un jean serré ou un string qui dépasse. L’avenir du bas est peut-être là, enfin débarrassé de son folklore négatif, il pourra ravir ceux qui l’aiment. Les femmes le porteront toutes, enfin, sans complexes et les hommes trouveront enfin une satisfaction qui alimente leurs fantasmes depuis longtemps.

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Le bas n’est pas mort, il vit toujours, il se porte même plutôt bien au propre comme au figuré. Soyons vigilants envers son soutien. Le bas n’est pas un collant de substitution. Il est le charme allié à l’élégance. Le charme est une chose subtile, vous n’avez sans doute pas de sensation particulière quand vous en dégagez, mais les autres le ressentent toujours.

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Nylon paparazzi (17)

Comme je l’ai dit dans un précédent article, la fin des année 50 ne marque pas encore le tournant vers la fin du bas pour céder la place au collant. Si je fais appel à mes souvenirs, j’ai l’impression certaine de voir encore énormément de femmes en jupe ou en robe. Les pantalons restent une exception, notamment chez les femmes qui vivaient à la campagne, ce qui était mon cas. pas comme femme, mais habitant la campagne. Pendant les quatre premières années de mon passage à l’école, j’ai connu deux institutrices, jamais elles n’ont porté de pantalons, ce qui je crois aurait causé un petit scandale. De même les jambes nues étaient prohibées, même en été. Je les ai toujours vu porter des bas, parfois avec des coutures, ce qui était encore relativement courant. C’était toutefois encore une certaine idée de l’élégance, un rien déjà dans un certain esprit rétro.  Il est vrai que l’institutrice de l’époque avait encore une certaine aura, une sorte de dame ou de demoiselle qui savait tout, parallèlement à un monde composé essentiellement d’ouvriers peu qualifiés ou de paysans, terme qui avait un petite notion péjorative et que l’on employait presque comme une appellation moqueuse. Ma première pionne était vraiment issue de la classe bourgeoise, un mari assez haut placé dans la hiérarchie militaire et descendant d’une famille qui avait eu une particule, enlevée lors de je ne sais quelle infortune familiale. Il est clair quelle en était venu à l’enseignement un peu par désoeuvrement, les journées sont longues quand monsieur joue au soldat ou s’occupe de ses affaires. Elle était toujours habillée nickel, du bon et beau tissu acheté chez les meilleurs fournisseurs. Imaginez une Dalida des années 50 avec une robe et vous aurez un portrait bien représentatif. Parfois mon regard errait sur ses jambes et les coutures de ses bas quand elle déambulait dans la classe. C’était un regard curieux, qui ne me provoquait pas les sensations qui seront les miennes plus tard. Qu’elle aie contribué au développement de mon fétichiste, je ne saurais en être sûr, mais c’est probable. Je sais par indiscrétion qu’elle portait un corset. Lors d’une chute, elle s’était brisé la colonne vertébrale et depuis, tant bien que mal le corset lui servait d’armure, ayant échappé à une paralysie grave. Sa collègue était tout autre, la vieille fille dans l’acceptation générale du terme, la Mlle Bigoudi pour ceux qui ont lu les aventures de Fantômette en étant jeune. Elle n’en avait pas moins une certaine recherche dans son habillement, plus strict, mais qui lui permettait de conserver le bas à couture dans sa garde-robe. Il ne servait sans doute pas à séduire les prétendants qui ne devaient pas abonder au portillon, pas qu’elle soit moche, mais je crois que nous avons remplacé les enfants qu’elle n’a pas eus. A une exception près, que j’ai déjà racontée, je n’ai jamais vu  une fille de ma classe avec des bas à couture. Pour nous situer dans le temps et faire un parallèle avec ce fameux bas, j’ai épluché l’année 1959 dans les pages publicitaires d’un quotidien. J’ai trouvé une vingtaine de publicités, certaines redondantes, mais je vous soumets les plus belles, dont une qui parle de bas et de mode en général, une dédiée à la gaine, un au bas sans couture. C’est toujours plaisant de remonter le temps de cette manière. les images sont cliquables pour une meilleure vision.

Et pour commencer ce conseil qui s’adressait à la femme d’alors…