Bas nylons et etc…

 

Des origines jusqu’à nous

Il est toujours étonnant quand on observe le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, en faisant la comparaison comparaison avec celui de jadis, de penser qu’ils étaient un peu fous. Des choses qui semblaient normales hier ne le sont plus du tout aujourd’hui. Tout ne disparaît pas pour autant, il reste des coutumes ou des expressions qui ont leur source dans un passé lointain.

Prenons l’expression, conter fleurette, je pense que vous savez à peu près tous sa signification. C’est un terme ancien que l’on peut comparer à notre draguer moderne. Mais il n’est pas né comme ça tout seul…

Henri IV (1553-1610), roi de France dit aussi le vert galant, avait une sacrée réputation de dragueur, enfin c’est plus qu’une réputation. Décrit comme un roi sans fausse modestie, gai luron, bon vivant, il se mélangeait assez volontiers avec les gens de condition modeste et semblait capable d’amitié sincère. Toujours à la recherche d’une nouvelle conquête ou aventure féminine, il est le roi et c’est un honneur déguisé en ordre, on ne dédaigne pourtant pas se laisser conter fleurette. Ah nous y voilà, c’est justement une de ces conquêtes qui devint sa maîtresse et qui s’appelait Fleurette, qui est à l’origine de cette expression.

Quelle aubaine! Encore une expression que vous avez entendue une fois ou l’autre. Elle tire son nom d’une loi féodale, dite droit d’aubaine, peu à peu abandonnée au cours des siècles et fut définitivement délaissée au 19ème siècle. Pour en comprendre l’aboutissement, il faut se représenter la carte de France et son évolution au cours des guerres gagnées ou perdues, c’est assez mouvant. Même si l’on trouve une certaine unité dans ce qui est appelé royaume de ceci ou de cela, en regardant attentivement on remarque pour la France une certaine similitude avec ce qui constitue aujourd’hui, les départements, les préfectures, les sous-préfectures etc…

Un roi pouvait gouverner un pays entier et soumettre les principes généraux régissant les territoires en sa possession, mais à l’intérieur il y avait des seigneurs qui étaient plus ou moins autonomes dans la gestion d’une partie de ce territoire en étant possesseurs de terres, de régions, de lieux d’étendues diverses. Ils étaient en quelque sorte les maîtres de leurs sujets et avaient en principe le droit de justice, de décision, pour autant que cela n’interfère pas sur les principes supérieurs, ceux du roi par exemple.

Une carte de France du 16ème siècle,on reconnaît quand même sa silhouette.

En 1750, imaginons un marchand de dentelles de Bruges qui va en Bourgogne vendre sa marchandise. Les affaires marchent bien et il a sa besace remplie de louis d’or. Coup de malchance, il décède subitement en pleine activité.

Comment cela se passerait-il aujourd’hui ? On avertirait sans doute la famille s’il en a une, qui déciderait des suites à donner à l’affaire. On envisagerait de rapatrier le corps ou de l’inhumer sur place. L’argent gagné est sans doute sur son compte bancaire et entrerait éventuellement dans l’héritage ou les droits de succession. Il y aura certainement quelques frais à payer sur place, mais cela sera couvert par une assurance s’il en a une.

Mais revenons en 1750, la situation est complètement différente. Avertir la famille, peu probable du moins dans un délai raisonnable, plusieurs jours sans doute pour autant qu’on en connaisse l’existence. Nous entrons directement dans ce que tentait de régler le droit d’aubaine. Tout ce que la victime portait sur elle ou faisait partie des biens qu’ils avaient amenés avec lui, revenait en droit au seigneur qui avait la jouissance des terres sur lesquelles il était décédé. Charge à lui d’assurer des obsèques selon sa bonne conscience, mais la fosse commune pouvait très bien faire l’affaire. Ce droit pouvait même aller plus loin, le prétendant pouvait aussi demander l’usufruit de biens situés ailleurs et lui appartenant en propre. Là imaginons que c’était plutôt difficile, surtout si le défunt venait de très loin.

Comme on le voit, quand il n’existait pas une structure de société très organisée, il fallait presque improviser au cas par cas. Cette loi n’a sans doute jamais été écrite, en vérité il s’agit d’un droit sans doute sanctionné  par un décret royal qui a pris force de loi par la suite. Chaque puissant connaissant son existence pouvait se réclamer d’elle.

Voyager dans les siècles passés était bien plus qu’une aventure, qu’un déplacement d’un lieu à un autre comme c’est l’habitude aujourd’hui.

De Gaulle, je t’aime moi non plus…

On dit souvent de lui qu’il fut le derniers des géants, en politique s’entend. Il est indéniable qu’il a laissé une grande empreinte dans l’histoire de la France. Je ne vais pas faire son éloge car je déteste cordialement tous les politicards, pour moi ce sont tous des tordus, des opportunistes et des profiteurs à tous crins. Mais je dois quand même reconnaître que j’ai une certaine admiration pour le personnage, du moins certains de ses côtés. Je crois sincèrement qu’il portait la France dans son coeur, il l’a toujours fait passer avant ses intérêts personnels, même si quelquefois son prestige extérieur était plus important que celui du bien-être du peuple français. Il est même extrêmement rare qu’un militaire soit à la tête d’une démocratie et en respecte le principe. J’adore son sens de la formule, ses mimiques, son humour, très souvent pince-sans-rire. Le regarder faire une conférence de presse est un pur délice, ses discours sans lire de notes est une preuve qu’il pense ce qu’il dit. Mon admiration s’arrête sans doute ici.

Comme tout politicien d’envergure, il avait ses détracteurs, les événements de Mai 68 firent vaciller son trône. Ce fut une époque où les caricatures de sa personne fleurirent dans les rues de Paris. En voici quelques unes récupérées  pour la bonne cause. Elles parlent toutes seules…

Un des plus célèbres imitateurs du Général, Henri Tisot. Il avait bien capté l’esprit de son modèle dans sa manière de tourner les phrases.

Sources Gallica, BNP, DP

Bas nylon et humour tous horizons

Une petite histoire de l’humour ancien

L’humour est sans doute vieux comme le monde. De fait, la nature nous a donné le rire et le sourire dans nos attributs. Difficile de savoir à quand remonte le premier homme qui a ri et pourquoi. Cela dépend sans doute de son caractère, vous avez sans doute vécu une histoire où tout le monde rit sauf le directement concerné par un fâcheux contretemps. Imaginons un homme des cavernes qui par mégarde s’approche trop du feu et enflamme les poils de son vêtement en peau d’un animal quelconque. Cela, si c’est arrivé, a probablement fait rire l’entourage.

Au départ, les quelques neurones de notre cerveau qui assuraient la stimulation du rire se sont probablement développées pour assurer sa descendance. Plus souvent on rit, plus l’envie de rire se transforme en plaisir.

Pendant des lustres, la découverte d’une situation drôle n’a pu se faire que par l’observation directe ou quelquefois par transmission orale, quoique les premiers hommes ne devaient pas avoir un langage très structuré, plus proche du grognement que des belles phrases bien senties. L’écriture a sans doute peu à peu changé la donne, bien qu’on ne trouve pas beaucoup d’humour dans les textes d’Homère ou de courtes histoires drôles dans les hiéroglyphes égyptiens. Quand l’homme a commencé à vraiment parler avec un langage compréhensible par tous et des mots représentatifs de situations, d’état d’âme, ou d’objets matériels, il a certainement fait un grand pas vers l’humour. On arrivait à parler d’une situation cocasse observée et à la répéter à volonté. Les chroniqueurs des siècles passés, plus encore depuis l’invention de l’imprimerie, resteront les premiers narrateurs d’histoires drôles. Pour ce qui est du français, on retrouve assez fréquemment des faits qui concernent les rois de France où leur entourage dans des situations cocasses, parfois même assez salées, rapportés par les observateurs. Certaines de ces histoires, même des siècles après, ne manquent pas de drôlerie. Les surnoms ou qualifications ou de certains sont déjà des traits d’humour, Jean sans Terre ou Vert-Galant pour Henri IV, sont probablement moqueurs ou plutôt sympathiques.

Une célèbre anecdote historique prouve que les courtisans, même s’ils faisaient partie de la noblesse, savaient rire d’eux-mêmes et tenter de ridiculiser les puissants. Elle concerne le chevalier de Pardaillan, marquis de Montespan. Les férus d’histoire situent rapidement le personnage, c’est le mari officiel de Madame de Montespan. Cocufié par sa femme devenue favorite de Louis XIV, il ne s’en laissa pas compter. Les cocus par ordonnance royale, si l’on peut dire, ressentaient plutôt cela comme une fierté. Pensez donc, avoir sa femme favorite du roi, même si ce titre ne consistait pas seulement à prendre le thé avec elle ou à lui offrir des fleurs, était plutôt ressenti comme un honneur et souvent c’était la fortune ou les honneurs assurés grâce à la générosité et les pouvoirs du cocufiant. Pour lui, rien à faire, il s’en fout, il est cocu, pas content, et il le fait savoir. Il fait du tapage dans Paris et son carrosse est orné d’une superbe paire de cornes. Selon certaines sources, il aurait tenté d’entrer à Versailles par la grande porte, celle réservée au roi et à sa suite. Se faisant arrêter par un garde le priant de renter par la petite porte, il aurait répondu qu’avec les cornes qu’il avait elle était trop basse. Il aurait aussi eu une tendance à l’humour macabre. Il fréquenta le plus bas lieu de prostitution de Paris en espérant attraper une de ces maladies que l’on attrape pas en jouant aux dames, mais avec une dame. Molière dans « Amphytryon » se basa sur l’histoire du cocu marquis de Montespan. Louis XIV, parait-il, s’en amusa fort. Du moins, il eut la délicatesse de ne pas se reconnaître sous les traits de Jupiter.

D’après ce que j’ai observé, il n’y a pas vraiment de cas où la situation, si tragique soit-elle, qui ne permette pas d’esquisser un sourire, voire un rire. Dans les récits concentrationnaires de la seconde guerre mondiale, il m’est arrivé de relever des situations qui firent rires les déportés, pourtant peu enclins à rigoler vu le tragique de leur destin. Selon les ethnies, la mort est vécue différemment. Chez nous c’est quelque chose de plutôt triste, mais à la Nouvelle Orléans, surtout si c’est un personnage populaire, on se déguise et on danse dans les rues, le ton est plutôt joyeux. L’enterrement du célèbre dessinateur Siné à Paris a été un prétexte à réjouissances, il l’a voulu ainsi. Sa tombe est un cactus déguisé en doigt d’honneur, il a même posé devant elle de son vivant. Si ce n’est pas avoir de l’humour…

L’apparition de journaux à publication régulière a permis à l’humour de se répandre de façon plus large et toucher des gens qui n’auraient pas pu profiter d’une histoire drôle qui s’est passée bien loin d’eux. Il y a l’histoire fabriquée de toutes pièces, mais souvent inspirée par un fait réel, c’est la fameuse blague qui tourne aussi autour du jeu de mots. A ses côtés, il y a la satire. C’est une manière de tourner en dérision un fait de politique ou de société. A l’inverse de la blague, elle peut faire rire, mais aussi scandaliser ou fâcher, comme quoi l’humour est parfois partisan.

Si la satire est aussi vieille que les journaux, l’humour apparaît petit à petit dans des revues spécialisées. Les premières naissent vers le milieu de 19ème siècle et commencent à se répandre de manière plus visible vers la fin de ce siècle, certaines privilégiant le dessin au texte. Le journal satirique en fait partie. Plus discrètement, des périodiques abordent l’humour avec une teinte d’érotisme, on y raconte des histoires un peu plus osées, mais on est encore très loin de l’allusion au sexe avec des mots dédiés, on est encore dans la suggestion, mais ce n’est plus tout à fait innocent. Le cinéma prendra ensuite le relais et ses premiers grands succès sont avant tout des films comiques.

L’humour évoluera avec les temps modernes, on découvre un humour absurde, encensé par des revues comme Mad aud USA et chez nous Hara-Kiri ou des films comme ceux des Monty Phyton. Ils repoussent les frontières de l’humour vers des terrains inexplorés. Je pense que c’est le style qui a le plus d’avenir, reste à trouver l’insolite et l’apprivoiser.

Voici des extraits d’une des revues, qui à la Belle Epoque dédiait ses pages à un humour teinté de grivois. Les situations illustrées sont assez sages, l’avant ou l’après un peu moins, mais là c’est votre imagination qui travaille.

 

Source Gallica, BNF, DP

Eclats de nylon et vieux papiers (37)

Eclats de nylon et une assiette pleine de beurre

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps

L’Assiette au beurre fut un des grands journaux satiriques au début du 20ème siècle et pendant une trentaine d’années. Il est très influencé politiquement par la gauche avec une pointe d’anarchisme, poursuivant les grands traits révolutionnaires de la seconde moitié du siècle précédent. Il est bien évidemment un soutien aux masses populaires qui réclament des droits et qui, parfois, en obtiennent. La classe bourgeoise doit bien faire contre mauvaise fortune, bon coeur. La révolution industrielle qui réclame des bras, le plus souvent pour des emplois non qualifiés et surtout mal payés, doit bien tendre un carotte. Cependant tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, la vie n’est pas toujours facile pour le passant de la rue.

Le principe du journal est assez nouveau pour l’époque. Il ne contient pratiquement que des caricatures ou des dessins avec très peu de  texte. Il est souvent thématique pour un numéro particulier. On a compris que le dessin peut raconter plus de choses à un regard, que de longs textes que personne ne lit. Le dessin agit en tant que symbole et il peut entraîner de longues réflexions sur un sujet précis. Par exemple, un dessin représentant un certain personnage cloué sur une croix, pourra vous faire réagir positivement ou négativement, sur un fait ayant trait à l’histoire chrétienne.

D’une manière assez drôle quand on feuillette un numéro du journal, on remarque que ce qui pouvait faire un sujet alors, pourrait très bien faire l’objet du même sujet aujourd’hui.

Dans un numéro de février 1904, il est question de la police et de tout ce qui représente l’ordre. Eh bien on pourrait le rééditer aujourd’hui en le faisant passer pour actuel.

Quelques extraits.

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Une des plus succulentes. Il s’agit probablement d’une caricature de Jean Jaurès, l’un des symboles  de la lutte des classes, houspillé par un agent qui demande de se disperser alors qu’il est seul. Pour  les suivantes, je vous laisse imaginer le rapport entre hier et aujourd’hui.

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Sorces Gallica, BNF

Eclats de nylon et vieux papiers (22)

Eclats de nylon et sérial killers et un peu de Victor Hugo aussi… 

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Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps.

Lisez bien ces petites annonces, elles sont mortelles!

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Pourquoi mortelles? Eh bien tout simplement car elles furent publiées dans les journaux sur la demande d’un certain… Landru! Même si vous êtes jeunes, vous avez certainement entendu parler de lui. Ce fut un des premiers « serial killers » de l’ère moderne. Par ce moyen il rencontrait des dames seules ou veuves, assez nombreuses à l’époque de leur parution car nous sommes pendant la guerre 14-18, pour tirer parti de leur solitude. On connait la suite, il se débarrassait d’elles dans sa villa de Cambrai et faisait disparaître les restes dans sa fameuse cuisinière. On lui attribue au moins une dizaine de meurtres. Voilà très brièvement résumée l’histoire. Il n’avoua jamais ses crimes, mais de très fortes présomptions, pour ne pas dire certitudes, ne laissent que peu de doutes sur sa culpabilité. Il fut guillotiné le 25 févier 1922. 

Un article concernant l’exécution de Landru. 

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Remontons près de cent ans avant pour le compte rendu d’une autre exécution, une histoire que presque tout le monde connaît grâce à un film célèbre avec Fernandel, L’Auberge Rouge. Ce film, au demeurant très comique, s’inspire d’une histoire réelle. Au début du 19ème siècle, la France est encore très mal équipée en routes, ce sont des sentiers plus que des routes. Les voyageurs les empruntent pour se rendre d’un lieu à un autre à travers monts et collines. Très souvent, ils traversent des zones pratiquement désertiques et l’on trouve ici et là des auberges, des relais pour les chevaux, et aussi de quoi se nourrir. C’est bien le cas de l’Ardèche de cette époque, vers 1820. A quelques kilomètres d’un village du nom de Lanarce, perché à plus de 1300 m, se trouve une auberge au lieu-dit Peyrebeille. A l’époque des faits, c’est un endroit très isolé et un arrêt pour les voyageurs.

Les gens du coin racontent des histoires à propos de cette auberge, comme quoi elle ne serait pas le lieu si accueillant auxquel les passants ayant franchi l’entrée pourraient prétendre. Le couple et le domestique qui gèrent les lieux seraient de fieffés gredins. On en parle, mais personne ne semble agir pendant des années. En octobre 1831, on trouve le cadavre d’un maquignon, un certain Enjolras. Probablement que Victor Hugo a entendu parler de cette histoire, il s’est peut-être inspiré de ce nom pour son personnage de révolutionnaire dans Les Misérables. Dans son roman, ce meurtre à lieu au moment ou Marius chassé par son père adoptif, erre dans les jardins du Luxembourg et aperçoit Cosette avec Jean Valjean.

Suite à certains témoignages qui semblent accuser l’aubergiste, la police de l’époque fait irruption dans les lieux et arrête les tenanciers, lui, sa femme, le serviteur. Alors le langues se délient, des tas de gens ont vu quelque chose, qui du sang sur les murs ou les draps, qui des morceaux humains que l’on cuisait dans les marmites, qui des cris d’agonisants. On ne ménage rien pour ajouter à l’horreur, elle devient l’auberge rouge ou sanglante. On parle d’une cinquantaine de meurtres répartis sur plus de vingt ans. L’affaire a un grand retentissement, même jusqu’au niveau national, malgré les moyens encore assez rudimentaires de ce que l’on pourrait qualifier de médias de l’époque. La France s’est dotée d’un nouveau et dernier roi, Louis Philippe, et les temps sont est assez troublés, raison de plus pour détourner l’esprit des gens avec des histoires bien saignantes. Ce n’est pas d’aujourd’hui que le procédé existe.

Un procès a lieu en 1933, il n’est pas des plus impartial selon ce que l’on peut observer avec le recul. Finalement, on ne retient que le meurtre du maquignon, mais c’est suffisant pour les condamner à mort, exécution qui aura lieu devant l’auberge le 2 octobre 1833, au milieu d’une foule estimée à 30000 personnes. Eux seuls connaissent la vérité, de gros doutes subsistent et subsistent encore. Ils furent peut-être tués indirectement par des jaloux et des clients mal servis…

Si vous voulez frissonner, cette auberge existe toujours et n’a pratiquement pas changé d’aspect. On y sert toujours à manger en toute sécurité, et un petit musée rappelle l’histoire de cette auberge sanglante ou pas.

Par contre ce qui est sûr, c’est que les protagonistes de cette histoire ont bel et bien été exécutés. Voici le rapport concernant l’exécution. 

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Il existe assez peu de documents qui relatent le déroulement du procès, sauf sans doute dans les annales judiciaires. Voici toutefois, un document tiré d’un journal de 1833, qui parle du procès sur des pages et des pages. Je n’ai gardé que la première page qui résume les faits en introduction, tels que l’on pouvait les ressentir cette année-là. C’est assez significatif de ce que les gens pensaient sur cette affaire.

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Quand on a lu Les Misérables, on se fait une idée de ce qu’était la justice au début du 19ème siècle, Jean Valjean condamné à 5 ans de bagne pour avoir cassé un carreau et volé un pain. L’acharnement de Javert, l’homme qui ne pense que par loi, qui ne voit que des fripouilles chez les démunis. L’idée était malheureusement assez répandue…

Mais ne noircissons pas le tableau, vous allez voir que tout n’était pas aussi terrible que cela en ces temps reculés. Voici le résumé de trois audiences de tribunaux datant de 1833. Je les ai choisies car elle montrent que l’on savait aussi rire dans un tribunal. Le chroniqueur, sans doute homme de lettres, fait parler les victimes dans leur langage propre en modifiant l’orthographe si nécessaire. En passant, on peut aussi constater que le français écrit sous Louis Philippe, n’est pas tellement différent de celui de maintenant, exception pour certains mots tombés en désuétude.

De quoi serrer les fesses!

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C’est pas du Pipeau!

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La mendicité s’il-vous-plait!

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Documents textes source gallica.bnf.fr

Le Père Noël sonne toujours une fois

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Salut à tous,

Voici revenu le fameux temps de Noël. Loin de moi l’idée de faire comme tout le monde, je suis plutôt de ce côté-là un anticonformiste, limite anarchiste. 

Mais voici une petite dissertation sur un sujet que l’on aime bien et que l’on partage avec élégance. J’en profite pour faire comme le commun des mortels, vous souhaiter un Joyeux Noël et un plaisant passage vers cette année qui nous en comptabilisera surtout une de plus, mais que l’on ne peut souhaiter que prospère sur la route du nylon.

Une mention spéciale à mes deux Ambassadrices, Miss Nylon, Miss Eva, sans lesquelles ce blog ne serait pas tout à fait ce qu’il est.

Un autre mention à tous mes complices, il se reconnaîtront, qui font que cette route en nylon n’en est que plus belle.

Merci à tous de votre fidélité, petite ou grande peu importe.

A vous, Mesdames, Mesdemoiselles, j’offre virtuellement un magnifique bouquet de fleurs parmi celles que vous préférez, ceci pour vous remercier de porter des bas.

A vous Messieurs, j’offre, toujours  virtuellement, une bonne bouteille d’un bon cru, que vous boirez à la santé de nos compagnes qui portent des bas.


22 121915 3– Je me suis arrêté un peu brusquement et il

n’y a pas de ceinture de sécurité!

 

Des bas là-dessous

Il n’y a pas de doute donc je ne m’abstiens pas

Le rêve qui titille les sens, deviner avec une quasi certitude qu’une femme porte des bas. Parfois fugace, parfois certain , le détail prend divers chemins et apparences pour se révéler à nous et quelquefois il faut bien chercher . Témoignages




 

 

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– Je n’avais pas de carotte pour faire le nez,

mais j’ai pris ceci dans un tiroir à ma mère

Des bas, peut-être

En cas de doute, ne pas s’abstenir de rêver

Plus rageur pour les curieux, cette dame là tout près, bas ou collants? Certains symptômes, merci docteur, pourraient le faire penser. Un couture sur l’arrière, ah là une petite chance, mais on fait des collants aussi comme ça. Oui un vrai bas diminué, mais de loin, c’est pas évident, et coller au train de la dame, vous n’y pensez pas! Ah oui parfois il me semble apercevoir une petite bosse, oui juste en haut de la jambe. Et ce plis vers la cheville? Mais est-ce bien cela? Peut-être une couture de la jupe. Et là, c’est peut-être une ombre qui me fait penser que… Ah c’est rageant tout ça. Et cette jupe ample, difficile de s’y repérer. Oui elle a un air a porter des bas, le reste de son allure pourrait le faire penser, mais l’imagination travaille trop, le surmenage guette et… l’énigme reste entière.
Dans certains cas je suis sûr de mon coup sur les photos suivantes, pour le reste je suppose





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C’est un airbag ou tu as avalé ton chewing gum?

Des bas ça c’est sûr, mais encore

L’art d’accommoder  et de paraître

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais le spectacle de bas tenus par des jarretelles, la manière de les exposer, a des nuances qui me tapent plus ou moins à l’oeil. Voici une sélection que je considère comme très plaisante. Ce sont mes goûts et rien que les miens, mais je pense que vous n’allez pas vous plaindre.

Elle va encore nous jouer « Jeux Interdits »

Ils en rêvent pour Noël 

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Et encore…

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Des dessous pour un siècle (3)

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L’immédiat après 1900 est une époque entre deux mondes, l’ancien et le nouveau. On est certes pas encore à l’époque des trente glorieuses, mais on parle déjà de progrès. On est tout émerveillé par les nouveaux gadjets qui entrent petit à petit dans les foyers, la radio, le gramophone et pour l’extérieur on peut frimer dans une voiture et filer comme des bandits à 40 à l’heure chasser le piéton dans les rues de Paris où la circulation n’est pas encore très réglementée et l’on trouve des places de parc à profusion. Ce sont encore des choses réservées à une classe aisée, mais le sort des masses populaires s’améliore. Sans être tous  des cerveaux, les gens bénéficient d’un certain niveau d’instruction, on sait lire, à peu près écrire, et surtout si l’on a du travail on peut penser aux petits plaisirs. Le cinéma n’est pas encore tout à fait présent, mais les bals populaires, le théâtre, sont très fréquentés.

La mode continue sa saga, on l’a vu, le corset qui a ses ses adeptes et ses pourfendeurs n’est pas mort.  Mais gentiment cette forteresse de la mode féminine depuis des siècles est sapée à la bases par des coup de butoir. On l’attaque par la diagonale. La pantalon est bien évidemment un accessoire avant tout masculin et la jupe féminin. Maintenant si cela va de soi, il en allait tout autrement dans les siècles passés, notamment en ce qui concerne l’habillement des enfants, la frontière est plus ténue. On habille parfois les garçons avec une robe et les filles portent des pantalons sous leur robe. Ce pantalon version féminine était surtout un instrument de camouflage pour les jambes et le reste. Il n’était pas question de le rendre visible en enlevant la robe et il était presque indécent s’il était aperçu lors d’un léger relevé de robe Tout au plus il était réservé aux petites filles, aux danseuses et aux filles légères. Mais faites du neuf avec du vieux, il est remis sous les crinolines qui ont tendance a se relever, si la femme fait des mouvements comme la danse par exemple. A partir de ce moment là, il monte d’un degré dans l’échelle de la pudeur et devient présentable accidentellement. Evoluant avec la raccourcissement de la longueur des robes, il suit le mouvement et pour finir, il se termine en culotte vers le début de la première guerre mondiale. C’est ainsi que nous trouvons cette bonne vieille culotte de grand-mère pas encore slip ou string.

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Louis XIV enfant, il ne porte pas encore la culotte

Un fait marquant du début du siècle, c’est l’apparition de la couleur dans le sous-vêtement. Jusque là, le lin et le coton sont rois, efficaces dans la pratique, un peu moins visuellement et presque toujours blancs. Ce que la Belle Epoque a appelé les cocottes, comprenez des femmes un peu légères, ont fait une petite révolution, elles ont commencé à porter de la soie avec des couleurs extraites de l’arc-en-ciel. Cela veut aussi dire que les sous-vêtement on gagné tant en légèreté qu’un minceur, c’est plus aérien et un tantinet transparent selon la couleur et l’épaisseur. Cela a fortement plu à ces messieurs bourgeois qui ont jeté un oeil attendri et encore plus coquin. C’est un peu comme si maintenant un bonhomme se mettrait à draguer une fille parce qu’elle porte des bas à la place d’un collant. Le visage des épouses bourgeoises passa du rouge colère au vert rage et pour ne pas être en reste se mit aussi à porter ce genre de dessous en espérant garder un peu plus Monsieur à la maison. Elles restent quand même dans certaines limites, elles s’inspirent des cocottes mais ne les dépassent pas. On commence aussi à employer des fibres artificielles pour les rendre abordables à toutes les bourses. Ainsi va la mode.

A propos de bas, généralement ils sont noirs, parfois assortis avec la robe. Le fil d’Ecosse en est la principale constituante. La soie plus chère et plus délicate est réservée à ceux qui ont les moyens. Même s’il sont peu visibles, la femme les choisit avec soin. Le noir est la couleur qui est admise pour les bas, mais pour le reste des sous-vêtements, c’est encore avec le rouge, un peu trop hardi. Les teintes douces mises à part, on laisse cela pour les cocottes,  mais cela ne sera pas éternel.

Une des autres tendances de la mode, c’est le changement dans la lingerie de nuit, elle se fait plus légère dans les tissus, tout en gardant le principe de la chemise de nuit. On abandonne complètement le bonnet de nuit, les hommes suivront et adopteront aussi progressivement le pyjama. 

Le strip-tease est un nom bien américain pour la bonne raison que c’est là-bas qu’il a été inventé. Bien avant la France, ce spectacle était très prisé à l’époque de la fin de la conquête du territoire américain. Il n’y avait pas les barrières pudiques propres à nos latitudes. A une époque où tout le monde de promenait avec un fusil à la place de la canne ou du parapluie, le fait de voir une femme se déshabiller n’était choquant pour presque personne. C’était une distraction facilement transportable, qui demandait peu d’entretien et de matériel, juste et sans doute une poignée d’argent. Il finit par arriver en France et en ce début de siècle, il est en quelque sorte à la mode. On reste toutefois dans des normes plus raisonnables, c’est plutôt un prétexte pour montrer un effeuillage du corps féminin, et il y a du matériel à enlever, sans aller jusqu’au nu intégral visible. Nous avons vu au début que le nu intégral est apparu à Paris en 1900, l’idée de départ n’était pas le strip-tease, mais exposer le nu sans les préliminaires.

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La fin de la première décennie met encore plus de pression dans l’envie de la femme de se libérer, mais elle a bien compris que c’est avant tout par son militantisme qu’elle y parviendra. D’importants mouvements protestataires comme en Londres en 1908, font pression sur la classe dirigeante. Le but premier est plus d’obtenir le droit de vote que de se libérer du corset, bien que l’un ne va peut-être pas sans l’autre symboliquement. Pour la mode, c’est plutôt les créateurs qui peuvent l’aider, mais pas toujours efficacement. En 1909 le couturier Paul Poiret jette le corset aux orties, mais il habille la femme d’un jupe tellement serrée que la femme peut à peine se déplacer, chose peu pratique quand on est poursuivie par un satyre!

Malgré tout la femme amorce son renouveau, elle n’est plus complètement un objet destiné à mettre son mari en valeur, style sois belle et tais-toi, elle pense et le fait savoir. Encore à son avantage, le corset est sérieusement remis en cause, le soutien-gorge apporte son efficacité et sa légèreté, faisant ami-ami avec le porte-jarretelles ou la gaine. La lingerie se pare de ses couleurs et abandonne les tissus traditionnels. Sur un plan plus matériel, elle commence à travailler et occuper des postes subalternes, réclamée par l’industrie qui a besoin de bras, ne serait-ce que pour fabriquer ce qu’elle portera plus tard.

Le mouvement est en marche, mais le corset, la jarretière, la lingerie uniquement pratique ne seront pas abandonnés d’un claquement de doigt, il s’en faut encore de beaucoup.

Quelques dates 

1906 Invention de la permanente par Charles Nestle, un Anglais

1907 Madeleine  Vionnet que deviendra une des plus célèbres créatrices de mode en France, présente sa première collection. Elle a complètement supprimé le corset et ses mannequins défilent pieds nus. Cela frise le scandale. Elle mourra en 1975, juste pas centenaire.

Instauration d’une loi qui permet à la femme de disposer librement de son salaire, eh oui!

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Encore une tentative de réhabilitation du corset

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Le fabricants de corsets font de la pub pour leur produit à leur manière

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Un aperçu, via une publicité, de la lingerie traditionnelle en vente au magasin du coin

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On vend aux particuliers les objets oubliés dans le métro, ah ces distraits qui font de l’humour sans le savoir

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Le corset comme arme absolue!

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A suivre

Nylon paparazzi (12)

Je suis pour le porte-jarretelles! Je trouve ça plus excitant qu’un caleçon à pois sous une soutane – Jean Yanne

Il a raison!!!

Ben dites-donc quel été pourri! Un temps à porter des bas n’est-ce pas mesdames? Je me frotte les mains, oui pour les réchauffer, n’allez pas croire que…

Je lisais récemment un article qui tentait de nous expliquer le fonctionnement de notre cerveau. Il était surtout question de nous souligner comment notre usine à malices fonctionnait quand on lui conjuguait le verbe aimer. Si j’ai bien compris c’est surtout la galipette qui prend le dessus. Chez moi quand il y a des dessous, ça doit encore pire prendre le dessus du dessus, mais c’est tout à fait personnel hein? Si vous êtes ici, c’est que vous aimez les jambes nues, n’en doutons point. Donc ils disaient que c’est avant tout le plaisir lié à la bébête qui monte qui monte, qui se pointe avant tout quand on décline le verbe aimer à tous les temps, ah que, que je t’aime! J’angoissais quand même en lisant les lignes, alors aimer le rock and roll serait une déviation sexuelle pour ne pas dire une perversion? Ben oui je me conjuguais, je m’aime, en pensant à mes autres plaisirs. Ouf, l’article y vient et nous explique tout, il y a différentes manières d’aimer. L’énergie que vous dépensez quand vous êtes au lit en train de faire autre chose que de dormir, vous êtes en alerte rouge. Il est interprété par votre libido comme étant un moment lié à un espace de temps qui a commencé à un moment et qui finira à un autre moment. Donc l’ordinateur central met toute la gomme, le disque et autre chose de dur tournent à toute vitesse, les megabites s’en donnent à coeur joie, tandis que vous tâtez les jarretelles de madame. La ram se remplit pour mieux se vider, tout est sous contrôle, votre antivirus est  à jour, bip bip, un mail est arrivé dans votre boîte à plaisir. Ne cherchez pas l’expéditeur: info@septiemeciel.com, vous avez un message! Donc ceci est pour l’alerte rouge, ce moment est complètement différent de celui de l’alerte orange. Ici vous aimez une chanson par exemple, le plaisir est momentané et il pourra se reproduire dans le temps par la suite, quand vous y repenserez  ou que la réécouterez, vous serez toujours en alerte orange et ne passerez jamais en rouge. Eventuellement vous pourrez vous rappeler de l’alerte rouge, mais celle-là bien précise, restera aussi en orange. Si vous créez une nouvelle alerte rouge, vous serez de nouveau en rouge, mais c’est le rouge de maintenant pas celui d’avant. De même, si vous aimez les frites, les scoubidous, les films d’épouvante, tondre le gazon, les araignées, les chasses d’eau qui fuient, le travail, tout ça c’est de l’orange…
Je ne sais pas si vous avez tout compris, moi et le journaliste non plus d’ailleurs, mais je me représente la chose ainsi à propos de nylon et de musique: je suis dans un couloir de mon cerveau, si je tourne à gauche, bingo c’est le panard. Si je tourne à droite, bingo c’est le panard. Si je suis un peu bourré et que je continue tout droit, je me casse la gueule dans le mur.
Ah qu’il est difficile d’aimer!

Toujours dans le journal, il était question de Amy Winehouse. Son papa a écrit un livre sur sa fille. Il narre que sa fille l’envoyait quelquefois chez Agent Provocateur acheter des dessous sexy. Il ne dit pas exactement quoi. Alors quoi, y’avait pas un mec pour lui en offrir. Ce n’est pas à nous que ça arriverait pour sûr.

Non ce n’est pas Amy Winehouse,  mais Elisabeth Moss  (Mad Men). Ses bas ce n’est pas papa qui les a achetés

Comme d’habitude, je ne résiste pas au plaisir de vous offrir ces vieilles publicités qui paraissaient dans les journaux d’époque, ici les années 60. On y trouve un pub au nom étonnant et de la lingerie à des prix qui nous font rêver aujourd’hui.