An voeux-tu en voila !

Voici la nouvelle année heureux fripons que vous êtes. Une année de plus, c’est un souci en moins, il n’y a plus à se demander comment elle finira, vous le savez maintenant. La nouvelle, il faudra la parcourir pas à pas, mais d’un pied qui s’affranchit des obstacles comme l’explorateur coupe les lianes dans la jungle d’une main qui ne saurait trembler, même s’il  en est à sa vingt-septième tasse de café. Méprisez les peaux de bananes qui ne manqueront pas s’étaler sournoisement sur le trottoir de la vie quotidienne, l’avenir ne saurait s’accommoder d’une jambe dans le plâtre. Regardez d’un oeil distrait votre feuille d’impôts, ce ne sont que quelques chiffres griffonnés à la hâte par un percepteur à l’affût et avide de sensations calculées d’avance, vous êtes mathématiquement pur. Persévérez dans l’erreur de manière continue en récitant cette petite phrase :  » Oh raison funèbre tu n’assisteras pas à la mort de mes plaisirs erronés ». Soyez philosophes, le pain sans levain ne saurait se hisser plus haut que la méprisable crêpe que vos voisins aiment tant citer en parlant de vous. Avant de vous quitter, je vous souhaite des Everests de bonheur et de réussites dont je ne doute pas un instant, vous gravirez les pentes d’une corde alerte et sûre qui se moquera des vos prédécesseurs ayant tenté l’ascension et que vous regarderez chuter d’un oeil expert.

BONNE ET HEUREUSE ANNEE !

Mais encore…

Cette année ce n’est pas sûr, mais il se pourrait qu’il vous arrive des choses que vous n’attendiez pas. Vous ne me croyez pas, alors lisez !
Boirez-vous de la pisse de tyrannosaure ?
En principe non, mais pensez que depuis que la Terre existe, nous avons toujours la même eau. Bien qu’il en reste des quantités énormes, un peu s’est évaporée, mais aucune nouvelle eau n’est apparue. C’est le cycle perpétuel, évaporation, pluie, rivières, lacs, mer. Cela fonctionne en principe bien, mais il se peut qu’ici ou là, il y eu comme un bug. Imaginons un de ces monstre préhistorique faisant son petit pipi, cela devait quand même représenter quelques litres surtout s’il avait bu de la bière. Tout a vraiment disparu, mais n’en est-il pas resté quelques gouttes au fin fond d’un grotte qui par hasard aurait refait surface? A votre place je me méfierais.

Etes-vous en expansion ?
C’est bien connu, la matière est constituée surtout de vide, vous savez ces espaces qui se trouvent entre les atomes et les molécules, mais qui par miracle font que nous sommes en réalité  d’apparence solide, rien que du fait que ces espaces minimes sont espacés et communiquent entre eux.  Mais qui vous dit que selon la théorie de l’expansion de l’univers, qui en principe affirme que ce dernier grandit, ces espaces resteront toujours identiques ? Ils peuvent s’écarter, mais s’ils le font tous en même temps, on y verra rien, sans même nous douter qu’il y a 10000 ans la Terre était bien plus petite que maintenant et que nous mesurions cinq fois moins, mais comme le mètre qui nous sert à mesurer a subi la même influence, on ne le remarque pas. On peut y aller gaiement et pendant longtemps, il y a de la place dans l’univers, il semble même qu’il est infini. Et l’inverse ? C’est pareil, vous avez déjà un coeur battre ? Il se gonfle et ensuite se dégonfle, du moins c’est simplement résumé. Et si notre univers était justement le coeur  de quelque chose de très grand en train de battre ? Peut-être qu’un jour on verra la frontière de  notre univers pour remarquer qu’il y en a un autre juste à côté. Les espaces entres les atomes, cela vous rappelle quelque chose ? Et si tout à coupe en notre 2020, notre géant faisait sa crise cardiaque ? Pas très rassurant tout ça…

Serez-vous à l’étroit ?
On vous propose une maison de 95 mètres carrés au Texas, vous acceptez ? Oui ? Bravo ! Ce que l’on ne vous a pas dit c’est que le gouvernement mondial a décidé de regroupe tous les habitants de la Terre dans le seul état du Texas. En collant les maisons les unes aux autres, c’est possible d’offrir une telle maison à chaque citoyen terrestre en limitant la construction au Texas. Mais Trump n’est pas d’accord, il trouve que ça fait désordre. Il a mis ses meilleurs chercheurs pour étudier une solution plus simple. Ils ont trouvé qu’en empilant les humains les uns sur les autres, cela ferait un cube de moins de 2,5 km de côté. Autrement, méfiez-vous quand vous lisez les annonces immobilières.

Aimez-vous les jeux vidéo ?
Toute personne sensée a réfléchi une fois sur sa présence dans ce monde, pourquoi sommes-mous ici plutôt qu’ailleurs, pourquoi faisons-nous ceci plutôt que cela, quelle est la raison derrière tout cela ? La philosophie et la science s’intéressent à ces questions depuis des siècles, sans nous fournir de certitudes, tout au plus chaque réponse apporte des dizaines de nouvelles questions. Une de ces réponses est la croyance religieuse. C’est d’un abord assez simple. Il y a quelqu’un là-haut qui n’en fait qu’à sa tête et qui dirige tout, ainsi pas besoin de trop se casser la nénette,  tout est sa volonté. Pendant des siècles, ce fut assez facile de le faire croire, car peu de gens avaient un bagage suffisant pour le contredire et étaient dans une parfaite ignorance culturelle. En y regardant d’un peu plus près, on constate que chaque culture a vénéré un dieu sensiblement différent, et que même à l’intérieur de ces courants, on ne se gênait pas pour remettre en question ce qui avait été dit précédemment. Les découvertes scientifiques mirent en doute ces croyances, sauf pour ceux qui ne doutent de rien. Par exemple, on a du admettre que la Terre n’était pas le centre de l’univers, ce que plusieurs religions affirmèrent pendant des siècles. Partager une croyance, c’est un peu faire comme si on écoutait un discours politique. Un habile politicien va vous raconter une tas de bobards, mais il suffit qu’il glisse à l’intérieur de son discours deux ou trois choses qui vous parlent, pour que vous trouviez son discours intéressant. Ce sont ces choses là que vous allez capter et non le reste, même s’il a dit des énormités juste à côté. La complexité du monde qui nous entoure nous apparaît de plus en plus complexe sur le fil des découvertes qui justement répondent à certaines questions que nous nous posions, mais nous font découvrir d’autres questions. Il y a un siècle, nous ne savions presque rien de la relativité, des trous noirs, qu’il n’y avait pas de canaux sur Mars, ou que l’on puisse poser un jour le pied sur la Lune. Alors quelques petits malins envisagent aujourd’hui d’autres pistes pour nous trouver une raison de notre présence ici. Tout autour de nous, tout n’est qu’apparences, nous avons l’impression d’exister, mais tout cela peut se résumer à un joueur en train de jour sur une gigantesque plateforme de jeux vidéo dans lequel nous figurons les personnages qu’il manipule. Oui c’est Sim City à l’échelle cosmique, nous sommes programmées pour construire des villes virtuelles, pour rouler sur les routes de ces mêmes villes, pour faire la guerre et j’en passe. Peut-être cette année, il en aura marre de jouer et nous disparaîtrons. Alors pensez aux victimes que vous allez faire en débranchant votre console.

Prêt pour l’arrêt du carrousel ?
Vous êtes en train de conduire votre bagnole décapotable, vous roulez à cent à l’heure et soudain un imbécile vous coupe la priorité et vous lui foncez dedans. Il va se passer quoi exactement? Votre bagnole va stopper net, mais vous si vous n’avez pas attaché votre ceinture, vous allez être projeté dans les airs, c’est une loi physique. Sans vous en rendre compte, si vous êtes en France, vous êtes dans un véhicule qui se déplace à environ 1100 km heure. Ce véhicule c’est la Terre. Vous savez qu’elle tourne, donc qu’elle bouge. Pour une raison inconnue, elle s’arrête brusquement de tourner. Vous devinez ce qui va arriver ? En bien exactement la même chose que si vous étiez dans votre bagnole, vous serez projeté onze fois plus violemment dans les décors, de quoi faire une belle tache rouge sur le mur qui se trouvait par hasard juste à côté, ou si vous êtes bien arrimé à quelque chose, c’est la maison derrière vous qui va venir à votre rencontre. Je vous fais grâce des tsunamis ou de l’eau qui va déborder du barrage qui se trouve  500 mètres en amont de votre maison. Tout n’est pas perdu, il existe au moins un moyen de s’en tirer facile. Comme vous n’ignorez pas que la Terre fait un tour sur elle-même en à peu près 24 heures, que vous soyez au Pôle Nord où à l’Equateur, votre vitesse de déplacement dans l’espace ne sera pas la même. A l’Equateur elle est de plus de 1600 km à l’heure et au Pôle Nord quasi nulle. Si vous êtes exactement sur l’axe de rotation de la Terre, vous vous déplacerez juste de quelques centimètres. Au moment ou la Terre s’arrêtera de tourner, vous ne sentirez… rien ! Donc si vous avez la trouille, allez planter votre tente exactement ou près de l’axe de rotation, nord ou sud c’est égal. Le problème c’est que l’on ne sait pas si la rotation terrestre s’arrêtera un jour et quand. Pendant que vous êtes là-bas, profitez pour huiler un peu cet axe, on ne sait jamais.

Aurez-vous bon goût ?
Avec un peu de malchance, vous pourrez attraper une maladie qui s’appelle la synesthésie. Rassurez-vous c’est moins grave qu’un cancer généralisé, mais c’est assez déconcertant. Elle existe sous plusieurs formes et vous en souffrez peut-être sans le savoir. L’un de ses formes les plus étonnantes est un mélange des sens. Par exemple, quand vous avez quelqu’un en face de vous, vous allez le trouver, beau, moche, sympa, con, et autres. Chez certaines personnes, ces défauts et qualités sont remplacés par des sensations de goût. Tel ou telle personne aura dans sa bouche le goût de fraise, de poire, de banane, ou carrément celui d’une dune sauce aux morilles.. Cette personne se liera par exemple avec celles qui lui évoquent un goût de fraise et détestera celles qui ont celui de poire. Il existe des tas de formes de cette maladie dont la plupart sont très bénignes. Puisque je suis atteint d’une de ces formes, je peux vous en parler en connaissance de cause. Dans mon cas c’est la synesthésie numérique. Elle consiste à placer dans l’espace mental, les nombres dans un endroit spécifique et selon une suite qui forme des dessins dans l’espace. Par exemple pour moi, les 30 premiers nombres forment une spirale à partir de 1 et de quarts de cercles de 9 heures à midi à partir de 30. A partir de 100, je refais des spirales de  101 à 130  et des quarts de cercles jusqu’à 200. et ainsi de suite. Plus les nombres sont grands plus ils sont éloignés dans l’espace. D’autres personnes feront un peu différemment, elles mettront des couleurs sur les nombres, ou ces nombres seront dans une parfaite colonne verticale, elle lèveront presque la tête pour penser un grand nombre. Mais il semblerait selon des études récentes que ces troubles, plus une anomalie neurologique qu’une vraie maladie, sont profitables dans certains cas et facilitent la vie. Les personnes souffrant de symptômes de la maladie d’Alzheimer s’en sortent mieux quand il s’agit de se débrouiller dans la vie de tous les jours, d’autant plus que ces manifestations sont très souvent présentes depuis l’enfance. Rassurez-vous, vous ne finirez pas à l’asile psychiatrique.

Aimerez-vous le fast food addict  ?
C’est peut-être déjà le cas. Supposons que vous mangez des carottes râpées, une salade aux tomates, ou du chou-fleur à la polonaise. Il se passe quoi ? Vous mangez jusqu’à plus faim et vous estimez que vous avez fait un bon repas. Votre corps vous enverra le signal qu’il est satisfait de vos services et que vous pouvez aller faire la sieste sans problèmes. A l’apéro chez le voisin, il y a des chips, vous commencez d’en grignoter quelques unes et pour finir le paquet y passe. Vous voilà devenu une probable victime de l’industrie alimentaire. Pour vous vendre un paquet de chips et vous inciter de continuer d’en acheter, l’industrie alimentaire a fait autant de calculs que la Nasa pour envoyer une fusée dans la Lune. Le principe est de provoquer une addiction en dosant savamment les trucs qui vont déclencher une sensation de bien être dans votre cerveau, tout en lui faisant croire qu’il faut que vous mangiez encore. Notre corps a besoin de sel et de sucre, c’est une certitude puisqu’il en contient et qu’il faut compenser les pertes. Seulement entre quelques grammes de sucre ou de sel nécessaires, et les dizaines de grammes qu’on vous fait avaler dans la bouffe industrielle, il y a de la marge. Le principal piège est de faire fondre rapidement dans la bouche ce que vous ingurgitez, afin que votre cerveau pense que vous n’avez presque rien dans votre bouche, il va attendre la suite. Certains chercheurs vont plus loin, ils affirment que la nourriture industrielle serait en partie responsable d’une diminution du QI qui a tendance à s’amplifier depuis que de nombreuses personnes adoptent cette manière de se nourrir. Faites le test en mangeant une chips industrielle et une chips faite maison, vous verrez que la première se transformera rapidement en bouille, tandis que celle faite maison restera compacte, il vous faudra la mâcher pour qu’elle parvienne au même stade. Faites manger normalement un enfant pendant cinq ans en le nourrissant avec du fait maison, emmenez-le une fois au Macdo et vous aurez de fortes chances pour qu’il vous demande d’y retourner et qu’il boude définitivement les trois étoiles dans le Michelin. Pour manger de la merde et trouver cela bon, c’est comme dans la magie, il y a forcément un truc. Bon appétit !

 

Et ce sera tout pour ce début d’année que je vous souhaite encore belle et harmonieuse !

Sources Gallica, BNP, DP.

Bas nylon et propagande guerrière

Pendant la guerre 14-18, pour la France l’ennemi principal était l’Allemand. Il était de bon ton dans le giron national de se moquer de l’ennemi. La France ne s’en priva pas et s’en trouva fort aise. Tout était bon pour monter en épingle le moindre travers de l’ennemi. Et pour cela, il fallait transmettre au bon peuple toutes ces belles pensées, en les exagérant selon le besoin. On appelle cela de la propagande et cela n’a de loin pas disparu. A chaque déclaration de guerre, chacun va y trouver de quoi alimenter son envie d’y aller ou pas, mais l’immense majorité ira sous la contrainte des lois et des obligations. C’est là que la propagande à son rôle à jouer, fléchir les opinions de ceux qui ne sentent pas concernés. Le racisme est souvent employé à toutes fins utiles, il est évident qu’une personne de langue différente, d’une autre couleur de peau, d’une autre culture, sont des éléments très faciles pour tourner l’autre en dérision ou lui trouver les pires tares. Et pourtant, aucune culture, race, n’a que des aspects négatifs, si la différence est une tare, alors nous sommes tous les tarés de quelqu’un. 

Explorons quelques une de ces fameuses propagandes aux premiers mois de la guerre en 1914… 

Les couvertures très explicites sur ce que l’on pensait

 

Le moindre petit exploit peut être monté en mayonnaise. On a abattu un avion allemand. Certes la guerre n’est pas encore gagnée, mais on est sur le bon chemin. L’aviateur victorieux fut le célèbre Jules Védrines, avec ses avions qu’il baptisaient La Vache, une des stars de l’aviation de l’avant guerre. Quand un exploit est accompli par un héros c’est encore plus fort. Il mourut en 1919, justement dans un accident d’avion

Voici une histoire qui est peut-être inventée de toutes pièces. Elle peut aussi être vraie.

Quoi qu’il en soit, elle fait une bonne propagande contre la lutte des classes.

Une solution pour la prochaine guerre : une armée de taureaux kamikazes. A l’entraînement : un casque à boulons à la place de la muleta !

Vendredi en nylon et petites satires

Le Journal Amusant ou le Petit Journal Amusant, fut une publication satirique et légèrement coquine qui parut pendants plus de 80 ans et s’arrêta en 1933. Plutôt q’un journal qui brocarde la politique, il se fait un observateur des faits de société tels qu’ils pouvaient paraître au moment de leur publication avec une pointe de dérision. Les relations du couple y sont souvent caricaturés avec leurs petits travers. Les illustrations sous forme de dessins ne manquent pas d’un certain piquant, surtout à partir des années 20, sans aller plus loin que ce que permettait la censure et les moeurs de temps moins permissifs qu’aujourd’hui.

Il n’en reste pas moins que c’est une revue assez plaisante avec son ton souvent impertinent. Voici quelques sélections datant de 1926.

Ca s’an l’an neuf !!!

!!!BONNE ANNEE!!!

Quand la pendule a pointé de son aiguille précise mais pratiquement inerte, la cinquante-neuvième minute de la vingt-troisième heure du trente-et-un décembre, vous avez pensé qu’il ne restait à l’année qu’une pauvre et ultime minute à vivre, condamnée par la guillotine du temps à être exécutée sur l’autel du temps qui passe. Mais un esprit fort et érudit remarqua qu’il y a juste une heure, elle a déjà subi cet atroce supplice dans le fuseau horaire précédent et qu’elle s’apprêtait à mourir une nouvelle fois. Donc, ne nous méprenons pas, le temps et toute année bien constituée ne sauraient mourir, ils ne font que passer sous votre nez, et même si vous l’avez fort développé, vous ne sentirez rien.  Le temps, pas plus que l’argent n’a d’odeur, c’est un fait qui éclaire d’un jour nouveau qui ne figure pas sur le calendrier des indications de bon aloi, nul ne peut sentir venir la fortune, pas plus qu’un nez ne peut respirer l’air du temps. Les fonds de la pensée philosophique qui abreuve ses racines dans l’océan de la connaissance superficielle, ont remarqué que l’on peut gagner du temps mais pas le dépenser, tandis que l’on peut perdre du temps sans jamais le retrouver.   
L’an passe, l’an trépasse, l’an repasse comme dirait une blanchisseuse dont la conscience professionnelle ne fait pas un pli, qui veut des vœux doit attendre qu’il soit minuit au cadran qui donne l’heure exacte.
D’ailleurs, vous avez des pouvoirs dont vous ne soupçonnez pas l’existence, celui de faire avancer le temps à votre gré. Prenez une simple montre qui indique vingt-trois-heures-cinquante-minutes. Concentrez-vous bien, jetez votre fluide sur la montre. Pensez que vous voulez absolument qu’il soit minuit. Je vous garantis que dans un laps de temps qui vous prendra dix minutes dans le pire des cas, il sera minuit. Etonnant n’est-ce pas ?

 

Le fait de consacrer le début de l’année est une histoire vieille comme la mesure du temps et pas toujours très exacte, car la mécanique céleste ne donne pas de chiffres absolument ronds. Il s’agit pour le calcul d’établir la corrélation entre le parcours de la Terre autour du Soleil en un peu plus de 366 jours et sa rotation sur elle-même, étant donné que cette rotation ne se fait pas exactement en 24 heures, mais 23 heures, 56 minutes et 4 secondes. Le but des calendriers fut de faire jouer les chiffres dictés par la mécanique céleste en une représentation arbitraire accessible à tous et servant de référence. Il a bien fallu un peu « tricher » avec la réalité.

Imaginons ce qui serait si on avait respecté les lois de la nature, que serait le rythme de notre quotidien?

En nos temps modernes, où une montre fait deux fois le tour du cadran en une journée et qui nous donne exactement une journée de 24 heures, ce qui n’est pas la réalité, eh bien il aurait fallu une montre avec un cadran plutôt bizarre qui compte les heures à 59 minutes et 50 secondes environ. Même ce chiffre est incorrect, car compté sur 23 heures et 56 minutes, il manque encore 4 secondes pour un compte rond. Pas facile hein?

Dans la réalité, l’homme fut-il préhistorique, avait remarqué le phénomène des saisons, que le Soleil se levait sur différents points de l’horizon selon les jours, que cette durée n’était pas égale, mais qu’il finissait par revenir à son point de départ. Les plus érudits remarquèrent que cela se reproduisait environ tous les 366 levers de soleil, faute de calculs plus précis et en sachant calculer.

Différentes civilisations constatèrent le fait, mais ce furent les Egyptiens qui les premiers établirent un calendrier d’après ce cycle. Ils remarquèrent que le crues du Nil, alors un élément essentiel à l’irrigation des plaines fertiles, se produisait peu de temps après l’apparition de Sirius dans le ciel égyptien. L’idée du calendrier était lancée.

Les Romains perfectionnèrent le calendrier et à cette époque on vit l’apparition des saisons sous forme de noms. Pour les Romains, selon une certaine logique, l’année commence au printemps, c’est en effet un sorte de renaissance. Ils établirent l’idée de l’année divisée en mois comportant entre 28 et 31 jours, mais répartis différemment, il y avait plusieurs mois à 29 jours. On parle de calendrier julien.

Le calendrier subit une réforme, qui le fit s’approcher avec une plus grande rigueur vers l’exactitude de la durée d’une année solaire, et qui s’approche plus exactement de notre calendrier actuel. Il fut en vigueur depuis 46 avant J.-C.

Il est sûr que les gens de l’époque attachaient peu d’importance à la durée de l’année, sauf bien évidemment quelques notables ou érudits qui s’en servaient comme point de repère pour un écrit, un événement exceptionnel,  ou la date butoir de l’entrée en force d’une loi.

 Ailleurs que chez les Romains, chacun y va de son idée, le calendrier est parfois basé sur les phases de la Lune, de faits religieux ou culturels. Il fallut des siècles pour que la mesure actuelle du temps prenne une forme définitive et universelle, comme celle que nous connaissons aujourd’hui après une réforme qui eut lieu en octobre 1582.

Le mois de janvier fut baptisé du nom de Janus, dieu romain à deux têtes, l’une regardant devant et l’autre derrière, symbole de l’année passée et de celle qui vient  

C’est l’introduction de calendrier grégorien, du nom du pape Grégoire XIII qui l’instaura. En gros on rattrapa le décalage dû au calendrier julien et de fait on passa du 4 octobre 1582 au 15 octobre 1582, date d’entrée en fonction du calendrier grégorien. A partir de là, le début de l’année fut le 1er janvier à l’exclusion de toute autre date, mais certaines cultures ont encore aujourd’hui un début d’année différent, comme les Chinois par exemple. L’affinement de ce calendrier découle de l’observation plus précise de la place du soleil dans le ciel, en dehors de toutes considérations astronomiques qui sont la règle maintenant. N’oublions pas que la Terre est encore supposée être le centre de l’univers, à ce moment-là Galilée est âgé de 18 ans et n’a pas encore remis la Terre à sa juste place.

Le principal problème fut de résoudre la durée exacte d’une révolution autour du Soleil. On le savait à peu près au moment de l’établissement du calendrier grégorien, et de manière très précise aujourd’hui, une année dure en réalité 365,3422 jours ce qui est loin d’être un chiffre facilement manipulable quand on veut le faire coïncider avec des levers et des couches de soleil. C’est ce qui nous a valu l’introduction  des années bissextiles, celles qui comptent le mois de février à 29 jours tous les quatre ans, les années en 00, 04, 08, 12, 16. Cerise sur le gâteau, en adoptant ce système, on aurait une légère tendance à prendre de l’avance. Alors pour contrebalancer cet effet, les années qui marquent un nouveau siècle comme 2000 ne sont bissextiles que tous les 400 ans. Donc 2100, 2200, 2300, seront des années à 365 jours et 2400 sera à 366 jours, ainsi que 2800, 3200, 3600, 4000. 

Mais d’ici là, nous serons tous des robots programmés et on fêtera l’an neuf quand on voudra bien qu’on le fasse. La course de notre bonne vieille planète autour de sa source de vie pourra s’accélérer ou ralentir selon le bon vouloir d’éléments perturbateurs qui se cachent éventuellement à nos yeux, à notre savoir, dans un coin quelconque de l’univers.

De toutes les certitudes de l’homme, l’illusion est la plus courante.

 

 

 

 

Bas nylons et etc…

 

Des origines jusqu’à nous

Il est toujours étonnant quand on observe le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, en faisant la comparaison comparaison avec celui de jadis, de penser qu’ils étaient un peu fous. Des choses qui semblaient normales hier ne le sont plus du tout aujourd’hui. Tout ne disparaît pas pour autant, il reste des coutumes ou des expressions qui ont leur source dans un passé lointain.

Prenons l’expression, conter fleurette, je pense que vous savez à peu près tous sa signification. C’est un terme ancien que l’on peut comparer à notre draguer moderne. Mais il n’est pas né comme ça tout seul…

Henri IV (1553-1610), roi de France dit aussi le vert galant, avait une sacrée réputation de dragueur, enfin c’est plus qu’une réputation. Décrit comme un roi sans fausse modestie, gai luron, bon vivant, il se mélangeait assez volontiers avec les gens de condition modeste et semblait capable d’amitié sincère. Toujours à la recherche d’une nouvelle conquête ou aventure féminine, il est le roi et c’est un honneur déguisé en ordre, on ne dédaigne pourtant pas se laisser conter fleurette. Ah nous y voilà, c’est justement une de ces conquêtes qui devint sa maîtresse et qui s’appelait Fleurette, qui est à l’origine de cette expression.

Quelle aubaine! Encore une expression que vous avez entendue une fois ou l’autre. Elle tire son nom d’une loi féodale, dite droit d’aubaine, peu à peu abandonnée au cours des siècles et fut définitivement délaissée au 19ème siècle. Pour en comprendre l’aboutissement, il faut se représenter la carte de France et son évolution au cours des guerres gagnées ou perdues, c’est assez mouvant. Même si l’on trouve une certaine unité dans ce qui est appelé royaume de ceci ou de cela, en regardant attentivement on remarque pour la France une certaine similitude avec ce qui constitue aujourd’hui, les départements, les préfectures, les sous-préfectures etc…

Un roi pouvait gouverner un pays entier et soumettre les principes généraux régissant les territoires en sa possession, mais à l’intérieur il y avait des seigneurs qui étaient plus ou moins autonomes dans la gestion d’une partie de ce territoire en étant possesseurs de terres, de régions, de lieux d’étendues diverses. Ils étaient en quelque sorte les maîtres de leurs sujets et avaient en principe le droit de justice, de décision, pour autant que cela n’interfère pas sur les principes supérieurs, ceux du roi par exemple.

Une carte de France du 16ème siècle,on reconnaît quand même sa silhouette.

En 1750, imaginons un marchand de dentelles de Bruges qui va en Bourgogne vendre sa marchandise. Les affaires marchent bien et il a sa besace remplie de louis d’or. Coup de malchance, il décède subitement en pleine activité.

Comment cela se passerait-il aujourd’hui ? On avertirait sans doute la famille s’il en a une, qui déciderait des suites à donner à l’affaire. On envisagerait de rapatrier le corps ou de l’inhumer sur place. L’argent gagné est sans doute sur son compte bancaire et entrerait éventuellement dans l’héritage ou les droits de succession. Il y aura certainement quelques frais à payer sur place, mais cela sera couvert par une assurance s’il en a une.

Mais revenons en 1750, la situation est complètement différente. Avertir la famille, peu probable du moins dans un délai raisonnable, plusieurs jours sans doute pour autant qu’on en connaisse l’existence. Nous entrons directement dans ce que tentait de régler le droit d’aubaine. Tout ce que la victime portait sur elle ou faisait partie des biens qu’ils avaient amenés avec lui, revenait en droit au seigneur qui avait la jouissance des terres sur lesquelles il était décédé. Charge à lui d’assurer des obsèques selon sa bonne conscience, mais la fosse commune pouvait très bien faire l’affaire. Ce droit pouvait même aller plus loin, le prétendant pouvait aussi demander l’usufruit de biens situés ailleurs et lui appartenant en propre. Là imaginons que c’était plutôt difficile, surtout si le défunt venait de très loin.

Comme on le voit, quand il n’existait pas une structure de société très organisée, il fallait presque improviser au cas par cas. Cette loi n’a sans doute jamais été écrite, en vérité il s’agit d’un droit sans doute sanctionné  par un décret royal qui a pris force de loi par la suite. Chaque puissant connaissant son existence pouvait se réclamer d’elle.

Voyager dans les siècles passés était bien plus qu’une aventure, qu’un déplacement d’un lieu à un autre comme c’est l’habitude aujourd’hui.

De Gaulle, je t’aime moi non plus…

On dit souvent de lui qu’il fut le derniers des géants, en politique s’entend. Il est indéniable qu’il a laissé une grande empreinte dans l’histoire de la France. Je ne vais pas faire son éloge car je déteste cordialement tous les politicards, pour moi ce sont tous des tordus, des opportunistes et des profiteurs à tous crins. Mais je dois quand même reconnaître que j’ai une certaine admiration pour le personnage, du moins certains de ses côtés. Je crois sincèrement qu’il portait la France dans son coeur, il l’a toujours fait passer avant ses intérêts personnels, même si quelquefois son prestige extérieur était plus important que celui du bien-être du peuple français. Il est même extrêmement rare qu’un militaire soit à la tête d’une démocratie et en respecte le principe. J’adore son sens de la formule, ses mimiques, son humour, très souvent pince-sans-rire. Le regarder faire une conférence de presse est un pur délice, ses discours sans lire de notes est une preuve qu’il pense ce qu’il dit. Mon admiration s’arrête sans doute ici.

Comme tout politicien d’envergure, il avait ses détracteurs, les événements de Mai 68 firent vaciller son trône. Ce fut une époque où les caricatures de sa personne fleurirent dans les rues de Paris. En voici quelques unes récupérées  pour la bonne cause. Elles parlent toutes seules…

Un des plus célèbres imitateurs du Général, Henri Tisot. Il avait bien capté l’esprit de son modèle dans sa manière de tourner les phrases.

Sources Gallica, BNP, DP

Bas nylon et humour tous horizons

Une petite histoire de l’humour ancien

L’humour est sans doute vieux comme le monde. De fait, la nature nous a donné le rire et le sourire dans nos attributs. Difficile de savoir à quand remonte le premier homme qui a ri et pourquoi. Cela dépend sans doute de son caractère, vous avez sans doute vécu une histoire où tout le monde rit sauf le directement concerné par un fâcheux contretemps. Imaginons un homme des cavernes qui par mégarde s’approche trop du feu et enflamme les poils de son vêtement en peau d’un animal quelconque. Cela, si c’est arrivé, a probablement fait rire l’entourage.

Au départ, les quelques neurones de notre cerveau qui assuraient la stimulation du rire se sont probablement développées pour assurer sa descendance. Plus souvent on rit, plus l’envie de rire se transforme en plaisir.

Pendant des lustres, la découverte d’une situation drôle n’a pu se faire que par l’observation directe ou quelquefois par transmission orale, quoique les premiers hommes ne devaient pas avoir un langage très structuré, plus proche du grognement que des belles phrases bien senties. L’écriture a sans doute peu à peu changé la donne, bien qu’on ne trouve pas beaucoup d’humour dans les textes d’Homère ou de courtes histoires drôles dans les hiéroglyphes égyptiens. Quand l’homme a commencé à vraiment parler avec un langage compréhensible par tous et des mots représentatifs de situations, d’état d’âme, ou d’objets matériels, il a certainement fait un grand pas vers l’humour. On arrivait à parler d’une situation cocasse observée et à la répéter à volonté. Les chroniqueurs des siècles passés, plus encore depuis l’invention de l’imprimerie, resteront les premiers narrateurs d’histoires drôles. Pour ce qui est du français, on retrouve assez fréquemment des faits qui concernent les rois de France où leur entourage dans des situations cocasses, parfois même assez salées, rapportés par les observateurs. Certaines de ces histoires, même des siècles après, ne manquent pas de drôlerie. Les surnoms ou qualifications ou de certains sont déjà des traits d’humour, Jean sans Terre ou Vert-Galant pour Henri IV, sont probablement moqueurs ou plutôt sympathiques.

Une célèbre anecdote historique prouve que les courtisans, même s’ils faisaient partie de la noblesse, savaient rire d’eux-mêmes et tenter de ridiculiser les puissants. Elle concerne le chevalier de Pardaillan, marquis de Montespan. Les férus d’histoire situent rapidement le personnage, c’est le mari officiel de Madame de Montespan. Cocufié par sa femme devenue favorite de Louis XIV, il ne s’en laissa pas compter. Les cocus par ordonnance royale, si l’on peut dire, ressentaient plutôt cela comme une fierté. Pensez donc, avoir sa femme favorite du roi, même si ce titre ne consistait pas seulement à prendre le thé avec elle ou à lui offrir des fleurs, était plutôt ressenti comme un honneur et souvent c’était la fortune ou les honneurs assurés grâce à la générosité et les pouvoirs du cocufiant. Pour lui, rien à faire, il s’en fout, il est cocu, pas content, et il le fait savoir. Il fait du tapage dans Paris et son carrosse est orné d’une superbe paire de cornes. Selon certaines sources, il aurait tenté d’entrer à Versailles par la grande porte, celle réservée au roi et à sa suite. Se faisant arrêter par un garde le priant de renter par la petite porte, il aurait répondu qu’avec les cornes qu’il avait elle était trop basse. Il aurait aussi eu une tendance à l’humour macabre. Il fréquenta le plus bas lieu de prostitution de Paris en espérant attraper une de ces maladies que l’on attrape pas en jouant aux dames, mais avec une dame. Molière dans « Amphytryon » se basa sur l’histoire du cocu marquis de Montespan. Louis XIV, parait-il, s’en amusa fort. Du moins, il eut la délicatesse de ne pas se reconnaître sous les traits de Jupiter.

D’après ce que j’ai observé, il n’y a pas vraiment de cas où la situation, si tragique soit-elle, qui ne permette pas d’esquisser un sourire, voire un rire. Dans les récits concentrationnaires de la seconde guerre mondiale, il m’est arrivé de relever des situations qui firent rires les déportés, pourtant peu enclins à rigoler vu le tragique de leur destin. Selon les ethnies, la mort est vécue différemment. Chez nous c’est quelque chose de plutôt triste, mais à la Nouvelle Orléans, surtout si c’est un personnage populaire, on se déguise et on danse dans les rues, le ton est plutôt joyeux. L’enterrement du célèbre dessinateur Siné à Paris a été un prétexte à réjouissances, il l’a voulu ainsi. Sa tombe est un cactus déguisé en doigt d’honneur, il a même posé devant elle de son vivant. Si ce n’est pas avoir de l’humour…

L’apparition de journaux à publication régulière a permis à l’humour de se répandre de façon plus large et toucher des gens qui n’auraient pas pu profiter d’une histoire drôle qui s’est passée bien loin d’eux. Il y a l’histoire fabriquée de toutes pièces, mais souvent inspirée par un fait réel, c’est la fameuse blague qui tourne aussi autour du jeu de mots. A ses côtés, il y a la satire. C’est une manière de tourner en dérision un fait de politique ou de société. A l’inverse de la blague, elle peut faire rire, mais aussi scandaliser ou fâcher, comme quoi l’humour est parfois partisan.

Si la satire est aussi vieille que les journaux, l’humour apparaît petit à petit dans des revues spécialisées. Les premières naissent vers le milieu de 19ème siècle et commencent à se répandre de manière plus visible vers la fin de ce siècle, certaines privilégiant le dessin au texte. Le journal satirique en fait partie. Plus discrètement, des périodiques abordent l’humour avec une teinte d’érotisme, on y raconte des histoires un peu plus osées, mais on est encore très loin de l’allusion au sexe avec des mots dédiés, on est encore dans la suggestion, mais ce n’est plus tout à fait innocent. Le cinéma prendra ensuite le relais et ses premiers grands succès sont avant tout des films comiques.

L’humour évoluera avec les temps modernes, on découvre un humour absurde, encensé par des revues comme Mad aud USA et chez nous Hara-Kiri ou des films comme ceux des Monty Phyton. Ils repoussent les frontières de l’humour vers des terrains inexplorés. Je pense que c’est le style qui a le plus d’avenir, reste à trouver l’insolite et l’apprivoiser.

Voici des extraits d’une des revues, qui à la Belle Epoque dédiait ses pages à un humour teinté de grivois. Les situations illustrées sont assez sages, l’avant ou l’après un peu moins, mais là c’est votre imagination qui travaille.

 

Source Gallica, BNF, DP

Eclats de nylon et vieux papiers (37)

Eclats de nylon et une assiette pleine de beurre

28-121216-11

28-121216-17

Les vieux papiers ou comment les journaux et autres nous donnent une vision de ce que furent la vie et l’actualité en d’autres temps

L’Assiette au beurre fut un des grands journaux satiriques au début du 20ème siècle et pendant une trentaine d’années. Il est très influencé politiquement par la gauche avec une pointe d’anarchisme, poursuivant les grands traits révolutionnaires de la seconde moitié du siècle précédent. Il est bien évidemment un soutien aux masses populaires qui réclament des droits et qui, parfois, en obtiennent. La classe bourgeoise doit bien faire contre mauvaise fortune, bon coeur. La révolution industrielle qui réclame des bras, le plus souvent pour des emplois non qualifiés et surtout mal payés, doit bien tendre un carotte. Cependant tout n’est pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, la vie n’est pas toujours facile pour le passant de la rue.

Le principe du journal est assez nouveau pour l’époque. Il ne contient pratiquement que des caricatures ou des dessins avec très peu de  texte. Il est souvent thématique pour un numéro particulier. On a compris que le dessin peut raconter plus de choses à un regard, que de longs textes que personne ne lit. Le dessin agit en tant que symbole et il peut entraîner de longues réflexions sur un sujet précis. Par exemple, un dessin représentant un certain personnage cloué sur une croix, pourra vous faire réagir positivement ou négativement, sur un fait ayant trait à l’histoire chrétienne.

D’une manière assez drôle quand on feuillette un numéro du journal, on remarque que ce qui pouvait faire un sujet alors, pourrait très bien faire l’objet du même sujet aujourd’hui.

Dans un numéro de février 1904, il est question de la police et de tout ce qui représente l’ordre. Eh bien on pourrait le rééditer aujourd’hui en le faisant passer pour actuel.

Quelques extraits.

28-121216-9

Une des plus succulentes. Il s’agit probablement d’une caricature de Jean Jaurès, l’un des symboles  de la lutte des classes, houspillé par un agent qui demande de se disperser alors qu’il est seul. Pour  les suivantes, je vous laisse imaginer le rapport entre hier et aujourd’hui.

28-121216-128-121216-8

28-121216-7

28-121216-6

28-121216-5

28-121216-4

28-121216-3

28-121216-2

28-121216-1

Sorces Gallica, BNF