En passant

Inventaire musical à la Prévert (59)

Tous ceux qui écoutaient la radio en 1968, sont assurés d’avoir entendu une chanson qui s’intitulait « Yummy Yummy Yummy » interprétée par Ohio Express. Ce groupe faisait partie d’un mouvement que l’on surnomma « Bubble Gum ». D’autres formations peuvent se réclamer de la même veine, les Lemon Pipers, 1910 Fruitgum Company, les Archies, elles connurent toutes le succès. Ohio Express a existé sans vraiment exister. A l’initiative des producteurs officiant pour le compte de Buddah recors, on prenait des musiciens de studios en leur faisant enregistrer quelques trucs. Si le succès arrivait, il alors possible que le groupe prenne une forme définitive, au moins pour les apparitions à la télévision. Les fondus du label savent qu’il existe tout un micmac de chansons publiées sous des noms d’artistes différents, trop long à expliquer ici. Evidemment, le succès appelait la publication d’un album plus ou moins selon les mêmes recettes. Ce fut le cas pour Ohio Express suite à leur tube. On peut qualifier la musique du groupe assez aguicheuse commercialement pour certains titres. Mais comme il fallait remplir toutes les plages de l’album, les musiciens s’adonnaient parfois à des exercices un peu plus compliqués. Trois titres de cet album peuvent aisément se classer dans la musique psychédélique, et on peut chercher en vain l’appât commercial. Je me souviens qu’à l’époque j’avais trouvé cet album dans un bac à soldes et je l’avais acheté, car en fin de compte j’aimais assez leur tube. Je fus assez bluffé par le contenu car je m’attendais à tout sauf à ça. Je me suis aperçu qu’avec le temps, les trois titres bénéficient d’une certaine aura chez les amateurs de psyché. Voici l’album en entier, psyché au pas. J’ai encadré en vert les titres concernés. Vous entendrez aussi la stéréo mettre un joli relief au son. Les années suivantes, le nom de Ohio Express connut encore quelques bons succès, notamment au Canada

Yummy Yummy Yummy

Winter Skies

Into This Time

First Grade Reader

Mary-Ann

Down At Lu Lu’s

Turn To Straw

Vacation

She’s Not Comin’ Home

It’s A Sad Day

The Time You Spent With Me (1968)

Document
Une reformation de Ohio Express

Durant les sixties, la discographie française se distingua par le nombre impressionnant de publications qui furent faites sous la forme de EP, c’est à dire quatre titres, deux par face. Le principe de base était un peu mercantile, on vendait deux fois plus de marchandise sur la réputation d’un titre principal ou d’un succès, le 45 tours simple avec deux titres était réservé à la promotion et aux jukeboxes. L’avantage principal de ces EP’s demeurait dans le fait que ces éditions étaient présentées dans une pochette avec le plus souvent une photo de l’artiste et un emballage cartonné et plastifié plus résistant à l’épreuve du temps. L’Angleterre et les USA eurent beaucoup moins recours à ce genre de publications. Le plus souvent, la règle était le 45 tours simple emballé dans une simple pochette à trous permettant de voir l’étiquette du disque. Aujourd’hui ces fameuses disques EP’s français, surtout ceux concernant des artistes étrangers, sont recherchés par les collectionneurs du monde entier car ils sont uniques dans leur genre et peuvent parfois atteindre des sommes folles s’ils sont très rares. Au fil des semaines, je vous en présenterai quelques uns parmi ceux qui attirent justement les collectionneurs. Ils seront présentés avec la pochette, éventuellement avec un scan de ma collection personnelle si je ne trouve rien de satisfaisant, les titres qu’ils contiennent, et le plus haut prix atteint par une enchère sur Ebay.

La France reliera sur cet unique EP publié en France, le premier seul vrai succès américain de Buffalo Springfield « For What It’s Worth » . L’importance de ce succès est plus qu’anecdotique, elle est une rampe de lancement pour des musiciens qui allaient avoir une grande influence dans le paysage musical américain, Neil Young, Stephen Stills et Richie Furay. Leur hit est un peu un électron libre dans le début de leur répertoire, mais leurs enregistrements s’inspirent du chemin pavé par un autre groupe tout autant américain, les Byrds. Plus tard, il y aura la fusion musicale entre Buffalo Springfield et Byrds au sein de Crosby Stills Nash, David Crosby étant justement un des Byrds. L’importance musicale de Buffalo Springfield n’en est pas moins saluée, mais elle le fut passablement avec effet rétroactif.
La France réserva un accueil quasi glacial au groupe, cet EP est certainement la pièce la plus recherchée de la discographie française, mais les singles sont aussi assez cotés.

The Buffalo Springfield – ATCO Records ‎– ATCO 123, publié en 1967, meilleure enchère sur Ebay 328 euros.

For What It’s Worth 
Burned
Pay The Price

Envies de découvrir autre chose ?

La musique n’a pas de frontières. S’il y a bien un point où je suis très éclectique, c’est assurément la musique. Entre un disque de hard rock et un opéra, pour moi c’est de la musique. C’est la différence qu’il y a entre un plat de haricots et un entrecôte bordelaise, les deux pris dans leur contexte propre peuvent s’avérer délicieux. Je fouille, j’écoute, je trouve, et puis quelquefois je tombe sous le charme.
je vous invite à partager ces découvertes au hasard. Des artistes qui ne font pas forcément la une des médias, mais qui ne sont pas dépourvus d’un certain magnétisme ou plus simplement nous présentent une belle vision musicale.

The Harp Twins – Deux vraies jumelles Américaines avec une ascendance nordique. Belles comme des coeurs, elles revisitent les standards musicaux tous horizons en s’accompagnant à la harpe.
J’ai choisi en premier un air de folk traditionnel d’origine écossaise « The Daemon Lover » que l’on connait aussi sous le titre de « The House Carpenter ». Le clip permet d’apprécier leurs jolies voix et il est filmé dans un décor splendide.

Smoke On The Water de Deep Purple

All You Need Is Love des Beatles

En passant

Bas nylons, jupes et clés à molette

Volume 5 de la compilation « Girls In The Garage ». Il ne nécessite pas de commentaire particulier, ce sont tous des artistes peu connus ou carrément obscurs. A noter que la Linda Gail qui figure sur le disque n’est pas la soeur de Jerry Lee Lewis, Linda Gail Lewis. Il y a deux titres que je n’ai malheureusement pas trouvés. On fera sans, pas moyen de faire autrement.

MA SELECTION DE CET ALBUM

Tammy & The Sounds
Grèce, 1966

Tammy & The Sounds – Story Of A Tramp
The Majorettes – Let’s Do The Kangaroo
The Bermudas – Chu Sen Ling
The Occasionals – Sometimes
Bente Lind & The Lunicks – Goodbye, Jimmy, Goodbye
The Pussicats – Dressed In Black
The What Four – I’m Gonna Destroy That Boy
Linda Gayle – Maggie’s Farm
The Girls – Rocket For Girls
Stacy’s Fifth – This Thing
Jeff & The Atlantics – I’ll Find Him
Angel & The Devines – Octopus
The Electric Lollipop – Lightning Bug
Zuma – Night Of The Sadist

Garage Nouvelle Vague

Le mouvement garage engendré pendant les sixties n’est pas mort, sans qu’ils pullulent, il y a encore de nombreux artistes qui aiment reprendre ces chansons dans des versions carbones ou modernisées. En voici deux exemples.
Ce sont des reprises du groupe Human Expression, actif à Los Angeles en 19667/67.

Les Grecs de Unknown Passage et « Every Night »

Les Anglais de Hypnotic Eye – Readin’ Your Will

Dans d’autres articles je vous présente des productions françaises qui eurent le privilège d’être publiés au format EP, c’est à dire quatre titres par disque, un phénomène typiquement français qui n’a pas vraiment un équivalent ailleurs pour les fifties et les sixties. Il en existe des milliers. Mais le 45 tours single existe aussi, souvent pressé en quantités moindre et surtout destiné à la promotion et pour les jukeboxes. Ceci perdura tout au long de la vogue du EP qui commença à décliner à partir de 1967. La publication en single devint la règle, sauf des exceptions de plus en pus rares. Pour certains artistes, ils sont devenus un objet de recherche par les collectionneurs, encore plus s’ils sont présentés dans une pochette avec une photo. les fans d’Hallyday connaissent bien la chose. Mais que ce soit avant, pendant, ou après 1967, quelques publications atteignent parfois de jolies sommes.

A côté d’une vie très mouvementée, Jayne Mansfield fut aussi une chanteuse qui ne laissa pas des traces impérissables dans le showbiz, beaucoup moins que celles qui se rattachent au sex-symbol. De manière générale, elle fut plus cultivée que sa légende et ses multiples faits divers peuvent le faire penser, mais elle ne fit rien pour le changer. Une année avant (et aussi après) sa mort dans un accident de voiture, on publia ce 45 tours. Il est aujourd’hui recherché, un peu pour le lien qu’il a avec cette pulpeuse actrice, mais aussi parce qu’un certain Jimi Hendrix tenait la guitare. Il était alors un parfait inconnu. En 1964, elle eut même des supporters qui la voyaient comme comme future présidente des USA.

Jayne Mansfield – Decca – HL 80 065 – Publié en 1967, meilleure enchère sur Ebay 65 euros.

Un cuvée dans le garage

Un voyage dans les obscurités garage punk sixties. Les Américains furent les rois dans ce domaine. Tout bled perdu au fin fond d’un état et qui avait au moins 500 habitants, avait son studio d’enregistrement. Très souvent, de petits groupes du coin acquirent une certaine dextérité musicale et surtout n’avaient guère d’autres distractions pour passer le temps. Le deal, c’était de se faire remarquer par un label de plus grande envergure et signer un contra. Pour cela, des directeurs artistiques sillonnaient les campagnes à la recherches de ces perles rares. Quelquefois ils en trouvaient, et beaucoup plus rarement ils parvenaient à en faire des plus ou moins grosses vedettes. Rien ne s’est vraiment perdu, car ces disques furent compilés dans des centaines de galettes vinyles dans les années 70 et 80. Moi-même, j’en possède une belle collection, certaines depuis 40 ans. Je les considère vraiment comme le testament de la part obscure des sixties. Voici une sélection dans n’importe quel ordre, le seul pont commun c’est que ce sont des groupes américains d’époque entre garage et début du psychédélique.