En passant

Bas nylons et presse à clous

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Un petit voyage dans l’humour. Le Clou, sorte d’ancêtre de Franc-Rire ou Blagues proposait de faire rire à la Belle Epoque. IL faut bien se figurer que le rire n’était pas tout à fait le même qu’aujourd’hui, ou du moins les faits qui pouvaient faire rire. Mais on peut remarquer que certaines blagues pourraient très bien être racontées aujourd’hui, l’histoire du poisson pas frais est un exemple facilement transposable en 2019, il y a toujours du poisson pas frais au menu des restaurants. Les petites mésententes dans le couple ont un passé, un présent, et l’avenir ne nous en fera pas grâce, d’autant plus qu’il est maintenant encore moins nécessaire de se marier pour le faire. Le dessin sur les artistes serait bien plus obsolète, il y a longtemps que l’on ne se moque plus de l’excentricité des leur comportement ou de leur allure, c’est même le contraire. Je vous laisse les découvrir en vous rappelant que vous pouvez cliquer les images pour une meilleure vue.

Sources, Gallica, BNP, DP

En passant

Bas nylons et une petite écolière

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Encore une chanson de blues bien noir qui fut enregistrée dans les années 1930 et qui devint un standard presque trente années plus tard, grâce à l’intérêt qu’elle suscita parmi les amateurs blancs  qui se convertirent à la cause du blues. Ces années d’avant guerre sont une véritable pépinière de talents dans le ghetto noir, tout le monde connaît un peu tout le monde et les collaborations entre musiciens sont nombreuses. On ne devient pas une vedette en quelques jours, encore moins quand on est noir et que l’on pratique le blues. Souvent le matériel est rudimentaire, mais on fait preuve d’imagination comme les jug bands qui fabriquent leurs instruments avec des boîtes à biscuits et tout ce qui peut servir de caisse de résonance. A part les grands noms du jazz qui commencent à s’imposer comme Louis Armstrong, peu de bluesmen arrivent au rang de vedette. Le plus légendaire de cette époque reste sans doute Robert Johnson, mort en 1938, un des rares qui a pu se considérer comme une sorte de vedette du temps de son vivant. Pour les autres, la plupart devront patienter et attendre leur heure de gloire avec l’aide du public blanc. En revanche, ils se hisseront au statuts de stars.

Un de ceux qui ne réussit pas trop mal fut Sonny Boy Williamson I, nom qui prêta souvent à confusion car il n’est pas le très connu bluesman qui enregistre chez Chess à partir des années 50, de dernier est réalité Sonny Boy Williamson II. Il a toujours existé un controverse à propos de ces deux noms identiques. qui de l’oeuf ou de la poule fut le premier, on ne saura jamais. Ce qui est certain c’est que Sonny Boy Williamson I enregistra la chanson qui nous intéresse près de quinze ans avant le premier enregistrement de SBW II. Cette chanson, « Good Morning Little Schoolgirl », son premier disque, restera dans un relative obscurité jusqu’à ce que les Yardbirds la mettent en évidence sur leur second single et sur leur premier album live en 1964. Elle est typique du blues à l’harmonica, instrument prisé car très accessible financièrement, Dans certaines reprises, l’instrument disparaît totalement. Elle a une charme supplémentaire, elle peut s’adapter assez facilement à la fantaisie des interprètes. Son créateur lui doit beaucoup, même s’il fut assez connu de son vivant et reste un influence, son nom reste à jamais connecté à cette chanson. Il mourut assassiné en 1948.

Version originale, 1937.

Smokey Hogg, 1949.

Les Yardbirds, avec Eric Clapton, 1964.

Rod Stewart, premier d’une longue suite, très belle version, 1964.

Muddy Waters, avec Buddy Guy et Willie Dixon, 1964.

Paul Butterfly Blues Band, 1966.

Grateful Dead, 1967.

Chuck Berry & Steve Miller Band, 1967.

Johnny Winter, 1969.

Ten Years After, elle a toujours fait partie des concerts par la suite, 1969.

Van Morrison, 1993.

Rod Piazza, ancien membre du légendaire Dirty Blues Band, 2004.

Une version en live à Paris par Jonny Lang, bien baveuse, manque un bout vers la fin, 1997.

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En passant

Peter Pan fait son cinéma (5)

Suite des chroniques de notre ami Peter Pan. Merci à lui.

Interprètes

  • Peter Cushing (VF : Jacques Beauchey) : Sherlock Holmes
  • André Morell (VF : Jacques Berlioz) : le docteur Watson
  • Christopher Lee (VF : Bernard Dhéran) : Sir Henry Baskerville
  • Marla Landi (VF : Nadine Alari) : Cecile
  • David Oxley : Sir Hugo Baskerville (VF Bernard Dhéran)
  • Francis De Wolff (VF : Paul Bonifas) : le docteur Mortimer
  • Miles Malleson (VF : Camille Guérini) : Bishop
  • Ewen Solon (VF : Stéphane Audel) : Stapleton
  • John Le Mesurier (VF : Pierre Leproux) : Barrymore
  • Helen Goss (VF : Hélène Tossy) : Mme Barrymore
  • Sam Kydd (VF : Jean Daurand) : Perkins
  • Michael Hawkins : Lord Caphill
  • Judi Moyens : la bonne
  • Michael Mulcaster : le prisonnier
  • David Birks : le serviteur

Anecdotes

La firme Hammer est importante pour le renouveau du cinéma dit d’épouvante, elle est devenue une référence du genre. Bien que fondée en 1934 en Angleterre, ce n’est qu’à partir du milieu des années 1950 qu’elle commencera son âge d’or. A cette époque, le film d’épouvante est assez moribond et surtout à prédominance américaine. Au début du parlant, le style conquiert les foules, ce sont les premiers Frankenstein et Dracula et la silhouette de Boris Karloff ou Bela Lugosi devient familière. La Hammer décide de reprendre les personnages et les ficelles du style, tout en explorant d’autres icônes comme les momies qui reviennent à la vie ou les savants fous. Le film qui établit définitivement la réputation de la Hammer fut « Le Cauchemar De Dracula » en 1958. Le prince de la nuit ressort de son tombeau, mais il y gagne une dimension plus sexy. Ce n’est plus tellement le monstre assoiffé de sang qui suce le sang de tout ce qui bouge comme l’incarna Bela Lugosi, mais un vampire qui sait aussi se montrer charmant quand ça l’arrange et surtout séducteur avec les femmes qui se donnent à lui sans appeler leurs mamans. Le tournage en couleurs donne aussi une autre consistance à la couleur du sang. Ce film fit beaucoup pour la notoriété des deux acteurs principaux, Christopher Lee en Dracula et Peter Cushing en chasseur de vampires. Il est presque naturel de les retrouver dans le film qui nous intéresse ici, mais cette fois Christopher Lee n’effraye personne, il est juste un noble (il est réellement de descendance noble) à qui il arrive de drôles d’aventures. Ce n’est pas visible dans le film, mais la silhouette et le rôle de Sherlock Holmes sont indissociables de sa fameuse pipe, alors que Peter Cushing haïssait le tabac. Il a raconté avoir passablement souffert d’avoir souvent une pipe à la bouche.

Parmi les seconds rôles, nous retrouvons Miles Malleson (c’était déjà le cas dans le précédent), dans celui du pasteur. Il fait partie de ces excellents acteurs indispensables à la saveur d’un film. Il a tourné dans plus d’une centaine de films avec de grands réalisateurs. Avec sa première femme, il est un militant de la condition féminine anglaise avant l’heure. Son plus grand rôle reste sans doute celui du sultan dans le fameux « Voleur De Bagdad » avec Conrad Veidt, sorti en 1940, dont il est aussi un des scénaristes. Il est aussi connu pour avoir traduit Molière en anglais. Son travail fait encore référence aujourd’hui. Lors de ses funérailles en 1969, ce fut le fameux  Laurence Olivier, qui fit son éloge funèbre.

Autre second rôle dans celui du serviteur, John Le Mesurier, une silhouette que l’on aperçoit souvent dans divers films. Si vous ne connaissez pas le père, vous connaissez sûrement le fils, Robin Le Mesurier. IL fut pendant près de 25 ans, jusqu’en 2017, le guitariste de Johnny Hallyday et composa aussi quelques titres pour lui.

 

En passant

Bas nylons et une manière de s’afficher

 

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La fin de 18ème siècle vit l’invention de la lithographie par un Allemand, Aloys Fenefelder. Contrairement à ce que l’on peut imaginer, ce n’est pas un savant fou ou un chercheur scientifique, il est auteur dramatique et acteur. Confronté au phénomène de promotion de son travail, il cherche une solution pour toucher le plus de monde possible. L’imprimerie existe bel et bien, mais les moyens employés sont encore primitifs et limités, on ne dépasse pas un certain format, c’est en noir et blanc, et surtout fastidieux. Son idée est de pouvoir faire des affiches individuelles, de les imprimer et les diffuser à moindres frais, il s’y attelle. La base de l’invention est posée et en quelques dizaines d’années elle va connaître un essor considérable, on en vient gentiment aux belles affiches en couleurs qui étaleront leur charme dans les endroits publics.
Il fallait bien évidemment une utilité pour les diffuser, c’est là que la publicité fait son apparition. Elle peut couvrir n’importe quel domaine, mais le but le plus recherché est ce qui couvre les biens destinés à être vendus. Il faut également envisager de cibler la clientèle, tout ne peut pas être affiché n’importe où et n’importe comment. Une publicité pour le Moulin Rouge sera très bien sur les murs de Paris et des environs, mais n’aurait aucuns sens dans un bled perdu des Cévennes. Par contre, une affiche ventant une marque de chocolat peut couvrir la France entière s’il est disponible localement. La création de ces affiches reste un monument du dessin artistique diffusé à grande échelle. Ce sont en quelque sorte les premières bandes dessinées, qui d’ailleurs ne tarderont pas à devenir un autre phénomène, Bécassine sera une des première héroïnes de la Belle Epoque. Elle est encore passablement éditée et rééditée aujourd’hui, elle a toujours ses adeptes. Chose également intéressante, les affiches parlent, elles sont faites pour charmer la clientèle d’une époque donnée, la femme est très souvent mise en scène, mais elle peut sensiblement différer selon les canons de la beauté propres à une époque. Nous allons en admirer une quinzaine qui concernent plus particulièrement les lieux de plaisirs dans le Paris de la seconde moitié du 19ème siècle.

Vous pouvez cliquer sur les affiches pour les agrandir

1859

1861

1871

1871

1874

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1874

1874

1875

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1876

1876

1876

1876

1877

Source Gallica, B.N.F. DP

En passant

Exploration musicale en terre inconnue (4)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien par la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.

Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

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Quelques astuces pour améliorer votre expérience Youtube.

Je lis de temps en temps la presse spécialisée Internet, surtout celle un peu en dehors du conventionnel. On y trouve des trucs très intéressants, en voici un. Vous allez sans doute regarder des vidéos sur Youtube, eh ben moi aussi. Comme vous vous en doutez, nous sommes suivis et observés, mais pas trop étonnés qu’après avoir regardé une série de vidéos sur Hawaï, une pub pour des billets d’avion à prix imbattables s’affiche. Certains ont essayé de lutter contre en ouvrant leurs propres sites de vidéos, Dailymotion en est un exemple. Mais il faut bien admettre que le choix est riquiqui par rapport au concurrent. Depuis quelques temps Youtube offre des solutions sous forme d’abonnements qui vous permettent d’avoir accès à des trucs plus branchés comme des récentes séries tv et suppriment la publicité, entre autres, et c’est pas donné. Il est vrai que les publicités envahissent parfois votre écran ou coupent le clip pendant un certain temps. En bien vos misères sont finies et pas besoin d’avoir fait une école d’informatique ou d’installer 36 logiciels, vous n’avez qu’à faire un petit travail très simple que je vous explique.

Il existe une solution qui vous permet de regarder Youtube sans passer par Youtube, n’est-ce pas merveilleux ? Ce site s’appelle hooktube, il permet de voir les vidéos sans souffrir du pistage et sans les publicités.

Si vous regardez la vidéo ci-dessous sur Youtube et si vous regardez le lien vous aurez www. ensuite youtube.com et un tas de lettres et de chiffres. Si vous remplacez juste et seulement youtube.com par hook.com, vous aurez exactement la même vidéo, mais vous n’êtes plus sur Youtube. La seule exception que j’ai notée, c’est que certains  personnages ne veulent pas que l’on regarde la vidéo ailleurs que sur Youtube, et bloquent le partage, des actionnaire dans doute, des idiots certainement, alors c’est râpé mais c’est assez rare. Oui, vous allez me dire que c’est chiant de changer chaque fois les termes. D’accord, mais il existe une solution très simple, vous créez un lien hookcom dans vos favoris ou sur votre bureau et une fois sur le site, vous pouvez y rester des heures, il y a un moteur de recherche qui fonctionne très bien.  Cliquez sur le lien en dessous de la vidéo, il vous amènera sur la vidéo mais version hook.com et vous verrez exactement la même vidéo. Cliquez sur le lien encore en-dessous (celui qu’il vous faudra mettre en raccourci) et vous arriverez sur la site en page d’accueil et à vous de choisir votre programme. Elle est pas belle la vie ?

https://hooktube.com/watch?v=dnqxbdnzlhw

 

https://hooktube.com

 

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Revenons à notre programme habituel

1963 – Michel Cogoni  / Oublie qu’elle est si belle. Michel Cogoni fut avant tout connu comme un animateur, mais il essayé aussi d’enregistrer quelques disques qui n’attirèrent pas les foules. Ici en 1963, il enregistre une version vocale de l’instrumental anglais créé par les Dakotas, « The Cruel Sea ». Il s’est tué dans un accident en 1969.

1966 – Giorgio / Bla Bla Diddley. Ce disque originaire d’Allemagne fut publié en France, car il était assez accrocheur avec son gimmick facile. On ne peut pas dire que ce fut un succès. Mais derrière le nom de Giorgio se cache celui de Moroder, qui devint un compositeur et producteur au succès planétaire une dizaine d’années plus tard. Il faut bien commencer une fois, n’est-il pas ?

1965 – Sir Douglas Quintet / she’s About A Mover. En 1969, le Sir Douglas Quintet connut un succès planétaire avec « Mendocino ». Mais 3 ans avant London France avait publié un EP très rare, qui présentait leur première percée dans les chars américains avec « She’s About A Mover », qui resta totalement ignorée en France. Un clip en playback présenté par Trini Lopez.

1965 – The Trashmen / Whoa Dad. Il existe trois EP’s des Trashmen publiés en France. Leur rareté va crescendo, le troisième étant de loin le plus rare et le plus recherché, compter plus de 200 euros pour une copie en très bon état. Musicalement, c’est pas le plus intéressant bien que très plaisant.

 

1964 – Isabella Ianetti / Non Lo Faro Mai Piu. On a très souvent tenté d’essayer de nous faire connaître les chanteurs et chanteuses italiens, mais bien peu firent une carrière en France. Ce n’est surtout pas le cas de cette chanteuse dont 4 titres furent publiés par Vogue. Sans être génial, le titre que je vous propose est assez original dans le rythme.

1964 – Casey Jones & Governors / Don’t Ha Ha.  Ce fut un de ces nombreux groupes anglais qui émigra en Allemagne, afin d’y tenter de trouver le succès. Dans le cas présent, ils abandonnèrent un certain Eric Clapton, alors guitariste du groupe, qui préféra rejoindre les Yardbirds. Toutefois Casey Jones et son équipe réussirent plutôt bien dans leur patrie d’adoption, ils devinrent un groupe de premier plan. Leur premier succès fut une reprise de « Don’t Ha Ha » de Huey Piano Smith, tout d’abord enregistré pour le label Bellaphon et publié en France par President, il fut réenregistré pour leur nouveau label Golden 12 et le succès démarra. C’est cette version publiée en France par Riviera, qui je vous propose ici. L’une ou l’autre version ne connut pas de succès en France.

 

1966 – The Pebbles / Huma La La. Ce groupe d’origine belge enregistra ce titre en 1966. Il était agrémenté d’un gimminck facile a retenir. Publié sur un EP par President, ce titre ne sembla pas affoler le public français. Toutefois, le groupe connut, via Barclay, une assez bonne réputation au tournant des années 1970 avec des titres plutôt bien torchés et très dans la vague pop.

1964 – Les Volcans / Sans hésiter. Plusieurs groupes suisses tentèrent leur chance en France. Celui qui réussit le mieux fut les Aiglons et leur fameux « Stalactite ». Mais il y a aussi les Volcans, produit comme les Aiglons par Ken Lean. Viré de Barclay, il fut récupéré par Pathé Marconi et s’occupa des Volcans pour leur unique publication, sans vrai succès, de cet EP sur lequel figure cette adaptation de « All Of The Time » de Dave Clark Five. Un peu plus tard, Ken Lean produira les deux fameux EP’s de Larry Greco pour La Voix De Son Maître, prouvant qu’il avait l’étoffe d’un excellent producteur. Passé chez AZ, il se maria avec la chanteuse Katty Line et se tua dans un accident de voiture en Italie en 1971, où il relança la carrière de sa femme avec un certain succès. Sa femme, passagère, fut grièvement blessée et passa de nombreux mois à l’hôpital. Retournée en France, à part un disque en 1981, elle n’a plus donnée de ses nouvelles.

1967 – The Cryin’ Strings / Monja. Le coup du slow bien baveux avec un peu de promotion, ça marche toujours. Ce groupe allemand en fit l’expérience avec « Monja » un hit colossal dans les pays germanophones, partagé avec la version de Roland W. En France, elle connut quelques succès via l’adaptation de Peter Holm, le playboy suédois et futur mari (très brièvement) de l’actrice Joan Collins. Le disque du groupe fut néanmoins publié en France, mais qui s’en aperçut ?

1968 – Les Sauterelles / Heavenly Club. Groupe suisse qui malgré son nom francophone est de la partie germanophone du pays. On leur colla l’étiquette de Swiss Beatles, plus par le fait de leur popularité que celle d’avoir un talent égal. En 1968, ils cassent la baraque dans leur pays avec ce titre, dont la réputation déborda un peu les frontières, notamment celle de l’Allemagne et même celle des USA. Mais la France ne fit pas honneur à la seule publication qu’il existe d’eux ici et qui contient ce titre très plaisant et assez original que l’on peut déjà ranger dans la musique progressive.

1969 – Steamhammer / Autumn Song. Cet excellent groupe anglais qui fusionna plus tard avec Renaissance et le chanteur des Yardbirds Keith Relf pour former Armageddon, passa assez inaperçu en France. Le choix des titres pour les publications en 45 tours ne fut pas des plus heureux, ce qui n’aida pas trop à les faire connaître. Voici un clip pour la TV française. Si vous regardez bien, dans les public vous verrez des têtes bien connues.

1971 – Joe Frazier – If you go stay gone. En 1971, c’est le combat de boxe du siècle, Joe Frazier rencontre l’invincible Cassius Clay. Frazier remporte le match et se met à la musique. Dans un style R&B, même si les disque ne gagne pas le match en France, il faut reconnaître que ce n’est pas mal du tout.

 

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En passant

Bas nylons, un homme et un tambourin

 

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Bob Dylan est unanimement reconnu aujourd’hui comme une pièce maîtresse de la musique américaine, à ses débuts moins pour ses interprétations que comme compositeur et influence. Officiellement, il sort son premier album en 1962, la tendance est très folk et la musique acoustique. Il se recommande par ailleurs de Woody Guthrie, certainement la figure la plus légendaire du folk américain, chanteur et icône des mouvements contestataires nés dans les années 1930. Les chansons de Dylan du début sont ancrées dans cette tradition, Guthrie a souvent enregistré des chansons contenant un message, mais de  manière simple, vocal et guitare. La première chanson de Dylan à connaître un succès international fut « Blowin’ In The Wind » en 1963. Mais c’est grâce à la version de Peter Paul & Mary, et non celle du créateur. Leur version a incontestablement du charme tant musicalement qu’au niveau du texte. De plus, les harmonies vocales du trio peuvent plaire d’avantage que la voix nasillarde de Dylan. Ce succès va quand même attirer un peu plus l’attention sur le nom du créateur. On reste quand même dans le folk assez traditionnel.
Le missile qui va envoyer Dylan dans les étoiles et aussi changer son orientation musicale, viendra d’une autre des ses chansons remaniée à la sauce électrique « Mr Tambourine Man ». Au début 1965, d’une certaine manière l’Amérique succombe sous la vague anglaise, les Beatles, Herman’s Hermits, Dave Clark Five, font une concurrence d’enfer aux artistes locaux, même parfois avec des chansons 100% américaines. Un certain Jim McGuinn regarde cela d’un oeil sceptique. C’est un musicien folk accompli, il joue de la guitare, du banjo et a déjà joué avec le Chad Mitchell Trio, Hoyt Axton, mais il a sa petite idée sur la suite de sa carrière. Il monte à Los Angeles un groupe avec d’autres musiciens venus du folk, mais le but ce n’est pas de faire du folk pur et dur, mais de le mélanger avec le rock and roll. Le folk-rock était né et les Byrds également. Ils vont devenir l’un des groupes les plus influents des années 60 et susciter un tas d’imitateurs, les Turtles ne seront pas les derniers. Après quelques essais de réglages, par ailleurs très intéressants, pour le label World Pacific, dont une première mouture de « Mr Tambourine Man » tiré d’un album que Dylan vient de publier, ils sont signés peu après par Columbia. Ils remettent la fameuse chanson sur la tapis, c’est fois c’est complètement électrifié avec le célèbre petit intro à la guitare que l’on reconnaît tout de suite. Résultat des courses et succès mondial : si le disque est bien no 1 aux USA, il l’est aussi en Angleterre. Première contre-attaque américaine en terre anglaise. Même Bob Dylan remarqua la chose, ses chansons avaient l’air de plaire encore plus si on branchait la prise, ce qu’il fit. Rien que pour l’année 1965, suite au succès des Byrds, on compte au moins 20 reprises par des artistes connus.

L’original, 1965.

La version des Byrds, clip en playback, 1965.

Johnny Rivers, 1965.

Version française, Hugues Aufray, 1965.

Judy Collins, 1965.

Odetta, un peu blues, 1965.

Billy Strange, instrumental, 1965.

Beau Brummels, 1966.

Stevie Wonder, 1966.

Melanie, 1968

Le groupe Mountain avec Leslie West, superbe version, 2002.

Bob Dylan au Newport Folk Festival en 1964, alors qu’il ne l’avait pas encore publiée. Il est présenté par Pete Seeger.

Jim, devenu Roger, McGuinn en live dans les années 1990.

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En passant

Bas nylons et une traversée d’océan

Avant l’avènement de l’aviation, New York était presque un lieu incontournable pour les émigrants. Il existe bien entendu d’autres ports, mais les bateaux de passagers qui venaient d’ailleurs avaient comme principal lieu d’accostage cette célèbre ville. Les endroits réservés aux immigrants qui désiraient faire du pays leur nouvelle patrie devaient passer par un officie d’immigration, qui pouvait les accepter ou les refouler. Les arrivants étaient pour la plupart des gens à la recherche de travail, quelquefois avec un contrat de travail en poche, ce qui facilitait les démarches. A partir de 1892, on déposait les passagers à Ellis Island qui devint pendant plus de 60 ans, le premier lieu du contact avec le sol américain. Avant d’accoster, ils pouvaient admirer la fameuse statue symbole de la liberté. Dans les années 20, New York était déjà une ville tentaculaire, bâtie surtout en hauteur, mais aussi très étendue. On pouvait marcher dans une rue droite pendant des heures, sans en voir la fin. C’était sans doute un des premiers sujets d’étonnement pour les arrivants. A défaut d’y aller, la photographie permettait déjà d’en avoir une idée. C’est ce que nous allons faire avec une série d’images datant des années entre 1912 et 1936, le New York d’il y a pas mal de temps

1920 –  Rapatriement de 130 corps de soldats américains, décédés en France pendant la guerre 14-18

1920 – Woolworth building

1936 – Délassement sur un toit

1932 – En remontant l’Hudson

1923 – Match de boxe Criqui – Kilbane

1920 – La bourse et la banque Morgan

1926 – Equitable Building

1920 – Taxi side car

1919 – Le roi des Belges Albert Ier acclamé par les écoliers à Central Park

1913 – Terminus à New York

1912 – Incendie de l’Equitable, maison d’assurances

1927 – Voiture Peugeot

Sources Gallica, BNP, DP