En passant

Bas nylons et un Johnny qui devrait être bon

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Retournons au rock and roll et une de ses chansons les plus célèbres « Johnny Be Good » enregistrée en 1958 par Chuck Berry. Ce dernier a une discographie qui fait de lui l’un des chanteurs les plus créatifs du rock and roll en matière de compositeur. Le rock noir est celui qui a réussi a conquérir rapidement  le public blanc, la réciproque est beaucoup moins courante. L’avantage de Chuck Berry a sans douté été le fait qu’il a interprété ses chansons  à la manière des blancs, avec une orchestration simplifiée, guitare (s), basse, batterie, typique  des orchestres blancs. C’est un peu pour les interprètes blancs des chansons clé en main, pas besoin de remplacer un saxophone ou d’autres cuivres par un arrangement à la guitare. Vous pouvez regarder tous les groupes de rockabilly actuels, ils ne fonctionnent qu’avec des cordes, dans lequel on peut inclure le piano, instrument à cordes camouflées. Un autre mérite de Chuck Berry est d’avoir écrit des paroles qui reflétaient assez bien la vie des jeunes de son époque, aujourd’hui ce sont presque des témoignages de sociologie. La chanson qui nous occupe ici est une des premières a magnifier le rôle du chanteur qui va devenir une rock star et faire du fric avec sa guitare. C’est bien observé, car c’est un truc qui fait rêver à fond les adolescents des années 1950. Elle est et restera une des chansons les plus reprises de son répertoire. Classique incontournable, elle fait partie de ces chansons qui ont façonné le rock and roll, d’autant plus qu’elle fut un succès immédiat dès sa sortie et facilement identifiable par son intro à la guitare. Elle a souvent été parodiée, comme les Beach Boys l’ont fait dans « Fun Fun Fun ».  A noter, souvent les gens confondent cette chanson avec « Bye Bye Johnny » assez ressemblante, paroles différentes, aussi de Chuck Berry. Les Rolling Stones l’ont reprise.

L’original, 1958

Probablement la première reprise, par les Penny Rockets, un groupe australien, 1958.

En Europe, c’est en Italie que ça se passe, Little Tony And His Brothers, 1959.

Version français par les Chaussettes Noires, « Eddie Sois Bon », 1961.

Les Tornadoes, attention il s’agit ici du groupe américain qui s’orthographie à peine différemment, 1963

Johnny Hallyday, sur l’album les rocks les plus terribles, « Johnny Reviens », 1964.

Les Astronauts en live, un peu surf, 1964.

Les Beach Boys, aussi en live, 1964.

Version en réécriture, The Surfer Girls, « Draggin’ Wagon », 1964.

Jerry Lee Lewis, sur les albums Mercury, c’est tout de suite différent, 1965.

Les Liverbirds, ce fameux groupe anglais vocalo-instrumental entièrement féminin exilé en Allemagne, 1965.

On le sait moins, mais Presley l’a aussi interprétée, 1969.

Johnny Winter, 1969.

Grateful Dead, 1971.

Un inédit qui fit sensation en 1972, la reprise de Jimi Hendrix.

Une version parodique, Patrick Topaloff « Ali Sois Bon », 1977.

Une version marrante, celle du film « Retour Vers Le Furur », 1985.

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En passant

Bas nylons et ballade sur du fer

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J’ai toujours adoré les trains. Je trouve que c’est un moyen de transport pratique, confortable et qui a « de la gueule », surtout quand ils étaient tirés par des locomotives à vapeur, tant pis pour la pollution. Quand j’étais jeune, c’est à dire il y a pas mal de temps, posséder un train électrique était le must en matière de jouets. Mais à côté, le train grandeur nature était aussi un sujet d’intérêt. Coup de pot, j’habitais dans un village où il y avait une gare assez importante, puisqu’elle était le lieu d’acheminement des marchandise et arrivée ou départ des voyageurs. Cette gare servait de connexion ferroviaire pour une dizaine de villages. Autre coup de chance, le père d’un de mes meilleurs copains était un employé de la gare pour l’intendance, alors on pouvait faire un peu ce que l’on voulait, monter dans les wagons de marchandises à l’arrêt et même quelquefois monter dans les petites locomotives qui manoeuvraient les wagons. Le père du copains était un vieux râleur, mais il ne nous a jamais rien dit, sans doute un peu flatté qu’on le considère comme un personnage « important » dans la vie de la gare. J’en garde de très bons souvenirs.

Dans la seconde moitié du 19ème siècle, une sorte de fièvre s’empara des pays occidentaux, on voulait des trains partout. Evidemment à l’époque où les voitures et les camions étaient encore des moyens de transport assez archaïques, le train offrait de nombreuses possibilités. En France, c’est tout juste si l’on ne promit pas de bâtir une gare devant chaque maison. De nombreuses lignes furent construites dès que l’on en décelait la moindre utilité. Une bonne partie ne survécurent pas plus que quelques dizaines d’années. D’autres existent toujours, et encore d’autres sont à moitié hors service, servant le plus souvent de trains touristiques. Construire le chemin de fer, c’était aussi le moyen de procurer du travail à pas mal de monde. Selon la difficulté de la ligne, le besoin en hommes pouvait être énorme. Il faut bien constater que certaines constructions furent de petits chefs-d’ouvre de technique et de réalisation.  Un spécialiste m’a dit que près de chez moi, il existe le plus long tunnel ferroviaire du monde a avoir été percé à l’ancienne méthode, c’est à dire à l’explosif. C’est sans doute vrai, car il est antérieur à l’invention de la dynamite et relativement long.

Nous allons pour le plaisir et surtout pour les images, nous promener sur une de ces anciennes lignes située dans le département de l’Isère, qui n’est plus exploitée aujourd’hui.

 

En 1880 est prise la décision de relier par voie ferrée le bassin minier de La Mure à l’agglomération grenobloise, son principal client. Le plateau de la Matheysine, situé à 900 mètres d’altitude et la vallée de l’Isère, 600 mètres plus bas, ce qui rend difficile l’établissement d’un itinéraire. La rampe de Laffrey étant exclue, le tracé devait emprunter la vallée du Drac, très accidentée sur ce secteur.

Ces conditions géographiques particulièrement difficiles ont fait choisir la voie étroite (1 mètre), permettant un gabarit moindre pour les ouvrages d’art et des rayons de courbes plus petits. La ligne serait donc en correspondance avec la ligne à écartement normal la plus proche, celle de la ligne de Grenoble à Gap, qui suit le Drac depuis Grenoble jusqu’à Saint-Georges-de-Commiers.

La déclaration d’utilité publique date du 27 mars 1881 (pour la ligne principale et l’embranchement de La Motte-d’Aveillans à Notre-Dame-de-Vaulx). La construction effectuée sous la direction des Ponts et Chaussées, dure six ans et coûte douze millions de francs-or.

La nouvelle ligne, longue de trente kilomètres, comporte cent quarante deux ouvrages d’art, dont six grands viaducs et 18 tunnels dont les longueurs cumulées dépassent quatre kilomètres. Bien que le dénivelé total soit de 600 mètres, la ligne ne comporte aucune rampe supérieure à 28,5 .

L’établissement de la plateforme sous la côte de Crozet (balcon du Drac), est l’objet d’une opération unique : depuis la rive opposée du Drac, on bombarda au canon la falaise jusqu’à y dessiner une entaille suffisante pour que les ouvriers puissent y prendre pied et commencer les travaux.

 

La ligne est inaugurée le 24 juillet 1888, ouverte le , exploitée par la compagnie de Fives-Lille en traction vapeur, puis à partir de 1892 par le service des Ponts et Chaussées de l’Isère. En 1978, une société privée reprend à son compte l’exploitation du trafic voyageurs de la ligne à des fins touristiques. Le trafic du charbon continue jusqu’en 1988.

La ligne de la Mure, de Saint-Georges-de-Commiers à La Mure

La ligne a son origine en gare de Saint-Georges-de-Commiers, à l’altitude de 316 mètres, commune avec la gare SNCF sur la ligne Grenoble – Gap5. Les voies du SG-LM sont parallèles à la voie (unique) SNCF, sans raccordement ni quai de transfert.

La ligne est orientée en direction du nord, et effectue immédiatement une rotation de 180 degrés en tunnel, afin d’atteindre les collines du Commiers, qu’elle gravit par de larges boucles. La voie domine bientôt la vallée du Drac, dans laquelle le barrage de Notre-Dame-de-Commiers retient un lac secondaire. La ligne est encore et pour peu de temps, dans un paysage boisé. Après avoir contourné le plateau de Monteynard, la voie, soudainement accrochée à flanc de falaise à la sortie d’un tunnel, domine le lac de Monteynard-Avignonet de plus de cent cinquante mètres, presque à la verticale.

La ligne bifurque alors vers l’Est et entre dans le vallon de La Motte. Après avoir surplombé le « château aux trois cent soixante-cinq fenêtres », elle atteint la gare de La Motte les Bains.

 

Après avoir traversé le viaduc du Vaulx, la voie fait deux boucles complètes pour atteindre en dénivelé, les deux viaducs parallèles de Loulla Ils sont séparés par un trajet de 1,5 kilomètre, pour quarante mètres de différence d’altitude.

Entre le viaduc du Vaulx (alt. 710 m) et la gare de La Motte-d’Aveillans (alt. 875 m), distante seulement d’un kilomètre à vol d’oiseau, le tracé se développe sur plus de six kilomètres.

La liaison entre La Motte-d’Aveillans et la plaine de Susville se fait par un tunnel de plus d’un kilomètre de long (tunnel de la Festinière, altitude 925 m).

De Susville à La Mure, la voie longe les anciennes installations et les cités ouvrières liées à la mine, revenant à l’altitude de 882 mètres à son terminus.

La longueur du tracé est de trente kilomètres exactement, pour une distance à vol d’oiseau de seize kilomètres entre les deux gares terminus.

Les images sont dans le format original, cliquer pour agrandir.

Source, Gallica, BNP, Wikipedia, DP

En passant

Exploration musicale en terre inconnue (10)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1967 – Tim Hardin / How Can We hang On To A Dream. Il y a quelques chanteurs qui traînent avec eux une sorte de malédiction poisseuse. Tim Hardin est un peu de ceux-là. On connaît au moins deux chansons célèbres dont il est le compositeur et qui sont de grandes chansons. L’une « If Were A Carpenter » (Si J’étais Un Charpentier) et How Can We Hang On To A Dream (Je M’Accorche A Mon Rêve), toutes deux reprises en France par Johnny Hallyday. Elles furent surtout remarqués dans la discographie des autres plus que dans la sienne. Le personnage était assez instable, très accroc à certaines substances, il ne fit rien de plus pour promouvoir son oeuvre. Qui se souvient encore de ce bel EP publié en France par Polydor, a part ceux qui le possèdent ? Il contient ses deux pièces les plus connues.

1976 – Don Harrison Band / Sixteen Tons. Chaque époque et chaque style de musique ont un point en commun, ils transforment dans une style plus modernes quelques vieilleries. C’est le cas pour Don Harrison Band qui reprend le hit de Tennessee Ernie Ford de 1955 dans une version à la Creedence Clearwater Revival. Ce n’est pas tout à fait une coïncidence car le groupe contient deux membres de l’équipe à John Fogerty. Plutôt destiné à danser le jerk en discothèque, mais pas trop destiné à durer.

1969 – Krimson Kake / Feelin Better. Unique 45 tours français de cet obscur groupe anglais dont vous  n’êtes sans doute pas l’un des détenteurs d’un des 100 exemplaires vendus.

1963 – The Uptowns / Here She Comes Again. Le label Vogue, entre autres, fit de nombreux efforts pour publier en France les artistes américains, très souvent sans réussite commerciale. Comme les USA publiaient surtout des 45 tours simples, sortir un EP était difficile, surtout si l’artiste était débutant. Alors, on regroupait deux simples se partageant chacun une face du disque. C’est ainsi que furent publiés les Uptowns, vocalement intéressant.

1966 – The Sparrow / Tomorrow Ship. Si vous vous demandez derrière quel groupe célèbre pourrait se cacher celui-ci, je vais vous éviter un brainstorming. Il s’agit d’une première mouture du fameux Steppenwolf, deux ans avant qu’ils cassent la baraque. Evidemment c’est plus difficile de trouver celui-là que le 45 tours de « Born To Be Wild » et le prix sensiblement différent.

1971 – Sunday Funnies / It’s Just A Dream. Ce groupe a un certaine réputation pour une obscurité du garage punk. Plus tard dans un style plus pop, ils continuent d’enregistrer des trucs plus mainstream. En voici un exemple sur cet unique 45 tours publié en France. Ce n’est pas déplaisant.

1970 – Black Merda / Prophet. Sous un nom un peu irrévérencieux, se cache un groupe que le pourrait considérer comme de la pop music noire bien sentie. Signés par le label Chess pour un unique album qui vaut son pesant de cacahuètes sur marché des collectors. Existe en 45 tours et en album pour la France.

1965 W Gimmick / Let’s Go Racing. Musicalement le « Hot Rod » est un style dérivé du surf, mais qui concerne surtout les bagnoles, trafiquées de préférence. Le bruit des moteurs remplace le bruit des vagues. Démonstration publié par Polydor sur Un Ep de 1965, tout sauf courant.

1961 – Jörgen Ingmann / Apache. Avec « Apache » les Shadows volèrent un succès à son créateur, Bert Weedom. Mais la revanche ne se fit pas attendre, le guitariste de jazz danois Bert Weedom, enregistra sa version, et c’est la sienne qui fut no 1 aux USA et au Canada. Cette version n’est sans doute pas aussi prenante que celle des Shadows, mais les Américains ont parfois de drôles de goûts. Il n’en resta pas là, car avec sa femme, il remporta le Grand Prix Eurovision en 1963 avec « Dansevise » la seule chanson en danois à avoir remporté le titre.

1969 – Uele Kalabubu / Patatalo. La musique africaine n’a pénétré que par vagues en Europe, principalement avec l’appui des ethnies émigrées en Europe. Musicalement, c’est assez différent de ce que l’on fait chez nous, c’est souvent des rythmes basiques et répétitifs, de la musique pour danser et se bouger principalement. Aujourd’hui, on considère volontiers Hergé comme un raciste dans Tintin au Congo quand il fait parler les indigènes en « petit nègre ». Mais les Africains ne nous aident pas toujours, car eux-mêmes se parodient parfois dans leur musique. Voici un exemple dans lequel on aussi peut imaginer qu’ils se foutent gentiment de nous. Rions avec eux, car toute la musique moderne n’existerait probablement pas sans l’apport de l’Afrique. Vous vous voyez danser le menuet en discothèque ?

1963 – The Chantays / Wayward Nile. Voici une illustration d’un disque très connu, mais qui dans dans son édition française est d’une rareté qui frise l’obscène. C’est bien la preuve que l’on se foutait royalement en 1963 de la surf music en France. Bien sûr, il sortit ici parce que le titre principal « Pipeline » était un tube en Amérique et qu’il figure aussi sur ce disque en titre principal. Mais je vous ai choisi pour l’illustration un autre titre tout aussi plaisant.

1972 – Mogol / Hitchin’. Les groupes pop venus de la Turquie et qui ont un semblant de discographie en France sont extrêmement rares. C’est le cas de Mogol (Mogollar en turc), dont ce 45 tours et l’album (pressé par le label budget price Concert Hall), publiés en France sont assez recherchés. La musique est teintée d’orient et ce n’est pas déplaisant.

1967 – Moby Grape / Omaha. Une référence psychédélique US dont un seul et unique 45 tours, aussi rare que l’honnêteté chez les politiciens, fut publié en France. C’est très « flower power ».

 

En passant

Bas nylons et Paris jaloux de ses millions d’amants

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On est presque habitués aux dérèglements climatiques, on entend aux informations qu’il s’est passé ceci ou cela dans tel ou tel endroit, événements en liaison avec la météo. Pour ma part, je ne veux pas entrer dans la polémique sur la réalité de ce phénomène, mais comme j’ai toujours à peu près habité à la même place, j’ai remarqué que les choses n’étaient plus comme avant.  Etant depuis toujours un observateur d’orages, j’en ai vu des milliers, ils ne se déroulent plus de la même manière. Avant les orages se manifestaient par quelques coups de tonnerre plus ou moins nombreux, une pluie qui allait de la petite averse à la grosse pluie, rarement accompagnés d’une rafale de vent. les averses de grêle étaient peu fréquentes, voire rarissimes. Maintenant, un vent violent se manifeste avant ou pendant l’orage, la grêle accompagne souvent le phénomène et les pluies sont diluviennes. Très récemment, j’étais à un marché aux puces. Alors qu’il faisait très beau, pratiquement pas un nuage dans le ciel, un vent violent s’est mis a souffler renversant même des objets sur les tables d’exposition. Cela a duré cinq minutes, puis cela s’est calmé pour retomber dans un calme presque plat. Un petite brise par beau temps, c’est assez courant, mais un coup de vent aussi fort et bref alors qu’il n’y a pas de nuages dans le ciel, je n’ai pas tellement vu cela avant, sinon jamais. Je ne vais pas m’étaler sur les hivers, mais où sont les hivers où il y avait de la neige pendant trois mois ? L’hiver passé, j’ai nettoyé la neige devant la maison trois fois, alors qu’il y a 40 ans, j’aurais pu le faire au moins 50 fois. Pas de réchauffement ? Mon oeil !

Quand il est trop jaloux 
De ses millions d’amants 
Hum Hum 
Il fait gronder sur nous 
Son tonnerre éclatant 

Extrait des paroles de « Sous Le Ciel De Paris », créé pas Jean Bretonnière, avant Edith Piaf.

Ceci dit, historiquement, il est aussi arrivé que la météo se déchaîne, mais une fois tous les cinq ou dix ans et trois ou quatre fois par année, il y a une marge. Nous allons revisiter, via les vieux journaux, un de ces moments où la nature se fâche. Nous sommes en juin 1914, une grosse dizaine de jours avant l’attentat de Sarajevo, un des événements qui enclencha la première guerre mondiale, un mois et demi avant l’assassinat de Jaurès et que les canons se mettent à tonner. Ce n’est pas dans un coin perdu de la France vers Fouilly-les-Oies que le phénomène se manifesta, mais bien sur Paris, ce qui le rendit d’autant plus observable et ressenti par des milliers de gens. Il fut d’autant plus remarquable par son intensité que par sa durée. La météo du 15 juin dans les journaux annonce pour la journée un temps plutôt chaud et orageux avec quelques averses, la température devrait atteindre vingt degrés. On ne s’intéresse pas trop à météo ce jour-là, pas plus que les autres jours. L’actualité ronronne, on a toujours un oeil sur l’Allemagne, car on s’en méfie. Vers 15 heures, il commence une forte averse mélangée de grêle, le tonnerre se fait entendre et il pleut sans discontinuer. Deux heures plus tard, après une pause, la tempête, que l’on qualifiera d’ouragan, redouble même d’intensité et dure jusque vers 19 heures.

« Vers cinq heures et demie, après une accalmie, la tempête se déchaîna. Le vent calme jusque-là se mit à souffler avec une vitesse qui atteignit quarante-cinq kilomètres au sommet de la tour Eiffel. En même temps, des éclairs fulgurants zébraient le ciel les coups de tonnerre éclataient presque sans interruption. »

On mesurera des cumuls d’eau entre 50 et 60 mm au mètre carré. Il n’y a pas seulement des gens mouillés, qui ne savent d’ailleurs plus trop où s’abriter, mais les évacuations sont saturés et les rues se transforment en rivières, des trottoirs et des routes s’effondrent engloutissant des véhicules, on comptera plus d’une dizaine de morts. Un endroit est particulièrement touché, le boulevard Haussmann et la rue de la Boétie. On mettra en cause la construction de la ligne de métro souterraine qui affaiblit la résistance du sol. La presse s’empara du cette actualité pour le moins humide, bien entendu on en profita pour mettre en cause les responsables politiques pour leur manque de prévention. Par le texte et l’image en voici quelques extraits. Cliquer les images pour une meilleure vue.

Source, Gallica, BNP, DP

En passant

Bas nylons et chanson en Q

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Dans mes goûts personnels, c’est une de mes chansons de rock and roll préférées. Je l’ai pourtant découverte via deux versions et aucune des deux n’est l’originale. Je vais vous aider un peu, ces deux reprises furent faites par Johnny Hallyday et les Rolling Stones. Vous voyez un titre commun au niveau de ces discographies si vous êtes un peu spécialiste ? Eh bien « Suzie Q » en fait partie. La version originale remonte à 1957 et son créateur est Dale Hawkins. C’est aussi une de ces chansons de rock qui ne mélange pas les interprètes noirs ou blancs, ici elle est typiquement relayée par les Blancs. Ironie du sort elle fut publiée par un label essentiellement noir, Checker, sous-marque de Chess à Chicago. Elle connut un assez grand succès aux USA, mais sa popularité n’arrivera pas jusqu’en Europe, le disque ne fut d’ailleurs pas édité en Europe avant longtemps, à l’exception de l’Angleterre. En France, il fallut attendre 1965 et certainement l’influence de la version des Rolling Stones pour qu’il soit publié sur un rare EP Barclay. L’enregistrement original n’a pas été fait dans les studios Chess, mais dans celui d’une radio locale en Louisiane, avec à la guitare le légendaire James Burton, puis revendu plus tard à Checker. Ce qui posa quelques problèmes à Dale Hawkins pour les crédits de compositeurs. Il la composa sans doute seul ou avec l’aide d’un de ses musiciens, mais Stan Lewis et Eleanor Broadwater virent se glisser dans le copyright pour des raisons futiles. Le premier parce que sa soeur Susan serait l’inspiratrice de la chanson, la seconde parce qu’elle était la femme du directeur de la station de radio où fut enregistré le disque. Pour Dale hawkins ce fut son seul succès, il devra attendre la version de Creedence Clearwater Revival en 1968, pour que l’on se souvienne vraiment de lui. Mais à côté de son légendaire titre, il fut le co-directeur de Abnack records, travailla avec RCA,  et produisit nombre d’artistes connus. Il mourut en 2010, âgé de 73 ans, non sans avoir vu sa fameuse chanson officiellement consacrée comme l’une de celles qui façonna le rock and roll.

L’original, 1957, pour moi sans égal.

Bobby Vee, fut sans doute le premier à en faire une reprise, 1961.

Les Astronauts, en surf, une assez plaisante version, 1963.

Johnny Hallyday, sous le titre « Susie Lou », sur les rocks les plus terribles, 1964.

Les Rolling Stones, bien dans la tradition du son des débuts, 1964.

Gene Vincent, enregistré à Londres, ce n’est pas ma préférée, 1964

Johnny Rivers, a certainement inspiré la version de Creedence Clearwater Revival, 1965.

Les Everly Brothers, toujours au top, 1965.

Les Barbarians, reprise assez différente, publiée sur le EP français, 1965.

Ronnie Hawkins, civilement c’est le cousin de Dale, plutôt bien fait, 1967.

Creedence Clearwater Revival, sans doute la plus célèbre, 1968.

Une belle version bien trash par les fameux Stackwaddy, 1971.

Flash Cadillac, c’est la version que vous pouvez entendre dans « Apocalyse Now », 1979

James Burton, 60 ans après, c’est lui qui joue dans la version originale.

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En passant

Bas nylon et une histoire de siècle

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Il y a sans doute quelque chose de ressenti et d’un peu étrange quand on passe d’après le calendrier à une nouvelle année, ou un nouveau siècle. Il n’y a rien de spécial, c’est une mesure purement arbitraire et imparfaite pour mesurer le temps qui passe. La mécanique céleste se foutant complètement des minutes, des secondes, des années, il a bien fallu lui coller un semblant de ponctualité, on aime bien que la journée dure 24 heures pile et non 23h59 et 39 secondes comme dans la réalité. Quand l’an nouveau s’annonce, entre le 31 décembre à 23h59 et le premier janvier à 00h01, on ne deviendra ni plus con, ni plus intelligent. J’imagine que vous avez remarqué. Un changement de siècle, à de très rares exceptions près, c’est quelque chose que l’on ne vivra qu’une fois dans sa vie.
Quand le changement de siècle s’apprêta à frapper à la porte de Paris au 1er janvier 1900, il le fit à sa manière, avec éclairs et coups de tonnerre. Nul doute que certains y virent un signe, bon ou mauvais. Les optimistes pensèrent que ce nouveau siècle serait celui du progrès, les pessimistes imaginèrent que le bruit du tonnerre serait celui du canon. On ne peut donner tort ni à l’un, ni à l’autre. Mais l’esprit du vrai parisien est ailleurs, il va pouvoir prendre le métro, visiter l’Exposition universelle qui sera d’un grand retentissement. Cliquer sur l’image pour une meilleure vue.

Une petite info parue dans la presse du 1er janvier 1900, concernant la météo.

La maison Tellier a enregistré a enregistré une chanson dédiée à l’Exposition universelle.

Pour les maires de France, c’est une autre chanson. Un gigantesque banquet de plus 22000 convives les réunit dans le cadre de l’exposition. Voici le menu :

Hors-d’œuvre

Darnes de saumon glacées parisienne

Filet de bœuf en Bellevue

Pains de canetons de Rouen

Poulardes de Bresse rôties

Ballotines de faisans Saint-Hubert

Salade Potel13

Glaces Succès – Condés

Dessert

Pour les vins, 39 000 bouteilles dont 1 500 de Fine Champagne furent utilisées :

Preignac servi en carafe

Saint-julien servi en carafe

Haut Sauternes

Beaune Margaux Jean Calvet 1887

Champagne Montebello

En gros si on fait le calcul ces braves gens ont sifflé un peu moins de 2 bouteilles par personne, dont 1500 d’alcools forts. Il y a sûrement eu de joyeuses rentrés le long des boulevards parisiens, heureusement ils sont larges.

Pour alimenter le côté illustration de ce Paris 1900, j’ai choisi une sélection de photographies qui datent de cette fameuse année. Evidemment quand on recherche des documents de cette année, il y en a nombreux qui sont en rapport avec l’Exposition universelle. Ils illustrent à leur manière le sujet, que ce soit des lieux, des affiches, ou autres. Ils nous replongent dans cette époque que l’on disait belle.

Un petit film sur l’expo.

Source Gallica, BNP, DP

En passant

Bas nylons et une fille plutôt grande

 

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C’est une des plus emblématiques chansons de rock and roll, une de celles qui est interprétée indifféremment par les Blancs et les Noirs. Son créateur est bien un Noir, et justice lui soit rendue, il en fit un succès personnel avant que les Blancs l’adoptent. C’est encore et comme souvent une histoire de fille. Celle-ci a l’air d’être assez grande d’après le titre, son créateur Little Richard étant plutôt de petite taille, mais elle s’appelle Sally et a conquis le titre de « Long Tall Sally ». Elle date de mars 1956 et devient le second single à succès pour Little Richard après celui de « Tutti Frutti ». Le crédit des compositeurs est Little Richard, Enotris Johnson et Robert Blackwell et le disque est publié par le label Speciality. Ce label l’engage plus spécialement car il veut son Ray Charles ou son Fats Domino à lui. En 1956, on peut considérer que Little Richard est perçu comme une version violente du rock and roll, de plus il est Noir. Le personnage est assez fantasque, faisant souffler le chaud et le froid dans ses déclarations. Il l’est aussi sur scène, mais jamais au détriment de la musique, c’est toujours un véritable show dans lequel il s’amuse avec le public. Dans une sorte de réponse, on fait enregistrer juste après une version de la chanson par Pat Boone, un mec qui a un peu plus l’air d’un gars tranquille, du moins sur les enregistrements, et surtout c’est un Blanc. Elle connaît aussi un bon succès, mais 60 ans après peu de gens se souviennent qu’il l’a aussi enregistrée. Suivra la même année la version d’Elvis Presley, le départ d’une suite ininterrompue d’innombrables reprises dont j’ai sélectionné celles d’un intérêt particulier. Je me suis limité à un choix drastique.

L’original, 1956.

La version de Pat Boone, 1956.

Elvis Presley, version bien blanchie sans cuivres.

Wanda Jackson, la seule, la vraie, à faire pâlir le précédent, 1958.

Carl Perkins, le moins connu de plus connus, 1958.

Little Gerhard, c’est un Suédois, probablement une des premières versions enregistrées par un Européen, faux live et encore un rock à la Bill Haley, 1959.

Vince Taylor & Playboys, toujours très sensuel, 1961. Il l’a réenregistrera en 1965.

Rocky Volcano, première adaptation française « L’oncle John » aussi repris par les Vautours, El Toro & les Cyclones, Eddy Mitchell.

Eddie Cochran, version publiée 2 ans après sa mort, c’est assez bien vu, Le vocal n’est pas sans rappeler celui de Carl Perkins, 1962.

Les Kinks, premier disque, très originale reprise, 1964.

Gene Vincent en live à Bruxelles en 1963, accompagné par les Sunlights. Quelle ambiance ! Il en fera aussi une version studio en 1964 en Angleterre.

Les Beatles, une des plus belles versions. A l’époque elle parut sur un EP spécialement dédié, 1964.

Les mêmes, enregistré en live en Suède en octobre 1963, c’est donc antérieur à la version studio, mais le document est intéressant.

L’adaptation de Johnny Hallyday pour son album les rocks les plus terribles. C’est du rock très sixties. il en fera une autre adaptation.

Jerry Lee Lewis, grand interprète, au cours d’un show Shindig, 1965. Il existe plusieurs versions de ce titre dans sa discographie.

La version du groupe Jamul, version très spéciale, presque une réécriture 1970

Cactus, là on est dans la pop, 1970.

Scorpions sur l’album « Tokio Tapes » le hard rock porte bien son nom.

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