En passant

Exploration en terre musicale inconnue (23)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1972 – Hard Horse / Let It Ride. Chanteur peu connu enregistrant pour Dart, à l’époque le même label que les Swinging Blue Jeans. Son disque sortit dans plusieurs pays, mais resta bien en retrait.

1964 – The Honeycombs / Colour Slide. Après avoir partagé un EP avec les Kinks (You Really Got Me), les Honeycombs ont une seconde et dernière publication en France avec un EP assez rare qui tente de capitaliser un succès aussi fort que leur précédent hit « Have I The Right », no 1 en Angleterre. Même si le groupe a une belle originalité pour l’époque, celui d’avoir une fille à la batterie, le chant du cygne n’est pas loin. Ce sera aussi celui de leur producteur Joe Meek, dont c’est le dernier groupe à lui fournir un numéro 1. Assez marrant de constater que sur la première pochette, le texte du verso leur attribuait un avenir pour le moins assuré et présentait à peine les Kinks. Et pourtant, de qui parle-t-on maintenant comme groupe mythique ?

1963 – The Hurricane Strings / The Mexican. Je crois avoir été le premier à signaler l’existence de ce disque chez les spécialistes, du moins d’avoir pris la peine de le faire. Un groupe instrumental venu de Hollande, encore presque des adolescents. Une bonne reprise de « The Mexican » des Fentones repris aussi par les Fantômes en France. Un disque peu visible.

1961 – The Lettermen / The Way You Look Tonight. Un trio vocal américain plutôt versé dans la chanson romantique. Ils sont assez populaires aux USA, mais ne franchissent pas vraiment les frontières françaises. Un titre enrobé de sirop.

1965 – Roberta Mazzoni / Ho Sofferto Per Te. L’heure italienne de la semaine, une autre tentative sans succès d’essayer d’imposer ici une chanteuse italienne au moment où elle bénéficie d’une notoriété dans son pays. Pour une fois cela n’a rien à voir avec San Remo.

1962 – The Orlons / (Dance With The) Guitar Man. Un de ces groupes noirs dont les publications françaises sont très recherchées des collectionneurs, souvent pour de belles pochettes. On peut se souvenir qu’ils ont donné un No 1 aux Searchers, qui exploitèrent une de leurs faces B « Don’t Throw Your Love Away ». Souvent ces groupes étaient cantonnés dans un style doo wop ou r’n’b qui leur était propre, mais parfois ne dédaignaient pas aller faire un tour dans le répertoire blanc. Ici, on est très étonné de trouver une reprise d’un titre connu de Duane Eddy, qui n’est pas étranger aux débuts du surf.

1967 – Rochereau / Laisse-toi Aimer. Tabu Ley Rocherau aussi appelé Le Seigneur Rochereau est un chanteur congolais connu pour avoir été l’initiateur d’un style de musique qui mélange diverses origines africaines, cubaines, latines. Il est parait-il, le père de 68 enfants, mais tout autant prolifique en musique. Durant les sixties la musique africaine était très confidentielle et plutôt prisée par la communauté noire. Mais le vent a tourné et il y a maintenant toute une demande pour ces vinyles pressés un peu n’importe où et parfois n’importe comment, un peu comme ce fut le cas pour la période jamaïcaine de Bob Marley et le reggae. En 1967. date de cette publication on peut y voir une sorte de pop africaine.

1966 – The Swinging Blue Jeans / Rumours, Gossip, Words Untrue.  Des quatre EP’s publiés en France, celui-ci est le plus rare. En 1966, les SBJ sont toujours à la recherche d’un nouveau tube. Sans doute encouragés par leur reprise de « Don’t Make Me Over » de Dionne Warwick qui les vit réapparaître dans les fonds des classements, EMI-France y va de cette publication en mettant en grosses lettres ce titre, une reprise des Knickerbockers. Dommage, car il avait un potentiel commercial certain.

1972 – Paul Brett’s Sage / Custom Angel Man. Un des ces groupes britanniques qui connut une certaine notoriété en France vers 1970 avec son premier single édité ici. La suite est plus confinée à l’anonymat, comme ce troisième et dernier single qu’on est loin d’apercevoir partout.

1968 – Linda Thorson / Here I Am. Mais oui c’est bien la Tara King de la série télévisée « Chapeau melons et bottes de cuir ». Comme c’est souvent le cas, on profite de la notoriété d’un artiste pour essayer de l’imposer dans un autre domaine. Que ce disque aie eu du retentissement à l’époque, je me rappelle que je ne m’en souviens pas.

1964 The Dave Clark Five- The Ravens / You Know It All The Time / I Just Wanna Hear You Say. De temps en temps il arrivait que l’on couple deux artistes sur un EP. Voici un cas avec un disque assez rare qui présente Dave Clark Five sur une face. Avant de signer chez EMI et connaître la gloire Dave Clark avait produit quelques titres, il sera toujours son propre producteur, pour son groupe Dave Clark Five, publiés vers fin 1962 sur le label Picadilly. Une fois la gloire venue, ils resurgiront dans de nombreux pays dont la France, ici sur le label Palette en 1964. Sur l’autre face, on trouve les Ravens, obscur groupe anglais qui enregistra juste un single pour le label Oriole en 1964, avec à l’instar des Honeycombs, une fille à la batterie. Le titre proposé est un assez bel exemple de british beat, c’est à dire tout ce qui s’inscrivait dans la lignée des Beatles. Un petit film, sans doute tourné à des fins documentaires présente le groupe chantant en playback, et l’on voit la technique de pressage d’un vinyle. Retrouverce genre de truc est un vrai bonheur.

Dave Clark Five

The Ravens

1963 – Doug Sheldon / Live Now Pay Later. Chanteur, écrivain, et acteur anglais au succès modéré. Il enregistra en français deux titres dont une version de « Parce Que J’ai Revu Linda » assez banale, et en concurrence avec d’autres versions dont celle de Mr Smet. Publiés sur son second EP, il contient sur l’autre face un titre beaucoup ambitieux musicalement que je vous propose ici. C’est un autre de ces disques pas facile à dénicher.

 

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En passant

Bas nylons et dames particulières

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L’art de manier une guitare n’est pas un truc exclusivement masculin. Souvent dans l’ombre des mâles, ces dames peuvent rivaliser voire ridiculiser nombre de leurs collègues masculins. En voici une sélection dans divers styles. Admettons quand même qu’une belle dame qui joue de la guitare, c’est quand même plus sensuel que Keith Richard avec une barbe de trois jours et une clope au coin du bec, ce qui n’en diminue pas son talent, la musique est aussi faite d’images.

Erja Lyytinen, blues woman

Chantel McGregor, un Anglaise au top

Joanna Connor, incroyable

Tina S 17 ans, du Beethoven revisité

Ayla Tesler, une Canadienne de 15 ans

Alexandra Whittingham, un Anglaise très classique

Eva Kourtes, 16 ans

Tash Wolf

Ayla Tesler-Mabe

Sophie LLoyd

Alexandra Zerner

Eliana Cargnelutti

Nita Strauss aussi guitariste avec Alice Cooper

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Exploration en terre musicale inconnue (22)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1966 – Manfred Mann / Bring It To Jerome. Parfois les maisons de disques sortent des disques sans trop savoir pourquoi. C’est le cas de ce single pratiquement invisible, publié probablement en 1966 avec un titre déjà ancien, mais surtout en face B la reprise de ce titre de Bo Diddley. Je n’ai jamais trop aimé la face commerciale de Manfred Mann, mais par contre les albums et les faces B recèlent des trucs dont je me suis régalé.

1963 – Walter Hensley / Walt’s Breakdown. Publication assez confidentielle de ce joueur de banjo américain, dont quatre titres sont réunis sur cet EP publié par Capitol. Le folk traditionnel à cette époque n’était pas très prisé du public français. Il préférait nettement qu’il guigne vers la variété.

1974 – Abba / Waterloo. Beaucoup de gens connaissent ce disque, mais peu ont celui-ci. Il s’agit de la fameuse chanson mais chantée en français, tout le monde ou presque acheta la version anglaise. Evidemment au marché des collectors c’est du 1 contre 100. Par ici la monnaie.

Bonus ABBA. Ce disque n’est jamais paru en France, mais si voulez voir Benny Anderson (c’est l’organiste), quelques années avant Abba. Il est membre des Hepstars, le groupe le plus populaire en Suède au milieu des sixties. Ils reprennent la fameuse chanson des Renegades (réécriture de « Brand New Cadillac » de Vince Taylor), « Cadillac » dont ils firent un succès personnel local.

1968 – Jackie Lomax / Sour Milk Sea. Pour ceux qui collectionnent toutes les éditions françaises des choses en connexion directe avec les Beatles, ils ne pourront ignorer celle-ci. C’est une des quelques tentatives que le groupe fit pour produire des artistes sur leur label Apple. Ils ont participé à l’enregistrement du premier album, sauf John Lennon, Eric Clapton fait aussi une apparition. Malgré le fait qu’il s’agisse d’une composition de George Harrison, la face principale de ce single qui sonne très Beatles période 68-69, ne rencontra que peu de succès. On peut gager qu’elle en aurait eu beaucoup s’ils l’avaient enregistrer eux-mêmes. Elle ne manque pas d’attraits.

1960 – Charles Mingus / Blue Cee. En 1960, ceux qui en avaient marre d’écouter Sydney Bechet ou Claude Luther, devaient trouver la musique de Charles Mingus  plutôt innovatrice. Il est clair que les années 50, via des labels comme Blue Note, appuyèrent sur l’accélérateur pour un jazz explorant de nouvelles routes. Mingus et sa contrebasse furent une de ces influences et pas la moindre. Evidemment toutes les publications en 45 tours de cette époque sont des pièces de musée, et le prix d’entrée pour les admirer parfois conséquent. Il n’y a pas si longtemps, un jeune de 18 ans, m’a remercié de lui avoir trouvé un vieil album de John Coltrane, il trouve cela génial.

1964 – Ian & Sylvia / You Were On My Mind. Une chanson dans sa version originale que tout le monde connaît ici, bien que ce disque publié par Amadeo en France ne vous dise pas grand chose. Il fallut la reprise par le groupe We Five aux USA pour qu’elle devienne un hit international et un no 1 aux USA dans une version remaniée. En Angleterre ce fut via la version de Crispian St Peters qui se classa no 2. Et puis Joe Dassin en fit « Ca M’Avance A Quoi? » Ah vous voyez que vous connaissez…

1970 – Captaine Beefheart & Magic Band / Pachuco Cadaver. Il est certain que publier un single de Captain Beefheart était une opération financièrement suicidaire. On en publia néanmoins deux. Bien que j’aime le bonhomme, je reconnais volontiers que c’est pas accessible à la première écoute et peu de chances d’en faire un no 1 auprès des minettes qui se gargarisaient de Michel Delpech é l’époque. Enfin le voici quand même.

1965 – Beppe Cardile / L’Amore E Partito. Le Festival de San Remo est un des haut lieux de la soupe musicale populaire en Italie. Le seul fait intéressant, c’est que des artistes étrangers s’y produisaient, on vit défiler Gene Pitney, les Yardbirds,  Dusty Springfield (éliminée dans les sélections c’est vous dire), Petula Clark, Antoine qui démarra avec une certain succès un carrière en Italie, et j’en passe. Au pifomètre, la France éditait l’une ou l’autre de ces chansons finalistes, espérant que le charme italien opérerait. Pour Beppe Cardile, le charme n’opéra pas.

1971 – Day Of Phoenix / Deep Whitin A Storm. Un groupe pop danois qui a un acquis une petite réputation auprès des collectionneurs. Difficile de trouver une copie de ce single en version française.

1971 – The Dillards / It’s About Time. Un groupe pas totalement inconnu du public français observateur. Vogue avait en effet publié un album vers 1964 dans la série « Folklore USA ». Officiant essentiellement dans le bluegrass, cette forme de folklore américain exclusivement blanche. Au tournant de 1970, ils ont un bon succès d’estime avec un album intitulé « Copperfields », dans un style assez différent, le folk a beaucoup évolué et s’est électrifié. Sur ce single publié en France, on est plus proche de la musique des Byrds ou Crosby Stills Nash, qu’une énième version de « Tom Dooley ».

1966 – Los Pekenikes / Sombras Y Rejas. Groupe principalement instrumental espagnol, populaires chez eux, mais les Pyrénées restent un redoutable obstacle à franchir, ils sont pratiquement inconnus ici. Barclay ayant le monopole de la distribution française pour Hispa Vox, il publia 4 EP’s qui tiennent un peu du disque invisible. Sur l’un d’entre eux, on trouve la reprise à la Shadows du morceau de bravoure pour guitaristes classiques, le fameux « Asturias » d’Albéniz rebaptisé « Sombras Y Rejas ».

1963 – Cozy Cole / Big Noise From Winnekta. C’est le disque typique que vous connaissez. A moins d’être un connaisseur, peu de gens sont capables de citer l’interprète, et encore moins d’acheter le disque. Ce morceau de jazz apparu dans les années 1930, fut relancé en 1963 par le batteur Cozy Cole. Idéal pour faire le joint à la radio entre deux émissions, il fut néanmoins repris en version chantée par Eddy Mitchell et Nancy Holloway « Quand Une Fille (garçon) Me  Plait ».

En passant

Bas nylons et photos oubliées

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Aujourd’hui, quand on se plonge dans le rétro musical, les journaux ou livres qui en parlent nous montrent souvent toujours les mêmes photos. Pourtant si un artiste a connu une certaine notoriété, il en existe de nombreuses qu’on ne voit jamais. Les magazines anglais ou américains étaient bien évidemment beaucoup plus nombreux que ceux qui existaient en France, de loin dominé par Salut Les Copains dans la première moitié des sixties. Alors, ces magazines envoyaient leurs pigistes faire des reportages sur les célébrités du moment d’où une pléthore de photos prises ici ou là, mais la plupart du temps autres que celles fournies par les agences de presse des maisons de disques.  Mon propos dans cette article est de vous présenter une série de ces photos, la plupart parfaitement inconnues pour moi. En dessous, j’ai posté un clip musical de l’artiste concerné, mais par forcément le plus connu, mais qui mérite un détour. Le but est aussi de vous faire découvrir de nouvelles choses, car la carrière de artistes ne s’arrête pas à un ou deux titres connus. Tous les artistes énumérés ont eu leur heure de gloire, pour certains ces heures se sont transformées en années.

Walker Brothers

Jet Harris % Tony Meehan (ex Shadows). Le clip est couplé avec un titre de Jet Harris en solo.

Les Beatles

Dave Clark Five

Brian Poole & Tremoloes

Les Merseybeats

Les Beach Boys

The Overlanders

Les Nashville Teens

Les Byrds

Les Applejacks

Les Zombies

Roy Orbison, Marianne Faithfull

Les Moody Blues

Heinz

Les Searchers

Les Fortunes

Dusty Springfield

Helen Shapiro

Cilla Black

 

En passant

Exploration en terre musicale inconnue (21)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1967 – Golden Hands / Mirza. Durant les sixties, les maisons de disques regardaient vers l’étranger pour dénicher des artistes qui avaient le potentiel de marcher sur le plan national ou satisfaire les immigrés locaux. Ce fut pas mal le cas pour l’Italie qui avait un nombreuse colonie d’origine italienne. On tenta aussi l’Espagne avec des groupes comme Los Brincos, qui firent des tubes ici notamment « Flamenco », les Pop Tops,  » Oh Lord Why Lord », « Mammy Blue » et moins connus Los Canarios. Le Maroc ou l’Algérie étaient des candidats possibles, spécialement le premier. On vit ainsi quelques chanteurs qui se firent connaître en France, notamment Vigon, bon chanteur de rock et de soul. En 1967, Barclay publia le premier disque d’un groupe de Casablanca, Golden Hands. Pour leur premier essai, ils reprirent en arabe le titre de Nino Ferrer « Mirza ».

1968 – Leroy Holmes / The Good, The Bad And The Ugly. L’avènement définitif d’Ennio Moricone comme célèbre compositeur se fit un peu par la tranche, quand Hugo Montenegro, un chef d’orchestre américain, eut un hit international avec sa version du thème de « Le Bon, La Brute Et Le Truand » composée par Morricone. Par la suite ce sont principalement ses créations et versions qui remportèrent le pompon au détriment d’autres reprises qui furent faites. Souvent quand des titres instrumentaux connaissent le succès, les reprises sont nombreuses et souvent en compétition avec celle qui a obtenu le succès. Voici un exemple avec cette histoire de brute, une de ces reprises publié par une maison concurrente.

1968 – The Beau Heems / When I Get Home. Groupe de Floride très peu connu dont cet obscur single a été publié en France. Il ne s’agit pas d’une reprise des Beatles, désolé Cooldan, mais d’une création maison qui est assez inspiré du style des Doors. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on peut avoir envie de le mettre dans sa collection.

1969 – Love Sculpture / Farandole. Après avoir obtenu un certain succès avec « La Danse Du Sabre », Love Sculpture s’attaque à la « Farandole » de l’Arlésienne de Bizet. Même si ce disque est plutôt resté dans les bacs, il est prétexte à une formidable démonstration à la guitare du fameux en devenir, Dave Edmunds. Le classique comme ça, j’aime !

1959 – The Isley Brothers / Shout. Les Isley Brothers avec les Coasters et les Drifters, eurent un énorme influence sur la musique à venir dans le style R&B. L’un de leurs plus célèbre titres « Shout » fut publié en France sur un EP, ceci même avant que le Johnny national fasse son apparition, titre qui figurera d’ailleurs sur un live à l’Olympia comme fond musical. J’imagine que peu de gens cassèrent leur tirelire pour en acheter une copie. C’était pourtanz assez précurseur.

1966 – The Innocence / Mairzy Doats. C’est parfois assez visible, quand une maison de disques a un groupe à succès, elle essaye de lancer d’autres artistes dans le même style. The Innocence fit partie du label Kama-Sutra, le même que les Lovin’ Spoonful, et on ne peut pas dire que ce soit radicalement orienté dans une autre direction. Publié en France sur un EP distribué par Polydor. Je ne l’ai pas souvent vu dans les conventions.

1960 – Hikaru Hayashi – L’Ile Nue. Un de ces disque que l’on peut dénicher parfois dans les puces pour trois fois rien, ce qui fut mon cas. C’est une bande sonore puisqu’il s’agit d’un film japonais, bien sûr la musique suit le reste. Ce film est un véritable chef d’oeuvre pour cinéphiles. Il ne contient aucun dialogue, juste les sons et la musique. On suit la vie pénible d’une famille qui habite sur une  petite île. Leur travail principal consiste d’aller chercher de l’eau sur une autre île pour irriguer leur terres où poussent quelques pauvres légumes. Ce n’est pas un documentaire, mais sans doute le film le plus universel que j’ai jamais vu, du fait que tout se passe dans les regards et les attitudes. Les paysages sont splendides, parfois perdus dans brumes lointaines comme les Orientaux savent les vénérer. Du grand art et une belle musique. Frida Boccara et d’autres interprètes français en ont fait une version chantée.

La version de Frida Boccara.

Petite anecdote. James Ollivier, un chanteur poète assez peu connu a enregistré en 1963 une chanson qui s’intitule « L’île Lointaine ». Je me demande si ce n’est pas très inspiré de la chanson précédente. Le titre et certains passages mélodiques ne me semblent pas tomber du ciel. Quoiqu’il en soit, c’est une très belle chanson.

1961 – The Hunters / The Storm. Groupe anglais lancé dans le sillage des Shadows dont un seul EP assez confidentiel fut publié en France. Sur ce disque on trouve un titre assez intéressant, car il contient quelques effets spéciaux sonores, du style de ceux qui n’étaient pas très courants en 1961. C’est ce titre que je vous propose.

1963 – Los TNT / El Porompompero. Trio originaire de l’Uruguay, recentré sur l’Espagne vers 1962. Le nom du groupe vient, non pas d’une admiration pour la musique explosive, mais des initiales des prénoms des membres qui sont par ailleurs frères et soeur.  Plutôt à tendance folk, ils nous présentent ici une version assez rock d’un célèbre classique hispanophone, que l’on trouve sur leur unique EP français.

1966 – Sam The Sham & The Pharaohs / The Hair On My Chinny Chin Chin. C’est un bel exemple d’artistes qui vendent des millions de disques pour un titre (Wooly Bully), et qui retournent après dans un semi-obscurité. Sam Samudio et son équipe gardèrent aux USA une belle popularité qu’ils furent loin de maintenir en France et ailleurs. Au fil des parutions, les disques se vendent de moins en moins ou plus du tout. C’est le cas pour ce dernier EP paru en France, nettement moins visible que les précédents.

1968 · The Shamrocks / Travelin’ Man. Parmi plusieurs groupes qui portent ce nom, il s’agit ici des Suédois. Assez populaires en France grâce à leurs deux versions de « Cadillac » empruntées aux Renegades, les autres publications furent plus confidenteilles. En 1968, Polydor fait une ultime publication avec un single qui contient ce titre en face principale, elle ne fut pas couronnée de succès.

1965 – Del Shannon / Move It On Over. Malgré qu’il soit l’un des grands chanteurs et compositeurs américains de la première moitié des sixties, la France ne réussit pas tellement pour Del Shannon sur un plan d’interprète, malgré une discographie assez abondante. Par contre un bon nombre de ses titres furent des succès pour ceux qui firent l’adaptation d’un titre ou l’autre. Les Pirates, Sylvie Vartan, Frank Alamo, Eddy Mitchell, Richard Anthony, Dave, font partie du lot. En 1965, sur un EP Columbia peu visible, on peut trouver ce titre assez innovateur dans sa discographie.

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En passant

Bas nylons et des mensonges qui cartonnent

1965 fut une année remarquable en musique, sans doute une des meilleures du siècle. On assiste à une révolution musicale importante. C’est un peu une charnière entre l’ancien et le nouveau monde. Ce n’est évidemment pas quelque chose qui commence le premier janvier, il y a des prémices. Le rock and roll a marqué les années 1950, la musique noire n’est plus tout à fait rangée à l’intérieur d’un ghetto, le blues commence à marquer les esprits blancs. Les teenagers se reconnaissent de plus en plus à travers leurs idoles, la musique devient le centre de leurs intérêts. Les Beatles ont conquis le monde entier, c’est la première fois qu’un groupe le fait de manière durable, il y a des émeutes partout où ils passent. Ce qui va marquer 1965, c’est l’évolution vers une musique qui se veut pensante, on ne fait plus essentiellement que de la musique, mais on recherche des nouveaux sons, on explore de nouvelles tendances. Là encore il y a des prémices, les Rolling Stones, les Yardbirds, les Who, commencent à intéresser les amateurs de sensations un peu plus fortes. Avec « My Generation » les Who ont un hit avec une chanson peu conventionnelle, plus une suite de débauche instrumentale et vocale, qu’une mélodie pour sérénade. Cinq ans plus tôt, un tel truc était impensable, aucun producteur n’aurait mise un centime pour produire un disque pareil.  Les Yardbirds ont introduit le clavecin dans leur premier hit « For Your Love », sans que personne ne s’en rende compte, tellement c’était bien trafiqué. Même la face B, l’instrumental « Got To Hurry » est à mille lieues de ce qu’aurait pu imaginer un fan des Shadows. Aux USA, cela bouillonne aussi, les Byrds électrifient le folk, dans les studios on prépare le lancement des première fusées pyschédéliques, la soul music ne va plus être une musique essentiellement noire. Depuis 1963 l’Angleterre mène le bal, de par la domination des Beatles, les artistes sujets de la reine ont une préférence au niveau international. Ironie du sort, c’est parfois avec des chansons crées par des artistes US qu’il accaparent le succès. L’Amérique n’est toutefois pas dans un silence radio complet, quelques artistes arrivent à briser le silence. Des Beach Boys à Roy Orbison ils arrivent à se faire entendre, mais dans l’esprit du citoyen pas trop branché, ils sont des artistes anglais. Les Ricains vont même mettre un embargo, pour qu’un artiste anglais se produise aux USA il devra y avoir une contrepartie anglaise pour un artiste américain, c’est dire si la situation est tendue.
C’est en 1965 que la tendance va s’inverser, les Américains commencent à renverser la vapeur, les Byrds, les Righteous Brothers, Del Shannon, accaparent les places du hit parade anglais. Les plus marioles imitent le style anglais pour se faire un nom. Des groupes comme les Beau Brummels captent assez bien ce style et auront une consécration nationale et dans une moindre mesure internationale. Une des plus belles démonstrations dans ce genre, souvent citée en exemple, reste le fameux « Lies » propulsé par les Knickerbockers et qui s’inspire fortement des Beatles.
Le groupe fut formé en 1962, mais n’enregistrent rien avant 1964. Ce n’est que l’année suivante que leur fameuse chanson, un original composé par deux membres du groupe Beau Charles et Buddy Randell, devient un hit national publié par le label Challenge. Il sera publié internationalement et sera très populaire dans plusieurs pays, je me souviens de l’avoir entendu sur les radios françaises. Ce sera leur seul véritable succès. Le groupe se sépara, mais il se reforma plusieurs fois pour divers concerts. La batteur Jimmy Walker, doué d’une belle voix, remplaça Bill Medley dans le duo des Righteous Brtothers en 1968.

L’original, 1965.

Première cover par la fille de Frank Sinatra, bien vocalement, mais de loin pas aussi intéressant instrumentalement que l’original, 1966.

Un gag en montage, comme si les Beatles avaient vraiment enregistré ce titre, on s’y croirait.

Un autre fils de star, celui de Jerry Lewis, Gary Lewis et ses Playboys, 1966.

La version française de Ronnie Bird « Cheese », un des très bons adaptateurs de l’époque yéyé, 1966.

The T-Bones,, le goupe US instro célèbre pour une pub sur les aspires, existe aussi par les Ventures.

Une première version tendance hard rock par Styx, 1974.

Linda Ronstadt, 1982.

The Delmonas, 1985.

Kel-Ann Brandt, c’est une Australienne, 2003.

The Strangers, version acoustique entre copains, 2013.

Une orchestre US d’animation pour fêtes, bonne reprise, 2016.

Les Sonomatics, groupe nostalgique du garage punk, reprise nerveuse, 2016.

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En passant

Bas nylons et fin d’année plaisante pour certains.

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La semaine passée je vous avais proposé de visiter les no 1 USA au Cashbox le jour de Noël, un assez joli cadeau pour l’artiste. Nous allons répéter cet exercice mais pour le hit parade anglais, a savoir qui est no 1 le 1er janvier, un façon assez plaisante de commencer l’année. Nous visiterons cette liste de 1955 à 1970. La situation est un peu différente, l’Angleterre entre 1955 et 1960 est encore musicalement assez conservatrice. Le rock and roll démarre un peu plus tard, mais à part Tommy Steele qui sert de détonateur en 1956, il n’y a pas une pléiade de stars comme aux USA très orientées rock. Il faudra attendre Cliff Richard en 1958 pour que les choses bougent vraiment. Malgré tout son passage dans le pur rock and roll est assez bref. Le seul grand rocker anglais restera Johnny Kidd, mais sa renommée sera immensément plus grande que sa longévité en terme de succès. Bien sûr à partir de 1962, l’Angleterre va conquérir le monde, la fameuse British Invasion.

1955

1956

1957

1958

1959

1960

1961

1962

1963

1964

1965

1966

1967

1968 (cela ne change pas trop des Beatles puisque le frère de Paul McCartney est dans ce groupe)

1969

1970

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