Des oiseaux revisités

Les Yardbirds furent un des quelques groupes parmi les plus innovateurs des années 60. Pas étonnant que l’on retrouve leurs titres dans un tas de covers versions, il y en a des centaines. Pour cette séquence, j’ai choisi quelques titres  issus de leur répertoire original dans des reprises qui illustrent, pour le meilleur et pour le pire, que leurs chansons peuvent s’adapter à différents styles.

Celle-ci c’est certainement la chanson des Yardbirds qui tient le records de vues sur Youtube, quelques chose comme 188 millions de vues. Pourtant si vous cherchez « When I Grow Up » dans la discographie des Yardbirds vous ne le trouverez pas. Le titre original est « He’s Always There » et pour le titre des Pussycats les paroles et le titre ont été changés. Toutefois cela ne s’est pas fait en douce, les royalties ont été normalement distribuées aux compositeurs originaux.

Originalement « Still I’m Sad » est un chant grégorien composé par le même duo que « He’s Always There ». Cette fois c’est tourné en hard rock et le résultat n’est pas si mal. Ce n’est pas la première tentative du genre. Il fut repris par Boney M en version disco et Richie Blackmoore et son groupe Rainbow.

Résolument adaptée dans un style moderne « Heart Full Of Soul » y perd ici le charme de l’original, mais la mélodie est bien distincte. Vocal bon, reste assez vite chiant.

Une idée plus originale, le plus grand tube des Yardbirds, en version rockabilly. C’est pas mal.

Pour moi « Evil hearted You » est une de mes préférés des Yardbirds. Chanson sinistre, poisseuse, angoissée, autant par les paroles que par le son. Le version de Lynda Lunch respecte cette ambiance, mais le son est résolument plus contemporain. Je dois dire que j’aime bien.

Pour « Shapes Of Things », il ne fallut pas plus de deux ans pour en faire une version très revisitée. C’est Jeff Beck, lui-même qui l’enregistra sur son album « Truth ». C’est Rod Stewart aux vocaux.

C’est également très ancien, datant de 1967. Une version de « Over Under Sideways Down » à la manière d’un big band. Intéressant.

La chanson « Happenings Ten Years Time Ago » est parmi les plus ambitieuses que les Yardbirds aient enregistrées. Ici la version du guitariste Tod Rundgren, assez inclassable, un peu hard rock, un peu à la manière d’un guitar hero.

Revenons à « For Your Love » dans une version plus classique enregistrée par Greg Sage, guitariste des Wipers. L’intéressant, c’est sa manière typique de jouer de la guitare avec laquelle il obtient ce son qui est sa carte de visite.

Un autre reprise de « Heart Full Of Soul », cette fois-ci par un groupe américain peu connu de la fin des années 60. C’est l’illustration sonore parfaite de ce qu’une équipe de musiciens à tendance progressiste étaient capable de faire en réécrivant presque une chanson connue. Entre psychédélique et jazz rock, c’est assez ambitieux.

En fin de compte, rien de mieux que le groupe original. Un clip assez rare pour la TV US qui montre la fameuse formation avec les deux guitaristes solistes, Jeff Beck et Jimmy Page. C’est du playback, mais j’ai été bien étonne de trouver ce clip et je crois que je ne suis pas le seul.

Pour terminer ce petit hommage aux Yardbirds, reportons-nous au temps présent avec le dernier album en solo du batteur, Jim McCarty, qui est plutôt du genre agréable, très intimiste. Avec les Yardbirds, il se confine au rôle de batteur et occasionnellement chanteur. Mais dans ses réalisations en soliste, il joue aussi des claviers, de la guitare, et bien sûr chante. Ce clip vous le montre d’une manière assez marrante, derrière sa guitare et dans la vie courante. Comme je le connais depuis bientôt 30 ans, je retrouve avec un certain plaisir ses attitudes quand il n’est pas sur scène, sa manière de rire, son regard, sa démarche.  Il vient d’ailleurs de publier ses mémoires. A bientôt Jim !

 

Versions doublées…

Nombre de chanteurs ont enregistré dans une langue qui n’est pas la leur, souvent en n’ayant aucune notion de la langue dans laquelle ils chantent. Voici quelques uns de ces artistes qui tentèrent le coup avec plus ou moins de réussite.

Aux seigneurs les honneurs…

Les Beatles qui avaient appris trois mots d’allemand à Hambourg en profitent

Les Rolling Stones en italien

Neil Sekaka lui tâte de l’hébreu avec un des ses plus beaux slows

Paul Anka presque un habitué de l’italien

Gene Pitney au festival de San Remo avec une chanson qui fera (presque) la fortune de Richard Anthony une dizaine d’années plus tard.

En 1966, Les Yardbirds tentent la désastreuse expérience du festival de San Remo, en italien bien sûr.

Peu connus en France, Jay & the Americans ont pourtant enregistré dans notre langue un de leurs tubes

Les Searchers y vont aussi de quatre titres en français, malgré l’accent de Liverpool.

Idem pour les Hollies, mais avec l’accent de Manchester, ces titres sont restés longtemps inédits, refusés par EMI France

Sylvie en japonais

On a retrouvé par hasard deux titres de Johnny enregistrés partiellement en turc et publiés seulement dans ce pays. Il semble que l’intéressé avait complètement oublié qu’il avait fait cela.

France Gall fut une assez grosse vedette en Allemagne, alors dans la langue Goethe…

En japonais

Marjorie Noël fut une de ces chanteuses yéyé qui connut quelques succès en 1965-66 et se présenta à l’Eurovision. Néanmoins elle fut presque une grande star au Japon avec quelques uns de ses titres enregistrés dans la langue du pays et des productions originales pour le marché local. Lors d’un concert au Japon dont elle était la vedette, la première partie était assurée par… Charles Aznovous. Gravement blessé lors d’un grave accident de voiture en 1966, elle eut de la peine à refaire surface et abandonna sa carrière. Elle se maria, fonda une famille. Elle mourut prématurément en 2000. Elle est encore aujourd’hui populaire au Japon.

Je possède un document d’elle, un disque dédicacé à un certain Robert, trouvé dans un brocante pour trois fois rien. Souvenirs, souvenirs…

Richard Anthony fut un des coutumiers de l’enregistrement en langues étrangères. Il avait une bonne connaissance de l’anglais en ayant séjourné outre-manche en étant adolescent. Ici c’est un original pour le marché anglais, paroles de Richard Anthony, musique de Silvano Santorio qui fut son guitariste et aussi celui des Four Dreamers. Le titre fut aussi exploité par les musiciens d’Anthony pour un EP, sous le nom de Clan De Silvano. Je trouve que ce titre aurait mérité mieux, il avait un potentiel assez évident.

Chansons en seconde jeunesse

Certaines chansons des années 60 ou avant et qui furent de plus ou moins grands succès, ou même sans grand succès, se comportent de manière très différentes en face de la postérité.  Elles peuvent passer dans les souvenirs que l’on aime bien retrouver ou sombrer dans un certain oubli. Il n’y pas d’explication, c’est ainsi. J’ai pris volontairement ce genre de chansons en me basant sur le critère qu’elles aient au moins eu un million de vues sur Youtube, en prenant le clip le plus populaire quand il figure plusieurs fois.  Je n’ai pas tenu compte du critère de mise en ligne sur la chaîne, mais il est certain que si  la chanson qui y figure depuis un an ou dix ans, si elle dépasse le million de vues, elle a un intérêt certains auprès de nostalgiques. Je n’ai pas pris des chansons record qui atteignent des centaines de millions de passages (Exemple , les Animals « House Of The Rising Sun (Le Pénitencier) » en est 300 millions de vues tous clips confondus), mais de succès plus modeste. Je suis même certain que vous ne les connaissez pas toutes.

 

2 500 000 vues

1 200 000 vues

1 800 000 vues

7 700 000 vues

9 400 000 vues

2 900 000 vues

1 000 000 vues

5 800 000 vues

1 600 000 vues

1 400 000 vues

5 600 000 vues

3 600 000 vues

9 600 000 vues

6  700 000 vues

Trucs « secondaires » qu’il m’arrive d’écouter

Dans les titres un peu secondaires de certains artistes, il m’arrivait souvent de les écouter presque autant que les autres titres. Parfois des faces B étaient plus intéressantes que les titres en vue. J’en ai repêché quelques uns.

Les Moody Blues  en 1966, sur le troisième EP français.

Ce qui est toujours marrant avec les Beatles, c’est que des trucs rangés au fond d’un album, auraient bien pu devenir des No 1. Un très vieux truc que j’aime toujours.

De même pour les Rolling Stones, c’est aussi ma préférée toutes époques confondues

Les Kinks, elle figurait sur le EP français de 1966 avec « Dandy » en titre principal. Toute la beauté des compositions de Ray Davies. Cette chanson est dédiée à la soeur de Ray, partie vivre aux antipodes.

Le groupe Mardi Gras, face B de leur hit en 1970. Un slow géant!

C’est tout aussi beau que la face principale que était « Venus »

Du lourd, les Yardbirds avec Clapton à la guitare, live en 1964. Ils avaient un sacré son

Une des faces B les plus connues de Tom Jones, une grande voix

Small Faces, celle-là je l’adooooore!

Un truc français pour changer, le tout premier disque de Christophe en 1964, un blues excellent

Il y a quelques musiques de film que j’aime bien. En voici deux très différentes. Tout d’abord celle du « Monocle Rit Jaune », un thème de jazz composé par Michel Magne, comme quoi le jazz est à mon avis le style qui convient le mieux aux films policiers ou d’espionnage.. Le suivant, c’est le musique du générique des « Misérables », version 1958 avec Jean Gabin, la meilleure à mes yeux. La composition de Georges Van Parys est une belle introduction au film, c’est très intense.

 

Retrouvailles en musique

Ils eurent une heure de gloire, il y a parfois très longtemps. Beaucoup ont complètement disparus, visuellement ou physiquement. D’autres sont encore là, se produisent encore, ont plus ou moins changé de binette. Sûrement quelques chansons qui ne vous sont pas inconnues pour certaines.

Les Zombies, tous les membres originaux, sauf Paul Atkinson décédé..

Les Moonkees, 2 membres originaux, c’est toujours ça

Peter Noone alias Herman’s Hermits, il a un peu pris de la bouteille…

Les Searchers tournent depuis 58 ans sans un instant d’arrêt…

Ray Davies et Mick Avory à la batterie, c’est presque les Kinks !

Brian Poole et les Tremoloes, mais oui ceux qui furent signés chez Decca à la place des Beatles…

Les Nashville Teens dont il ne reste guère que le chanteur Ray Philips

Brian Hyland et son éternel hit

Un autre infatiguable… Dion, quasi 60 ans de carrière et bientôt 80 ans! Et quand il s’ennuie, il enregistre des albums de blues…

Chubby Checker, il pète encore le feu!

Les Marcels, 55 ans plus tard…

Un des plus beaux tubes de la musique psychédélique, les Blues Magoos

Les Shadows Of Knight, pratiquement tous les membres originaux 50 ans après

Souvenirs des sixties j’écoute encore…

Quelques chansons typiques des sixties, surtout des faces B,  que j’ai découvertes à l’époque et qui sont toujours dans ma collection. On est en pleine Beatlemania et certains de ces artistes ont été aussi populaires que les Beatles, certains pendant au moins 2 minutes ! D’autres furent plus accrocheurs et presque égaux. Tous les artistes sont anglais.

Un monument des sixties…

Un de mes préférés à l’époque et pas tout à fait oubliés aujourd’hui. J’ai même eu le premier prix dans un concours organise par le fan club, il fallait dire pourquoi on les aimait, alors…

Comme d’autres étaient cons moi j’étais Merseybeats

Ils avaient du charme les Hollies, je veux bien sûr parler de musique, pour le reste à vous Mesdames de juger…

Un groupe qui avait une démarche très originale et des titres gros comme ça !

Une de ces face B que j’adorais…

Original… deux chanteurs !

Pour ceux qui connaissent, le Joe Meek Sound

Elle avait du coffre !

Pour moi c’est inoubliable…

La chanteuse aux pieds nus…

Certainement des poids plume de Liverpool, mais quelle belle balade !

Chansons que j’écoute de-ci de-là (7)

Encore un voyage dans les musiques que j’écoute de souvent à de temps en temps. Ce n’est qu’un reflet de ma passion pour tout ce qui est musique et un des mes buts c’est de faire découvrir aux autres ce qui n’est jamais diffusé dans les radios, la liberté commence par cela.

Dans tous les styles, il y des albums que l’on peut considérer comme des chefs-d’oeuvre et  il ne sont pas forcément très connus, sinon par une poignée d’initiés. C’est assurément le cas pour un groupe de Boston, Flat Earth Society qui le publia dans des circonstances particulières. Il fut enregistré tout à fait normalement dans un studio compétent si l’on en juge la qualité de l’enregistrement. Il ne fut pas commercialisé, mais remis en 1968 aux clients fidèles d’une marque de sucreries en échange de bons à collectionner et à envoyer avec une participation aux frais d’envoi. Composé de titres originaux à une exception près, c’est là leur seule aventure musicale. Malgré sa rareté, peu d’exemplaires survivent, il fait l’objet d’un culte parmi les collectionneurs qui peuvent aussi se procurer des rééditions pour jouir de cette perle. J’ai choisi deux titres aux ambiances différentes, l’un résolument psyché, l’autre plutôt sombre avec un piano dominant et un vocal plaintif.

Un autre groupe de Boston contemporain, oh combien délectable par sa musique qui frise le psychédélique de bon aloi et planant pour le titre que je vous ai choisi. Compter entre 5 et 600 euros pour une copie originale et entre 50 et 100 euros pour la réédition sur le label Fantazia.

Une autre perle, très, très, recherchée par les collectionneurs, une copie originale a dépassé 4000 euros sur Ebay. Groupe issu de rencontres dans une université de Los Angeles, avec deux femmes, l’une à la batterie, l’autre à la basse, piano, vocaux. Le groupe publia assez confidentiellement un album en 1969 pour un label local. Il a depuis conquis une aura qu’il mérite bien. Entre planant et speed, c’est très beau.

CA Quintet, un obscur band du Minnesota avec une particularité, il y a de la trompette dans leur musique psychédélique à la frontière du jazz. Plutôt rare mais un album plaisant.

Un truc qu’il m’a fallu galérer longtemps pour en dénicher une copie et pourtant c’est 100 % français. En 1967, un groupe assez connu dans l’Est, publie 4 titres originaux sur le label Young. C’est à mon avis un truc qui n’a pas à rougir du garage punk américains. Pour terminer, ajoutons qu’ils s’appelent les Falcons et ça vole assez haut.

Screamin Lord Sutch fut un de ces farfelus spécialiste de la provocation et tous genres qui s’inspira quelque peu de Screamin Jay Hawkins pour ses chansons nettement macabres ou envoûtés. En 1969, il réoriente un peu sa carrière en s’entourant, et sans doute en les payant, de musiciens prestigieux comme Jimmy Page, John Bonham, Jeff Beck, Noel Redding, Nicky Hopkins, une connexion Led Zeppelin, Jimi Hendrix, Jeff Beck Group. Il sortira deux albums avec des titres originaux accompagnés de ces musiciens sous le nom de Lord Sutch And Heavy Freinds, le premier étant le meilleur. C’est une assez belle illustration sonore de la pop au tournant des années 70. Plus que pour les qualités vocales de Sutch, les disques originaux sont recherchés pour les participants.

Ah un truc que j’aime toujours, les Danois de Savage Rose et la voix assez typée de sa chanteuse Annisette Hansen. Ce n’est pas tout à fait sans rappeler Jefferson Airplane et Grace Slick. Drôle parfois comme parfois certaines chansons vous collent après plus les autres.

La label Europa, basé en Allemagne, avait la spécialité de proposer des albums en prix budget pour quelques francs. La spécialité de la maison était les compilations avec des reprises de succès du moment ou ciblés sur un style précis. Néanmoins la qualité de ces enregistrements était excellente. Souvent c’était des groupes très peu connus qui se prêtaient à ce jeu, peu connus ne veut pas forcément dire mauvais. Il arrivait aussi parfois que ces artistes composent des titres originaux qui étaient intercalés entre les reprises. L’un de ces groupes, Electric Food à l’origine les German Bonds, proposa justement deux ou trois de ces titres originaux. En voici un pas piqué des hannetons « Tavern ». Pour la petite histoire. ce groupe devint par la suite une référence dans le hard rock sous le nom de Lucifer’s Friend.

Dans les années 60, la Suisse n’est pas complètement absente sur le marché international. Quelques groupes ou artistes réussissent à voir leurs titres publiés à l’étranger. C’est le cas pour ce quatre titres publié en France par Columbia en 1966, mais enregistré en Suisse. Les Dynamites, originaires de Bâle, apparaissent comme plutôt bons dans les imitations du style anglais. Notamment un surprenant titre « Don’T Leave Me Behind » qui aurait pu être enregistré par les Them. Imaginons la voix de Van Morrison à la place de celle du chanteur des Dynamites et l’illusion sera parfaite!

Restons en Suisse avec un groupe d’une exceptionnelle aura parmi les collectionneurs, il s’agit des Slaves. Une mélange de musiciens Suisses et Autrichiens, produisant une musique brute assez inspirée des fameux Pretty Things. Ils publièrent trois 45 tours en 1966 pour le compte de Philips/Suisse. La moindre de ces pépites se vend entre 300 et 500 euros. Même les rééditions limitées d’il y a une dizaine d’années montent à 50 euros. Mon préféré : « Panic ».

Encore la Suisse, mais cette fois un groupe pop à la réputation bien implantée. Mélange de musique pop, indienne, psyché, le premier album est un must. Les collectionneurs ne s’y trompent pas, ils peuvent monter à plus de 1000 euros pour une copie originale. Mon titre préféré de l’album reste celui-ci…