Bas nylons et éboueurs

Quand on nouveau style de musique apparaît et devient populaire, il ne naît pas spontanément. En remontant le temps, souvent avec les sources d’inspirations avouées des nouvelles stars, on trouve toujours un truc qui se pose en précurseur. Les principales sources de la musique moderne, le jazz, le swing le rock and roll, le blues, puisent leur inspiration dans la musique noire. Si on s’accorde à dire que le premier disque de rock à succès fut « Rock Around The Clock » de Bill Haley, il n’est pas le premier disque que l’on peut qualifier de rock. Dès la fin des années 1940, quelques enregistrements peuvent porter cette étiquette. Fats Domino et Big Joe Turner peuvent être considérés musicalement comme des précurseurs, mais il y en a d’autres moins connus. Presley fut la première grosse star de cette musique, reléguant assez vite Bill Haley au second plan, mais dire que Presley a inventé le rock and roll est une erreur qui a la vie dure. Il en fut un des canalisateurs, plus spécialement dans une vision blanche, c’est à dire simplifiée au niveau des instruments composés souvent de guitare, basse, batterie. Tous les mouvements musicaux postérieurs sont dans le même cas, ils sont les pierres d’achoppement de ce qui viendra plus tard.

Quand la musique punk devint à la mode à partir du milieu des années 70, surtout avec les premiers enregistrements des Ramones, on observa le même phénomène. Volontairement ou pas, certains disques datant de dix ans ou plus avaient déjà cette saveur de punk. En écoutant certains trucs des Troggs, on remarque bien un petit goût de cette rythmique simplifiée et répétitive qui est l’image sonore des disques de punk. En cela, on peut les considérer comme des inspirateurs, surtout qu’ils furent très populaires. Un autre groupe contemporain alla plus loin dans cette approche, les Sonics. Mais comme ils furent pratiquement inconnus en dehors de l’état de Washington, on ne peut pas leur concéder le titre de source d’inspiration, tout au plus ils purent avoir semé une influence locale. Par contre, c’est bien quand le punk fut présent qu’on les redécouvrit et que l’on se rendit compte qu’ils avaient eu un comportement musical punk plus de dix ans avant.

Il faut remonter à 1963, pour trouver ce que l’on peut considérer comme le premier disque punk, du moins au niveau instrumental, chose qui n’échappa aux Ramones, car ils en firent bien vite une reprise. En fait ce disque est plus un gag, que l’idée de créer un nouveau style. Il est encore aujourd’hui un phénomène qui ne semble pas avoir perdu de son potentiel contagieux. Il est un de ces disques auquel on n’échappe pas, dans un supermarché, en fond sonore sur une pub, ou simplement à la radio, il est là tapi dans l’ombre prêt à bondir dans vos oreilles. En pleine avènement de la musique surf, on oiseau eut soudain l’envie de voler, lancé par quatre garçons éboueurs, « Surfin’ Bird » et les Trashmen.

Les Trashmen sont originaires du Minesota, état du nord des USA. Ils forment un groupe que l’on pourrait presque qualifier de bal sans être péjoratif. Les Beach Boys commencent à triompher en étant les principales idoles de la musique surf, ce sport qui est à la mode sur les plages de Californie, mais qui est devenu un style de musique, principalement à l’instigation de Dick Dale. Même quand on habite un état qui est à des milliers de kilomètres de la mer. la passion pour cette musique n’en est pas moins forte. Ils décident de tenter l’aventure discographie, mais veulent proposer quelque chose d’original. Le batteur du groupe, Steve Wahrer, aime bien faire des onomatopées et l’on décide d’aller dans cette direction. En toute discrétion, cela leur vaudra pas mal d’ennuis plus tard, ils condensent deux titres d’un groupe noir de R&B, les Rivingtons. Les deux titres en question sont « Papa Oom Mow Mow » et « The Bird’s The Word », c’est à peine si les Trashmen remanient les chansons, on ne ne peut pas tellement dire les paroles, car elles sont minimalistes. Il faut admettre par contre, que sous l’impulsion de Steve Wahrer, cela sonne complètement différemment, c’est plus percutant. C’est au niveau de l’accompagnement, que l’on arrive à la création de cette rythmique qui préfigure de très près cette simplicité que l’on trouvera dans le punk, basique et répétitive. Ce n’est qu’un aspect du groupe, car ils sont très capables de faire des choses plus compliquées, le reste de la discographie le prouve.

Le disque sous l’appllation de « Surfin’ Bird » est publié par Garrett, un label local. Il ne tarde pas à conquérir tout le pays et il atteint la 4ème place du hit parade. Cette mise en lumière très évidente, attire l’attention des compositeurs originaux qui intentent un procès. Un arrangement est trouvé et tous les droits de compositeurs leurs sont reversés, ils gardent les droits d’interprètes, ce qui est moins intéressant, mais quand même mieux que rien pour un disque qui s’est vendu par millions et surtout qui a fait d’eux des légendes. Ils eurent encore quelques succès qui se classèrent ici et là, mais jamais leur réputation n’en prit un coup. Ils tournèrent avec trois membres originaux, après la mort du batteur en 1989, à travers le monde jusqu’en 2016, où ils décidèrent que l’oiseau devait atterrir.

 

L’édition française en EP. Existe en deux tirages, l’un avec label vert (1er) et l’autre avec label rouge (2nd). et en dessous le LP américain original.

La chanson ne disparaîtra jamais de l’attention du public. A part les nombreuses reprises qui existent, elle a été très souvent détournée et on peut l’entendre en toile de fond dans des films comme « Full Metal Jacket ». Le nom du groupe est lui-même devenu par dérivé un mouvement musical le trash, qui signifie littéralement ordure, déchet, en anglais. On retrouve dans ce mouvement une musique dérivée du psychobilly entre autres. Tout ce qui est un peu glauque, paroles salées, orienté vers les déviations sexuelles, peut y être rattaché.

La version originale. Il n’existe pas de clip d’époque, seul un montage filmé avec un acteur qui ressemble au batteur a été monté.

Les deux chansons que les Trashmen copièrent.

La reprise des Ramones qui peut sembler manquer de punch par rapport à l’original

Une version très déjantée par les Cramps en live.

Un dessin animé qui montre la contagion que peut avoir le titre.

Je vous parlais plus haut du mouvement trash inspiré les Trashmen et leur nom. En voici une illustration, en parodie d’un film du début des années 70 « Pink Flamingos ». Ames sensibles et gastronomes s’abstenir…

Les 3 Trashmen originaux en live 2014.

Croisière instrumentale sans escale

Monique et les Tridents, Allemagne 1966. Enregistré par une Française qui joue de l’orgue. Au dos d’une reprise de « Stalactite » des Aiglons, cet instrumental. Un disque très rare, qui monte à plus de 200 euros dans les enchères. Même moi je ne l’ai pas, c’est vous dire.

The Four Shakers, Suisse 1964. Du tout bon.

Les Anonymes, Belgique, 1963.

The Astronauts, USA 1963. Du surf à toutes les vagues.

Les Mustangs, France 1963, Des guitares du diable.

Les Daltons, France 1962. Ah celui-là je l’aime bien depuis longtemps, tout en lisant Lucky Luke! A propos Peter, je ne sais pas ce que tu deviens…

Les Champions, France 1963. Il eurent la drôle d’idée mais réussie, de reprendre en instrumental, un titre de Leny Escudero

Le Maître, Dick Dale, enregistré en 1996.

The Supertubes, Finlande, beaucoup plus récent, 2008, mais sonne presque comme autrefois. Reprise des Ventures.

The Regents, UK. Les groupes à la Shadows ne sont pas morts, autre exemple. Reprise en instrumental d’un titre des Renegades.

The Falcons UK 1963

Group X, un 45 tours perdu dans les nombreuses productions anglaises du style, 1963.

Une Toile musicale

Quelques trouvailles musicales sur la Toile. Tout et rien, je ne suis pas raciste, ni sectaire. La seule chose qui m’em… c’est que je pourrai jamais tout écouter. S’il n’y pas de musique au paradis, à quoi ça sert d’y aller?

On ne peut pas dire que les Japonais font les choses à moitié. Un big band d’étudiantes se lancent dans la reprise d’un morceau de Charles Mingus. Suivez bien celle qui est à la batterie, excellente!

Un orchestre swing presque entièrement féminin et un morceau connu.

Un ensemble assez connu qui replonge dans les années 30-40.

Un très bon guitariste français aux multiples facettes, Jean-Christophe Renvoyer, excellent partout, ici en jazz, une reprise de Kenny Burrell.

Changeons de style, un beau duo et une chanson à boire un rien morale.

Il y a 50 ans, une des choses les plus impensables aurait été de voir un duo entre un chanteur de soul et un d’opéra. Grâce à Luciano Pavarotti, un monstre d’opéra et James Brown un de la soul music, le chose est de venue possible. Je connais ce clip depuis longtemps, il m’enchante toujours.

Vous savez que je suis la moitié d’un Italien, une chose que je revendique volontiers. Alors il est évident que ce qui est musique du coin, ne me laisse pas indifférent, surtout quand elle puise dans les racines folkloriques. Une trouvaille récente que j’apprécie beaucoup. Il ne manque plus qu’un verre de chianti et un plat de salumi avec du salami.

L’un de mes chanteurs de la Botte préférés, Angelo Branduardi. Je connais cette chanson depuis belle lurette, mais j’ai découvert cette superbe version live, il fallait absolument que je cueille cette pomme.

Un film que j’adore, c’est Les Misérables dans sa version de 1957 avec Jean Gabin. Mais la musique du générique est aussi puissante que le film, c’est de la musique classique, mais que c’est beau!

Un très intéressant guitariste à la rue pour le meilleur. Spécialiste en slide guitar, il reprend « On The Road Again » popularise par Canned Heat.

Denez Prigent, qui porte haut le drapeau de la musique bretonne, en live. P’tain que ça fait frissonner, même si on pipe pas un mot.

 

Bas nylons et une fille en six lettres

En musique il n’est pas rare que les décideurs ne décident rien ou se fourrent le doigt dans l’oreille jusqu’au cerveau. La maisons de disques proposent et les radios disposent. Ces dernières étaient dans le passé le support essentiel pour qu’un disque devienne un succès. Les échanges de bons procédés sous la table n’étaient pas toujours absents des tractations entre vendeur et diffuseur. La règle no 1 était en premier ressort d’envoyer une copie de ce que l’on voulait essayer de faire passer sur les ondes. Après le bon vouloir des radios pouvait s’exercer. Certains voulaient aussi jouer sur deux tableaux, produire et diffuser sur les ondes où ils avaient un droit de regard. C’est les cas d’Europe 1, dont le directeur des programmes d’alors, Lucien Morrisse, fonde Disc’AZ en 1963. On ne peut pas dire que toutes les productions du label furent des grands succès ou des succès tout court, mais quelques artistes du label gagnèrent leurs galons de vedettes, mais assez peu de vedettes connues immigrèrent vers lui en ayant conquis la notoriété ailleurs. On peut aussi dire que comparativement à d’autres maisons de disques, le nombre de publications devenues de grosses pièces de  collection est assez minime.

La phénomène des faces B qui deviennent des succès existent pour quelques publications. Nous allons étudier un cas spécial, car dans le pays d’origine c’est bien la face A qui fut un succès, mais la face B est autrement plus connue dans le reste du monde. Je veux parler de Them et la fameuse « Gloria ».

C’est une chanson composée par le chanteur du groupe, Van Morrison. Ce sont des Irlandais qui immigrent à Londres pour trouver un terrain plus favorable à la diffusion de leur musique. Ils sont signés par Decca et après une première tentative au succès modéré, « Don’t Start Crying Now », reprise de Slim Harpo, il décident de s’attaquer au « Baby Please Don’t Go » de Big Joe Williams dans une version complètement revisitée. On colle en face B la composition de Morrison et le disque est publié. C’est un disque remarquable à l’aube de ce mouvement qui veut mener la musique vers de nouvelles voies, dont un des buts est d’intégrer la musique noire dans la musique blanche avec les découvertes sonores qui pointent le bout de leur nez, sans faire de la copie carbone. La voix de Van Morrison est un phénomène en lui-même.

Le disque marche plutôt bien et c’est un succès en Angleterre qui entre dans le top ten vers le début 1965. Mais sur le continent, on estime que « Gloria » est plus séduisant, alors c’est ce titre qui devient un succès sans toutefois se classer aux plus hautes places du hit parade. Mais la chanson a un fort pouvoir pour capter l’auditeur, elle devient en sorte un succès underground. C’est le cas en France, avec une spécialité à la clé. Le succès en Angleterre a décidé Decca de publier un 45 tours EP dans la foulée, en y incluant « Baby Please Don’t Go » mais pas « Gloria ». Decca France, où l’on a l’habitude de publier dans ce format, reprend cette publication avec une autre pochette Decca 457069). Mais voilà, ici aussi on veut surtout « Gloria », ce qui oblige Decca a éditer peu après une nouvelle publication (Decca 457073). Pour ne pas faire trop double emploi, on remplace deux titres par la nouveau single anglais du groupe « Heres Come The Night » (le plus gros succès anglais du groupe No 2) et « All For Myself ». Pour la petite histoire, la deuxième publication fut épuisée en quelques mois, puis rééditée au moins 3 fois dans le même format et même logo entre 1965 et 1967, ensuite une fois en 1968 et 1967 avec un logo différent. La  première publication était encore disponible au catalogne au début des années 1970.

Le 45 tours publié en France en 1965

Les éditions entre 1965 et 1967 arborent le même logo et mentionnent « 1ère publication 1965, il faut se référer aux petits détails des pochettes pour savoir de quelle édition il s’agit. Sur les éditions 1968 et 1969 le logo est carré sans la mention 1ère publication, le détail des pochettes est également utile pour les différencier. Visiblement Decca-France a sous-estimé l’ampleur su succès. A ma connaissance, à part les publications pour les Rolling Stones, aucune autre référence de cette maison n’a été autant rééditée en si peu de temps.

Ce qui a fait de ce titre un monument incontournable, c’est la multitude de chanteurs et d’orchestres, c’est pratiquement incalculable, qui l’enregistrèrent ou la mirent à leur répertoire assurant une diffusion énorme à la chanson. En Angleterre, les mythiques Wheels, par ailleurs amis de Van Morrison, tentèrent de profiter de « l’insuccès » du titre en proposant leur propre version, ce fut un échec total. La version originale des Them fut publiée aux USA, elle pénétra dans le fond des charts, mais on peut dire qu’elle passa plutôt inaperçue. Le groupe garage, Shadows Of Kinght, l’enregistra à l’automne 1965, mais cette fois le titre démarra et se hissa dans le top ten américain, assurant la conquête des teenagers américains. Mais sans trop s’avancer, on peut considérer que la version originale reste inégalée.

Avec le temps, si on a un peu oublié que les Them ont fait autre chose, cette fameuse fille n’en finit pas d’être chantée dans le monde entier. Même Van Morrison, devenu plus un chanteur de jazz que de pop, ne renâcle pas à lui dédier quelques couplets lors de ses concerts. Et si d’encontre, il improvise une jam avec un autre chanteur, il sait que son partenaire « connait la chanson ».

L’original en clip sur le playback de la version stéréo

Live à Paris en 1965, peut-être vous reconnaîtrez-vous ?

La version des Shadows Of Knight.

Vesion des Hairy Ones, Jimmy Pages et John McLaughlin sont aux guitares, 1965.

La version française de Patrick Samson, assez peu connue mais honnête, 1965.

La version des Boots en live, un des bons groupes allemands de cette période, 1966.

Des membres dissidents du groupe originel fondent Belfast Gipsies et remettent ça, 1966.

Les Blues Magos qui avaient déjà expérimenté avec « Tobacco Road » sur leur premier album, le font avec « Gloria » sur le second. Première version psychédélique, superbe!

En indonésien, version exotique

Les Doors l’interprètent très souvent en public, dans une version un peu plus salace au niveau des paroles.

En 1969, les Shadows Of Kinght remettent ça. C’est le même vocal que la première version, mais différent instrumentalement.

Une autre formation dissidente des Them originaux, émigrée aux USA, réenregistrent le titre, 1971

Par Patti Smith, qui s’inspire surtout de la mélodie.

L’incontournable version disco, 1977

David Bowie, live 1990 (vers 3.30)

Van Morrison avec John Lee Hooker, 1993

Dans la rue

Robert Plant, 2017

Des cordes sans violons

Quelques instrumentaux années 60, une nouvelle série, matériel presque inépuisable

The Boys / Polaris- Angleterre 1963 – Existe aussi par les Krewkats.

The Blue Jays –  Australie 1962 – Cover de « Sheba » de Johnny & Hurricanes.

Les Tornados / Robot – Angleterre 1963 – Une des rares clips qui existe du groupe, un rien coquin. Il fut tourné en France.

Jimmy & the Rackets / Black (dark) Eyes 1964 – Groupe basé en Allemagne avec une superbe version d’un thème russe très connu.

The Hubbubs / Yellow Cat – Autriche 1965 – Groupe très connu là-bas.

Les Aiglons / Tro!ika – Suisse 1964 – Le meilleur après « Stalactite ».

The Chantays / Wayward Nile – USA 1963 – Assez bizarrement pour un groupe de surf, il y a un piano, mais c’est superbe.

The Terri-Tones / Sinner – Canada 1962 – J’ai découvert ce truc sur une compilation dans les années 80, je l’ai écouté je ne sais pas combien de fois depuis.

Les Fantômes / Je Ne Veux Plus T’aimer – France 1962 pas 64 – Un clip probablement reconstitué

Les Sunlights / Black Rider – France 1963 –  Quel beau son !

Les Cousins / Robot – Belgique 1962 – Différent de celui des Tornados, mais belle ambiance.

Les Schtroumps / Kamarade – France 1963 – Reprise de l’arrangement du traditionnel russe fait par Nero & Gladiators en Angleterre

Le Boss hip et hop, enfin presque…

Voici sans doute mon post le plus déglingué en matière musicale. Peu de choses m’attirent dans ce qui se produit aujourd’hui, mais parfois je me fais piéger par un truc ou l’autre, sans que cela soit forcément rétro. On peut y trouver Indila, elle a quand même une assez belle voix, et en plus elle est assez discrète, elle vient pas nous bassiner tous les jours sur ses amours ou son pauvre toutou qui s’est fait bouffer par un lion. Dans le clip, je trouve le vieillard absolument divin. J’en ai rencontré une ou deux fois des semblables. L’un d’entre eux était un peu comme celui de la vidéo, encore fou amoureux de sa femme décédée. Il m’a dit qu’il attendait la mort, rien d’autre. Trente ans après je pense encore à lui, en espérant qu’il l’a retrouvée ailleurs.
Vous y découvrirez sans doute Karsel Dawa, un gourou tibétain, musicalement c’est intemporel. Et puis certains trucs beaucoup plus actuels qui m’attirent sans complexes, juste parce que j’aime bien. Une Petula Clark qui ne semble pas vouloir sombrer dans le ridicule à plus de 80 balais, tellement son truc est moderne et facile d’accès.  Je commencerai par Zaz, celle qui possède le plus ce petit quelque chose que les autres n’ont pas et que j’aime spécialement quand elle chante dans la rue. Ce sont d’ailleurs ses clips les moins regardés, cela me rassure…

Bas nylons et un disque qui n’incite pas à la course.

 

Une mise en onde avec un synthétiseur vocal d’un conte très célèbre que j’avais revisité à ma manière.

Musique

Dans l’histoire du rock instrumental, il y a une dizaine d’enregistrements qui planent définitivement au-dessus du lot. On peut remarquer « Apache » des Shadows, « Rebel Rouser » de Duane Eddy. « Red River Rock » de Johnny And The hurricanes, ou encore « Green Onions* de Booker T And The MG’s, pour ne citer que ceux-là.  En 1960, naît l’un des plus célèbre du genre « Walk Don’t Run » par les Ventures, qui fera entrer le groupe dans l’histoire pour ne jamais en sortir.

Ce n’est pourtant pas un original, la mélodie a été créée et enregistrée par un guitariste de jazz en 1954 du nom de Johnny Smith. Elle est reprise par le guitariste de country Chet Atkins, deux ans plus tard. Pour l’une et l’autre, on ne peut pas vraiment parler de succès, le thème est mis en évidence sans plus. En 1958, Bob Bogle et Don Wilson veulent former un groupe de rock à Takoma dans l’état de Washington. Ils recrutent un semi-indien cherookee, Nokie Edwards et un batteur, George T Babbitt. Ce dernier étant trop jeune pour se produire dans les clubs, il doit quitter le groupe. Ironie du sort, il deviendra par la suite un général 4 étoiles dans l’armée américaine. Il viendra par la suite jouer une ou deux fois avec le groupe, ce qui fera de lui probablement le seul général en titre à jouer dans un groupe de rock.  Il sera remplacé par Skip Moore, c’est lui qui joue dans leur succès, ensuite Howie Johnson, et peu après par Mel Taylor qui tiendra la batterie jusqu’à sa mort en 1996, succédé par son fils. Autre ironie du sort, le batteur qui joue dans l’enregistrement studio, Skip Moore, et qui a quitté le groupe avant qu’éclate son succès, a été confronté à un choix. Soit il était payé 20 dollars cash pour avoir participé à l’enregistrement et pour solde de tout compte, ou alors 25% sur les futures ventes du disque. Il a choisi la première proposition, le pauvre.

Le disque est enregistré et publié par Dolton, un sous-label de Liberty. Le disque connaît rapidement le succès et frise la première place du hit-parade américain et se vend à un million d’exemplaires. Dans une première étape, le succès du titre sera plutôt cantonné aux USA. En Angleterre, la reprise par John Barry Seven (John Barry est le compositeur du célèbre thème de James bond), sera un plus modeste succès, se classant quand même à la 11ème place. En France, il me semble que c’est les Fantômes, qui les premiers l’enregistrèrent en 1962. En 1964, les Ventures, profitant de la mode du surf, réenregistrent leur succès dans cette optique musicale, et obtiennent un nouveau hit qui entre dans le top ten américain. Ce sont les premiers artistes à réussir cela.

Grâce au départ en trombe du groupe en 1960, ils deviennent une grosse machine qui influencera pratiquement tous les jeunes Américains qui veulent jouer de la guitare. Ils auront même leur propre marque de guitares sous le nom du groupe et fabriquées par Moscrite, les guitares dont ils se servent principalement pour jouer. Par ailleurs, les trois guitaristes inversent volontiers les rôles, étant capables de jouer des trois instruments de base, solo, rythmique, basse. On leur doit aussi quelques premières, celle par exemple d’avoir publiés des albums à concepts, regroupant de versions instrumentales selon un thème précis, et aussi semble-t-il, le premier disque dans lequel est employé un fuzzbox (2000 Ponds Bee en 1962). Ils sont aussi les 6ème meilleurs vendeurs d’albums aux USA pour les années 60, une discographie fleuve qui se compte en centaines d’albums. Même si à partir des années 70, leur popularité est en baisse, ils consolident leur image d’idoles au Japon où le moindre titre qu’ils ont repris leur est attribué comme un original. En 2018, il ne reste qu’un membre du groupe mythique en vie, Don Wilson. Il a définitivement laissé sa place en 2015, mais le groupe existe toujours comprenant les membres qui se sont greffés au fil des années, notamment Gerry McGee qui joue avec eux depuis la fin des années 60, quand ils ont passé de quartet à quintette.

Je crois que pour une fois, l’appellation de groupe instrumental no 1 n’est pas usurpée.

L’original 1954.

La version de Chet Atkins, 1956.

 

La pochette de l’édition française de 1961. Elle reprend la pochette du LP américain. La photo est un montage, ce ne sont pas les Ventures qui figurent sur l’illustration. Originalement, c’est Decca-London France qui possédait les droits de licence pour le label Liberty/Dolton, mais « Walk Don’t Run » ne fut pas publié, En 1961, c’est EMI  qui reprend les droits, ce qui explique cette publication un peu tardive, et ensuite nous aurons aussi (enfin) une série de 45 et 33 tours avec Eddie Cochran, London ne publia que deux 45 tours pas très représentatifs de ses succès.

En clip et en playback, 1960. Les teenagers ça mâche de la gomme !

La version de John Barry Seven, 1960

Pour la France, les Fantômes en live, une belle version très speed. Le cameraman est nul on ne voit pas le soliste Dean Noton, juste son fantôme à la fin. Pour la petite histoire, le bassiste Dany Maranne, fut assassiné en 1988 devant chez lui, probablement à la suite d’un règlement de comptes.

Une des très rares versions vocales du titre, par un assez obscur acteur-chanteur Tommy Leonetti, une assez belle voix de crooner, 1964.

LE EP avec la version de 1964, existe en deux tirages, l’un avec logo noir et un autre en rouge (réédition).

Le belle version 64 des Ventures.

Le titre complètement dépoussiéré et vocalisé (sans rapport avec la version de Leonetti) par les Pink Fairies, freak groupe anglais au tournant des années 70. Après celle des Ventures, c’est celle que j’ai le plus écoutée. Je pense que cela ne vous étonnera pas trop.

La version des Shadows, 1977.

Les Ventures avec le fameux général en 1998. (sauter vers 1.50 pour le début)

En big band, 2018.