En passant

Bas nylons et un Johnny qui devrait être bon

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Retournons au rock and roll et une de ses chansons les plus célèbres « Johnny Be Good » enregistrée en 1958 par Chuck Berry. Ce dernier a une discographie qui fait de lui l’un des chanteurs les plus créatifs du rock and roll en matière de compositeur. Le rock noir est celui qui a réussi a conquérir rapidement  le public blanc, la réciproque est beaucoup moins courante. L’avantage de Chuck Berry a sans douté été le fait qu’il a interprété ses chansons  à la manière des blancs, avec une orchestration simplifiée, guitare (s), basse, batterie, typique  des orchestres blancs. C’est un peu pour les interprètes blancs des chansons clé en main, pas besoin de remplacer un saxophone ou d’autres cuivres par un arrangement à la guitare. Vous pouvez regarder tous les groupes de rockabilly actuels, ils ne fonctionnent qu’avec des cordes, dans lequel on peut inclure le piano, instrument à cordes camouflées. Un autre mérite de Chuck Berry est d’avoir écrit des paroles qui reflétaient assez bien la vie des jeunes de son époque, aujourd’hui ce sont presque des témoignages de sociologie. La chanson qui nous occupe ici est une des premières a magnifier le rôle du chanteur qui va devenir une rock star et faire du fric avec sa guitare. C’est bien observé, car c’est un truc qui fait rêver à fond les adolescents des années 1950. Elle est et restera une des chansons les plus reprises de son répertoire. Classique incontournable, elle fait partie de ces chansons qui ont façonné le rock and roll, d’autant plus qu’elle fut un succès immédiat dès sa sortie et facilement identifiable par son intro à la guitare. Elle a souvent été parodiée, comme les Beach Boys l’ont fait dans « Fun Fun Fun ».  A noter, souvent les gens confondent cette chanson avec « Bye Bye Johnny » assez ressemblante, paroles différentes, aussi de Chuck Berry. Les Rolling Stones l’ont reprise.

L’original, 1958

Probablement la première reprise, par les Penny Rockets, un groupe australien, 1958.

En Europe, c’est en Italie que ça se passe, Little Tony And His Brothers, 1959.

Version français par les Chaussettes Noires, « Eddie Sois Bon », 1961.

Les Tornadoes, attention il s’agit ici du groupe américain qui s’orthographie à peine différemment, 1963

Johnny Hallyday, sur l’album les rocks les plus terribles, « Johnny Reviens », 1964.

Les Astronauts en live, un peu surf, 1964.

Les Beach Boys, aussi en live, 1964.

Version en réécriture, The Surfer Girls, « Draggin’ Wagon », 1964.

Jerry Lee Lewis, sur les albums Mercury, c’est tout de suite différent, 1965.

Les Liverbirds, ce fameux groupe anglais vocalo-instrumental entièrement féminin exilé en Allemagne, 1965.

On le sait moins, mais Presley l’a aussi interprétée, 1969.

Johnny Winter, 1969.

Grateful Dead, 1971.

Un inédit qui fit sensation en 1972, la reprise de Jimi Hendrix.

Une version parodique, Patrick Topaloff « Ali Sois Bon », 1977.

Une version marrante, celle du film « Retour Vers Le Furur », 1985.

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En passant

Exploration musicale en terre inconnue (10)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1967 – Tim Hardin / How Can We hang On To A Dream. Il y a quelques chanteurs qui traînent avec eux une sorte de malédiction poisseuse. Tim Hardin est un peu de ceux-là. On connaît au moins deux chansons célèbres dont il est le compositeur et qui sont de grandes chansons. L’une « If Were A Carpenter » (Si J’étais Un Charpentier) et How Can We Hang On To A Dream (Je M’Accorche A Mon Rêve), toutes deux reprises en France par Johnny Hallyday. Elles furent surtout remarqués dans la discographie des autres plus que dans la sienne. Le personnage était assez instable, très accroc à certaines substances, il ne fit rien de plus pour promouvoir son oeuvre. Qui se souvient encore de ce bel EP publié en France par Polydor, a part ceux qui le possèdent ? Il contient ses deux pièces les plus connues.

1976 – Don Harrison Band / Sixteen Tons. Chaque époque et chaque style de musique ont un point en commun, ils transforment dans une style plus modernes quelques vieilleries. C’est le cas pour Don Harrison Band qui reprend le hit de Tennessee Ernie Ford de 1955 dans une version à la Creedence Clearwater Revival. Ce n’est pas tout à fait une coïncidence car le groupe contient deux membres de l’équipe à John Fogerty. Plutôt destiné à danser le jerk en discothèque, mais pas trop destiné à durer.

1969 – Krimson Kake / Feelin Better. Unique 45 tours français de cet obscur groupe anglais dont vous  n’êtes sans doute pas l’un des détenteurs d’un des 100 exemplaires vendus.

1963 – The Uptowns / Here She Comes Again. Le label Vogue, entre autres, fit de nombreux efforts pour publier en France les artistes américains, très souvent sans réussite commerciale. Comme les USA publiaient surtout des 45 tours simples, sortir un EP était difficile, surtout si l’artiste était débutant. Alors, on regroupait deux simples se partageant chacun une face du disque. C’est ainsi que furent publiés les Uptowns, vocalement intéressant.

1966 – The Sparrow / Tomorrow Ship. Si vous vous demandez derrière quel groupe célèbre pourrait se cacher celui-ci, je vais vous éviter un brainstorming. Il s’agit d’une première mouture du fameux Steppenwolf, deux ans avant qu’ils cassent la baraque. Evidemment c’est plus difficile de trouver celui-là que le 45 tours de « Born To Be Wild » et le prix sensiblement différent.

1971 – Sunday Funnies / It’s Just A Dream. Ce groupe a un certaine réputation pour une obscurité du garage punk. Plus tard dans un style plus pop, ils continuent d’enregistrer des trucs plus mainstream. En voici un exemple sur cet unique 45 tours publié en France. Ce n’est pas déplaisant.

1970 – Black Merda / Prophet. Sous un nom un peu irrévérencieux, se cache un groupe que le pourrait considérer comme de la pop music noire bien sentie. Signés par le label Chess pour un unique album qui vaut son pesant de cacahuètes sur marché des collectors. Existe en 45 tours et en album pour la France.

1965 W Gimmick / Let’s Go Racing. Musicalement le « Hot Rod » est un style dérivé du surf, mais qui concerne surtout les bagnoles, trafiquées de préférence. Le bruit des moteurs remplace le bruit des vagues. Démonstration publié par Polydor sur Un Ep de 1965, tout sauf courant.

1961 – Jörgen Ingmann / Apache. Avec « Apache » les Shadows volèrent un succès à son créateur, Bert Weedom. Mais la revanche ne se fit pas attendre, le guitariste de jazz danois Bert Weedom, enregistra sa version, et c’est la sienne qui fut no 1 aux USA et au Canada. Cette version n’est sans doute pas aussi prenante que celle des Shadows, mais les Américains ont parfois de drôles de goûts. Il n’en resta pas là, car avec sa femme, il remporta le Grand Prix Eurovision en 1963 avec « Dansevise » la seule chanson en danois à avoir remporté le titre.

1969 – Uele Kalabubu / Patatalo. La musique africaine n’a pénétré que par vagues en Europe, principalement avec l’appui des ethnies émigrées en Europe. Musicalement, c’est assez différent de ce que l’on fait chez nous, c’est souvent des rythmes basiques et répétitifs, de la musique pour danser et se bouger principalement. Aujourd’hui, on considère volontiers Hergé comme un raciste dans Tintin au Congo quand il fait parler les indigènes en « petit nègre ». Mais les Africains ne nous aident pas toujours, car eux-mêmes se parodient parfois dans leur musique. Voici un exemple dans lequel on aussi peut imaginer qu’ils se foutent gentiment de nous. Rions avec eux, car toute la musique moderne n’existerait probablement pas sans l’apport de l’Afrique. Vous vous voyez danser le menuet en discothèque ?

1963 – The Chantays / Wayward Nile. Voici une illustration d’un disque très connu, mais qui dans dans son édition française est d’une rareté qui frise l’obscène. C’est bien la preuve que l’on se foutait royalement en 1963 de la surf music en France. Bien sûr, il sortit ici parce que le titre principal « Pipeline » était un tube en Amérique et qu’il figure aussi sur ce disque en titre principal. Mais je vous ai choisi pour l’illustration un autre titre tout aussi plaisant.

1972 – Mogol / Hitchin’. Les groupes pop venus de la Turquie et qui ont un semblant de discographie en France sont extrêmement rares. C’est le cas de Mogol (Mogollar en turc), dont ce 45 tours et l’album (pressé par le label budget price Concert Hall), publiés en France sont assez recherchés. La musique est teintée d’orient et ce n’est pas déplaisant.

1967 – Moby Grape / Omaha. Une référence psychédélique US dont un seul et unique 45 tours, aussi rare que l’honnêteté chez les politiciens, fut publié en France. C’est très « flower power ».

 

Exploration musicale en terre inconnue (9)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1959 – Slim Gaillard /Chicken Rhythm. Slim Gaillard est un chanteur et instrumentiste de jazz dont le discographie en France est minimale. Il exerçait aussi son talent avec des imitations vocales, usant parfois d’un langage complètement imaginaire. Dans ce titre plutôt fantaisiste, il imite un animal que nous connaissons bien.

1959 – The Four Comets – Leroy. Même si en 1959, le rock and roll en France était encore assez confidentiel, cela n’empêcha pas que certains disques de rock and roll d’autres pays européens, encore balbutiants sur la scène rock,  furent éditées en France. Comme Rock Ragge et les Four Comets, une groupe suédois à tendance rock, publié par Vogue sous licence Barben records. Une plutôt bonne reprise d’un titre de Jack Scott « Leroy ».

1970 – Iron Butterfly / New Day. Iron Buetterfly s’est taillé un franc succès avec « In-A-Gadda-Da-Vida », mais le reste de la discographie est plus discret, encore plus spécialement les 45 tours. Comme celui-ci de 1970 qui ne court pas les rues, extrait de l’album « Metamorphosis », qui contient quand même un très plaisant titre : « New Day ».

1968 – The Iveys / Maybe Tomorrow. Quand ils fondèrent leur label Apple, les Beatles signèrent d’autres artistes. Les premiers furent les Iveys,, pas forcément très distants musicalement de leurs patrons, qui rencontrèrent plus un succès de curiosité qu’un franc succès. Leur premier single « Maybe Tomorrow » était pour le moins très plaisant. Edité dans de nombreux pays, c’est une pièce recherchée aujourd’hui pour sa connexion avec les Beatles. Leur très rare album édité à l’époque seulement en Allemagne, Japon, Italie, atteint des sommes considérables pour une copie originale. Plus tard, le groupe se mua en Badfinger et rata un sacré tube. La reprise de leur titre « Without You » fut un hit international pour Harry Nilsson.

1964 – The Bachelors / The Stars Will Remember. Si Decca a pu se mordre les doigts de ne pas signer les Beatles, ils eurent quand même un joli lot de consolation avant que les Rolling Stones se posent en rivaux. Il s’agit des Bachelors, un trio irlandais vocalement parfait, qui aimait bien reprendre des vieilles chansons. Même si c’est très kitsch, ils pulvérisèrent des records de ventes en Angleterre, damnant même un peu le pion aux Beatles sur le plan national. Ils avaient un avantage, celui de plaire aux adultes, charmés de réentendre des airs du temps où ils contaient fleurette devant une tasse de thé. Ils connurent un net déclin à partir de 1966. Trois EP’s furent publiés en France, pas si courants que cela et surtout peu vendus, mais peu recherchés. La chanson que je vous propose est extraite du premier paru ici, un clip en playback tiré d’un film. J’ai même lu à quelque part que cette chanson avait été celle qui fut le plus écouté dans les jukeboxes anglais en 1965. Peut-être que la famille royale passait son temps dans les pubs ?

1967 – Scott Walker / Mathilde. La discographie française de Scott Walker est aussi mince qu’un feuille de papier. Quand il quitte les Walker Brothers, il se lance dans une carrière de crooner et ne cache pas son admiration pour Jacques Brel, dont il reprend 9 chansons. Sur son unique et rare EP français, figure sa reprise en anglais  de « Mathilde » qui montre que les Anglais savent faire de l’excellent travail en studio. La magnifique voix de Scott Walker s’est définitivement tue le 22 mars de cette année.

1968 – Dave Widmark / Days of Pearly Spencer. Dans les sixties une pratique très courante des maisons de disques consistait à offrir un panaché des succès de la marque. C’était le cas pour « La Bourse Aux Disques » chez EMI ou « Made In England » et « Dansez Avec » chez Philips. On essayait de présenter le plus possible d’artistes et de titres originaux, propres à la marque. Il arrivait parfois que l’on veuille aussi faire figurer un grand succès du moment, mais appartenant à un artiste enregistrant pour une marque concurrente. Alors on profitait de faire enregistrer une reprise, le plus souvent par un de ces artistes maison dont on ne savait pas trop quoi faire. Alors voici un reprise quasi carbone du « Days Of Pearly Spencer » de David McWilliams par Dave Widmark, remarquez la ressemblance des noms. On la publia quand même sur un 45 tours, aussi rare qu’en cheveu sur la tête à Yul Brynner.

1971 – Noir / Ju Ju Man. Groupe noir anglais qui apparut et disparut très vite. Leur unique album publié par Dawn en Angleterre fut également pressé en France par Vogue. Un 45 trs fut extrait avec cet intéressant « Ju Ju Man ». L’album fait partie des collectors recherchés.

1968 – The Nashville Teens / All Along The Watchtower. Après deux ans de silence total, Decca France s’aperçoit que les Nashville Teens existent toujours et décide de publier leur nouveau single, avec cette reprise de Bob Dylan. C’est aussi l’époque ou Jimi Hendrix l’enregistre pour son plus célèbre album « Electric Ladyland ». La différence entre ces deux versions est énorme. Celle de Jimi Hendrix est pleine de guitare psychédélique et autres effets. Les Nashville Teens nous offrent plutôt une ambiance que l’on pourrait qualifier de pesante et sinistre, mais peut-être supérieure vocalement. Les deux versions ont leur charme, le disque des Nashville Teens offre sans doute un atout supplémentaire pour les collectionneurs, localiser une copie de ce disque est plutôt difficile.

1982 – The Troggs / Black Bottom. En 1982, au niveau du succès les Troggs ne sont plus que l’ombre d’eux mêmes. Pourtant leur nouveau single est très prometteur, il a tout pour faire un tube. Il intéressera seulement quelques nostalgiques et c’est dommage. Ce n’est pas le 45 tours le plus facile à dénicher dans leur discographie.

1964 – Les Tornados / Hot Pot. Le succès déclinant assez rapidement, les publications françaises concernant les Tornados, suivent la même courbe au niveau de la rareté. Cette dernier EP datant de 1964 est sans doute le plus rare. Tout en pensant que nous sommes en 1964, et quand on écoute le titre principal « Hot Pot », il faut quand même admettre que ce disque se démarque très fortement de ce qui se faisait ailleurs, c’est original. Peut-être trop.

1972 – The Smoke / Sugar Man. En 1972,  les Smoke existent toujours, vivant sur la réputation de leur hit « My Friend Jack ». Ils ont recentré leur carrière sur l’Allemagne et sont publiés par le label Basf. On ne peut pas dire qu’ils ne suivent pas la mode. En effet, le titre « Sugar Man » colle assez bien à ce que l’on appelait alors le glam rock qui vit le succès de chanteurs comme Gary Glitter et même Slade ou David Bowie. Ce disque fut aussi publié très confidentiellement en France. L’histoire nous rappelle que des membres du groupe furent derrière la machine disco Boney M. Mais ça, c’est un peu plus tard et une autre histoire.

1966 – Connie Smith / Le Jour Et La Nuit. Un nombre considérable d’artistes étrangers ont enregistré en français, même pour certains alors qu’ils complètement inconnus en France. C’est la cas de Connie Smith une chanteuse de country très populaire en Amérique, dont RCA publia quatre titres dans notre langue en 1966, teinté d’accent ricain. Je suis à peu près sûr que beaucoup d’entre-vous, apprennent aujourd’hui l’existence de ce disque.

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En passant

Bas nylons et chanson en Q

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Dans mes goûts personnels, c’est une de mes chansons de rock and roll préférées. Je l’ai pourtant découverte via deux versions et aucune des deux n’est l’originale. Je vais vous aider un peu, ces deux reprises furent faites par Johnny Hallyday et les Rolling Stones. Vous voyez un titre commun au niveau de ces discographies si vous êtes un peu spécialiste ? Eh bien « Suzie Q » en fait partie. La version originale remonte à 1957 et son créateur est Dale Hawkins. C’est aussi une de ces chansons de rock qui ne mélange pas les interprètes noirs ou blancs, ici elle est typiquement relayée par les Blancs. Ironie du sort elle fut publiée par un label essentiellement noir, Checker, sous-marque de Chess à Chicago. Elle connut un assez grand succès aux USA, mais sa popularité n’arrivera pas jusqu’en Europe, le disque ne fut d’ailleurs pas édité en Europe avant longtemps, à l’exception de l’Angleterre. En France, il fallut attendre 1965 et certainement l’influence de la version des Rolling Stones pour qu’il soit publié sur un rare EP Barclay. L’enregistrement original n’a pas été fait dans les studios Chess, mais dans celui d’une radio locale en Louisiane, avec à la guitare le légendaire James Burton, puis revendu plus tard à Checker. Ce qui posa quelques problèmes à Dale Hawkins pour les crédits de compositeurs. Il la composa sans doute seul ou avec l’aide d’un de ses musiciens, mais Stan Lewis et Eleanor Broadwater virent se glisser dans le copyright pour des raisons futiles. Le premier parce que sa soeur Susan serait l’inspiratrice de la chanson, la seconde parce qu’elle était la femme du directeur de la station de radio où fut enregistré le disque. Pour Dale hawkins ce fut son seul succès, il devra attendre la version de Creedence Clearwater Revival en 1968, pour que l’on se souvienne vraiment de lui. Mais à côté de son légendaire titre, il fut le co-directeur de Abnack records, travailla avec RCA,  et produisit nombre d’artistes connus. Il mourut en 2010, âgé de 73 ans, non sans avoir vu sa fameuse chanson officiellement consacrée comme l’une de celles qui façonna le rock and roll.

L’original, 1957, pour moi sans égal.

Bobby Vee, fut sans doute le premier à en faire une reprise, 1961.

Les Astronauts, en surf, une assez plaisante version, 1963.

Johnny Hallyday, sous le titre « Susie Lou », sur les rocks les plus terribles, 1964.

Les Rolling Stones, bien dans la tradition du son des débuts, 1964.

Gene Vincent, enregistré à Londres, ce n’est pas ma préférée, 1964

Johnny Rivers, a certainement inspiré la version de Creedence Clearwater Revival, 1965.

Les Everly Brothers, toujours au top, 1965.

Les Barbarians, reprise assez différente, publiée sur le EP français, 1965.

Ronnie Hawkins, civilement c’est le cousin de Dale, plutôt bien fait, 1967.

Creedence Clearwater Revival, sans doute la plus célèbre, 1968.

Une belle version bien trash par les fameux Stackwaddy, 1971.

Flash Cadillac, c’est la version que vous pouvez entendre dans « Apocalyse Now », 1979

James Burton, 60 ans après, c’est lui qui joue dans la version originale.

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Exploration musicale en terre inconnue (8)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien de la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.
Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1969 – Albert Ayler / New Generation. Je ne sais pas si la publication de ce disque en 1969 était remplie d’espoirs de ventes, j’en doute. Albert Ayler était un saxophoniste de jazz plutôt progressif. Ici il officie dans un style plus accessible, un peu funky. C’est quand même assez décalé pour l’époque, mais c’est justement ce genre de truc destiné à être reconnu comme génial et précurseur quelques années plus tard. La preuve c’est que ce 45 tours peut se vendra aujourd’hui à plus de 150 euros. C’est de la reconnaissance post-mortem, car il décéda en 1970 dans des circonstances peu claires.

1964 – Pino Donaggio / Io Che Non Vivo. Encore plus que la France, l’Italie a eu des chansons qui s’exportaient bien et qui firent des ravages en étant reprises par des artistes anglo-saxons. Comme ces chansons ne font pas partie de notre culture musicale nationale, on ignore souvent qu’elles ont des origines italiennes. Je pourrais vous citer un tas d’exemples comme « Volare » de Domenico Modugno en 1958. Mais prenons-en une autre que vous connaissez certainement et que vous avez peut-être dans votre discothèque via une de ces reprises. Le créateur en est Pino Donaggio en 1964 et le titre « Io Che Non Vivo ». Elle fut un succès en Italie et le disque fut publié en France, sans que cela impressionne. Mais quand Dusty Springfield reprit cette chanson en version anglaise « You Don’t Have To Say You Love Me », elle devint un de ses plus grands succès et sera propulsée encore plus visiblement quand Elvis Presley la mit à son répertoire. Les ventes se comptent pas millions, sans doute un peu moins pour la version française de Richard Anthony « Jamais Je Ne Vivrai Sans Toi ».

1967 – The Balloon Farm – A Question Of Temperature. Une des belles perles du psychédélique. Ce qui est sûr, c’est que je l’ai jamais aperçu dans les rayons des disquaires en 1967. Heureusement je me suis rattrapé autrement. Indispensable à tous les climato-sceptiques. Repris par Lords Of The New Church dans les années 1980.

1962 – Tuff jack / Tuff Jack. Si vous demandez à un vendeur de collectors de vous procurer le EP français de Jack Marshall, il vous répondra que cela n’existe pas. A moins qu’il connaisse bien ses classiques et qu’il vous propose le EP de Tuff Jack sur Capitol sorti en 1962. C’est le même personnage mais sous un pseudo. Ce disque n’est pas inintéressant, il contient un titre à tendance surf instrumental débutant, qui s’appelle justement Tuff Jack.

1960 – Billy Crash Craddock / I Want That. On ne peut pas dire que parmi les rares publication françaises de cet artiste américain, très connu aux USA et en Australie, il y en a une qui batte ici des records de ventes. Pourtant, si vous êtes un fan de Johnny première époque, il y au moins un titre de lui qui ne vous en pas inconnu. Il l’a adapté en français sous le titre « Oui J’aime Ca ».

1962 – Ken Jones / Joyville. Assez bizarrement, il existe un pléthore de disques destinées à la dance ou à l’ambiance. Tous les catalogues des maisons de disques en sont amplement pourvus avec des ventes souvent très confidentielles. Quelquefois, ils étaient même publiés en France sous licence. C’est le cas pour Ken Jones, chef d’orchestre anglais dont au moins 3 EPs furent publiés en France. Plus tard, il s’illustrera en devenant l’arrangeur musical des Zombies.

1964 Les Relax – Natacha. Les groupes suisses qui réussirent à faire éditer un disque en France ne sont pas légions. Après la réussite des Aiglons avec « Stalactite » un groupe de Genève réussit le coup. Sur un EP Decca figure l’excellent instrumental « Natacha », typique du beat instrumental à la Tornados. Mais ils se firent un peu souffler le succès par un autre groupe suisse, les Four Shakers, dont la version est plus populaire, également publiée en France chez Philips et nettement plus facile à dénicher. Ils publièrent un second EP chanté, uniquement pressé en Suisse, en s’adjoignant les services de Jean-Jacques Egli aux vocaux. Il est un des anciens Mousquetaires de Larry Greco et le co-auteur du fameux « Mary-Lisa ».

1965 – Jay Bentley & Jet Set / Watusi 64. Plutôt un truc de danse pour le jerk ou autres trémoussements, mais ce n’est pas déplaisant, il y a nettement pire. Formation américaine,  son titre connut quand même en France un modeste succès via la reprise des Célibataires « Demain Je Me Marie ».

1966 – Screamin Jay Hawkins – I Put A Spell On You.  Screamin’ Jay Hawkins avait bien remarqué que son grand classique était devenu très populaire via la reprise de l’Alan Price Set et aussi un peu celle de Nina Simone. Alors, il remit le truc sur le métier et en fit une nouvelle version encore plus folle, assez R&B, publiée sur un EP par Decca. Toutefois ce disque est très nettement moins courant que celui de la version d’Alan Price.

1967 – The Blues Project / I Can’t Keep From Crying Sometimes. En discutant avec un collectionneur allemand, il m’a dit que le meilleur label français pour les publications étrangères intéressantes sous licence durant les sixties, c’était Vogue. Si je suis assez d’accord avec lui, pour celui-ci c’est râpé car c’est Polydor qui l’a édité. Les légendaires (et superbes!) Blues Project. Les copains d’école avaient de la peine à comprendre que je préférais écouter cela à la place de Cloclo. Je m’en fous car les belles pièces de collection, elle sont dans la mienne et pas dans la leur.

1965 – Candy & The Kisses – Keep On Searchin’. Eh bien regardons justement une de ces fameuses publications Vogue. Un EP de 1965 sous licence Scepter records d’un trio noir vocal féminin. Cela s’est si mal vendu et c’est si rare que les dernières enchères que j’ai vues pour cette pièce se situent entre 400 et 500 euros. A part ça, c’est tout à fait dans la lignée des Supremes et même encore plus nerveux.

1967 – The Herd – Paradise Lost. Les débuts de Peter Frampton. Alors qu’ils étaient très populaires en Angleterre, Herd fut quasi totalement ignoré en France. C’est dommage car c’était bien dans l’air du temps et très plaisant.

1962 – Lawrence Welk – It’s Not For Me To Say. Encore une musique d’ambiance. Imaginez que vous êtes au cinéma en 1963 pendant l’entracte ou que vous attendez le début du film,  C’est tout à fait le genre de musique que vous auriez pu entendre. Sur cet EP London paru en 1962, qui doit être vraiment rare puisque je n’en retrouve aucune trace à part ma copie, figurent quatre titres du cru. Lawrence Welk est un chef d’orchestre très connu aux USA, peu connu en France, mais moins flamboyant que Henri Mancini.

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En passant

Bas nylons et une fille plutôt grande

 

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C’est une des plus emblématiques chansons de rock and roll, une de celles qui est interprétée indifféremment par les Blancs et les Noirs. Son créateur est bien un Noir, et justice lui soit rendue, il en fit un succès personnel avant que les Blancs l’adoptent. C’est encore et comme souvent une histoire de fille. Celle-ci a l’air d’être assez grande d’après le titre, son créateur Little Richard étant plutôt de petite taille, mais elle s’appelle Sally et a conquis le titre de « Long Tall Sally ». Elle date de mars 1956 et devient le second single à succès pour Little Richard après celui de « Tutti Frutti ». Le crédit des compositeurs est Little Richard, Enotris Johnson et Robert Blackwell et le disque est publié par le label Speciality. Ce label l’engage plus spécialement car il veut son Ray Charles ou son Fats Domino à lui. En 1956, on peut considérer que Little Richard est perçu comme une version violente du rock and roll, de plus il est Noir. Le personnage est assez fantasque, faisant souffler le chaud et le froid dans ses déclarations. Il l’est aussi sur scène, mais jamais au détriment de la musique, c’est toujours un véritable show dans lequel il s’amuse avec le public. Dans une sorte de réponse, on fait enregistrer juste après une version de la chanson par Pat Boone, un mec qui a un peu plus l’air d’un gars tranquille, du moins sur les enregistrements, et surtout c’est un Blanc. Elle connaît aussi un bon succès, mais 60 ans après peu de gens se souviennent qu’il l’a aussi enregistrée. Suivra la même année la version d’Elvis Presley, le départ d’une suite ininterrompue d’innombrables reprises dont j’ai sélectionné celles d’un intérêt particulier. Je me suis limité à un choix drastique.

L’original, 1956.

La version de Pat Boone, 1956.

Elvis Presley, version bien blanchie sans cuivres.

Wanda Jackson, la seule, la vraie, à faire pâlir le précédent, 1958.

Carl Perkins, le moins connu de plus connus, 1958.

Little Gerhard, c’est un Suédois, probablement une des premières versions enregistrées par un Européen, faux live et encore un rock à la Bill Haley, 1959.

Vince Taylor & Playboys, toujours très sensuel, 1961. Il l’a réenregistrera en 1965.

Rocky Volcano, première adaptation française « L’oncle John » aussi repris par les Vautours, El Toro & les Cyclones, Eddy Mitchell.

Eddie Cochran, version publiée 2 ans après sa mort, c’est assez bien vu, Le vocal n’est pas sans rappeler celui de Carl Perkins, 1962.

Les Kinks, premier disque, très originale reprise, 1964.

Gene Vincent en live à Bruxelles en 1963, accompagné par les Sunlights. Quelle ambiance ! Il en fera aussi une version studio en 1964 en Angleterre.

Les Beatles, une des plus belles versions. A l’époque elle parut sur un EP spécialement dédié, 1964.

Les mêmes, enregistré en live en Suède en octobre 1963, c’est donc antérieur à la version studio, mais le document est intéressant.

L’adaptation de Johnny Hallyday pour son album les rocks les plus terribles. C’est du rock très sixties. il en fera une autre adaptation.

Jerry Lee Lewis, grand interprète, au cours d’un show Shindig, 1965. Il existe plusieurs versions de ce titre dans sa discographie.

La version du groupe Jamul, version très spéciale, presque une réécriture 1970

Cactus, là on est dans la pop, 1970.

Scorpions sur l’album « Tokio Tapes » le hard rock porte bien son nom.

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Bas nylons et des records

Je me suis amusé a rechercher parmi les gloires des années 60 dérivées des Beatles, lesquelles de leurs chansons passaient le mieux à la postérité. Je me suis intéressé seulement aux groupes britanniques ayant émergé entre  fin 1962 et 1965. Je me suis basé sur le compteur de Youtube qui a le plus de vues, sans tenir compte de l’ancienneté de la mise en ligne mais en prenant en compte un clip présentant la même chanson qui pourrait avoir eu un nombre de passages significatif.  Il y a malgré tout quelques inconvénients à cela. Par exemple, une vidéo des Animals interprétant « House Of The Rising Sun » qui totalisait plus de 300 millions de vues a été retirée pour une raison que je ne connais pas. C’est énorme pour une « viellerie » et je crois que c’est même le record absolu de celles que je vais vous présenter. Le même clip mis en ligne il y a 6 mois va déjà vers le million de vues, c’est dire si le phénomène est solide. Alors qu’elles sont ces chansons qui attirent les nostalgique, c’est ce que nous allons voir en ne prenant qu’une chanson par artiste, la plus regardée évidemment. C’est aussi parfois un peu étonnant, car même pour un spécialiste comme moi, je suis surpris par certains résultats.

The Hollies – Long Cool Woman – 140 millions. Un hit plutôt tardif.

The Kinks . Lola – 24 millions. J’aurais plutôt imaginé « Sunny Afternoon » ou « You Really Got Me », enfin cette dernière est juste derrière.

The Rolling Stones – Paint It Black – 231  millions. Là, je crois que les paroles plaisent beaucoup aux anglophones. Musicalement, c’est une incontestable réussite.

The Searchers – Love Potion Number Nine – 19 millions. Là encore ce n’est pas la plus connue. Elle n’a pas vraiment été un succès, sauf aux USA où c’est en termes de classement hit parade, leur meilleure réussite. Le clip en playback date de début 1966, trois ans après et juste avant le départ de Chris Curtis. De plus c’est Frank Allen à la basse et plus Tony Jackson le premier bassiste qui assurait aussi les vocaux.

Gerry & The Pacemakers – You’ll Never Walk Alone – 28 millions. Ici pas de surprises.

The Zombies – She’s Not There – 20 millions. Elle est en concurrence avec « Time Of The Season » leur second gros tube enregistré quatre ans plus tard.

The Beatles – Don’t Let Me Down. 348 millions. Ce clip en live où ils interprètent ce qui n’est pas leur chanson la plus populaire, surclasse tous  les enregistrements studios.

Herman’s Hermits – No Milk Today – 12 millions. C’est leur hit le plus international.

Them – Baby Please Don’t Go – 4 millions. On aurait pu penser à « Gloria » internationalement bien plus connu.

The Tornados – Telstar – 4 millions. Le seul instrumental du classement et le premier groupe rock a être no 1 aux USA.

The Yardbirds – For Your Love – 7 millions, clip en live plus regardé que la version studio, l’attrait du visuel sans doute.

The Swinging Blue Jeans – Hippy Hippy Shake – 3 millions. Simple mais efficace.

The Animals – The House Of The Rising Sun – 58 millions, comme dit en introduction, un clip avec plus de 300 millions de vues a été retiré

The tremoloes – Silence Is Golden – 9 millions. Il n’y a pas à dire, les Tremoloes sans Brian Poole ont aligné bien plus de gros hits sans lui.

The Dave Clark Five – Glad All Over – 6 millions. Un des rares groupes anglais qui peut prétendre avoir eu un vingtaine de titres classés aux USA dont la plupart sont des compositions maison.

The Troggs – Wild Things – 17 millions. Une des premières chansons aux relents sexuels autre que du pur romantisme.

The Moody Blues – Nights In White Satin – 42 millions. Qui ne l’a jamais entendue ?

The Small Faces – Itchycoo Park – 11 millions. Ce n’est pas la préférée des radios nostalgiques.

The Who – Baba O’riley – 37 millions. C’est également assez surprenant. Mais le jury a voté !

The Easybeats – Friday On My Mind – 12 millions.  Le clip est excellent, le chanteur ne fait pas que chanter.

Spencer Davis Greoup – Gimme Some Lovin’ – 12 millions. C’est toujours aussi plaisant.

The Nashville teens – Tobacco Road – 2 millions. Cela aurait été difficile d’en imaginer une autre.

 

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