Mes musiques intimes préférées

Etant très occupé à divers projets littéraires, je n’ai pas trop le temps de fignoler des articles cousus de nylon, mais cela reviendra tantôt. En attendant un peu de musique.

A l’heure où les plaisirs de la nuit se confondent avec les étoiles jetées en notes de musique sur la partition des constellations, il m’arrive de rêver aux mille choses qui sont ailleurs et partout. La musique, cette chose merveilleuse qui répand son fluide dans l’oreille pour qu’elle la traduise à notre coeur… de la musique que l’on écoute égoïstement. 

Un château dans les nuages, dans nos désirs

Le genre de musique qui appelle la beauté, la ronde des couples dansant devant les jets d’eau de Versailles… possible…

La plupart des musiciens pop vintage viennent du jazz et parfois ils y retournent. L’un des grands batteurs de cette période, Ginger Baker : Graham Bond Organisation, Cream, Blind Faith, Air Force, n’est pas en reste. Un jazz teinté de rock en trio et des sons qui incitent à la rêverie.

Cette merveilleuse artiste, cette Mama Béa et ce Little Bob qui chantent à la nuit…

J’ai toujours adoré les belles voix, féminines de préférence c’est plus astral! Après avoir pris mon bain de musique pop dans les années 60, j’ai exploré d’autres chemins. J’ai rencontré Pentangle et son folk fait d’ancien et de nouveau. Même aujourd’hui, cela a toujours pour moi la saveur d’un fontaine où coule une eau fraîche et pure.

Une de ces musiques qui vous fouille l’âme, l’écouter et laisser votre moi divaguer…

La musique du film Exodus fut une des premières musiques de films sur laquelle j’ai « flashé », je devais avoir 8 ou 9 ans.  Mais voilà la musique made in Hollywood, c’est parfois une peu indigeste, sirupeux. Quelques années plus tard, j’en ai déniché une version qui convenait mieux à mes goûts.  Et ma foi c’est devenu un de mes obscurs classiques…

A mes yeux et aussi à mes oreilles, la plus belle des Beatles, une des ces quelques chansons dont je collectionne toutes les versions que je trouve…

Nos disques mythiques (20)

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Le succès du fameux « Gloria » de Them a constitué pour les ventes en France une assez belle réussite. Il y a même eu un petit vent de panique chez Decca-France. En effet, la maison française a misé sur une première publication offrant le succès anglais « Baby Please Don’t Go », en fait la version française du EP sorti en Angleterre avec une pochette différente. Sur le simple publié en Angleterre figurait justement en face B le fameux « Gloria ». Le titre est complètement ignoré dans la publication française. Mais par un coup de baguette magique, c’est ce fameux titre qui devient un hit dans pratiquement partout ailleurs, y compris la France. Pour rattraper le coup, Decca ressort 4 titres où il figure cette fois en bonne place. Cette seconde publication est même sans en avoir l’air un sorte de « greatest hits », car elle reprend « Baby Please Don’t Go » avec « Here Comes The Night », le plus gros succès anglais en terme de classement (2 ème en 1965). Il fallait bien évidemment envisager une suite pour la discographie française. Il y avait deux choix possibles, coller à la suite de la discographie anglaise, mais les publications sont plus modestes question succès, ou alors proposer une sélection différente. C’est cette deuxième solution qui est adoptée et ce sera un coup d’éclat doublé d’un de ces mélange de pinceaux chers aux discographies françaises.

Originalement le choix était celui-ci…

Un titre récupéré dans le premier album « Mystic Eyes », et puiser dans les sessions du second album « Them Again » en retenant « Bring Em On In », « Call My Name », « I Can Only Give You Everything », choix excellent.

C’est normalement ce qui aurait dû se passer, mais dans un premier temps les premiers tirages comportent une erreur de titres. Si les premiers titres de chaque face sont corrects (« Bring ‘Em On In  – Mystic Eyes »), les seconds titres jouent « Something You Got – I Put A Spell On You » à la place des titres annoncés. L’erreur sera rectifiée par la suite, mais il existe pas mal de copies avec les mauvais titres en circulation et cela n’est apparent qu’à l’écoute. Encore une autre spécialité, plus sympathique celle-là, « Bring ‘Em On In » et « Call My Name » sont les versions de l’album « Them Again » plus intéressantes que celles sorties sur les 45 tours anglais. Notamment « Bring ‘Em On In » est plus élaboré, le vocal de Morrison plus hargneux, il bénéficie aussi du soutien la guitare de Jimmy Page avec un solo. L’influence du jazz est encore présente. Par la suite, les rééditions mélangeront assez joyeusement versions des albums et des 45 tours sans toutefois préciser lesquelles.

Mais voyons le reste du contenu en détail:

Mystic Eyes – C’est à mon avis un des deux ou trois titres phares de la discographie des Them originaux et je dois l’avouer, un de mes disques préférés toutes tendances confondues. Vocalement, c’est toute la splendeur d’un chanteur (et aussi compositeur) d’exception. Bien sûr les Them, c’est essentiellement Van Morrison, mais dans sa courte carrière, l’ensemble du groupe a laissé quelques souvenirs délectables, celui-ci en est un. A noter encore une particularité, le titre est vraiment plus intéressant dans sa version mono, il sonne mieux. La version stéréo, que l’on trouvera ensuite, hélas, dans la plupart des rééditions est plus fade. Il n’y a pas ce concentré sonore qui figure en monophonie.

Call My Name – Aussi un titre avec une ambiance assez spéciale, un peu insolite, mais combien délicieux. C’est une composition du fameux producteur Tommy Scott.

I Can Only Give You Everything – Je l’ai toujours dit et je le maintiens, sans jamais avoir été un succès, ce titre aux riffs ravageurs est un monument de la musique du 20ème siècle. A voir le nombre de reprises qu’il a enfantées, qui pourrait douter de ses capacités à plaire. C’est aussi une composition de Tommy Scott avec Phil Coulter, plus connu pour avoir composé « Un Petit Pantin » pour Sandie Shaw, mais c’est une toute autre histoire.

Ces quatre titres montrent à l’évidence que cette édition française est un must dans la discographie originale du groupe pour autant que l’on possède la version « correcte ». Il montre aussi que ce groupe est un peu plus qu’une météorite qui a passé dans un ciel orageux. La voix de Morrison lui aurait sans doute valu un séjour dans un asile de fous, s’il s’était mis à chanter cent ans auparavant. Heureusement, il est apparu au moment ou l’on cherchait des talents qui sortaient des sentiers battus. Il avait tout pour cela, avec assez de force pour se hisser parmi les grandes voix, celles qui confinent vers l’éternité avec ou sans Them.

N’ayant pas trouvé la version album sur YouTube, je vous propose ici celle du 45 tours ou le saxophone domine. Toutefois, je vous mets un lien sur Deezer ou vous trouverez la version album, si vous possédez un compte vous pourrez faire la différence ou du moins en écouter un extrait.

http://www.deezer.com/album/11848322?utm_source=deezer&utm_content=album-11848322&utm_term=8337609_1459540469&utm_medium=web

Le Boss et son Canard Branché

Pour les amateurs de musique, j’ai créé une revue en ligne Le Canard Branché

Si vous avez la curiosité d’apprendre pourquoi un disque est dit de collection, il faut aller y faire un tour. Peut-être en avez-vous quelques-uns chez vous en le sachant ou pas. A cours d’un long article, je vous fournis quelques pistes pour vous y retrouver. Vous y trouverez également quelques exemples à travers des discographies d’artistes et quelques histoires insolites à propos d’artistes.

C’est un magazine qui se lit en ligne comme un vrai

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Veillez à ce que leur tombe soit bien entretenue

S’il y a bien un domaine où le décès de quelqu’un, à part de proches,  peut provoquer quelque émotion chez moi, c’est bien la musique. A un moment ou un autre ils nous ont donné un moment de rêve, de bonheur. Il m’arrive d’écrire quelques mots pour des cas précis, mais je ne suis pas très friand de ce genre de nouvelles et pour cause. Il m’a paru quand même intéressant de rappeler le noms de quelques musiciens disparus au cous de l’année. C’est une liste sélective de personnages qui à un moment de ma vie ou plusieurs, ont fait partie de ces petit riens de bonheur. J’en ai vu certains, rencontré d’autres, même furent des potes. En ouverture, un clip de Lou Reed, l’une des grandes disparitions de l’année avec un titre prophétique…

Trevor Gordon, 10 janvier (1948-2013), la moitié du duo des Marbles

Reg Presley, 4 février (1941-2013),  chanteur des Troggs

Rick Huxley, 11 février (1940-2013), bassiste du Dave Clark Five

George Shadow Morton, 14 février (1940-2013), légendaire producteur des Shangri-Las

Tony Sheridan, 16 février (1940-2013), l’homme qui  se faisait accompagner par les Beatles à leurs débuts

Kevin Ayers, 18 février (1944-2013), guitariste de Soft Machine

Jewel Akens, 1 mars (1944-2013), créateur de de « The Birds And The Bees ».

Alvin Lee, 6 mars (1944-2013), guitariste de Ten Years After

Kenny Ball, 7 mars (1930-2013). célèbre jazzman anglais

Peter Banks, 7 mars (1947-2013), membre de Yes

Eddie Bond, 20 mars (1933-2013), chanteur de rockabilly, refusa Presley dans son groupe

Annette Funicello, 8 avril (1942-2013). chanteuse et idole du surf

Jimmy Dawkins, 10 avril (1936-2013), guitariste et chanteur de blues

Richie Havens, 22 avril (1941-2013), chanteur légende de Woodstock

Georges Moustaki, 23 mai (1934-2013), chanteur français

Marshal Lyttle, 25 mai (1933-2013), contrebassiste des Comets de Bill Haley

Little Tony, 27 mai (1941-2013), rocker italien

Johnny Smith, 11 juin (1922-2013), compositeur et créateur de « Walk Don’t Run », le hit des Ventures

Roger LaVern, 15 juin (1938-2013), organiste original des Tornados

Bobby Blue Bland, 23 juin (1930-2013), star de la soul, grosse influence des années 60

André Verchuren, 11 juillet (1920-2013), ancien déporté devenu une star de l’accordéon

JJ Cale, 26 juillet (1938-2013), chanteur créateur de l’immortel « Cocaine »

Mick Farren, 27 juillet (1943-2013), chanteur des légendaires Deviants

Donna Hightower, 18 août (1926-2013), chanteuse de soul

David Garrick, 23 août (1944-2013), chanteur anglais connu pour son hit « Dear Mr Applebee »

Jackie Lomax, 15 septembre (1944-2013), chanteur première publication du label Apple

Marvin Rainwater, 17 septembre (1926-2013) chanteur de rockabilly

Gypie Mayo, 23 octobre (1951-2013) guitariste de Dr Feelgood et les Yardbirds

Lou Reed, 27 octobre (1942-2013) Membre du Velvet Underground et star solo

Peter Haycock, 30 octobre (1951-2013), guitariste de Climax Blues band

Bobby Parker, 1 novembre (1937-2013), guitariste et chanteur créateur de « Watch Your Step ».

My very premiers disques

Si j’ai écouté de la musique depuis tout petit, le plaisir de faire mon propre programme via un tourne disque ne viendra qu’en 1965, les finances familiales le permettant. L’achat d’un simple et bête appareil coûtait une petite fortune. Si aujourd’hui un lecteur CD tout simple coûte deux ou trois dizaines d’euros, en 65 un appareil moyen coûtait environ une centaine d’euros. Grosso-modo, cela représentait 1/5 d’un salaire décent. Bref, je l’ai eu et j’ai enfin pu me lancer dans le début de ma collection de vinyle. En faisant appel à mes souvenirs, je peux reconstituer quels furent mes premiers disques achetés ou entrés en ma possession via un cadeau d’anniversaire par exemple. Ca vous intéresse? Eh bien les voici…
Note: tous ces disques sont encore en ma possession à un exception près.  J’ai reproduit la pochette avec laquelle ils étaient emballés quand je les ai achetés, sauf le premier qui n’en avait pas. Je suis sûr de l’ordre d’achat/possession pour les quatre premiers. Après j’ai des doutes sur l’ordre exact, mais ils figurent bien dans la série de tête

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C’est le premier que j’ai eu en ma possession, un peu avant d’avoir mon tourne-disque. Refilé par un copain qui l’avait acheté en 4 titres, il avait les moyens, il me refila le simple.

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Le premier achat, c’est celui-ci, incontestablement. Je n’ai jamais décollé de ma passion pour ce groupe qui est sans doute celui que j’ai le plus écouté et le plus collectionné. Bientôt 50 ans, ça commence à faire des milliers de passages.

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Le second est radicalement différent. Comme beaucoup d’adolescents de l’époque, j’adorais les Shadows. Dans le plus pur style de ce genre de musique, un groupe qui m’emballa un temps avec un instro qui s’appelait « Natacha ». Pas facile à trouver sur YouTube, sauf ici tiré d’un pressage japonais qui gratte bien, mais en stéréo.

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Le troisième, Dick Rivers, cette histoire de train qui passe au dessus de la vallée.

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Le premier 33 tours que j’ai possédé, pas acheté mais offert, fut celui de Hugues Aufray à l’Olympia. Je dois dire qu’il m’a bien aidé à remonter aux sources du folk. C’est le genre de truc que j’ai une certaine peine à réécouter maintenant, mais celle-là je l’aime encore bien.

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Réunissant toutes mes petites économies, j’ai franchi le pas de mon premier achat de 33 tours. Je dois dire que je l’ai autant choisi pour la pochette que pour le contenu. En 1965, un groupe cassait la baraque avec une chanson de Dylan « Mr Tambourine Man », je veux bien sûr parler des Byrds. Ce hit changea un peu la face du monde, du moins celui musical. Dylan n’avait pas encore tout à fait installé l’électricité chez lui, il semble bien les Byrds décidèrent de lui faire franchir définitivement le pas, après avoir entendu ce que les Byrds avait fait de son homme au tambourin en le mettant sous haute tension. Je le considère encore comme un album essentiel dans ma discographie. Cette pochette avec la photo prise par un oeil de poisson et les lunettes rectangulaires de Jim Mc Guinn, m’avaient complètement flashé. Après toutes ces années, la chanson que j’écoute encore avec délice, c’est « It’s No Use », titre que je trouve génial d’invention et de sonorité pour l’époque.

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C’est sans doute plus facile de se rappeler le 33 tours que les 45 tours, car ils étaient moins nombreux. Le 3ème album fut le toujours fameux « Live At Marquee Club » enregistrée par les Yardbirds. J’avais tellement adoré « For Your Love » que je me suis lancé dans l’achat de ce disque. Par rapport au côté commercial du hit, on tombait ici dans quelque chose de différent, je ne m’en suis pas tout de suite rendu compte, mais je mettais un pied dans la musique noire et le blues. Après un temps d’hésitation, j’ai adoré. On peut souligner l’importance que peuvent avoir les premiers disques, avec un peu de curiosité on remonte les sources pour d’autres découvertes. Hugues Aufray pour le folk, Eddy Mitchell, Dick Rivers pour le rock, les Yardbirds pour le blues, vous comprenez pourquoi j’ai l’air de connaître la musique, si je puis dire. Tout est parti de là. Sur cet album, en ouverture, leur fameuse version d’un titre de Chuck Berry…

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Le suivant, je m’en souviens, je le guettais car il passait tous les jours à Salut les Copains. ce fut mon premier achat pour un chanteur que j’ai fidèlement suivi jusqu’à aujourd’hui.Il possédait une voix et il a adapté des trucs anglais qui supportent la comparaison avec les originaux. Mon plus grand plaisir fut de discuter avec lui bien des années plus tard, alors « Tout Ira Très Bien »!!!

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J’ai toujours apprécié la France Gall des années 60, celle d’après dans un moindre mesure. Elle alignait des chansons originales quand tout le monde faisait des adaptations ou presque. Son père et Gainsbourg furent parmi les « fournisseurs ». Le premier acheté fut celui-ci, cette charmante et très courte chanson…

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Quand j’avais un peu d’argent et que les Yardbirds avaient sorti un disque, ben… je l’achetais! C’est ainsi que « Heart Full Of Soul » est arrivé chez moi. C’est encore aujourd’hui un de mes disques préférés, c’est tellement beau. Ah ils savaient faire des beaux trucs en 1965. Sur Youtube, on le trouve plusieurs fois, mis en ligne par un tas de monde. Malheureusement, certains amateurs mettent cela en ligne d’après des disques remixés au son horrible. Alors j’en ai pris un qui sonne exactement comme le vinyle d’époque.

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En 1965, entre les Yardbirds et les Kinks on pouvait hésiter. Si chez moi les Yardbirds l’ont emporté, je vénère aussi les autres. Quelle classe!

Après ces premiers achats qui se situent entre l’été et l’automne 65, il m’est pratiquement de me rappeler une suite logique. Les choses s’emballèrent un peu question quantité. Un coup de chance financier qui arriva à mon père, fit que je pus en profiter dans une certaine mesure et m’acheter pas mal de disques. De plus, je ne rechignais pas à acheter des disques soldés à un franc ou deux. Tout ce dont je me souviens c’est que je mis dans ma collection juste après, à part ceux dont je parle dans l’article, des artistes comme les Animals, les Pretty Things, les Searchers, les Zombies, Buddy Holly, Eddie Cochran, Jerry Lee Lewis, ce n’est que le départ d’une longue série…

Des cadeaux à la manière des Beatles

Le succès des Beatles repose pour une grande part sur la facilité du duo Lennon et McCartney pour trouver les petits trucs qui font qu’une chanson accède à un semblant d’éternité, certaines plus que d’autres. Si cette musique avait de quoi faire hurler les parents, ils peuvent ravaler leur venin, on les enseigne maintenant dans les écoles, entre « A la Claire Fontaine » ou un texte de Desnos.  Je ne connais pas une de leurs chansons originales qui n’aie pas fait l’objet de quelques interprétations par d’autres artistes. Il y en avait assez pour remplir tous leurs albums et leurs 45 tours, et même plus. Certains artistes concurrents bénéficièrent même d’un truc de gratifiant, une chanson en provenance des Beatles rien que pour eux. C’était pratiquement la possibilité de faire un tube sans trop se casser la tête. Passons en revue les artistes qui profitèrent de cette manne inattendue pendant la période 1963-1965, époque où ils dominaient tous les rêves des adolescents.

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Une photo de famille en quelque sorte. Quelques artistes managés par Brian Epstein. De gauche à droite:  (Beatles): John Lennon – Ringo Star – George Harrison – Paul McCartney / (Gerry And The Pacemakers):  Gerry Marsden – Freddie Marsden – Les Chadwick – Les Maguire / Billy J Kramer And The Dakotas): Robin McDonald – Mike Maxfield – Billy J Kramer – Ray Jones – Tony Mansfield -/ Brian Epstein.

Billy J Kramer et son groupe les Dakotas furent ceux qui en profitèrent le plus,  ils étaient produits par George Martin, managés par Brian Epstein, qui s’occupaient aussi des donateurs. Leur premier tube « Do You Want To Know A Secret » est aussi une chanson des Beatles, mais elle figurait sur leur premier album et ne leur était pas spécialement destinée. Par contre la face B « I’ll Be On My Way » est bien un inédit des Beatles, qu’ils chanteront de temps en temps en concert. Pour la suite, Martin et Epstein arrangèrent bien les choses, ils fournirent des exclusivités qui permirent à Kramer d’obtenir de grands succès pendant deux ans. Voici toutes les chansons qui concernent cette période, celles qui furent strictement interprétées par le groupe en premier et publiées sur disques . On reconnait quand même la « patte » des Beatles sur certains.

Paul McCartney avait une petite amie de nom de Jane Asher. Cela tombait bien car son frère chantait dans un duo nommé Peter And Gordon. Il leur offrit, « A World Without Love » qui devint un très grand succès, managés par Brian Epstein. La suite fut un peu moins brillante malgré deux autres composition de la même provenance.

Ray et Dave Davies des Kinks avaient une frangine qui s’appelait Megan et qui jouait de la guitare basse au sein des Applejacks. Après un bon succès « Tell Me When », pour le disque suivant, Decca essaye de mettre le paquet et leur fait enregistrer « Like Dreamers Do », signé John et Paul. Ce n’est pas exactement un cadeau des Beatles. On sait presque tous que les Beatles ont auditionné pour Decca, mais ils sont recalés. Lors de cette audition les Bealtes ont interprété une de leurs premières compositions, justement le titre en question. Il est repêché et devient par ce coup de pouce un cadeau détourné. Malgré le charme assez évident de cette chanson, il n’obtiendra qu’un modeste succès.

Tommy Quickly fait partie de ces chanteurs qui se lancèrent à la poursuite des Beatles, sans jamais les rattraper. Sa chance fut d’être managé par Brian Epstein. Pour son premier disque, il réussit à lui fournir une chanson des Beatles « Tip Of My Tongue » qu’il enregistra pour la label Piccadilly en 1963. Cela ne suffit pas à lui apporter la notoriété. Son seul petit succès se manifesta l’année suivante avec « Wild Side Of Life » qui n’a rien à voir avec les Beatles. Cette mise en lumière attira l’attention de Vogue en France qui publia le titre en y incluant la fameuse chanson de Lennon et McCartney. Edité en 4 titres avec pochette illustrée, il est très recherché par les collectionneurs de Beatlemania. C’est en gros la seule raison pour laquelle on se rappelle de lui aujourd’hui.

Toujours sous la houlette de Brian Epstein, les Fourmost se virent aussi attribuer une chanson des Beatles pour leurs débuts « Hello Little Girl ». Cette chanson ne fut jamais exploitée réellement par les Beatles, elle fait aussi partie de l’audition chez Decca. Il fut d’abord proposée à Gerry & Pacemakers, qui l’enregistrèrent, mais qui ne fut pas publiée. Finalement, ce fut les Fourmost qui en profitèrent en en firent un bon succès, qui fut suivi d’un autre de même provenance « I’m In Love ».

Avec Dusty Springfield, Cilla Black fut la chanteuse anglaise la plus populaire dans son pays au cours des sixties. Aussi managée par Epstein, il lui fit refiler « Love Of The Loved », une autre chute des sessions Decca. Elle obtint un modeste succès, mais fut la rampe de lancement pour sa grande et longue carrière. Elle obtint un plus grand succès l’année suivante avec un autre titre portant la prestigieuse signature « It’s For You ».

PJ Proby fut une sorte de star dont on cultiva le sens de l’excès que ce titre peut comporter. Il trouva en Angleterre le succès qu’il chercha en vain dans son Amérique natale. Il bénéficia lui-aussi d’un apport Beatles avec  « That Means A Lot ». Cela n’ajouta, ni n’enleva rien à son semblant de gloire.

Le dernier de cette liste est vraiment une obscurité dont on ne parle presque pas et dont on sait pas grand chose. Le groupe The Strangers with Mike Shannon (rien à voir avec le second chanteur des Chats Sauvages), enregistra « One And One Is Two », après semble-t-il, le refus de Billy J Kramer et des Fourmost. Enfin la voici…

L’histoire n’est pas finie. Par la suite il y eut d’autres artistes qui eurent la chance d’avoir une spécialité offerte par Lennon, McCartney ou les deux. Notons que la signature du duo fait toujours cause commune. Certaines chansons sont plus le fait de l’un ou de l’autre, mais attribuées aux deux. Mais c’est quand même entre 1963 et 1965, que chanter un titre inconnu des Beatles a le plus de prestige.

Quelle belle histoire et que de souvenirs qui vont se raconter dans les maisons de retraite, très bientôt.

Salut papa, ça c’est de la musique

 Au centre: mon père en 1911

Pour une fois je vais parler famille, de mon papa à moi. Mon père, ce héros au sourire charmeur, m’a sans doute laissé un peu de lui à quelque part. Ma famille c’est toute une histoire, grâce à lui. Figurez-vous qu’il est né en 1889. C’est dire qu’il aurait atteint l’âge respectif de 123 ans, s’il vivait toujours au moment où j’écris ces lignes. Ce qui pourrait faire penser que le Boss n’est pas loin d’être centenaire. Ouh là là, il s’en faut encore d’un bout, d’accord j’en ai bien fait une grande moitié, mais je ne suis même pas en retraite. Pour bien comprendre l’histoire, il faut que je la raconte. En 1914, juste un ou deux mois avant la déclaration de la guerre, il s’est marié avec une dame, c’est tout naturel. Ils vécurent heureux mais n’eurent pas beaucoup d’enfants, mais quand même une fille qui est née en 1915. Elle vit toujours et elle risque bien de devenir centenaire. Pour parler état civil, c’est ma demi-soeur. En 1946, sa femme est décédée. Resté veuf, il  occupa sa vie à boire du thé avec de la cannelle et à bouffer de la picata, il adorait ça. Mais quelques années plus tard, une belle Italienne qui passait par là, de vingt ans plus jeune que lui, ne sût pas résister à son baratin et ils se marièrent. De cette union naquit un fils et me voilà. Vous comprenez mieux maintenant les raisons de ma présence ici. Bien qu’il fut presque à l’âge de la retraite à ma naissance, il prolongea sa vie encore un bon bout de temps puisqu’il mourut à 90 ans. Nous avons fait du chemin ensemble. S’il y a une chose que j’ai héritée de lui, c’est bien sa passion pour la musique. A la différence près qu’il détestait à peu près tout ce que j’aimais. Lui, c’était l’opéra et il fit pendant des années partie de la fanfare municipale du coin dans un style musical un peu plus allégé. Il jouait de la trompette, plutôt bien je crois, car on voulait l’engager dans la fanfare de la Garde Républicaine à Paris. N’ayant que peu de goût pour tout ce qui était militaire, comme moi d’ailleurs, il les envoya se faire cuire des oeufs. Heureusement car je ne serais sans doute pas ici. Mais revenons à la musique…

La radio était branchée en permanence dans l’appartement familial. Je n’en perdais pas une miette. Je me souviens de certains succès, les premiers qui attirèrent mon attention. Il y avait « Bambino », « Sous Les Ponts De Paris », « L’eau Vive », pour les rengaines. Et puis un peu plus dans ce que j’allais adorer pour la suite, un peu tout ce qui vient après « T’aimer Follement » de Johnny. Je me contentais de la radio en écoutant toutes les émissions qui diffusaient de la musique moderne, Europe 1 et autres.

A partit de 1965, j’ai eu ce que je voulais, un tourne-disque. Alors a commencé pour moi, ma grande passion, acheter des disques et les écouter en boucle. J’en ai vite eu des centaines. Comme je le disais, musicalement tout  m’opposait à mon père. Tout amateur d’opéra qu’il était, il céda quelquefois à la tentation d’écouter des trucs que l’on pourrait qualifier de yéyés et dont certains convenaient pas trop mal à mes oreilles d’alors. Je lui servais de rabatteur, il me filait du pognon et j’achetais les disques en question, qu’il écoutait quant je n’étais pas là. Dans une sorte d’hommage que je lui fais, en le remerciant de m’avoir transmis ses chromosomes de la gamme de sol, et aussi de m’avoir donné une belle enfance, j’en ai dressé une petite liste. Vous verrez, il y a des trucs assez inattendus,  vous pourrez écouter ce que plus de 60 ans de différence d’âge, pouvait éventuellement unir musicalement.

Oui papa, ça c’est aussi de la musique, heureusement que tu t’en es aperçu!

Celle-là, elle l’emballa littéralement

Si il en aimé une de Johnny, c’est bien cella-là

Là il poussa l’investissement jusqu’à me demander d’acheter le 33 tours

Ici on reconnait le père amateur d’opéra, Jay Black ne fut qu’un chanteur de variétés, mais il avait un potentiel pour faire d’autres choses

Moi j’avais le disque et j’écoutais surtout « Oh Pretty Woman », mais il fut charmé par cette petite opérette. Du rock à l’opérette, Roy Orbison était l’un des plus grands chanteurs du 20ème siècle, même un Frank Sinatra peut sembler pâle à côté

Bien avant de se marier avec Joan Collins, Mr Holm chantait de charmants trucs plein de sirop

Dans cette série, la seule où j’aurais volontiers mis des boules trucs, c’est bien celle-la