Espace temps musical

Des trucs que j’écoutais dans les années 80 et que j’écoute encore maintenant, si, si! Dans la mesure du possible, j’ai recherché des clips ou des versions en live.

Des Australiens assez peu connus ici.

Un petit air de rockabilly, mais léger.

L’une des meilleures découvertes des années 80 et mon meilleur concert.

Une jolie reprise des 13th Floor Elevators.

Un mec que j’aime bien encore aujourd’hui.

J’ai jamais aimé l’armée, mais là je fais une exception, j’aime bien ces vocaux tourmentés et ces riffs du guitare.

La sagesse tranquille des Nits, assez envoûtant.

Un petit relent de psychédélique vers la fin des années 80

Les dieux d’une nouvelle église où j’ai pas mal écouté la messe. Stiv Bators, le chanteur trop fou pour vieillir.

Beaucoup plus calme, mais joli.

Un autre groupe que j’ai écouté à mort.

Les Turbines, du garage moderne même en self-service. Le chanteur me rappelle quelqu’un, vous voyez qui ?

Bas nylons et un moulin dans la tête

Nous allons explorer une chanson qui a ses origines en France, d’un compositeur français, qui est en fin de compte plus connue dans les pays anglophones, mais dont les origines sont allemandes  via un certain Mozart. et dont la première version moderne est enregistrée par un champion de ski qui participa aux Jeux Olympiques, et qui devient populaire à travers la bande originale d’un film. Tout un programme !

Le compositeur en est Michel Legrand, qui vient de décéder récemment, et la chanson « Les Moulins De Mon Coeur ». C’est un des compositeurs que j’aime bien, qui avait attiré mon attention il y a très longtemps avec une chansons où il revisitait très gentiment le phénomène des yéyés et qui s’appelait « 1964 ». Sans le suivre avec fidélité, c’est un des artistes qui figure dans ma discothèque avec quelques albums. Mais la chanson dont je parle dans cet article est la première qui me vient à l’idée. Pour être honnête, ce n’est pas par le film que j’ai découvert la chanson, mais par la version pop du groupe Vanilla Fudge.

Après le succès des « Parapluies De Cherbourg », Michel Legrand tente une carrière à Hollywood. Il n’est pas tout à fait un inconnu là-bas, mais il n’est pas non plus accueilli avec le tapis rouge. Il est apprécié de Quincy Jones et Henry Macini, ce qui l’aidera quelque peu. Les choses vont bouger quand le réalisateur Norman Jewison qui vient de tourner « L’Affaire Thomas Crown » avec Steve Mc Queen et Faye Dunaway, le sollicite. Jewison ne sait pas comment monter son film, il n’a pas encore de fond musical. Il fait appel à Legrand qui lui propose de composer 90 minutes de musique qu’il pourra servir pour le montage de son film. C’est une nouveauté, car à Hollywood on travaille à l’envers, la musique vient se coller après le montage du film. Le thème principal du film que Legrand a travaillé sur une pièce de Mozart,  est confié à Noel Harrison (1934-2013), un Anglais entre deux continents. Ce n’est pas tout à fait un inconnu. C’est un fils à papa, il est le fils du célèbre Rex Harrison. Mais il se débrouille plutôt bien tout seul, car il se fait connaître d’abord comme champion de ski. Par la suite, il vient au cinéma et à la chanson, domaines dans lequel il ne réussit pas trop mal. Il est l’agent Slate dans la série « Annie Agent Très Spécial ». Doté d’une très jolie voix, il a un premier petit succès en 1966 avec une adaptation d’un titre que Charles Aznavour a écrit pour Edith Piaf, « Une Enfant » en 1951. Mais le vrai succès viendra avec la fameuse chanson du film. En effet, elle obtiendra quelques récompenses dont l’oscar de la meilleure chanson originale en 1969. Elle n’est pas no 1 au hit-parade, mais elle deviendra très rapidement un standard incontournable, les reprises sont nombreuses. Michel Legrand en fera lui-même peu après, une version française avec un très joli texte, digne des beaux textes de la chanson française.

L’air de Mozart qui a inspiré Michel Legrand.

La version de Noel Harrison en playback, 1968.

La version française originale studio de Michel Legrand, 1968.

Le version pop de Vanilla Fudge, 1969.

Le version de Dusty Springfield, 1969.

Jose Feliciano,  un excellent « faiseur » de reprises, en live 1969.

Evidemment transposée en jazz par le compositeur avec Claude Bolling, 1984.

Une version par Sting, 1999.

Patricia Kaas, en français, 2002.

Version symphonique japonaise

Une version en arabe récente.

A propos de moulins, un vieux dessin animé de Walt Disney datant de 1937, une perle à redécouvrir.

 

divers et variés

Quelques titres extraits de discographies, quelques documents, d’artistes plus ou moins connus, cela dépend beaucoup de vos connaissances en la matière, mais vous avez ici un chance d’en savoir un peu plus.

Commençons en douceur avec les Mojos, un de ces titres qui sent bon Liverpool et les Beatles. Aurait-pu être un hit.

En 1966, j’avais tout de suite croché avec ce titre des Them qui figurait sur le 3ème EP français. Un titre assez décousu avec des influences de jazz. Je l’avais enregistré sur une cassette pour mon magnétophone et il m’arrivait de l’écouter en présence de copains ou copines. Ils trouvaient cette musique débile, évidemment cela les changeaient de Johnny ou Cloclo

En live, le premier disque des Yardbirds, sans doute un des groupes où je possède la plus belle collection, j’ai même un pressage iranais, c’est vous dire.

Aussi un groupe qui fit partie de mes premières écoutes dans le genre, c’est le même producteur que les Yardbirds.

Un mec un peu délaissé, il a pourtant fait des trucs intéressants.

La première fois que j’ai entendu cette version de ce célèbre titre, je me suis immédiatement dit que Vince Taylor s’en était inspiré pour sa reprise quelques mois plus tard.

Phil May, le chanteur des Pretty Things avait formé dans les années 70 les Fallen Angels. Ce n’était pas inintéressant. Repris par Nino Ferrer en France.

Un mouture de Deep Purple, Rod Evans, Ian Paice avec cette excellente version du standard de Bob & Earl. Acheté 1 franc en 1968, belle affaire.

Un clip exceptionnel avec des stars de l’époque et d’autres en devenir. Les Animals avec une section cuivre. accompagnent dans ce boeuf : Stevie Winwood, Rod Stewart, Julie Driscoll, Long John Baldry, et bien sûr Eric Burdon. 1965 Richmond Jazz Festival, Brian Epstein est un des producteurs.

Une belle prestation du Spencer Davis Group où l’on retrouve Stevie Winwood dans une version de « My Babe » pas celle de Little Walter / Willie Dixon, mais celle des Righteous Brothers.

Un titre assez ambitieux pour 1965 par Mickey Finn. C’est un guitariste de cuvée supérieure, pas vraiment célèbre, mais très apprécie. Il a travaillé en France avec Nino Ferrer et Jacques  Higelin.

 

 

Bas nylon et une chanson qui valait plus que Dale

 

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Il est indéniable que la part du folklore ou des chansons traditionnelles dont l’origine se perd dans la nuit des temps, est loin d’être absente dans la musique moderne. Des chansons connues comme « J’Entends Siffler Le Train » ou « Le Pénitencier » viennent de là. Reste à trouver le petit truc et le succès qui les fera passer à la postérité de manière définitive. Un habile arrangement ou un peu de réécriture amènent quelquefois le déclic espéré. Nous allons revisiter un instrumental rendu célèbre par Dick Dale « Misirlou ». Les origines de la chanson viennent de bien loin, de bien plus loin que la Californie où elle a vu le jour dans sa version moderne.

Bien qu’incertaine géographiquement, l’origine exacte de la chanson se situe dans un des pays de la Méditerranée du sud-est. La Grèce, la Turquie, l’Egypte sont les plus évoqués. Un style musical est loin de s’arrêter à la frontière d’un pays. Même entre la Grèce et l’Egypte, on peut retrouver des similitudes sur les mélodies et la manière de chanter, d’autant plus que l’Empire Ottoman a modelé la culture du coin pendant longtemps. Dans les versions traditionnelles de « Misirlou » on sent l’inspiration arabe, mais on est pas trop étonné de l’entendre chanter en grec, car c’est avant tout une chanson. Encore aujourd’hui, le débat sur les origines n’est pas clos, chacun voyant un peu midi devant sa porte. Même le titre est un peu différent selon la langue dans laquelle elle est interprétée, le titre sous lequel on la connaît maintenant « Misirlou » ou « Miserlou »semble être le grec, mais elle parle d’une femme qui est probablement égyptienne. Voilà pour les origines.

Dick Dale est bien entendu connu de tous les amateurs de guitare surf, dont il est incontestablement le pionnier. Il est avec Link Wray l’un de ceux qui inventèrent quelque chose de nouveau au niveau de la technique de la guitare vers la fin des années 1950. Ce n’est pas tout à fait par hasard s’il connaît la chanson, car il a des origines libanaises et dans sa famille de musiciens, il arrive qu’elle soit jouée. Une des particularités de la mélodie est qu’elle peut être, selon les instruments, jouée sur la même corde. Dick Dale à lui-même la particularité d’être gaucher et de jouer avec les cordes inversées, c’est à dire les cordes aiguës en haut. Après avoir signé un contrat avec Deltone, puis Capitol, et après avoir publié des disque vocaux à partir de 1958, il peaufine ce qui deviendra son style propre et « Misirlou » fera tout naturellement partie des titres qu’il met à son répertoire. Sorti en 1962, le disque n’obtient aucun classement dans un quelconque hit-parade, mais malgré tout il fait grosse impression et les reprises s’enchaînent les unes dernière les autres. L’inclusion du titre, entre autres, dans le film « Pulp Fiction » relança passablement l’intérêt pour Dick Dale, même s’il est un de ces rares musiciens qui n’a pas vraiment besoin de succès commerciaux pour exister, il est une vrai légende et on ne peut pas interpréter sa musique sans le connaître.  A plus de 80 ans, il se produit encore sur scène maniant sa guitare avec une dextérité folle, tout juste s’il ne fait pas des sauts périlleux en jouant de la guitare.

Le EP français de 1963

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La première version enregistrée connue, Grèce 1927.

Le version « originale » studio de Dicd Dale, 1962.

Dick Dale avec son groupe les Del-Tones en live, 1963.

Une assez belle reprise par les Astronauts, un groupe du Colorado, 1963.

Une version vocale par Chubby Checker, 1962.

La version des Beach Boys, 1963.

La version des Chaussettes Noires, assez loin du surf, mais plutôt original, 1964.

Dans le film Taxi, joué par Patrick Abrial, 1998.

Un de ces massacres modernes samplé par les Black Eyed Peas, qui a sans doute rapporté pas mal de fric à Dick Dale, car c’est sur sa version, 2006.

Même les Brésiliens aiment ça, très belle version, 2012.

Une version tzigane jazzy, 2013

Le Maître en 2018

Pour le plaisir regardez le bonhomme dans 2 morceaux plus véloces, c’est son fils à la batterie, 2016.

Videos de derrière les fagots

Des vidéos sorties d’on ne sait où, soigneusement cachées pendant des années, avec un petit goût de jamais vu. Je pense qu’il doit y avoir une sacrée réserve dans quelques coins obscurs. Heureusement, de temps en temps une bonne âme se charge de leur redonner un semblant de vie. Superbe !

Un medley des Searchers probablement à la fin des années 60, d’après la binette des membres et les habits du public. Surtout regarder les attitudes du public.

Les Searchers toujours,  playback d’un de leurs titres empruntés à Barbara Lewis. Qualité image pas top, mais on peut pas tout avoir. 1964.

Les Hollies à leurs débuts font irruption dans un film, un titre très peu connu.

Les Applejacks avec un titre des Beatles datant des sessions Decca « Like Dreamers Do » et que la marque récupéra pour le groupe. 1964.

Unit Four Plus Two qui eurent leur heure de gloire tentent avec un titre assez peu accrocheur de rester dans le coup. 1965.

Les Ronettes en live dans un titre bien connu, mais pas tellement par elles.

Les Rattles, le groupe no 1 des sixties allemandes, dans un extrait de film qu’il tournèrent avec l’intention de faire un truc à la « 4 Garçons Dans Le Vent ». 1965.

Ce farfelu de Screamin’ Lord Sutch, son coup le plus fameux fut de postuler aux élections britanniques. A Provins en France, c’est assez surréaliste.1966.

Dans le même style, Arthur Brown, un playback sur un autre de ses titres car on se rappelle surtout de « Fire », 1968.

Cliff Richard & Les Shadows en live avec les Vernon Girls à la danse. 1961

Los Brincos, ils sont toujours là, ça fait plus de 50 ans.

British Pathé a de très bonnes archives. Voici un petit reportage sur Dave Clark Five, un groupe anglais très populaire spécialement aux USA où ils eurent 16 entrées dans le hit parade national et plus d’une douzaines d’albums publiés durant leur existence entre 1963 et 1970. Ils avaient dans la bande un duo de compositeurs, l’organiste Mike Smith et le batteur Dave Clark, presque aussi prolifique que Lennon et McCartney. Dave Clark fut un personnage aussi très avisé, il était le producteur, ce qui lui permettait d’avoir un contrôle total sur la carrière du groupe. Il est aussi l’un des seuls a avoir autorisé un website où l’on peut entendre gratuitement et en intégral une belle sélection  de ses productions . A l’exception d’un double CD qui contient les singles du groupe, il n’existe pas vraiment de rééditions sur ce format, mais passablement de copies pirates existent en Russie et au Japon.  Voici ce reportage dans les coulisses et sur scène.

 

Bas nylons et une chanson qui explose

Les musiciens blancs ont souvent puisé sans vergogne dans le répertoire noir. Dans le plus honnête des cas, les droits d’auteur furent furent versés à qui de droit, mais ce n’était pas toujours la règle. Par contre dans quelques cas, les Noirs peuvent remercier les Blancs, car grâce à une reprise bien ciblée, certains interprètes noirs naviguant dans une certaine obscurité se firent élever au rang de stars et gagnèrent des fortunes considérables. L’Europe, et spécialement l’Angleterre, furent vraiment les détonateurs de cette mise en lumière. A la fin des années 1950, grâce à des musiciens comme Alexis Korner, Cyril Davies, la musique noire, plus spécialement le blues, se fait petit à petit apprécier dans les clubs anglais. Deux producteurs allemands, Horst Lippmann et Fritz Rau, décident de faire venir en Europe une sélection d’artistes américains du cru, dont certains sont déjà assez connus, mais très souvent encore cantonnés dans le ghetto noir. Ce sera l’American Folk Blues Festival qui tournera dans plusieurs pays dont la première édition aura lieu en 1962 et suivra régulièrement pendant un dizaine d’années. La télévision allemande aura le bon goût d’enregistrer une bonne partie de ces concerts, des documents inestimables aujourd’hui. A la grande surprises des artistes, ils sont considérés comme des vedettes, il n’y a aucune trace de racisme, et cerise sur le gâteau, ils sont admirés. Des musiciens blancs considèrent également que c’est un honneur de jouer avec eux, les Animals et les Yardbirds furent les premiers et s’y colleront avec Sonny Boy Williamson, deuxième du nom. La machine est lancée et ne s’arrêtera plus.

Quand John lee Hooker enregistra « Boom Boom » en 1961, il aurait pu penser que ce serait un disque de plus dans sa discographie déjà pas mal étoffée. Le titre de la chanson en lui-même n’est pas très original, ce mot avait déjà été employé dans d’autres titres. Comme en français, ce mot est la transcription grammaticale du bruit d’une explosion, d’un coup de feu, d’un battement de coeur. C’est dans le sens du coup de feu qu’il est employé dans la chanson de Hooker, qui promet à sa belle les pires maux si elle ne le suit pas à la maison, tellement il en est épris. Le disque se fit remarquer mais sans plus, au moment de sa sortie. Il fallut comme pour « House Of The Rising Sun » (Le pénitencier), que les Animals gravent leur version en 64, dans une version assez trépidante, pour qu’elle s’envole. Très populaires, tournant sans cesse, le chanson de Hooker fait partie aussi des répertoires des concerts. Comme c’est une chanson quand même assez facile à retenir, elle gagna vite une grande popularité, renforcée par sa présence dans la discographie du groupe. Les Yardbirds l’avaient déjà reprise comme une démo qui sortira plus tard. Elle devint vite un standard pour tous les groupes ou chanteurs qui s’engouffrèrent dans la voie du blues revisité, ouverte justement par les Anglais. C’est une chanson très indiquée pour chauffer une salle, mais elle laisse la place à une grande improvisation. Elle n’échappa pas aux groupe français, les Missiles, qui en fit une version dans la langue de Molière, justement nommée « Boum Boum ». En 1970, elle connut un regain de popularité via le version de C.C.S. qui eut un hit avec une version instrumentale de « Whole Lotta Love » de Led Zeppelin, en figurant sur la face B. Pour ceux qui ne le savent pas, ce groupe était une réunion de musiciens top niveau, menés justement par Alexis Korner. Ce fut une des rares occasions qu’il eut de figurer dans un hit parade. Le version proposée était par ailleurs très originale, quand on la compare aux autres. Le créateur ne se priva de l’enregistrer ou l’interpréter avec divers musiciens de renom, pour eux c’était facile, tout le monde la connaissait. Elle figure également dans le film des Blues Brothers et dans la bande du film de Dennis Hooper « The Hot Spot » un thriller brûlant et érotique avec Don Johnson. Vers la fin de sa vie, Hooker ouvrit un club à San Francisco, le Boom Boom Room.
Si les droits d’auteur ont été justement reversés, ce qui n’est pas évident quand on est un artiste noir et en plus un bluesman, John Lee Hooker doit avoir gagné une sacrée fortune rien qu’avec ce titre.

Le premier disque français de John Lee Hooker paraît en 1959 sur le label Top Rank, alors qu’il enregistre depuis dix ans. La suite des publication françaises est assez dispersée entre différents labels, il faut avoir à l’esprit que le blues en France n’intéresse qu’une minorité. Les bluesmen eux-mêmes changent très souvent de maisons de productions au gré des contrats qu’on leur offre et réenregistrent souvent de nouvelles versions d’anciens titres. Son fameux succès ne fut pas publié en France au moment de sa sortie.

La version originale, 1961.

En live probablement 1964, accompagné par une mouture de ce qui deviendra plus  les Groundhogs.

Le version des Animals, le détonateur 1964.

La version des Yardbirds, 1963, plus une démo qu’un véritable enregistrement, 1963.

Les Animals en live 1965, une version assez endiabléé ça commence vers 1’30.

Adaptation française par les Missiles, en playback live, ma foi une belle reprise. Les cameraman un peu nul, il filme le bassiste lors du solo de guitare…

La reprise de Mae West à 71 ans, 1966.

La reprise de Belfast Gysies (Them), 1967.

Belle et originale reprise par CCS avec Alexis Korner, 1970.

Hooker dans les Blues Brothers, 1980

Montage vidéo, Hooker avec ZZ Top

Une belle version par un mec avec qui j’ai passé quelques belles soirées, il y a une trentaine d’années. Décédé en 2010.

Les Morlocks, garage punk, 2010

 

 

Bas nylons et magazine 64

En fouillant des magazines musicaux anglais d’époque, on trouve des choses intéressantes. Ceux qui ont vécu cette époque ne manqueront pas de se rappeler un tas de choses, et les autres d’en apprendre. Comparativement à la France, l’Angleterre a eu beaucoup plus de magazines pointés vers la jeunesse affamée de musique, souvent des hebdomadaires, chose inconnue en France. Entre 1963 et 1966, si l’Angleterre  a perdu des colonies au cours du siècle, elle a fait une reconquête du monde, comble de l’ironie, avec de la musique très inspirée ou carrément importée des USA. Les Beatles furent les plus visibles, ils réexportèrent leur musique à travers le monde, mais bien d’autres s’engouffrèrent dans le mouvement avec plus ou moins de réussite. Un nombre beaucoup plus restreint d’artistes américains parvinrent à conquérir le marché anglais, le plus en vue fut certainement Roy Orbison, vrai star en Angleterre. La politique s’en mêla et les Ricains finirent par distribuer les permis de travail (aller se produire chez eux est considéré comme un travail), en échange de la réciproque pour leurs propres artistes. A travers quelques pages de la revue Pop Weekly de 1964, nous allons revoir quelques faits et surtout de très intéressantes photos qui ne sont pas très courantes, j’en ai même trouvé que je n’avais jamais vues.

Une photo des Yardbirds, sans doute une des premières publiées dans un magazine. En blanc, c’est Eric Clapton qui est alors le guitariste du groupe. A ce stade, ils ne sont pas encore très connus, ils viennent de publier leur second 45 tours après le flop du premier. mais la revue juge qu’ils devraient très bientôt connaître le succès, ce qui s’avéra juste.

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Pas très facile de reconnaître les Rolling Stones sur cette photo. Ce sont pourtant bien eux, et ils commencent à marquer des points.

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Les Beatles sur une photo qui doit bien dater d’au moins 18 mois, sans doute une de leurs premières sessions photographiques.

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Les Merseybeats qui connaissent un bon succès avec « I Think Of You », qui restera d’ailleurs le plus grand.

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Un groupe qu’il faut bien considérer comme un rival sérieux des Beatles. C’est l’illustration parfaite de mon propos d’entrée. A une exception près, tous leurs gros hits sont des reprises de trucs américains, dont ils font des reprises qui ne sont pas dénuées de charme. Par contre leur titre le mieux classé aux USA (no 3) « Love Potion Number Nine » ne fut pas un succès en Angleterre.

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Les Fourmost, l’un des groupes qui bénéficia de l’exclusivité de deux compositions Lennon/McCartney que les Beatles dédaignèrent « Hello Little Girl » et « I’m In Love » qui furent des succès pour eux.

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La crème des chanteuses anglaises à succès : Cilla Black, Dusty Springfield, Sandie Shaw, Helen Shapiro, Petula Clark.

 – Peux-tu jouer la dernière des Beatles ?

– Je vois qu’il y a un concert des Animals ce soir!

– Je ne peux pas te voir demain soir Hilda, je me lave les cheveux…

– J’ai trouvé pourquoi ton micro fait un bruit bizarre, tu as pris mon rasoir électrique !

Brian Poole et les Tremoloes, les fameux qui furent signés par Decca en préférence aux Beatles.

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Un classement des meilleurs succès hebdomadaires. Le hit parade va un peu à l’encontre de ce que je disais en introduction, 4 artistes américains figurent dans les 10 premières places, mais c’est une lucarne sur une semaine seulement. Le POP STAR CHARTS est un classement établi par les lecteurs qui votent pour leurs artistes favoris, c’est donc assez aléatoire. Mais Presley est premier en solo et les Shadows pour les groupes. Les Beatles ne sont que troisième. Dans le rappel du hit parade américain, on peut constater un certain décalage avec d’anciens titres des Beatles encore classés comme « Love Me Do » ou « PS I Love You » première publication anglaise en octobre 1962.  Cela s’explique par le fait que la discographie des Beatles en publication US a mis du temps avant d’être homogène. Plusieurs maisons ont été distributrices du catalogue au début : Tollie, Swan, Vee-Jay, et finalement Capitol. L’édition du premier single anglais aux USA n’a eu lieu qu’en avril 1964 sur le label Tollie. Par contre au niveau classement, elle fera nettement mieux qu’en Angleterre puisque « Love me Do » sera no 1.

Un classement établi sur six mois et qui classe les artistes selon leurs classements dans le hit parade, 1er 20 points, 2ème 19 points etc… Nous constatons que les Beatles sont en tête, suivis d’assez loin par les Bachelors, les Searchers, Gerry & Pacemakers. La deuxième place des Bachelors, trio vocal irlandais, n’est pas trop étonnante car c’est un groupe qui collectionne les tubes. On pourrait trouver leurs chansons un peu ringardes, très souvent des reprises de très vieux succès.  Mais elles plaisent à une certaine jeunesse ne suivant pas forcément les derniers cris de la mode et évidemment aux plus âgés. Ils sont aussi relativement populaires aux USA et des les pays anglophones. Si je ne suis pas un fan absolu, je dois admettre que vocalement c’est bien foutu.