En passant

Bas nylons et une manière de s’afficher

 

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La fin de 18ème siècle vit l’invention de la lithographie par un Allemand, Aloys Fenefelder. Contrairement à ce que l’on peut imaginer, ce n’est pas un savant fou ou un chercheur scientifique, il est auteur dramatique et acteur. Confronté au phénomène de promotion de son travail, il cherche une solution pour toucher le plus de monde possible. L’imprimerie existe bel et bien, mais les moyens employés sont encore primitifs et limités, on ne dépasse pas un certain format, c’est en noir et blanc, et surtout fastidieux. Son idée est de pouvoir faire des affiches individuelles, de les imprimer et les diffuser à moindres frais, il s’y attelle. La base de l’invention est posée et en quelques dizaines d’années elle va connaître un essor considérable, on en vient gentiment aux belles affiches en couleurs qui étaleront leur charme dans les endroits publics.
Il fallait bien évidemment une utilité pour les diffuser, c’est là que la publicité fait son apparition. Elle peut couvrir n’importe quel domaine, mais le but le plus recherché est ce qui couvre les biens destinés à être vendus. Il faut également envisager de cibler la clientèle, tout ne peut pas être affiché n’importe où et n’importe comment. Une publicité pour le Moulin Rouge sera très bien sur les murs de Paris et des environs, mais n’aurait aucuns sens dans un bled perdu des Cévennes. Par contre, une affiche ventant une marque de chocolat peut couvrir la France entière s’il est disponible localement. La création de ces affiches reste un monument du dessin artistique diffusé à grande échelle. Ce sont en quelque sorte les premières bandes dessinées, qui d’ailleurs ne tarderont pas à devenir un autre phénomène, Bécassine sera une des première héroïnes de la Belle Epoque. Elle est encore passablement éditée et rééditée aujourd’hui, elle a toujours ses adeptes. Chose également intéressante, les affiches parlent, elles sont faites pour charmer la clientèle d’une époque donnée, la femme est très souvent mise en scène, mais elle peut sensiblement différer selon les canons de la beauté propres à une époque. Nous allons en admirer une quinzaine qui concernent plus particulièrement les lieux de plaisirs dans le Paris de la seconde moitié du 19ème siècle.

Vous pouvez cliquer sur les affiches pour les agrandir

1859

1861

1871

1871

1874

1874

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1874

1875

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1876

1876

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1876

1877

Source Gallica, B.N.F. DP

En passant

Exploration musicale en terre inconnue (4)

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien par la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.

Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

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Quelques astuces pour améliorer votre expérience Youtube.

Je lis de temps en temps la presse spécialisée Internet, surtout celle un peu en dehors du conventionnel. On y trouve des trucs très intéressants, en voici un. Vous allez sans doute regarder des vidéos sur Youtube, eh ben moi aussi. Comme vous vous en doutez, nous sommes suivis et observés, mais pas trop étonnés qu’après avoir regardé une série de vidéos sur Hawaï, une pub pour des billets d’avion à prix imbattables s’affiche. Certains ont essayé de lutter contre en ouvrant leurs propres sites de vidéos, Dailymotion en est un exemple. Mais il faut bien admettre que le choix est riquiqui par rapport au concurrent. Depuis quelques temps Youtube offre des solutions sous forme d’abonnements qui vous permettent d’avoir accès à des trucs plus branchés comme des récentes séries tv et suppriment la publicité, entre autres, et c’est pas donné. Il est vrai que les publicités envahissent parfois votre écran ou coupent le clip pendant un certain temps. En bien vos misères sont finies et pas besoin d’avoir fait une école d’informatique ou d’installer 36 logiciels, vous n’avez qu’à faire un petit travail très simple que je vous explique.

Il existe une solution qui vous permet de regarder Youtube sans passer par Youtube, n’est-ce pas merveilleux ? Ce site s’appelle hooktube, il permet de voir les vidéos sans souffrir du pistage et sans les publicités.

Si vous regardez la vidéo ci-dessous sur Youtube et si vous regardez le lien vous aurez www. ensuite youtube.com et un tas de lettres et de chiffres. Si vous remplacez juste et seulement youtube.com par hook.com, vous aurez exactement la même vidéo, mais vous n’êtes plus sur Youtube. La seule exception que j’ai notée, c’est que certains  personnages ne veulent pas que l’on regarde la vidéo ailleurs que sur Youtube, et bloquent le partage, des actionnaire dans doute, des idiots certainement, alors c’est râpé mais c’est assez rare. Oui, vous allez me dire que c’est chiant de changer chaque fois les termes. D’accord, mais il existe une solution très simple, vous créez un lien hookcom dans vos favoris ou sur votre bureau et une fois sur le site, vous pouvez y rester des heures, il y a un moteur de recherche qui fonctionne très bien.  Cliquez sur le lien en dessous de la vidéo, il vous amènera sur la vidéo mais version hook.com et vous verrez exactement la même vidéo. Cliquez sur le lien encore en-dessous (celui qu’il vous faudra mettre en raccourci) et vous arriverez sur la site en page d’accueil et à vous de choisir votre programme. Elle est pas belle la vie ?

https://hooktube.com/watch?v=dnqxbdnzlhw

 

https://hooktube.com

 

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Revenons à notre programme habituel

1963 – Michel Cogoni  / Oublie qu’elle est si belle. Michel Cogoni fut avant tout connu comme un animateur, mais il essayé aussi d’enregistrer quelques disques qui n’attirèrent pas les foules. Ici en 1963, il enregistre une version vocale de l’instrumental anglais créé par les Dakotas, « The Cruel Sea ». Il s’est tué dans un accident en 1969.

1966 – Giorgio / Bla Bla Diddley. Ce disque originaire d’Allemagne fut publié en France, car il était assez accrocheur avec son gimmick facile. On ne peut pas dire que ce fut un succès. Mais derrière le nom de Giorgio se cache celui de Moroder, qui devint un compositeur et producteur au succès planétaire une dizaine d’années plus tard. Il faut bien commencer une fois, n’est-il pas ?

1965 – Sir Douglas Quintet / she’s About A Mover. En 1969, le Sir Douglas Quintet connut un succès planétaire avec « Mendocino ». Mais 3 ans avant London France avait publié un EP très rare, qui présentait leur première percée dans les chars américains avec « She’s About A Mover », qui resta totalement ignorée en France. Un clip en playback présenté par Trini Lopez.

1965 – The Trashmen / Whoa Dad. Il existe trois EP’s des Trashmen publiés en France. Leur rareté va crescendo, le troisième étant de loin le plus rare et le plus recherché, compter plus de 200 euros pour une copie en très bon état. Musicalement, c’est pas le plus intéressant bien que très plaisant.

 

1964 – Isabella Ianetti / Non Lo Faro Mai Piu. On a très souvent tenté d’essayer de nous faire connaître les chanteurs et chanteuses italiens, mais bien peu firent une carrière en France. Ce n’est surtout pas le cas de cette chanteuse dont 4 titres furent publiés par Vogue. Sans être génial, le titre que je vous propose est assez original dans le rythme.

1964 – Casey Jones & Governors / Don’t Ha Ha.  Ce fut un de ces nombreux groupes anglais qui émigra en Allemagne, afin d’y tenter de trouver le succès. Dans le cas présent, ils abandonnèrent un certain Eric Clapton, alors guitariste du groupe, qui préféra rejoindre les Yardbirds. Toutefois Casey Jones et son équipe réussirent plutôt bien dans leur patrie d’adoption, ils devinrent un groupe de premier plan. Leur premier succès fut une reprise de « Don’t Ha Ha » de Huey Piano Smith, tout d’abord enregistré pour le label Bellaphon et publié en France par President, il fut réenregistré pour leur nouveau label Golden 12 et le succès démarra. C’est cette version publiée en France par Riviera, qui je vous propose ici. L’une ou l’autre version ne connut pas de succès en France.

 

1966 – The Pebbles / Huma La La. Ce groupe d’origine belge enregistra ce titre en 1966. Il était agrémenté d’un gimminck facile a retenir. Publié sur un EP par President, ce titre ne sembla pas affoler le public français. Toutefois, le groupe connut, via Barclay, une assez bonne réputation au tournant des années 1970 avec des titres plutôt bien torchés et très dans la vague pop.

1964 – Les Volcans / Sans hésiter. Plusieurs groupes suisses tentèrent leur chance en France. Celui qui réussit le mieux fut les Aiglons et leur fameux « Stalactite ». Mais il y a aussi les Volcans, produit comme les Aiglons par Ken Lean. Viré de Barclay, il fut récupéré par Pathé Marconi et s’occupa des Volcans pour leur unique publication, sans vrai succès, de cet EP sur lequel figure cette adaptation de « All Of The Time » de Dave Clark Five. Un peu plus tard, Ken Lean produira les deux fameux EP’s de Larry Greco pour La Voix De Son Maître, prouvant qu’il avait l’étoffe d’un excellent producteur. Passé chez AZ, il se maria avec la chanteuse Katty Line et se tua dans un accident de voiture en Italie en 1971, où il relança la carrière de sa femme avec un certain succès. Sa femme, passagère, fut grièvement blessée et passa de nombreux mois à l’hôpital. Retournée en France, à part un disque en 1981, elle n’a plus donnée de ses nouvelles.

1967 – The Cryin’ Strings / Monja. Le coup du slow bien baveux avec un peu de promotion, ça marche toujours. Ce groupe allemand en fit l’expérience avec « Monja » un hit colossal dans les pays germanophones, partagé avec la version de Roland W. En France, elle connut quelques succès via l’adaptation de Peter Holm, le playboy suédois et futur mari (très brièvement) de l’actrice Joan Collins. Le disque du groupe fut néanmoins publié en France, mais qui s’en aperçut ?

1968 – Les Sauterelles / Heavenly Club. Groupe suisse qui malgré son nom francophone est de la partie germanophone du pays. On leur colla l’étiquette de Swiss Beatles, plus par le fait de leur popularité que celle d’avoir un talent égal. En 1968, ils cassent la baraque dans leur pays avec ce titre, dont la réputation déborda un peu les frontières, notamment celle de l’Allemagne et même celle des USA. Mais la France ne fit pas honneur à la seule publication qu’il existe d’eux ici et qui contient ce titre très plaisant et assez original que l’on peut déjà ranger dans la musique progressive.

1969 – Steamhammer / Autumn Song. Cet excellent groupe anglais qui fusionna plus tard avec Renaissance et le chanteur des Yardbirds Keith Relf pour former Armageddon, passa assez inaperçu en France. Le choix des titres pour les publications en 45 tours ne fut pas des plus heureux, ce qui n’aida pas trop à les faire connaître. Voici un clip pour la TV française. Si vous regardez bien, dans les public vous verrez des têtes bien connues.

1971 – Joe Frazier – If you go stay gone. En 1971, c’est le combat de boxe du siècle, Joe Frazier rencontre l’invincible Cassius Clay. Frazier remporte le match et se met à la musique. Dans un style R&B, même si les disque ne gagne pas le match en France, il faut reconnaître que ce n’est pas mal du tout.

 

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En passant

Bas nylons, un homme et un tambourin

 

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Bob Dylan est unanimement reconnu aujourd’hui comme une pièce maîtresse de la musique américaine, à ses débuts moins pour ses interprétations que comme compositeur et influence. Officiellement, il sort son premier album en 1962, la tendance est très folk et la musique acoustique. Il se recommande par ailleurs de Woody Guthrie, certainement la figure la plus légendaire du folk américain, chanteur et icône des mouvements contestataires nés dans les années 1930. Les chansons de Dylan du début sont ancrées dans cette tradition, Guthrie a souvent enregistré des chansons contenant un message, mais de  manière simple, vocal et guitare. La première chanson de Dylan à connaître un succès international fut « Blowin’ In The Wind » en 1963. Mais c’est grâce à la version de Peter Paul & Mary, et non celle du créateur. Leur version a incontestablement du charme tant musicalement qu’au niveau du texte. De plus, les harmonies vocales du trio peuvent plaire d’avantage que la voix nasillarde de Dylan. Ce succès va quand même attirer un peu plus l’attention sur le nom du créateur. On reste quand même dans le folk assez traditionnel.
Le missile qui va envoyer Dylan dans les étoiles et aussi changer son orientation musicale, viendra d’une autre des ses chansons remaniée à la sauce électrique « Mr Tambourine Man ». Au début 1965, d’une certaine manière l’Amérique succombe sous la vague anglaise, les Beatles, Herman’s Hermits, Dave Clark Five, font une concurrence d’enfer aux artistes locaux, même parfois avec des chansons 100% américaines. Un certain Jim McGuinn regarde cela d’un oeil sceptique. C’est un musicien folk accompli, il joue de la guitare, du banjo et a déjà joué avec le Chad Mitchell Trio, Hoyt Axton, mais il a sa petite idée sur la suite de sa carrière. Il monte à Los Angeles un groupe avec d’autres musiciens venus du folk, mais le but ce n’est pas de faire du folk pur et dur, mais de le mélanger avec le rock and roll. Le folk-rock était né et les Byrds également. Ils vont devenir l’un des groupes les plus influents des années 60 et susciter un tas d’imitateurs, les Turtles ne seront pas les derniers. Après quelques essais de réglages, par ailleurs très intéressants, pour le label World Pacific, dont une première mouture de « Mr Tambourine Man » tiré d’un album que Dylan vient de publier, ils sont signés peu après par Columbia. Ils remettent la fameuse chanson sur la tapis, c’est fois c’est complètement électrifié avec le célèbre petit intro à la guitare que l’on reconnaît tout de suite. Résultat des courses et succès mondial : si le disque est bien no 1 aux USA, il l’est aussi en Angleterre. Première contre-attaque américaine en terre anglaise. Même Bob Dylan remarqua la chose, ses chansons avaient l’air de plaire encore plus si on branchait la prise, ce qu’il fit. Rien que pour l’année 1965, suite au succès des Byrds, on compte au moins 20 reprises par des artistes connus.

L’original, 1965.

La version des Byrds, clip en playback, 1965.

Johnny Rivers, 1965.

Version française, Hugues Aufray, 1965.

Judy Collins, 1965.

Odetta, un peu blues, 1965.

Billy Strange, instrumental, 1965.

Beau Brummels, 1966.

Stevie Wonder, 1966.

Melanie, 1968

Le groupe Mountain avec Leslie West, superbe version, 2002.

Bob Dylan au Newport Folk Festival en 1964, alors qu’il ne l’avait pas encore publiée. Il est présenté par Pete Seeger.

Jim, devenu Roger, McGuinn en live dans les années 1990.

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Exploration en terre musicale inconnue 2

Au temps du vinyle, la production phonographique française est assez minimaliste par rapport à un pays comme les USA. Cela ne veut pas dire qu’elle n’existe pas. Malgré tout, une immense partie de cette production restera dans l’ombre, par manque de soutien par la presse spécialisée, par manque de diffusion radiophonique, par manque promotion. Je me souviens d’avoir vu chez les disquaires des représentants de maison de disques faire la promotion de nouveautés du catalogue. Ils n’avaient rien de différent des autres représentants, sauf qu’ils vendaient ou faisaient la promotion des disques au lieu de brosses ou d’assurances. Il y avait ce qui était en demande, les fameux succès du moment, et des trucs moins connus ou inconnus qu’il fallait essayer de refiler au disquaire en vantant la marchandise, charge à lui d’en souligner les mérites auprès d’une clientèle dont il connaissait les goûts.

Malgré cela une très grande partie de cette production est restée inconnue, ne s’est pas ou mal vendue, c’est en général ces disques qui font le bonheur des encyclopédistes, même certains sont devenus de très estimables pièces de collection. Allons faire un tour dans ces publications dont la plupart vous sont inconnues, autant les chansons que les artistes, à moins que vous n’ayez été un chasseur de disques averti pour quelques uns d’entre eux. Toutes les publication dont je parle ici ont bien été éditées en France et sont uniquement des 45 tours.

1979 – Duncan Browne / Americain Heartbeat – Pas complètement inconnu ailleurs, un compositeur venu du folk qui a publié quelques beaux albums.

1963 – Keith Colley / Enamorado – Les Américains aiment assez la musique latine. Keith Colley, par ailleurs parfaitement américain, enregistre ce titre en espagnol avec un certain succès national. Les fans de Gene Vincent le connaissent sans doute sans le savoir, c’est lui qui a écrit son fameux « Bird Doggin ».

1969 – Freedom – Dirty Water – Des dissidents du Procol Harum d’origine, sous ce nouveau nom ils enregistrent cette reprise de « Dirty Water », le classique des Standells.

1967 – Warm Sounds / Birds And Bees – Typique de la production de 1967-68, ce plaisant petit hit anglais est publié en France dans une indifférence totale.

1965 – Rita Monico / Thrilling – Cette Italienne qui semble même un peu oubliée dans son pays, interprète ici une musique de film composée par Ennio Morrico dont on sent venir les futures musiques de western spaghetti. Elle a pour le moins une jolie voix du haut de ses 15 ans, elle chante aussi en anglais, mais cela ne suffit pas toujours pour être célèbre.

1964 – The Undertakers / Just A Little Bit – Un de ces nombreux bands anglais qui essayaient de se frayer un chemin vers le succès. Ce disque, avec un titre aussi repris par d’autres, fut publié en France seulement en 45 tours simple contrairement à l’habitude. Ce truc était souvent employé comme promo, si cela marchait on le publiait en 4 titres. Il ne franchit jamais la seconde étape.

1965 – Peter And Gordon – L’inconnue – Nombreux sont les artistes anglophones qui ont enregistrée en français, avec un résultat plus ou moins réussi. Le célèbre duo Peter And Gordon tenta aussi sa chance. Dans ce style c’est un des plus probants que je connaisse. Pour autant, cela n’intéressa que peu les Français, car il est plutôt difficile à dénicher.

1966 – The Krew / Everything Is Allright – Enregistré et publié en France en pleine vague R&B, ce groupe, dont on ne connaît pas grand chose, ne décolla pas malgré qu’il soit intéressant pour les amateurs du genre.

1966 – The Motions / I’ll Follow The Sun – Ce groupe hollandais qui est la première mouture de ce qui deviendra Shocking Blue et son hit international « Venus », a eu trois EP’s publiés en France dans une indifférence quasi totale. Sur le second, on trouve ce plaisant titre qui n’a rien à voir avec la chanson homonyme des Beatles.

1975 – Shocking Blue / Gonna Sing My Song – Les feux du succès apaisés, le groupe continue sa carrière sans le compositeur des hits, Rob Van Leeuwen. Reste à trouver un compositeur digne de son prédécesseur pour alimenter la discographie et permettre à la chanteuse de nous ravir avec sa jolie voix. Cette tentative est assez intéressante, mais passa assez inaperçue et totalement en France.

1974 – Geordie / Goin Down – Brian Johnson avant de devenir le chanteur de ACDC officiait dans ce groupe déjà un peu hard rock. Le groupe ne connut qu’un succès d’estime mais fut assez populaire en Allemagne. Le titre proposé ici est une réécriture du fameux « St James Infirmary ».

1970 – Clouds / Take Me To Your Leader – Un trio de progressive écossais, dominé par l’orgue, à la courte existence et qui bénéficie d’une assez bonne réputation chez les collectionneurs de leurs albums assez difficiles à dénicher. Un clip en playback. C’est un excellent disque.

En passant

Bas nylons et un nana qui ne doit pas partir

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Récemment, j’ai abordé très brièvement la chanson « Baby Please Don’t Go » dans un autre post. Cette chanson a toute une histoire, bien qu’on l’attribue au bluesman Big Joe Williams comme créateur, elle lui est d’ailleurs créditée comme compositeur. En fait, les origines remontent probablement bien plus loin. Certains lui voient une ressemblance avec le standard « Alabamy Bound » ou un vieil air qui date de l’époque de l’esclavage « Long John ». Il est certain qu’une multitude de chansons circulaient à travers les USA à la manière de chansons de troubadours, et le fait de l’arranger d’une manière un peu particulière pouvait suffire pour en déposer les droits. Big Joe Williamns l’enregistra lui-même en 1935, et ce n’est que 30 ans plus tard via le reprise des Them qu’elle connut son envol définitif. Evidemment les Them en proposèrent une adaptation assez percutante, qui n’avait plus grand chose à voir avec l’original, elle changeait de couleur passant du noir au blanc. Pendant les 30 années écoulées entre original et reprise, il en existe de nombreuses autres versions avec quelques variantes, même en Angleterre les Them ne furent pas les premiers, Georgie Fame l’enregistra avant. Encore une fois, c’est une chanson qui se prête facilement à un arrangement dans un style précis, c’est le fait qu’elle soit reprise par une multitude d’artistes. Exploration…

L’original, 1935.

Lightnin’ Hopkins, 1949.

The Orioles, 1951.

Muddy Waters, 1953.

Billy Lee Riley, probablement première version blanche et un peu rockabilly, 1958.

Mose Allison, 1960.

Georgie Fame, 1964.

Them, 1964. Rappelons que la face B était le fameux « Gloria ».

The Boots, Allemagne, toujours très bons dans les reprises, 1965.

Paul Revere & Raiders, 1966.

 

Le Grand Mellon, version assez particulière, 1966.

Amboy Dukes, les débuts de Ted Nudgent, version pop bien enlevée, 1967.

The Rising Storm, à toute allure et psyché, 1967.

Dharma Blues Band, ce sont des Anglais, 1969.

Dion,  le chanteur à minettes qui aimait le blues, 1969.

Gary Glitter, 1972.

ACDC, 1975.

Hank C Burnette, le fameux rocker suédois, instrumental et décoiffant, 2002.

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En passant

Bas nylons et une pierre particulière

Il est parfois amusant de constater comment une chanson peut entrer dans la légende et devenir presque exclusivement attribuée à un artiste qui l’a en fait empruntée à un autre, même s’il n’est pas le premier à la faire. C’est là que la popularité d’un artiste peut aspirer tout ce qu’un autre a pu faire. Je suis assez pinailleur sur le sujet, mais les deux tiers du mérite revient au créateur de la dite chanson. La chanson qui nous occupe aujourd’hui est « I’m Not Your Steppin’ Stone », que pas mal de gens attribuent aux Monkees, ce qui est en réalité absolument faux. Couplée en 45 tours à leur fameux hit « I’m A Beliver », elle ne pouvait que pénétrer facilement dans les oreilles des teenagers en empruntant cette voie, d’autant plus qu’elle a des atouts pour le faire. La-dessus peuvent se greffer tous les phénomènes propres à la promotion d’un artiste et de ses enregistrements. Car dans ce cas précis pour l’original, ce n’est pas tellement le fait d’un groupe obscur mais bien d’un band qui était plutôt très connu aux USA, Paul Revere & Raiders, au potentiel évident. Même si avant de figurer au répertoire des Monnkees, elle est encore précédée par l’excellente reprise faite par Liverpool Five, ce n’est que grâce aux Monkees qu’elle gagnera ses galons de notoriété. Les compositeurs en sont Tommy Boyce et Bobby Hart, un duo aux multiples hits, occasionnellement aussi interprètes. Elle retrouvera une seconde jeunesse grâce au mouvement punk et plus particulièrement aux Sex Pistols qui l’enregistrent pour leur second album « Great Rock And Roll Swindle », aussi bande sonore de film. Elle n’a pas disparu des répertoires, car ceux qui l’interprètent encore aujourd’hui peuvent se recommander de deux écoles, celle des sixties et celle du punk. Partons en exploration…

L’original, Paul Revere & Raiders, début 66.

La première reprise, W.C. Fields Memorial Electric String Band, mai 1966

La très très bonne version de Liverpool Fine, un rien aux sons psychédéliques, juin 1966.

La version des Monkees, clip en playback, novembre 1966. Il existe des petites différences entre les versions mono et stéréo. Leur version ne démérite pas.

Première reprise en Angleterre par the Flies, assez intéressante, fin 1966.

Les Sex Pistols, version punkisée, 1979.

Les Merton Parkas, revival mod, 1979

Modern Rocketry, un air disco, 1983.

Long Tall Shorty, très énergique version, 1985.

The Krewmwn, un groupe psychobilly, 1988.

Intruder, du hard rock, 1989.

Version garage par Feminine Complexe, 1997.

Sky Saxon, ex chanteur des Seeds, sauce garage sixties, 2008.

Un version en live par Metallica.

Ce qui reste des Monkees en 2015, ceux qui sont au premier plan.

En passant

Bas nylons et petites histoires pour l’été.

Comme je lis énormément, il m’arrive parfois de retrouver des histoires ou anecdotes intéressantes dans les vieux journaux et bouquins ou sur la Toile, presque toujours par hasard. Je vous en ai sélectionné une poignée sur des sujets divers, mais qui valent un petit détour.

Monsieur Ferré n’aime pas Monsieur Barclay

Monsieur Barclay et sa maison de disques du même nom fut la plus grande marque indépendante française de disques. Un catalogue exhaustif qui se compte en centaines de publications, lui permit d’être un des plus en vue sur le marché du vedettariat sonore. A côté, il acquiert un droit de licence pour des grandes compagnies américaines comme Atlantic, Chess, et des tas d’autres de plus ou moins grande importance. Jimi Hendrix fut aussi un artiste maison, grâce à une licence des disques via Yameta, managé par l’ex bassiste des Animals, Chass Chandler.  Parmi les artistes maison, il a eu dans son écurie des grosses pointures de la chanson française comme Ferrat, Brel, Aznavour. Léo Ferré fit aussi partie du lot pendant presque 15 ans. Pourtant en 1967, il traîna devant la justice son patron pour une drôle d’histoire. En effet, lorsque sortit son album « Cette Chanson ». Ferré s’aperçut qu’il manquait une chanson celle intitulée « A Une Chanteuse Morte », hommage à Edith Piaf. Elle fut censurée sans préavis par Barclay, ce qui n’est pas très élégant, pour une raison lamentable. Ferré a toujours été un chanteur engagé, à côté d’être un poète exceptionnel dans ses plus beaux textes, l’anarchie le connaît bien. Il n’a jamais mis des gants pour dire ce qu’il pensait et c’est justement là qu’est le problème. Dans sa chanson en hommage à Piaf, il ne se contente pas de rendre un hommage à la Môme, mais il égratigne celle que l’on avait désigné comme successeur, Mireille Mathieu. Comparer Mireille Mathieu à Edith Piaf, c’est comparer un feu de cheminée à un incendie et cela n’a pas échappé au chanteur. Il fait une allusion à la fille d’Avignon en ces termes : « on ne t’a pas remplacée sous la lampe à arc, n’en déplaise à Monsieur Stark ». Stark est l’impresario de Mireille Mathieu et comme cette dernière est à cette époque certainement la meilleure vendeuse de disques maison, cela frise au sacrilège, version showbiz. Même s’il fut défendu par le célèbre Me Floriot qui traita Barclay de dictateur et réclamait la saisie du disque, Ferré fut débouté. Malgré tout, la collaboration entre les deux hommes continua, on dut s’arranger à l’amiable en coulisse.

Voici cette chanson suivie d’un titre datant de 1965, où Ferré se moquait (gentiment) de Barclay.

Un Accident qui soulage.

Cette histoire absolument authentique est arrivée aux sports d’hiver. Madame skie et a soudain un besoin pressant à satisfaire. Elle se met à l’écart de la piste à l’abri de quelques buissons qui avaient eu la bonne idée de pousser là, toutefois sur un terrain loin d’être plat. Mais les pentes ayant la fâcheuse habitude d’être à la descente vers le bas, l’attraction terrestre s’en mêlant, voilà notre brave dame qui repart sur ses skis et réintègre la piste de ski la culotte en bas, situation pas très optimale pour battre faire du slalom, et finit par se casser la gueule. Emmenée à l’hôpital, elle est en attente sur un brancard que l’on veuille bien s’occuper d’elle, les dégâts n’étant pas d’une extrême gravité et ne nécessitant point d’urgence. Voici que l’on pose un second brancard à côté d’elle, avec un monsieur ayant aussi eu quelques problèmes. Tout naturellement, la discussion s’engage et la dame demande au monsieur la raison de son arrivée à l’hôpital. Le bonhomme déclare alors : « J’étais en train de faire du ski quand j’ai vu une femme qui skiait à poil, et je me suis foutu dans un arbre !

 

Un bref lever de soleil.

Cette histoire n’a jamais paru dans un journal, et pourtant elle est aussi authentique, d’autant plus authentique qu’elle est arrivée à mon père, et qu’il aimait à la raconter tant elle est idiote par les faits, faits dont il n’est pas la cause, mais la victime. L’histoire commence par la demande d’un couple qui connaissait mon père, de l’accompagner pour une excursion. Dans la région où ils habitaient, il y avait une montagne, la plus haute loin à la ronde, c’est scientifiquement prouvé, réputée pour ses levers de soleil sur des décors des plus plaisant. Pour les admirer, il n’y avait qu’une solution, passer la nuit à l’hôtel qui se trouvait au sommet de la fameuse montagne, aucun moyen de transport pour y arriver, sinon en voiture par des chemins pas trop carrossables, nous sommes dans les années 1920. Et puis, de voiture, ils n’en avaient pas, alors la marche était la seule solution envisageable. Du village le plus proche, il y avait bien une dizaine de kilomètres pour arriver au sommet avec au moins 800 mètres de différence d’altitude, vis des chemins tortueux et en empruntant une gorge. Les voilà partis, on passe la nuit à l’hôtel et on se lève de bon matin pour admirer le spectacle, un spectacle plutôt mitigé car le temps est plutôt couvert. Ce que mon père n’avait pas prévu, c’est que ce couple très bigot avait prévu de regagner le village le plus proche pour assister à la messe dominicale, aussitôt le jour levé. Lui, il pensait passer une journée pépère, et envisagea même de renter dans l’après-midi après un bon gueuleton. En faisant la grimace, mon père se rangea à leur décision, bien que ses croyances religieuses ne soient pas assez fortes pour lui faire envisager une damnation éternelle s’il n’allait pas à la messe. En route pour l’aventure, sur le chemin qui conduit au village vers la fameuse église dans laquelle pourrait s’apaiser la colère divine. Pourtant, elle ne tarda pas à se manifester sous forme d’un de ces orages matinaux dont la montagne a le secret. Ils arrivent à se mettre à l’abri sous une sorte de rocher qui surplombe la gorge et qui les empêche d’être trempés jusqu’aux os. Ce pète de tous les côtés, il tombe des tonnes d’eau et ça dure, ça dure. Le couple croyant la dernière heure arrivée, prient comme si le grincement des portes de l’enfer se faisait entendre entre deux coups de tonnerre , ils invoquent tous les saints dont il connaissent le nom, même ceux dont ils soupçonnent l’existence. Sans doute, leur prière furent plus fortes que les jurons de mon père, peut-être l’inverse, mais l’orage finit par se calmer et s’éloigner. On reprit la route, on arriva au village, juste à temps pour voir les gens sortir de l’église !

Monsieur Paul, l’homme qui regardait la mort.

Il n’est pas nécessaire d’avoir une profession bien vue pour devenir célèbre. Il y a des métiers qui sont absolument nécessaires, mais qui jouissent plutôt d’une mauvaise réputation, agent des pompes funèbres en est un exemple. Juste à côté, dans le même style, celle de médecin légiste peut sembler rébarbative. Cette dernière est plus scientifique et requiert des connaissances précises, il faut pouvoir affirmer sans se tromper, la cause d’un décès. Dans le cas d’une mort suspecte, il appartient à cette personne de démêler tous les détails de cette dernière, devant une cour d’assises la vie d’un accusé peut basculer d’un côté ou de l’autre selon ses affirmations. A l’instar de célèbres avocats qui furent quasiment des vedettes, un médecin légiste se hissa dans le monde des célébrités. il s’agit de Charles Paul. Né en 1879, médecin de formation, il fut un des personnages qui apporta sa contribution à une police devenue scientifique. Personnage à l’éloquence facile, très bon vulgarisateur, très persuasif, il devint un personnage clef lors de certains procès. Il apparut au procès de  Landru, Violette Nozière, Marcel Petiot. Il autopsia les corps de célébrités comme Jean Jaurès ou Jules Bonnot, Au cours de sa carrière qui s’étale sur plus de 50 ans, il pratiqua des autopsies sur presque 160 000 cadavres, ce qui fait une moyenne de 8 à 9 autopsies par jour ouvrable. Fréquemment, ces personnages côtoyant les choses morbides sont plutôt des joyeux caractères. On lui prête quelques bons mots qui font partie de sa légende. En voici quelques uns…
Très souvent ces personnalités un peu marginales et connues suscitent une curiosité pas toujours de bon aloi, alors souvent on les invite à dîner, il n’était pas réputé pour dédaigner les arts de la table et était plutôt du genre très bon vivant. On imagine qu’il avait des préférences pour ses fréquentations et ce n’est pas toujours d’humeur joyeuse qu’il répondait à ses invitations. Il le faisait savoir à sa manière, Souvent la maîtresse de maison se faisait un malin plaisir à lui demander de couper le gigot ou la selle de chevreuil. Pour éviter la corvée, il avait sa petite méthode. Quand il se pointait, souvent en retard, il disait à la maîtresse des lieux : « excusez-moi chère amie, j’ai été retardé par un client qui avait trois mois de caveau, m’autorisez-vous à me laver les mains ? »
Evidemment avec la professions qu’il exerçait on essayait de lui tirer une consultation à l’oeil. Imperturbablement il répondait : « Ne vous inquiétez pas, nous verrons cela à l’autopsie ! »
On le surnommait l’homme aux cent mille autopsies, chose qu’il trouvait parfaitement idiote. Pour preuve, il donnait en exemple le maître d’hôtel de la célèbre Tour d’Argent qu’il fréquentait assidûment et qui chaque fois croyait bon de lui glisser à l’oreille : « Monsieur le professeur, je vais avoir l’honneur de découper devant vous mon XXXX ème canard au sang ».
Un matin alors qu’il traversait la rue, il manqua de se faire écraser par une jolie conductrice qui lui cria : « Attention le gros ! ». Il releva le numéro de la plaque et retrouva l’adresse de la conductrice, chose facile pour lui, et lui envoya le mot suivant : « Le gros, madame, vous adresse ses respectueux hommages, et reste à votre entière disposition. Docteur Paul, médecin légiste. » Il paraît que le mari lui répondit en le remerciant et en lui affirmant que sa femme conduisait depuis plus prudemment.
Lorsque Henri-Georges Clouzot tourna son fameux film « Les Diaboliques ». Si vous l’avez vu, vous aurez remarqué qu’il y a une scène à la morgue. Le docteur Paul autorisa le cinéaste à tourner quelques scènes dans les lieux. La femme du réalisateur et actrice, Vera Clouzot, qui était présente se plaignit d’être incommodée par l’odeur. Le docteur lui glissa : « Ne vous formalisez pas ! », ce qui n’empêcha pas la dame de tomber dans les pommes, heureusement il y a avait un docteur sur place !

George Bernard Shaw, le célèbre écrivain anglais, aimaitz pratiquer la dérision et l’humour noir. A une personne qui le demandait de ses nouvelles il répondit : « Ca pourrait aller beaucoup mieux : j’ai un souffle au coeur, les poumons pris, un ulcère à l’estomac, mon foie est congestionné, et moi-même je ne me sens pas très bien. ». Il mourut quand même à 94 ans.