En passant

Bas nylons et de la couleur

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Dès que la photographie apparut, mise au point par Niépce et qui réalisa la première photographie en 1826, les hommes se fixèrent immédiatement un autre but évident, la prise de vue en couleurs. De nombreux procédés et évolutions furent essayés et mis au point. L’Anglais Thomas Sutton en fut un des pionniers en réalisant en 1861 ce que l’on peut considérer comme la première photo en couleurs. Evidemment, les moyens et techniques diverses avaient leurs avantages et désavantages, mais ils avaient un point en commun, ce n’était pas accessible au simple citoyen. Il fallait avoir des connaissances et aussi un matériel assez coûteux qui ne se vendait pas au kiosque de la gare.
Le premier procédé en couleurs qui connut une réussite commerciale, donc accessible à un plus grand nombre et fabriqué industriellement, fut inventée par les frères Lumière, l’autochrome qui utilisait des plaques photographiques. On put se procurer le matériel à partir de 1907 et pendant plus de 30 ans il fut très utilisé. Il ne sera définitivement supplanté que par le Kodachrome, la bonne vieille pellicule que nous connaissons tous, à partir de 1935. Avant, il ne faut toutefois pas imaginer qu’il suffisait d’appuyer sur un bouton et d’amener le film à développer, c’était quand même un peu plus compliqué.
En voici le principe :
A l’opposé des autres techniques de l’époque, ce procédé qui emploie la méthode additive enregistre l’image sur une seule plaque photographique, sous forme d’une image noir et blanc composite représentant le rouge, le vert et le bleu. Émulsion et filtre sont intimement liés, de la prise de vue à la projection, du fait du caractère aléatoire du filtre.
Les grains de fécule colorés
La technique consiste à saupoudrer une plaque de verre avec des millions de particules microscopiques (10 à 20 micromètres) — des grains de fécule de pomme de terre — teints en rouge (orange), vert et bleu (violet), fixés par de la résine. Les interstices entre les grains sont comblés par de la poudre de carbone très fine (noir de fumée). Ce filtre est scellé par une laque qui le protège pendant les opérations de développement de la surface sensible qui a été déposée sur le tout.

  • L’exposition se fait, plaque de verre en avant.
  • Le développement est complexe puisqu’il faut inverser l’image : deux développements successifs avec une post-insolation.
  • La restitution s’effectue par rétro-éclairage, source de lumière du côté de la surface sensible.

Même avec une excellente émulsion, la présence du filtre réduit la sensibilité effective de 4 à 8 stops. Du coup, cette technique demande un long temps de pause, d’où la mise en scène des personnages et le flou fréquent de la végétation.

Voici une vingtaine de vieilles photos réalisées selon ce système. Rien de comparable avec ce qui se fait aujourd’hui, mais certaines sont plutôt bien réussies. Rendez-vous très prochainement dans un autre article, nous parlerons un peu de photo moderne et de technique.

 

Source Gallica, Wikipédia, BNP, DP,

En passant

Bas nylons et inspirations pour scarabées

 

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Nous allons revisiter la discographie des Beatles par le petit bout de la lorgnette. Comme la plupart des artistes, ils n’ont pas dès le début interprété un répertoire contenant exclusivement leurs propres compositions. La plupart d’entre vous savent qu’ils furent pendant longtemps, entre 1960 et 1962, une des attractions du Star-Club à Hambourg. Nous possédons quelques témoignages sonores de cette époque, particulièrement les bandes qui furent enregistrées en 1962 et qui sortirent en 1977 sous forme d’un double album, par ailleurs d’une qualité sonore assez moyenne. La presque totalité du contenu sont des reprises d’une multitude de chansons crées par d’autres artistes. Un autre témoignage existe, datant de 1961 pour le compte des disques Polydor, dans lequel ils servirent d’accompagnateurs pour le chanteur Tony Sheridan. Deux titres enregistrés pendant ces sessions sont exclusivement le fait des Beatles « Ain’t She Sweet », reprise d’un vieux standard du jazz, chanté par Lennon et « Cry For A Shadow », un original et instrumental composé par Harrison, le premier titre original des Beatles jamais enregistré par une maison de disques. Les enregistrements lors de leur audition chez Decca complètent l’aperçu, on y retrouve aussi une pléiade de reprises et trois originaux qui ne seront pas vraiment exploités par eux, mais donnés en cadeaux à d’autres artistes. Un point important se trouve dans  les enregistrements réalisés pour la BBC, dès qu’ils furent célèbres. Comme beaucoup d’enregistrements pour la télévision, surtout ceux diffusés en direct, l’artiste enregistrait une autre version de ses succès, ou alors des chansons ne figurant pas dans le répertoire. Ensuite, lors de retransmission, il l’interprétait sur le playback de ces enregistrements. Ainsi on avait l’impression que c’était du direct, la version étant différente de celle du disque. Cela évitait les éventuels ennuis qui pouvaient avoir lieu lors d’un direct ou de la réalisation de l’émission. Autre avantage non négligeable, les bandes restent pures sans les applaudissement ou les cris de fans qui viennent parfois fausser un vrai live. Les techniciens de la BBC connaissaient bien leur boulot et quand plus tard ces enregistrements sortirent officiellement, on ne put que constater leur qualité, même s’ils sont en mono. Etant donné que les Beatles apparurent de nombreuses fois à la télévision, il y avait de quoi remplir le catalogue en nouveautés qui ne l’étaient pas vraiment, excepté les titres qui n’ont jamais fait l’objet d’un enregistrement en studio. Il y en a quand même quelques uns. On vit aussi apparaître bien plus tard quelques bandes qui concernent les Quarrymen, une première mouture des Beatles à partir de 1956, dans laquelle on retrouve les ébauches de quelques chansons qui deviendront des originaux bien plus tard. Ces enregistrement sont très anecdotiques et furent enregistres sur de petits magnétophones de qualité discutable. A part les enregistrements Polydor, la plupart furent confinés longtemps dans les productions pirates, une trentaine d’années pour la plupart.
Nous allons nous intéresser à ces titres, ceux qui nous montrent que même quand ils étaient au sommet de leur gloire, il ne dédaignaient pas glisser quelques reprises à côté de leurs plus célèbres titres. C’est un aspect que les connaisseurs n’ignorent pas, mais ce n’est de loin pas le cas de tout le monde. Même dans certains cas, ils ne reconnaîtraient pas qu’il s’agit des Beatles. Je me limite à un choix d’une quinzaine de chansons.

Sans doute un des plus exceptionnels documents sur les Beatles. Ils sont capturés lors d’un concert à la « Cavern » en 1962. Ils interprètent « Some Other Guy » (en deux prises), « I Saw here Standing There » (un extrait), « One After 909 », « Kansas City ».

Live At The BBC

1963 – I Got a Woman, créé par Ray Charles qui était pratiquement incontournable dans le répertoire d’une multitude d’artistes.

1963 – Too Muck Monkey Business, créé par Chuck Berry. Un autre des ces artistes américains dont le répertoire était presque inépuisable pour fournir des reprises.

1963 – Young Blood, créé par les Coasters. Toujours issu du répertoire noir, ils avaient déjà puisé dans leur répertoire pour l’audition Decca.

1963 – A Shot Of Rhythm And Blues, créé par George Alexander. Une autre de ses chansons « Anna » figurera sur leur premier album.

1963 – Sure To Gall, créé par Carl Perkins. Ce n’est pas sa chanson la plus connue, mais les Beatles avaient l’air de beaucoup aimer ce monsieur. Plusieurs de ses chansons figurent dans leur répertoire.

1963 – Keep Your Hands Off My Baby, créé par Little Eva. Cette chanteuse était très en vogue avec son « The Locomotion ».

1963 – Soldier Of Love, créé aussi par George Alexander. Ce chanteur était très prisé par les Anglais, les Rolling Stones reprendront « You Better Move On »

1963 – That’s All Right Mama, créé par Arthur Crudup (et non pas Elvis Presley), mais c’est bien par la version de Presley dont ils s’inspirent.

1963 – Crying, Waiting, Hoping, créé par Buddy Holly. ils reprendront « Words Of Love » plus tard.

1963 – The Honeymoon Song, créé par Mikis Theodorakis, mais popularisé par l’Italien Marino Marini. Une de ces incursions que faisaient parfois les Beatles dans des chansons qui échappaient un peu à leur mentalité de rockers.

1963 – Lucille, créé par Little Richard. Aussi un de ces titres incontournables dans le répertoire des groupes anglais, du moins sur scène.

1963 – I Got To Find My Baby, créé par Chuck Berry. Un morceau où ils sont parfaitement à l’aise.

1963 – I Just Don’t Understand., créé par Ann-Margret. Ce n’est pas la chanson que l’on s’attendait le plus à trouver chez les Beatles.

1963 – Nothin’ Shakin’, créé par Eddie Fontaine.

En passant

Bas nylons et toujours l’écran

 

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Suites de ces petites vidéos de l’Ina, c’est toujours un régal.

Le cours du milieu…

Pinard obligatoire…

Maxi commentaires pour mini-jupes…

 

Le rosbif, c’est plus facile é manger qu’à parler…

Quartier rupin…

La jeunesse devenue vieille…

Rends-moi mes bretelles et mes chaussettes, oui, oui, c’est dans le clip !

Ca n’existe pas…

Une grande dame de la chanson avec qui j’ai passé une soirée merveilleuse il y a quelques années. R.I.P. Anne, je ne t’oublierai jamais!

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En passant

Bas nylons et une drôle de secte

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Cette fois-ci, nous n’allons pas explorer les faces B d’un artiste connu, mais plutôt explorer un groupe assez peu connu, les Downliners Sect. La définition de peu connu est malgré tout à prendre avec des pincettes. On pourrait presque dire que ce sont les plus célèbres parmi les moins connus. Leur carrière s’étale sur presque 60 ans et ils sont toujours en activité malgré quelques interruptions, avec deux membres originaux toujours actifs, Don Craine, le guitariste rythmique et Keith Grant, le bassiste. Le reste du groupe se compose de Terry Gibson, guitare solo; Ray Sone; harmonica, un fabuleux joueur; John Sutton, batterie. Les vocaux sont partagés mais principalement Don Craine et Keith Grant. Leurs contemporains des sixties officiant au début dans la même lignée musicale trouvèrent plus facilement le succès, les Rolling Stones, les Yardbirds, les Pretty Things, les Animals, c’est dire que leur musique est à base de r’n’b et de blues.
Quelques particularités propres à l’équipe:
Ils furent aussi un groupe qui sut se créer une image visuelle une peu décalée à l’inverse de leurs contemporains.
Ils furent parmi, sinon les premiers, a avoir des cheveux vraiment longs. Sur les photos, ils sont habillés par ironie, comme des bourgeois anglais époque 1900, notamment la casquette à la Sherlock Holmes de Don Craine.
Parallèlement à leur solide notoriété de second plan, ils eurent une discographie assez abondante durant la période 1963-66, trois albums, deux EP’s, et une flopée de 45 tours. Les trois albums sont très différents l’un de l’autre. Le premier ne contient que du blues et ses dérivés, il aurait pu être enregistré les Yardbirds. Le second est un album qui va puiser dans une tendance folk, en fait l’un des premiers albums de folk électrique. Le troisième est rock tendance progressive, de par ses artifices de studio il va vers la pop.
Même s’ils furent peu connus en Angleterre, un de leurs singles « Little Egypt » fit brusquement carrière dans le top ten suédois. Ce qui leur valut d’aller sur place donner des concerts devant des milliers de personnes, ce qui devait les changer des pubs anglais, jouant,devant quelques dizaines de personnes. Un album exclusivement suédois verra le jour, une des plus rares pièces de leur discographie, elle est très recherchée.
En 1965, Columbia publie un EP avec quatre chansons ayant pour thème la mort. Certains titres de leurs chansons font un jeu de mots avec leur nom, comme « Sect Appeal », « Be A Sect Maniac »., ou Insecticide ». En 1967, sortira le dernier single sur Columbia et marquera un temps mort pour le groupe d’une dizaine d’années. Mais l’histoire reprendra dès 1977 et ce jusqu’à présent, mélange de membres originaux ou de nouveaux musiciens. La discographie sera jalonnée de nouveaux opus dont je ne mentionne ici que les albums. En 1977, ils publient un disque de punk sous le nom F.U.2, on les considère d’ailleurs un peu comme des pionniers de cette musique. Nouveaux albums en 1979, « Showbiz »; en 1991, « Savage Return. » (CD); en 1998 « Dangerous Ground » (CD); en 2007 « Chinese Whispers » (CD). A diverses époques, on retrouvera Don Craine et Keith Grant dans les British Invasion All Stars avec Jim Mc Carty (Yardbirds); Eddie Philips (Creation); Ray Philips (Nashville Teens); Phil May et Dick Taylor (Pretty Things); Matthew Fisher (Procol Harum); Mick Green (Pirates de Johnny Kidd). Ils font aussi partie des Headcoat Sect avec Billy Childish, deux albums, 1996 et 1999.
Nous allons revisiter la discographie de la première époque, celle des disques Columbia. Comme cette discographie est assez pléthorique et vaut le détour, je la publierai en deux parties, le première maintenant et la seconde viendra dans un futur proche. Dans cette première livraison, nous verrons les débuts et l’intégrale du premier album, auquel s’ajoutera le EP paru en 1965. Il y a déjà suffisamment de grain à moudre.

1964, première tentative un disque EP auto-produit enregistré en live, reprise de « Green Onions ».

1964 – Premier single Columbia, reprise d’un titre de Jimmy Reed. Seul modeste classement dans les charts anglais. Selon certaines sources, c’est Jimmy Page qui joue de la guitare. Les Yardbirds l’enregistrèrent aussi comme démo, mais celle-ci est meilleure.

Face B, un superbe original de Mike Collier, le producteur.

Second single, une reprise des Coasters, c’est ce titre qui sera un gros succès en Suède.

Sur le premier album « The Sect », excepté titres figurant sur les singles,

(1964)

On peut le considérer comme le meilleur, il y a une sacrée énergie qui s’en dégage et peu d’albums de cette époque peuvent prétendre rivaliser avec lui. Ils se révèlent excellents musiciens, la palme revenant sans doute à Ray Sone et son harmonica dont il est un vrai virtuose. Je ne sais pas comment ce mec a pu se perdre dans les brouillards de Londres, il partira après le second album. Il vit toujours et rejoint parfois ses anciens potes pour boire une bière. Les titres sont des reprises puisées pour la plupart dans le répertoire noir américain. Il y a quand même trois originaux. 

Reprise flamboyante de Inez And Charlie Foxx. Marty Wilde, le père de Kim, est dans les choeurs.

Original du soliste et du bassiste.

Reprise de deux obscurités américaine créées par Larry Bright.

Reprise de Bo Diddley

Le fameux traditionnel mis à leur sauce

Reprise de Chuck Berry, les Yardbirds la mettront aussi sur leur premier album, celle des  Yardbirds est peut-être supérieure dans l’intensité, mais celle-ci est très originale avec les claquements de mains.

Reprise d’un titre de Muddy Waters, ils mettent un tigre dans leur musique.

Un original de Mike Collier.

Autre reprise de Chuck Berry, très chauffante.

Autre reprise de Jimmy Reed.

Toujours Jimmy Reed.

Un autre traditionnel arrangé par Ray Sone, les Shamrocks (Suède) reprendront son arrangement en le lui créditant, beau geste.

Le EP de 1965 « The Sect Sing Sick Songs ».

Les « death songs » est une spécialité dans la musique qui concerne les chansons ayant une finalité tragique ou parlant de trucs morbides. Il y a des exemples célèbres comme « Leader Of The Pack » des Shangri-Las (Le Chef De La Bande par Frank Alamo » ou le « Terry » de Twinkle » (même titre par Claude François).  Les Downliners Sect se lancent dans la bataille avec cet EP qui comprend quatre chansons du genre. C’est une tentative originale, mais qui ne fut pas une grande réussite commerciale. De ce fait, il est très rare en version originale.

C’est la reprise d’un titre créé par l’Américain Jimmy Cross. Dans la version originale, la tragédie survient après un concert des Beatles, tandis que dans la reprise, c’est un concert des Downliners Sect dont il est question. Pour la petite histoire, ce titre figure dans sa version originale sur la compilation Rhino consacrée aux pires disques enregistrés dans l’histoire du rock. Les compositeurs de cette chanson sont deux membres de Fraternity Brothers, qui eurent à la fin de années 1950 un gros succès avec « Passion Flower », chanson qui fit aussi des ravages en France via les versions de Dario Moreno et Dalida « Tout L’Amour ». Le monde est petit,

Un original du producteur dont le titre est très certainement inspiré de « Leader Of The Pack » très à la mode en 1965.

Un original du bassiste et du guitariste, très bluesy.

Version originale par le chanteur américain de country Bob Reinhardt

Un document de 1965 sur la jeunesse anglaise,  mais probablement enregistré plus tôt. On peut y voir Ray Sone jouant de l’harmonica et dans une petite interview.

Les Downliners Sect actuels Don Craine et Keith Grant.

A SUIVRE

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En passant

Bas nylons et coup d’oeil sur l’écran

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Les petits reportages de la télévision, les actualités cinématographiques, ont fait oeuvre de pionniers pour saisir l’air du temps. Des petites séquences faisant enrager le cinéphile qui attendait avec impatience son film, mais rien ne se perd. Bien des années plus tard, ces petits films témoignent d’une époque passée, voire oubliée, tout en y ajoutant une saveur particulière. On retrouve l’attitude et le comportement des gens d’alors et c’est souvent assez étonnant. Heureusement que nos bibliothèques nationales ont eu la bonne idée de conserver tout cela plus ou moins précieusement. Plus fort encore, les mettre à notre disposition pour pouvoir les visionner. L’Ina occupe une place particulière en conservant des milliers de clips qui couvrent une immensité de sujets. Je n’ai pas hésité en allant les fouiller et en vous proposant une sélection des reportages brefs dans des domaines très éclectiques. Un régal !

1966 – L’apparition de la mini-jupe causa un drame, lequel?

Le métro en 1950, déjà des beaufs!

1963 – L’homme de la rue et son opinion, on a presque l’impression que c’est aujourd’hui.

1964 – Maman la plus belle du monde…

1963 – Voilà ma ville camarade, elle s’appelle bidonville…

1971 – Qui aime bien, châtie bien…

1960 – La vérité est ailleurs…

1950 – C’est fumeux…

1982 – Gainsbourg & Siné et quelques autres…

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En passant

Bas nylons et de nouveaux animaux

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En 1966, Eric Burdon se sépare des Animals, il en garde le nom en y rajoutant le sien et fait appel à des nouveaux musiciens. Si les Animals ont eu une belle série de succès, ce dernier se fera plus rare avec son nouveau groupe. Mais nous sommes à l’aube d’une ère nouvelle, ce sont plutôt les albums qui sont à l’honneur, le 45 tours devenant plus accessoire. On peut très bien être une vedette et ne jamais figurer en tête du hit parade, mais vendre quantités d’albums. Eric Burdon n’en a rien à cirer, il sent le vent tourner et il en a sans doute un peu marre d’être celui qui sait chanter comme les Noirs, image qui lui colle à la peau depuis ses débuts, il veut aller plus loin. Les musiciens qu’il recrute sont certainement plus ambitieux que ne l’ont jamais été les Animals originaux et sont aussi multi-instrumentistes pour certains. On retrouve aux débuts: John Wieder, guitare, violon, basse; Vic Briggs, guitare, piano; Danny McCulloch, basse (1945-2015); Barry Jenkins (ex Nashville Teens), batterie. Ils adopteront une image définitivement pop et ils sont aussi un des premiers groupes psychédéliques anglais. Quelques belles reprises figurent dans leur répertoire, mais bon nombre de compositions originales parsèment des albums pour le moins hétéroclites et divinement écoutables. Une démarche majeure dans la pop anglaise, on ne peut que regretter qi’il y a peu d’artistes de cette trempe aujourd’hui, chaque titre a sa personnalité propre. Je vous en ai sorti quelques perles, j’y présente aussi les quelques titres qui ont eu un semblant de succès ici ou là. Pour les albums, je me réfère à la discographie des USA, le contenu pouvant un peu varier selon les pays d’édition.

Un succès en France paru en EP, on est encore un peu dans le répertoire noir. Ce fut un succès en France.

Single américain 1966, un succès modéré.

Face B américaine du précédent, un de mes préférés, écouté des centaines de fois. J’adore l’ambiance et le vocal.

Superbe reprise de « Hey Gyp » de Donovan, fut pas mal diffusé sur les radios françaises.

Single US aussi sur le second EP français, une fameuse composition de Burdon. Ce titre est devenu au fil du temps, un des favoris des fans.

Sur l’album Winds Of Change – USA, 1966

Titre d’ouverture.

Le classique des Rolling Stones revisité.

Un titre sinistre à souhait suivi du classique « San Francisco Nights ».

Titre ambiance de la solitude d’une chambre d’hôtel.

Une revue des bluesmen et de quelques guitaristes prestigieux.

Sur l’album Every One Of Us – USA, 1967

Chanson sur l’immigration, toujours d’actualité.

Un titre très fort.

Le fameux standard « St James Infirmary » en psychédélique.

Sur l’album Love Is – USA 1968

Le classique de Ike & Tina Turner.

Retour aux sources en paroles.

La classique de Johnny Cash, mais plus du tout country.

Reprise d’un fameux des Bee Gees.

Sur l’album The Twain Shall Meet – USA 1968

En hommage au festival de Monterey, premier festival pop, bien psyché. Tendez l’oreille et vous entendrez des noms connus.

Pas mal du tout, ambiance d’époque dans les studios.

Un tour dans le ciel.

Ambiance orientale.

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En passant

Bas nylons et une histoire d’Oz

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Ces derniers temps, nous avons beaucoup parlé de catastrophes, de cadavres, bref tout ce qui rond notre monde angoissant ou peu reluisant, alors nous allons prendre une virages à 180 degrés. Pour cela, nous allons nous plonger dans un monde rêverie où il y a des méchants, mais surtout des bons. Même si je suis un « bouffeur » de livres, c’est une occupation qui m’est venue assez tardivement. Je me suis contenté pendant longtemps de bandes dessinées, mais j’ai fait un pas vers l’écrit à l’âge de 10 ans. Mes premiers livres n’ont rien d’exceptionnel, le Club des Cinq et Enid Blyton en général, Fantômette, Michel, et quelques Alice ou autres furent ma tasse de thé. Quand j’ai eu une douzaine d’années, le pion de ma classe remarqua que j’avais l’esprit un peu plus éveillé que les autres élèves et que je m’intéressais à d’autres choses que celles enseignées en classe. Ce n’est pas par hasard, car je lui avais soumis une histoire que j’avais écrite, un peu dans le style du Club des Cinq, mais avec des méchants qui l’étaient un peu plus que ceux qui figuraient dans les récits de Blyton. Cela lui a assez plu, car il me conseilla alors de lire des récits d’auteurs comme Claude Seignolle ou Thomas Owen, autrement dit des auteurs fantastiques. Je m’y suis mis et encore un peu plus tard. grâce à un copain de classe qui avait un grand frère qui lisait aussi des trucs fantastiques, j’ai découvert Jean Ray. C’était justement l’époque où les éditions Marabout faisaient la part belle à cette littérature. Le prof me bombarda bibliothécaire de la classe, un titre qui n’existait pas, mais il se chargea de faire venir des livres que j’avais la charge de prêter aux élèves intéressés, et surtout m’assurer qu’ils les rendaient. Pour autant que je me rappelle, il n’y avait rien de tendancieux, de la littérature classique, en rapport avec l’âge de la classe. Le seuls que j’ai empruntés, étaient un Blyton « Les Clan des Sept et la Grange aux Loups », un volume je n’avais pas lu, et un bouquin sur l’astronomie, chose qui me passionne encore aujourd’hui.
Paradoxalement, c’est plus tard que j’ai lu les livres qui étaient clairement destinés aux plus jeunes. Il y en a trois qui m’ont marqué, Alice au pays des merveilles, Pinocchio, et Le Magicien d’Oz. Ce que j’aime la-dedans ? C’est que c’est bourré d’imagination et que l’on peut rêver sans forcer sur des aides extérieures, si vous voyez ce que je veux dire. C’est aussi de la littérature fantastique, comme la majeure partie de la littérature enfantine. Les enfants partent dans la rêverie très vite, beaucoup plus vite que les adultes, en fait je plains les adultes qui ne savent plus le faire. Pour les petits, il paraît normal q’une marionnette prenne vie où qu’un bataillon de soldats aient la gueule d’un jeu de cartes. J’imagine qu’en 1900. un enfant qui lisait Le Magicien d’Oz devait en rêver la nuit et parler aux lampadaires quand il était dans la rue. D’un aitre côté, peu de gens savent qui est l’auteur de cette histoire, Lyman Frank Baum. et que la première publication eut lieu en Amérique en 1900.
Le livre est une allégorie sur la situation aux Etats-Unis en plein récession à la fin du 19ème siècle, les personnages de l’histoire sont des caricatures de personnages réels :

  • Dorothée : l’Américain moyen
  • Toto : le parti prohibitionniste (son surnom était Teetotaler)
  • Le bûcheron en fer blanc : les ouvriers
  • L’épouvantail : les agriculteurs
  • Le lion peureux : William Jennings Bryan
  • Les Croquignons : les habitants de la côte Est
  • Le magicien : Marcus Hanna, leader du Parti républicain
  • La sorcière de l’Ouest : William McKinley
  • La sorcière de l’Est : Grover Cleveland, président démocrate jusqu’en 1896, qui fut battu par William Jennings Bryan aux élections primaires
  • La tornade : la dépression
  • Les souliers d’argent : l’argent qui permettra, en touchant le chemin doré, de revenir au double étalon or-argent.

La plus célèbre incarnation de cette histoire reste de film de Victor Fleming en 1939 avec Judy Garland. Là, je suis un peu moins client, car je n’ai jamais vu un film tiré d’un roman surpasser le livre. Même si je suis un cinéphile, je ne mélange jamais les deux, la littérature est pour moi supérieure dans la création d’images de rêverie pure. Le grand mérite du film est d’avoir créé une très belle chanson « Over The Rainbow ». Il n’en reste pas moins une très forte réalisation aux décors magnifiques, parait-il le film le plus vu de tous les temps.
Revenons au livre dans son édition originale de 1900. Il est illustré par de magnifiques et très nombreuses images. du dessinateur William Wallace Denslow. J’ai extrait dans l’ordre, tous les dessins qui figurent en pleine page dans le livre. Si vous connaissez l’histoire, cela vous rappellera quelques passages du livre. Et sinon, on peut toujours admirer la qualité de l’oeuvre.

 

Source Wikipedia, DP