En passant

Bas nylons et encore raté

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Quand un artiste sort un enregistrement, la plus belle des consécrations est d’arriver à la première place du hit parade. Le plus rageur est de se hisser à la seconde place et de ne jamais accéder à la première. C’est arrivé de multiples fois à une multitude d’artistes. Cette position n’augure en rien l’entrée de cette chanson dans l’immortalité. Bien des succès qui ne furent pas numéro 1 et même assez mal classée sont aujourd’hui bien plus connues que des succès qui accédèrent à l’ultime consécration. C’est juste rageur pour l’artiste, il est plus agréable de dire que son disque est numéro que numéro deux. Revisitions quelques uns de ces succès qui stagnèrent à la seconde place. J’ai pris comme référence le hit parade anglais. Voici dans l’ordre chronologique les artistes qui figurent « seulement » à cette deuxième place en 1967. Source : UK Official Singles Charts.

Donovan / Sunshine Superman.

TheMove / Night Of Fear.

Cat Stevens / Matthew And Son.

The Beatles / Penny Lane / Srawberry Fields Forever. Publié comme double face A.

Vince Hill / Edelweiss.

Harry Secombe / This Is My Song.

The Mamas And Papas / Dedicated To The One I Love.

The Kinks / Waterloo Sunset.

Engelbert Humperdinck / There Goes My Everythong.

The Monkees / Alternate Title.

Vikki Carr / It Must Be Him. Adaptation d’une chanson de Gilbert Bécaud « Seul Sur Mon Etoile »

Tom Jones / I’ll Never Fall In Love Again

Keith West / Excerpt From A Teenage Opera.

The Move / Flowers In The Rain.

Traffic / Hole In My Shoe.

The Dave Clark Five / Everybody Knows.

Tom Jones / I’m Coming Home.

The Beatles / Magical Mystery Tour. Il s’agit ici du double EP qui comprend 6 chansons  avec celle-ci comme titre principal.

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En passant

Bas nylons et l’affiche bien

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Plus que la peinture, j’ai toujours été un fan de l’affiche. La création n’est pas très différente, elle revient à la vision de l’artiste. Sauf que l’affiche n’est pas à destination unique, elle est créée pour être diffusée avec diverses intentions, dont la première est d’attirer le regard du passant afin de l’informer de quelque chose. En général, la publicité à but commercial se taille la part du lion, mais elle peut aussi être placardée dans un seul but d’information, par exemple des consignes à respecter. Attirer l’oeil est une chose, mais une fois celui-ci posé sur l’affiche, il faut encore l’inciter à ce qu’il adhère à ce que propose l’affiche, surtout si cela concerne l’achat d’un produit ou l’inviter à se rendre à tel ou tel endroit. On peut y arriver par les mots, mais en petite quantité, ou susciter une sorte de rêverie ou de bien être en analysant ce qui lui est proposé. Il y a un tas de techniques qui sont possibles, la meilleure reste celle qui vous fera diriger votre regard spécialement vers l’une d’entre elles quand elle est un peu perdue au milieu d’un étalage d’affiches. J’ai constaté dans un journal local, une entreprise qui proposait ses services avec une publicité un peu perdue parmi d’autres publicités dans le pages pubs du journal. La technique volontaire ou non était très efficace. Regardez le dessin ci-dessous.

Vous aurez sans doute posé en premier votre regard sur le carré posé sur un angle. C’est la présentation adoptée par l’entreprise. Perdue dans une page où les autres publicités sont présentées dans des carrés ou rectangles alignés normalement, celle-là attirera plus que probablement votre attention quand vous tournez la page. C’et simple efficace et sans l’usage d’aucune couleur.

Voilà une affiche que j’avais réalisée pour les livres du Boss. On y retrouve l’idée du carré qui est mise en valeur par le « 50 Nuances ». Vous passez à côté de l’affiche et ce blanc attirera votre regard, même si vous n’y prêtez pas particulièrement attention. La dame qui est en gros plan vous suggère que ce n’est pas de la pub pour le bulletin paroissial, on devine de quoi cela parle, La dame à droite en ombres et lumières rappelle ce côté un peu mystérieux de la femme qui porte des bas nylons. Pour la dame de gauche, c’est un peu la même chose, elle vous regarde, mais une partie de son visage est caché par sa chevelure. Par contre, on voit très bien qu’elle porte des bas, elle vous tend un piège, a vous de découvrir lequel. Le reste est purement une présentation pour attirer le lecteur. Deux textes brefs destinés en haut à la femme pour l’inciter à porter des bas, et celui du bas destinés à l’homme pour lui rappeler une vérité qu’il doit connaître ou vouloir découvrir. Les titres sont la balance nécessaire à rendre le texte visible. Vous pouvez cliquer sur la photo pour l’agrandir, mais je vous signale que la photo est en basse résolution sur le blog, un petit flou peut apparaître. Initialement elle est d’un format 42 X 29,7 cm.

Mais trêve de blabla, allons regarder une série d’affiches qui concernent une idée précise, celle de la fête. Jadis, elle avait une grande importance, les distractions étaient beaucoup plus rares. Maintenant, on fait la fête pour un oui ou un nom. Aujourd’hui, il est plus rare de faire appel à un artiste pour concevoir une affiche illustrée par un dessin. On ne réalise plus que des affiches pour de grands événements, un carnaval de grande importance, un festival, une grande exposition, un film, par exemple. Pour le autres, on aura recours à de la simple affiche créée par PAO.  Ces affiches datent de la fin du 19éme siècle jusque vers 1930. Tout y est, certaines font même appel à un érotisme discret, chose qui n’était concevable que sur une peinture ou une affiche. On peut cliquer chaque image pour la rendre plus lisible.

En passant

Bas nylons et toujours pas pu

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Quand un artiste sort un enregistrement, la plus belle des consécrations est d’arriver à la première place du hit parade. Le plus rageur est de se hisser à la seconde place et de ne jamais accéder à la première. C’est arrivé de multiples fois à une multitude d’artistes. Cette position n’augure en rien l’entrée de cette chanson dans l’immortalité. Bien des succès qui ne furent pas numéro 1 et même assez mal classée sont aujourd’hui bien plus connues que des succès qui accédèrent à l’ultime consécration. C’est juste rageur pour l’artiste, il est plus agréable de dire que son disque est numéro que numéro deux. Revisitions quelques uns de ces succès qui stagnèrent à la seconde place. J’ai pris comme référence le hit parade anglais. Voici dans l’ordre chronologique les artistes qui figurent « seulement » à cette deuxième place en 1966. Source : UK Official Singles Charts.

Crispian St. Peters – You Were On My Mind.

The Rolling Stones / 18th Nervous Beakdown.

The Mindbenders – A Groovy Kind Of love.

The Hollies- I Cant Let Go.

The Lovin’ Spoonful – Daydream.

The Beach Boys – Sloop John B.

The Troggs – Wild Thing.

Gene Pitney Nobody Needs Your Love.

Los Bravos – Black Is Black.

The Beach Boys – God Only Knows.

The Who – I’m A Boy.

Dave Dee Dozey Beaky Mick & Tich – Bend It.

The Troggs – I Can’t Control Myself.

The Hollies – Stop Stop Stop.

Manfred <mann — Semi-Detatched Suburban Mr. James.

The Spencer Davis Group – Gimme Some Lovin’.

Val Doonican – What Would I Be.

The Seekers – Morningtown Ride.

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En passant

Bas nylons et mise en train

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Quand il s’agit d’aborder un métier ou une fonction, pour le novice cela peut présenter un parcours du combattant. Etre tailleur de crayons dans un bureau ne représente à priori pas beaucoup de dangers, ni ne requiert une grande attention. Il y a passablement de métiers qui demandent presque une attention de chaque instant, d’autant plus si pour l’exercer on est un pion dans une vaste organisation, un personnage isolé dans un secteur dont dépendent énormément de choses qui peuvent avoir un impact négatif beaucoup plus loin. L’exploitation du chemin de fer a sans douté été une de ces premières entreprises tentaculaires. C’est l’effet papillon, un ennui à Lille peut se répercuter jusqu’à Marseille. Cet effet peut avoir des graves conséquences, car une parie des services assurés par le train comprend le transport de voyageurs. Celui dont peut dépendre l’arrivée à bonne gare du voyageur est bien entendu le conducteur, mais aujourd’hui il peut compter sur un tas d’aides extérieures qui assurent la bonne avance du train, mais rien n’est infaillible, des accidents surviennent toujours. Jadis, les choses étaient bien différentes, on pilotait un peu à vue, les échanges humains étaient courants, beaucoup de choses étaient mécaniques.  Par exemple, la signalisation fut longtemps optique, quelquefois éclairés avec une lampe à huile.  Ce sont les fameux sémaphores qui selon la position indiquaient que la voie était libre ou nom. Cela impliquait qu’au temps de la vapeur, le mécanicien principalement, devait avoir constamment la tête dehors pour apercevoir la signalisation, par -10 degrés et la nuit, imaginez la facilité de son travail. Il est vrai que les signaux ne poussent pas pendant la nuit, on savait avec un peu d’habitude l’endroit exact où ils se trouvaient, c’était le moment de redoubler d’attention. On peut citer la catastrophe de Lagny-Pomponne, qui fit plus de 200 morts le 23 décembre 1933. Lors du procès, le peu de fiabilité de la signalisation  fut mis en cause. Vous pouvez vous référer à mes articles précédents concernant les catastrophes ferroviaires avec les références de la presse d’époque. les liens sont en bas de l’article.
Le personnel naviguant est une partie de l’entreprise qui ne pourrait pas atteindre son but sans le personnel au sol, à l’époque une véritable fourmilière dans les grandes gares. Dans ces dernières, ils sont exposés presque à chaque instant à un accident, les mouvements de trains étant incessants. Bien entendu, je veux parler des agents du mouvement, pas ceux des bureaux qui risquent au pire d’attraper un rhume suite à un courant d’air. Personnellement, j’ai connu deux de ces personnes qui sont mortes en exerçant ce métier, sans pour autant être moi-même un employé de la branche. Mettons nous à la place d’un débutant dans une grande gare parisienne qui va devoir « aller à la manoeuvre » comme ils disaient. J’ai retrouvé dans les archives, un livre qui m’a fait l’impression de faire ouvre de pionnier dans la formation de personnel. Aujourd’hui beaucoup de choses se font via un ordinateur, mais en 1937 cette instruction est présentée sous forme de rappel à travers une sorte de bande dessinée. Ce genre de publications étaient encore assez rares, tant au niveau loisirs que celui de l’apprentissage. On avait compris qu’une image parle mieux que cent mots, que l’on peut s’instruire presque en s’amusant. J’en ai extrait toutes les images qui concernent les agents au sol confrontés au dangers de participer à la vie d’un gare. Toutes les images sont cliquables.

Lien concernant catastrophes ferroviaires

Lagny-Pomponne – 1933

Environs de Bâle – 1891

Vallée de la Maurienne – 1917

Monaco

Monte-Carlo  –  LaTurbie

Source Gallica, BNP, DP

En passant

Bas nylons et toujours pas pu

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Quand un artiste sort un enregistrement, la plus belle des consécrations est d’arriver à la première place du hit parade. Le plus rageur est de se hisser à la seconde place et de ne jamais accéder à la première. C’est arrivé de multiples fois à une multitude d’artistes. Cette position n’augure en rien l’entrée de cette chanson dans l’immortalité. Bien des succès qui ne furent pas numéro 1 et même assez mal classée sont aujourd’hui bien plus connues que des succès qui accédèrent à l’ultime consécration. C’est juste rageur pour l’artiste, il est plus agréable de dire que son disque est numéro que numéro deux. Revisitions quelques uns de ces succès qui stagnèrent à la seconde place. J’ai pris comme référence le hit parade anglais. Voici dans l’ordre chronologique les artistes qui figurent « seulement » à cette deuxième place en 1965. Source : UK Official Singles Charts.

Petula Clark / Downtown.

Cilla Black – You’ve Lost That Loving Feeling. Ce fut la version originale par les Righteous Brothers, bien meilleure que celle-ci, qui fut no 1.

Wayne Fontana & The Mindbenders / Game Of Love.

Them / Here Comes The Night.

Peter &  Gordon / True Love Ways.

The Everly Brothers / The Price Of Love.

The Yardbirds / Heart Full Of Soul.

The Animals / We Goota Get Out Of This Place.

The Fortunes / You’ve Got Your troubles.

Manfred Mann / If You Gotta Go Go Now.

Andy Williams / Almost There

The Who / My Generation

Cliff Richard / Wind Me Up.

 

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En passant

Bas nylons et des allumettes pleines de souffre

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La pochette d’allumettes

L’orage grondait au loin depuis un moment, quelques gouttes de pluie commencèrent à tomber. La ville baignait dans une lumière de début de soirée, accentuée par la noirceur du ciel. L’averse se transforma rapidement en déluge. Un couple surpris par son intensité franchit la porte d’entrée d’un café pour se mettre à l’abri. Ils n’avaient pas prévu de s’arrêter à cet endroit, mais le sort en avait décidé autrement. Le couple désirait aller manger ailleurs, le portier de l’hôtel où ils logeaient leur avait chaudement recommandé l’adresse d’un très bon restaurant. Ils ne connaissaient pas très bien la ville, ils étaient de passage, venus chez un notaire afin de faire les démarches pour toucher un modeste héritage. Le mari du couple avait appris le décès d’une sœur à son défunt père qu’il n’avait jamais vue. Son père ne lui en avait que très peu parlé, une brouille familiale les avait fâchés sans espoir de réconciliation. Comme il était le seul parent que cette tante avait encore, elle avait décidé de lui léger les quelques biens qu’elle possédait. D’après les dires du notaire, ces biens se résumaient en une modeste maison de banlieue, une petite somme d’argent, le mobilier et les quelques objets qui pouvaient se trouver dans la maison. A lui de voir ce qu’’il en ferait après l’entrevue prévue pour le lendemain matin.

A vrai dire, l’héritier ne savait pas très bien ce qu’il en ferait, il était presque un peu gêné. Une dame, qui était malgré tout sa tante, avec qui il n’avait jamais cherché à entrer en contact, lui léguait ses biens. Ce n’était pas complètement de sa faute, mais son père lui avait signifié qu’il n’admettrait jamais qu’il prenne contact avec elle. Pourquoi ? Il n’eût jamais de réponse. Enfin il n’allait pas en faire un drame, cet héritage devait dans doute être quelque chose de plutôt agréable.

Le café était vide, une dame s’affairait derrière le comptoir et s’adressa à eux :

– Je suis désolée mais nous sommes fermés, le patron a été victime d’un arrêt cardiaque et il a été emmené en urgence à l’hôpital. Je suis la serveuse et je suis restée ici pour ranger un peu les affaires. Tout à l’heure, je suis sortie pour une course et quand je suis revenue j’ai oublié de refermer la porte, c’est pour cela que vous avez pu entrer. Mais je suppose que vous êtes entrés pour vous mettre à l’abri, à voir ce qu’il tombe dehors.

– C’était en effet notre intention et nous aurions aussi voulu manger.

– Manger est impossible, mais si vous voulez rester en attendant que la pluie cesse, faites comme chez vous, j’en ai encore pour un moment.

– Désirez-vous un rafraîchissement ? Je vous l’offre bien volontiers en attendant.

– Vous êtes bien gentille, mais vous avez du travail.

– Ce n’est pas à la minute, et puis j’ai envie de boire un petit apéritif après toutes ces émotions. Je prends un verre de rosé, je vous en offre aussi un ?

– Volontiers, ma femme et moi, nous l’adorons.

– Vous n’êtes pas d’ici ? questionna la serveuse.

– Non je suis venu ici pour un petit héritage, nous avons rendez-vous avec le notaire demain matin. A propos peut-être savez-vous où se trouve son cabinet ? C’est à la rue d’Amsterdam.

– Je suppose qu’il s’agit de Me Riboulet ?

– Vous le connaissez ?

– En effet, il vient quelquefois ici comme client, son cabinet est juste en face de la gare, à deux pas d’ici.

– Très bien, merci, cela nous évitera de chercher demain matin. Nous avons rendez-vous à son cabinet, mais nous devons ensuite aller à la maison que j’ai héritée.

– Vous avez hérité d’une maison ?

– D’après ce qu’il m’a dit c’est une modeste maison. Je n’en ai pas vraiment besoin, je pense qu’on la vendra, j’en profiterai d’en parler au notaire, il acceptera sans doute s’en occuper.

L’homme voulut allumer une cigarette, comme il n’avait pas de briquet, il prit une pochette d’allumettes publicitaire à en-tête du bistrot dans un petit présentoir destiné à la clientèle en manque de feu. Il alluma sa cigarette et mit distraitement les allumettes dans sa poche. La conversation continua sur des banalités jusqu’à ce que la serveuse constate :

– La pluie s’est calmée.

– Nous pourrons quand même aller manger là où on avait prévu d’aller, c’est un peu plus loin, sur la place centrale. Madame, nous vous remercions de votre amabilité, j’espère que tout ira bien pour votre patron. Nous vous souhaitons une bonne fin de soirée malgré tout.

– Bonne soirée à vous, j’espère que tout ira bien pour vous demain.

– Au revoir !

Le lendemain, le couple se rendit chez le notaire. L’accueil fut très cordial. Comme le couple le soupçonnait, l’héritage était modeste, la somme d’argent, une fois déduit les frais de succession, leur permettrait une ou deux petites folies sans plus. L’inconnue restait la maison, le notaire avait fait une estimation de sa valeur sans toutefois aller plus loin dans les détails. Ils se déplacèrent pour aller la visiter.

Elle était située dans une petite rue proche d’une grande zone industrielle qui était venue se coller à elle au fil des ans. Elle comprenait deux étages et un petit jardinet. L’aspect extérieur paraissait délabré, mais avec un bon coup de peinture, on pouvait lui imaginer une apparence plus coquette. Le notaire remit les clés.

– Je vous laisse, vous êtes maintenant chez vous, tout ce qui est à l’intérieur vous appartient, n’attentez toutefois pas y trouver des pièces d’or, je suis sûr que la défunte n’en a pas caché à quelque part. Venez demain à mon étude en début d’après-midi, il y aura encore quelques formalités à remplir et nous parlerons éventuellement de la mettre en location ou en vente ainsi que nous en avons discuté tout à l’heure, car comme je l’ai compris vous ne souhaitez pas vous établir ici. Je vous souhaite une belle journée. A demain !

Le couple entra dans la maison, un peu impressionné. Entrer dans une maison que vous n’avez jamais vue et pouvoir vous y comporter comme vous le désirez, fouiller toutes les armoires, ouvrir tous les tiroirs, surprendre d’éventuels secrets, vous dire que tout ce qui se trouve là est à vous, peut susciter un étrange sentiment.

L’exploration commença. Comme ils s’y attendaient, c’était un intérieur banal rempli de choses usuelles, de la vaisselle, des meubles, des bibelots n’ayant aucune valeur significative, le tout en quantités modestes, parfois en usure avancée.

Tout se déroula dans une indifférence devenue assez rapidement une routine. Mais quand ils arrivèrent dans ce qui devait être la chambre à coucher de la défunte, une photo posée sur un meuble attira leur attention. Ce fut l’homme qui le premier la vit, il la montra à sa femme, et ils se regardèrent.

– Tu as vu cette dame à côté de mon père, comme elle ressemble à la dame du café hier soir ?

– Oui en effet, c’est troublant et c’est bien ton père qui est avec sur la photo.

– Tu sais si ta tante a eu une fille ?

– Je ne crois pas, mon père ne m’en a jamais parlé. Je crois savoir qu’elle n’était pas mariée. Enfin avec lui, je ne suis sûr de rien. Mais elle a très bien pu avoir une fille hors mariage, ce sont des choses qui arrivent, c’est peut-être une des raisons pour laquelle ils se faisaient la gueule. Père était assez con pour ça.

– Pour sûr, elle lui ressemble comme deux gouttes d’eau.

– Je vais prendre la photo avec moi, ce soir nous retournerons dans le bistrot, peut-être que la dame sera là et pourra nous donner des explications.

– Non, attendons plutôt demain, nous en discuterons avec le notaire, il doit bien savoir si elle a eu une fille. D’ailleurs, à ce qu’il nous a dit, tu étais le seul héritier, ce serait quand même bizarre que ta tante ne la fasse pas figurer sur le testament. Elle peut l’avoir déshéritée, tu nous vois aller dans le bistrot discuter avec la servante. Je pense qu’il y a des histoires qu’il ne faut pas remuer.

– Tu as sans doute raison, attendons demain. Finissons notre exploration, je crois que nous avons bientôt tout vu. Ensuite filons, cette maison commence à me courir. Nous en discuterons encore, mais pour moi il faut s’en débarrasser.

Le lendemain, ils se rendirent à nouveau chez le notaire qui les reçut aussi cordialement que la veille.

– Alors l’exploration a été bonne, je pense que je ne vous ai pas menti, vous n’avez pas trouvé un trésor enfoui ?

– En effet pas de trésor, mais une chose nous a intrigués.

– Laquelle, j’essayerai de vous éclairer.

Il montra la photo au notaire.

– Sur la photo, il y a mon père et connaissez vous la personne à côté de lui ?

Le notaire regarda attentivement la photo et répondit :

– Si je la connais ? Mais bien sûr, c’est votre tante quand elle était beaucoup plus jeune.

– Savez-vous si ma tante avait eu une fille ?

– Elle n’a jamais eu d’enfants, du moins elle n’en a jamais déclaré à l’état civil, je suis formel.

– Je vous pose la question, car nous avons rencontre avant-hier une personne qui lui ressemblait comme une jumelle, elle était serveuse dans un café, elle nous a d’ailleurs dit qu’elle vous connaissait.

– C’est possible, mais je ne vois pas, dans quel café ?

L’homme sortit la pochette d’allumettes et regarda le nom inscrit. Il voulut la monter au notaire, mais il se ravisa et dit seulement :

– Café de l’Etoile…

– Vous avez dû vous tromper, tant sur ma personne, vous avez sans doute mal compris, que sur le bistrot. Il n’existe plus depuis longtemps. Je sais que mon père s’arrêtait quelquefois pour boire un café. Il m’a raconté une histoire à propos de cet endroit. Quand un des tenanciers est mort, peu après, une des employées s’est présentée chez mon père pour acheter une maison. Elle lui a raconté qu’un client de passage lui avait dit qu’une certaine maison, qu’elle a achetée par la suite, était à vendre. Le problème, c’est qu’il était en transaction pour la vendre, les papiers n’étaient pas encore signés. Il s’est toujours demandé par quelle indiscrétion elle avait été au courant. Il a questionné le vendeur qui lui a juré qu’il n’en avait jamais parlé à quiconque, et que si cela avait été le cas, il n’aurait pas eu besoin d’un notaire pour la vendre, c’était autant de gagné. Peu importe, la cliente était sérieuse et solvable, peu importe si elle lisait dans les astres. Il s’agissait d’une maison à l’ouest de la ville, du côté où se situe la vôtre. Je ne sais pas exactement laquelle, ce sont les affaires à mon père, il a fait des centaines de transactions de ce genre. C’est un peu comme si quelqu’un s’était présenté chez moi avant-hier pour me dire qu’il voulait acheter votre maison. Car je suppose que vous allez la vendre n’est-ce pas ?

En effet, le couple chargea le notaire de liquider cette maison après une estimation de sa valeur qui semblait correcte aux deux parties. Il retourna sur les lieux du bistrot. En lieu et place, il trouva un magasin d’habillement. L’apparence extérieure de la maison était bien la même, mais à l’intérieur il n’y avait plus trace de chaises ou de tables, des mannequins habillés à la dernière mode attendaient le client. Ils doutèrent un instant d’avoir retrouvé le bon endroit, pourtant le numéro de la rue correspondait bien à l’ancienne adresse, l’arrêt du bus en face portait le même nom que le bistrot, le reste ressemblait bien à ce qu’ils avaient vu deux soirs avant.
Ils se regardèrent dans les yeux.

– Tu crois que nous sommes fous ? demanda la femme.

– Voici la preuve que nous ne le sommes pas, dit l’homme en montrant la pochette d’allumettes.

En passant

Bas nylons et essayé pas pu

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Quand un artiste sort un enregistrement, la plus belle des consécrations est d’arriver à la première place du hit parade. Le plus rageur est de se hisser à la seconde place et de ne jamais accéder à la première. C’est arrivé de multiples fois à une multitude d’artistes. Cette position n’augure en rien l’entrée de cette chanson dans l’immortalité. Bien des succès qui ne furent pas numéro 1 et même assez mal classée sont aujourd’hui bien plus connues que des succès qui accédèrent à l’ultime consécration. C’est juste rageur pour l’artiste, il est plus agréable de dire que son disque est numéro que numéro deux. Revisitions quelques uns de ces succès qui stagnèrent à la seconde place. J’ai pris comme référence le hit parade anglais. Voici dans l’ordre chronologique les artistes qui figurent « seulement » à cette deuxième place en 1963 et 1964. J’ai choisi 1963 pour commencer car c’est cette année-là que les Beatles et leur suite, sont partis à la conquête du monde.  Comme vous le verrez, et contrairement à ce que l’on peut penser, pas mal d’artistes américains étaient bien connus et appréciés en Angleterre. Et il n’y a pas que les dérivés du rock and roll qui sont présents. Source : UK Official Singles Charts.

1963 – Chris Montez / Let’s Dance.

1963 – Del Shannon / Swiss Maid.

1963 – The Beatles / Please Please Me.

1963 – Ned Miller / From A Jack To A King.

1963 – Andy Williams / Can’t Get Used To Losing You.

1963 – Jet Harris & Tony Meehan / Scarlett O’Hara.

1963 – Billy J Kramer & The Dakotas / Do You Want To Know A Secret.

1963 – The Shadows / Atlantis

1963 – Freddie & The Dreamers / I’m Telling You Now.

1963 – Cliff Richard / It’s All In The Game.

1963 -The Crystals / Then He Kissed Me.

1963 / The Searchers / Sugar And Spice.

1963 – Cliff Richard / Don’t Talk To Him.

1964 – The Swinging Blue Jeans / Hippy Hippy Shake.

1964 – Gerry & The Pacelakers / I’m The One.

1964 – Dave Clark Five / Bits And Pieces.

1964 – The Hollies / Just One Look.

1964 – The Bachelors / I Belive.

1964 – Millie / My Lollipop.

1964 – Brian Poole & The Tremoloes.

1964 – The Four Seasons / Rag Doll.

1964 – The Kinks / All Day And All Of The Night.

 1964 – Gene Pitney / I’M Gonna Be Strong.

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